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vendredi 29 mai 2020

Énergie et géopolitique : le choc des nations par Damien Ernst N°4936 14e année

« Pour sa rentrée académique 2018-19, la Haute École Robert Schuman a choisi le thème de l’énergie et ses enjeux.
 http://blogs.ulg.ac.be/damien-ernst/
Le monde de l'énergie est en guerre. C'est une guerre qui est menée sur de nombreux fronts, du Texas à l'Arabie saoudite, des salons feutrés de l'ONU et de l'Organisation Mondiale du Commerce aux conseils d'administration des majors du pétrole, des laboratoires chinois en panneaux photovoltaïques aux champs éoliens de la mer du Nord. Dans ce tumulte guerrier, chaque nation essaie de défendre ses propres intérêts, d'avancer ses pions de la manière la plus intelligente possible, sachant très bien qu'une énergie abondante et bon marché est une des clés d'une économie puissante. 
Au cours de sa conférence inaugurale, le Pr Damien Ernst décode cette guerre qui est en train de se passer sous nos yeux et que souvent, l'on ne comprend pas. Il explique à quel point la technologie pourrait changer la géopolitique de l'énergie et plonger certaines nations dans la tourmente. Il met aussi en garde contre tout espoir excessif en la technologie pour garantir un approvisionnement en énergie suffisant, tellement la soif d'énergie de nos sociétés est grande.
 Il discute également des politiques énergétiques à mettre en place en Europe pour éviter que le vieux continent ne sorte perdant de cette nouvelle guerre des ressources. » Jean Vinatier 
Seriatim 2020

Macron perd ses ailes mais garde le centre N°4935 14e année

Un jour ce sont des députés LREM qui partent vers la gauche, un autre jour, d’autres rejoignent Agir ensemble à droite (avec l’accord d’Edouard Philippe) ôtant au parti présidentiel la majorité absolue à la Chambre. Silence radio élyséen.
Le second tour des municipales le 28 juin n’assurera aucune ville métropolitaine à LREM, désastre complet, à Lyon le lâchage de Gérard Collomb  au profit des Républicains, à Paris surtout où le retour hors sol d’Agnès Buzyn et le ralliement probable de Villani à la maire sortante s’achèveront en fiasco unique dans les annales politiques françaises. Silence radio élyséen.
On se souvient de cette remarque militaire que je reproduis de mémoire, ma gauche défaille, ma droite est enfoncée, j’attaque. Et bien la présidence d’Emmanuel Macron est dans ce cas de figure. Outre ses ailes rognées, une impopularité immense, il passe à l’offensive. Il a raison, tant qu’on n’est pas entre quatre planches, il faut rester en selle. Son salut, c’est l’Europe et plus particulièrement Angela Merkel. Il sait bien que la présidence allemande renforcera ce pays au sein de l’Union européenne qui en en deviendra la force impériale, couronnement de tant d’années d’un travail berlinois patient presque laborieux. Son atout intérieur tient dans la stabilité de son corps électoral non pas tant fasciné par Bruxelles et l’euro que par l’absence d’un projet européen alternatif qu’aucun des adversaires politiques n’entreprend : Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, silence radio.
Ce corps électoral de soutien à Emmanuel Macron est minoritaire mais suffisant pour emporter une présidentielle. Les divisions au sein des opposants et le retrait des malcontents français sur l’Aventin font qu’avec 22% des suffrages exprimés, le palais est à vous. A la différence de la Rome antique où le Sénat s’inquiétait (pas toujours)  de l’indifférence de la plèbe et fit, par intermittence, pour son retour, il s’agit, aujourd’hui, de ne pas faire revenir le peuple. La démocratie sans le peuple !
Les élites (LREM a regroupé gauche/droite/centre) ont très bien saisi qu’en accentuant sans difficulté majeure les lois de contrôle des citoyens après des attentats, une pandémie, en assommant les Gilets jaunes la veille d’une manifestation tout en laissant quelques-uns aller sur le pavé pour recevoir la torniole (cela fait des images répressives décourageantes) tout en divisant les opposants (soutien à Philippe de Villiers, appel à Jean-Marie Bigard via Patrick Sébastien) et les écrasant financièrement comme le Rassemblement National (RN) qui jouit d’une diabolisation utile, le chemin élyséen était assuré.
Les divisions et l’absence de programme alternatif plombent toute espérance de défaire le camp aux affaires. Et la tempête sociale ? Les récessions historiques ? Que la France et l’Union européenne accusent le coup suite au ralentissement économique de ce printemps est une chose mais la pandémie a, heureusement, peu tué. D’autre part, les Etats-Unis et la Chine, les deux moteurs du monde, ont la volonté de redémarrer. A partir du moment où les acteurs majeurs sont unis, de même que ceux qui tiennent les manettes financières, on ne voit pas pourquoi, on sombrerait dans les profondeurs océanes. Que croyez-vous que fera le gouvernement ? Envoyer les Français à la plage, fournir un maximum de chèques vacances, un excellent moyen de distraction et d’affaiblissement. Quant à la rentrée chaude promise chaque année, elle est devenue quasiment une arlésienne.
Dans l’absolu, Emmanuel Macron et son gouvernement qui ont failli comme jamais et ont des morts sur la conscience devraient, si les Français avaient encore une virilité, être « en place de Grève » (image) mais point du tout, ils préparent leur péplum le 14 juillet sur les Champs-Elysées avec, peut-être une équipe ministérielle nouvelle.
Le monde d’avant ri bien de nous, c’est le dîner de cons tous les jours !
A suivre….


