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mardi 27 octobre 2020

"En immersion : enquête sur une société confinée" N°5000 14e année

« Rencontre avec Jérôme Fourquet à l'occasion de la sortie de son livre "En immersion : enquête sur une société confinée", co-écrit avec Marie Gariazzo, aux Éditions du Seuil. Entretien avec Jean Petaux, Sciences Po Bordeaux. »  

Emmanuel Todd et Jérôme Fourquet : « La France au XXIème siècle : archipel ou lutte des classes ? » 

Jean Vinatier 

Seriatim 2020

 

Annah Arendt : ‘Un certain regard 1973 N°4999 14e année

« Aujourd’hui, nous vous proposons un document d’archive exceptionnel retravaillé par l’équipe Les-Crises : un entretien vidéo d’Hannah Arendt de 45 minutes sur le totalitarisme, la politique américaine, la raison d’État, la critique du déterminisme historique et le rapport des Juifs à Israël. 

Tourné en octobre 1973 (soit 2 ans avant son décès) et diffusé le 6 juillet 1974, ce passionnant entretien, entièrement sous-titré par nos soins, correspond au montage final de plus de 8 heures d’échanges avec l’écrivain français Roger Errera. 

Parmi les nombreux passages coupés à l’époque, certains ont été restitués à l’écrit dans la New York Review du 26 octobre 1978. Ce document ayant été depuis numérisé, les lecteurs des Crises ont pu vous le traduire en français. On y trouve notamment ce célèbre passage sur les mensonges des gouvernements et l’importance d’une presse libre : » 

La suite ci-dessous : 

https://www.les-crises.fr/une-archive-exceptionnelle-un-certain-regard-entretien-avec-hannah-arendt-1973

Tourné en octobre 1973 (soit 2 ans avant son décès) et diffusé le 6 juillet 1974

 Vidéo source Les Crises Jean Vinatier 

Seriatim 2020

 

Macron et l’occasion turque N°4998 14e année

« We are one » c’est en anglais sous-titré en français que le Président de la République a fait connaître au monde que nous n’étions pas dans la division pour répondre aux propos de Recep Erdogan et au boycott de nos produits. Dans la journée, l’Elysée a publié une liste de messages de différents gouvernements européens que notre presse a présenté comme un front uni : pour l’heure ce ne sont que des mots, de même que du côté turc ! On est dans la surenchère d’épithètes ni plus, ni moins.

Cependant, cette atmosphère tweeto-belliqueuse constitue une occasion assez exceptionnelle pour l’actuel Chef de l’État ,s’il est bel et bien dans la volonté de stopper net les réseaux d’influence islamistes. Le gouvernement, d’un trait, pourrait abolir le statut d’imam débâché et ne reconnaître que ceux choisis et nommés par lui, plaçant, alors « le clergé » musulman sous son autorité. Pour aller plus loin, ce serait aussi mettre à plat toutes les structures censées représenter les musulmans de et en France qui, jusqu’alors, tenaient compte des souhaits de différents états et tâchaient de les équilibrer : Maroc, Algérie, Arabie Saoudite, Qatar, Turquie...etc.

L’exécutif ira-t-il sur cette voie parsemée d’embûches parce que la France mettrait les pieds dans une fourmilière ? Parce que l’Union européenne regimberait ? Parce que l’Allemagne craindrait dans ses correspondances turques ? Et ainsi de suite. Tout acte politique donc souverain a des conséquences : veut-on les assumer et , surtout, avoir de la constance dans sa fermeté ?

Une fois encore, l’extérieur souffle à l’intérieur de la France avec cet avantage considérable que nous ne sommes pas les agresseurs.

Le danger de cette situation tient aux fragilités des protagonistes français et turc : le premier s’imaginerait en duc d’Albe dans Lépante II, le second empêtré dans des mirages.

