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mardi 30 novembre 2010

271 Picasso à un électricien : c’est du vol ? N°796 4e année

« Selon que vous serez riche ou puissant…. » Pierre Le Guennec se répète, peut-être, cette morale de Jean de La Fontaine. Electricien à la retraite qui avait travaillé dans plusieurs maisons de Picasso entre 1970 et 1973, il aurait reçu 271 œuvres diverses du peintre pour sa période 1900 à 1932. L’ensemble est évalué à 60 millions d’euros ! Pierre Le Guennec affirme que c’est la dernière épouse de Picasso qui lui aurait donné un carton rempli de toutes ces œuvres.
Après avoir demandé l’authentification aux descendants de l’artiste, Pierre Le Guennec s’est retrouvé accusé de recel et placé en garde à vue. Bigre ! Et d’entendre les avocats du Tout-Paris dire qu’il était impensable que Picasso ait pu donner…à un électricien. Même son de cloche chez les héritiers, les mêmes qui n’ont pas répugné à autoriser une marque automobile à user du patronyme de leur ancêtre…qui avait en horreur la voiture !
Imaginons ces toiles données à une Bettencourt, un Banier, un Arnault, un Pinault, un Dassault, un Rothschild, croyez-vous que l’on supposerait le moindre recel ?Non, on parlerait de don. On a là, en direct, un mépris de classe absolument navrant, d’une véritable méchanceté. Cet électricien serait-il un tueur de cote ?
Ayant travaillé pour et avec des plasticiens en compagnie de mon ami Djuro, j’ai pu voir que l’artiste était bien souvent surprenant, résolument non cartésien. L’artiste est capable de tout de la pingrerie la plus crasse à la générosité la plus surréaliste, de marchandages les plus incroyables, de vous offrir le lundi pour tenter de vous reprendre le mercredi…Humeurs et émotions le gouvernent. Tous ces comportements se démultiplient lorsqu’il est en couple, en concubinage ou entre de multiples conquêtes.
Il serait tout de même sage d’accorder la présomption d’innocence à ce brave Breton avant de le marquer du sceau de l’infamie.

Jean Vinatier
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lundi 29 novembre 2010

2012 la chute des acronymes ? N°795 4e année

Sur fond de crise polymorphe et de disputes internes tant à l’UMP qu’au PS, France Soir, publie un sondage où figurent, selon lui, les acteurs majeurs de l’élection présidentielle de 2012 à l’exception notable de Marine Le Pen. Bien évidemment, DSK et NS se détachent du lot, une façon de dire aux Français qu’ils n’auront de choix qu’entre ces deux là qui se sont fait adopter par la même mère adoptive, la pensée unique.
Cela étant dit, rien ne nous indique que les deux acronymes les plus médiatisés se présenteraient à l’élection présidentielle. NS, s’il est plébiscité dans le triangle d’or parisien, son électorat des petites villes et des banlieues en croient plus à sa qualité ce qui pourraient pousser les députés UMP à se choisir un autre candidat : de Copé à Fillon en passant par Villepin et Jupé, la palette est large.
DSK, pour l’heure, joue l’Arlésienne ou la prima donna : sera-t-il candidat ? Oui, non ? Il est, également applaudit dans le triangle d’or parisien et revendique son état d’homme de gauche tel un Mathieu Pigasse (j’ai la laque rebelle) Le PS, emmêlé par les primaires et le choix d’une désignation très tardive d’un candidat, offre aux Français l’image de la plus grande désorganisation qui soit.
Le bipartisme dispose de bien des moyens financiers mais qu’une crise, identitaire et sociale approfondie en 2011 pourrait atteindre mortellement même si NS et DSK se présentaient tous les deux. Les Verts, le parti des algues toxiques, sous la houlette de Daniel Cohn Bendit, fera tout pour sauver ou l’Ump ou le PS et attiser les rivalités internes dans les rangs écologiques.
Les partis périphériques, Mélenchon et Marine Le Pen (si elle est élue à la tête de son parti) ont intérêt à proposer les programmes politiques les plus novateurs contraignant le PS-DSK et l’UMP-NS de ne pas nous faire prendre les vessies pour des lanternes. Mélenchon est un homme habile que François Mitterrand appréciait beaucoup c’est dire la réserve de cynisme, de rouerie qu’il possède dans son carquois. Marine Le Pen, débarrassée de la toge paternelle a bien compris qu’il lui faudrait faire passer le FN (s’il a encore ce nom en 2012) de l’extrême droite à la droite de tradition rurale et pratiquante.
Les Français ont entre leurs mains le vote, la seule arme que les gouvernants n’osent pas nous retirer : pourraient-ils invalider le choix du peuple souverain ?
Le jeu est bien plus ouvert dans tous les partis représentés que ce que les tenants de la pensée unique nous répètent: l’essentiel est que les militants des partis et les sympathisants de tout bord entrent en force dans le champ politique. Les élections cantonales de 2011 auront, cette fois ci une importance réelle à quelques mois du printemps 2012!
La France a tellement besoin de nouveaux hommes, de nouvelles idées. La France même affaiblie et malade garde toute sa puissance historique : si nous savons par notre vote révolutionner la République, alors, nous garderons l’avenir entre nos mains.


Jean Vinatier
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dimanche 28 novembre 2010

Lettre du Parlement de Bretagne à Colbert le 25 janvier 1673 N°794 4e année

Voici en lecture, une belle lettre administrative entre des parlementaires bretons et le ministre de Louis XIV, Colbert.
Cet écrit si élégant (j’ai pris sur moi d’en moderniser l’orthographe en ayant bien conscience de heurter – avec raison - "Madame le Professeur Grenoble 3" et les dix-septièmistes) a le mérite de bien éclairer les rapports singuliers, ambigus entre le Roi ou son ministre et les parlements, en l’espèce, celui de Bretagne l’un des plus indisciplinés.
Pour étayer mon court propos, je cite quelques lignes de Louis XIV adressées à son fils, Mémoires pour l’instruction du Dauphin année 1661 qui figurent en introduction des Actes du colloque de Rennes, 13-15 novembre 2008, dont est issue la lettre bretonne:
« L’élévation trop grande des parlements avait été dangereuse à tout le royaume durant ma minorité. Il fallait les abaisser, moins pour le mal qu’ils avaient fait que pour celui qu’ils pouvaient faire à l’avenir [] Mais, je sais, mon fils, et je puis vous protester sincèrement, que je n’ai ni aversion ni aigreur dans l’esprit de mes officiers de justice. Au contraire, si la vieillesse est vénérable dans les hommes, elle me le paraît davantage encore dans les corps si anciens. Je suis persuadé qu’en nulle autre partie de l’Etat le travail n’est peut-être plus grand, ni les récompenses moindres. »

Ci-dessous la lettre :

