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mardi 14 mars 2023

Chien 51 par Laurent Gaudé N°5651 17e année

 « Laurent Gaudé vous présente son ouvrage "Chien 51" aux éditions Actes Sud. Entretien avec Jean Petaux. Rentrée littéraire automne 2022. »

 « C’est dans une salle sombre, au troisième étage d’une boîte de nuit fréquentée du quartier RedQ, que Zem Sparak passe la plupart de ses nuits. Là, grâce aux visions que lui procure la technologie Okios, aussi addictive que l’opium, il peut enfin retrouver l’Athènes de sa jeunesse. Mais il y a bien longtemps que son pays n’existe plus. Désormais expatrié, Zem n’est plus qu’un vulgaire “chien”, un policier déclassé fouillant la zone 3 de Magnapole sous les pluies acides et la chaleur écrasante. Un matin, dans ce quartier abandonné à sa misère, un corps retrouvé ouvert le long du sternum va rompre le renoncement dans lequel Zem s’est depuis longtemps retranché. Placé sous la tutelle d’une ambitieuse inspectrice de la zone 2, il se lance dans une longue investigation. Quelque part, il le sait, une vérité subsiste. Mais partout, chez GoldTex, puissant consortium qui assujettit les pays en faillite, règnent le cynisme et la violence. Pourtant, bien avant que tout ne meure, Zem a connu en Grèce l’urgence de la révolte et l’espérance d’un avenir sans compromis. Il a aimé. Et trahi. Sous les ciels en furie d’une mégalopole privatisée, “Chien 51” se fait l’écho de notre monde inquiétant, à la fois menaçant et menacé. Mais ce roman abrite aussi le souvenir ardent de ce qui fut, à transmettre pour demain, comme un dernier rempart à notre postmodernité. » 

 

https://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/chien-51

 Jean Vinatier 

Seriatim 2023

vendredi 1 octobre 2021

Soleil vert européen: From Farm to hunger…?N°5718 15e année

Deux articles parus ce matin dans l’Opinion au sujet du calendrier européen agricole « From farm to fork » illustrent une fois de plus l’incompétence de l’Union européenne s’ajoutant à celle de sa non-vision stratégique et géopolitique….

Au nom de la transition écologique, les hauts fonctionnaires européens ont concocté un programme agricole qui viserait tout bonnement à réduire considérablement les surface cultivables, à grandir notre dépendance vis-à-vis d’autres puissances (Etats-Unis, Canada, Brésil, Mexique, Russie…etc) ! Après l’affaire des sous-marins qui a montré de quelle façon les Etats-Unis ne considéraient ni la France, ni l’Europe, voici le sous-marin agricole !

La question est de savoir si l’Union européenne ouvrira les yeux ou bien suivra aveuglement, les lunettes étrangères posées sur son nez, un programme faisant fi, au passage, des conséquences du réchauffement climatique avec à la clef la problématique très importante des migrations humaines qui pourraient à terme, selon certains analystes, accroitre la population européenne de 200 à 300 millions ! Bienvenue dans le Soleil vert (film de1973 de Richard Fleischer avec Charlton Heston) « En 2022, les hommes ont épuisé les ressources naturelles. Seuls les aliments de synthèse parviennent à nourrir une population miséreuse. Omniprésente et terriblement répressive, la police assure l'ordre. »

Il est notable de souligner qu’en l’espace de quelques semaines, deux grands coups de canon ont raisonné dans le ciel européen : le premier est l’affaire sous-marine australienne montrant clairement que Washington ne voyait pas l’importance de nous avoir dans l’Indopacifique pour contenir la Chine, le second est le « From farm to fork » où c’est l’Europe bruxelloise qui prépare la famine sur son propre sol au profit d’acteurs extérieurs.

Ces faits se produisent au lendemain des législatives allemandes terminant l’ère Angela Merkel pour laisser la place à une coalition en décembre prochain. D’autre part, la présidence française de janvier 2022 se prépare après une déconfiture de Naval Group (pourquoi donner un nom anglais à une direction de l’armement français !).

Ou bien l’Union européenne opérera sa révolution ou bien elle finira dans le désordre et l’errance des trottinettes urbaines…Sur deux sujets de cette importance, la vision géopolitique et l’agriculture, assister à une telle descente de la France, de Bruxelles a quelque chose de saisissant.

A travers le « From farm to fork », c’est la poussée jusqu’à l’absurde que l’Europe ne saurait être autrement qu’un espace, libre mercantile, bisounours, ouvert aux quatre vents, débarrassé surtout de l’Histoire de notre terre au profit des concurrences mémorielles communautarisées.

Demain l’électrochoc ? L’Union européenne ne tient que parce qu’elle correspond à l’assurance de puissance de l’Allemagne qui tient ses comptes et met en avant ses intérêts laissant à la France d’Emmanuel Macron le soin de discourir. Plus que jamais, il serait nécessaire de mettre les compteurs à zéro tant vis-à-vis de l’Union que vis-à-vis de l’OTAN. Les pays européens n’auront d’avenir qu’à la condition de disposer des outils de l’indépendance, d’assurer à leurs peuples la faim : pour l’heure nous avons une Union européenne maîtresse ni du fusil ni de la bêche……

 

Sources :

https://www.lopinion.fr/edition/economie/strategie-agricole-suicide-europeen-255204

 

https://www.lopinion.fr/edition/economie/l-amerique-prete-a-se-substituer-a-l-europe-nourrir-planete-255236

