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jeudi 7 novembre 2024

Habemus POTUS…..N°5805 18e année

 L’Union européenne était-elle la seule à ne pas considérer la possibilité d’une victoire de Donald Trump ? Le matraquage anti-trump a fonctionné en France de manière aussi éhonté que pour le référendum de 2005. Il était décidé que Kamela Harris était la désirée quand Donald Trump était le honni…Il fallait voir les tronches des présentateurs, des spécialistes et autres personnages qui nous vendent une Amérique imaginaire à l’instar de la mairie de Paris qui impose sa vision Potemkine de notre capitale ! Mais le pire tient dans ceci : aucun de ces propagandistes ne disparaitra des écrans, tous retomberont sur leurs pattes, continuant à reprendre d’une façon ou d’une autre l’endoctrinement…A cet égard la précipitation d’Emmanuel Macron à s’animer devant Donald Trump était pathétique, cela a suffi pour qu’aussitôt cette petite cour médiatique lui dresse un portrait de pourfendeur et de chef de la ligue européenne…Il y aura une tentative européenne de revendiquer une autonomie , les pro-fédéralistes pro-américains fourbissant leurs armes pour défier le 47e POTUS, tout se terminera en opéra-bouffe, pas plus Trump que Harris ne voulant d’une Europe libre, l’Europe ne devant être qu’un espace de transit…les USA nous reprochant deux guerres mondiales : ont-ils tort ?

Autre chose : les Français suspendus au résultat de l’élection présidentielle américaine comme si nous étions une colonie ou une possession à statut singulier. Mais quelque part, ne sommes-nous pas une part contrainte aux USA ? Il suffit de regarder dans les rues de Paris comment l’américain s’impose, d’ici dix ans la mairie de Paris ne communiquera plus que dans cet idiome….

Pour revenir à l’élection américaine, nous pouvons dire que quelque part, il y a la revanche sur les événements de janvier 2020 lors de la prise du Capitole…Donald Trump par son élection confortable légitime tout ce qu’il a dit à la fin de la campagne de 2019 et de ce qu’il a affirmé ensuite, preuve s’il en était qu’il a convaincu les classes populaires et les grands électeurs. Du côté démocrate, on paie le prix fort de l’abstention de l’électorat de Bernie Sanders et du double langage durant les événements abominables à Gaza : menacer le premier ministre israélien tout en lui fournissant armes et finance…Les campus américains véritables rampes de lancement des démocrates ont été d’un grand silence. Il n’y a que les européens et les français qui croient que la prise de position d’une vedette hollywoodienne et d’un intellectuel new-yorkais est acclamée. L’Amérique profonde déteste cela !

Donald Trump n’aura qu’un seul souci, les Américains, de bons accords commerciaux et maintenir l’unité nationale hors de toute dilution dans un mondialisme vanté par ses adversaires. Rien de fondamental en bougera hors la réaffirmation de la prééminence messianique de l’identité américaine préservée du reste du monde de toute corruption. L’élément religieux constamment négligé doit être rappelé tellement il est un moteur. Pour le reste, si Donald Trump fait cesser le massacre entre russes et ukrainiens tout comme celui des palestiniens, qui le lui reprochera ? Personne.

Tant que le monde continuera à garantir aux USA le refinancement permanent de leur dette abyssale, le dette croitra appuyée par des flottes et des bases partout dans le monde pour le cas où certains ne comprendraient pas le monde clos. Les BRICS sont loin encore de peser, il faudra beaucoup de temps avant de se structurer géopolitiquement et que leurs membres cessassent de se rivaliser, la fabrication d’une prise de conscience commune intercontinentale s’appuyant sur une charte n’a rien de l’évidence.

L’élection pour un second mandat de Donald Trump retarde ou cache les grandes disparités et sécessions sociologiques à l’intérieur des États-Unis, le 47e POTUS aura donc devant lui un travail titanesque. La victoire d’une Kamela Harris (candidate, rappelons-le parce que celle de Michelle Obama n’a pu se faire) favorisant une très partielle dilution identitaire américaine dans le mondialisme aurait secoué par des accélérations et un bellicisme extérieur. Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche fait penser au parachutiste (je le fus) sautant dans le vide ayant la sensation pendant un moment de planer avant que le sol ne lui arrive en pleine gueule….Quoi que l’on pense de Donald Trump sa victoire rappelle que l’identité nationale n’est pas une construction vaine et ce vent d’Amérique abordera le continent européen…

 

Jean Vinatier

Seriatim2024

 

vendredi 8 mars 2024

L’Ukraine la fuite en avant par Jacques Baud N°5749 18e année

 « Pourquoi l’Ukraine est en train de perdre la guerre contre la Russie ? Comment les deux camps pensent et mènent leurs opérations ? Quelles ont été les erreurs de part et d’autre ? Comment l’Occident a contribué à la défaite ukrainienne ?... 

