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mardi 18 septembre 2018

Hidalgo, Julliard, Gantzer, Griveaux : les socialistes mènent le bal N°4534 12e année


La démission brutale de Bruno Julliard, premier adjoint à  la Mairie de Paris annonce l’ouverture de la campagne municipale de 2020 tout comme a déjà débuté celle des européennes de mai 2019.
Anne Hidalgo, à l’inverse d’Emmanuel Macron qui occupa les esprits plusieurs jours avant de désigner un successeur à Nicolas Hulot, a aussitôt nommé le chef de file du PS à Paris, Emmanuel Grégoire. Cette réactivité ne masque évidemment pas le coup de tonnerre. Mais à y regarder de plus près que voyons-nous dans l’arène parisienne : Anne Hidalgo, Bruno Julliard, Gaspard Gantzer, Benjamin Griveaux, tous socialistes sauf pour le dernier qui a adhéré au parti du Président de la République sans rompre ce qui l’a fait dans l’aile libérale de la rue de Solferino autour de Dominique Strauss-Kahn.
Le dernier sondage qui ne tient pas compte du vote par arrondissement met à égalité Griveaux et Hidalgo, persuadant l’opinion publique que le jeu se ferait nécessairement aux deux tours entre les chats siamois socialistes : où serait donc le changement ?
L’image d’Emmanuel Macron est ternie, abimée, le nouveau monde qu’il se promettait d’être ressemble furieusement à l’ancien avec ses seuls défauts. Quel sera l’état de La République en marche après les européennes ? Au Printemps de 2020 ? Sera-t-il si positif de se réclamer à Paris du successeur de François Hollande ? 
Pour l’heure, la droite, elle, est invisible, inaudible, sans tête émergente. Elle est face à une gauche multiple, des socialo-macroniens aux communistes en passant par les Verts et aura à subir l’assaut de La République en marche y compris dans des arrondissements sûrs comme le VIIe et le XVIe. Le scrutin s’annonce compliqué. Et la démission de Bruno Julliard n’est que le prologue à d’autres événements.

Jean Vinatier
Seriatim 2018

mercredi 12 septembre 2018

« Evolution de Daech par Alain Rodier » N°4533 12e année


« Dans un message du 22 août dernier, transmis via Telegram et diffusé à l’occasion de la fête de l’Aïd Al-Adha – qui marque la fin du Ramadan -, Abou Bakr Al-Bagdadi a délivré un discours de 56 minutes, le plus long de tous ceux qu’il n’ait jamais produit. Il y fait référence à des évènements récents qui permettent de situer l’enregistrement vers la mi-août. Par exemple, il revendique la fusillade du 23 juillet à Toronto (Canada) déjà revendiquée par Daech. A noter que le « calife » Al-Baghdadi prononce un discours par an, le dernier datant du 28 septembre 2017. 
Cette intervention médiatique a été effectiée au moment où Daech réapparaît brutalement dans les provinces de Diyala, Salahedineet Kirkouk, en Irak, et de Raqqa, en Syrie, en menant des opérations sanglantes de type Hit and Run. En effet, l’organisation terroriste a perdu approximativement 97% des territoires qu’elle contrôlait lors de son apogée en 2015. Toutefois, des estimations communes à l’ONU et au Pentagone affirment que le mouvement compterait encore quelques 30 000 combattants, répartis entre l’Irak et la Syrie. Les wilayas (provinces extérieures) d’Extrême-Orient, du Sahel, d’Égypte, d’Afghanistan et du Nigeria se sont aussi montrées particulièrement actives ces derniers mois. 
Pour résumer, Daech n’est pas vaincu comme l’ont annoncé de nombreux responsables politiques – dont Vladimir Poutine en décembre 2017 – et il a pleinement réussi sa transition du « califat visible » à la rébellion clandestine. L’éclatement de l’organisation terroriste en plusieurs branches après la disparition dudit « califat visible », espéré par les Occidentaux ne s’est malheureusement pas produit. Cela est dû au fait que l’idéologie salafiste-djihadiste est toujours présente et conquérante.

