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mardi 22 octobre 2019

« L'Europe centrale, le sismographe de l'histoire européenne par Antoine Marès » N°4677 13e année

Antoine Marès est un historien membre fondateur du Centre d'étude de l'Europe médiane, spécialiste de l'histoire contemporaine des pays tchèques. Il a été directeur du Centre français de recherche en sciences sociales de Prague (CEFRES) et a enseigné à l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), Il est, depuis 2004, titulaire de la chaire d'histoire contemporaine de l'Europe centrale à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne et enseigne au magistère de Relations internationales et action à l'étranger (MRIAE). 
  Jean Vinatier 
Seriatim 2019

« Tirage au sort pour le climat, le crépuscule de la raison par André Bellon » N°4676 13e année


« Le Président de la république a décidé que les mesures à prendre pour lutter contre les dérèglements climatiques seraient proposées par 150 citoyens tirés au sort. On peut s’étonner qu’une telle décision ait été prise sans susciter plus de réactions : ignorance, lassitude, acceptation béate devant les dangers ? Vous trouverez ci-dessous quelques réflexions sur ce sujet. »


« Le monde est fou, la planète brule. Et, comme toujours devant les dangers et les peurs, se dressent des prophètes, chacun porteur de la solution miracle. Apparemment, rien ne nouveau sous le soleil. Tous les apprentis dictateurs ont toujours expliqué qu’ils demandaient le pouvoir absolu pour résoudre des dangers auxquels le peuple ne sait pas faire face.
La nouveauté vient en fait de la méthode. Car les nouveaux sauveurs suprêmes prétendent, par des biais bizarres, incarner le vraie démocratie. Le détour utilisé pour réaliser ce tour de force est l’idéalisation du tirage au sort, censé remplacer une démocratie en trompe l’œil par la seule vraie.
Le Dieu hasard contre la raison
L’histoire commence il y a déjà quelques décennies par une propagande magnifiant le système grec qui, aux dires d’historiens du dimanche et de philosophes d’opérettes, choisissait les responsables par le tirage au sort. Remarquons simplement que ce système, d’ailleurs pratiqué entre les seuls citoyens les plus aisés, excluant les femmes et les esclaves, ne tirait au sort que les responsables de postes secondaires, souvent temporaires, alors que les responsables militaires et financiers étaient, pour leur part, élus. L’objectif de cette réécriture de l’Histoire est surtout de déconsidérer le suffrage universel, traduction politique de la pensée humaniste.
On ne saurait, cela étant, se contenter de se moquer de ce stratagème car il reflète la profonde crise de la démocratie représentative. Les députés ne représentent plus les citoyens. De plus en plus enserrés dans les partis auxquels ils doivent souvent leur carrière et même leurs revenus, ne rendant de comptes qu’aux membres de l’exécutif, tout particulièrement au Président de la République qui désigne la plupart d’entre eux, ils ne sont soumis à une sanction populaire que tous les 5 ans, à l’occasion de leur renouvellement. L’idée de sélectionner n’importe qui par le hasard apparait alors comme un moindre mal à tous ceux qui ne veulent pas se battre pour reconstruire une vraie démocratie. Ainsi, une certaine classe dirigeante joue-t-elle sur deux tableaux. D’abord, elle déconsidère le principe de la souveraineté populaire, ensuite, elle se propose de remettre elle-même la démocrate sur pieds dans son propre intérêt.
La chose est légitimée et amplifiée par des rhétoriciens officiels qui, se présentant comme garants de ce qu’ils appellent le « bien commun », passent leur temps, avec l’aide de médias complaisants, à critiquer le suffrage universel. On peut multiplier les exemples : prenons celui de Thierry Pech car celui-ci, après avoir été, en tant que directeur général de Terra Nova, une des coqueluches d’un PS en perpétuelle trahison, semble être en odeur de sainteté dans les lambris du nouveau pouvoir. Sur France Culture, le 5 novembre 2018, il avait déclaré que « les populismes à l’œuvre reposent sur une absolutisation du suffrage. Ni Bolsonaro, ni Orban, ni Poutine, ne sont le produit d’autre chose que des élections. Mais, en dehors de ça, ils n’ont pas de légitimité, ni à la presse, ni aux corps intermédiaires, ni à la justice ». Un positionnement charmant, à mi-chemin entre la naïveté et le totalitarisme ; une manière désarmante de confondre les effets et les causes au profit d’un totalitarisme tranquille. Notons l’énormité du propos : la légitimité ne vient pas des urnes, elle vient des médias ou des corps intermédiaires.
Pas si naïf que cela finalement lorsqu’on découvre que le fameux Thierry Pech est, avec Laurence Tubiana, un des deux coprésident du « comité de gouvernance » de la Convention citoyenne pour le climat lancée début octobre.  A bas la souveraineté populaire, vive les nouveaux conseillers des princes !
