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lundi 14 juillet 2025

«Ukraine, Russie, Europe : l’Occident en mode panique » par Jacques Baud N°5729 19e année

 "Au cœur de cette interview : 

• Guerre en Ukraine : erreurs, impasses et réalités du terrain 

• La menace russe est-elle exagérée ? 

• La France doit-elle craindre un affrontement direct ? 

• Analyse géopolitique et sortie de crise"

Jean Vinatier 

Seriatim 2025

vendredi 8 novembre 2024

Ukraine : les roueries de Trump N°5709 18e année

 Crise allemande officialisée, la minute « after » de Macron sur les herbivores et les carnivores, propos comique de Hollande sur le « couple franco-allemand », le premier ministre hongrois faisant face à la fronde de certains européens à Budapest…bref une Europe claironnante en débandade avant même d’enfourcher un canasson quand Donald Trump a laissé filer quelques idées pour clore le conflit en Ukraine.

L’irénisme du 47e POTUS s’arrête là où commence les intérêts américains, des intérêts autant géo-économiques que géopolitiques. Les USA et leurs fonds d’investissement ont prêté de l’argent à l’Ukraine en s’assurant de solides garanties à la manière des européens quand ils avançaient des finances à l’empire ottoman (je te prête 100 et je garde, en garantie, les recettes des douanes…etc), ont fourni des armes en échange de contrats et le tout à l’avenant. Pas plus demain qu’hier, il n’est question d’un éloignement américain du champ ukrainien. La maxime de Trump serait de maintenir un antagonisme ou méfiance russe vis-à-vis des européens et vice-versa, de trouver avec Poutine des accommodements pour se l’attacher comptant sur la méfiance moscovite vis-à-vis de Pékin. Le 47e POTUS change les mots pas le texte fondateur.

Quand Donald Trump propose l’adhésion immédiate de l’Ukraine à l’Union européenne: il s’agira d’appâter Bruxelles satisfaite de son extension tout en la mettant face à la Russie, l’Ukraine serait de facto séparée en deux à l’instar de la Corée ayant sur son sol « un corridor de sécurité » ou zone tampon à la charge militaire et financière des européens. La promesse de non-adhésion à l’OTAN pendant 20 ans est une habileté de langage tellement les contrats de fournitures d’armement impliqueront des foules de conseillers militaires s’ajoutant à des accords périphériques. Ce serait une façon pour Trump de peser sur la Russie, d’envelopper les européens. Les deux soucis de Trump sont donc de maintenir les européens en lisière, de ramener un tant soit peu la Russie vers lui mais sans faciliter un rapprochement de celle-ci avec l’Union européenne. Quant à l’Ukraine, elle serait réduite à peu de chose mais ne subirait plus la guerre.

Si les européens avaient une once d’intelligence et surtout cessaient de porter des lunettes américaines sur le nez, ils travailleraient à une Ukraine neutre comme le firent leurs ancêtres au Congrès de Vienne en établissant celle de la Suisse (1815). Pour l’heure les européens se focalisent sur la défaite russe regardant les ukrainiens comme ils voyaient les grecs face aux ottomans dans les années 1820. L’Union européenne joue contre elle-même et sans avoir aucune garantie d’être associée aux négociations par les américains lesquels préféreront être les seuls maitres du stylo entre Moscou et Kiev.

A suivre

Jean Vinatier

Seriatim2024

samedi 13 avril 2024

L'histoire a-t-elle un avenir? L'humanité à l'heure du péril contre le vivant par Dominique Bourg N°5767 18e année

« Conférence du 21 mars 2022 donnée par Dominique Bourg, Professeur honoraire, Université de Lausanne et Johann Chapoutot, Professeur d’histoire contemporaine, Sorbonne Université.

Assistons-nous simultanément à la fin de la « fin de l’histoire » et au début de la fin du futur ? 

En cette période qui a vu la curieuse concomitance entre la parution du rapport complémentaire du GIEC et le déclenchement d’un conflit armé majeur au cœur de l’Europe, l’Université de Genève et l’Association des étudiant-es en développement durable vous convient à un dialogue en ouverture de la « Semaine de la durabilité 2022 ». 

Interroger le récit prométhéen, la notion d'anthropocène, ainsi que le moment particulier que nous vivons depuis les années 1970 avec les premières alertes argumentées et étayées à propos de la catastrophe environnementale en cours, sera au cœur de l’échange entre le philosophe Dominique Bourg et l’historien Johann Chapoutot. 

