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mardi 24 novembre 2020

Qu’est-ce qu’une nation en Europe ? Anceau/Temple N°5027 14e année

« Le 11 mars 1882, Ernest Renan prononce en Sorbonne une conférence demeurée célèbre parce qu’il y définit ce qu’est une nation. Historien, professeur à la Sorbonne et à Sciences-Po Paris, auteur de nombreux ouvrages sur le Second empire, Éric ANCEAU a repris la question face à la remise en cause des nations par les partisans de la supranationalité européenne et par les apôtres de la mondialisation. En compagnie d’Henri TEMPLE, spécialiste de droit économique et de philosophie politique, notre invité a dirigé la publication d’un ouvrage collectif que tous deux veulent bien nous présenter : Qu’est-ce qu’une nation en Europe ? Des historiens, géographes, économistes et philosophes s’interrogent sur le destin des nations au XXIème siècle, sur leurs capacités de résistance et sur leur dynamisme propre. Vraiment « dépassées », les nations ? » Jean Vinatier 
Seriatim 2020

 

Darmanin, Hidalgo : les identitaires progressistes ? N°5026 14e année

 Clash contre les Verts par Anne Hidalgo au nom de la laïcité, clash pro-police en faveur d’un électorat de droite par Darmanin, deux épisodes de la vie politique avec pour horizon commun, l’élection présidentielle de 2022.

Gérard Darmanin étoile montante qui se veut astre plus solide que Bruno Lemaire sans que cela n’attire, apparemment, le courroux d’Emmanuel Macron, est un indicateur supplémentaire que le prochain quinquennat aura pour porte-drapeau des références d’ordre et de sécurité. Le déménagement immédiat du campement de migrants afghans place de la République est un exemple de plus de la communication que le gouvernement et le ministre de l’Intérieur veulent affirmer. Pour un électorat conservateur, un manifestant est d’abord de gauche ou un marginal donc l’article 24 ne le concerne pas. Cet électorat s’aveugle mais pour l’instant il sera sensible à cette énergie dont il se croira épargnée.

Anne Hidalgo profite d’un incident technique lié au vote en faveur d’un nom de rue ou de place Samuel Paty pour dénoncer les Verts qui ne seraient pas clairs avec la laïcité. Ou bien Anne Hidalgo n’a pas digéré les démissions de Christophe Girard, de  Pierre Aidenbaum l’ex-maire du IIIe arrondissement puis maire-adjoint en charge de la Seine sous les assauts d’élus écologistes dont Anne Coffin et tente de provoquer une scission parmi eux ou bien elle veut par cette offensive et quelques jours après l’annonce de la candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle poser sa stature de femme de gauche garante des principes républicains et discrètement se glisser dans une robe identitaire mais progressiste.

Du côté présidentiel, il s’agit en laissant éclore Gérard Darmanin, précipitamment marié pour taire les affaires sexuelles qui restent tout de même des braises sous ses pieds, d’empêcher les Républicains, non pas de se choisir un candidat mais d’en retenir un qui ne puisse pas faire grand-chose hormis être un réservoir de voix pour le second tour. L’autre ministre Bruno Lemaire peu discret dans son appétit, est affecté à la même tâche en s’attachant les commerçants, autre réservoir électoral.

Du côté de l’Hôtel de Ville, il s’agit pour la maire de rassembler la gauche et d’abord éviter toute autre candidature socialiste donc celle d’Arnaud Montebourg qui lui aussi a pris des accents identitaires. L’on sait que les Verts ne sont pas un corps uni : vert urbain, vert rural, progressismes sociétaux en concurrence, des naturels pour la dispute avec cette originalité rare de mettre en difficulté leurs dirigeants. Ils disposent, cependant, d’une fenêtre médiatique considérable au vu des problématiques climatiques très réelles. Il s’agirait donc pour la maire en quelque sorte de les « laïciser » ce que pourrait faire croire une communication spécifique.