Pour répondre à ces questions et à bien d’autres, Jacques Baud s’appuie sur des informations officielles, des documents américains, occidentaux et russes. Il explique la manière dont la Russie comprend et conduit la guerre. Il montre combien l’incapacité des Occidentaux à comprendre cette réalité et leur détermination à affaiblir la Russie s’est retournée contre l’Ukraine. Après les best-sellers Poutine, le maître du jeu ?, Opération Z et Ukraine entre guerre et paix dont le travail d’analyse a été salué dans le monde entier et dont les ouvrages ont été traduits dans plusieurs pays, l’auteur revient sur la guerre en Ukraine. Il expose la manière dont la Russie l’a menée et comment l’image qu’en ont donné les Occidentaux a conduit l’Ukraine vers l’échec. » 

Jean Vinatier 

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dimanche 11 février 2024

Ukraine : « Lénine, Staline, Poutine la politique et l’Histoire » N°5737 18e année

 Après l’entretien accordé par Vladimir Poutine à Tucker Carlson : « Une petite leçon de philosophie politique de l'histoire Russe de l'Ukraine par Geoffrey Roberts pour "The Duran" 

Pour en savoir plus : https://www.librairie-tropiques.fr/ » 

Jean Vinatier 

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jeudi 5 octobre 2023

Caucase : enchevêtrements N°5706 17e année

 L’offensive menée par l’armée azérie contre la république auto-proclamée du Haut-Karabagh a été rapide et violente mettant la communauté internationale devant le fait accompli. Certains évoquent une seconde étape de la part de Bakou qui viserait à établir de facto un corridor, à travers le territoire arménien, reliant l’Azerbaïdjan à la république autonome du Nakhitchevan dont la Turquie est garante depuis le traité de Moscou (1921). Jusqu’alors l’exclave du Nakhitchevan jouissait d’une relative tranquillité quoique bordée par la Turquie, l’Iran et l’Arménie.

Le Caucase est une région explosive depuis des siècles du fait des mélanges ancestraux ou des enchevêtrements des populations, des religions, d’une géographie montagneuse rendant les communications difficiles. Le Caucase est aussi un nœud géostratégique renforcé par les abondances, pétrolifère, gazière.

A l’historique des puissances régionales qui se veulent aussi caucasiennes (Turquie, Iran, Russie) s’ajoutent celles éloignées, USA, Israël et même l’Union européenne qui appuie l’entrée de la Géorgie dans l’Otan et l’Union1. La récente inclination du premier ministre arménien, Nikol Pachinian, vers l’Otan dans un souci de rééquilibrage de ses accords avec la Russie n’abaissa pas les tensions, Moscou y voyant un lâchage en plein conflit russo-ukrainien : notons que le Président Zelenski appuie Bakou contre le Haut-Karabagh en référence au Donbass2.

 

L’enclave du Haut-Karabagh et l’exclave du Nakhitchevan résultent des découpages soviétiques à la suite des existences éphémères des multiples républiques caucasiennes socialistes nées après la chute de Nicolas II en mars 1917. La fin de l’Union soviétique en décembre 1991 ne résolut pas les problèmes, les États, arménien, azéri naquirent abrupto3. Depuis l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en mars 2000, ce dernier s’est fixé de rétablir la Russie dans sa puissance géopolitique et bien évidemment le Caucase par sa situation devenait un enjeu majeur déjà secoué par les guerres tchétchènes puis le dossier Géorgien en 2008.

 

La question que l’on pourrait se poser serait la suivante : qu’est-ce qui a incité le Président Ilham Aliev a lancé cette opération spéciale pour reprendre une terminologie russe ?