« Monsieur,

Si le silence était toujours une marque de soumission et de respect, le parlement de Bretagne l’ajouterait volontiers à celles qu’il a rendues dans tous les temps aux volontés de sa Majesté et qu’il a si respectueusement consommée dans la dernière occasion en présence de Monsieur de Chamillart. Mais comme il se peut être expliqué diversement et passer quelques fois pour une confession de crime et un effet du repentir, le parlement ne peut sans trahir son innocence et la pureté de ses intentions prendre ce parti. Et il a trop d’intérêt de justifier sa conduite auprès de sa Majesté ou ses ennemis l’ont rendu suspect, et par une entière connaissance de la vérité détruire le soupçon injurieux du contraire. Mais, comme il sait qu’il lui est difficile de réussir dans un dessein si juste et si nécessaire a sa gloire sans votre protection dont toute la France reçoit les effets salutaires, il se persuade de l’obtenir, parce que la Justice qui est le motif et la règle a été le fondement de l’objet de ce qu’il a fait. En effet, Monsieur si ces déclarations au sujet desquelles, il s’est innocemment attiré la colère du Roi, entraînent par leur exécution et sa ruine entière et celle de la province, comme il n’est que de trop constant, qu’a pu faire de moins le parlement. Et s’il est vrai que ce Tribunal soit une émanation de la justice du prince, et le médiateur entre lui et ses peuples, a[-t-] il peut sans trahir lâchement l’honneur de son ministère consentir aveuglément a son anéantissement et a la perte de ses sujets sans au moins l’en avertir par la voie qui lui est permise par le moyen de ses très humbles et très respectueuses remontrances animées par l’organe de ses députés. C’est par leurs discours si vous leur faites l’honneur de leur accorder votre audience, et c’est par leur lecture que l’intérêt d’une province aussi chérie et distinguée des autres qu’elle a mérité de l’être par sa fidélité et son obéissance auxquelles elle a servi d’exemple, demande à votre Justice que vous apprendrez la nécessité dans laquelle le parlement s’est trouvé de les ordonner. Le péril lui, paraît inévitable, sa perte y est prononcée, la ruine de la province y est consommée, et ce n’a été que par la funeste prévoyance de la grandeur du mal qu’il s’est trouvé obligé par les lois de sa conscience envers Dieu, de son devoir envers le Roi, de sa tendresse et de sa charité envers les peuples, et de sa propre conservation envers lui-même a le représenter et le faire connaître par les voies que le Roi même lui a permis, non seulement par l’article 5 du titre premier de ses nouvelles Ordonnances mais plus particulièrement par l’arrêt de son Conseil du 17 septembre 1672, lequel limitant la conduite qu’il doit tenir au sujet de ses déclarations lui défend de prendre d’autres avis que celui de [en]registrer purement ou de remonter ce qu’il jugera à propos. Ça donc été sur la foi de cette option que le parlement a suivi les mouvements de sa conscience et de son devoir, et bien que les sentiments si justes et si nécessaires aient paru criminels aux yeux du Roi, et qu’il ait donné des marques si sensibles et si touchantes de sa colère auxquelles le parlement s’est soumis par la plus respectueuse de toutes les obéissances, il ne désespère point de son salut, et croit que cette obéissance étant plus agréable au Roi, que les sacrifices que l’on veut faire de sa province, imitant en cela la conduite de celui dont il est l’Image sur la terre, il écoutera favorablement la voix de ses peuples soumis, et ne sacrifiera point les obéissants. Sa Justice toujours occupée pour le bien de ses sujets trouvera un objet digne d’elle dans la conservation d’un parlement si fidèle et d’une province si dévouée. L’on ne peut pas douter d’un succès, et si juste et si saint si votre audience est favorable est favorable a ses députés. L’équité de leurs raisons, et celle qui anime tous vos sentiments, et règle toutes vos actions lui en répond, celle que le parlement se promet de vous en cette pressante occasion, ne sera pas la moins illustre de votre ministère, ni qui attire le moins de bénédictions et de reconnaissances, il est accompagné de tant de gloire et de bonheur par la sagesse de vos conseils et le succès de vos desseins qu »’il semble que le Ciel prenne un soin tout particulier de l’événement de vos entreprises, toute l’Europe apprend avec étonnement, et la France voit avec joie les fruits de vos travaux, en souffrez pas que cette province ne la partage pas avec le reste du royaume, c’est de vous principalement qu’elle espère ce bien, et c’est la grâce que vous demande justement,

Monsieur,

                                                                                  Vos biens humbles et affectionnés serviteurs,
                                                                                  les gens tenants la Cour de parlement de Bretagne,

                                                                                 CHEVREUL »

Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2010

Source :
In Gofin (Xavier) et Plessix-Buisset (Christiane) : « La réception des ordonnances civile et criminelle par le parlement de Bretagne », Les Parlements de Louis XIV – Opposition, coopération, autonomisation ?-,Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2010, pp. 90-91.

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Canon nord-coréen, mécanique chinoise N°793 4e année

Les derniers événements survenus entre la Corée du Nord et la Corée du Sud ravivent les tensions qui existent pour le contrôle de la mer de Chine orientale, une situation qui concerne au premier chef Pékin.
Rappelons le contexte : premièrement, ces incidents militaires se sont déroulés quasiment lors du déplacement impérial de Barack Obama en Asie : 70 avions, 2000 personnes dans sa suite dont 500 agents de sécurité pour un coût jour évalué à plus de 300 millions de dollars et une dépense en CO2 impressionnante. Deuxièmement, le Japon, la Corée du Sud ont des objectifs militaires de plus en plus ambitieux afin de renforcer ou de gagner le rang de shérif régional via l’appui américain.
Après l’intransigeance nord-américaine sur le maintien de sa présence militaire sur l’île d’Okinawa qui a provoqué une crise politique japonaise, le nouveau chef de gouvernement Naoto Kan, entend obtenir l’aval de Washington pour renforcer son potentiel militaire, officiellement, pour contenir la Chine. Le gouvernement sud-coréen voudrait voir son rang régional reconnu, notamment, par les Etats-Unis et, surtout, pour tenir à égale distance tant le Japon que la Chine. Séoul propose donc à Washington d’installer dans l’île de Jeju, une nouvelle base, soulevant, au passage la colère de tous les habitants pas encore remis des massacres qui s’y déroulèrent lors de la guerre des deux Corées sous l’œil impavide des marine’s. Pour l’heure, les Etats-Unis, confrontés à une crise budgétaire terrible avec un Pentagone de plus en plus ingérable, répondent d’une façon évasive d’où l’actuel refus des Coréens de signer un traité de libre-échange en négociation depuis 2007.
Si la Corée du Nord est la chasse gardée de la Chine, les autorités de Pyongyang, entretiennent, néanmoins, des relations géopolitiques avec la Russie et ont dans le domaine nucléaire, au vu et aux yeux de tous, une relation dynamique avec le...... Brésil.
Le coup de canon nord-coréen a eu pour conséquence un événement inouï : les Etats-Unis, via l’amiral Mullen, ont reconnu à la Chine toute latitude pour régler les différends entre les deux Corées. Face à l’envoi de toute une flotte chinoise, le seul porte-avions américain faisait piètre figure. Le Japon vient également d’apporter son soutien à la Chine.
Pékin remporte un succès géostratégique de première importance pour le contrôle de la mer de Chine orientale (il a, évidemment, dans sa ligne de mire, la mer de Chine méridionale) et son dessein, à moyen terme, de neutraliser ou finlandiser la Corée et le Japon. La Chine a joué de main de maître, répondant et de quelle manière, au leadership américain. Sans doute, les stratèges américains pensent-ils qu’il vaut mieux se concentrer sur la mer de Chine méridionale où 10 puissances régionales (Brunei, Cambodge, Chine, Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour,Taïwan, Thaïlande, Viêt Nâm) ont des intérêts directs, indirects et des rivalités diverses - on pense en toute logique et principalement, aux îles Paracels, Spratleys, des cailloux aux richesses sous-marines colossales – avec lesquelles les combinaisons seront démultipliées. Diviser pour régner, une devise que Washington semble apprécier au fur et à mesure que sa suprématie s’alourdit sur elle-même !
La reculade américaine renforcera considérablement un nationalisme japonais qui cherche toute occasion pour renaître, envenimera le climat politique en Corée du Sud partagée par la crainte de l’ombre pékinoise, les horreurs opérées par les Japonais et la division du pays . N’oublions pas, la Russie qui verra, certainement, dans cette affaire, alors que l’incertitude demeure sur la ratification de Start-II, par le Congrès, un prétexte négatif supplémentaire à l’installation, sur sa frontière européenne des antimissiles américains financés par les 27 membres de l’OTAN.
Si le coup de canon était nord-coréen, la mécanique était chinoise.