Est-il encore possible de faire coïncider le temps court de notre présence sur terre, le temps long de la nature et des civilisations et le temps géologique au sein d’un même récit ? » 

Jean Vinatier 

Seriatim2024

vendredi 26 mai 2023

Jacques Baud : Chine Russie, le nouvel axe du mal N°5691 17e année

 A l’occasion de la sortie du dernier ouvrage de Jacques Baud, Ukraine entre guerre et paix, aux éditions Max Milo, un passionnant entretien

 « La stratégie des États-Unis est-elle dans l’impasse ? Quelle est la conduite russe des opérations militaires ? Quand aura lieu la contre-offensive ukrainienne ? L’armement occidental fait-il vraiment la différence en Ukraine ? Qui sont les gagnants de cette guerre ? À quels bouleversements du monde sommes-nous en train d’assister depuis le 24 février 2022 ? Quelle est la réalité des pertes, côté ukrainien et côté russe ? L’industrie occidentale parvient-elle à rivaliser avec celle de la Russie en Ukraine ? Pourquoi ne cherche-t-on pas une solution négociée ? En quoi notre perception du conflit est-elle en train de desservir l’Ukraine ? Pour répondre à ces questions et à bien d’autres, Jacques Baud s’appuie sur les informations des services de renseignement occidentaux et les documents américains qui ont fuité en avril 2023. Après les best-sellers Poutine, le maître du jeu ? et Opération Z, dont le travail d’analyse a été salué dans le monde entier, l’auteur revient sur la guerre en Ukraine en analysant les faits et rien que les faits. Que l’on soit pour ou contre la position de l’Ukraine, on est condamné à revenir au terrain des opérations et à analyser ce qui s’y déroule. C’est à ce prix qu’un chemin vers la paix est possible, et non en nous fondant sur des illusions. » 

Jean Vinatier 

Seriatim 2023

samedi 4 mars 2023

Ukraine: un an du conflit russo-ukrainien par Jacques Baud N°5643 17e année

 

Jacques Baud , ancien colonel de l'armée suisse, spécialiste du renseignement et du terrorisme

 Partie 1 : 

 

Partie 2 

 

Partie 3 

 

Jean Vinatier 

Seriatim 2023

jeudi 23 février 2023

Réalité virtuelle : l’histoire autrement ? par Estelle Doudet N°5638 17e année

 

« Conférence d’Estelle Doudet, professeur de langue et littérature française des XIVe, XVe et XVIe siècles à l’Université de Lausanne (Suisse) 

Technologie usuelle dans l’industrie du divertissement et dans la médiation culturelle, la réalité virtuelle immersive est aujourd’hui couramment utilisée par les archéologues pour reconstituer des espaces historiques endommagés ou disparus. Ses enjeux sont tout autres pour les historiens qui travaillent sur des objets fragiles, tels que les écrits, sur des arts éphémères, comme le théâtre, ou sur les interactions sociales, dont les traces archivistiques sont en général lacunaires pour les périodes anciennes. Faut-il pour autant renoncer à l’outil virtuel pour faire l’histoire des livres, des spectacles, du sensible ? Quels sont les apports épistémologiques et les limites de cette technologie pour la recherche historique ? Les nouvelles approches de l’histoire du théâtre médiéval serviront d’exemples à la réflexion. » 

Jean Vinatier 

Seriatim 2023

vendredi 28 janvier 2022

Penser la société autrement. Regard d'un anthropologue - Maurice Godelier N°5791 16e année

« Conférence de l'anthropologue Maurice Godelier: "Penser la société autrement". Mardi 24 janvier 2017. 

Cette conférence s'est tenue dans le cadre du colloque international «Le Cours de linguistique générale, 1916-2016: l'émergence» 

Jean Vinatier 

Seriatim 2022

 

mardi 24 août 2021

L’assemblée des algorithmes de Florian Jaton N°5898 15e année

 À propos de Florian Jaton, The Constitution of Algorithms. Ground-Truthing, Programming, Formulating, Cambridge de Florian Jaton, Olivier Alexandre en fait la critique pour La vie des idées

                                                    _____________________

« Aux confins de l’ethnographie, de l’histoire de l’informatique et de la philosophie des sciences, Florian Jaton fait la lumière sur les algorithmes, ces boîtes noires qui orientent les décisions financières, les amours et les peines.

