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samedi 21 octobre 2017

« Irak-Syrie : « les Kurdistan » en péril ? par Alain Rodier » N°4424 11e année



L’auteur conclu que le Kurdistan indépendant est une chimère. Cela se peut mais toujours est-il intéressant de noter que le référendum indépendantiste au Kurdistan se déroule quand la Russie s’affirme en Syrie. La Maison Blanche pousse à l’émergence d’une sorte de Kurdistan libre comme ce fut le cas avec le Kosovo qui n’est que le cache-sexe d’une immense base américaine, afin de disposer d’une plateforme opérationnelle qui servirait aussi à Israël contre l’Iran quand bien même les Turcs, les Syriens, les Irakiens s’en étrangleraient.
Pour l’heure le référendum kurde conforte s’il en était besoin la famille Barzani…..

« Le « problème kurde » est particulièrement complexe. Il concerne plusieurs entités humaines et zones géographiques différentes en Turquie, Syrie, Irak et Iran. Il n'existe pas UN Kurdistan mais DES Kurdistan. À mesure que Daech perd le contrôle des territoires qu'il avait conquis en 2014-2015 sur le front syro-irakien, la relative unité internationale qui prévalait - Turquie exceptée - pour soutenir les forces kurdes ayant démontré leurs capacités guerrières contre les salafistes-djihadistes se fissure progressivement. De plus, l'initiative de Massoud Barzani d'organiser un référendum pour l'indépendance du Kurdistan irakien a été le facteur déclenchant qui a scellé cette désunion dont la cause kurde va avoir à supporter les conséquences à l'avenir. »
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Jean Vinatier
Seriatim 2017

vendredi 20 octobre 2017

« Anne Hidalgo[….]inculture et idéologie par Alexandre Gady » N°4423 11e année



Ce jour, Marcel Campion a (encore) gagné pour le maintien de sa roue vandale place de la Concorde. On relira avec l’intérêt l’entretien accordé par Alexandre Gady :



Autre mauvaise nouvelle pour la place de la Concorde : en raison des travaux prévus au Grand Palais (pour les JO et l’Exposition universelle), un bâtiment pourrait y être érigé pour la période 2021-2023 ( et même plus : JO) : construction qui s’ajouterait bien évidemment à la Roue Campion….




