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samedi 16 novembre 2019

« Histoire de la Révolution Française et Révolution dans l'histoire par François Furet » N°4715 13e année

« Enregistré le 11 février 1994 

Dans cet entretien, François Furet répond aux questions de Jacques Revel, Mona Ozouf et Pierre Rosanvallon et explique avec lucidité et droiture comment son engagement politique et sa formation théorique ont pu se conjuguer, puis diverger, jusqu'à ce que sa propre réflexion sécrète une vision renouvelée de la Révolution française et de sa place dans l'histoire.
 0:00:00 - Introduction
 0:07:35 - Un apprentissage marxiste
 0:19:52 - L'École Labrousse et l'histoire sociale
0:34:18 - L'histoire est-elle une science sociale ?
0:52:29 - Penser la révolution
1:12:39 - La révolution française : matrice de la démocratie française. » Jean Vinatier
 Seriatim 2019

« Retour sur l’ineptocratie par Charles Gave » N°4714 13e année


Charles Gave est un libéral souverainiste.

« Economiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 “ Des Lions menés par des ânes “(Éditions Robert Laffont) où il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage “Sire, surtout ne faîtes rien” aux Editions Jean-Cyrille Godefroy (2016) rassemble les meilleurs chroniques de l'IDL écrites ces dernières années. Il est fondateur et président de Gavekal (www.gavekal.com). »

« Je viens de passer une journée dans l’est de la France, invité par le Maire d’une petite commune de la Meuse, Culey, que je remercie ici. J’en suis revenu encore plus indigné que je ne l’étais en partant, tant la situation des habitants y est encore plus désastreuse que tout ce que je pouvais imaginer. Je me suis précipité en rentrant sur mon ordinateur pour écrire un compte rendu de ce petit voyage. En l’écrivant, j’ai eu la sensation que j’avais déjà tout décrit avant même d’y être allé. J’ai vérifié, et j’ai retrouvé ce texte que j’ai écrit il y a environ un an et que je reprends in extenso, n’ayant rien à y ajouter.
Que le lecteur veuille bien m’excuser de cet inhabituel accès de paresse mais parfois, nul besoin de ré-inventer la roue.

Je vais me livrer à un petit exercice de style : utiliser les écrits de deux hommes éminents qui m’ont influencé dans mon parcours intellectuel, Bastiat et Milton Friedman pour porter un diagnostic sur ce qui mine notre pays. Et qu’est que ces deux grands hommes ont en commun ? Une chose en particulier : la capacité de me faire rire en parlant d’économie tout en écrivant dans une langue superbe.
Commençons par Bastiat.
Bastiat disait que n’importe quel individu qui voulait s’approprier quelque chose avait le choix pour l’obtenir entre « travailler ou voler », et qu’il n‘y avait pas de troisième voie. Et qu’il était beaucoup plus fatigant de travailler que de voler, mais que voler pouvait être dangereux.  Et donc que le plus simple pour voler est de s’organiser pour capturer l’Etat et autoriser le vol légal, qu’il appelait « spoliation ». Voici la citation
« On est d’abord porté à penser que la Spoliation ne se manifeste que sous la forme de ces vols définis et punis par le Code. S’il en était ainsi, je donnerais, en effet, une trop grande importance sociale à des faits exceptionnels, que la conscience publique réprouve et que la loi réprime. Mais, hélas ! il y a la spoliation qui s’exerce avec le consentement de la loi, par l’opération de la loi, avec l’assentiment et souvent aux applaudissements de la société. C’est cette Spoliation seule qui peut prendre des proportions énormes, suffisantes pour altérer la distribution de la richesse dans le corps social, paralyser pour longtemps la force de nivellement qui est dans la Liberté, créer l’inégalité permanente des conditions, ouvrir le gouffre de la misère, et répandre sur le monde ce déluge de maux que des esprits superficiels attribuent à la Propriété. Le vol individuel peut être rare, sévèrement réprimé, mais la spoliation est organisée, légalisée, systématisée. »
Et pourtant à son époque le vol en bande organisée « (communément appelé socialisme) » commençait à peine à prendre son vol (si j’ose dire). Nous avons fait beaucoup de progrès depuis !
Venons-en à Milton Friedman, qui disait en riant beaucoup qu’il y avait quatre façons de dépenser de l’argent.
1-      Je peux dépenser pour moi de l’argent que j’ai gagné moi-même. En général, cet argent est bien utilisé et le montant de satisfaction très élevé.
2-      Je peux dépenser de l’argent que j’ai gagné au profit de quelqu’un d’autre. J’achète une moto de compétition pour son anniversaire à mon épouse. L’intention est là, la satisfaction peut-être pas.
3-      Je peux dépenser de l’argent que quelqu’un d’autre a gagné, mettons une subvention étatique et j’en tirerai une satisfaction certaine, mais il n’est pas certain que cet argent soit mieux dépensé que par celui qui l’a gagné, ou que je vais continuer à toucher ces subventions.
4-      Et enfin, l’argent peut être transféré de mon compte au compte de quelqu’un qui ne l’a pas gagné mais qui devra le dépenser en l’envoyant à une autre personne parce que la Loi lui a donné cette prérogative, et là c’est toujours du grand n’importe quoi.