Jean Vinatier
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P.S :
Seriatim reviendra sur les détails des climats internes, coréen, japonais.

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vendredi 26 novembre 2010

Avoir les couilles de Philippe le Bel ou pas ! N°792 4e année

Fin de semaine de tous les orages sur l’ensemble de la zone euro sans oublier les événements britanniques. Angela Merkel fustige les banquiers tout en se gardant bien de prendre les décisions adéquates. Les différentes autorités de l’Union européenne, loin d’encourager les chefs d’Etat à se montrer à la hauteur de leur fonction, enfourchent, au contraire, le cheval des spéculateurs. Cette fuite en avant qui impose aux différents peuples européens des économies, des sacrifices principalement aux plus faibles est tout simplement odieuse !
Au lieu de prendre à bras le corps le problème de la monnaie unique qui ne s’appuie pas sur un Etat européen mais qui flotte au-dessus d’un espace marchand, ouvert à tous les vents et à toutes les avidités des financiers, tous les décideurs politiques ne songent - et en particulier Berlin et Paris – qu’à se concentrer sur le seul plan de sauvetage pour le plus grand plaisir des agioteurs.
Il faudra expliquer pourquoi le gouvernement irlandais trouve juste de faire payer à ses concitoyens les fautes de trois banques. Pourquoi ne pas les laisser tomber en faillite ? Ces libéraux (libertariens) si fiers de leur liberté revendiquée comme un absolu, de cracher leur mépris envers l’Etat, de maudire tout lien social et toute solidarité au sein d’une nation et, qui se rengorgent à coup de milliards via des financiers matheux, pourquoi diable une nation devrait-elle se sacrifier pour eux ? Un gouvernement digne de ce nom appliquerait la célèbre phrase de Vincent de Gournay, intendant français du XVIIIe siècle : « Laisser faire, laisser passer » .
Ne serait-il pas temps que les banques d’affaires soient mises devant leur responsabilité, elles qui ont tellement reçu d’argent public tout en s’efforçant de cacher le plus possible leur état véritable ?
Philippe le Bel, l’un de nos plus grands monarques, a su, au moment opportun, détruire l’ordre du Temple qui devenait un Etat dans l’Etat, tout comme Louis XIV et Colbert puis le Régent le firent lors des Chambres ardentes pour contraindre les financiers à rester à leur place.
S’il n’est pas question de brûler dans l’île de la Cité, les nouveaux templiers, il faudrait méditer l’habilité des Chinois qui avec leur capitalisme d’Etat savent attirer régulièrement, les spéculateurs puis les faire tomber avec un parfait cynisme.
Après les étudiants Italiens et Anglais puis les Portugais dans leur ensemble, les Irlandais descendront dans la rue. Les peuples doivent rappeler à leurs gouvernements qu’ils doivent d’abord assurer leur société avant de sauver les fortunes de toute cette finance égotiste et dévoreuse de toute humanité.

Jean Vinatier
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mardi 23 novembre 2010

L’hiver des peuples= l’été indien des banquiers ? N°791 4e année

En 2008/2009 les administrations Bush puis Obama ont sauvé leur système bancaire ; à l’automne 2010, les seuls européens puis le G7 (donc avec les Etats-Unis) ont imposé au gouvernement irlandais leur plan financier (90 milliards) pour éviter la faillite de 3 banques parce que celles anglaises, allemandes, françaises et américaines étaient sévèrement exposées. Le peuple irlandais paiera le contre-coup de ce sauvetage à moins qu’il ne se soulève contre son gouvernement. Message entendu : des nouvelles élections auront lieu en janvier 2011.
Des médias titrent déjà en agitant le spectre d’un effet domino dans l’ensemble de la zone euro, emportant au passage la France et l’Allemagne. En effet, selon la BRI, les banques françaises seraient les plus exposées au niveau des pays du PIGS (Portugal, Irlande, Grèce, Espagne) à hauteur de 749 milliards de dollars puis par les allemandes (549 milliards) enfin celles du Royaume-Uni : 361 milliards.
Qu’il s’agisse d’imposer la fin des déficits au nom de la bonne gouvernance de l’Union européenne ou bien de se porter au secours des établissements financiers afin de ne pas mécontenter les idéologues de l’économie libérale- libertarienne; ce sont les seuls peuples qui seront tenus de payer la note, de se serrer la ceinture, d’accepter la révision des acquis sociaux, de tirer un trait sur quarante années de progrès sociaux, d’avaliser le déclassement des classes moyennes qui iront grossir les rangs de la multitude anonyme et tout cela pour autoriser quelques dizaines de richissimes familles américano-européennes et leurs milliers de fidèles collaborateurs à mener grand train.
Des grèves sont annoncées dans l’Union européenne avec, ici et là, des révoltes ou colères plus ou moins fortes. La descente des étudiants anglais en plein Londres a surpris le gouvernement de coalition de Cameron : le siège de son parti a été détruit sous les yeux des bobbies ! Sur le plan répressif tous les gouvernements veillent au grain : rappelons-nous les raids de la police parmi les cortèges des lycéens français et des nombreuses arrestations qui allaient bien au-delà des quelques casseurs.
Si nous sommes déjà entrés dans l’horreur économique, c’est maintenant que les hommes s’en aperçoivent.

