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vendredi 4 octobre 2024

Les multiples imaginaires de la nation américaine : Entretien avec Rachel St.John N°5804 18e année

 

« Rachel St. John explore les divers projets de construction nationale qui se sont disputé la légitimité et les territoires à travers le continent américain au cours du XIXe siècle, mettant en lumière la diversité de l’histoire politique et le caractère contingent de l’idée de nation.

Rachel St. John est historienne de l’Amérique du Nord et des États-Unis au XIXe siècle. Originaire de Californie, elle a obtenu sa licence et son doctorat à l’université de Stanford. Elle a enseigné à l’université de Harvard et à l’université de New York avant de retourner en Californie pour devenir professeur associé d’histoire à l’université de Californie, à Davis, en 2016. Son premier livre, Line in the Sand : A History of the Western US-Mexico Border, a été publié par Princeton University Press en 2011. Elle termine actuellement son deuxième ouvrage, The Imagined States of America : An Unmanifest History. Ce récit de l’Amérique du Nord au XIXe siècle explore la diversité des projets de construction nationale qui ont concouru pour obtenir la légitimité et les terres à travers le continent pendant cette période critique de transformation politique. En mettant en lumière la diversité de l’histoire politique nord-américaine et le caractère contingent de l’évolution de la nation et de sa définition, ce livre remet en question les récits qui considèrent l’essor et la domination des États-Unis comme allant de soi.

La Vie des idées : Quelle est l’importance de la vision de la nation américaine en tant qu’entité cohérente et unifiée, tant dans le monde universitaire que dans les récits destinés au grand public ? Quelles formes prend-elle ?

Rachel St.John : Les Américains, que ce soit dans les universités, dans les manuels scolaires ou dans la culture populaire, ont tendance à considérer le XIXe siècle comme le moment où les États-Unis sont devenus adultes. Il s’agit donc d’une histoire centrée sur la croissance de la nation, sur l’idée que les États-Unis sont nés en 1776 et que le XIXe siècle est le moment où ils deviennent autonomes.

Et cela a beaucoup à voir avec l’expansion. Elle est également confrontée à la crise de la guerre civile américaine. À ce moment-là, on a l’impression que soit la nation va mourir, soit elle va continuer, mais elle survit. C’est ainsi que les États-Unis acquièrent leur maturité en tant que nation. Ce que l’on peut voir à la fois dans les ouvrages universitaires et dans la façon dont nous célébrons le 4 juillet aux États-Unis.

Cela donne l’impression que les États-Unis ont toujours été une seule et même chose. C’était presque comme une personne : elle pouvait grandir ou mourir, mais elle restait toujours la même. Et cette croissance est naturelle. Je pense que c’est un élément fondamental de la manière dont nous envisageons l’histoire des États-Unis au XIXe siècle. Or, je ne pense pas que ce soit tout à fait exact.

Au lieu de cette histoire unique, je me suis intéressée à la grande variété d’idées sur les types de nations qui ont pu être maintenues ou créées dans l’Amérique du Nord du XIXe siècle. Il s’avère que ce fut un espace qui a inspiré toutes sortes d’idées sur les différents types de formations politiques nationales. Nous avons ainsi des nations indigènes indépendantes.

Il y en a beaucoup qui existent avant la naissance des États-Unis, et qui évoluent et persistent tout au long du XIXe siècle. Mais il y a aussi toutes sortes de personnes du monde entier qui viennent en Amérique du Nord et qui projettent leur propre idée de l’Amérique du Nord en tant qu’espace où ils peuvent créer des nations. Certaines de ces personnes viennent de l’intérieur des États-Unis : des groupes comme les mormons, les membres de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, qui ne se sentent pas pleinement intégrés aux États-Unis. Imaginez la création d’une théo-démocratie. Les Afro-Américains réduits en esclavage et privés de droits envisagent de former eux-mêmes des nations noires aux États-Unis. Il y a donc toutes sortes de personnes différentes qui sont capables d’imaginer des nations alternatives en Amérique du Nord. Et plus je regarde l’Amérique du Nord du XIXe siècle, plus je vois que c’est véritablement cela l’expérience normative, et non la création de ces énormes nations hétérogènes qui s’étendent sur tout le continent. Personne n’aurait imaginé cela au tout début du XIXe siècle.

Dans le livre que j’écris en ce moment, intitulé The Imagined States of America : The Unmanifest History of Nineteenth-Century North America , je cherche à remettre en question ces récits globaux de l’histoire américaine pour mettre l’accent sur la contingence dans les diverses créations d’une nation, en examinant ces différents groupes de personnes qui ont été impliqués dans les projets de création d’une nation en Amérique du Nord au XIXe siècle.

La Vie des idées : Vous proposez une histoire de la construction de la nation américaine qui se concentre sur l’intersection de divers projets, plutôt que sur l’idée classique d’un projet américain téléologique unique. Quels autres imaginaires non manifestes se sont hybridés et ont contribué à façonner les États-Unis ? »

La suite ci-dessous :

https://laviedesidees.fr/Les-multiples-imaginaires-de-la-nation-americaine

 

Jean Vinatier

Seriatim2024

vendredi 31 mai 2024

Les lumières et l’esclavage : Cugoano, Condorcet et les débats sur l’abolition à la veille de la Révolution Jennifer Pitts N°5793 18e année

Pour l’anecdote, aux archives diplomatiques, j’ai eu, entre les mains, une lettre de 1786 de William Pitt , Premier ministre, adressée à Vergennes lui proposant de travailler de concert à l’abolition de la traite.