Le but de ce petit papier est simplement de montrer qu’en utilisant l’analyse de Bastiat et la typologie de la dépense de Milton Friedman, je peux expliquer tout ce qui s’est passé en France depuis quarante ans, tout ce qui se passe aujourd’hui et prévoir sans grandes difficultés tout ce qui va se passer demain. Au travail donc.

La suite ci-dessous :


Jean Vinatier
Seriatim 2019

vendredi 15 novembre 2019

« La “France” et les “Français” aux temps médiévaux : quels sens attribuer à ces deux termes ? par Philippe Contamine » N°4713 13e année

« Philippe Contamine, membre de l’Institut, donne une conférence intitulée « La “France” et les “Français” aux temps médiévaux : quels sens attribuer à ces deux termes ? », dans le cadre du cycle « Les grandes voix ». La conférence s'est déroulée le 23 mai 2016 à l'École des chartes. » Jean Vinatier
 Seriatim 2019

« Fragments de démocratie médiévale par Jacques Dalarun »N°4712 13e année

« Jacques Dalarun, historien du Moyen Âge, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, donne une conférence intitulée "Fragments de démocratie médiévale", dans le cadre du cycle "Les grandes voix". La conférence s'est déroulée le 27 mars 2017, à l'École des chartes. » Jean Vinatier 
Seriatim 2019

jeudi 14 novembre 2019

Les vrais chiffres de l’immigration (en cartes) N°4711 13e année

Site : Le monde en cartes 2019
 « A chaque campagne électorale, le sujet de l’immigration est abordé. C’est un thème clivant et qui intéresse les Français. Il est de ce fait rarement traité avec pragmatisme et objectivité. C’est ce que j’essaye de faire ici en donnant des chiffres factuels. Vous ne trouverez pas réellement d’analyse dans cette vidéo, mais quelques éléments nécessaires pour vous forger votre propre avis sur la question. Immigration passée, actuelle, vie des immigrés, titres de séjour, droits d’asile, … Toutes ces questions sont abordées. » Jean Vinatier
Seriatim 2019

« Les routes de la soie par Eric de La Maisonneuve » N°4710 13e année

« Eric de La Maisonneuve, stratégiste et historien, s’intéresse depuis une quinzaine d’années aux questions de la Chine moderne, et se propose d’analyser avec nous l'histoire et les projets de réanimation des " Routes de la soie ". Cette conférence s'est tenue le mercredi 28 mars 2018 à 18h à l'ILERI. »
Pierre Fayard : La Culture Stratégique Chinoise | Conférence à l'ILERI 2016 
 « L’auteur, professeur des universités à l’Institut d’Administration des Entreprises de Poitiers, et auteur du best-seller Comprendre et appliquer Sun Tzu. 36 stratagèmes de sagesse en action vient nous parler des trois principes clés de la stratégie chinoise. »
Jean Vinatier 
Seriatim 2019

« Comptes à rebours par Hubert Védrine » N°4709 13e année

2018

 «La Fondation Jean-Jaurès a organisé un débat avec Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères, animé par Louis Gautier, ancien secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale suite à la parution l’essai d’Hubert Védrine « Comptes à rebours ». Face aux menaces écologiques, aux soubresauts et autres bouleversements géopolitiques, à la montée de différents mouvements radicaux et xénophobes, à la remise en cause de la démocratie, quelles sont et pourraient être les réponses de la France, de l’Union européenne et de la communauté internationale ? Comment envisager l’évolution du monde à court et moyen terme ?
Jean Vinatier
 Seriatim 2019

« L’Occident fait joujou avec le terrorisme par Gérard Chaliand » N°4708 13e année

« Baroudeur stoïcien, on ne présente plus Gérard Chaliand. Il a tout vécu ou presque, il est allé partout, écrit une cinquantaine d’ouvrages. L’homme semble toujours, à 84 ans, plein de vie, sportif et avide de savoir. Ce qui l’anime, c’est le conflit et son analyse. Portrait de «l’Arpenteur des guerres».
 2018 Ordre mondial, conflits et géopolitique avec Gérard Chaliand, avril 2017 
  « Irak et en Syrie, quelle situation géopolitique ? avec Gérard Chaliand mai 2017 
Jean Vinatier 
Seriatim 2019

lundi 11 novembre 2019

La fin des Habsbourg N°4707 13e année

Jean Vinatier
 Seriatim 2019

La fin des Ottomans N°4706 13e année

Premier volet : les nations contre l’Empire. 
 