Les présidents français et turc sont tous les deux secoués par des agitations intérieures, des pertes de leadership, des problèmes économico-sociaux. Ankara s’agite sur tous les fronts depuis la Libye jusqu’à l’Azerbaïdjan et son chef court après un califat des sables. Ce qu’Erdogan ne saisit pas, c’est que les sultans ottomans eurent le califat parce qu’ils gouvernaient l’Asie orientale jusqu’au Yémen et aussi le Maghreb : ce califat là entérinait une suprématie impériale que l’on chercherait en vain avec l’actuel dirigeant turc. Quant à la France, elle essaie péniblement de revenir à la table orientale. Ainsi, le retour de Saad Hariri, symbole de la corruption et de l’ambition saoudienne, au Liban qui prétend suivre l’échéancier français est un trompe œil qui n’entrouvre pas le chemin de Damas….

Que dire d’autre, à part le fait que nous pataugeront dans les questions islamiques (et aussi migratoires) où Erdogan n’est qu’un élément parmi d’autres. Si la France a bien rappelé son ambassadeur, elle n’a pas déclaré non grata celui de Turquie à Paris…..Un signe ?



Jean Vinatier

Seriatim 2020

lundi 26 octobre 2020

Neurosciences : les méandres du cerveau par Albert Moukheiber N°4997 14e année

 

 Jean Vinatier 

Seriatim 2020

 

Macron face aux turbulences N°4996 14e année

Suite aux propos du président turc, Recep Erdogan, le président français, Emmanuel Macron, a rappelé notre ambassadeur à Ankara. Dans le même temps, plusieurs pays musulmans de la Libye au Pakistan demandent le boycott des produits français. L’Élysée exige le terme de cette campagne.

Voilà, quelques jours après l’assassinat de Samuel Paty, pour l’heure, les clapotis verbaux qui éclairent bien que la réaffirmation de la République laïque française ne sera pas aussi aisée. Au-delà de la République, il s’agit de la France.

Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, prévoit, après la Toussaint, différents programmes pour « sensibiliser », « cadrer », « préparer » autant les enseignants que les élèves de Conflans Sainte-Honorine depuis la maternelle jusqu’au collège ! Que comprendront des enfants de 3ans ?

Le gouvernement annonce avoir décidé la fermeture d’une mosquée à Pantin, l’imam du lieu conteste la décision et nul doute qu’il ira jusqu’à Luxembourg pour l’empêcher.

Plusieurs maires dont ceux de Bron, du VIIIe arrondissement de Lyon ont reçu des menaces de décapitation.

Ainsi à l’intérieur, comme en Europe et à l’extérieur, la France mesure, sans doute que maintenant, que les seules phrases et de timides actes ne suffiront pas à reprendre la main. Le gouvernement doit sévir juste sans englober tous les musulmans ni jeter l’opprobre sur tous les migrants. Dans cette vue, l’exécutif pourra-t-il compter sur une unité nationale ? Rien n’est moins sûr.

A cette incertitude intérieure, s’ajoutent la gestion du COVID dans sa seconde vague qui voit réapparaître le confinement de nuit ou couvre-feu et la manœuvre élyséenne de déplacer les élections régionales et cantonales (départementales) de mars 2021 officiellement de quelques mois mais en fait d’une année afin que lesdits scrutins se déroulassent après les présidentielles et législatives de 2022 qui verraient la réélection d’Emmanuel Macron. Sur fond d’épidémie et d’islamisme, une volonté de prise de pouvoir complète (donc aussi sécuritaire) qui fait le pari de la maîtrise de la situation économico-sociale, la BCE et les marchés assurant à la France un jet monétaire ininterrompu !

Dans ce tableau où autant d’éléments et de figures s’entrechoquent, la France ne serait-elle pas homme malade de l’Europe ? Et allons plus loin un homme malade parmi d’autres au sein de l’Union ?