Un zoo humain de la démocratie
Instructive initiative que cette convention ! Née de la volonté suprême d’Emmanuel Macron à l’issue du « grand débat », elle a commencé ses travaux. 150 personnes tirés au sort a partir des annuaires électroniques (pourquoi pas les listes électorales ?) sont rassemblés au palais d’Iéna où ils travailleront pendant 6 week-end. Ils doivent produire des textes de loi visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Nous passerons sur les surprises heureuses du sort : il semblerait que le doigt de la chance se soit posé sur Cohn Bendit, mais qu’il aurait refusé.
Nous noterons au passage que 30% seulement des tirés au sort ont accepté ce don du ciel, du moins dans un premier temps. Peut-être faudrait-il s’intéresser aux raisons du refus des autres ! Mais la question principale n’est pas là. Elle est de savoir en quoi 150 citoyens tirés au sort sont en capacité de représenter plus de 60 millions de citoyens. Les responsables de l’opération nous précisent qu’on a choisi ces porte-flambeaux en tenant compte de l’âge, du sexe, des catégories socioprofessionnelles, … Remarquons que ce discours signifie, contre maints exemples contraires, que les positions sociales déterminent les options politiques. N’y a-t-il pas des ouvriers réactionnaires et des ouvriers progressistes ?
Mais surtout, en quoi un tel machin est-il plus pertinent qu’un processus basé sur la confrontation générale des idées et la sélection électorale des porte-paroles ? En quoi est-il plus juste, plus adapté aux défis du moment, que l’élection au suffrage universel d’une Constituante partant des communes avec débat local de tous les citoyens et cahiers de doléances ? Pensera-t-on, suivant en cela l’originalité de Thierry Pech, que ce panel permet un rapport direct à la presse ou aux corps intermédiaires et devient, du ce fait, plus démocratique ? On ne s’étonnera donc pas de voir les journalistes mettre en avant, parmi les tirés au sort, quelques personnages hauts en couleur et dont la verve permet une légitimation médiatique. Sur le fond, ça ne mange pas de pain. Les plateaux télé ont mis en valeur l’effet anesthésiant des « bons clients » qui s’expriment façon micro-trottoir.
Car, finalement, ce sont les médias qui maximisent les effets de cette nouvelle martingale. En observant ses membres comme s’il s’agissait d’un zoo humain, ils en font un récit édifiant au service de la pensée dominante.
Le miracle de l’expert
Encore plus fort dans le tour de passe-passe ! Non seulement les sélectionnés sont supervisés par deux coprésidents dont personne ne songeraient à penser qu’ils n’ont qu’un rôle d’observation, mais encadrés par douze « pilotes » dont on ignore les critères de sélection. Et ce n’est pas tout : Pour aider à leur travail, les tirés au sort bénéficieront de « fact-checkers », d’« experts » du climat, de la société civile et des acteurs politiques pour « décrire la situation, les enjeux et les obstacles à la lutte contre le changement climatique ». Un comité d’experts juridiques aura de plus pour tâche de « traduire leur volonté en termes juridiques ». Bigre ! C’est vrai que les citoyens sont mieux encadrés que lors des élections où, si l’on en croit nos spécialistes de la « démocratie participative », ils sont tentés par les « dérives populistes ». On voit d’ailleurs mal en quoi cette débauche d’intervenants n’aurait pas son mot à dire dans le cadre d’un processus électoral quelconque si le débat public est respecté.
Mais revenons à la question de savoir pourquoi ils sont ainsi rassemblés. Eh bien, ils doivent répondre à la question « Comment réduire d’au moins 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, dans une logique de justice sociale » ? Et pour aider à leur réflexion, ils se verront dresser un « état des lieux problématisé de l’action en France » et seront éclairés sur les « leviers et points de blocage »
Pourquoi diable une telle usine à gaz ? L’artiste Cyril Dion, un de nos nouveaux prophètes, nous apporte la réponse dans We demain le 12 août 2019 : « Se pose aussi le problème de l'opinion… Les politiques se réfugient toujours derrière cet argument, qui est une réalité politique : ils ont besoin de contenter la majorité pour être réélus. C’est le problème de la démocratie représentative : c’est un modèle qui ne convient pas à l’urgence. C’est pourquoi il faut permettre aux gens de délibérer, en leur donnant tous les tenants et les aboutissants des problèmes ». Cette stupéfiante déclaration peut se résumer ainsi : arrêtons de demander aux citoyens leur avis, nous (traduisez par « lui-même ») savons mieux qu’eux quelles sont les bonnes questions. Le peuple est ignorant et mesquin et, entrainé par de petits intérêts, il ne saurait faire face aux défis du moment. Pourquoi, direz-vous, créer alors, par tirage au sort, une sorte d’Assemblée en réduction ? Parce que  l’irruption du monde médiatico-artistique comme guide du peuple a besoin d’être légitimé par une assemblée Potemkine, non pas exempte des « petits intérêts », mais évidemment plus facile à contrôler.