Deuxième volet : Avènement de la République turque 

Jean Vinatier
 Seriatim 2019

Macron à tous les morts N°4705 13e année


En ce jour d’armistice, Emmanuel Macron a rappelé à notre mémoire les soldats, dont ceux de l’empire français. C’est-à-dire ceux qui tombèrent dans les tranchées en 1914/1918, puis ceux qui connurent le martyr en mai/juin 1940 quand les nazis leurs refusèrent le statut de combattant, ceux qui participèrent à la Libération de la France, ceux qui allèrent en Indochine puis en Algérie. Aujourd’hui, en France, vivent dans l’oubli et la précarité  bien des descendants de harkis.
Etait-il nécessaire dans ce rappel mémoriel d’écrire à la présidence algérienne le 1er novembre dernier, cette fameuse Toussaint rouge qui vit en 1954 des dizaines d’attentats débuter la guerre d’indépendance ? Imagine-t-on la Reine d’Angleterre envoyer un mot au Président des Etats-Unis chaque 4 juillet ?
Il est juste que la France n’oublie aucun combattant. On peut le faire sans avoir recours à la repentance.
Ce même jour, le Président Macron a inauguré un monument dans le parc Citroën dédié aux soldats français tombés lors de missions extérieures (OPEX). C’est bien d’éclairer (si j’ose l’écrire) les hommes de l’ombre. Cela nous rappelle que la France quoique en paix est malgré tout en guerre et la guerre a toutes les formes possibles. Il n’est pas rien pour un volontaire d’accepter des missions physiques où il risque sa vie acceptant que nul ne sache où il est, où il tombe, parfois. C’est bien pour les familles et nos compatriotes. N’oublions pas que si nous pouvons encore aller et venir sans trop d’inquiétude, croire à la pérennité de notre de vie, nous le devons directement, indirectement à ces « ombres ».

Jean Vinatier
Seriatim 2019

Espagne : Vox populi N°4704 13e année


Le Premier ministre espagnol, Sanchez,  espérait « se refaire » tel un joueur de roulette.  Peine perdue, le voici dans la situation qui le décida à proposer au Roi des élections anticipées et qui sait, n’est pas loin de croire à une cinquième convocation électorale d’ici l’été 2020.
Le parti Vox, grand vainqueur de ce rendez-vous législatif double les sièges passant de 24 à 52. Inconnu deux ans plus tôt, ce parti de droite populiste et chrétien suscite un enthousiasme grandissant. Le PP qui prend 20 sièges s’inquiète de ce partenaire adversaire.
Nulle majorité ne se dégageant tant à gauche qu’à droite, on songe inévitablement à des coalitions et notamment à l’une sur le modèle berlinois. L’Espagne n’est pas l’Allemagne. Le récent transfert du général Franco laisse des traces même si le souvenir du Caudillo a perdu de sa force parmi les jeunes générations. Évidemment, une coalition PP/PSOE a les faveurs des mercantiles et de Bruxelles quand bien même l’évolution intérieure allemande devrait ralentir les réflexions sur ce tricotage.
Au milieu de ce nouveau parlement où siègent des petits partis, régionaux, locaux, indépendantistes (Catalan, Basque) qui se vendront au plus offrant mais avec la tentation de renouveler les enchères, le lendemain espagnol ne sera pas du tout apaisé, le dossier catalan gardant toute sa chaleur.  Le parti VOX, seul, devenant une voie prometteuse cela ravivera à gauche des vieilles colères  datant de la guerre civile, sachant que cette même gauche s’est aussi illustrée par ses divisions et ses guerres intestines au sens physique du terme……

