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jeudi 19 juillet 2018

Espagne : vers la déstabilisation ?…N°4526 12e année


Le Roi Philippe VI se serait passé du scandale en train d’éclore ou d’exploser en Espagne : son père, l’ancien souverain, Juan-Carlos serait accusé de fraude fiscale par une ancienne maitresse, Corinna  Larsen, un temps l’épouse d’un prince Casimir Zu Sayn-Wittgenstein-Berleburg, antique famille du Saint-Empire Romain Germanique avec un grand-père sensible aux idées nazies et descendant de Joseph Fouché duc d’Otrante dont la descendance entrera dans la noblesse suédoise par la grâce de Charles XIV né Bernadotte !
Inutile de dire que le nouveau scandale autour de la famille royale arrive au pire moment, le roi Philippe VI croyant avoir nettoyé les écuries d’Augias par la mise à l’écart de sa sœur et laissant son beau-frère Inaki Urdangarin purger sa peine.
Son père, Juan-Carlos jouissait de l’immunité totale durant son règne, il ne l’a plus. Les faits qui lui seraient reprochés dateraient de cette période, il ne pourrait  donc y avoir de poursuite. Mais, le mal serait fait, le roi qui sauva la démocratie en février 1981 serait corrompu et libidineux. L’Espagne peut-elle s’autoriser une crise régime et même un changement de régime ? Une troisième république précipiterait l’Espagne vers la guerre civile parce qu’automatiquement, la Catalogne se séparerait entraînant le pays basque,  les Canaries, la Galice, l’armée fomenterait un coup d’Etat …etc. La seule force d’un Roi est d’incarner l’unité du fait même de sa personne couronnée et parfois sacrée.
L’Espagne se fragilise de mois en mois : le dossier catalan nullement éteint, l’affaire des enfants républicains volés à leurs familles, le transfert de la sépulture du général Franco, un premier ministre , le socialiste Pédro Sanchez, succédant à Rajoy tout en étant ultra-minoritaire à la chambre des députés et lui-même non élu qui rêve de nationaliser les biens de l’Eglise et s’ indiffère du nouveau souverain. Pédro Sanchez marche sur des œufs, son  gouvernement ouvertement bruxellois, complétement aligné en direction de Berlin est impopulaire,  des manifestations spontanées dans de grandes villes espagnoles eurent lieu.
Parfum de guerre civile comme au temps des trois guerres carlistes et de celle de 1936 à 1939 ?
Qui a intérêt à déstabiliser l’Espagne ? Corinna Larsen ex princesse Sayn-Wittgenstein-Berleburg semble proche d’Hillary Clinton. On s’interrogera également aussi le revirement de cette femme qui louangeait Juan-Carlos dans son entretien de 2013 pour Paris-Match: « une personnalité unique dans notre histoire récente. Il est le meilleur ambassadeur de l’Espagne et mérite le plus grand respect. C’est un homme charismatique mais proche des gens, très humain. »
 [….]
« J’ai le sentiment qu’on m’a utilisée pour ternir la réputation de la famille royale. Mais il ne faut pas compter sur moi pour cela. Je n’ai aucun avantage à me mettre en avant, ni d’intérêts personnels en Espagne. »
 [….]
« Comme le Roi le décrit très bien, le prince (Philippe VI) est d’une intégrité morale totale. Il a le sens de la mesure et du devoir. Quant à Letizia, elle est à l’écoute, comprend bien les problèmes actuels et a une très bonne approche des gens… Ils forment un beau couple, très uni. Leurs personnalités sont complémentaires. »