Quand un étranger se penche sur Paris et voit que cette capitale devient un jardin d’infantilisation où la mairie nous demande de penser à la métamorphose des places de stationnement qui verrait ou un arbre, ou un bac à sable ou je ne sais quelle turpitude, il doit se dire dans les chancelleries que le pays ne tourne plus rond. Pendant combien de temps, les marchés soutiendront la France car d’autres craquements se font entendre, ainsi en Espagne, plus tamisé en Allemagne ?

On se rappelle que les « révolutions » arabes ont débuté sur un petit marché de Tunisie avec l’immolation d’un humble commerçant La décapitation de Samuel Paty serait-elle cette correspondance dramatique ? Il ne faudrait pas que l’on apprît que derrière meurtrier de ce professeur se trouve un réseau….

Emmanuel Macron dispose encore de bien des cartes du fait même des divisions politiques françaises mais ces mêmes cartes se gondolent et ses marges de manœuvre à l’extérieur perdent en force et sans pouvoir s’appuyer sur l’Union européenne qui n’est qu’une aire marchande.

Si les réactions turques et les manifestations musulmanes, ici et là, ne doivent pas nous faire surenchérir dans nos communiqués, elles n’en illustrent pas moins, nos perméabilités politiques et sociales aux intempéries après tant de décennies à promettre l’Arcadie.


Jean Vinatier

Seriatim 2020

samedi 24 octobre 2020

3 novembre : l’ère radicale ? N°4995 14e année

A quelques jours du scrutin présidentiel américain, quelque soit le résultat, victoire large ou de Trump ou de Biden, victoire sur le fil du rasoir de l’un ou de l’autre, nous devinons que de toute manière l’apaisement ne sera pas au rendez-vous, l’ère radicale prédominera.

Nous sommes déjà dans des agitations radicales de par le monde et elles sont de toute nature, elles vont de l’identité à l’environnement quand le nomadisme naturel de l’homme prend une dimension tout à fait eschatologique.

Dans l’indifférence générale, la Chine décourage le séjour des étrangers, durcit son discours nationaliste qui trouve son écho chez une autre puissance rivale, l’Inde que les euro-américains veulent croire de son bord. Dans des tensions plus marquées en France, les questions migratoires et islam sont prés de la réunion, une convergence redoutable que l’actuel exécutif traduit en parlant de séparatisme quand les radicaux musulmans entendent, au contraire, y demeurer et y prospérer. L’Union européenne divisée sur ces questions placent la tête dans le sable priant pour l’avenir du « doux commerce apaisant et irénique ». De l’autre côté de l’Atlantique, la campagne américaine s’achève dans une atmosphère lourde bien davantage qu’en 2016 : certains en accuseront Donald Trump, d’autres le camp adverse. Les États-Unis sont la première puissance mondiale. Si Donald Trump a retiré des paquets de troupes en Syrie, en Allemagne, il n’a pas fait fermer cent bases US à travers le monde, ni aboli l’OTAN ! Les flottes et le dollar règnent toujours de façon impériale. Cependant si une puissance prépotente dispose de tous les outils de sa suprématie cela n’empêche pas qu’en son centre, le dérèglement s’y installe. Rome a gardé longtemps la maîtrise armée et monétaire quand son cœur subissait les coups répétés des disputes, des successions violentes, des désordres continus au sein même de la capitale. Les Etats-Unis arrivent à ce moment historique face à un monde qui voit d’autres forces grandir : des forces territoriales ainsi la Chine, mais aussi des forces économiques comme les GAFAM, des forces sociétales comme les minorités-victimes, des forces scientifiques autour du transhumanisme, de l'IA. Il y a donc, à la fois, des évènements internes et externes qui font gîter le naviral-amiral américain. De même s’y affrontent sur son sol deux courants l’un progressiste, l’autre patriotique conséquence du mouvement néo-conservateur né dans les années 70 lequel a réussi son OPA sur l’ensemble de la classe politique américaine. Ainsi, verrait-on une partition néo-conservatrice.