Analyse du discours

Dans son discours – parsemé de références religieuses, ce qui le rend difficilement audible pour le commun des mortels[1] – Al-Baghdadi revient sur l’historique du mouvement : issu d’une petite milice – l’État islamique d’Irak -, Daech est devenu un immense réseau de mouvements islamistes radicaux combattant les Américains. »

La suite ci-dessous :


Jean Vinatier
Seriatim 2018

« Retour de l’armée algérienne au premier plan de la vie politique ? par Abderrahmane Mekkaoui » N°4532 12e année


« Après une éclipse momentanée, l’Armée nationale populaire (ANP) rejoue les premiers rôles sur la scène algérienne, à la faveur du démantèlement d’un trafic de cocaïne. Le général Ahmed Gaid Saleh est-il pour autant l’homme par qui tout changement doit forcément passer ?

Une éclipse de 30 mois

Jusqu’en 2016, en Algérie, le pouvoir politico-financier était géré et régulé par le Département du renseignement et de la sécurité (DRS) – les services secrets algériens -structure tentaculaire dirigée par le puissantissime général Toufik Mediene. Après son éviction et la dissolution de son service[1], l’épicentre du pouvoir a basculé dans le giron de la Présidence de la République. Le Président Bouteflika, copiant le modèle mis en place par le roi Hassan II (Maroc) et l’ex-Président Ben Ali (Tunisie), a renforcé les pouvoirs et prérogatives de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN, 258 000 hommes) et de la Gendarmerie (175 000 hommes), au détriment de l’armée dont il voulait réduire l’influence sur la vie du pays.
Pour rappel, depuis la présidence de Chadli Benjedid, l’Algérie a connu l’émergence de baronnies, sous la coupe de hauts gradés, qui avaient la main sur divers trafics. Une situation que régulait, hors de tout contrôle, l’ancien patron du DRS. La nouvelle concentration du pouvoir au Palais Al-Mouradia, incarnée par Said Bouteflika, frère du Président diminué par la maladie, a entrainé une mue qui a fait émerger une nouvelle caste politico-financière disposant d’un vaste empire et de connexions internationales variées allant de Rio de Janeiro à Marseille et de Valence à Dubaï. L’homme-lige choisi pour incarner ce basculement n’est autre que le chef du patronat algérien, Ali Haddad. Ce poulain du frère du Président est même pressenti pour assurer la relève à l’horizon 2019. Le processus en cours a marginalisé l’armée, véritable ossature du système et créateur de l’Etat algérien. Cela n’a pas été du goût de tout le monde, comme le prouve l’atmosphère de défiance qui règne en Algérie.

Le démantèlement d’un trafic de drogue qui tombe à point nommé

La donne a changé avec l’affaire Kamal Chikhi – dit le « boucher » en raison de ses activités d’importateur de viandes brésilienne et paraguayenne -, le démantèlement d’un trafic de cocaïne dans le port d’Oran en mai 2018. »
La suite ci-dessous