Jean Vinatier
Seriatim 2018

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lundi 16 juillet 2018

L’Europe championne du monde N°4525 12e année


Deux nations européennes se disputèrent la finale la France et la Croatie, la première renouvela son exploit de 1998 , la seconde ne  déméritant pas. Au final, c’est bien l’Europe qui peut se réjouir d’être au centre d’un ballon rond à défaut d’être au centre des affaires de la planète même si l’on nous annonce ce soir que Bruxelles ne voudrait pas tenir compte de la loi américaine dans le cas iranien. Est-ce un sursaut ou bien une posture supplémentaire ? Toujours sur ce sujet, l’Inde vient réellement de rappeler à l’émissaire de l’empereur du Potomac que New Delhi outrepasserait la loi américaine par-dessus les nations, laissant la délégation américaine abasourdie. La Turquie d’Erdogan voulait acquérir, à la fois, des F-35 américains et des missiles russes S-400, l’OTAN lui répondit qu’en qualité de membre de l’OTAN, elle ne pouvait avoir de matériel étranger (non-US). Le cas turc est plus intéressant que celui de l’Inde, car le premier est otanien : voir une puissance membre de cette alliance opter pour un armement non américain est une première qui annonce bien des troubles.
Au milieu de toutes ces conjonctures, la France a fêté dans la liesse et les débordements la victoire en finale, Emmanuel Macron frôlant l’orgasme en pleine tribune officielle. Le retour de l’équipe, si bien conduite par Didier Deschamps a donné lieu à des comportements hystériques. C’est drôle, les Français boudent les manifestations relatives au pouvoir d’achat, à la sauvegarde des acquis sociaux mais quand il s’agit d’un ballon rond, alors ils sont des millions à hurler, à gravir monuments et voitures de pompiers, à entonner des « Marseillaise ». Remarquons que le football est le seul sport à flatter de tels comportements irrationnels. On est bien loin d’une liesse, on est plus proche de l’asile. Certains craignent la récupération politique d’une telle victoire : elle se pourrait si la France était au prétexte d’un conflit avec la Croatie : est-ce le cas ? L’Elysée veillera à user de cette coupe du monde avec prudence, car le pays n’aime pas dans sa profondeur le Président . Ce ne sont pas les déhanchements d’adolescent d’Emmanuel Macron à l’étranger qui feront tomber en pâmoison les dames françaises et estomaqueront les messieurs. C’est un événement sportif rien de plus qui fait de l’Europe une championne du monde….

Jean Vinatier
Seriatim 2018

vendredi 13 juillet 2018

Union européenne ou enclume américaine ou marteau chinois? N°4524 12e année


Chaque jour est un abrutissement plus fort autour de ce Mondial de football quand le destin de l’Union européenne se joue dans le même moment.
Le déplacement de l’empereur du Potomac, The Donald, à Bruxelles les 11-12 juillet pour le somment otanien suivi d’une visite anglaise les 12-13 juillet préparant au futur traité de libre-échange du printemps 2019 et avant une rencontre le 16 juillet à Helsinki avec Vladimir Poutine que Christiane Taubira aimerait « couper en lamelles, devrait être contrebalancé par le sommet euro-chine des 16-17 juillet à Pékin.
Ainsi donc dans une courte phase, l’Union européenne, zone de libre-échange, détachée de toute identité politique et sans souveraineté assumée ressemblera involontairement quelque peu à une sorte d’empire byzantin mais sans césaro-papisme, ni porphyrogénète, sommée de se définir alors même que l’affrontement sino-américain passera forcément sur notre sol.
Sur le sol européen, Donald Trump sait très bien ce qu’il fait en brusquant l’Allemagne d’une chancelière finissante, par ses quelques claques dans le dos d’un Macron éberlué, en louant les pays de Visegrád, il les jauge et les soupèse sans délicatesse aucune. En exigeant de l’Union européenne un investissement financier plus grand dans le budget de l’OTAN, il copie Margaret Thatcher célèbre par son « I Want my money back ». Mais cette exigence est un peu un jeu de poker-menteur. Ce qui compte pour Donald Trump s’est de tenir la « tête » européenne et de brider l’ambition chinoise. A cette fin, en imposant le débat budgétaire de l’OTAN, le Président Trump concédera un peu au fur et à mesure que les pays de l’Union européenne promettront de ne pas signer d’accords dans des domaines précis avec la Chine. Il sait également qu’en érigeant l’Allemagne en puissance conductrice favorable à la Russie, il ment avec effronterie : Berlin étant le porte-étendard avec Paris de la russophobie.  Il escompte, aussi, accroitre le ressentiment des autres pays de l’Union vis-à-vis de l’Allemagne et puis, surtout, voudra-t-il avoir l’exclusive de la relation avec Vladimir Poutine à Helsinki le 16 juillet qu’il estime être « un concurrent pas un ennemi ». Entre-temps, l’escapade anglaise, sera pour Donald Trump d’acter le début des négociations pour le traité de libre-échange avec le Royaume-Uni, une fois le Brexit acté au printemps de 2019 : un bon coup pied de l’âne à Bruxelles. Depuis sa façade Atlantique, l’Union européenne est-elle déjà dans une tempête géopolitique, géostratégique que guide le Président américain avec la complicité de Londres. En se rendant à Pékin, l’Union européenne sera sans force ni puissance face à une nation ambitieuse, protectionniste et xénophobe qui n’est pas sans rappeler d’ailleurs la présente politique américaine sous couvert d‘isolationnisme. L’Union européenne ne dispose pas d’une alliance de contre-point celle avec les Etats-Unis étant une sujétion, celle avec la Chine une illusion. Si Bruxelles avait eu l’intelligence de nouer avec la Russie une relation, elle disposerait tant du côté chinois que du côté américain d’arguments, Moscou devenant une base arrière stratégique tant vers l’Asie que vers les Etats-Unis et offrant, aussi à Vladimir Poutine une capacité manœuvrière vis-à-vis de Pékin et de Washington. Bruxelles, faute d’articuler la moindre alliance n’étant pas une puissance souveraine et n’ayant jamais vue la politique comme un but, la capitale de l’Union européenne est un duty-free par lequel tout migre !
Ces journées de juillet mettent l’Union européenne complétement à nue, elle est quasiment « ville-ouverte ».