Jean Vinatier
Seriatim 2017

« Seule la souveraineté est progressiste par Bruno Guigue » N°4422 11e année



« Mais la dette est aussi l’odieuse martingale dont se repaissent les marchés financiers. Prélèvement parasitaire sur des économies fragiles, elle enrichit les riches des pays développés au détriment des pauvres des pays en voie de développement. “La dette (…) dominée par l’impérialisme est une reconquête savamment organisée pour que l’Afrique, sa croissance, son développement obéisse à des normes qui nous sont totalement étrangères, faisant en sorte que chacun de nous devienne l’esclave financier, c’est-à-dire l’esclave tout court de ceux qui ont eu l’opportunité, la ruse, la fourberie de placer les fonds chez nous avec l’obligation de rembourser.”
Décidément, c’en était trop. Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara est tombé sous les balles des conjurés au grand bénéfice de la “Françafrique” et de ses juteuses affaires. Mais le courageux capitaine de cette révolution étouffée avait dit l’essentiel : un pays ne se développe que s’il est souverain et cette souveraineté est incompatible avec la soumission au capital mondialisé. Voisine du Burkina Faso, la Côte d’Ivoire en sait quelque chose : colonie spécialisée dans la monoculture d’exportation du cacao depuis les années 20, elle a été ruinée par la chute des cours et entraînée dans la spirale infernale de la dette.
Le marché du chocolat pèse 100 milliards de dollars et il est contrôlé par trois multinationales (une suisse, une étatsunienne et une indonésienne). Avec la libéralisation du marché exigée par les institutions financières internationales, ces multinationales dictent leurs conditions à l’ensemble de la filière. En 1999, le FMI et la Banque mondiale exigent la suppression du prix garanti au producteur. Le prix payé aux petits planteurs étant divisé par deux, ils emploient pour survivre des centaines de milliers d’enfants-esclaves. Appauvri par la chute des cours liée à la surproduction, le pays est également contraint de diminuer les taxes sur les entreprises. Privé de ressources, esclave de la dette et jouet des marchés, le pays est à genoux.
La Côte d’Ivoire est un cas d’école. Un petit pays à l’économie extravertie (le cacao représente 20% du PIB et 50% des recettes d’exportation) a été littéralement torpillé par des étrangers qui ne visent qu’à maximiser leurs profits avec la complicité des institutions financières et la collaboration de dirigeants corrompus. Thomas Sankara l’avait compris : s’il est asservi aux marchés, l’indépendance d’un pays en développement est une pure fiction. Faute de rompre les amarres avec la mondialisation capitaliste, il se condamne à la dépendance et à la pauvreté. Dans un livre prophétique paru en 1985, Samir Amin nommait ce processus de rupture “la déconnexion du système mondial”.
Lorsqu’on analyse l’histoire du développement, un fait saute aux yeux : les pays les mieux lotis sont ceux qui ont pleinement conquis leur souveraineté nationale. La République populaire de Chine et les nouveaux pays développés d’Asie orientale, par exemple, ont mené des politiques économiques volontaristes et promu une industrialisation accélérée. Ces politiques reposaient – et reposent encore largement – sur deux piliers : la direction unifiée des efforts publics et privés sous la houlette d’un Etat fort et l’adoption à peu près systématique d’un protectionnisme sélectif.
Un tel constat devrait suffire à balayer les illusions nourries par l’idéologie libérale. Loin de reposer sur le libre jeu des forces du marché, le développement de nombreux pays résulta au XXème siècle d’une combinaison des initiatives dont l’Etat fixait souverainement les règles. Nulle part, on ne vit sortir le développement du chapeau de magicien des économistes libéraux. Partout, il fut l’effet d’une politique nationale et souveraine. Protectionnisme, nationalisations, relance par la demande, éducation pour tous : la liste est longue des hérésies grâce auxquelles ces pays ont conjuré – à des degrés divers et au prix de contradictions multiples – les affres du sous-développement.
N’en déplaise aux économistes de salon, l’histoire enseigne le contraire de ce que prétend la théorie : pour sortir de la pauvreté, mieux vaut la poigne d’un Etat souverain que la main invisible du marché. C’est ainsi que l’entendent les Vénézuéliens qui tentent depuis 1998 de restituer au peuple le bénéfice de la manne pétrolière privatisé par l’oligarchie réactionnaire. C’est ce qu’entendaient faire Mohamed Mossadegh en Iran (1953), Patrice Lumumba au Congo (1961) et Salvador Allende au Chili (1973) avant que la CIA ne les fasse disparaître de la scène. C’est ce que Thomas Sankara réclamait pour une Afrique tombée dans l’esclavage de la dette au lendemain même de la décolonisation.
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Jean Vinatier
Seriatim 2017


« Europe de la paix ? Non, Europe de la misère = Europe de la guerre par Charles Sannat N°4421 11e année



« La pauvreté de l’Europe vue par nos amis russes : “Plus de 23 % de la population de l’Union européenne étaient menacés de pauvreté en 2016, d’après les données publiées par l’office statistique européen”… Remarquez, il s’agit-là effectivement des chiffres donnés par Eurostat.
Alors de vous à moi, l’Europe peut faire semblant de s’alarmer de la montée de la pauvreté, car tout ce que fait l’Europe ne peut avoir pour conséquence que l’augmentation de la pauvreté.
Rien n’est fait pour lutter contre la misère. Les flopées de migrants que nous n’avons plus ni les moyens ni la volonté d’intégrer sont condamnées à une forme de misère qui sera la mère de tous les extrémismes dont tout le monde aura à pâtir.
Les dumping fiscal et social ne peuvent qu’aggraver les disparités au lieu de les régler progressivement.
Les accords de libre-échange et la mondialisation ne peuvent que pousser aux délocalisations et aux pertes d’emplois.
Ne soyons pas dupes. Cette Europe n’est pas l’Europe de la paix, mais l’Europe de la misère. Or la misère termine toujours en guerre.
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Jean Vinatier
Seriatim 2017