Depuis vingt ans, les algorithmes sont présentés dans le débat public comme un pouvoir en soi. Depuis la formule « code is law » lancée en 2000 par le juriste Lawrence Lessig, de nombreux auteurs ont avancé que le traitement automatisé es données gouvernait les pratiques, se substituant au droit et à la politique. Les systèmes de recommandations construits à partir de larges bases de données orientent ainsi les décisions et les goûts sur Internet, dans le domaine des achats, de l’accès à l’information et de la consommation culturelle, présidant aux rencontres amoureuses sur les sites dédiés, à l’application des peines avec la justice prédictive, ou les investissements financiers avec les algorithmes d’aide à la décision. Les algorithmes vectorisent ainsi la société par le biais de recommandations et d’arbitrages d’autant plus puissants que leurs procédures s’avèrent en grande partie invisibles. Florian Jaton propose de faire la lumière sur ces techniques au statut de boîte noire. Pour ce faire, il emprunte un chemin aux confins de l’ethnographie, de l’histoire de l’informatique et de la philosophie des sciences. Avec l’exposition les modes de production d’un algorithme, il met en perspective l’histoire de l’informatique afin de transformer des techniques ésotériques en objets de controverses.

L’algorithme en animal de laboratoire

Pour tenir cette promesse, l’ethnographe se détourne des blockbusters algorithmiques de la Silicon Valley pour s’immerger, à la façon de B. Latour et S. Woolgar, dans la vie d’un laboratoire. L’auteur y suit une petite équipe informatique de Lausanne, spécialisée dans le domaine de l’analyse automatique de la « saillance » visuelle (p. 59), branche visant à produire des systèmes de traitement d’image sur le modèle de la vision humaine. À force de réunions, pauses café, séances de tableau noir, discussions de couloir, courriels et sessions de programmation, il en devient un membre à part entière prêtant une main mal assurée, mais suffisamment serviable pour observer en situation les étapes d’élaboration d’un algorithme.

 

Soutenu par des financements publics, ce laboratoire se consacre à la production de travaux académiques sur la base de liens étroits avec les grandes entreprises du numérique et l’univers des startups, au travers d’invitations à des présentations, des collaborations, des stages rémunérés, des recrutements, et le réseau de conférences qui valident et apportent la reconnaissance à plusieurs mois, parfois plusieurs années de recherche (p. 40). Après deux ans et demi d’immersion, l’auteur le quitte avec mille pages de notes manuscrites, deux mille fichiers .txt, des douzaines de scripts codés en Python, des centaines d’images et d’enregistrements vidéo (p. 45). Il réalise à partir de cette plongée une suite d’observations, ce qui constitue un premier coup de force dans un domaine où le fonctionnement des machines et l’architecture des programmes recouvrent pour le commun des mortels le plus épais des mystères. Du temps passé à scruter des activités techniques peu spectaculaires et des tâches parfois résolument barbantes, l’auteur tire une proposition charpentée de ce qu’est un algorithme, en prenant ses distances avec ce qui en est dit habituellement.

Algorithme, vous avez dit algorithme ? »

La suite ci-dessous :

https://laviedesidees.fr/Jaton-The-Constitution-of-Algorithms.html

 

 Site de Florian Jaton :

https://www.florian-jaton.com/

 

Jean Vinatier

Seriatim 2021

samedi 26 juin 2021

Giotto: les clés du regard par J-E Berger N°5747 15e année »

« Jacques-Édouard Berger (24 mai 1945 - 10 novembre 1993) est un historien suisse qui fut conservateur au Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne, chargé de cours à l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL, département des Sciences humaines) et à l'École cantonale d'arts de Lausanne, collaborateur scientifique de la Radio suisse romande (RSR), écrivain, conférencier (direction de l'Association Pour l'art, cycles de cours-conférences et voyages culturels), membre ordinaire de l'ICOM (International Council of Museums - Conseil international des musées), membre du Comité exécutif de la Campagne internationale pour la création du Musée de la Nubie à Assouan et du Musée national de la civilisation égyptienne au Caire, nommé par la Conférence générale de l'UNESCO (Participation aux travaux du Comité dès la session de février à Assouan), critique d'art pour de nombreux journaux (articles et critiques dans La Tribune de Lausanne, Perspectives, L'Alliance culturelle, Museum, L'Hebdo, etc.). » (Source wikipedia)


Fondation:

http://www.fondationberger.ch/

 

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques-%C3%89douard_Berger

 

Jean Vinatier

Seriatim 2021


 

jeudi 17 juin 2021

Biden/Poutine : tea for two, two for tea? N°5738 15e année

La théâtralisation de Genève a tenu ses promesses, les deux acteurs ont affiché les sourires et se serrèrent la main sans trop se regarder. Évidemment, n’étant pas dans les coulisses, nous n’apprendrons que plus tard la réalité des échanges et des oppositions.