Jean Vinatier
Seriatim 2018

Macron de Benalla aux mid-term N°4531 12e année


L’affaire Benalla, n’a pas trouvé son épilogue et notamment avec le Sénat, a brisé le miroir à partir duquel Emmanuel Macron éblouirait les Français durant tout le quinquennat. Les démissions des ministres, de l’Ecologie, Nicolas Hulot puis des Sports pour des problèmes fiscaux s’ajoutèrent aux dégradations de la puissance présidentielle laquelle s’empêtra en promouvant Daniel Cohn-Bendit qui botta en touche. N’ayant plus la main mais les combinaisons toujours nombreuses, Emmanuel Macron échafaude toujours et encore pour conjurer une voie qui se rétrécit, les élections européennes de mai 2019 étant déjà dans sa perspective.
L’idée selon laquelle, il serait le héraut des progressistes face aux nationalistes menés par le Hongrois Viktor Orban et le ministre italien Salvini lui plaît parce qu’il le met en scène et lui fournit un rôle qu’il pense à sa mesure. Les élections européennes de mai  2019 ne ressembleront pas aux précédentes. Pour la première fois, la campagne portera des thèmes communs à tous les pays membres de l’Union que soyez identitaire ou progressiste, vous trouverez dans les autres pays des correspondances. Les thèmes transversaux bouleverseront le continent. Nos dirigeants le voient-ils ?
L’Union européenne confrontée, outre aux questions migratoires, doit terminer le Brexit, se mettre en branle quand la guerre commerciale débute entre les Etats-Unis et la Chine, se résoudre ou pas à revoir sa relation avec la Russie….. Comme toujours l’Union européenne parce qu’elle n’est pas une puissance politique s’avère tout à fait incapable d’être à la hauteur des enjeux auprès des peuples, auprès des puissances extérieures. Emmanuel Macron a fait de nombreux discours longs et très longs sur l’Union européenne sans que le public s’y attarde, le Président lui-même peinant à compter les cercles qu’il propose, les moins de dépendance sécuritaire vis-à-vis des Etats-Unis et ainsi de suite. Si ces interventions n’ont pas d’écho y compris dans le camp progressiste que se propose d’incarner le successeur de François Hollande, c’est bien parce que l’Europe dont il parle n’existe pas. La souveraineté économique européenne du Président français ne retient pas l’Allemagne quand elle décide, par exemple,  de ne pas appuyer la taxation des GAFA. La vision hanséatique du monde de Madame Merkel n’est pas du tout prête à rencontrer celle du palais de l’Elysée. L’Allemagne ne veut pas de politique quand la France ne cesse de vouloir la convaincre de son bien-fondé. Ce qui signifie donc que l’Europe fédérale sans cesse avancée par les « progressistes » est un mirage ne s’appuyant sur aucune conviction de la part de la puissance économique et financière de l’Europe l’Allemagne. Si cette issue fédérale ne se peut que reste-t-il  si ce n’est la nation de chaque Etat de l’Union ?
Emmanuel Macron a fait de cette élection européenne sa mère des batailles. S’il ne peut gagner des voix sur sa gauche, il escompte se rattraper sur sa droite misant sur les hésitations des Républicains et des centristes qui si elles ne cessaient pas attireraient dans ses filets un électorat en mesure de le placer vainqueur. Si les Républicains vont de bâbord à tribord, les centristes de droite caressent le projet de constituer une liste. Souvent le centre fait basculer une élection. Pour l’heure, il s’agit de placer les enchères le plus haut face à un  Chef de l’Etat déplumé. Le héraut des progressistes même s’il rit beaucoup à Marseille en compagnie de la chancelière allemande consciente de sa fragilité progressive, est bien seul. En face « les nationalistes » ne forment pas une ligue unie même s’ils s’entendent sur l’importance des migrations. Quand on regarde l’Union européenne, quel que soit le camp épousé, on s’aperçoit surtout qu’émerge une colère populaire à la façon d’une montée de lave d’un volcan jusqu’alors endormi !
De l’autre côté de l’Atlantique, l’empire du Potomac est en ébullition, son empereur ou POTUS, The Donald, aligne les succès économiques tout en continuant une guerre contre « l’état profond » qu’Hillary Clinton devait incarner à la suite de Barack Obama et des Busch, tous mondialistes. Si l’été n’a pas apporté de nouvelles fracassantes comme je l‘avais escomptées, l’approche des mid-term devrait accélérer le mouvement. Donald Trump regarde l’Union européenne comme un obstacle, notamment, dans sa guerre commerciale contre la Chine et s’il est le grand vainqueur des mid-term, notre continent aura à affronter bien des tempêtes. L’entourage du POTUS encourage les mouvements nationalistes ou populistes pour qu’ils participent aux divisions européennes ce qui devrait  poser, inévitablement un problème aux chefs de file desdits partis : comment accepter d’être le bras armé d’une tierce puissance pour nier toute souveraineté autre que celle d’Outre-Atlantique ? Plus largement l’Union européenne dans son entier est face à un dilemme ou abonder dans les vues des « progressistes » et n’atteindre aucune souveraineté ou rallier les causes « populistes »/nationalistes » et n’avoir que des souverainetés de pacotille ?  L’Union européenne est réellement et puissamment et en totalité face à cette question « Qui sommes-nous ? » « Que voulons-nous ? » « Qui suis-je ? »  « Ou vais-je ».
Les élections, en Suède de septembre, de Bavière en octobre, les mid-term de novembre, le BREXIT de mars 2019 et cerise sur le gâteau les législatives espagnoles en pleine  campagne européenne, vous aurez, chaque mois ou presque de sérieuses secousses capables de renverser l’idée d’opposer « progressistes » aux nationalistes ».  