De ces progressions radicales, ne pourraient en résulter que des affrontements tant les camps en présence disposent de forces et de moyens. S’installerait aux Etats-Unis une division dans les élites encore assez masquées par l’avidité et l’âpreté mercantiles sous la férule de la FED/direction du Trésor et le complexe militaro-industriel. Questions : les radicalités auraient-elles un potentiel sécessionniste ? Pas au sens territorial.

On notera que les deux tenants des radicalités ont un point de réunion : la Chine qui nourrirait pour la radicalité patriote un nationalisme virulent, pour la radicalité progressiste un marché qui ne devrait pas lui échapper. Elles ont aussi des oppositions ainsi politico-religieuses sur l’islam qui ont un lien avec le sens à donner à la « prédestination états-unienne ». Enfin, ces radicalités ont un fond commun l’America first mais une vue divergente sur la manière de la perpétrer. Cette divergence ne serait évidemment pas sans incidences lourdes pour les Européens complètement obnubilés et persuadés qu’ils sont une partie intellectuelle et civilisationnelle des Etats-Unis, historiquement ce sentiment est tout à fait discutable.

Si l’ère radicale est mondiale, le simple fait que les Etats-Unis tanguent intellectuellement et psychologiquement faute d’une conquête humaine « du nouveau monde spatial ou galactique », oblige à regarder sans fard leurs contractions….




Jean Vinatier

Seriatim 2020

jeudi 22 octobre 2020

Un après Samuel Paty ? N°4994 14e année

Le discours prononcé par le Président de la République pour rendre hommage au professeur Samuel Paty dans la cour de la Sorbonne face à la chapelle où est le cardinal de Richelieu était bien paramétré avec ce qu’il fallait d’histoire et d’émotion et pour une fois court.

D’après le Chef de l’État, Samuel Paty est le « visage de la République », mais il s’agirait, alors d’une république décollée de son corps central, de sa colonne vertébrale. Est-ce le bon signal pour demain ?

L’après Paty est problématique d’une classe politique qui dans son ensemble, exception faite du RN, a accompagné l’abandon progressif de son autorité vis-à-vis d’une religion ascendante et d’arrivées migratoires sous couvert de « droits de l’homme », que se montrer sévère ferait le lit de l’extrême-droite ! Cependant, les sondages montrent tant pour les régionales de 2021 que pour le premier tour de la présidentielle de 2022, que le RN ne progresse pas, les lignes ne bougent pas : il n’y a pas de digue qui saute. Si les enquêtes d’opinion nous éclairent sur la montée d’un mécontentement français, il n’enclenche pas une remise à plat de l’actuelle représentation politique. Pourquoi ? Vieillissement de la population ? Déni de la réalité ? Peur de passer pour un « fasciste » ? Conséquence d’une présence active de courants de la gauche dans les médias, les universités, les écoles, les centres culturels, les associations et ONG...etc ?

Ne s’agirait-il pas de la part de Français de leur incapacité à imaginer une alternative ou à remettre en perspective leur pays dans le cadre de l’Union européenne qui a capté des pans entiers de leur souveraineté sans la traduire politiquement à l’échelle européenne ?

L’identité troublée n’est pas le seul fait de la France, il habite quasiment tous les pays européens sauf, peut-être, les pays Baltes. En Allemagne, l’AFD est entrée dans tous les Länder. L’Europe centrale et Balkanique, se souvient encore de la présence ottomane, et supputent pour ceux de l’Est la réémergence de l’ours russe. Au sud, l’Espagne voit Vox pousser réellement, en Italie, Salvini contrôle 15 régions sur 20.