L’arrivée de Joe Biden au pouvoir est déjà marquée de plusieurs signes intéressants : sans vergogne son équipe reprend des thèmes politiques de Donald Trump y compris en protectionnisme. Quoique que les rivaux de Donald Trump aient pu dire, ils comprennent que la grande erreur faite en 2016 ayant été de ne pas considérer l’identité nationale comme un marqueur, ils veilleront à bien la reprendre mais en lui donnant un sens progressiste. Tout en poursuivant les décontructions sociétales sous couvert d’avancées merveilleuses progressistes (après la GPA, les jupes pour les hommes), ils se réclameront de l’identité.

Si nul ne peut lire dans une boule de cristal, il est certain que la nouvelle présidence américaine aura nécessairement des impacts chez nous d’abord parce qu’à l’inverse de Trump, le néo-obama est dans l’idée européenne défendue par Bruxelles, ensuite pour les « élites » françaises qui constituent 20 à 22% des suffrages exprimés et qui votent contrairement au « peuple » qui n’ont d’autre horizon mental que New York.

Il semblerait donc que nous soyons au départ de nouveaux identitaires mais progressistes. Il suffit de regarder de quelle façon Emmanuel Macron se sert des cycles mémoriels, la Grande guerre et De Gaulle, pour s’en convaincre de même qu’à la manière dont Anne Hidalgo manœuvre face aux Verts. Hidalgo et Darmanin, ce dernier tenu par Emmanuel Macron, se rejoignent dans l’immédiat sur ce qu’il faut éviter toute colère sociale dans les semaines à venir : il s’agit de nous inoculer. La maire de Paris n’est-elle pas prête, dès janvier à piquer la moitié des parisiens quand le gouvernement l’espère nationalement : 2022, la ferme des animaux ?

 

Jean Vinatier

Seriatim 2020

samedi 21 novembre 2020

Macron joue aux encerclements N°5025 14e année

Depuis quelques temps, l’on sait que la cellule diplomatique élyséenne est au bord du burn- out au point qu’un cabinet a été chargé d’en expertiser les causes et, espérons-le, in fine d’en avancer les remèdes. Il semblerait que le successeur de François Hollande, Emmanuel Macron ne donne également des signes d’inquiétude. Lors d’un entretien accordé à une revue normalienne, Le grand continent, il a parcouru le monde à grandes envolées et expressions sans surprendre tant nous sommes habitués à ses longueurs et puis d’un coup, la grande idée : encercler la Russie et la Turquie tout en critiquant la position allemande sur la Défense européenne.

Il est plus que fâcheux qu’un Chef de l’Etat lance l’anathème sans avoir les moyens ni de son déroulement, ni de sa réalisation et se trompe en plus sur la traduction anglaise de containment qui signifie contenir, endiguer. Sans doute avons-nous trop l’habitude de croire que les mots ont un sens alors que la communication ne voit le mot que comme un instant, une bulle de savon et rien d’autre. Cependant, le Chef de l’Etat n’est pas un particulier qui aurait des états d’âme, des émotions, des fébrilités. Le problème est qu’en face, à Moscou, à Ankara, à Berlin si par amabilité on hausse les épaules, dans le secret des cabinets le ton est tout autre non sans conséquence pour la France engagée sur différents théâtres d’opération mais aussi pour nos entreprises.

Hier encore, quand Emmanuel Macron a déploré qu’en Guinée, le président Alpha Condé a modifié la constitution pour se représenter, il s’est bien gardé d’adresser la même remarque au président ivoirien Alassane Ouattara auquel nous imposons des changements de titulaire de marché (métro et port). Une contradiction qui ne perturbe pas l’Elysée qui entonne l’air de l’amour démocratique en Biélorussie…..