Jean Vinatier
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lundi 22 novembre 2010

Karachi : une nouvelle danse du scalp à l’UMP ? N°790 4e année

A peine le gouvernement était-il formé que l’affaire des retro-commissions revenait sur le devant de la scène. Dominique de Villepin a sonné la charge, Nicolas Sarkozy, un peu à la masse lors du sommet de l’OTAN à Lisbonne, lui a répliqué laissant à Alain Juppé le soin de lui signifier la fin de partie…ce qu’il semble avoir, provisoirement, entendu.
Le gouvernement transmettra, naturellement, tous les documents que le juge Van Ruymbeke lui demandera et l’hôtel de Brienne inclinera à déclassifier d’autant plus aisément que tout ce beau monde est assuré de ne courir aucun risque, sauf à se scalper. Imagine-t-on les rétro-commissions consignées par écrit dans des rapports, des fiches ? Evidemment pas. Une fois de plus, c’est la rumeur qui court faisant ses courses en chemin.
Il n’empêche cette affaire empoisonnera en amont d’une campagne présidentielle qui promet tant à gauche qu’à droite, d’être d’une férocité sans égale jusqu’alors.
Pendant ce temps, les familles des victimes de l’attentat de Karachi demandent les auditions de tous les responsables politiques (Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac, Alain Juppé, Dominique de Villepin, Lionel Jospin, les anciens ministres de la Défense, Edouard Balladur…) lesquels ne manqueront pas d’osciller pour n’en recevoir aucun éclat ! Il y a plus d’un an, Nicolas Sarkozy recevait-t-il Asif Ali Zardari (veuf de Benazir Bhutto) dit Monsieur 10 pour cent ou l’actuel Président pakistanais et, qui était, déjà, en 1995 de toutes les combinaisons ? Rappelons qu’alors, le porte-parole et comptable d’Edouard Balladur était un certain Nicolas Sarkozy…On pouvait donc imaginer la conversation sous-marine entre l’actuel Chef de l’Etat et son homologue pakistanais et le soin qui aurait été pris pour imperméabiliser ce dossier évidemment brûlant.
De son côté, Jacques Chirac, élu en 1995, réglant ses comptes avec son « ami de trente ans (Edouard Balladur) aurait mis un terme au versement de rétro-commissions. Mais, comme l’exprime Dominique de Villepin, il y a, seulement, « de très forts soupçons ». On dit, également, que les rapporteurs du Conseil constitutionnel auraient émis un avis défavorable sur la qualité des comptes d’Edouard Balladur mais le chef des Sages du Palais-Royal de l’époque, Roland Dumas, aurait passé outre. Nous nageons donc dans des eaux très troubles où tout le monde est un peu le piranha du voisin !!!
Ceci étant dit, ce Karachigate intervient alors que les guerres intestines au sein de l’UMP ne cessent pas : Patrick Devedjian règle ses comptes en citant nommément le Président de la République et son fils, Jean comme les responsables de son échec à sa réélection à la tête de l’UMP des Hauts de Seine. Ambiance !
Nicolas Sarkozy jongle en équilibriste souhaitant avoir immobilisé un Alain Juppé, qui le jalouse complètement tandis que François Fillon croit avoir trouvé le sésame pour influer le Président de la République sans oublier Jean-François Copé qui, sans rire, est « à fond » pour la réélection du Président en 2012.
Voilà, le sous-marin « Karachi » est en route…………………

Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2010

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Gambie,Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

vendredi 19 novembre 2010

Jean-Claude Michéa : « L’enseignement de l’ignorance et ses conditions modernes « N°789 4e année

Jean-Claude Michéa fut professeur de philosophie au lycée Joffre de Montpellier. Ardent avocat de l’œuvre de Georges Orwell, il est, aussi, celui qui a fait connaître en France le travail de l’historien américain, Christopher Lash ( 1932-1994) connu pour la « Révolte des élites » et « Culture de masse ou culture populaire ? », deux ouvrages édités par la maison Climats en 1999 et 2001.
Dans un court mais vigoureux ouvrage, « L’enseignement de l’ignorance » paru en 1999, Michéa expose comment l’enseignement ne participe plus à l’éveil intellectuel, critique et pensant du citoyen mais le formate, désormais, pour qu’il devienne un bon soldat au service l’économie libérale-libertaire.
Ci-dessous les courts chapitres VIII et IX, lisez également la note ainsi que la seconde partie de ce livre intitulée également "Notes" ( de A à F, pp.83 à 139).. A la veille de nouvelles réformes de l’éducation, la relecture ou la découverte de cet ouvrage est plus qu’utile.

« Il n’est pas besoin d’être spécialiste de l’histoire des institutions scolaires pour reconnaître, dans l’utopie négative qui vient d’être esquissée, le principe même des réformes qui, depuis trente ans, sont en chantier – sous des formes et à des rythmes qui correspondent aux contextes locaux – dans la plupart des pays occidentaux¹. S’il faut concéder au capitalisme français une certaine originalité sur ce point, c’est uniquement dans la mesure où, dans la guerre qu’il doit conduire contre les classes populaires, il a su exploiter, avec une intelligence particulière, les lieux communs idéologiques qui, depuis Mai 68, avaient envahi le marché. Comme l’écrit Alain Finkielkraut, "les tracts contestataires d’autrefois sont les directives gouvernementales d’aujourd’hui. Voilà trente ans, en France, c’étaient les comités d’action lycéens qui proclamaient que pour combattre les inégalités les professeurs ne devaient plus se contenter de transmettre la culture qu’ils possèdent, mais éveiller la personnalité de chaque élève et lui apprendre à se former soi-même. Désormais, ce sont les inspecteurs d’académies qui s’expriment en ces termes. "
Dans la pratique, ce mouvement de réforme constitue, naturellement, un processus complexe, soumis comme il est de règle, aux aléas des multiples rapports de forces et incluant, pour cette raison, quelques freinages partiels aussitôt compensés par des accélérations brutales et fulgurantes. Dans les conditions politiques du temps, c’est à la Droite libérale que revint l’honneur, en apparence paradoxale, d’appliquer la première vague de réformes autorisées par les événements de Mai 68. Des instructions de 1972 sur l’enseignement du français à la mise en place, en 1977, du Collège unique, elle s’acquitta, dans l’ensemble, assez bien de cette tâche historique.
Cependant, le problème de cette Droite libérale, c’est que, pour des raisons qui tiennent à son histoire, une partie non négligeable de son électorat appartient encore à cette France rurale et catholique qui, pour des motifs généralement contradictoires, n’envisage qu’avec la plus grande réticence la modernisation intégrale de sa vie. Cette fraction incohérente de la Droite – qui, selon la formule célèbre de Russel Jacoby, " vénère le marché tout en maudissant la culture qu’il engendre" – est suffisamment réelle, malgré son déclin programmé, pour contraindre en permanence la Droite d’affaires à dissimuler et parfois même à modérer ou suspendre une partie de son programme ultra-modernisateur.
C’est évidemment là un problème qui ne peut se poser à une Gauche moderne – ou plurielle ou libérale-libertaire – dans la mesure où celle-ci s’auto définit, de façon ontologique, comme le parti du Progrès et du Mouvement, c’est-à-dire de l’Avant-garde en tout.
On comprend donc pourquoi c’est presque toujours sous un pouvoir culturellement de gauche que la modernisation totale de l’Ecole et de la Vie – qui constitue, depuis le XVIIIe siècle, l’essence même du programme capitaliste – est imposée aux classes populaires avec le plus de cohérence et d’efficacité. De fait, il suffit d’examiner, avec un minimum d’esprit critique les projets constants de M.Allègre – et de son fidèle adjoint Geismar – pour retrouver sans difficulté – sous le double appel à « dégraisser le mammouth » et à ouvrir l’école à tous les produits, y compris les plus inutiles, de l’industrie informatique – les principales consignes que les propriétaires de la planète distribuent à leurs employés politiques lors de leurs discrètes entrevues stratégiques ; il est vrai que ces employés sont toujours tenus de retraduire ces consignes en termes « pédagogiques » et «égalitaristes », ce qui ne manque évidemment jamais d’égarer les plus imbéciles parmi les militants.
La présente « crise de l’Ecole » dont le grand public prend progressivement conscience, doit ainsi être comprise, avant tout, comme l’effet qui se prolonge d’une situation devenue contradictoire. D’un côté, l’Ecole, parce qu’elle était la pièce centrale du dispositif « républicain » c’est-à-dire d’une époque et d’un système où le marché auto-régulé n’était pas encore en mesure de plier à ses lois la totalité des choses- se trouve être un des derniers lieux officiels où subsistent – à côté d’habitudes et de pratiques parfaitement absurdes – de véritables fragments d’esprit non-capitaliste et quelques possibilités réelles de transmettre du savoir ainsi qu’une partie des vertus sans lesquelles il ne peut y avoir de société décente. Mais, de l’autre, sous la vague déferlante des réformes libérales-libertaires, l’institution tend mécaniquement à devenir l’ensemble intégré des différents obstacles matériels et moraux qu’un enseignant est obliger d’affronter s’il a le malheur de s’obstiner, par une étrange perversion, à vouloir transmettre encore un peu de lumières et de civilité ; une telle contradiction, on l’imagine, en peut définir qu’un très mauvais climat : et de fait, il devient chaque jour un peu plus irrespirable.

