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mercredi 14 avril 2021

Le siècle des dictateurs N°5651 15e année

« Table ronde à la Maison Heinrich Heine :

 Le Siècle des dictateurs (jeudi 3 octobre 2019) avec Olivier Guez, historien, écrivain et jour-naliste Patrick Moreau, docteur en histoire et en sciences politiques Eric Roussel, journaliste et biographe, membre titulaire de l’Académie des sciences morales et politiques Emmanuelle Raimondi (mod.), autrice de Profession Dictateur (L’Archipel 2019) Staline, Hitler, Mussolini, Mao… le XXe siècle a été marqué par les figures impitoyables de grands dictateurs. Com-ment sont-ils devenus des dirigeants au pouvoir absolu et sanguinaire ? Le recueil Le Siècle des dictateurs (Le Point/Perrin 2019), sous la direction d’Olivier Guez, offre un panorama des vies de ces dictateurs dont la figure continue de marquer l’actualité. Deux d’entre eux seront au centre de cette soirée : Francisco Franco, qui continue de hanter la vie politique en Es-pagne comme le montre la polémique récente autour du déplacement de sa dépouille, et Erich Honecker, chef d’État de la RDA, au cœur des discussions en Allemagne en cette an-née de commémoration des 30 ans de la chute du mur de Berlin » 

 Jean Vinatier

Seriatim 2021

lundi 11 janvier 2021

GAFAM contre POTUS N°5077 15e année

 

La suppression des comptes de Donald Trump sur Facebook et Twitter a soulevé peu de critiques. L’éviction par Apple de Parler, un équivalent de Twitter, n’a pas davantage ému les populations….

En pleine affaire Julian Assange, emprisonné pour avoir porté aux publics du monde les manœuvres et combinaisons de la politique étrangère américaine, voilà que les GFAM décident arbitrairement de supprimer les comptes du Président des Etats-Unis violant, au passage le 1er amendement de la constitution.

C’est dans un climat agité, passionné, de règlements de compte comme dans un western que les GAFAM décident de franchir un pas, un pas politique. En effet, en supprimant les compte de Donald Trump, ils adressent également un message à Joe Biden : tant que vous serez avec nous, vous parlerez, quand vous nous contrarierez, nous vous supprimerons.

En un sens la présidence Biden a déjà une bride autour du cou à moins de se décider à faire voter dans l’urgence une loi anti-cartel ou bien à poursuivre le projet de Donald Trump de garantir la liberté d’expression sur les réseaux.

Cette audace GAFAM s’ajoute à leurs projets de création monétaire, de tribunaux singuliers, d’un droit à part…bref d’une émancipation de l’Etat sous couvert d’appuis constants aux progressismes, aux minorités et aux discours pédants sur le monde.

La journée du 6 janvier est sans doute importante dans sa symbolique : l’entrée d’une fraction populaire dans le Capitole qui diffère, cependant de celle des indépendantistes portoricains en 1954 et sans rapport, évidemment, avec l’incendie de Washington par les Anglais en 1814 lors de la guerre qui les opposa aux Américains qui désiraient conquérir l’actuel Canada.

Il y a eu cette journée d’épiphanie et ce que l’on tente d’en faire. Il est entendu que sans les maladresses langagières de Donald Trump, certainement, la foule présente ne se serait pas enhardie à affoler les élus du congrès mais, delà à évoquer un coup d’Etat, une sédition, c’est tout à fait erroné. Si coup d’état il y avait eu lieu bien des députés et sénateurs ne seraient plus de ce monde et les villes entreraient en ébullition. Nous avons eu une sorte de moment « Picaros » (Tintin et les picaros) sans général Tapioca. Cependant, stricto sensu, un degré a été franchi dans les tensions internes américaines que les fureurs démocrates et leurs appuis, loin de jouer l’apaisement, grandissent.

Le déchainement haineux de Michelle Obama, de Nancy Pelosi, cette dernière outrepassant ses fonctions en entrant en relation directe avec le CEMA pour exiger le non-accès aux codes nucléaires à Donald Trump fait qu’elle était, elle, dans une logique de sédition. Les licenciements décidés par des chefs d’entreprise à l’encontre de leurs salariés présents le 6 janvier, les consignes données par des démocrates d’interdire d’emploi l’entourage de Donald Trump, la menace par le journal Forbes d’établir une liste noire d’entreprises proches du Président sans oublier les GAFAM et, désormais, la volonté des démocrates de destitution avant le 20 janvier sans oublier les millions de suppressions de comptes dits « complotistes »  sont les actes, non pas de démocrates mais de totalitaires. Sans y prendre garde celles et ceux qui s’engouffrent dans cette logique OK Corral rendront détestables les causes des minorités lesquelles seront identifiées comme parties prenantes de ces coups de hache contre les libertés démocratiques.

