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mardi 1 décembre 2009

Palanquero : base nucléaire US du Prix Nobel de la Paix ?–N°582- 3e année

Barack Obama serait-il le prix Nobel de la Paix le plus cité dans les affaires militaires ? Hier, on évoquait son empressement à obtenir du Japon l’extension de la base américaine sur l’île d’Okinawa ; aujourd’hui, on apprend l’envoi de renforts considérables en Afghanistan avec en annexe l’attente d’un soutien physique de la France. Entre les deux, l’affaire de la base américaine de Palanquero en Colombie suscite les courroux les plus grands de la plupart des Chefs d’Etat sud-américains ; en août 2009, lors du sommet de l’UNASUR, ils n’avaient pas épargné le Président de la Colombie, Alvaro Urribe, au sujet de cet accord militaire.
Palanquero pourquoi ? En 2007, le nouveau Président équatorien, Rafael Correa, déclarait ne pas vouloir renouveler le bail à l’armée américaine pour la base de Manta qui compensait la perte de celle de Panama intervenue en 1999. Entre cette date et aujourd’hui, Washington et le Pentagone ont arrêté leur choix sur la Colombie pour y déployer une force militaire dont l’ampleur n’allait pas tarder à dépasser tout ce que l’on pouvait imaginer et ce, malgré, les dénégations d’Alvaro Urribe.
Officiellement, la guerre contre le narcotrafic et les FARC seraient à l’origine de la formulation américaine. En réalité, le gouvernement américain tient à protéger ses compagnies pétrolières et à maintenir une présence militaire importante sur le continent sud-américain comme partout ailleurs dans le monde. Les évolutions politiques intervenues récemment sur ce continent ne le rassurent absolument pas ; il appréhende un éloignement politique préjudiciable à sa base arrière, l’Atlantique Sud. Est-ce un hasard, lorsque l’amiral James Stavidris, actuel commandant en chef de l’OTAN (SACEUR) et précédemment à la tête du Southern Command reconstitue la IVe flotte en sommeil depuis 1950 ?
La base de Palanquero est pour l’état-major américain un élément clef de sa mobilité. Elle lui donnera accès à l’ensemble du continent sud-américain; permettra de grandir sa capacité à riposter rapidement en cas de crise, de s’assurer l’accès à toute la région en un rien de temps avec des effectifs qui compteront, précisons-le, autant de militaires que de mercenaires.
L’accord conclu entre Bogota et Washington autorisera l’accès et l’utilisation de sept places militaires colombiennes outre Palanquero, Malambo, Tolemaida, Apiay, Cartagena, Malaga et à « d’autres sites militaires » non précisés. Evidemment, la pleine immunité est accordée à tous les militaires, civils et industriels nord-américains en Colombie.
Ce déploiement américain permettrait, premièrement de réagir, alors, contre tout gouvernement perçu comme hostile; deuxièmement de déployer un armement nucléaire ! Ces dernières possibilités ont été évoquées par le journaliste britannique, Hugh O'Shaughnessy, dans un article publié le 22 novembre¹ et relevées par Philippe Grasset qui ajoute :
« De bases installées pour “lutter contre le trafic de narcotiques et la guérilla qui lui est liée”, on passe à des bases stratégiques de surveillance continentale, éventuellement équipées de nucléaire, de bases-relais vers d’autres interventions, y compris vers d’autres continents. » ²
Maintenant, écrit Guillaume Beaulande³ :
« La militarisation de la région andine est un processus qui s’auto-justifie en permanence faute de légitimité se décomposant en trois phases :
La dépendance technologique et financière de l’armée colombienne à l’égard des États-Unis basée sur un besoin de maintenance, d’équipement, de stratégie militaire.
Les opérations clandestines de la « guerre sale » effectuées par des paramilitaires et des mercenaires au long cours.
L’installation de bases militaires et d’équipements de télécommunications dépassant le budget du pays concerné et nécessitant donc la présence d’experts Nord-Américains et d’un effectif militaire conséquent
»

Devant les vigoureuses protestations, notamment du Brésil et du Venezuela, les Etats-Unis ont promis de ne jamais intervenir dans un pays qui leur serait hostile et ont précisé que l’armement nucléaire ne serait qu’une hypothèse. Or,l’évolution de la situation intérieure hondurienne peut-elle rassurer les présidents sud-américains ? C’est douteux.
L’affaire de Palanquero tout comme celle d’Okinawa révèle un Président Barack Obama en parfaite accointances, actuellement, avec les politiques de ses deux prédécesseurs, républicain et démocrate, Georges Bush II et Bill Clinton (établissement de Bondsteel, une ville-base U.S près de Ferizaj au Kosovo)
Barack Obama sera un prix Nobel de la Paix vraiment étonnant même s’il peut répondre que Henry Kissinger a reçu cette distinction pendant la guerre du Vietnam !
De toute manière, les Etats-Unis gardent une nervosité sans pareille, dépensant à pleines mains, dollar faible ou pas, pour maintenir prés de mille bases sur les cinq continents. Etats-Unis, puissance irénique ou belliciste ?


Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2009
Tous droits réservés

Carte
:

http://www.cipcol.org/?p=610

Sources principales :

1-Hugh O'Shaughnessy:
http://www.independent.co.uk/news/world/americas/us-builds-up-its-bases-in-oilrich-south-america-1825398.html

2-Philippe Grasset (accès payant)
http://www.dedefensa.org/article-la_base_us_de_palanquero_colombie_une_epreuve_de_force_nucleaire_23_11_2009.html


3-Guillaume Beaulande :
http://www.npa2009.org/content/colombie-la-poudri%C3%A8re-de-l%E2%80%99am%C3%A9rique-latine-par-guillaume-beaulande

http://www.cambio.com.co/portadacambio/779/ARTICULO-WEB-NOTA_INTERIOR_CAMBIO-4234729.html

http://www.cadtm.org/IMG/article_PDF/article_a4987.pdf


Sources secondaires :

http://www.southcom.mil/appssc/pages/cdrBio.php

http://www.larepublica.com.uy/politica/288663-eeuu-ofrece-buenos-oficios

http://www.ufppc.org/us-a-world-news-mainmenu-35/9165-analysis-colombia-to-be-focus-for-us-military-build-up-in-south-america.html

http://www.amnesty.org/en/library/asset/AMR23/004/2004/en/3b72c85b-d63d-11dd-ab95-a13b602c0642/amr230042004fr.html


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samedi 3 octobre 2009

Irlande : oui, la corde au cou, la sébile tendue…. ? -N°540- 3e année

A 23H29, The Irish Times annonçait que le sondage à la sortie des urnes donnerait le « oui » à 60%, le « non » à 40%. Ce matin, le ministre des affaires étrangères confirmait la tendance. Même si les résultats ne sont pas officiels, avançons-nous pour entériner le résultat de ce second référendum dont l’intitulé reprend mot pour mot le premier, intervenu seize mois plus tôt.
Ce « oui » quel est-il ? L’Irlande traverse une des pires périodes de son histoire avec un gouvernement discrédité, impopulaire, une économie dévastée, un chômage en hausse. Les Irlandais n’ont donc pas voulu d’une seconde crise ; d’ailleurs Pierre Lellouche et d’autres dirigeants indiquaient à ce peuple que si sa réponse devait être une seconde fois négative, on passerait outre ! Les Irlandais bafoués comme l’ont été les peuples français et néerlandais, pouvaient-ils défier plus longtemps le continent ? D’ailleurs quels sont les ténors politiques partisans du « non » qui vinrent animer cette dernière campagne ? Le camp adverse n’a pas eu de mal à déplacer les VIP ! Que restait-il sinon de participer en moins grand nombre ? Le « Oui » irlandais est donc un « oui » de soumission.
Les Irlandais font penser aux bourgeois de Calais venant la corde au cou implorer la clémence du puissant du jour la sébile tendue en plus.
L’Allemagne a ratifié le traité de Lisbonne juste avant le vote irlandais, la Pologne et la République Tchèque seront les derniers et seul Vaclav Klaus fera de la résistance. Il y est encouragé par une lettre envoyée par le chef des conservateurs britanniques, David Cameron, rapportée par le
Daily Mail le 23 septembre. En un mot, il lui dit tenez bon jusqu’à notre victoire au printemps 2010, nous organiserons, dans la foulée, un référendum sur le traité de Lisbonne assurant un boulevard pour le « non » Bigre ! Mais, à Prague, une cabale se prépare déjà contre le Président. Elle prendrait la forme d’une procédure de destitution si jamais Vaclav Klaus ne trempait pas rapidement sa plume dans l’encrier : quelle ambiance délétère !
L’Europe une démocratie exemplaire ? On s’esclaffe de rire en Corée du Nord, en Chine, au Myanmar, en Iran, au Honduras. Pourtant nous continuerons à porter la « démocratie » partout sans complexe !!!
Les pays de l’Union européenne seront-ils tranquilles ? Pas du tout ! Même si le traité était ratifié par les 27, il ne s’appliquerait pas partout de la même manière : l’Allemagne et l’Irlande ayant droit à des « faveurs » Bref, faute d’avoir l’harmonie, nous aurons carpharnahum !
On nous rapporte, enfin, avec insistance les noms des futurs dirigeants du Conseil européen, en sus du médiocre Barroso, Tony Blair serait président avec comme ministre des affaires étrangères, le social-démocrate allemand Frank-Walter Steinmeier ! Tony Blair l’homme de tous les mensonges (« armes de destruction massive iraquiennes) et de l’inactivité au Proche-Orient !
Ce n’est pas le triomphe de l’Europe mais celui de la Byzance avachie et corrompue ou de la Rome des derniers empereurs !