1- (en réalité la note 43 de l’ouvrage) : En tant que lieu classique de la production capitaliste, l’Amérique avait évidemment expérimenté la plupart de ces réformes bien avant les Européens. Ceci explique l’état désastreux dans lequel se trouve présentement l’école publique des Etats-Unis. Et cela confirme que c’est bien en connaissance de cause que furent introduites en France les méthodes pédagogiques qui avaient conduit au vu et au su de tous l’école américaine au bord de l’effondrement. Comme le rappelle Liliane Lurçat (Vers une école totalitaire, p.144) « les méthodes de lecture recommandées par Meirieu comme scientifiquement correctes, ont contribué à la généralisation de l’illettrisme aux Etats-Unis où, selon, Jacques Barzun, soixante millions d’illettrés fonctionnels doivent leur échec à la méthode look and say » Cela ne signifie pas, pour autant, que les premiers réformateurs pédagogiques aient été des agents conscients du capitalisme. En détruisant, par principe, tous les acquis de la tradition, il s’agissait seulement, dans leur esprit, d’étendre ce qu’ils croyaient être la sphère de la liberté et qui n’était bien sûr, que l’esprit de la consommation et du libre échange retranscrit en principes pédagogiques. Mais c’est pourquoi chaque progrès de la réforme était nécessairement condamné à libérer de nouveaux espaces pour la dynamique capitaliste, laquelle, en retour contribuait à consolider les mythologies de l’éducation nouvelle. Pour l’essentiel, ce n’est véritablement qu’à partir de 1988 sous le magistère de Lionel Jospin et, déjà, de Claude Allègre, que ces différentes utopies pédagogiques furent recyclées, cette fois ci de façon parfaitement consciente et délibérée, au service de la « construction européenne » c’est-à-dire de la préparation des firmes européennes à la guerre économique mondiale. Pour qui, veut comprendre le passage de la réforme pédagogique de la naïveté « libertaire » au cynisme libéral, il serait, sans doute, intéressant, d’analyser le rôle joué par l’inspecteur Foucambert (on a les Lyssenko qu’on peut) et sa célèbre armée de fanatiques (cf. Liliane Lurçat, Les destructeurs de l’Enseignement élémentaire et ses Penseurs, 1998) »



Jean Vinatier
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Source :
Michéa (Jean-claude) : L’enseignement de l’ignorance et ses conditions modernes, Castelnau-le-Lez, Climats, 12 euros pp.61-70.

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jeudi 18 novembre 2010

Henri Blerzy et les révolutions en Asie centrale vues en 1874 N°788 4e année

Je vous propose en lecture un article d’Henri Blerzy (1830-1904), directeur départemental des PTT de l’Aube qui représenta son département à l’Exposition universelle de 1867. Il écrivit un bon nombre d’articles (et d’ouvrages) parus dans la prestigieuse Revue des Deux Mondes.
Son article publié le 15 mai 1874 se propose de commenter les révolutions intervenues en Asie centrale et en particulier en Birmanie, au Tibet ainsi que la question musulmane aux frontières de la Chine.
Son écrit est fort instructif.
Pour consulter le document, il vous suffit de cliquer sur l’image puis de choisir dans l'onglet la page de début, 263- celle de la fin étant la 290.

Bonne lecture !



Revue des deux mondes (1829)
Revue des deux mondes (1829)
Source: Bibliothèque nationale de France


Jean Vinatier

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mardi 16 novembre 2010

Myanmar : une approche par le bouddhisme birman N°787 4e année

Au lendemain des élections législatives « arrangées » par la junte et de la toute récente liberté de mouvement retrouvée de Aung San Suu Kyi, je vous propose, à travers un extrait de la recension écrite ,en 2001, par Bénédicte Brac de la Perrière à propos de l’ouvrage de Gustaaf Houtman, professeur à l’université de Londres intitulé : Mental culture in Burmese Crisis Politics : Aung San Suu Kyi and the National League for Democracy, d’appréhender la situation intérieure birmane d’une façon différente mais incontournable. Demain, je consacrerai, à ce pays singulier, une chronique plus historique.
Gustaaf Houtman propose le « décryptage des argumentations et positions politiques des deux partis » :