La chose n’est pas limitée à la question climatique en France. Les moines guerriers du tirage au sort expliquent a tirelarigot que les expériences positives font florès et que l’exemple de l’Irlande, à partir de 2009, est particulièrement symbolique. Or, s’il est vrai qu’une telle assemblé citoyenne a existé en Irlande, elle a essentiellement mis en avant deux questions, le droit à l’avortement et le mariage homosexuel. Remarquons que l’apparition de ces sujets n’est pas vraiment une originalité et que leur légalisation a été obtenue par référendum, c’est-à-dire par le suffrage universel. En fait, le tirage au sort est un subterfuge pour légitimer la remise en cause de la volonté populaire, tout particulièrement par la sélection préalable des questions acceptables par le système économique dominant. Là encore, au lieu de ce biais bizarre, il aurait été plus simple d’accepter de poser la question de la légitimité de la représentation nationale et, éventuellement, d’un référendum d’initiative populaire, toutes choses qui demandent de remettre en cause les institutions dans un souci réellement démocratique fondé sur le suffrage universel. Cet objectif demande l’appel au peuple tout entier et non à un panel contrôlé par des personnalités miracles.
La fatuité de l’inculture
Mais nos nouveaux apôtres ne veulent pas de ce recours car, comme l’explique Cyril Dion, « si on dit aux gens qu’il faut réduire le nombre de véhicules de 50 %, arrêter de consommer, arrêter de prendre l’avion sur les lignes intérieures, arrêter de manger de la viande… Ils ne vont pas être d’accord ».  A sa suite, le climatologue François-Marie Bréon clame, dans Libération du 29 juillet 2018, que « Les mesures qu’il faudrait prendre seront difficilement acceptées. On peut dire que la lutte contre le changement climatique est contraire aux libertés individuelles et donc sans doute avec la démocratie. » quand, de son côté, l’astrophysicien Aurélien Barreau, tout en admettant que, face aux questions climatiques, il ne prétend pas « avoir les solutions car il y a des experts bien plus compétents pour ça », explique dans l’express du 10 octobre 2018 qu’i faudra prendre des « mesures coercitives, impopulaires, s'opposant à nos libertés individuelles ». L’irruption soudaine de Greta Grumberg est alors particulièrement opportune pour supprimer nos principes démocratiques et nos valeurs humanistes. On dira que, de tous temps, sont apparus des prophètes face aux grandes crises. Mais Bernadette Soubirou n’était pas invitée à l’Assemblée nationale. Ceci explique-t-il la relative complaisance des pouvoirs publics face aux blocages d’Extinction Rébellion qui ne peuvent qu’étonner comparés à la répression violente menée contre les gilets jaunes. Mais sans doute un Cyril Dion expliquera-t-il qu’il y a d’un côté le bien et d’un autre le mal.
Rien ne prouve, et surtout pas les gilets jaunes, que les gens sont hostiles par principe aux contraintes écologiques. Ils veulent en revanche qu’elle soit juste. S’exercera-t-elle, par exemple, sur les gourous du tourisme de masse ou sur les grands industriels ? Ne doit-on pas voir tout simplement, dans la volonté antidémocratique des nouveaux tribuns, un appui silencieux, peut-être inconscient, à l’émergence d’un capitalisme vert ? Celui-ci est d‘autant plus totalitaire et hostile à tout contrat social qu’il est porté par la bonne conscience et par une marche vers la servitude volontaire.
Le monde traverse une crise profonde, climatique certes, mais aussi philosophique, sociale et géopolitique. La solution n’est évidemment pas simple. Vouloir la régler par la coercition n’est pas un choix d’efficacité, mais un choix philosophique. La question légitime de savoir quel est l’avenir de la planète ne saurait en aucune façon nier celle de l’avenir de l’Humanité.
Les plaisantins qui se réfèrent toujours à Rousseau devaient rappeler qu’avant tout, celui-ci se réfère à la volonté générale, c’est-à-dire à la souveraineté populaire. L’intérêt général n’est pas l’apanage de quelques-uns, mais situé au-delà de tout intérêt particulier.
L’individu doit être un individu responsable, libre et conscient. Il ne s’agit pas de laisser l’humain survivre sous un gouvernement mondial sans contrôle des citoyens. Faute de quoi, nous aurons réussi la prophétie de George Orwell lorsqu’il faisait dire à Big Brother : « Tant que votre but sera de rester vivants, non de rester humains, rien ne changera. Mais, à la qualité d’êtres humains, vous avez préféré celle d’êtres vivants, vous confinant ainsi dans un éternel présent et vous assurant que je serai toujours là. Ne vous en plaignez pas ».