Présenté comme un acte de bienveillance par l’administration américaine, cette rencontre allait, en réalité, tout à fait dans le sens longtemps discouru par Vladimir Poutine. Ces nombreux dires sur la coopération en sont le témoignage quand les Américains entraient dans de véritables hystéries. De ce point de vue, Genève est un point en faveur de la Russie laquelle cherche, naturellement, à avoir une articulation équilibrée entre la Chine et les Etats-Unis et l’Union européenne. Le refus systématique tant de la part des Américains que de la part des Européens (le double-jeu allemand inclus) bloquait la Russie dans un retranchement dont elle a cherché à s’émanciper, notamment, par des objectifs géopolitiques et géostratégiques audacieux : de la Syrie à l’Afrique.

Les médias ont passé en revue tous les sujets et les traités avec la case « démocratie » où Poutine a bien renvoyé les balles. Ce qui compte, ce sont les nouvelles façons pour des Etats d’user d’outils technologiques qui abolissent, à bien des égards, la façon dont on concevait une rivalité entre deux puissances. Certes, il demeure les accrochages périphériques entre militaires, entre mercenaires mais fondamentalement les vraies batailles ne s’y déroulent plus. Ce sont des luttes imperceptibles par le grand public car depuis des réseaux, des satellites, des algorithmes…et ainsi de suite.

Malgré cela, reste le souci pour une puissance de garder sa place, de ne pas rétrocéder. Les Etats-Unis disposent de 800 bases à travers le monde, c’est-dire son omniprésence et pourtant, on la voit fébrile face, à la Chine, à la Russie. En réalité, à la différence de la Russie, les Etats-Unis ne séparent pas leur prépotence d’une situation multipolaire dont ils voudraient faire la leur. En faisant de la Chine, une ennemie ou à défaut une rivale, les États-Unis paraissent croire que Pékin est Moscou capitale de l’URSS alors même que Xi Jiping prendra son autonomie « Internet » en 2024. La grande faute américaine est de croire que la seconde guerre froide serait la suite de la première. C’est une observation que Vladimir Poutine et son excellent ministre Lavrov sauront utiliser car ils y verront le moyen de peser et même de dérouter.

En 1814, lors de la paix de Gand qui terminait la seconde guerre anglo-américaine, le Tsar Alexandre Ier proposait à l’ambassadeur américain de se partager le monde, un siècle plus tard, à Téhéran, à Yalta et Potsdam (1943-45), États-Unis et URSS partageaient bien des aires de présence et sans doute, si les Etats-Unis n’avaient pas abusé d’un Gorbatchev affaibli en promettant de ne pas accueillir les ex-pays du Pacte de Varsovie dans l’OTAN, le cours de l’histoire aurait pris un autre chemin. Mais voilà la certitude messianique américaine et une lecture partiale de « la fin de l’histoire » (Fukuyama) ont conduit à l’assouvissement de puissance, rompant un dialogue avec la Russie.

Sans faire, naturellement, de la Russie un doux pays avec des dirigeants parés de toutes les vertus, force est de constater, tout de même, que ce n’est pas elle qui a menti. Les États-Unis espionnent tout le monde, ne regardent le monde qu’avec leurs lunettes et les voudraient seules au monde ce qui ne se peut car ils se heurtent à la Chine, à la Russie mais aussi à l’Asie. Quand les pays d’Asie souhaitent ne pas être dans une vassalité chinoise, ils n’entendent pas pour autant entrer en guerre pour le roi de Prusse (USA) et c’est bien ce que la Maison Blanche (démocrate ou républicaine) ne comprend pas : l’Asie ne connait ni le Bien, ni le Mal, elle ne connait qu’elle-même.

Le face-à-face américano-russe (par-dessus l’Europe !) aura montré que le dialogue est encore possible, ce qui est bien mais, chacun devine, en toute logique, que les incompréhensions resteront. La Russie, quoique l’on pense de Vladimir Poutine, a cette qualité, en réalité vitale pour son avenir, de ne pas renoncer à proposer des échanges qui n’induisent pas nécessairement une soumission.

Terminons par une phrase d’imaginaire ou de rêve, le beau geste que les Américains et les Russes pourraient faire serait de proposer de placer l’Arctique sous l’autorité onusienne : mettre en avant un bien commun géré en commun.

 

Jean Vinatier

Seriatim 2021