La France est donc de tous côtés entourée de pays très réceptifs, secoués même si les partis traditionnels tiennent encore la barre. Le Président Macron lui-même n’a-t-il pas participé à nos doutes quand il affirmait en 2017 que « la culture française n’existait pas » ? N’est-il pas l’avocat de l’individualisme supérieur au collectif ? Jusqu’au discours autour du séparatisme, le gouvernement n’a pas brillé par un tour de vis au sujet des imams les plus extrémistes, a montré une écoute bienveillante lors de l’affaire Traoré sur fond de Black Live Matters ...et ainsi de suite. L’assassinat atroce du professeur Paty survient au moment où justement, dans la perspective de la présidentielle de 2022, Emmanuel Macron se recentre sur la droite sachant que l’élection s’y jouera. Depuis le début de la semaine, chaque ministre y va de la critique de la gauche dont Mélenchon est devenu l’homme à « abattre », Edwy Plenel est traité de « lâche » : c’est un haro général contre la gauche et les Verts qui, même place de la République  tentaient de se dédouaner au nom de la lutte contre le RN ! La droite, Les Républicains, est, ô hasard, épargnée. Ainsi, avons-nous un Chef de l’État qui joue une fois encore, sur deux tableaux, ton sécuritaire pour plaire à la droite, ton accusateur, sans la nommer, vers la gauche, alors même que lui-même a une responsabilité considérable dans l’état de notre pays! C’est l’absence d’une alternative politique crédible pour les Français qui permet à l’Élysée d’ajuster bâton et carotte.

A bien le lire, le discours à la Sorbonne avait des perles : « dans chaque école, dans chaque collège, dans chaque lycée, nous redonnerons aux professeurs le pouvoir de « faire des républicains », la place et l’autorité qui leur reviennent. Nous les formerons, les considérerons comme il se doit, nous les soutiendrons, nous les protégerons autant qu’il le faudra. » Aveu complet sur la reculade permanente d’un Etat laïc et le futur employé diffère ô combien, de ce que aurait dit un Jules Ferry lequel était un ministre d’une France confiante en elle-même, sûr de son histoire et prête pour laver la défaite de 1870 à former « cent millions » de républicains via les colonies, à séparer le « trône » de l’autel. Les manuels d’histoire, par exemple de Lavisse, de Mallet & Isaac, étaient le creuset du roman national (patrie), aujourd’hui, rejeté, par l’éducation nationale au nom, entre autre, du progressisme.

La discours présidentiel a beau déclamer : « Nous continuerons, professeur. Avec tous les instituteurs et professeurs de France, nous enseignerons l’Histoire, ses gloires comme ses vicissitudes. Nous ferons découvrir la littérature, la musique, toutes les œuvres de l’âme et de l’esprit. Nous aimerons de toutes nos forces le débat, les arguments raisonnables, les persuasions aimables. Nous aimerons la science et ses controverses. Comme vous, nous cultiverons la tolérance. Comme vous, nous chercherons à comprendre, sans relâche, et à comprendre encore davantage cela qu’on voudrait éloigner de nous. Nous apprendrons l’humour, la distance. Nous rappellerons que nos libertés ne tiennent que par la fin de la haine et de la violence, par le respect de l’autre.

Nous continuerons, professeur. Et tout au long de leur vie, les centaines de jeunes gens que vous avez formés exerceront cet esprit critique que vous leur avez appris. Peut-être certains d’entre-eux deviendront-ils enseignants à leur tour. Alors, ils formeront des jeunes citoyens. À leur tour, ils feront aimer la République. Ils feront comprendre notre nation, nos valeurs, notre Europe dans une chaîne des temps qui ne s’arrêtera pas. 

Nous continuerons, oui, ce combat pour la liberté et pour la raison dont vous êtes désormais le visage parce que nous vous le devons, parce que nous nous le devons, parce qu’en France, professeur, les Lumières ne s’éteignent jamais. Vive la République. Vive la France. »

Qui adhérera à cette liste digne d’un catalogue à la Prévert quand, au quotidien, tant les enseignants que les citoyens constatent chaque jour le renoncement de l’État et de la classe politique face aux hydres puissantes:l’islamisme étant aussi dangereux que les thuriféraires du « non-genré »?