Source :


Jean Vinatier
Seriatim 2019

Stéphane Courtois autour de la politique de Staline : 1939-1953 N°4675 13e année

Le pacte germano-soviétique. Les enjeux et les causes d’un partage De Gaulle, Giraud, Thorez dans le jeu de Staline 1953-1956, l’impact de la « déstalinisation » en Europe centrale et orientale Jean Vinatier Seriatim 2019

Chili, Equateur, Liban : les émeutes Gilets jaunes N°4674 13e année


Entre le Brexit, la Syrie, Bruxelles et la Catalogne, les médias prirent peu d’intérêt à commenter les ires populaires très Gilets jaunes au Liban, au Chili, en Equateur dès les annonces des augmentations des taxes connues. Comme en France en novembre 2018.
Les émeutes en Amérique du Sud, en Orient sont une piqure de rappel, d’ici peu les Gilets jaunes de France célébreront leur premier anniversaire : déjà douze mois. Et pourtant, il manque toujours cette convergence entre les colères : les agriculteurs manifestent pour la seconde fois mais aucun n’a jugé bon de se revêtir du Gilet jaune…..
Il suffirait de si peu…..

Jean Vinatier
Seriatim 2019


Espagne : le charmant discours de la princesse des Asturies N°4673 13e année

Un moment de grâce et d’innocence loin des humeurs catalanes…
L’Infante Leonor est une princesse fort jolie que Velazquez aurait peinte avec plaisir….
Rappelons aussi que son père, le Roi d’Espagne Felipe VI est un Bourbon, Il est donc aussi de France. Jean Vinatier
 Seriatim 2019

dimanche 20 octobre 2019

Brexit : les trois lettres de BoJo N°4672 13e année

Après l’adoption de l’amendement du député conservateur Letwin, le vote du Brexit est reporté sine die. Le Premier ministre Boris Johnson a fait trois lettres : Dans la première, il demande à l’Union européenne de différer le Brexit. Dans la seconde, il souligne que cette demande émane du Parlement et non du gouvernement. Dans la troisième, il écrit son désaveu du contenu de la première lettre et rappelle son opposition à tout report. En résumé, Boris Johnson demande à Bruxelles de ne pas accorder de dérogation et adresse au Parlement un avertissement sur la crise dont il aurait à assumer les conséquences devant les électeurs. Nul ne sait comment les jours à venir se dérouleront mais face au blocage que les Communes cautionnent et entretiennent, les plus opposés au Brexit essaieront d’imposer un second référendum mais n’y parvenant pas voteront pour des élections législatives ou parce qu’à la demande du Premier ministre la Reine les renverra : « gentlemen go home ». Il reste une troisième hypothèse celle où le monarque lui-même entre aux Communes et leur annonce sa dissolution, cela se produisit sous Charles II. Pour l’heure, le Premier ministre tient, en dépit de tous les obstacles et combinaisons, à parvenir au Brexit, avec ou sans accord en toute légalité. A cet égard, on remarquera que Boris Johnson agit et procède comme Donald Trump. 
Bande annonce (BBC) : « Charles III dissolved parliament » Jean Vinatier Seriatim 2019