Jean Vinatier
Seriatim 2018

mardi 10 juillet 2018

Macron ou le congrès pot-pourri N°4523 12e année


Depuis le quinquennat de Nicolas Sarkozy et plus encore, à partir du mandat de François Hollande, la Présidence française se limite à deux choses : la réduction des acquis sociaux et la réforme sociétale. Pour la réforme sociétale, nous eûmes le mariage pour tous, avec Emmanuel Macron, nous aurons la PMA, son successeur n’aura plus que la GPA avant que des transgenres n’envahissent la scène.
Dans cette coquille vide qu’est devenue une Présidence de la République, le congrès conçu comme un acte de puissance politique devient une pièce de théâtre difficile à scénariser qui indiffère l’opinion publique déjà happée par le Mondial de football….
Le thème retenu par Emmanuel Macron était donc l’établissement d’un Etat-providence du XXIe siècle, où l’assurance sociale ferait place à une protection sociale. Jacques Chirac, le premier avait usé de la fracture sociale pour reconquérir des Français déjà blasés, et ce à quoi nous assistâmes à Versailles ne fut qu’une répétition de genre qui y croit.
Emmanuel Macron, mis sur orbite par une conjuration d’opulents, élu par défaut, doté d’une majorité elle-même très minoritaire en voix, sa Présidence est toute de cristal. Ayant passé une année à sillonner la terre à rencontrer celles et ceux qui comptent, les articles louangeurs du début de cette navigation présidentielle, sont désormais critiques son échec à l’international est patent, de même qu’en Europe, son axe politique majeur !
La popularité d’Emmanuel Macron est aussi faible que celle de son prédécesseur. Quant à la « croissance » source de toute une rédaction de propagande vantant ses miracles et aptitudes, il a eu un vent favorable. Si le climat des affaires a connu une embellie qui a, désormais atteint son point culminant, celui-ci n’a pas été nourri par des événements et des actes nous préparant à des matins moins radieux.
Emmanuel Macron sans adhésion ni nationale, ni sociale, jouissant seulement de la faiblesse et du désordre des oppositions, a connu ces mois de grâce ou d’apesanteur. Désormais, il amorce la descente et veut éviter l’avalanche.
Rebondir sur l’Etat-providence qui sent bon les idées socialistes d’il y a presque un siècle alors qu’Emmanuel Macron est un ultra-libéral ou mondialiste comme le conçoivent des cercles anglo-américains, est déjà une comédie. Son équipe a trouvé une expression de gauche qui ne rebute pas une partie de la droite, alors le Président entonne son toujours trop long discours. L’Etat-providence versus Macron se veut universel ce qui le rend moins crédible encore. Faute d’arguments, et parce qu’il fallait bien trouver une issue de sortie sur la question des immigrants ou migrants le Président n’a plus qu’à opposer les nationalistes aux progressistes dont il est, par la parole, le chevalier pourfendeur. Associer dans le même discours un Etat-providence qui n’assurerait plus mais protégerait seulement et la problématique migratoire, ne tient pas. Il occupe quelques instants, donne apparemment des gages sans modifier d’un iota un congrès très pot-pourri.