Y-aura-t-il un après Paty ? Il est à craindre que les émotions et quelques mesures autoritaires bien médiatiques servent à masquer l’immobilité. Il semblerait qu’Emmanuel Macron ait oublié que derrière lui se tenait l’ombre de Richelieu pour lequel il n’y avait de vraie France que libre. N’est-ce pas Emmanuel Macron qui a partagé notre siège de sécurité à l’ONU avec Berlin ? Qui a demandé à la chancelière de le représenter à un sommet européen ? Ce que ne veut pas voir Emmanuel Macron et un grand nombre sur l’échiquier politique est que le régalien seul permet de contenir les adversaires, et qu’il ne se partage pas. L’instruction publique aujourd’hui éducation nationale appartient au régalien hélas affaissée sur elle-même, le fameux « mammouth » et perméable à tous les vents. L’école ne fait plus des citoyens mais des victimes.

 

 

Jean Vinatier

Seriatim 2020

 

mardi 20 octobre 2020

Conflit du Haut-Karabakh : comprendre pourquoi par Caroline Galactéros n°4993 14e année

 « C’est de nouveau la guerre, les souffrances indicibles, la vanité des sentiments et des attachements réduits en poudre, les morts pour rien, les destructions jubilatoires des ouvrages humains patiemment édifiés, la mise en pièces gratuite de l’ordinaire existence de la population courageuse de cette enclave forestière superbe depuis si longtemps entre deux eaux qu’elle avait fini par croire en la permanence du provisoire. Les pauvres gens inoffensifs pris au piège de la violence et de la bêtise du monde, se posent toujours les mêmes questions apparemment légitimes : Pourquoi moi ? Pourquoi nous ? Pourquoi maintenant ? et surtout :  pourquoi tout le monde s’en f… ?

Convoquer le génocide arménien, les amitiés indéfectibles et les trahisons opportunistes ne sert de rien. La guerre n’est ici pas faite pour ça. Et si on ne concentre son regard que sur le Nagorny Karabagh, confetti d’empire disputé, prisonnier des injonctions contradictoires du droit international sur l’autodétermination des peuples et le respect de l’intégrité territoriale des Etats, on ne peut voir ce qui ne se joue ni l’ampleur de la manœuvre qui se déploie. 

Si on veut tenter un diagnostic lucide, un premier pas consiste à comprendre que Bakou et Ankara veulent faire disparaître cette verrue récalcitrante sous leur botte conquérante avant d’unir leurs deux Etats et d’affermir leur emprise sur les républiques turcophones d’Asie centrale. Il s’agit d’équilibrer leur rapport de force avec Moscou – et même, soyons fous, disposer d’un outil de plus pour déstabiliser l’Europe si elle ne rendait pas assez gorge via le chantage migratoire. 

Mais c’est encore l’écume des choses. Le jeu est bien plus vaste. Il est en fait planétaire et se joue en simultané sur tous les continents. L’objectif tactique de la réouverture du front arméno-azéri pour pousser Moscou voire Téhéran à réagir et les faire s’embourber dans la zone semble peu accessible. Moscou ne devrait pas tomber dans le piège ni s’impliquer militairement, en dépit de son accord de défense avec Erevan et de ses quelques forces prépositionnées. La Russie parviendra sans doute à étouffer pour quelques temps encore ce surgeon sud caucasien de l’offensive globale menée contre elle et au-delà d’elle. Ainsi, peut-être les pourparlers actuels sous égide russe aboutiront-ils à une trêve qui sera applaudie mais signera non la fin, mais le début d’une onde de choc. Car ce qui se passe n’est qu’un test… et un début. Le début d’une manœuvre enveloppante infiniment plus vaste, dont la cible est le nouvel « Axe du Mal » d’une Amérique en discrédit moral et politique aggravé et qui ne connaît qu’une posture : la fuite en avant. »

La suite ci-dessous :

https://geopragma.fr/conflit-du-haut-karabakh-comprendre-pourquoi/



Jean Vinatier

Seriatim 2020



3 novembre 2020 N°4992 14e année

Un président sortant peut-il être battu avec un bon bilan économique ? Les sondages américains qui placent largement entête Joe Biden le laissent croire.

