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mardi 21 septembre 2021

Automne : les feuilles tombent N°5714 15e année

Le communiqué très tardif de Von der Leyen est une petite pièce qui s’ajoutera aux autres au fur et à mesure que la présidence française de l’Europe de janvier 2022 se rapprochera : mettre en scène, par exemple à travers un événement, l’image du protecteur et du discoureur sur la puissance…Le soutien de la Commission européenne s’inscrit dans cet ordre, ni plus, ni moins.

Emmanuel Macron est un contenu vide abondé par ses soutiens, notamment, financiers, à charge pour les collaborateurs de construire un récit, une narration par des « éléments de langage ». Ainsi vont, En même temps et En marche….

Evidemment, Emmanuel Macron savait l’échec du contrat français avec l’Australie. Il laisse pérorer et éructer Le Drian, se réservant le rendez-vous téléphonique d’ici quelques jours avec Joe Biden d’où ressurgira la « profondeur des liens transatlantiques » et tout le blabla : tout ce que voudra le successeur de François Hollande, c’est un « cadeau » qui puisse servir de base aux discours futurs. On en est là : le sous-sol ou descenseur pour l’échafaud n’est pas encore atteint !

Quelle importance qu’Emmanuel Macron soit un candidat tôt ou tard, cela n’a aucune incidence puisque l’on est dans le « en même temps » : le temps n’est plus lui-même acteur, une mesure mais une atmosphère, une ambiance, un récit, un sentiment, une émotion.

Ainsi ne ressent-on strictement rien quand Emmanuel Macron fait réception aux demandes des harkis (harki est une unité combattante et non un peuple) avec une loi et une enveloppe. Que les Harkis soient enfin traités dignement, rien à dire là-dessus. Mais l’on sait bien que le geste présidentiel se sert de cette cause pour poursuivre son chemin de jardinier arroseur de tous les corps français : hier les petits commerçants, les artisans, aujourd’hui d’autres. Le « d’autres » n’est pas péjoratif envers les Harkis qui, malgré leur douleur, n’entrèrent jamais dans des violences envers nous, le « d’autres » désigne les suivants. Anne Hidalgo avec son doublement des traitements des enseignants est sur le registre identique, les deux étant un corps à deux visages ou visage double….Et d’une façon plus générale, la pratique politique a banni l’alternative (projet politique) pour accéder aux visibilités médiatiques. Sur ce point la « candidature » d’Eric Zemmour est instructive…

21 septembre, fin de l’été, début de l’automne, les feuilles jaunissent avant de tomber, la chute encore comme je l’écrivais au sujet de « l’homme tombé », c’est-à-dire de sa perte libre, de son accélération vers la servitude qui l’écrasera, l’atomisera….

Dans cette logique, s’annonce, se prépare, la prolongation du passe sanitaire ce qui devrait poser un problème pour le Conseil Constitutionnel et le Conseil d’Etat qui ont donné un blanc-seing à la condition du temporaire. Mais qu’est-ce que le temporaire quand il n’y a plus de temps acteur ? Rien. La ruse étant de gérer le passe sanitaire localement comme si le virus et ses mutins variants distinguent Argenton-sur-Creuse du Creusot ! Le diable s’amuse du vice des uns et de la lâcheté des autres…

Il est à voir les personnes masquées dans les rues parisiennes, les jeunes surtout, la crainte s’effleurer un passant, les gens font des bons. J’étais hier dans un grand magasin près de la Madelaine : entre j’en foutisme (je passe la tête dans l’écran) et bond dès qu’un autre humain est trop près, les gens se séparent, s’éloignent. Quelque part, je crois que le masque plaît par son invisibilité à l’autre. Au fond le pouvoir qui dédaignait les masques (que nous n’avions plus), s’aperçut assez vite, dès les stocks reconstitués, que ceux-ci étaient de formidables accélérateurs de distanciation….