Sans doute, la rencontre entre l’ambition de Recep Erdogan de rapprocher les pays turcophones d’Asie (les langues, azérie et turque sont intelligibles) et la concentration des moyens militaires russes contre l’Ukraine facilitèrent cette opération, l’Arménie étant un pays faible, sans ressource énergétique ? A cela, s’ajoute l’intérêt américain qui veut en Asie, barrer les routes de la soie à la Chine, fixer la Russie en-deçà du Caucase. Or Bakou est proche, de Washington, d’Ankara, membre fondateur de l’Otan. De l’autre côté, la présidence Aliev accepte d’écouler le pétrole russe en plus du sien faisant fi des sanctions décidées par les Occidentaux, sans soulever la moindre protestation et dans le même temps devient un fournisseur en gaz aux européens, et veille à garder ses bonnes relations avec l’Iran où vivent plus de 12 millions d’azéris ; Téhéran4, de son côté soutenant l’Arménie par crainte de non-accès à la mer noire et à la Russie, son partenaire stratégique !

Sans savoir si oui ou non, l’Azerbaïdjan poursuivra ou non son objectif de corridor de Zangezur vers le Nakhitchevan, nous voyons bien se dessiner un blocage géopolitique et géostratégique, chacun des acteurs étant tenu par l’autre à moins d’enflammer l’ensemble du Caucase:

-        -La Russie ne peut intervenir directement au risque d’une représailles azérie

-       - L’Azerbaïdjan ne courra pas le risque de perdre le fructueux marché avec l’Europe,

-        -la Turquie conduisant sa politique d’influence en oscillant de deux côtés doit rester en équilibre,

-        -l’Iran, à peine, son assise régionale reconnue les BRICS et les accords avec Riyad via la Chine est trop fragile,

-       -LesÉtats-Unis qui entrent en campagne électorale, peineront à trouver des Etats prêts à envoyer au front des soldats d’une part, et d’autre part ont des arsenaux réduits par le soutien à l’Ukraine

-      - l’Union européenne complétement attachée à Washington n’est pas en position de troisième voie : la preuve en est avec le sommet de Grenade organisé dans le cadre de la CPE (Communauté politique européenne qui regroupe 50 Etats dont le Royaume-Uni et la Géorgie ) initié par Emmanuel Macron où seront absents, la Turquie et l’Azerbaïdjan.

-       -L’Arménie par le choix de son premier ministre de reconnaître le Haut-Karabagh comme entité azérie dans le même temps où s’opérait un rapprochement avec l’OTAN donne un avantage aux « Occidentaux » dont les Turcs et Azéris profitent pleinement. Mais Erevan risque gros dans cette affaire de repositionnement géostratégique entre le marteau russe (même affaibli) et l’enclume otanienne (turco-américaine) un peu trop au bon vouloir d’Ankara.

-    -La Chine qui commence tout juste à prendre ses assises en Afghanistan ne peut pas compromettre les routes de la soie. Elle se place, aujourd’hui, trop loin du front des hostilités.

 

Le Caucase ne fait pas mentir son histoire antiquement enchevêtrée qui forme, peut-être, le barrage le plus efficace pour qu’une seule puissance la gouverne totalement et durablement bien aidé par une géographie montagneuse obstacle à des escalades géostratégiques.

 

Après les événements dans le Sahel africain, s’amène celui du Caucase prouvant que les essais d’extension du conflit russo-ukrainien par des nouveaux fronts sont difficiles, escarpés5 : on ne court pas plusieurs lièvres à la fois….

 

Notes :

 

1-Le Royaume-Uni autrefois était très influente pour contrer la descente russe vers les mers chaudes : lire La mort du Vazir-Moukhtar de Iouri Tynianov (1928) récemment réédité par Gallimard

2-le soutien d’Israël au gouvernement azerbaidjanais contre l’enclave du Haut-Karabagh n’est pas sans lien avec le conflit palestinien.

3-Idem pour l’Ukraine où lors de son indépendance, la Russie ne contesta pas la possession de la Crimée à Kiev alors que son rattachement à l’Ukraine soviétique était une décision administrative de Nikita Khrouchtchev.