vendredi 18 octobre 2019

La pathocénose par Joël Coste N°4671 13e année

« Joël Coste, professeur des universités-praticien hospitalier de biostatistique et d’épidémiologie à l’université Paris Descartes et directeur d’études à l’École pratique des hautes études, donne une conférence intitulée « La pathocénose » dans le cadre du cycle « Du rare à l’unique ». 
Les souffrances et les maladies représentent des aspects essentiels de la vie humaine et occasionnellement des facteurs historiques de première importance. Les grands fléaux, les grandes épidémies, mais aussi les maladies supportées quotidiennement par l’homme méritent de ce fait une attention sérieuse de l’historien. 
 Parmi les concepts permettant d’expliquer la présence et la dynamique des maladies, les phénomènes d’émergence ou de résistance de certaines d’entre-elles, celui de pathocénose, forgé en 1969 par l’historien Mirko D. Grmek, directeur d'études à l'École pratique des hautes études en histoire de la médecine et des sciences biologiques (1973-1989), est du plus haut intérêt.
Elaboré à partir du constat qu’« on ne peut faire l’histoire des maladies de façon exhaustive en prenant en considération maladie par maladie mais qu’il faut tenir compte de l’ensemble des maladies et de leurs rapports », le concept de pathocénose permet, par exemple, d’expliquer l’alourdissement du fardeau des maladies chroniques au XXe siècle, d’éclairer la mortalité de la grippe espagnole de 1918 ou l’émergence du Sida dans les années 1980, ou encore de rendre compte des relations de la drépanocytose, des thalassémies et du paludisme dans le temps long de l'histoire"  

Source: 
http://www.chartes.psl.eu/fr/actualite/pathocenose 

Jean Vinatier 
Seriatim 2019

Catalogne & Espagne : vers la grande coalition : PSOE/PP ? N°4670


Les violentes manifestations catalanes font suite à la sentence sévère prononcée contre des chefs indépendantistes et ce à quelques semaines des élections législatives, la quatrième en quatre ans.
L’entrée sur la scène barcelonaise de militants basques pourrait indiquer un possible développement de la contestation au nord de l’Espagne avec une réapparition de l’ETA. Ô hasard,  le Roi, Felipe VI, et l’Infante Leonor font un déplacement dans les Asturies…..
S’agissant des manifestations catalanes et de leur impact sur la campagne électorale, la détermination du premier ministre socialiste Sanchez (PSOE) est calculée : plus il sera ferme plus il consolidera son électorat, le partido popular le pousse, à escient, espérant qu’il se décide à négocier et donc à se montrer plus flexible. Tous les partis espagnols sont quasiment unis sur le cas catalan y compris Podemos. Ni la Guardia civil, ni l’armée ne permettront la moindre sécession : quand bien même, il y aurait des victimes.
Les sondages indiqueraient qu’au soir du 10 novembre, aucun parti ne serait en mesure de gouverner seul, ni l’union de tous les partis de gauche, ni l’union des partis de droite ne permettraient d’atteindre la majorité absolue (176 sièges) d’où l’idée avancée d’une possible grande coalition entre le PSOE et le PP sur le modèle germanique. Si les deux grands partis s’entendent sur l’économie libérale, l’Union européenne, ils se heurtent frontalement sur le cas Franco. Le Premier ministre Sanchez voulant masquer ses lois libérales a cru bon en ordonnant le déplacement de la sépulture de Franco de donner des gages aux anciennes victimes lesquelles sont socialistes ou communistes. Le PP est vent debout contre cette décision. Une grande coalition ne pourrait se faire que si l’un des deux renonçait : à l’heure actuelle, c’est improbable.
L’Espagne se dirige donc vers un nouveau gouvernement minoritaire avec à la clef une nouvelle consultation électorale d’ici un an dans un royaume mi faible mi hargneux… 
Quant aux indépendantistes catalans, l’Union européenne ne bougera pas le petit doigt, Emmanuel Macron, un expert référant dans la dureté des répressions, l’a clairement exprimé et n’a été contredit par aucun autre chef d’Etat ou de gouvernement de l’Union ce qui ne les empêche pas d’avoir très très vaguement des yeux de Chimène pour les Hongkongais.