Jean Vinatier
Seriatim 2020

jeudi 28 mai 2020

Merkel sous le déluge de milliards N°4934 14e année


L’annonce hier d’une proposition de plan de relance de 750 milliards par la présidente de la commission européenne, Ursula Van der Leyen est une pierre supplémentaire apportée à la chancelière Angela Merkel qui abordera donc sa présidence de l’Union en disposant d’un jeu de cartes ou de leviers très impressionnant que confirmeront le sommet européen des 18/19 juin puis le 24 juin la stratégie européenne en matière d'hydrogène laquelle satisferait pleinement les industriels allemands qui l'ont en quelque sorte "anticipé" avec le projet presque achevé du gazoduc Nordstream 2.
Quand Paris fait le cabri en chantant les louanges du « couple franco-allemand » et  bénit le saint nom de Mutti,  Berlin  ne danse pas, on y fait les comptes.
De la déclaration franco-allemande au plan de relance sans omettre la BCE, l’Union européenne met sur la table moins de 2000 milliards d’euros quand les Etats-Unis avec une population presque équivalente en annonce le double. L’Union européenne aurait parfaitement les moyens d’aller plus en avant : alors pourquoi pas plus ?
L’Allemagne entre en scène (Paris peut « réexister » et communiquer) comme un marchand aborde un livre comptable : pas d’inflation, garantir l’appareil industriel et stratégique, être l’épicentre entre Washington et Pékin et avec Moscou sur le plan énergétique.
Angela Merkel est européenne tant que l’Allemagne grandit que se confirme sa Mitteleuropa ou l’espace hanséatique tout à l’inverse de la France qui privilégie l’utopique souveraineté européenne quitte à nous y sacrifier. Pour Emmanuel Macron la France n’est qu’un marche-pied pour son but ultime : atteindre le sommet Europe ! Sait-on où il se trouve ?
Berlin n’est pas du tout sur la même longueur d’onde. On a beau flatter Angela Merkel et la parer de toutes les plumes, elle est d’abord chancelière et par conséquent comptable de chacun de ses gestes. Sur le plan intérieur, l’adhésion à la déclaration franco-allemande tient au fait que la capitalisation des retraites tiendrait et ne léserait en rien les retraités majoritaires sur l’échiquier politique, que nulle dévalorisation monétaire ne viendrait diminuer le pouvoir d’achat des allemands.
L’Union européenne arrive assurément à un tournant dont on ignore la longueur, la forme, la largeur et c’est l’Allemagne qui sera à la manœuvre. Le mot manœuvre n’est en rien péjoratif, il sert à prendre conscience que dans cet après Covid-19 les réalités et les rapports de force géopolitiques et géoéconomiques sous couvert de transition écologique bien interrogative seront dans notre quotidien et que chaque acteur jouera ses atouts.
Quant à la France qui prendra après le Portugal et la Slovénie,  la présidence européenne le 1er janvier 2022 (donc à quelques semaines de la campagne présidentielle sauf événement), elle joue très gros et pourrait très rapidement être présentée, une fois de plus, comme actrice pour le roi de Prusse….
A ce jour, nul ne sait si l’Union européenne se perpétuera selon ce modèle ou bien si l’Allemagne placera l’Union sous sa férule ou que nous serons dans un désordre général….
Pour l’heure, n’oublions pas que ces plans et déclaration doivent affronter les discussions et négociations, la chancelière se gardant bien de toute précipitation….. A suivre