4- L’Azerbaïdjan et l’Iran sont d’une part de confession chiite, d’autre part l’Azerbaïdjan est vue comme territoire zoroastrien

5-Regardons ce qui se passe en Finlande  

 

 

Jean Vinatier

Seriatim 2023

lundi 22 mai 2023

G7 en pleine Asie N°5688 17e année

 

C’est un G7 en pleine Asie qui s’est tenu avec en plus les dirigeants sud-coréen et australien formant un ensemble compact de démocraties contre la Chine…La venue médiatique du président ukrainien, Zelensky dans un avion présidentiel français n’a guère ajouté au sommet. La com’ d’Emmanuel Macron a presque fait chou blanc car elle devait arrimer par un coup de baguette magique des pays d’Asie (Indonésie) et le Brésil, seule l’Inde a daigné promettre quelque chose en faveur de la fin du conflit, la comparaison scandaleuse entre Hiroshima et Bakhmut n’a rien arrangé vis-à-vis du Japon déjà placé devant le fait accompli sur l’arrivée surprise ukrainienne. Cette manie de la com’ ne masque pas le vide. Ce G7 qui devait concentrer ses tirs contre la Chine a débouché sur un communiqué très vague. La bataille contre la Chine que les euro-atlantiques montent contre Pékin est un peu au point mort. Le monde global empêche, actuellement, les affrontements totaux, favorise des conflictualités qui font mine d’être bien plus mais dont il ne faudrait pas qu’elles aillent au-delà. L’exercice devient de plus en plus compliqué avec en ligne de mire la campagne présidentielle américaine de 2024.

L’utilisation de Zelensky pour illustrer le combat du bien contre le mal et décider l’Asie à choisir son camp est-elle la bonne voie ? Actuellement, le G7 rassemble les USA, le Canada, le Japon, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, l’Italie avec en plus l’Union européenne en remplacement…de la Russie ! Un G7 limité à l’aire euro-atlantique, le Japon étant un cas plus particulier. L’exportation de la démocratie dans sa version américanisée est difficile, autant que l’idée de bâtir ex-nihilo des "États-nations" (Irak, Afghanistan) : le cas Ukrainien est dans cet ordre avec en plus un poids géostratégique de confrontation entre l’Asie et l’aire euro-atlantique. Au G7 s’ajoute son bras armé, l’OTAN qui souhaite s’étendre jusqu’à l’Arménie en passant par la Géorgie et l’Ukraine, un but qui nous amènerait directement dans le chaudron caucasien : les américains essaient de régler le conflit entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie pour le Haut-Karabagh mais la Russie, quoique moins présente près d’Erevan a aussi réuni les acteurs. Derrière cette guerre dans le Caucase s’ouvre aussi la question transcaucasienne qui opposerait Turquie et Iran. Comme on le voit le long chemin vers Pékin est parsemé d’embûches et de pays dont les dirigeants d’Asie centrale saisissent bien que leur vocation ne serait pas d’appartenir à un camp exclusivement mais d’osciller. Cette attitude là , nous la retrouvons dans l’Asie orientale où la péninsule arabique procède de cette manière. A l’inverse des euro-atlantiques, la Chine n’a pas besoin de classer les uns et les autres dans des camps, les réalités, le pragmatisme et le temps lui conviennent très bien. Je pense aussi que cette fixation américaine contre la Chine oublie que c’est l’Asie qui prend conscience de sa place incontournable entrainant avec elle, à terme, l’Afrique et une partie de l’Amérique latine : l’attraction pour les BRICS le prouve. L’idée américaine de regrouper les « démocraties » pour abaisser la Chine ne m’apparait pas du tout adéquat au vu des accords d’apaisement qui se font entre le Vietnam et la Chine, entre l’inde et la Chine et même entre le Pakistan et l’Inde Entre des Usa qui veulent garder la première place et une Asie où sont bien des mastodontes en devenir (économique, financier, technologique, géostratégique, démographique…etc) qui nécessairement arriveraient aussi à être à égalité et même devant , les mécaniques en marche ne sont pas les mêmes. L’Asie et l’Afrique qui eurent en eux les empires coloniaux européens avec leurs cortèges de traités, inégaux, violents et pour l’Asie ce que devenait un pays asiatique comme le Japon une fois ingurgitée des maximes américaines : une soif dominatrice d’une barbarie inouïe qui fait que même aujourd’hui ce pays reste occupé par les USA a de quoi vous dégouter d’applaudir des deux mains à nos vertus démocratiques.

Ce G7 au Japon en pleine Asie où Zelensky fit l’animation médiatique pour quelques F-16 sans garantie logistique à l’instar des canons français Caesar, des chars allemands suscita un commentaire courroucé de Pékin plus pour la forme que pour le fond. Quittant Hiroshima,, Emmanuel Macron s’envola pour Oulan-Bator où quelques heures lui suffisaient apparemment pour décoincer la Mongolie entre la Russie et la Chine…..

Jean Vinatier

Seriatim 2023