Jean Vinatier
Seriatim 2019

« La religion dans la démocratie par Marcel Gauchet » N°4703 13e année

Conférence du 2 février 2018
« En prolongeant sa théorie de la « sortie de la religion », Marcel Gauchet propose une réflexion sur les sociétés occidentales contemporaines qui, pour lui, s’inscrivent dans un mouvement qui mène à la fin de la religion. Selon lui, le processus s’accentue dans les pays occidentaux et en particulier en France, avec l’effondrement mesurable des pratiques religieuses, le recul des affiliations et la baisse des vocations. Il souligne également que cette évolution s’accompagne de la disparition des grandes idéologies séculières comme le communisme et de l’affaiblissement de la laïcité « devenue peu à peu un fait sans principe ». Cette transformation majeure des rapports entre la société et l’État aboutit à une dissociation et nous place devant une situation inédite. La laïcité a certes conduit à sortir d’une situation d’emprise de l’Église catholique sur le pouvoir politique et sur la société civile. Mais elle se trouve, elle aussi, maintenant fragilisée. La fin d’une logique d’affrontements entre l’État républicain et l’Église catholique semble lui avoir fait perdre une partie de sa créativité et de sa vitalité. C’est donc dans le cadre de cette mutation d’ensemble que doit s’inscrire une redéfinition de la laïcité, principe historique actuellement bousculé par la construction européenne et l’évolution de l’histoire. Face au triomphe de l’individualisme, la laïcité est à présent particulièrement liée à la préservation de la neutralité de l’espace démocratique. Que peut vouloir dire le gouvernement des hommes par eux-mêmes quand ils sont pour de bon émancipés de l’emprise des dieux ? »
Jean Vinatier
 Seriatim 2019

«Le Monde arabe entre rupture et renaissance » N°4702 13e année

« Colloque organisé par le département de recherche Société, Liberté, Paix du Collège des Bernardins et l’iReMMO Mercredi 3 février 2016 au Collège des Bernardins
 Les sociétés arabes. Communautarisation et citoyenneté
 Rencontre avec : Mohamed Janjar, directeur adjoint de la Fondation du Roi Abdul Aziz au Maroc.
 Stéphane Lacroix, professeur associé à l’École des Affaires internationales de Sciences Po (PSIA), chercheur au CERI (Centre de Recherches Internationales).
 Hamit Bozarslan, directeur d’études à l’EHESS (École des Hautes Études en Sciences Sociales).
 Saida Ounissi, députée tunisienne, membre du parti Ennahdha. Fadi El Saïd, ancien directeur éditorial du Dar Al Shorouk au Caire et actuellement membre du projet "Law and Society" de l'université américaine du Caire.
Modération : Jacques Huntzinger, ancien ambassadeur de France, co-responsable du séminaire, Dialogue méditerranéen sur la modernité et le religieux, au Collège des Bernardins. » Jean Vinatier 
Seriatim 2019

« L’islam devant la démocratie par Philippe d’Iribarne »N°4701 13e année

Conférence du 19 décembre 2017 L’auteur est un ingénieur général des mines, économiste et anthropologue français, directeur de recherche au CNRS

 « Il y a-t-il des contradictions possibles entre l’univers de pensée islamique et les idéaux démocratiques ? La question revêt aujourd’hui un tour critique. Elle concerne tout autant l’intégration des communautés musulmanes dans les sociétés occidentales, que l’avenir des pays musulmans en pleine ébullition politique – dans le monde arabe comme au sud du Sahara. En France, la question n’est abordée que sous un mode passionnel : pour les uns, soucieux d’interdire toute stigmatisation, il faut nier l’idée d’un lien quelconque entre l’islam et certains faits problématiques ; pour d’autres, au contraire, il s’agit de montrer une tolérance zéro à l’égard des traits qu’ils pensent liés à l’islam. Loin de ces diktats, Philippe d’Iribarne nous livre quelques pistes de réflexion. »  
« Islamophobie, anatomie d'une imposture. Entretien avec Philippe d'Iribarne » 
  Jean Vinatier
 Seriatim 2019