 « Thoughts and Sentiments on the Evil of Slavery (1787) de Quobna Ottobah Cugoano, l’un des traités antiesclavagistes les plus radicaux publiés au XVIIIe siècle et le premier publié par un auteur noir dans le monde occidental, est apparu dans une traduction française anonyme l’année suivante. Dans le cadre de recherches entreprises avec mon collègue Michael Suarez, S. J., de l’université de Virginie, nous présentons des arguments tendant à démontrer que la traduction pourrait être l’œuvre de Nicolas de Caritat, le marquis de Condorcet, et nous examinons les implications, pour notre compréhension de la pensée de Condorcet et du mouvement antiesclavagiste français, de cet effort visant à mettre rapidement à la disposition du public français le remarquable traité politique, philosophique et religieux de Cugoano. L’histoire complète des activités abolitionnistes de Condorcet reste à écrire, et son engagement probable avec l’esprit et les écrits de Cugoano devrait figurer dans cette histoire. » 

Jean Vinatier 

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jeudi 30 mai 2024

Où vont les Etats-Unis? Par le Sénat N°5792 18e année

 Intervenants : 

Alexandra de Hoop Scheffer (German Marshall Fund of the United States), 

Lauric Henneton (université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines). 

Jean Vinatier

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mardi 14 mai 2024

La doctrine Lighthizer, au cœur de la géopolitique de Donald Trump par Renaud Lassus N°5785 18e année

 « Un second mandat de Donald Trump, si celui-ci était élu en novembre, serait beaucoup plus agressif, dès le premier jour, sur tous les sujets économiques et commerciaux internationaux, notamment à l’égard de l’Europe1. L’ex-président avait institué des sanctions contre les exportations européennes, notamment françaises, en seconde partie de mandat. Il reprendrait son action là où il l’avait laissée. Il avait commencé sa présidence sans préparation ni équipe cohérente. Comme l’analyse Niall Ferguson, il se présente aujourd’hui de façon plus organisée, avec un programme et une équipe qui a déjà travaillé avec lui et qui dispose de l’expérience du pouvoir.

Un consigliere discret au cœur du dispositif Trump

Au sein de cette dernière, Robert Lighthizer occupe une position très particulière. Représentant du président pour le Commerce (US Trade Representative) entre 2017 et 2021, il a exercé une influence qu’aucun membre du cabinet n’avait eu avant lui dans ces fonctions, pas même Mike Froman qui avait été aussi le sherpa de Barack Obama. Plusieurs des décisions les plus importantes de Donald Trump comme président portent directement sa marque, comme le tournant beaucoup plus ferme donné à la politique commerciale américaine à l’égard de la Chine. En cas de succès électoral en novembre, Bob Lighthizer occuperait à nouveau une place centrale dans une nouvelle administration Trump sur les sujets économiques et commerciaux internationaux. Il serait à la fois un conseiller essentiel (« the consigliere »), mais aussi celui qui met en œuvre les décisions du Président (« the enforcer »).

Dans un tel contexte, il est important en Europe de connaître et de comprendre la vision et les idées de celui qui propose une doctrine et un programme d’action à Donald Trump, pour aller beaucoup plus loin dans l’affirmation de la souveraineté exclusive et l’action économique unilatérale des États-Unis. »

La suite ci-dessous:

https://legrandcontinent.eu/fr/2024/05/14/la-doctrine-lighthizer-au-coeur-de-la-geopolitique-de-donald-trump/

 

Jean Vinatier

Seriatim2024

 

 

 

 

 

mercredi 24 avril 2024

Vallée du Silicium par Alain Damasio N°45770 18e année

 « Rencontre événement en compagnie d'Alain Damasio pour son recueil "Vallée du Silicium", en coédition Villa Albertine/Le Seuil. Un livre inspiré de la Silicon Valley, composé de sept chroniques littéraires qui culminent sur une nouvelle d'anticipation inédite. 

 Livre dispo ici : https://www.millepages.fr/livre/97820... » 

Jean Vinatier Seriatim2024

lundi 1 avril 2024

Art contemporain et géopolitique, Aude de Kerros, Nathalie Obadia N°5764 18e année

 Art contemporain : manipulation et géopolitique | Entrevue avec Aude de Kerros

 « Dans cet entretien avec Aude de Kerros, nous explorons les liens complexes entre l'art contemporain et la géopolitique. Son livre "Art Contemporain, manipulation et géopolitique : Chronique d'une domination économique et culturelle" examine diverses époques et le changement progressif de paradigme survenu entre 1910 et 2020. Outre la négation du Beau, de nombreux enjeux économiques se cachent derrière ce business attractif. Paris a cédé sa place de capitale culturelle à New York, où figurent désormais des "artistes" tels que Jeff Koons et Miriam Cahn, entre autres. L'art contemporain, par essence révolutionnaire, cherche à effacer le passé pour imposer ses nouvelles valeurs. 

Site internet :https://audedekerros.fr/  » 

 

Entretien avec Nathalie Obadia : "Géopolitique de l'art contemporain. Une remise en cause de l’hégémonie américaine » 

« Lacan Web Télévision s’entretient avec Nathalie Obadia à la suite à la parution en février 2023 de la deuxième édition de son ouvrage "Géopolitique de l'art contemporain". Nathalie Obadia est galeriste, spécialisée dans l’art contemporain, à Paris et Bruxelles. Elle assure également un enseignement à Sciences Po Paris sur l’analyse du marché international de l’art contemporain. 

Entretien mené par France Jaigu, psychanalyste membre de l’ECF et de l’AMP. » 

Jean Vinatier 

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