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dimanche 1 octobre 2023

Le christianisme tardo-antique (IVe-VIIe s.) par Philippe Blaudeau N°5702 17e année

« Conférence historique du 10 mars 2022 sur "Le christianisme tardo-antique dans l'Empire romain, de Constantin à l'émergence de l'islam (IVe-VIIe s.) 

Philippe Blaudeau est professeur d’histoire ancienne à l’université d’Angers » 

Jean Vinatier 

Seriatim 2023

mardi 10 août 2021

Prêtre assassiné et bracelet bleu : la peur virale N°5785 15e année

 L’assassinat d’un prêtre vendéen par l’auteur rwandais de l’incendie de la cathédrale de Nantes provoque une juste émotion parce que la victime est un prêtre qui a accueilli selon l’évangile celui qui demandait aide et écoute.

A contrario de ceux qui exécutèrent à Saint-Etienne du Rouvray en 2016, le père Hamel, aucune organisation islamique n’a revendiqué l’acte et surtout, n’a reconnu en lui un de ses membres. La piste psychiatrique n’est pas à écarter et comme en France, on ne juge pas un fou bien que certains voudraient que cet état ne jouât pas en cas d’acte antisémite, il est logique de placer l’individu dans un hôpital :  déplorons que rien ne fut fait avant ! Les opposants au pouvoir rappellent que le 29 octobre dernier, un Tunisien de 21 ans avait tué au couteau deux fidèles et le sacristain de la basilique Notre-Dame-de-l ’Assomption à Nice : là-aussi, sauf erreur, aucune revendication islamiste.

Un fou, français ou migrant est un fou et doit être traité comme tel !

Ces faits sont tragiques mais, ô ironie, le même jour : les bracelets bleus de la SNCF et les descentes, des policiers, des gendarmes (les exemptés de la vaccination !) pour contrôler les passe sanitaires se déroulèrent sans anicroche… ce que déplora @matthieuslama retweeté par @poulain2012 « Toute une société policière et disciplinaire s’installe et se normalise, avec l’assentiment de la plupart des libéraux et démocrates. Ce que nous vivons est désastreux et irréparable. »

Comment, alors, ne pas noter les lignes d’Emmanuel de Waresquiel dans l’avant-propos de son livre, Sept jours (17-23 juin 1789), la France entre en révolution : « A chaque fois qu’ils ont peur, les Français renoncent à leurs libertés avec une facilité déconcertante. On se gargarise de libertés constitutionnelles et on s’arrange très bien des lois liberticides. »1

Le lien entre l’assassinat d’un prêtre et le passe sanitaire est la peur virale qui, dans les deux cas, alimente et alimentera les dérives générales dans un pays saccagé et dont on brouille depuis tant d’années l’Histoire et les identités qui firent, au bout de plusieurs siècles, la France.

La plus exemplaire et la plus solennelle des réponses serait le 14 août une formidable Non depuis les 36 000 communes de la France.

Source :

1-pp :19-20, Paris, Tallandier, 2020

 

Jean Vinatier

Seriatim 2021

samedi 3 juillet 2021

Canada : le martyr des enfants Indiens, Inuits, métis N°5753 15e année

 Fin mai 2021, la découverte de centaines de tombes d’enfants autochtones en Colombie-Britannique, à proximité d’un ancien pensionnat catholique a tristement rappelé les duretés des assimilations envers les Indiens dont on confiait aux églises chrétiennes (protestante, catholique) le soin de les « éduquer ».

Depuis l’onde de choc ne cesse de grandir. Les Indiens et des acteurs favorables aux droits des minorités haussent le ton. Pour calmer le Jeu, Justin Trudeau a suggéré au Pape François de demander pardon, ce qu’il a fait décliner. Des statues des reines, Victoria et Élisabeth II ont subi des outrages (peinture, renversement, décapitation) et des églises attaquées.

Le Canada qui se targue d’être un melting-pot de référence ne s’attendait pas à voir ressurgir, par-delà les tombes tout un pan de son histoire dont les Indiens (comme aux États-Unis et en définitive sur tout le continent américain) furent les victimes. Et, en l’espèce, l’honnêteté, force à écrire que le Québec se montra aussi peu prévenant que l’état fédéral pour aborder la problématique indienne. Le Québec, ultime reste d’une présence française, une France qui avait axé au XVIIIe siècle, toute sa politique en réalisant une Grande Alliance indienne pour pallier notre faiblesse migratoire, biffa d’un trait ce passé contractuel. L’on sait que les Anglais, au terme de la Guerre de Sept ans donnèrent des vêtements variolés aux Indiens francophiles.

Le ressentiment indien est évidemment légitime avec cet inconvénient majeur pour Justin Trudeau de montrer que Toronto était infiniment plus ouvert aux migrants que préoccupé à veiller au passé indien qui remémore un passé colonisateur.

Les contraintes imposées aux indiens, métis et inuits trouveraient sans problème leur parallèle avec les colonisations brutales comme en Algérie, en Nouvelle-Calédonie (martyr des enfants caldoches),au Congo Belge, en Namibie allemande (refus de Berlin de toute repentance) sans parler des réserves indiennes établies par Washington.