dimanche 10 novembre 2019

Quinquennat voilé, Président tragique N°4700 13e année


Pendant l’instant turc en Syrie kurde et avant son déplacement dans l’Empire du Milieu, le successeur de François Hollande a réservé à The Economist, encore en tenue Obama (chemise blanche, manches retroussées) ses opinions urbi et orbi dans un contexte intérieur et extérieur au-delà du négatif.
A l’intérieur, quelques temps après son  désastreux déplacement à Mayotte, aux îles Eparses, à la Réunion où Emmanuel Macron entouré par les colères des foules, les grèves, les violentes répressions policières, ses maladresses tactiles vit  ses ailes rognées : ni sa jactance, ni son arrogance, ni sa suffisance n’y purent rien. Pendant ce temps, le Premier ministre mirait à la Guadeloupe les algues sargasses. De l’Océan indien à la mer des Caraïbes, l’exécutif était aux antipodes, loin du centre politique, en quête de vent favorable, de gouvernail aussi. Le Président de la République et le Premier ministre, ne serait-ce que par la livraison quotidienne de la liasse des notes blanches et désormais par une lecture plus attentive que d’ordinaire, ne peuvent plus éviter du regard la tournure béante du quinquennat.
Les contestations sociales s’étendent du plus bas de la société aux étages élevées mais sans quelles se rejoignent, l’islam est associé à  un communautarisme d’où surgirait un idéal tribal. C’est une nation française lardée de coups, d’agressions, de violences, notamment policières (gilets jaunes, pompiers), auxquelles participent des lois progressistes qui effacent, aujourd’hui, le père avant la mère, demain. Toute notre Histoire prend un aspect trouble et fangeux, brouillant et désarticulant notre identité nationale. Le peuple, au fil des siècles, habitué à la souveraineté et à la patrie qui en est le juste et indispensable corollaire, s’insupporte de ces discours victimaires des minorités sans cesse exaltées, parées des plumages les plus heureux et devant lesquelles, le Français cesserait d’être le premier pour celui d’un second serviable repentant.
A l’extérieur, l’influence française rappelle le maréchal de Soubise cherchant à la lanterne son armée après le désastre de Rossbach : humiliée en Syrie, moquée, en Union européenne, en Turquie, en Iran, aux Etats-Unis, en Chine où le Président Xi Ping a mesuré l’exactitude de notre état quand la Russie fait mine de croire au tournant moscovite de l’Elysée et sourit sous cape de l’éventuel transfert du corps du général Gudin. Quant à nos soldats attaqués avec une violence accrue au Sahel, ils réussissent encore avec des moyens dérisoires à tenir un front anti-Boko-Aram et consorts : pour combien de temps ?
C’est peu dire que les remarques d’Emmanuel Macron livrées à The Economist, si parfois elles sont justes, notamment, sur l’OTAN et l’Union européenne, n’ont, in fine, que la puissance d’un taureau aux cornes d’escargot s’énervant dans une arène au public nullement approbateur.
Emmanuel Macron ne comprend toujours pas qu’une Politique n’est pas qu’une communication permanente, qu’une bonne politique s’établit avec les réalités, patriotiques, économiques, démographiques, l’appui de la nation, la pleine maitrise de sa souveraineté et la foi. Il ne sert à rien d’évoquer à tout bout de champ, par exemple, la défense européenne quand l’Europe n’existe pas. L’Union européenne n’ayant pas vocation à se définir comme une souveraineté, elle n’est qu’une aire géographique, mercantile et humaine. L’Allemagne qui célèbre simplement la chute du Mur de Berlin a plus en vue la manière de recouvrer tous les attributs de sa puissance que de s’abandonner à une rhétorique utopique chère au successeur de François Hollande. Il faut bien mesurer la popularité des séries historiques de qualité en Allemagne sur Guillaume II et l’héroïsme de l’armée pendant la seconde guerre mondiale sans référence directe au régime d’alors.
Emmanuel Macron, quand il dénonce l’OTAN « en mort cérébrale » n’entend ni la quitter, ni la refonder, il croit être écouté en anglais. Il est convaincu que les réflexions en langue anglo-américaine sont les seules légitimes, biffant d’un trait tout ce que l’Europe continentale a produit pendant des siècles. Il vit et se pense en anglais, il n’a envers la France qu’une condescendance historique et linguistique.
Emmanuel Macron affirme que l’Union européenne est « au bord du précipice » : sa vue n’est pas mauvaise. Quels actes propose-t-il ? Rien. Quel poids peut-il avoir auprès des membres de cette Union alors qu’il est, chez lui, le Président le plus impopulaire et haï depuis un siècle au moins ? L’Union européenne est, c’est vrai, totalement désarmée politiquement face à la montée de la religion musulmane, de géants nationaux qui raisonnent impérialement: Etats-Unis, Russie, Chine, Iran, Inde, Royaume-Uni (une fois le Brexit acté). Et l’Union européenne ne peut rien faire étant sans but souverain, sans Politique stratégique sans pensées identitaires, se berçant avec son « doux commerce » qui rendrait le loup agneau. Même sur les flux migratoires, elle ne dispose pas de ce qui la force d’un Etat, trop d’intérêts contradictoires s’activent. Aujourd’hui, l’Union européenne est perçue par les migrants  comme un garde-manger d’où surgit une fontaine monétaire abondante, permanente.
L’entretien accordé à The Economist par Emmanuel Macron par ses remarques et formules ont beaucoup de l’aveu, et impriment davantage la dimension tragique du Président Macron à l’image voilée au terme de sa première partie du quinquennat.




Jean Vinatier
Seriatim 2019