Ainsi, la journée du 6 janvier sert-elle à la fois de catalyseur de la haine contre un homme régulièrement élu et qui a fait une campagne normale en dépit de la pandémie et de franchissement de pouvoir par les GAFAM affaiblissant considérablement la fonction présidentielle. En ce sens, un tournant public dans la vie politique américaine a eu lieu dont les contrecoups seront importants tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Le bas les masques des GAFAM détruit leurs discours propagés autour de la liberté, du respect d’autrui, des différences…etc pour des choix arbitraires qui méprisent le système démocratique du pays qui leur a permis d’arriver à ce niveau de puissance financière et affichent une feuille de route glaçante pour le monde.

 

Jean Vinatier

Seriatim 2021

 

 

jeudi 17 décembre 2020

Constitution au gré des éléments N°5049 14e année

 L’annonce d’un projet référendaire pour le climat à planter dans la constitution de la Ve République par Emmanuel Macron apparait comme une conséquence du « en même temps » et d’un vrai/faux coup de dés politicien aux abords des élections de 2022.

Devant la grogne de la convention citoyenne pour le climat, l’Elysée a sorti de son chapeau magique, le référendum pour calmer un électorat de gauche et envoyer un signal à celui de droite en laissant dire que le sénat républicain rendrait cette opération impossible.

Cette initiative intervient aussi dans le moment où l’on a célébré (discrètement) les accords de Paris d’où est sorti le constat…que tout était à faire. Les défis climatiques sont là et immenses mais il manque pour cela, une conscience mondiale des dangers qui arrivent vers et sur nous. Il y a certes des émotions lors d’un tremblement de terre, un tsunami, un glissement de terrain, une sécheresse mais elles occupent les écrans et les réseaux sociaux pour susciter « des élans de solidarité » et servirent aussi à entériner l’inéluctabilité croissante des migrations.

Il est donc assez bas qu’un pouvoir politique réduise le thème écologique à une manœuvre communicationnelle  sans même s’apercevoir que déjà,  en 2005, la Charte de l’environnement avait été institutionnalisée ou intégrée dans un bloc de constitutionnalité du droit français.

Dans un cas national comme international, preuve est faite de l’indifférence politique des enjeux mondiaux liés à la vie de la terre en tant que telle et ce indépendamment des activités humaines.

Ce projet référendaire qui a tout d’un leurre ou d’une confiserie éclaire, cependant, une limite à l’exercice du « en même temps ». Si on a compris et admis que cette tactique stratégique du « en même temps » avait été un bon choix pour arriver à l’Elysée, ne pourrait-on pas, maintenant, se poser la question de l’incapacité pour le nouveau pouvoir à capitaliser ce « en même temps »? Les nombreuses défections, près d’une cinquantaine, qui partent à gauche ou à droite c’est-à-dire d’élus qui repartent vers leur corps idéologique d’origine mais sans se réadhérer » aux partis éclairent l’impasse du « en marche », une étroitesse de cheminement qui pourrait devenir une nasse sur fond d’une abstention record des citoyens à moins bien sûr que ces départs qui voient naitre des micro structures politiques se réduisent à des hameçonnages afin qu’Emmanuel Macron ratisse le plus largement possible au premier tour en avril 2022 ?

Dans le climat politique très orageux mais où rien ne pète rendant la sensation d’étouffement pour grande, l’on voit que se mettent en place en amont une sureté législative dite Sécurité globale, un retour de la censure au nom de la lutte contre la haine et du respect des minorités lesquelles servent de rampe de lancement pour ces bornages inquiétants de l’écriture (installation chez Mediapart du gender editor) comme cela se fait aux Etats-Unis, une préparation aux esprits d’années d’austérité liées à la dette qu’il nous faudra rembourser alors même que les banques centrales se préparent à abreuver de tonnes de milliards de monnaie les banques déjà sauvées en 2008. La mise en place d’une météorologie politico-sociale où le soleil sera pour les gens d’en haut et les glissements de terrain pour ceux d’en bas se fait sourdement quand les populations sont confinées, déconfinées au gré des vagues virales et de vaccins préparés en un temps record, un temps si rapide que les patrons des laboratoires et même certains élus déclarent ne pas vouloir se faire vacciner en premier…Ce geste s’appuie cyniquement sur l’idée de ne pas vouloir enlever un vaccin à un plus démuni qu’eux !!! Jusqu’à présent, c’était le puissant qui montrait l’exemple par le risque : ainsi en 1775 quand toute la famille royale française se fit inoculer le virus de la variole !