Jean Vinatier
Seriatim 2018

vendredi 6 juillet 2018

Metternich l’homme d’avant mars 1848 N°4522 12e année



Luigi Mascilli Migliorini,  le grand spécialiste italien de l’époque napoléonienne, met en perspective dans cet ouvrage, le prince de Metternich (1773-1859) sur deux plans : premièrement, en qualité de père du congrès de Vienne qui  voudra clore la période révolutionnaire (1789-1815)  et tenter d’établir en Europe un nouvel équilibre entre les puissances lequel durera cahin-caha jusqu’en 1914 ; secondement, l’homme politique qui dirigera l’empire austro-hongrois une bonne trentaine d’années jusqu’en 1848.

Le futur prince de Metternich est né dans une famille de bonne noblesse rhénane au service de la maison de l’Auguste Maison  de Habsbourg. Il est formé, à Strasbourg, à la très réputée école diplomatique de Jean-Daniel Schoepflin d’où il  assistera médusé aux troubles révolutionnaires suite à la nouvelle de la chute de la Bastille. Le saccage des bâtiments, les violences physiques le marqueront à jamais : il abominera le désordre qui remet en cause ce qui est pour lui la légitimité. Marié à une nièce du prince de Kaunitz, le très écouté ministre de feue l’impératrice Marie-Thérèse, il deviendra l’homme de confiance du jeune empereur François II (1768-1835), dernier souverain du Saint-Empire romain germanique et premier de celui de l’Autriche-Hongrie en 1804.
Le prince de Metternich n’est, cependant pas, un homme obtus, habité par la nostalgie. Il a bien vu et vécu l’Europe napoléonienne dans leurs bouleversements, sociaux et géopolitiques. Mascilli Migliorini insiste bien sur son dépit de voir les Bourbons revenir en France, à Parme, à Naples les jugeant hors temps et sans adhésion populaire. C’est la nouveauté de ce début du XIXième siècle la légitimité détachée du divin, n’est plus reconnue qu’avec l’onction nationale.
Metternich, préoccupé par la pérennité de la maison de Habsbourg privée de la Couronne du Saint Empire germanique, focalise son attention sur  l’espace germanique redoutant une mainmise prussienne appuyée par la Russie. Sa double idée politique sera premièrement de former une sorte de fédération qui reconnaitrait à l’Autriche-Hongrie une prépondérance en Allemagne du Sud, en Italie jusqu’aux domaines pontificaux ; secondement d’irriguer l’Europe  post-1815 par une quadruple alliance (Autriche, Royaume-Uni, Prusse, Russie), que  les troubles révolutionnaires à Naples et en Espagne dans les années 1820, quoique matés, mettront à mal.
Depuis Vienne, il sera un conservateur modernisateur du jeune état autrichien, dépassé par l’Europe romantique et le printemps des peuples qui le balaieront d’un coup en mars 1848. Chassé du pouvoir, le prince de Metternich gardera par devers lui cette image de l’homme du passé. Il a tenté de concilier un ordre européen avec la légitimité des souverains, de gommer autant que ce peut la tempête révolutionnaire française par un concert entre les puissances, d’assurer à l’Autriche-Hongrie une place européenne incontournable alors même que se levait de nouvelles identités nationales Italienne, Prussienne.
Cet ouvrage de qualité, très riche n’est pas une biographie mais une présentation détaillée de l’homme politique Metternich. On regrettera un livre parfois touffu, notamment dans les six premiers chapitres. Cette abondance pour illustrer la personnalité intéressante et profonde du prince de Metternich découragera-t-elle un lecteur plus curieux que féru ?

Mascilli Migliorini (Luigi) : Metternich, Paris, CNRS éditions, 2018, 27€
Jean Vinatier
Seriatim 2018