D’encerclements rêvés aux discours contradictoires, sans omettre les déconvenues au Liban où nos lyrismes aboutissent à remettre en place celui qui en avait été chassé par la rue, en Grèce quand Athènes, pour nous remercier de notre soutien face à Erdogan, décida d’acheter des frégates américaines au lieu des françaises…

Emmanuel Macron est un peu comme dans Pierre et le loup qui se rit des dangers, à la fin quand nous connaitrons de vrais assauts personne ne nous entendra….D’ici là, nous aurons d’autres capricieuses lubies.

 

Jean Vinatier

Seriatim 2020

 

 

jeudi 19 novembre 2020

Les gilets jaunes, un mouvement poujadiste ? par Dominique Borne N°5024 14e année

Un entretien intéressant qui nous rappelle l'historique du mouvement Gilets jaunes et  de même que celui des colères commerçantes actuelles mais qui furent dans les années 50 un grand mouvement conduit par Pierre Poujade (ne pas confondre avec Robert Poujade) qui donnera le poujadisme. Jean Vinatier 

Seriatim 2020

 

mercredi 18 novembre 2020

Des forces de l’ordre aux forces obscures de l’ordre N°5023 14e année

Commençons le propos par cette remarque : M’jid El Guerrab député Agir, apparenté au parti présidentiel, soutient ce projet de loi alors même qu’il est mis en examen pour « violences volontaires avec arme par destination » après avoir asséné deux coups de casque sur un militant socialiste. Son avocat était un certain…Dupont-Moretti. La sécurité globale est d’ores et déjà casquée !

« La sécurité globale ne peut être assurée que pour autant que les agents qui la mettent en œuvre disposent d’un cadre d’action clair et protecteur. » Dans ce projet de loi, cet extrait de l’exposé des motifs sur un ton badin et général masque, le but gouvernemental dès lors que sera proposé le calendrier du déconfinement : se protéger en amont des dommages collatéraux. Un pouvoir faible mais furieux ne procéderait pas autrement qu’en voulant protéger, notamment par l’article 24 au maximum les forces de l’ordre de toute atteinte juridique de leurs actes dans l’exercice de leur fonction et de les rendre in fine invisible aux yeux des citoyens. Plus grave encore, ce n’est plus le délit envers les forces de l’ordre qui ferait intervenir le juge mais la seule intention : l’acte malveillant. Question : filmer un policier matraquant un homme, est-ce un acte malveillant ? Ecrire que l’on proteste contre ce geste, est-ce un acte malveillant ? Acte malveillant ou bien information ?  Est-ce au juge de le dire ? Rien n’est plus dangereux que de s’en remettre non plus au fait mais au subjectif. C’est la porte ouverte à tout.

On rappellera que la manifestation est un droit constitutionnel, que les forces de l’ordre sont des fonctionnaires payés par nos impôts qui accomplissent des missions au nom de l’Etat au-dessus duquel se trouve, depuis 1789, le Peuple. Des agents de l’Etat, sauf cas particuliers, ne doivent intervenir qu’à visage découvert, pour, par exemple, protéger les manifestants dans le déroulé de la protestation. La France a fait le choix, à l’inverse de bien des gouvernements européens, de choisir la confrontation plutôt que la tactique de la désescalade. Dès lors où un gouvernement retient la confrontation comme seul instrument, s’ouvre, nécessairement, une logique répressive double envers les manifestants et de protection sans cesse renforcée pour les forces de l’ordre. De même, sont entrainés dans cette logique les journalistes et commentateurs qui deviennent ipso facto des empêcheurs de tourner en rond. Ce sont donc deux mouvements en cisaille qui n’étant pas arrêtés aboutiront à un ordre contraire aux principes fondamentaux de notre nation.

Le projet de loi se contentant de rédiger « l’opération de police », notion floue et pas du tout définie dans le texte soumis au parlement irait ainsi de l’expulsion locative à l’arrestation d’un auteur criminel en passant par les manifestants, engage le pays dans une logique suspecte où abus et arbitraire reviendront en leitmotiv.

