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dimanche 3 janvier 2021

Why China is anti-fragile par Dan Blumenthal N°5065 15e année

 « Dan Blumenthal illustrates by negative example how utterly wrongheaded Washington's strategic approach has been.

American policymakers believe that China is fragile, and that external pressures will crack the regime and mitigate China’s challenge to American strategic dominance. Cutting off access to technology, hectoring allies to exclude Chinese tech companies from communications infrastructure, encirclement through the “Quad” alliance of the US, Japan, India, and Australia, sanctions over the treatment of Hong Kong or Xinjiang, and so forth will weaken or even collapse the Communist regime, according to the Washington Consensus. Dan Blumenthal, the director of Asian Studies at the American Enterprise Institute, presents the consensus view in a new book that illustrates by negative example how utterly wrongheaded the consensus has been.

Blumenthal misses the trees for the forest, to invert a phrase; he has a sharp understanding of China’s historical fault lines, but ignores the singular accomplishments that make China a formidable rival.

Fate played a cruel trick on Blumenthal. His book went to the printer in April, late enough for the author to add an Afterword about the Covid-19 pandemic in China, but too soon to get the story right. Had the book gone to press only a few weeks later, the author might have avoided egregious errors that undercut the credibility of his thesis, namely that China is at imminent risk of collapse due to its “internal contradictions.”

La suite ci-dessous :

https://asiatimes.com/2021/01/why-china-is-anti-fragile/

 

https://lawliberty.org/book-review/why-china-is-anti-fragile/

 

 Jean Vinatier

Seriatim 2021

 

 

mardi 15 décembre 2020

GAFA : reprenons le pouvoir par Joëlle Toledano N°5044 14e année

Joëlle Toledano : est Professeur des Universités en Sciences Economiques à l'Ecole Supé-rieure d'électricité (Supélec). Docteur en mathématiques et docteur en sciences économiques, Joëlle Toledano a mené une double carrière, universitaire et en entreprise. Elle a dé-buté comme attachée de recherche au CNRS, puis comme maître de conférences en Economie à l'Université de Rouen. Parallèlement, elle a occupé divers postes de direction dans des entreprises informatiques et de télécommunications. Elle a ainsi été directeur général adjoint d'Alcatel TITN de 1987 à 1989, puis directeur général de CCMC Ressources Humaines. Elle a rejoint en 1993 le groupe La Poste à la direction de la stratégie. En 2001, elle devient, au sein du même groupe, directrice de la régulation européenne et nationale. Elle a été nommée, début 2005, professeur des Universités à l'Ecole supérieure d'électricité (SU-PELEC). Joëlle Toledano a été membre du Collège de l'ARCEP (mi-2005-2011). Elle a également été la première présidente du groupe des régulateurs postaux européens créé en 2010 par la Commission européenne. Elle a publié plusieurs ouvrages et de nombreux articles scientifiques dans les domaines de la macroéconomie, l'économie industrielle et la régulation des communications électroniques et des postes. 

« Il y a vingt ans Apple entamait avec le retour de Steve Jobs sa seconde vie. Google et Amazon étaient des start-up et Facebook n’existait pas. Vingt ans après, les GAFA font partie des entreprises les plus puissantes au monde. N’avons-nous pas fait preuve de naïveté face à ces jeunes pousses qui se réclamaient de la liberté d’entreprendre et de l’innovation ? Peut-on encore lutter contre ces empires plébiscités par les consommateurs et aux ambitions sans limite ? Joëlle Toledano montre dans ce livre comment les GAFA arrivent à s’extraire du droit commun, à verrouiller la concurrence, à définir leurs propres règles en s’appuyant sur l’efficacité des outils numériques. Dénonçant notre retard face à ces entreprises sophisti-quées et agiles, elle nous exhorte à comprendre ce nouveau monde et à reprendre l’initiative. La transformation numérique est rapide, bouleverse les chaînes de valeur. Les intérêts de court terme sont souvent opposés à ceux de long terme, d’où les difficultés à définir l’intérêt général. Donnons-nous les moyens de fabriquer les institutions du XXIe siècle au service du bien commun ! » 

Entretien de l’auteure pour L’Opinion au moment où Bruxelles rédige le Digital act : https://www.lopinion.fr/edition/economie/joelle-toledano-si-l-on-ne-fait-que-droit-face-aux-gafa-on-se-fera-231882

  

Joëlle Toledano novembre 2020: Jean Vinatier 

Seriatim 2020

lundi 30 novembre 2020

Les Grands Enjeux de Notre Temps : Des Défis Systémiques par Arthur Keller N°5030 14e année

« Le 21 octobre 2020, Impact Centrale Supélec a invité M. Arthur Keller au sein du cours de Modélisation des Systèmes pour présenter aux étudiants la vision systémique des questions écologiques. » Jean Vinatier 
Seriatim 2020