Les sévices et les souffrances endurées par, dit-on, près de 150000 enfants font frémir et rappelle aussi de quelle manière le Royaume-Uni organisa dans les années 30 la déportation de centaines d’orphelins vers l’Australie (un film anglais a été réalisé sur ce sujet) Au-delà de la violence morale et physique infligée à des enfants, survient la politique nationale d’alors.

Dans un moment où la cancel culture, le wokenisme, la racialisation, l’indigénisme se bousculent au portillon du bien-pensant américain globalisé, atomisé et uniquement les yeux tournés vers les afro-américains, relais idéal pour dénoncer le mauvais blanc en Afrique, voici que l’histoire toque à la porte.

Il y a une certaine justice à que les promoteurs, les avocats thuriféraires du globalisme subissent l’effet boomerang. Dans un superbe livre noir, La note américaine, David Grann décrit la fin de la tribu Osage (Oklahoma) déplacée vers un territoire rocailleux d’où surgira le pétrole. Un court moment d’opulence puis les assassinats se succéderont : pas question de laisser le pétrole entre des mains indiennes ! Des locaux au FBI naissant, une complicité sinistre.

Le passé se rappelle toujours à votre bon souvenir, plus on l’enterre plus il réapparait. Depuis les entrailles de la Terre, les âmes de ces pauvres enfants martyrs devraient nous faire battre la chamade…mais voilà ils ne sont qu’Indiens, qu’Inuits, métis, que les témoins gênants, contrariants dans le flot oratoire sur le monde nouveau à la repentance bien paramétrée…Pas de place pour « Indian Lives Matter » ?

 

Notes :

1-Blueberry : Charlier et Giraud aborde ce sujet quand Blueberry noue une relation amicale avec Geronimo qui lui raconte son enfance…

2-Plus largement on pourrait rappeler les traitements terribles et ignominieux infligés aux enfants orphelins ou mineurs isolés au XIXe/XXe siècle dans toute l’Europe.

De même souvenons du déplacement contraint des jeunes antillaises en France jusque dans les années 60…..

3-Au-delà de la question des enfants indiens, sur la violence faite aux enfants, voir ou revoir le film remarquable mais insoutenable de Clint Eastwood, L'échange (2008) avec Angelina Jolie

 

 Livre:

Grann(David): La note américaine , Pocket, Paris, 2019

https://www.ombres-blanches.fr/litterature/litterature-anglo-saxone/livre/la-note-americaine/david-grann/9782266288552.html

Jean Vinatier

Seriatim 2021

 

jeudi 18 février 2021

Modèle monastique. Un laboratoire de la modernité par Jacques Dalarun N°5602 15e année

« Conférence de Jacques Dalarun, membre de l'Institut de France, autour de son ouvrage "Modèle monastique. Un laboratoire de la modernité", avec Hélène Font, organisée par les Amis du Musée de Cluny. 23 janvier 2020 » 

 

Jacques Dalarun : Gouverner c'est servir, essai de démocratie médiévale 

  Jean Vinatier 

Seriatim 2021

dimanche 12 avril 2020

Pâques et le nouveau Golgotha N°4878 14e année



Jadis quand un fléau s’abattait sur une ville, une région et au-delà, les hommes devant une médecine longtemps dépendante de la magie et des sorcières s’en remettaient, selon les époques, aux dieux, à Dieu, lançaient de grandes processions parfois sacrificielles, assuraient les cultes dans les temples puis églises : les hommes et les servants imploraient le Ciel où est « Dieu ».
Aujourd’hui, le confinement efface de notre champ toute manifestation religieuse : églises, synagogues, mosquées, temples sont vides, les rues ne retentissent pas du chant, les hommes ne peuvent, s’incliner, chanter, prier tout le long du parcours.
Pour la première fois au monde les autorités interdisent la démonstration spirituelle cadencée par des incantations, des implorations.
Au-delà d’un virus qui tue peu mais qui par sa volatilité, sa contagiosité et peut-être sa prédisposition à muter et parce qu’il a débuté en Chine à Wuhan capitale d’une province industrielle importante autour de 60 millions d’âmes (comme l’Italie) a d’un coup d’arrêté autant les hommes que les chaines de production à flux tendu y compris les cultes, nous sommes devant l’exceptionnel et le remarquablement tragique.
C’est une chute abyssale que je ne vis pas du tout quand débutait le coronavirus. Dans son examen froid, le virus n’est qu’un grain de sable et toujours dans l’absolu qu’une perturbation mais voilà, à la surprise de beaucoup dont moi, ce grain de sable a muté, a grandi, s’est disséminé tel un nouveau Léviathan. Sans sombrer dans les récits bibliques, il s’affiche sur l’ensemble du monde une vue étrange sauf quand nous prenons la peine de regarder sous nos pieds, un monde poursuit lui sa route sans manquer aucune occasion de prospérer.