« ….l’auteur est doté d’un atout majeur, sa profonde connaissance du bouddhisme birman. Les discours politiques sont en effet tous nourris du même idiome bouddhique mais selon les interprétations et des ancrages forts différents qui expliquent les prises de position contradictoires et irréductibles de leurs tenants. Que les concepts bouddhiques puissent susciter des usages aussi contrastés dans le domaine du politique tient à leur ambiguïté intrinsèque, plus précisément à la possibilité de les appliquer au domaine mondain ou extra-mondain ; selon les points de vue pris, celui de la communauté nationale ou de l’individu libre, les interprétations en sont conflictuelles.
C’est ce que montre G.Houtman en traçant la généalogie des idées qui ont déterminé les mouvements politiques en Birmanie au XXe siècle, des premiers mouvements nationalistes des années vingt jusqu’à l’opposition démocratique à la junte actuellement au pouvoir, en passant par l’Indépendance, le 4 janvier 1948. Une des figures clés de cette histoire des idées est certainement le général Aung San considéré comme le père de l’Indépendance birmane : à la veille de cette dernière, il périt dans un attentat qui visait l’ensemble des dirigeants politiques du futur Etat birman. L’image de Aung San est elle-même ambiguë puisqu’en tant que celle du père de l’Indépendance et du fondateur de l’armée birmane, elle a fondé la légitimité de la junte qui prit le pouvoir en 1962 ; mais les militaires au pouvoir actuellement l’ont au contraire occultée lorsque Aung San Suu Kyi, sa fille, à la tête de l’opposition démocratique, s’est mise à revendiquer le discours de son père comme un discours démocratique.
G.Houtman analyse un à un les principaux concepts autour desquels s’est articulée la pensée politique birmane, notamment ceux d’indépendance et d’unité. Il montre que le terme désignant l’indépendance nationale, lut-lak-yei, est lié à l’idée bouddhique de libération spirituelle (la sortie du cycle des renaissances, samsara, et l’atteinte du nihhana), et signifie aussi les libertés individuelles : les deux partis s’opposent dans leur utilisation du concept, le gouvernement le limitant de plus en plus à l’idée d’indépendance nationale tandis que Aung San Suu Kyi penche de plus en plus vers le sens de quête spirituelle de libération individuelle.
L’importance du concept d’unité nationale, nyi nyut yei, est liée à l’acuité de la question de l’ethnicité dans l’histoire de la Birmanie indépendante : il a lui aussi été emprunté à la phraséologie bouddhique dans le contexte de laquelle il connote l’harmonie idéale de la communauté monastique faite de l’acceptation par les individus des décisions majoritaires. Le concept est utilisé par les socialistes puis les démocrates pour indiquer que l’harmonie fondatrice de l’unité nationale est une production de l’esprit : elle dépend de la « culture mentale » - terme par lequel l’auteur traduit bhavana, c’est-à-dire approximativement, la pratique de la méditation. La junte au pouvoir préfère quant à elle voir l’unité nationale comme découlant de la culture et de la race au nom d’une origine commune et de la coexistence dans une entité nationale « naturellement intégrée ». Plaçant la culture au centre de son programme de myamafication, selon le néologisme édifiant de G.Houtman, elle confie la tâche à l’armée qu’elle affirme non politique, donc unifiant au-delà des différences.
Poursuivant son analyse touffue des positions politiques qui déterminent l’histoire récente de la Birmanie, G.Houtman distingue deux modèles de l’action politique opposant l’utilisation de la force (ana) à celle de l’influence (oza) ; le premier se réfère à l’activité du gouvernement, visant à spatialiser, à territorialiser et à centraliser, tandis que le second renvoie au mouvement démocratique cherchant à transcender les lieux et les endroits et à emporter l’adhésion. Le premier s’appuie sur le cetana, un rapport aux autres fondé sur la distribution du mérite associé aux donations religieuses, à l’intérieur d’un domaine délimité, distribution qui instaure une hiérarchie : il utilise le bouddhisme comme un système transactionnel acculturant au sommet duquel se tient le régime comme le maître de toute transaction, c’est-à-dire du cetana. Le second modèle repose sur le metta, une attitude de bienveillance généralisée ignorant les frontières, qui se réfère au bouddhisme comme à un système de valeur vraiment universel. Le premier ferait du pays une prison pour la communauté entière, de la même manière que dans le bouddhisme, le monde (Ioka) est conçu comme une prison ; le second viserait à la libération de ce monde et du modèle politique fondé sur la force (ana) par la voie bouddhique et, notamment, par la « culture mentale ».
L’auteur montre aussi, que Aung San Suu Kyi, la culture birmane étant indéniablement celle du parti unique, elle ne laisse aucune place à un parti d’opposition et que la seule voie de l’opposition est le bouddhisme. En tant qu’idiome commun, il représente d’abord une possibilité de dialogue. Mais surtout, il incite au déracinement du self par la pratique de la « culture mentale », cette dernière étant ainsi associée à la libération de l’oppression politique et aidant notamment à surmonter l’expérience de la prison. La « culture mentale » a pour aboutissement une « révolution de l’esprit » et elle exprime des valeurs universelles et transcendantales qui en font une unité locale comparable aux valeurs démocratiques. Elle est opposée à la culture birmane promue par les militaires au pouvoir et que l’auteur qualifie de « culture des pagodes ».
Sous l’expression de « culture mentale » qui, selon le dictionnaire, traduit bhavana, l’auteur entend un ensemble de pratiques bouddhiques regroupant des formes différentes de méditation, notamment le samatha et le vipassana, mais aussi l’accomplissement de certaines vertus bouddhiques qui peuvent y être liées, telles que le metta et le karuna. Il montre notamment comment la méthode du vipassana, apparue à la fin de la royauté birmane [XIXe siècle], dont l’origine historique est dans la mise en cause d’une tradition héritée, est intrinsèquement révolutionnaire et il retrace la filiation de son utilisation comme outil d’opposition politique et de réforme gouvernementale en Birmanie. Mais cette méthode y est aussi institutionnalisée, sous la forme de centres soutenus par le gouvernement, comme constitutive du sentiment de l’indépendance nationale. Si le vipassana permet de transcender le monde clos que représente une société (Ioka), le samatha qui est la méditation par concentration est au contraire un outil de contrôle du Ioka et a lui aussi été utilisé dans les luttes politiques.
La distinction entre vipassana et samatha reproduit donc, sur un autre plan, celle établie précédemment par G. Houtman entre un modèle de l’action politique qui fait éclater les limites et un autre qui en crée, mais issue de sa thèse de doctorat [ Traditions of Buddhist Practice in Burma ], elle est en fait première et c’est autour d’elle que s’organise l’analyse qu’il fait des discours, des positions et de l’histoire politiques en Birmanie. Elle oppose en fait deux attitudes faces au monde, celle de l’extra mondanité à celle de la mondanité. On ne saurait trop insister sur la valeur heuristique de cette distinction qui permet réellement à son auteur de faire sens là où l’on ne saisit de l’extérieur qu’un dialogue de sourds. »¹



Jean Vinatier
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Source :

1- Gustaaf Houtman : Mental culture in Burmese Crisis Politics : Aung San Suu Kyi and the National League for Democracy, Tōkyō, Tōkyō University of Foreign Studies, Institute for the Study of Languages and Cultures of Asia and Africa (Monograph series, 33), 1999 In Bulletin de l’Ecole Française d’Extrême Orient, année 2001, Volume 88, n°88, pp.399-401

Note :
Bénédicte Brac de la Perrière est chargée de recherche au CNRS/Laboratoire Asie du Sud-Est, Monde austronésien et a enseigné à l’EHESS en 2007/2008.