Je terminerai par la publication du plan de Paris qui interdira dès le printemps 2022, les voitures dans tout son centre nerveux donc historique si cher aux embarras narrés par La Bruyère. Après 1968, on déménagea les Halles (le ventre) puis l’on fit partir progressivement les universités et grandes écoles (le savoir), les sièges des entreprises (économie) avant que l’on restreigne le champ véhiculaire d’abord au nom de la pollution puis aujourd’hui, au nom de la sécurité (même les voitures électriques passent à la trappe), la fin de la voiture à Paris est la clé de voute, celle de la liberté à laquelle la voiture appartient et symbolise ce que sont infiniment moins les circulations douces (je suis cycliste), un ensauvagement (violence des pratiquants, indifférence, égoïsme du « moi »). A la voiture succèdent nous dit-on les transports en commun, absolument pas liés à la liberté mais à une facilité de mobilité conditionnée aux horaires et aux autorités qui gèrent les réseaux. Paris est évidée, les banlieues, elles, récupèrent tout ce que Paris repousse depuis 1968 et annonce que le Grand Paris réduira Paris au rang de village, d’enclos. De Paris cœur historique à Paris pour petits pas, jeux, kiosques à musique…

Voilà les feuilles tombent….

 

Jean Vinatier

Seriatim 2021

 

 

lundi 20 septembre 2021

Marc Eichinger ou révélations d’un homme qui en savait trop: Israël, Afghanistan, Qatar N°5713 15e année

“Frédéric Dalmas: Étant donné que le Qatar est allié aux États-unis au Moyen-Orient, le fait qu'il ait la main sur l'aéroport de Kaboul n'est-il pas un moyen pour les États-unis de garder de l'influence ? » 

Jean Vinatier

Seriatim 2021

 

dimanche 19 septembre 2021

France après le coup de pied AUKUS : silence européen N°5712 15e année

Et après ? Pour l’heure, notons que Ursula Von der Leyen, qui vient de faire un grand discours sur l’état de l’Union où elle évoque et invoque la souveraineté, n’a pas jugé bon de soutenir la France, Etat-membre, dans cette épreuve, une France qui aurait pu, aussi, demander que cela soit !

Ce silence en dit long : un bord du vide, sur un chemin étroit et escarpé sur lequel est la France et aussi l’Union européenne, qu’indirectement l’affaire sous-marine australienne a rendu public.

Comme écrit précédemment dans Seriatim, cette affaire va au-delà du simple contrat, elle implique notre position (française et européenne) notre place ou pas dans cet axe indopacifique : est-ce notre intérêt ? Nul ne me fera croire que la France s’est seulement démenée pour conclure un contrat sans songer à l’axe anti-chinois ou bien alors, nous serions d’une confondante naïveté ! Serait-elle étonnante tellement oublions-nous l’Histoire et que nous ne formalisons pas de l’espionnage par la NSA de nos dirigeants, ne choquant même pas l’ancien patron du renseignement militaire, le général Gomart : « L’Amérique est notre alliée » car, aurait-il pu ajouter, elle nous aide. Ainsi, l’élimination du chef de l’État islamique au Grand Sahara, Adnan Abou Walid al Sahraoui se fit, grâce à l’appui de la CIA et du MI6 sans minorer le rôle du service action de la DGSI.

Il avait suffi d’une simple lettre du général de Gaulle au président Johnson pour lui annoncer que nous quittions le commandement militaire intégré de l’Otan et que par conséquent les troupes américaines devaient partir de chez nous. Aujourd’hui, si d’aventure, Emmanuel Macron songeait à faire de même, serions-nous devant de gros obstacles par les États-Unis et l’Union européenne (l’Europe est passée de 6 à 27, l’Allemagne est différente)…..Un tel choix politique solennel supposerait aussi que les Français acceptassent des risques, des efforts, des sacrifices, redécouvrent le patriotisme : aurait-on la même résistance que les Britanniques lors du Brexit ?

C’est un moment révélateur de l’état des lieux géopolitiques, français et européen, où se mélangent les illusions et les calculs à court terme. Le bon sens serait de voir les États-Unis ni comme des amis, ni comme des alliés mais comme des partenaires.

Je crains qu’une habile communication ne se substitue à la politique qui devrait être et que nous nous contentions de miettes bien emballées.

 

Jean Vinatier

Seriatim 2021