Jean Vinatier

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jeudi 2 juillet 2009

Honduras : entre Picaros et Jason Fly (XIII)¹ -N°495 – 2e année

L’Amérique Centrale et l’Amérique du Sud ne surprennent plus le lecteur étranger.
Le Honduras faisait partie pendant la domination espagnole (1540-1821) de la capitainerie générale du Guatemala. Il a connu, après l’éclatement des Provinces-Unies de l’Amérique centrale en 1839², une vie politique agitée parsemée de coups d’Etat, celui du 28 juin annoncerait-il d’autres tumultes ?
D’un côté, nous avons un Président régulièrement élu en 2006, Manuel Zelaya, soutenu au début de son mandat par les milieux les plus conservateurs du pays avant qu’il ne s’en éloigne en adhérant à l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA) initiée par Hugo Chavez plutôt qu’à la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) votée par le Congrès américain en 2005.
Manuel Zelaya voulait également, par une consultation populaire, obtenir de postuler à un second mandat, ce qu’interdit l’actuelle constitution. Etait-ce l’initiative de trop ? C’est la raison évoquée par les généraux, le vice-président, Roberto Micheletti, la Cour suprême pour justifier leur action.
De l’autre, le Honduras, intéresse depuis quelque temps les cartels de drogue mexicains. Est-ce pour les contrer que le Président exilé Manuel Zelaya demandait, en 2008, la légalisation de certaines drogues ?
Enfin, nous avons le Honduras, véritable base arrière des Etats-Unis dans leur lutte contre tous les mouvements révolutionnaires dans les années 70. John Negroponte³, ambassadeur nommé par Ronald Reagan dans ce pays (1981-1985), a joué un rôle important pour aider les Contras hostiles aux sandinistes nicaraguayens. L’armée hondurienne est formée jusqu’à aujourd’hui par des officiers US. N’oublions pas la CIA et ses sous-agences avec ici et là les mercenaires.
On peut écrire que la victoire de Barack Obama n’enchante toujours pas les cercles les plus réactionnaires. Leurs oppositions sont plus ou moins ouvertes sur tous les terrains chauds du moment : Irak, l’Iran, AfPak, sur la frontière mexicaine. La tentation est grande de mouiller le Président d’une manière ou d’une autre, de l’affaiblir.
La politique de Barack Obama s’inscrit dans la rupture avec les administrations précédentes tant démocrate que républicaine. Il préconise une politique extérieure plus conciliante, notamment avec les dirigeants sud-américains qui défient chaque matin Washington ! La Maison Blanche doit, surtout, faire le ménage dans ses propres agences de renseignement !
Les réactions au coup d’Etat du 28 juin offrent cette singularité de réunir dans le même camp, Barack Obama et Chavez sans oublier les décisions des présidents voisins ou non du Honduras de fermer leurs frontières et de cesser toute activité commerciale avec les putschistes. Les Etats de l'Union européenne ont rappelé, également, leurs ambassadeurs.
Pendant ce temps, la population hondurienne et des régiments refusent de soutenir le coup d’Etat et descendent dans la rue. Maluel Zelaya a promis de quitter le Costa Rica aujourd’hui, pour rentrer dans son pays. Le fera-t-il ? Et, s’il le fait, assisterons-nous à des heurts sanglants ?
Rien ne plaide en faveur des putschistes……


Jean Vinatier

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Notes :

1- Le dossier Jason Fly, série culte de la BD belge par Jean Van Hamme et William Vance, Paris, Dargaud.

2- Provinces Unies d’Amérique centrale ou République Fédérale d’Amérique centrale (1823-1839 : Guatemala, Salvador, Nicaragua, Honduras, Costa Rica.

3- John Negroponte, également ambassadeur aux Nations Unies (2001-2004) en Irak (2004-2005) puis premier Director of National Intelligence DNI de 2005 à 2007.

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