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mardi 8 février 2022

Les singularités biologiques de l'humanité N°5796 16e année

« Les singularités biologiques de l'humanité. Deux millions d'années entre biologie et culture. par José Braga, paléoanthropologue, professeur des universités à l'université de Toulouse III Paul Sabatier.

Quels processus ont modelé notre évolution, octroyant à l’humanité une identité si singulière depuis plus de 2 millions d’années (Ma) ? En quoi sommes-nous humains par les interactions entre notre biologie, nos comportements et nos sociétés ? Depuis quand? Les premiers humains (au sens strict, les plus anciens représentants du genre Homo) pourraient avoir émergé très progressivement en Afrique à partir de 2,7 Ma, probablement au fil d’un long processus de plusieurs centaines de milliers d’années. Mais, faute d’archives suffisantes, les premières grandes singularités humaines sont encore mal définies. Les scénarios divergent tant sur la localisation que sur les modalités d’émergence des plus anciennes aptitudes physiques et techniques typiquement humaines. Pour qui s’intéresse aux traits physiques, les vestiges dentaires – les mieux conservés - jouent un rôle considérable mais s’avèrent malgré tout insuffisants pour dresser un portrait consensuel des premiers humains. 

Près d’un siècle après la première découverte paléoanthropologique en Afrique, moins de 10 fossiles témoignent des balbutiements de l’humanité entre 2,7 et 2 Ma sur ce continent. Dans ce contexte, les fossiles découverts en Afrique du Sud présentent un grand intérêt par leur nombre plus important qu’ailleurs sur le continent pour la période clef comprise entre 3 et 2 Ma. » 

  Jean Vinatier 

Seriatim 2022

 

samedi 23 octobre 2021

Pascal Picq - L’intelligence artificielle et les chimpanzés du futur N°5733 15e année

« Dans Qui va prendre le Pouvoir : les grands singes, les hommes politiques ou les robots, Pascal Picq avait donné cet avertissement : si nous ne sommes pas capables de com-prendre les intelligences des grands singes, alors nous serons en mauvaise posture avec les intelligences artificielles. Alors, est-ce que l’humanité est en passe d’être dépassée sur ce qui faisait sa supériorité jusque-là sur les animaux et les machines : l’intelligence ? Depuis la disparition des derniers Néandertaliens et celle annoncée des grands singes, l’humanité s’est emmurée dans une arrogance lui laissant croire qu’elle avait l’apanage de toutes les intelligences. Ce qu’on appelle « le réveil de l’IA » ébranle cette certitude fondée sur trop d’ignorance. Pourquoi ne sommes-nous pas capables de comprendre les autres intelligences, animales ou artificielles ? Car il convient d’admettre qu’il n’y a pas une intelligence animale comme il y aurait une intelligence artificielle. Cet essai retrace les fondements des intelligences animales, humaines et artificielles dans une approche évolutionniste. Comment ont-elles émergé ? En quoi diffèrent-elles ? En quoi certaines sont plus performantes pour résoudre tel ou tel problème ? La méconnaissance de l’évolution des intelligences comme de l’invention de l’intelligence artificielle créent incertitudes et inquiétudes. En fait, elles prennent des chemins évolutionnistes inversés. Les machines font plus facilement des choses qui nous semblent compliquées, comme jouer aux échecs ou au jeu de go, qu'elles ne sont capables d’effectuer des actes simples (pour nous), comme marcher et sauter ; c’est le « paradoxe de Moravec ». D’un point de vue évolutionniste, les machines accomplissent plus aisé-ment des tâches ou actions inventées récemment par les hommes que celles apparues au cours de notre évolution.

 Pascal Picq est paléoanthropologue. Ses recherches sur l’évolution de l’homme s’intéressent à ses origines comme aux profonds changements anthropologiques en cours. Ses précédents ouvrages parmi lesquels Qui va prendre le pouvoir ? Les grands singes, les hommes politiques ou les robots (2017), Le Retour de Madame Neandertal (2015), De Darwin à Lévi-Strauss (2013) ont été de grands succès. » 

Jean Vinatier 

Seriatim 2021

 

jeudi 12 novembre 2020

Le peuplement de l'Europe, il y a un million d'années par Marie-Noël Moncel N°5019 14e année

« Les traces les plus anciennes du peuplement de l’Europe datent de 1,4 Ma. La présence des hominidés est surtout attestée par des outillages. Les hominidés occupent surtout le sud du continent dans des environnements proches de ceux des savanes africaines et font des incursions ponctuelles dans les régions plus septentrionales lors de périodes les plus tempé-rées. Leurs comportement est proche de ceux décris en Afrique de l’Est. Alors que les plus anciens outils se trouvent en Afrique à 2,6 Ma, les traces les plus anciennes du peuplement de l’Europe sont plus tardives, datées de 1,4 Ma. La présence des hominidés est surtout attestée par des outillages et des restes osseux avec des fractures et traces de découpe. Peu de restes humains permettent de décrire ces premiers occupants, que l’on nomme Homo antecessor. Les hominidés occupent surtout le sud du continent dans des environnements proches de ceux des savanes africaines et font des incursions ponctuelles dans les régions plus septentrionales lors de périodes les plus tempérées. Leurs comportement est proche de ceux décris en Afrique de l’Est. Ils pratiquent surtout le charognage, fabriquent des outils sur galet ou utilisent des éclats bruts sur des roches locales. Ils s’installent surtout proche de points d’eau, en plein air. » Jean Vinatier
Seriatim 2020