« Macron est-il républicain ? par Jacques Sapir » N°4420 11e année



« Dans une tribune publiée dans le journal « Le Monde », le constitutionnaliste Alexandre Viala avance que le Président Emmanuel Macron incarne, mais aussi développe, une nouvelle forme de gouvernement, qu’il appelle «épistocratie », usant d’un néologisme très peu usité[1].

Ce terme désigne un mode de gouvernement au sein duquel le pouvoir serait confié aux savants. Cette tribune, au-delà les critiques de forme que l’on peut lui faire aborde un véritable problème. Il n’est cependant pas neuf. Je lui avais consacré un ouvrage dès 2002[2]. En fait, cette dérive peut s’interpréter comme la forme la plus brutale, et la plus avancée, d’une dérive intrinsèque aux démocraties libérales dès qu’elles tentent de se penser sans référence à la légitimité comme fondation de la démocratie : c’est la substitution du technique au politique[3]. C’est ce qui sous-tend l’usage répété par la Président de la République de termes qui ont pu être considérés comme arrogants, méprisants, voire odieux, et parmi lesquels il convient de compter les « gens qui ne sont rien », les « fainéants », le « bordel » et autres joyeusetés. Ces termes ne sont pas de simples dérapages. D’ailleurs, leur répétition et le cadre dans lequel ils ont été proférés montrent bien que l’on est dans une intentionnalité. Ils sont un des symptômes du régime qu’Emmanuel Macron veut établir.

L’épistocratie et l’expertisme

Cette «épistocratie » qui s’installe, pour reprendre donc le terme de Viala, signifie la mort de la démocratie, la fin de la République comprise comme la « chose publique » partagée par tous, et que tous ont un même droit, et un même devoir, à défendre et à faire prospérer. Dans un livre qui sortira le 25 octobre, Natacha Polony écrit : « Or, il n’est pas de projet politique véritable qui ne repose sur l’ambition de ‘changer la vie ‘. Telle est en fait la définition de la politique : l’idée qu’il est possible, par l’action collective des citoyens assemblés, de faire émerger les conditions d’une société qui mette réellement en œuvre les idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité. Bref, le contraire absolu et radical de ce dogme selon lequel ‘il n’y a pas d’autre politique possible’ »[4]. Rien de plus juste. Mais, cela implique de faire alors le bilan, avant d’en faire le procès, de cette tendance à la fin de la politique, à son remplacement par la technique, autrement dit par ce triomphe d’un discours dans lequel l’expert se perd et se nie : l’expertisme.
Cette tendance s’est incontestablement accélérée depuis les vingt-cinq dernières années. Elle s’appuie à la fois sur l’évolution des institutions, et de ce point de vue la mise en place de l’Euro lui a donné un coup de pouce ravageur. Elle s’appuie sur les dérives de certains économistes. Car, les économistes jouent un rôle décisif dans ce processus, que ce soit en promouvant des raisonnements qui serviront de caution idéologique à cette dépolitisation du politique, ou en fournissant des solutions « clés en main » qui accélèrent ce processus. Par leurs écrits comme par leurs actions, de nombreux économistes et de nombreux « experts » sont sortis du cadre de la République. C’est ce qui justifie, pour eux, le glissement de la démocratie en une nouvelle tyrannie, mais un tyrannie qu’ils espèrent douce à leurs intérêts…
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Jean Vinatier
Seriatim 2017