Depuis la maîtrise du feu, les hommes s’adonnent  en groupe à raconter, à narrer, à réciter mêlant le vrai comme son inverse mais rapportant une histoire que ses semblables écoutent. De ce point de vue, la globalisation a augmenté ce fait avec cette différence qu’autrefois les hommes eurent longtemps une prédisposition à la fatalité, à la soumission à l’événement. Or notre époque qui diffuse et s’étend en masse, en flots continus, propage des scenarii à l’infini, s’éloigne considérablement des récits anciens pour laisser la place aux hystéries, aux machinations et diableries aux surenchères à terme dangereuses. Evidemment dans l’histoire à la merci d’un événement, il y eut bien ici et là des démences, individuelles, collectives mais toutes bornées. Dans le cas du coronavirus naviguant dans le monde bien connu des hommes mais incapables de conquérir physiquement les inconnus exoplanétaires tournent tels des poissons rouges dans un bocal, nous risquons  de nous abîmer tous.

Très fréquemment, historiquement les virus naquirent à l’est de l’Inde pour se diriger, ensuite vers l’extrémité européenne de l’Asie. Pourquoi ? Parce qu’un terreau favorable aux virus  y était ? Citons par exemple, la densité  de population, une hygiène faible, une alimentation majoritairement porcine, de nombreuses espères de chauves-souris, espace géographique singulier…etc. Les virus suivaient les caravanes (route de la soie) puis embarquaient en mer Noire comme Caffa. Ces lignes n’accusent pas la Chine d’être la matrice volontaire des malheurs épidémiques mais là où elle est, là où elle forgea son histoire prestigieuse, des facteurs favorables aux virus sont apparemment réunis « ancestralement ».
Cela pour dire qu’il serait logique d’abandonner, par exemple, les histoires d’hommes masqués dérobant un virus dans un laboratoire P4 même si dans l’absolu un tel procédé pourrait être : James Bond à la vie dure, ou bien encore d’imaginer de diaboliques chinois créant de toute pièce le virus qui détruirait les Etats-Unis…..
Par contre, que la Chine mette à profit sa sortie pandémique pour avancer ses pions est-ce anormal ?, que des hommes, des organisations, des cercles, à partir d’un événement, ici le coronavirus, veuillent renforcer leur degré d’influence, de puissance est tout à fait possible sans sombrer dans je ne sais quel complotisme. L’adage selon lequel « le malheur des uns fait le bonheur des autres ne serait pas incongru. Qu’est-ce qui nous interdirait de souligner qu’au moment où a débuté la pandémie, les marchés boursiers entrèrent en tempête avec deux krachs, puis que des impressions fabuleuses de monnaie venues des banques centrales inondèrent les marchés lesquels rebondirent effaçant grandement les pertes de la veille : est-on certain qu’à la veille du week-end Pascal, le paysage économico-financier est toujours le même ?
A Wall Street certains puissants (milliardaires, propriétaires de fonds…etc.) n’auraient-ils pas mis à profit le coronavirus pour justifier les heureuses montagnes russes boursières et aujourd’hui grâce à la FED ne rachèteraient-ils pas avec de la monnaie de singe des pans entiers de l’économie américaine ?
Les marchés financiers accentuent leur domination sur l’économie réelle qu’ils conduiront selon des vues que l’on peut craindre comme  catastrophiques sur tous les plans depuis la démocratie jusqu’aux libertés fondamentales, les avancées sociales en passant par l’environnement. Pour l’heure, les « élites financières » sont unies, n’annoncent pas de sécession interne.
Localement, prenons l’exemple de la France où les gouvernements successifs techno-libéraux (gauche, centre, droite) déconstruisent les services publics, maintenant l’exécutif use, du 49-3 pour la contre-réforme des retraites, profite de la loi d’urgence sanitaire pour rendre possible les suspensions sans date  des 35 heures, des congés payés, des RTT et dans la foulée cadre à l’avantage des assureurs les remboursements liés au coronavirus, dérégule la garde à vue où l’avocat disparait…cela donne une idée du « monde d’après » glaçant qu’annoncera Emmanuel Macron le lundi de Pâques sous couvert de santé et de protection.
Le coronavirus est bien moins nocif que ce qu’il permet à des coalitions d’intérêts, des gouvernements soumis, des organisations internationales d’agir. Ce n’est pas tant le coronavirus qui nous tue que l’autre virus que nous voudra nous inoculer pour accentuer nos dépendances, nos soumissions et de rendre évidentes servitudes et corvées, l’Etat se résumant, ainsi, à terme au maintien de l’ordre : police, justice prison.
La Pâques 2020 montrerait-elle aux hommes devant quel nouveau Golgotha (mont du calvaire) ils sont, d’en regarder lucidement les épreuves, nouvelles, redoutables, d’espérance aussi ? A travers le Christ crucifié, les chrétiens, les hommes s’y verront-ils ? Demain quelle résurrection voudrons-nous ?
Que l’on retienne bien ceci : devant l’épreuve pandémique, une Autorité a rendu impossible au nom de la santé et de la distanciation sociale toute affirmation publique de la foi. C’est important….A suivre.

Jean Vinatier
Seriatim 2020