L’inoculation des masses est lancée autant par injection que par les consignes gestuelles et les distanciations. L’inoculation sépare ou tue : jamais on ne vit un pouvoir ou des pouvoirs séparer autant, monter à l’assaut de la sphère culturelle laquelle quoique déjà complément abîmée par le tourisme de masse autorisait l’accès aux lieux de connaissances, se préoccuper si peu des petits commerces. L’inoculation se pratique aussi par les plateformes dont les gens oublient qu’en ouvrant une page Facebook ou un compte Twitter, ils adhérent à un règlement de fait qui permet à certains GAFA de décider ce qui peut être publié ou pas que l’on soit Président des Etats-Unis ou un quidam : c’est effrayant mais ne soulève aucune contestation véritable.

La Constitution française, la cinquième de la république, sert de variable d’ajustement à un climat politique de plus en plus malsain entre les mains d’élus et du premier d’entre eux qui n’y voient plus qu’un chiffon de papier soit que l’on vénère soit que l’on froisse au gré des intempéries. Les écologistes peu diserts sur la convention citoyenne pour le climat mais favorables aux campagnes massives de vaccination ne sont pas une échappatoire mais l’arbre qui masque une forêt froide et sombre.

Ainsi s’installent les éléments de différents ordres qui montent à la surface à l’occasion d’un geste communicationnel présidentiel…..

 

 

Jean Vinatier

Seriatim 2020

mardi 15 décembre 2020

GAFA : reprenons le pouvoir par Joëlle Toledano N°5044 14e année

Joëlle Toledano : est Professeur des Universités en Sciences Economiques à l'Ecole Supé-rieure d'électricité (Supélec). Docteur en mathématiques et docteur en sciences économiques, Joëlle Toledano a mené une double carrière, universitaire et en entreprise. Elle a dé-buté comme attachée de recherche au CNRS, puis comme maître de conférences en Economie à l'Université de Rouen. Parallèlement, elle a occupé divers postes de direction dans des entreprises informatiques et de télécommunications. Elle a ainsi été directeur général adjoint d'Alcatel TITN de 1987 à 1989, puis directeur général de CCMC Ressources Humaines. Elle a rejoint en 1993 le groupe La Poste à la direction de la stratégie. En 2001, elle devient, au sein du même groupe, directrice de la régulation européenne et nationale. Elle a été nommée, début 2005, professeur des Universités à l'Ecole supérieure d'électricité (SU-PELEC). Joëlle Toledano a été membre du Collège de l'ARCEP (mi-2005-2011). Elle a également été la première présidente du groupe des régulateurs postaux européens créé en 2010 par la Commission européenne. Elle a publié plusieurs ouvrages et de nombreux articles scientifiques dans les domaines de la macroéconomie, l'économie industrielle et la régulation des communications électroniques et des postes. 

« Il y a vingt ans Apple entamait avec le retour de Steve Jobs sa seconde vie. Google et Amazon étaient des start-up et Facebook n’existait pas. Vingt ans après, les GAFA font partie des entreprises les plus puissantes au monde. N’avons-nous pas fait preuve de naïveté face à ces jeunes pousses qui se réclamaient de la liberté d’entreprendre et de l’innovation ? Peut-on encore lutter contre ces empires plébiscités par les consommateurs et aux ambitions sans limite ? Joëlle Toledano montre dans ce livre comment les GAFA arrivent à s’extraire du droit commun, à verrouiller la concurrence, à définir leurs propres règles en s’appuyant sur l’efficacité des outils numériques. Dénonçant notre retard face à ces entreprises sophisti-quées et agiles, elle nous exhorte à comprendre ce nouveau monde et à reprendre l’initiative. La transformation numérique est rapide, bouleverse les chaînes de valeur. Les intérêts de court terme sont souvent opposés à ceux de long terme, d’où les difficultés à définir l’intérêt général. Donnons-nous les moyens de fabriquer les institutions du XXIe siècle au service du bien commun ! » 

Entretien de l’auteure pour L’Opinion au moment où Bruxelles rédige le Digital act : https://www.lopinion.fr/edition/economie/joelle-toledano-si-l-on-ne-fait-que-droit-face-aux-gafa-on-se-fera-231882

  

Joëlle Toledano novembre 2020: Jean Vinatier 

Seriatim 2020