 

vendredi 8 mai 2020

La Chine innovation positive, le monde et nous N°4908 14e année

Deux entretiens au sujet de cette Chine pays de la démocrature et de la cybercrature…. qui fascine l’Europe depuis des siècles qui culmina positivement au XVIIIe siècle avant d’être diabolisée dès les années 1820 jusqu’à Deng Xiaoping. Pour la Chine le monde extérieur est une idée neuve qui connut des débuts à la fin de l’empire sous l’influence puissante des évangéliques (lire Madame Chiang Kai-shek par Philippe Paquet, Gallimard 2010), désormais elle roule pour elle avec un hermétisme différent de celui qui irrigue le Japon…..

1-La Chine, le monde et nous par David Baverez

 « Comment fonctionne la Chine ? Quelles sont ses ambitions ? Quels sont les enjeux pour le reste du monde?David Baverez est un investisseur français basé à Hong Kong. Il est l’auteur du livre Paris-Pekin Express, livre dans lequel il exhorte (en 2017) le nouveau président français à prendre le temps de vraiment comprendre la Chine, son modèle, son ambition et sa place dans le monde. David est un spécialiste de terrain, un observateur privilégié de la puissance chinoise en mouvement, et s’étonne du manque de compréhension ou même d’intérêt pour cette puissance qui pèse déjà tant dans la manière dont fonctionne notre monde.» Lien: http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/La-Suite-des-temps/Madame-Chiang-Kai-shek 

 2-Nathalie Bastianelli :Chine pays de l’innovation positive ? 

Nathalie est la fondatrice du forum WeBelong qui se déroule chaque année à Shanghai et Pékin, rassemblant des acteurs chinois et internationaux pour échanger des solutions et promouvoir un style de vie et des modes de consommation durables. « Les chinois sont-ils les gens les plus optimistes du monde ? »
Autres liens:

Le plan colossal de la Chine pour se débarrasser des technologies américaines 
https://www.01net.com/actualites/le-plan-colossal-de-la-chine-pour-se-debarrasser-des-technologies-americaines-1821235.html/amp/?__twitter_impression=true

Villes intelligentes et racisme automatisé 
https://www.les-crises.fr/villes-intelligentes-et-racisme-automatise/

 Jean Vinatier 
Seriatim 2020

lundi 17 février 2020

Thierry Breton « La guerre des données industrielles débute maintenant et l'Europe sera son principal champ de bataille » N°4822 14e année


Entretien mené par Derek Perrotte (Correspondant à Bruxelle)  pour Les Echos :


« Vous présentez mercredi la stratégie européenne sur les données. Quel en est l'objectif ?

Nous présentons notre stratégie globale sur les données qui, en particulier, comprendra un livre blanc sur l'intelligence artificielle (IA). Il est certes essentiel de mieux encadrer les applications IA spécifiques qui touchent notamment aux personnes en préservant nos valeurs européennes. Mais, pour maîtriser l'ensemble de la chaîne, il est indispensable d'adjoindre à cette réflexion une véritable politique européenne des données.
Il s'agit d'un sujet majeur qui va bien au-delà de l'intelligence artificielle, laquelle, tout importante qu'elle soit, n'est qu'une application puissante de l'utilisation des données. En matière économique, les données qui vont continuer à transformer en profondeur nos sociétés et notre façon de produire, consommer et vivre, seront à la base de notre compétitivité et définiront notre politique industrielle future.

Jusqu'ici, la guerre des données a été dominée par les Etats-Unis…

Les grandes plateformes basées sur l'exploitation des données personnelles se sont développées aux Etats-Unis puis en Chine. Pourquoi ? Parce qu'elles y ont bénéficié d'un vaste marché intérieur des données, étendu par la suite aux données personnelles des Européens, parfois collectées de manière discutable. Nous avons fini par réagir via le règlement général sur la protection des données (RGPD). L'Europe, plus fragmentée, n'a pu bénéficier de cet effet d'échelle. Mais nous entrons dans une nouvelle phase, avec l'essor d'un nouveau type de données, non plus personnelles mais industrielles. Cette révolution va rebattre les cartes.
Avec l'Internet des objets (plus de 500 milliards d'objets connectés prévus pour 2030), c'est un nombre gigantesque d'informations industrielles qui va émerger. Les réseaux 5G, ainsi que les capacités à intervenir au plus près de la création des données (« edge computing »), vont révolutionner des pans entiers de notre capacité à produire, à consommer, à se mouvoir, à interagir. Le nombre de données émises par l'activité humaine va être multiplié par deux tous les dix-huit mois. Pour moi, l'Europe doit être le premier continent à tirer le plein bénéfice de cette vague. C'est l'un des enjeux les plus essentiels de la décennie qui vient.