Seriatim 2020

mercredi 27 mai 2020

Un duel États-Unis / Chine ? Les Géopolitiques de Nantes 2019 N°4933 14e année

« Un duel États-Unis / Chine ? avec François Clemenceau, Pierre Haski, Laurence Nardon et Thomas Snégaroff / présentée par Pascal Boniface » Jean Vinatier 
Seriatim 2020

Où va la Turquie ? par Ahmet Insel N°4932 14e année

Conférence de janvier 2017 
Université de Nantes 
Ahmet Insel est professeur émérite à l’université de Galatasaray  
Janvier 2020 Chassé-croisé diplomatique en Libye : "La Turquie et la Russie ont repris la main" Jean Vinatier 
Seriatim 2020

mardi 26 mai 2020

Conférence FRS : La revanche du passé : le retour de l'histoire dans la géopolitique du 21ème siècle N°4931 14e année

Vidéo de la demi-journée d'étude organisée par la FRS en octobre 2019.
00:07 - Introduction - Hubert Védrine, Bruno Racine (FRS), Bruno Tertrais (FRS)
15:30 - L’Europe, la Russie et leur passé
01:11:45 - L’Asie, le Moyen-Orient et leur passé
 02:09:22 - Conclusion - Hubert Védrine, Bruno Racine, Bruno Tertrais Jean Vinatier 
Seriatim 2020

lundi 25 mai 2020

Nicole Notat : comtesse de Ségur ? N°4930 14e année


Le coronavirus a montré un hôpital public admirable dans sa mobilisation quoiqu’aux plaies béantes.  L’assistance publique subit  année après année des demandes managériales des marchés.  L’exécutif ne pouvant masquer met, logiquement, en place une grande communication ou histoire appelée le Ségur de la Santé. Nicole Notat est chargée de réaliser le film. L’ancienne dirigeante de la CFDT fit peu pour les salariés. Une fois son mandat terminé, sa société de conseil vit tout le CAC40 s’y précipiter ! On sait, déjà, de quel côté penchera la balance.
Depuis les temps les plus reculés, l’accès aux soins est regardé comme universel, un bien commun à l’instar du sauvetage en mer.
L’hôpital c’est l’hôte, l’hospitalité mais, contemporainement, l’hôpital est vu comme une entreprise : sont liés la bonne gestion et le profit. Or, il est tout à fait possible d’assurer une bonne gestion hospitalière sans y ajouter des retours sur investissement, des plus-values. En 2020, le constat est là : obsession de la rentabilité, évaluation permanente de toute structure, entrée de l’économie dans sa version la plus avide, réduction du personnel, des couts, des ressources humaines peu humaines…..
L’hôpital ne doit plus obéir à une logique de marché !
Ainsi les femmes et les hommes qui travaillèrent à assécher l’assistance publique seraient les mêmes qui devraient écarquiller les yeux, retrousser leurs manches et jeter sur le bas-côté la cognée ? On permettra de douter. Les mécaniques puissantes des fonds d’investissement, leurs logiques financières jamais rassasiées, ce penchant qu’ont les hommes à se dévorer entre eux, ce marché omniprésent où tout y est prétexte font que nous savons bien que le Ségur de la Santé sera plus un conte qu’une refonte générale. Ceux qui ont mis sur orbite Emmanuel Macron sont plus fermes que jamais, prompts à acheter des îles ou des domaines pour s’y claquemurer, ils ne veulent qu’accroitre les parts de marché partout dont dans celui de la santé privée (cliniques…etc). Dès lors la réduction de l’assistance publique est évidente, se réduire à une variable tant pis pour les personnels de santé et des malades. Tant pis pour le serment d’Hippocrate. Laboratoires, assureurs, mutuelles, fonds d’investissement sont des fauves regardant un troupeau de zèbres….
Cette dégradation continuelle de l’assistance publique va de pair également avec la réduction des tâches régaliennes de l’Etat auxquels participent bien des hauts fonctionnaires. Si l’Union européenne n’était pas uniquement un marché mais se dirigeait vers un Etat une assistance publique européenne aurait sa place ? Mais Bruxelles n’est pas de cette eau…..
Le pouvoir veut retarder, diviser le retour sur les pavés des infirmières que les forces de l’ordre n’hésiteraient pas un seul instant à meurtrir le plus violemment. Le Ségur de la Santé a tout pour le  vent avec deux ou trois annonces et puis tout continuera jusqu’à la prochaine calamité……

Jean Vinatier
Seriatim 2020