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lundi 15 novembre 2010

UMP : navire amiral sans flotte et équipage turbulent N°786 4e année

Le ministère de l’Identité nationale disparaît du gouvernement Fillon II qui ressemble à un état-major de reconquête. La chiraquie se hisse bien haut avec Alain Juppé, Michèle Alliot-Marie, ministres d’Etat en charge de la Défense et des Affaires Etrangères, François Barouin, ministre du budget et porte-parole de l’Elysée. En bémol, on soulignera que la Défense et les Affaires Etrangères sont, en réalité le domaine réservé de l’Elysée ; mais, tout de même : imagine-t-on Alain Juppé, avec le caractère qu’il a et la haute conscience de ce qu’il vaut, se taire ?
Le Président de la République tourne la page de l’ouverture et pense que cette équipe tiendra sans vaciller jusqu’à la campagne du printemps 2012. Nicolas Sarkozy fait alterner les centristes : un qui part, un qui arrive et isole un peu plus Dominique de Villepin, qui renvoyé en correctionnelle en 2011 pourrait être dans l’incapacité de se présenter. Il est impératif pour le Président d’être le seul candidat de la droite UMP ex-RPR, d’une droite plutôt chiraquienne très hostile au FN à la différence de bien des sarkoziens. Le navire élyséen manœuvre pour se replacer à droite escomptant une floraison de candidatures à gauche éliminant, de facto le PS dés le premier tour en faveur de Marine Le Pen. Si tel était le cas, le vainqueur du second tour serait évident.
Mais, ce gouvernement de campagne est moins uni qu’il n’y paraît. Il y a quand même beaucoup de risques que l’équipage du navire ne s’agite sérieusement. : François Fillon reconduit se sent pousser des ailes, idem pour Alain Juppé qui croit toujours à ses chances, et François Copé obtenant la tête d’une UMP atone calcule déjà la campagne pour 2017. L’UMP pourra-t-elle se passer d’une alliance avec les centristes : Nouveau centre, Radicaux valoisiens (Borloo), alors que chaque pourcentage compte le soir du premier tour ?
D’après les premiers indices, l’année 2011 ne serait guère positive : l’économie française ne redécollant pas, le chômage progressant ainsi que la précarité. Dans ces conditions, il serait bien difficile pour l’actuel locataire de l’Elysée non seulement de se représenter mais d’avoir le soutien de l’UMP tentée, alors, de ruer dans les brancards en se choisissant un autre porte-étendard : Fillon ou Juppé?
Pour l’heure l’opinion publique très écœurée par l’arrogance du pouvoir en place ne risque pas de s’enthousiasmer. Le Président de la République fait face à une crise de la légitimité comme Barack Obama aux Etats-Unis: c’est là un point assez neuf que dans nos démocraties le dirigeant élu se défasse au fil des mois de son manteau de Tanit. Les Français ne savent plus exactement qui tient la barre du gouvernail : Fillon ou Sarkozy avec à l’arrière-plan le trio Alliot-Marie/Jupé/Baroin espérant les manipuler comme des marionnettes ?Mais tout le monde ne sera-t-il pas la marionnette de l’autre ? En dépit des apparences, c’est le désordre qui les irrigue alors que les nuages s’amoncellent partout !
Enfin, les chefs d’Etat et de gouvernement regardent d’une manière curieuse ce Nicolas Sarkozy qui les plante le soir du dîner officiel du G20 dont il prend la présidence au motif qu’il remanie…

Jean Vinatier
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vendredi 12 novembre 2010

G vain ? N°785 4e année

L’arrivée du Président français a bord de son nouvel avion officiel, source de bien des sarcasmes, débutera la réunion du G20 qui apparaît, deux ans après sa création ou trop lourd ou trop inadapté. Tout le monde a les yeux rivés sur le face-à-face sino-américain Mais Pékin s’échine à éviter toute bataille frontale avec Washington et les Etats-Unis s’aperçoivent (un peu tard) que désigner du doigt le « bad guy » monétaire suscite une volée de bois vert de la part de bien des puissances émergentes ou de celles qui le sont depuis un moment.
Ce G20 ne sera, en toute logique que celui d’un certain désordre, quand bien même les déclarations ne manqueront pas concernant telle ou telle régulation ou si elle semble trop contraignante telle ou telle nouvelle transparence pour réguler non pas la finance mondiale mais une petite société des financiers qui tétanise les deux rives de l’Atlantique.
Le dollar est sur toutes les lèvres : tombera-t-il ou pas ? Pour l’heure le billet vert demeurera. Le monde n’est pas du tout prêt à s’entendre autour d’une monnaie de référence universelle non rattachée à un Etat. L’époque est encore aux coqs de village. Les protestations chinoises envers la FED sont une chose et les investissements à réaliser par Pékin avec la montagne incroyable de dollars en sont une autre. N’en déplaise à quelques-uns, les Chinois ne vont pas balancer mille milliards en fumée, ils ont trop le sens de l’économie domestique.
Nous avons des nouvelles puissances qui se frayent un chemin à travers la planète. Elles ont le devoir de développer à grande vitesse leur marché intérieur respectif ! Mais déjà le Brésil, l’Indonésie se plaignent de craindre l’inondation monétaire. Comment se développer sans courir le risque de finir noyé ?
Le G 20 qui n’a pas encore brillé par une quelconque audace, affronte dans une parfaite désunion tous les sujets ; et si ceux financiers décevront beaucoup malgré une campagne de com' intensive, l’aspect historico-géopolitique devrait se révéler plus intéressant tout au long des douze mois de la présidence française. Cette lente montée de la plaque tectonique qu’est l’Asie devrait également nous renseigner sur le retour de l’Histoire. Ne le gommons pas de nos têtes, beaucoup de ces pays d’Asie sont issus de vieilles civilisations, de religions et de philosophies que nous pouvons connaître mais que nous n’avons pas jusqu’à présent regardé à leurs justes valeurs : du taoïsme à l’islam, de Confucius aux bouddhismes sans omettre le judaïsme et les différentes chrétientés dont certaines souffrent aujourd’hui justement du fait de nos avidités. C’est le grand retour de l’Histoire qui se prépare tandis que les Etats-Unis et qu’un grand nombre d’ « élites » européennes espéraient ne jamais la revoir en face d’eux. Le monde racine c’est-à-dire asiato-africain forme quasiment deux pinces de crabe : se refermeront-elles sur nous ?
Nicolas Sarkozy ne pouvant s’empêcher de se faufiler et de proposer mille combinaisons à tout le monde, de vanter toutes les alchimies, voudra coûte que coûte, élection présidentielle de 2012 oblige, sortir de son chapeau des formules miraculeuses. Du fait même du désordre régnant et du souci qu’auront les Chinois de ne pas précipiter les événements, il se pourrait bien que Pékin s’amuse à laisser cet animateur s’agiter et ébaucher à tout va.
Le triste est que toute cette année à venir soit encore celle d’une nouvelle fragilisation des Nations, des disparités de richesses toujours agrandies, d’une nature peu considérée. La prise de conscience universelle est un bien long chemin……


Jean Vinatier
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mardi 9 novembre 2010

La nostalgie ne fait pas l’avenir N°784 4e année

Novembre est le mois des commémorations : Tolstoï, De Gaulle, les chênes abattus !
Quelques semaines après une prière singulière dans la chapelle consacrée à la France sous la protection de sainte Pétronille qui suivit l’audience privée accordée par le Saint-Père, le Président Sarkozy ira, ce mardi, à Colombey-les-deux-églises parfaitement détaché de l’héritage gaullien. Sur cette lancée, le Chef de l’Etat rendra, ensuite, hommage aux jeunes manifestants du 11 novembre 1940, alors qu’il vient de fustiger leurs arrière-petits-fils! Nicolas Sarkozy fera de la com comme sur le plateau des Glières, une communication nostalgique qui ne ravira que les favoris et les naïfs.
Aujourd’hui nous avons le sarkozysme; hier, nous eûmes, le parti gaulliste mort avec le Général de Gaulle tout comme le mitterrandisme avec Mitterrand, le giscardisme avec Gisdard d’Estaing, le chiraquisme avec Chirac et bien que ces deux présidents soient encore en vie.. Un parti peut bien, s’il lui plaît, revendiquer une part d’une histoire quitte, parfois, à la travestir, il n’empêche une fois le bateau hors la vue, il n’y a pas de retour.
Les sondages cités, au cours de l’émission diffusée sur FR3 sur la dernière année de vie du fondateur de la Ve République, sont clairs : si les Français savent fort bien qui serait aujourd’hui le plus proche du Général (le dernier de la liste étant l’actuel chef de l’Etat !!), ils écartent toute idée d’une quelconque restauration gaulliste : ils ont raison la restauration n’a jamais fonctionné.
S’il est bon que les Français n’adhèrent pas à la nostalgie ; il est, par contre, excellent que reste la mémoire historique et intellectuelle d’un homme qui a su d’une part si habilement et avec audace relier les Rois et les Républiques via le monarque élu ; d’autre part rappeler la permanence de l’indépendance nationale. Les peuples des pays visités par De Gaulle ne s’y sont jamais trompés : pour eux la France est celle qui n’a jamais reconnu d’empire autre que le sien.
Les Français font gré au Général de Gaulle d’avoir donné à l’identité nationale une aura qu’aujourd’hui certains groupes d’influence espèrent brouiller pour prospérer sur les disputes engendrées par la perte des repères historiques. Ne l’oublions pas, la France est une idée qui a fait un Etat qui a fait une Nation.
Le grand danger de notre époque se situe, principalement, dans cette guerre déclarée aux Etats et aux nations par les propagandistes de courants libéraux-libertaires : ils ne veulent plus des sociétés mais des hommes individualisés addictent du consumérisme et déliés de tout lien social. Ce n’est donc pas un hasard si la France reçoit autant de coups : elle est unique, la nation au milieu du monde.
Je pense très sincèrement que nos contemporains de tous les âges et de toutes origines gardent à travers eux des automatismes de comportement qui feront que notre pays ne courbera jamais longtemps l’échine.

Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2010

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dimanche 7 novembre 2010

Catherine II au comte de Saint-Priest : le beau français N°783 4e année

Les Editions Mercure de France ont eu l’heureuse initiative de rééditer¹ en 2006 les Mémoires du comte de Saint-Priest (1735-1821) sous la conduite de Nicolas Mietton qui a annoté le passionnant journal du dernier ambassadeur de France à Saint-Pétersbourg, Maurice Paléologue (Le crépuscule des Tsars)
La lecture des mémoires du comte de Saint-Priest, brillant chevalier de Malte puis officier général passé dans la diplomatie comme ambassadeur :à Lisbonne (1765-68), à Constantinople (1768-1770-1771-1785), à La Haye (1788) avant d’occuper un poste ministériel sous Louis XVI en qualité de dernier Ministre de la Maison du Roi (1789-1790). Il fut un spectateur attentif des premiers moments de la Révolution. Contraint d’émigrer, il sillonna une partie de l’Europe, servant le futur Louis XVIII (1797-2807); il ne revint en France qu’en 1814.
C’est lors de son retour que le comte rédigea de façon très alerte ses Mémoires tout à fait instructives pour comprendre à la fois les aléas des négociations diplomatiques, de sa mésentente avec Vergennes et de la vie de Cour. Le mémorialiste tracera des portraits intéressants et fins, notamment ceux de Louis XVI et de Marie-Antoinette ainsi que d’autres personnages dont La Fayette :

« Ces deux personnages (La Fayette, Bailly, 1er maire de Paris) entrèrent insolemment en fonction sans attendre l’agrément du roi. La tête leur tourna à l’un et à l’autre, ils abusèrent des circonstances, et on leur doit une bonne partie des maux de la Révolution dont ils ont été eux-mêmes victimes, l’un par son supplice (Bailly), l’autre (La Fayette) par sa ruine entière, une prison en pays étranger et le mépris public. J'avais connu particulièrement La Fayette avant la Révolution chez Mme de Tessé, sa tante, avec laquelle j’étais fort lié. La ridicule ambition de ce jeune homme, à qui ses succès en amérique avaient tourné la tête, était à un degré difficile à imaginer. On aura peine à croire qu’il est venu vingt fois m’entretenir, en un temps où je n’étais point employé, de ses projets pour atteindre une souveraineté. Sachant par moi que j’avais envoyé de Constantinople un mémoire pour l’acquisition de l’Egypte², il m’entretint de son désir d’y régner et des moyens à prendre, mais forcé de convenir qu’il n’en pouvait avoir de suffisants contre une contrée aussi considérable, il voulait se replier sur l’acquisition des Régences de Barbarie, comme dominées par une milice étrangère facile à déplacer et remplacer par une autre. Il n’y a jamais eu, je crois, tant d’ambition unie à si peu de caractère. »

L’objet de ma chronique est simplement de rapporter deux lettres recopiées par le comte de Saint-Priest. Elles datent de la fin octobre 1791. Elles marquent le terme de son premier séjour en Russie. Elles ont été rédigées en français par Catherine II et par son chancelier, l’éminent diplomate russe de cette époque, le futur prince Bezborodko (1747-1799).
L’Impératrice et son chancelier font un usage splendide de notre langue, aujourd’hui souvent dédaignée par des ministres (Lagarde, Pécresse, Kouchner, Sarkozy…etc) une grande partie du patronnat et des hauts fonctionnaires français pour lesquels notre langue n’est plus une langue de pensée mais seulement d’un usage fonctionnel.

« Monsieur le comte de Saint-Priest,
Ayant toujours compté pour un des devoirs les plus essentiels de ma place de n’oublier jamais aucun service rendu à l’Empire confié à mes soins ; en outre, comme grand-maître de l’ordre de Saint-andré, devant veiller au bien-être des chevaliers et conserver la dignité convenable au premier ordre de mon empire ; sachant d’ailleurs le malheureux état dans lequel se trouvent les finances des serviteurs fidèles du roi de France, au nombre desquels je ne doute pas que vous soyez, et les persécutions auxquelles vous êtes exposé ; à ce titre, je me crois en droit, et même dans la nécessité de vous prier d’accepter une pension annuelle que je vous destine pour suppléer aux pertes auxquelles vous avez dû vous soumettre. Mais comme je souhaite que mes bonnes intentions ne soient point interprétées d’une manière peu conforme à la vérité, et afin que la méchanceté des hommes présents n’en tire aliment nuisible, j’ai ordonné que ce que je vous destine vous parvienne sans y mettre la publicité accoutumée. Vous en toucherez la première année avant votre départ. Au reste, je serai toujours votre affectionnée,
                                                                                                 
                                                                                                          Catherine »


« L’impératrice ayant été informée qu’elle ne verrait plus M. Le comte de Saint-Priest avant son départ de Pétersbourg a chargé le comte Bezborodko de lui souhaiter un bon voyage, mais comme Sa Majesté Impériale aime à pratiquer envers les étrangers qui ont mérité son suffrage, les usages de Russie, elle a voulu que M. le comte de Saint-Priest fût à même de suivre celui qui est établi de tous temps, qui est qu’un bon mari ne rejoint jamais sa femme après quelque séparation, mais lui apporter un gage du souvenir qu’il lui a gardé ; en conséquence j’envoie ci-joint une bague que je le prie d’offrir à madame la comtesse de Saint-Priest.
Le comte de Bezborodko profite de cette occasion pour renouveler à M. de Saint-Priest les assurances de sa haute considération et lui présente ses vœux pour le succès de ses voyages et sa prospérité. »


Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2010

Notes :
1-la première édition datant de 1929 chez Calmann-Lévy.
2- C’est le rapport du comte de Saint-Priest lu par Talleyrand et Bonaparte : il décida de la conquête de l’Egypte.

Source :
Mémoires du comte de Saint-Priest, éd. par Nicolas Mietton, Paris, Mercure de France, 2006, pp. 204, 300, 301

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