Existe-t-il une raison pour laquelle un américain devrait voter pour Joe Biden ? Candidat évanescent, aux apparitions bien bornées , aux gaffes répétées, aux doutes sur sa capacité mentale, Joe Biden aurait tout pour décourager l’électeur.

Existe-t-il une raison pour laquelle un américain ne devrait pas voter pour Donald Trump ? Bilan globalement intérieur positif, plus tonitruant que jamais, plus brutal donc fidèle à son ordinaire qui plaît à une large partie de l’électorat américain surtout hors des villes métropolitaines et ayant réussi à imposer y compris aux démocrates que l’ennemi de demain serait chinois.

Les débats entre les deux candidats ont été sans originalité ! Mais de nos jours, où est le bon niveau des débats ? Croit-on qu’en France en 2017, les joutes entre Macron et Le Pen étaient hautes ? Non. Des deux côtés de l’Atlantique, le discours politique a perdu de son aura. Le politique a tenu un rôle longtemps confiné dans une enceinte parlementaire aujourd’hui, c’est la terre entière au rythme des Saisons à épisodes qui voit et écoute sur fond des défuntes idéologies.

Cependant, le vote du 3 novembre prochain garde son importance nous impactant également en Europe et pour cela il faut revenir à 2016.

En juin d’alors, le vote britannique pour le Brexit avait donné un coup d’accélérateur aux idées plus nationales, plus patriotiques dans l’espace anglo-américain.

De 2016 à aujourd’hui, tant à Londres qu’à Washington nous vîmes les batailles successives. A Londres ce fut la remise en cause de la légitimité du référendum et les positions très ambiguës de Teresa May finalement contrainte à la démission pour laisser la place à Boris Johnson qui s’appéterait à ne pas conclure d’accord avec l’Union européenne. A Washington, Donald Trump passa les trois quarts de son mandat à conquérir les républicains , de même que les grandes agences tout en assurant la relocalisation d’entreprises phares américaines et fit baisser le chômage, évitant la multiplication des conflits extérieurs.

Peut-on regarder la seule campagne américaine de 2020 sans tenir compte du climat politique britannique ?

Une victoire de Joe Biden fragiliserait Boris Johnson quitte à le faire chuter, précipiterait la fin Brexit dur ainsi que le traité de libre-échange actuellement sur la table. L’Union européenne, qui n’a pas renoncé à récupérer le Royaume-Uni soufflerait d’apaisement et se croirait renforcée se confinant sous le parapluie militaire américain.

Une réélection de Donald Trump accentuerait les dynamiques en cours mettant l’Union européenne dans un moment tout à fait inédit de son processus la laissant aborder les nombreuses tensions intérieures (populisme, crise économique, fronde sociale, peur virale, migrations radicales, questions climatiques,...etc) et ses rapports avec la Chine en particulier et les pays émergents en général.

Dans les deux cas, notre interdépendance aux événements électoraux américains sont trop fort et nous paralysent pour retracer de nouveaux chemins à travers le monde.

Dans les deux cas, les États-Unis, ne voudront pas descendre de leur piédestal et prôneront un discours radical intérieur qui connaît des développements dans les décennies 60-90 qui virent la montée en puissance des néo-conservateurs, des lobbies autour des « gender studies » et la fin de l’URSS. Les États-Unis sont dans un moment radical de leur histoire, de même que le Royaume-Uni mais s’appuyant sur le Commonwealth. Ces radicalités anglo-américaines dont on peut situer les prodromes dans l’immédiat du traité de Paris de 1783, touchent, aujourd’hui, bien évidemment l’ensemble de l’Union européenne, les têtes pensantes de notre continent ne concevant le futur qu’à partir d’une ligne intellectuelle de ces deux pays.