Jean Vinatier
Seriatim 2018

lundi 10 septembre 2018

Suède le discours protestataire ne suffit pas N°4530 12e année





Les élections suédoises n’eurent pas pour résultat de précipiter une crise politique, elles assurent, cependant, aux Démocrates de Suède (extrême droite) la confirmation de leur progression politique quand les partis traditionnels reculent. En tout cas, cette élection législative ne dépare pas le paysage de l’Union européenne laquelle se revêt de couleurs de plus en plus automnales. L’intérêt de ce résultat se fait quand on le rapproche d’un scrutin similaire intervenu au Royaume des Pays Bas en mars 2017 où l’extrême droite menée par Geert Wilders (PVV) ne parvint pas à bousculer l’échiquier politique.
Le parti néerlandais de la liberté (PVV) et les Démocrates de Suède ont en commun un discours violemment anti-migrants qui rencontre une écoute de plus en plus grande auprès des électeurs néerlandais et suédois qui ne se décident pourtant pas à franchir le pas alors que chaque royaume respectif connait des situations économiques et sociales détériorées bien éloignées de l’âge d’or d’une « social-démocratie ». Les discours protestataires semblent trouver leur point de chute. Il manque (et certains s’en réjouiront) des propositions sociales, économiques qui formeraient la base d’un programme de gouvernement. Il est certain que les électeurs néerlandais et suédois quoique séduits par quelques vérités énoncés par le PVV et le SD savent bien que les migrants arrivés ne seront jamais reconduits en masse à la frontière et attendent qu’on leur propose à la fois un programme qui stoppe ou régule très drastiquement les migrations tout en intégrant l’impact économique, social et religieux des nouveaux arrivés devenus néerlandais et suédois. L’électeur en Europe a une caractéristique double l’inquiétude identitaire et l’évidence que leur nation a changé avec en toile de fond une Union européenne incapable d’identité politique, de souveraineté.
L’Autriche est un cas particulier puisque l’extrême droite depuis un moment gouverne des provinces quant à l’Italie, son cas étonne toujours les Européens mais bien moins les historiens qui savent bien que ce pays est le seul à savoir associer carpe et lapin. Le cardinal de Richelieu dans ses premières conversations avec le futur cardinal de Mazarin s’étonnait de l’étrange cheminement des combinaisons italiennes quand le grand oncle de Vergennes, Théodore de Chavigny s’interrogeait au XVIIIe siècle sur les singulières « italiques «  de cette péninsule.
Ces observations critiques ne doivent pas gommer le fait que les partis traditionnels doivent pour garder le pouvoir prendre chez les extrémistes ou populistes ou nationalistes certaines de leurs idées et remarques.  Si les extrêmes ne l’emportent pas, leurs propos infiltrent les états-majors adverses, preuve s’il en est de leur perte de vitesse. Quand on jette un regard rapide, on s’aperçoit qu’il ne manque pas grand-chose pour que des partis autres qu’habituels ne renversent l’échiquier. Chaque pays de l’Union européenne est métissé cela va du quasi néant à une part importante. Le discours protestataire s’il veut passer le Rubicon avec succès ne peut se contenter de la seule hostilité anti-migrants, il doit proposer un projet de société cohérent et crédible tant démocratique que démographique que nombre de ses potentiels électeurs ont inconsciemment/consciemment intégré. Les électeurs n’ont plus confiance dans les partis classiques mais se défient de ceux qui, pour l’heure, ne sont pas encore neufs.


Jean Vinatier
Seriatim 2018