Quels sont ses avantages dans cette nouvelle guerre des données qui se prépare ?

Contrairement aux discours fatalistes, je répète que nous ne sommes pas en retard, au contraire ! Cette guerre des données industrielles débute maintenant et l'Europe sera son principal champ de bataille. Nous sommes en effet la première base industrielle du monde, la plus moderne et la plus avancée en termes d'intégration et d'automatisation des données dans les processus de production. Avec la mondialisation, les Etats-Unis ont perdu de leur savoir-faire industriel en l'externalisant. La Chine progresse, certes.
Mais tous les regards se penchent désormais vers l'Union européenne pour capter ces nouveaux flux de données industrielles, à très forte valeur ajoutée. A nous de nous organiser pour qu'ils bénéficient en priorité aux entreprises et à l'industrie européennes. Une chose est sûre, les nouvelles plateformes à construire pour permettre l'exploitation de ces données au plus près de leur lieu de production sont d'une nature toute différente de celles sur lesquelles se sont appuyés les Gafam et autres BATX pour les données personnelles.
Les exigences de sécurité, de temps de latence, de robustesse sont sans aucune commune mesure. Et c'est là que l'industrie européenne a une avance compte tenu de sa prééminence technico-industrielle. Mon objectif est de capitaliser immédiatement sur cet avantage. Dans le domaine des grandes plateformes industrielles à venir, les gagnants d'hier ne seront pas forcément ceux de demain.

Comment s'en assurer ?

D'abord, en poursuivant et en accélérant les travaux déjà réalisés permettant la fluidité d'un marché intérieur des données, y compris industrielles. Cela peut se faire par la réglementation mais aussi par la gouvernance, j'y reviendrai. Il ne s'agit nullement d'une démarche protectionniste. L'Europe est un continent ouvert et le restera. Mais, comme nous l'avons fait pour la 5G, nous établirons des règles claires et strictes que chacun, s'il souhaite venir en Europe, devra respecter, en particulier en matière d'accès et de partage des données industrielles ou publiques.
Concernant l'émergence des plateformes industrielles, nous travaillons autour de « projets européens d'intérêt commun » associant grandes entreprises et PME pour bâtir les plateformes critiques de gestion des données. C'est sur elles que reposeront, filières par filières, les couches logicielles successives supportant in fine les applications d'intelligence artificielle sectorielles ou spécifiques. Par exemple dans la santé ou les transports connectés, les usines virtualisées, la ville intelligente, etc.

Faut-il obliger certains acteurs privés ou publics à partager leurs données au nom de l'intérêt général ?

A nous de donner aux acteurs privés le cadre, les outils et l'accompagnement pour qu'ils y trouvent un intérêt à le faire dans leur domaine. Les données publiques, elles, sont du ressort des Etats. Nous les inciterons à mieux et plus amplement partager ces données qui constituent un bien public - notamment vers le terreau d'innovation que constituent les petites entreprises ou les start-up.

L'Europe s'interroge sur la reconnaissance faciale de masse. Faut-il l'interdire ?

Il n'y a tout d'abord pas un vide juridique en la matière puisque la législation européenne, notamment le RGPD, s'applique d'ores et déjà. En d'autres termes, l'autorisation de ces technologies est dès à présent l'exception et non pas la règle. Faut-il agir au-delà du cadre actuel ?
La réponse ne peut pas être binaire. Dans certains cas, certains lieux et certaines situations, il est logique de l'interdire au nom de la vie privée. Dans d'autres cas, par exemple dans un aéroport, elle peut se justifier pour des raisons sécuritaires et constituer un réel progrès. L'Europe dispose d'un socle de valeur unique qui fait sa spécificité et sa force. Il faut transposer ce socle dans l'univers informationnel. Nous allons nous donner quelque mois pour bien étudier, anticiper et segmenter ce sujet et ses usages.

Vous recevez ce lundi Mark Zuckerberg, le patron de Facebook. Quel message allez-vous lui faire passer ?

Les grandes plateformes ne peuvent pas continuer à vivre en disant « nous sommes un simple réseau de télécommunications ». Ce monde-là a vécu. Chacun doit prendre ses responsabilités quant aux propos et contenus qui s'échangent en ligne. Cela s'est fait jusqu'à présent sur la base de codes de conduite et d'approches volontaires des grands acteurs.
Vu l'ampleur prise par certaines dérives et les risques pour la démocratie, il faut une approche plus contraignante et spécifique. Nous allons la bâtir sans acrimonie mais avec responsabilité. Cela fera l'objet du « Digital Services Act » que nous préparons pour la fin de l'année.»


Source :

Jean Vinatier
Seriatim 2020