Quel que soit le résultat des élections présidentielles du 3 novembre, nous savons que la radicalité sera plus forte qu’auparavant. Il serait donc heureux que l’Union européenne et la France en sache les importances, s’ouvrent par elles-mêmes de nouvelles routes, notamment, d’indépendances intellectuelles.



Jean Vinatier

Seriatim 2020


 

lundi 19 octobre 2020

La grande déploration N°4991 14e année

Le jour même de la décollation de Samuel Paty, le « Ils ne passeront pas », la réédition en français par le Président de la République du « No pasaran » des républicains espagnols battus en 1939, est un signe inquiétant et négatif quant à la future prise de conscience politique et nationale .

Les « Je suis Samuel » qui succèdent aux « Je suis Charlie » de 2015 sont dans la droite ligne du Indignez-vous de Stephane Hessel ! Qu’est-ce que s’indigner ? Trépigner sur place ? Ce n’est pas l’action.

Mercredi un hommage national sera rendu à ce professeur d’histoire qui, en peu de temps, avait accumulé bien des critiques au sein de son établissement : certains élèves, certains parents d’élèves, certains collègues, un rectorat veule et pourtant, tous , n’en doutons pas, sont les premiers à déplorer le drame.

Le ministre de l’Intérieur annonce l’expulsion de 231 djihadistes ou extrémistes : il fallait donc l’assassinat d’un professeur pour qu’on daigne en haut lieu, un geste ?

Quelques jours plus tôt, le Chef de l’État discourait contre le séparatisme islamique masquant le fait principal : à savoir que les intégristes islamiques ne veulent pas se séparer de la France mais, au contraire y établir une contre-société. La guerre est là et elle n’est pas séparatiste mais bien interne en France.

A regarder les différents rassemblements de dimanche, on notera l’absence notable des jeunes. Des jeunes aussi absents des quelques tentatives de manifestation contre le couvre-feu, pas comme à Prague. Signe inquiétant , les jeunes sont les « proies » pour les intégristes de toute nature. Ce retrait présage des scenarii catastrophiques, dans la post-démocratie.

Virus et intégrisme islamique nourrissent le malaise qui accroît autant les distanciations sociales que les heurts et les assauts. Le refus d’aborder avec intelligence l’ascension de l’islam, les problématiques migratoires mais aussi la 5G, l’Union européenne...etc annonce évidemment d’autres drames.

La France ne croit plus en elle. Rappelons-nous de quelle manière la jeune IIIe République procédait pour mettre au pas les congrégations et les religieux catholiques à la veille de la loi de 1905, cette France-là, avait foi dans son avenir. Un siècle plus tard, c’est l’exact inverse, ne vivent en France que des victimes ou des minorités sous le prétexte que les critiquer nourrirait la « remontée du fascisme ». C’est la pensée unique qui est fasciste.

Cette grande déploration ou long cortège des pleureuses et pleureurs est un instantané psychologique de Français la tête dans le sable, reconduisant imperturbablement une classe politique qui la mène vers les abandons, soumis à une dictature médiatique, à la télévision toujours vénérée. Nous sommes dans un piège celui de la non-alternative: politique, économique, sociétale...etc. Ne sont-ce pas aussi des intégrismes ? d’une avant-garde post-démocratique  dans l’Union européenne du monde ouvert, sans frontières ?

L’intégrisme islamique présent n’est que la petite face émergée de l’iceberg.


Ci-dessous l’entretien très intéressant de Georges Bensoussan pour Marianne 

https://www.marianne.net/societe/laicite-et-religions/georges-bensoussan-la-responsabilite-dune-partie-de-la-presse-et-de-leducation-nationale-est-immense






Jean Vinatier

Seriatim 2020