Pour des policiers attachés aux lois essentielles devenir une force obscure de l’ordre aurait quelque chose de sinistre. Il faudrait que les syndicats, au lieu de toujours réclamer des fichiers supplémentaires de surveillance, si on en faisait le décompte on serait abasourdi par le nombre, cessassent de prendre des postures catégorielles pour rappeler à l’Etat que la police doit être vue et protectrice et non encagoulée (le floutage vient à encagouler). Un policier est un citoyen, responsable comme lui de ses actes, le rendre irresponsable ou seulement donner à penser qu’il le devienne serait grave et source de dérives.

D’une façon maladroite et pour plaire à un électorat conservateur qui croit toujours que les prisons sont des hôtels de luxe et applaudissent par principe à toute dévolution policière, le gouvernement qui avancera, naturellement, le danger terroriste pour enhardir des députés se met de lui-même sur une voie dangereuse peu démocratique, que l’ONU vient de lui rappeler assez sèchement.

Loi de sécurité globale, presque un titre de film de science-fiction que ne nierait pas des complotistes risquerait-il bien de connaître un sort assez similaire au projet de loi Avia qui se targuait de biffer « la haine » sur Internet? En quoi haïr est-ce mauvais ? Ne pourra-t-on plus « haïr le nazisme » ?

Ce quinquennat a rendu publique sa gabegie depuis mars 2020. Face au désastre économique et social, à l’explosion des précarités, des pauvretés, cette présidence essaie par des manœuvres de se prémunir juridiquement via le vote des élus de toute faute répressive de donner donc des gages à des forces de l’ordre pour s’assurer de leur obéissance.  Par cette idée de sécurité globale, on voudrait acter, séparer davantage la police du citoyen, en passant des forces de l’ordre aux forces obscures de l’ordre……

 

Jean Vinatier

Seriatim 2020

vendredi 13 novembre 2020

Pourquoi l’Europe courtise-t-elle la révolution ? par Alastair Crooke N°5022 14e année

 « Tous les yeux sont tournés vers l’élection américaine et l’anticipation des conséquences du résultat. Mais dans l’ombre de « The Election », il y a d’autres « parties en mouvement » : L’Allemagne vient d’offrir à Washington un « accord entre amoureux » dans lequel l’Europe – avec l’Allemagne à sa tête – accepte de booster la stratégie américaine d’isolement et d’affaiblissement de la Russie et de la Chine. En retour, elle demande aux États-Unis d’accepter que l’Allemagne fasse de l’entité européenne une « puissance politique » qui serait à parité avec les États-Unis. Poutine a reconnu une telle possibilité – l’Allemagne aspirant à devenir une superpuissance – lors de son récent discours au club de Valdai.

Mais d’autres « parties en mouvement » à cet accord sont également en mouvement. Tout d’abord, le stratagème de l’Allemagne dépend de l’espoir qu’elle entretient dans une victoire de Biden, ce qui peut, ou pas, se produire. Ensuite, le président Macron cherche pour lui-même, et pour la France, à diriger l’Europe – voir plus loin à ce sujet – ceci dépendant, dans une certaine mesure, d’un Brexit « sans accord » à la fin de l’année, ce qui affaiblirait davantage une Merkel sans énergie et en déclin. La France, au contraire, prépare le « Great Reset » de l’Europe : un « espace » de règles et de valeurs, sous-tendu par un régime fiscal et d’endettement commun qui permettrait de reconstruire l’infrastructure économique de la France.

Tout cela soulève de nombreuses questions : si Trump gagne, on peut s’attendre à ce qu’il s’oppose à toute aspiration allemande – ou française – à drainer une partie de la puissance américaine, quel que soit le papier cadeau dans lequel la Ministre des affaires étrangères allemande l’enveloppe, car ce ne sera pas aux États-Unis de perdre en puissance mais plutôt à l’Europe d’en gagner pour devenir « un partenaire fort sur un pied d’égalité ». Ouille !

Suite ci-dessous :

https://lesakerfrancophone.fr/pourquoi-leurope-courtise-t-elle-la-revolution

 

Jean Vinatier

Seriatim 2020