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jeudi 6 juin 2024

Les enjeux politiques de la cartographie du territoire au XVIIIe siècle par Mireille Touzery N°5797 18e année

Conférence du 21 février 2018 par Mireille Touzery, professeure d'histoire moderne et directrice du département histoire de l'Université Paris-Est Créteil. Dans le cadre de l’exposition « Carto, cartographier l'Oise » qui s'est déroulée aux Archives départementales de l'Oise. 

Jean Vinatier 

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lundi 27 mai 2024

Quelle est la dimension maritime de la guerre à Gaza, de la mer Rouge à l’océan Indien ? par Kais Makhlouf et Louis Borer N°5789 18e année

 

« Les auteurs dressent un tableau documenté de la situation en mer Rouge puis dans l’océan Indien. Ils étudient ensuite les possibles liens de causalité entre les attaques Houthis en mer Rouge et le renouveau des attaques pirates dans l’océan Indien. Ce qui illustre, sur fond de guerre à Gaza, dans l’interdépendance terre / mer, le chaos des échelles et l’interconnexion des crises du temps présent. Deux cartes inédites illustrent cet article.

LES IMPLICATIONS maritimes de l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 ne se sont manifestées qu’après plusieurs semaines de conflit. Afin d’analyser l’état de la menace selon les zones considérées, un bref point de situation semble nécessaire, la guerre qui oppose le Hamas et Tsahal étant la cause de l’extension du conflit actuel en mer Rouge. Effectivement, d’après leur discours officiel, les Houthis continueront leurs actions à l’encontre des navires qui transitent dans la zone tant que les opérations israéliennes se poursuivent à Gaza. Si l’objectif est de porter atteinte aux intérêts israéliens, Israël et sa façade maritime en Méditerranée orientale sont pourtant restés relativement épargnés sur le plan maritime [1].

Toutefois, avec l’entrée des Houthis dans la guerre, le conflit a changé d’échelle géographique, basculant d’une dimension régionale à une logique mondiale, en menaçant directement les navires transitant en mer Rouge, entre le détroit de Bab el-Mandeb [2] et le canal de Suez, deux seuils stratégiques indispensables à la libre circulation d’une économie mondialisée et maritimisée, et par lesquels transitent 30 % du volume de conteneurs (15 % du commerce mondial). Parmi ces premières victimes collatérales figurent le canal de Suez, qui a annoncé une chute de près de 50 % de ses recettes et 37 % du nombre de passages. La plupart des armateurs, au premier rang desquels figurent MSC, Maersk ou la CMA-CGM, préfèrent contourner la mer Rouge par le cap de Bonne Espérance, soit un détour de 6 000 km impliquant une hausse conséquente des tarifs de fret.

La géopolitique ayant horreur du vide, l’appel d’air opérationnel et médiatique créé par le conflit en mer Rouge a délaissé l’océan Indien, où les pirates sévissent de nouveau depuis fin novembre 2023.

En dressant un tableau général de la situation en mer Rouge (première partie) et dans l’océan Indien (seconde partie), l’objectif de cet article sera, notamment, d’étudier les potentiels liens de causalité entre les attaques Houthis en mer Rouge et les attaques pirates dans l’océan Indien.

Une fois les espaces géographiques délimités, il convient d’identifier le type d’acteurs et de menaces auxquelles les navires civils et bâtiments militaires déployés sur zone sont exposés. Ainsi, il est important de distinguer les attaques Houthis [3], groupe insurgé paramilitaire pro iranien motivé par des objectifs politiques, stratégiques, symboliques et médiatiques visant les intérêts israéliens et leurs alliés, des attaques pirates - dont le mode opératoire diffère grandement - motivés par l’appât du gain, et recherchant le ratio gain/risque le plus favorable possible. Les groupes terroristes jouent dans cette équation un rôle différent. Le groupe qaïdiste Al-Shebbab assure un rôle de soutien indirect aux groupes pirates en Somalie. Alors que le chef des rebelles Houthis, Abdul-Malik al-Houthi avait annoncé mi-mars 2024 son intention d’étendre ses attaques vers l’océan Indien, donc dans une zone proche des zones de piraterie, ces distinctions sont d’autant plus importantes. »

La suite ci-dessous :

https://www.diploweb.com/Quelle-est-la-dimension-maritime-de-la-guerre-a-Gaza-de-la-mer-Rouge-a-l-ocean-Indien.html

 

Jean Vinatier

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dimanche 13 juin 2021

Lecointre : un CEMA secoué? N°5732 15e année

Le Général Lecointre quittera ses fonctions après le 14 juillet, quatre années ou presque après la démission fracassante de son prédécesseur et ami le général de Villiers qui n’avait pas accepté l’humiliation élyséenne. Une entrée en fonction dans un climat de défiance entre l’armée et Emmanuel Macron qui trouvèrent un rebond via les publications de différentes lettres de généraux et d’officiers au printemps 2021. Pour sertir cette période de commandement, le repli français vers un glacis tchadien et des propos ambigus du général Lecointre (Le Figaro) sur la durée de la présence française au Sahel actant la fin de la présente opération Barkhane.

Il y a, je crois, peu de cas, où des généraux commandants en second (le premier étant le Président de la République : « c’est moi, le chef » de juillet 2017 ) eurent à travailler dans un climat pas très propice tant à l’arrivée dans la fonction qu’au moment d’en partir.

Le 20e CEMA, le général Burkhard est un légionnaire dont le visage indiquerait un tempérament et un caractère sans doute très carré. La question est donc de savoir si le général Lecointre a « imposé » au Président son successeur car ce dernier ne parait pas avoir les « tournures de Cour »? Dans l’atmosphère singulière de cette fin de quinquennat, l’interrogation n’est pas inutile.

Depuis 1958, le CEMA (qui porta d’autres noms avant) a compté 12 généraux de l’armée de terre, 6 de l’aviation et 2 seulement de la marine (Lanxade, 1991/95 ; Guillaud 2010/13). Il est regrettable que le pouvoir rechigne à donner trop rarement le grand commandement à un marin, surtout aujourd’hui, où les océans pèseront certainement autant ou plus que l’intérieur des terres. Les marins ont cet avantage sur leurs autres frères d’armes d’avoir une connaissance géographique plus ample et plus intégrée car en plus de la terre, ils savent la mer et le ciel.

Le général de Villiers, sans aucune intervention lors des lettres des militaires, auteur de plusieurs ouvrages qui devraient ou devaient en faire un candidat « si des conditions exceptionnelles se présentaient » a été engagé, en mars 2018,  par le Boston Consulting Group, un puissant cabinet de lobbying américain ce qui pourrait tout de même intriguer mais qui ne suscita aucun commentaire…Que fera le général Lecointre : ira-t-il aussi de l’autre côté de l’Atlantique ?

Cet aparté pour souligner qu’il serait bon que des généraux ayant, en plus, occupés des fonctions dans le secret de l’Etat ne puissent aller dans des sociétés non-françaises avant un certain temps.

 

 

Jean Vinatier

Seriatim 2021