 

 

Jean Vinatier

Seriatim 2021

 

 

dimanche 1 août 2021

Passe sanitaire : vers le 5 août N°5676 15e année

Les manifestations d’hier ont confirmé la montée en puissance, au milieu des congés estivaux, de la colère contre l’instauration du passe sanitaire. Remarquons d’entrée, que les défilés ne donnèrent lieu à aucun pillage ou destruction de devantures et que les cortèges rassemblèrent des Français d’univers aussi opposés que le chrétien traditionaliste et le militant NPA : certains manifestants en firent la remarque, en notèrent l’étrangeté tout en s’en accommodant très bien. Ce constat pour souligner que le spectre contestataire envers l’instauration d’un passe sanitaire commence à cheminer du haut en bas et de droite à gauche de la société française, un courant électrique encore très hétérogène et pas encore intellectualisé mais qui se montre, ne se cache plus.

Le passe sanitaire s’inscrit dans la logique et la suite des lois sécuritaires votées, notamment, depuis le quinquennat d’Emmanuel Macron avec pour principal effet, la fin de l’anonymat : pour aller prendre un café, un verre, manger, vous devrez afficher votre identité. Les cafetiers, bistrotiers, restaurateurs, pour ne retenir que ce secteur, sauront tout de leur clientèle, trouvant là, pour certains d’entre eux, une source nouvelle de profit. Autrefois, les hôteliers demandaient le passeport, obligeaient le client à remplir un cahier avec les noms et adresse, nous assistons à son retour élargi à d’autres secteurs. Il n’y a pas si longtemps, l’État obligeait les gens du voyage à avoir un passeport intérieur supprimé seulement en 2016 et qui réapparait aujourd’hui sous un autre nom.

La caractéristique générale du passeport sanitaire est la fin de l’anonymat,  de l’accès aux soins contrevenant à des siècles d’hospitalité comme l’est le sauvetage en mer (demain il faudra brandir un passe sanitaire pour être secouru ?), du secret médical ne choquant absolument pas le corps médical étonnamment muet sur un objet fondamental qui établissait la même confiance qu’entre un confessé et son confesseur : désormais, une société comme Otentik disposera d’une montagne de données qui rapporteront des centaines de millions d’euros et plus. Ce transfert et ce lien malsain entre l’État et des sociétés privées abolit la liberté fondamentale pour un homme qu’est l’anonymat. D’ici deux ans, la BCE mettra en service l’euro numérique, qui aura pour but de tarir l’argent liquide, autre moyen d’être anodin et anonyme dans ses parcours et désirs quotidiens.

A cette fin de l’anonymat qui ne révolte pas les jeunes, des moutons sur trottinette, se greffe le risque de perdre son emploi si via la vaccination, on n’obtient pas le passe sanitaire. Sur ce point, le gouvernement indispose le monde de l’entreprise qui y voit une source d’embarras, de disputes et de perte de temps. Sans doute, le Conseil constitutionnel invalidera la loi votée par le Parlement, désamorçant un point très important de coalition des colères dont celles des libéraux, jusqu’à présent un soutien sans faille à Emmanuel Macron.

Le 5 août sera donc intéressant selon que le Conseil constitutionnel modifiera à la marge la loi ou bien l’invalidera. De là dépendront les vigueurs des prochaines semaines. Mais même si le Conseil se contentait de corrections périphériques, se poserait toujours la question, de l’anonymat et de la liberté de choix. Quand la IIIe République rendit obligatoire la vaccination des enfants, elle n’y adjoignit aucune sanction, de même tout récemment quand on décida un nouveau paquet de onze vaccins, le gouvernement ne l’assortit d’aucune punition ou menace. Il y a donc une nouveauté dangereuse à stigmatiser le citoyen qui choisit ne pas se faire vacciner : le pouvoir allant très loin, en dispensant les adolescents d’avoir l’autorisation parentale. A la stigmatisation s’ajoute la division des familles au sens large et l’affaiblissement de la fonction parentale au profit de lois coercitives et punitives. Le gouvernement accentue sa pression en alimentant les publicités sur la contagiosité du variant delta sans dire sur sa létalité : les hospitalisés, ont moins de soixante ans, ne sont pas vaccinés…etc. Désormais, dans les rues, les gens s’effraient eux-mêmes. Il n’y a pas si longtemps, on se rentrait dedans, désormais, on se plaque contre le mur pour laisser passer, le masqué fixant furieusement le non masqué. Climat délétère et délation…en devenir.

Pour conclure, la violence de l’extension du passe sanitaire cache la crainte gouvernementale de rétablir des confinements généraux, d’assister à des hôpitaux submergés faute de lits que l’on continue à réduire, alors pour convenir autant à des impératifs d’une doxa économique que de poursuivre la domestication des masses via des policiers, des gendarmes non vaccinés (musée Rolin à Autun) et des consortiums privés, la peur est leur politique du pire qui n’avoue pas son nom. Mais bien plus loin, il y a une autre abdication plus tragique que celle des corps intermédiaires et des élus, celle du  spirituel, des églises chrétiennes, des rabbins, des imams. Un silence qui n’interpelle personne. Le variant à bon dos pour autoriser une telle démission du spirituel, du religieux, selon moi, aussi gravissime que les attentats à l’anonymat et aux libertés humaines. Même l’église ou le lieu de culte n’est plus hospitalier !

 

Jean Vinatier

Seriatim 2021