Jean Vinatier
Seriatim 2019



Sources:

jeudi 17 octobre 2019

Il était une fois le sexe…..N°4669 13e année

L’histoire nous le dira est une chaine Youtube au ton plaisant. Son auteur, Laurent Turcot, est un historien québécois. Il est l’auteur notamment du « (Le) promeneur à Paris au XVIIIe siècle, aux éditions Gallimard »
 Le sexe au Moyen-âge - Nota Bene #29 Homosexualité, bisexualité et bestialité à la Renaissance - L'Histoire nous le dira #53 Pratiques sexuelles des comédiens du XVIIIe - Nota Bene #31 Jean Vinatier 
Seriatim 2019

Macron gaze les pompiers, Philippe met le voile et vote bioéthique N°4668 13e année



Jusqu’à présent les pompiers étaient caillassés par des voyous, maintenant ils sont gazés par la police !  
La police et les CRS et les gardes mobiles affirment faire du maintien de l’ordre lors des manifestations. Il apparait de plus en plus qu’ils veillent moins au bon déroulement des manifestations qu’à écraser le mécontentement public, ce n’est pas la même chose !
Les pompiers, professionnels et volontaires, ont défilé tranquillement dans les rues de Paris, il a suffi que quelques-uns d’entre eux veuillent aller sur le périphérique pour qu’aussitôt se déchaîne une réaction policière qui ne sait plus depuis les Gilet jaunes être dans la mesure et le respect du droit à manifester. Bien évidemment, le gazage des pompiers a fait éclater le cortège et un petit groupe se retrouva près de l’Assemblé nationale. Arrivé devant le Quai d’Orsay, je demandais aux motards (un homme, une femme) ce qui se déroulait : l’homme me dit que « c’était la guerre », quand la femme disait que « c’est dingue, maintenant tout prend une grande propension ». Le jour où la guerre surgirait, je ne sais pas si ces deux motards seraient des combattants !
Les Français, très attachés aux pompiers (militaires, volontaires, professionnels) tout comme aux urgentistes, infirmiers et médecins n’oublieront pas de sitôt de quelle façon ces hommes laissés sur le bas-côté par la présidence Macron ont été réprimés et humiliés.
Au même moment, l’affaire du voile déclenché par Julien Odoul, élu du RN en Franche-Comté, a remis sur le tapis la fameuse laïcité. Telle que celle-ci existe depuis 1905, elle était, jusqu’à présent, parfaite.
Le pouvoir a voulu la détricoter sous le prétexte d’une incompatibilité entre laïcité et la religion musulmane en France. C’est aux Français musulmans de satisfaire à la laïcité et non le contraire.
Si la République En Marche n’avait pas bondi dessus pour dénoncer une islamophobie, l’affaire en serait restée là. Mais nous eûmes Pandore! L’Elysée renonça à intervenir se contentant de rappeler que les « amalgames » pouvaient être une source de « guerre civile ». Il est bien imprudent d’évoquer une « guerre civile » quand le pays est en proie à une violente crise générale allant du social à l’identité.  
Pendant ce temps, l’Assemblé nationale votait, en première lecture, la loi bioéthique qui autorisera notamment la PMA pour toutes et dont on retiendra que certains députés de la majorité présidentielle se flattaient de la disparition du père. Ces élus verront dans un proche avenir leur joie redoublée quand la GPA sera légalisée (elle le sera) actant, aussi, la disparition de la mère. Il n’est pas à exclure que des femmes progressistes ne voudront plus « porter en enfant » et jugeront plus commode de louer un ventre par mél. Ni père, ni mère, l’enfant sera déraciné, c’est dire demain la félicité générale et l’opulence des psychiatres !
Pendant que certains Etats de l’Union européenne font une course à l’échalote à qui  fera le plus de lois sociétales progressistes que l’on ose appeler « éthique », tout autour de notre continent, se lèvent bien des forces redoutables. L’actuelle présidence est assez semblable à ces byzantins, dit-on, qui discutaient du sexe des anges quand les Ottomans mettaient le siège devant Constantinople……
Pompiers, voile et bioéthique, le feu est là….

Jean Vinatier
Seriatim 2019