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samedi 18 mai 2019

Un Bellamy de Macron ? N°4573 13e année


Pour conduire leur parti aux élections européennes, Les Républicains se flattent, au regard du dernier sondage, d’avoir choisi le candidat idoine, François Bellamy.
François Bellamy est maire-adjoint de Versailles, père de famille, catholique pratiquant, très prévenu contre l’IVG, hostile aux autres formations de droite mais très proche selon ses dires de Jean-Claude Junker et d’Emmanuel Macron. Ajoutons à cela, un physique de gendre idéal, posé, serein, une apparente modestie, une voix calme comme pouvaient l’entendre les auditeurs de Radio Classique. Le choix de Laurent Wauquiez serait donc parfait.
Les Républicains auraient-ils tiré les enseignements de la dernière campagne présidentielle qui vit l’explosion en plein vol de François Fillon, empêtré dans des affaires dont on attend toujours l’issue judiciaire ? Emmanuel Macron, positionné à gauche, a réussi à regrouper les libéraux socialistes, les centristes et même à déborder sur les Républicains. Deux années plus tard, le choix de François Bellamy prend un chemin assez similaire : reprendre la main sur les centristes via le courant d’Alain Juppé sans celui de Jean-Pierre Raffarin, freiner le départ de Républicains vers Nicolas Dupont-Aignan, lequel a effectivement perdu deux à trois points d’intention de vote. En reprenant les thèmes chers à Debout la France et au Rassemblement National, mais sans leur en donner une issue idéologique, François Bellamy synthétise autour de sa personne un courant cohérent qui s’arrête au centre de l’échiquier politique.
Les points de jonction avec Emmanuel Macron sont nombreux et évidents tant les deux hommes et leur formation respective sont à l’unisson sur les choix économiques, l’OTAN, l’Union européenne telle quelle est. Ni Emmanuel Macron, ni François Bellamy ne disent où siégeront leurs députés mais avanceraient le même candidat pour succéder à Jean-Claude Junker : le Républicain Michel Barnier. Cet accord bien évidemment mis en sourdine par les médias, relativise énormément la différence des Républicains avec La République en Marche. Michel Barnier, ce candidat commun, même s’il a peu de chances de l’emporter face à Manfred Weber choisi par la chancelière allemande, marque les limites de la séparation entre les deux formations : l’électorat des Républicains le voit-il ? Ou bien se voile-t-il la face ? De son côté, l’état-major des Républicains assumant sa tête de liste pour les européennes se préparerait à être le parti de rechange en France pour le cas où Emmanuel Macron serait incapable d’obtenir un second mandat ou qu’un événement viendrait interrompre brutalement le quinquennat.
Les Républicains étant résolument libéraux et souverainistes de circonstance n’ont pas intérêt à l’union des droites tant que la famille Le Pen sera aux commandes et n’ont d’autre issue que de se tourner vers le centre. De son côté, Emmanuel Macron, qui escomptait consolider via  Alain Juppé son empreinte sur l’aile libérale des Républicains, doit aujourd’hui se limiter à brandir le spectre du malheur RN pour limiter sa défaite ou justifier sa courte victoire. Si Emmanuel Macron n’a pas de Bellamy, il n’en reste pas moins que tous deux sont presque jumeaux par leur adhésion à l’Union européenne telle quelle est et misent sur un conservatisme bien borné pour maintenir leurs troupes, pour contrer leurs opposants : « Tout changer pour que rien ne change » dixit le prince de Lampedusa…..



Jean Vinatier
Seriatim 2019

vendredi 17 mai 2019

Macron/Europe : De Jupiter à Gribouille N°4572 13e année


Napoléon Bonaparte passa, en quelques années, de « l’Europe c’est moi » aux combats aux barrières de Paris en 1814. Emmanuel Macron se situe dans cette accélération du rétrécissement du champ de bataille : des grands projets et autres tracés, il ne reste que des poussières. Même le plus fervent de ses soutiens ne trouverait pas un élément solide en 2019 hormis des postures, des communications, des discours longs et sinueux. Échouant à fédérer des partis « progressistes » contre la « lèpre », il n’hésite plus aujourd’hui à serrer la main de Matteo Salvini au Clos-Lucé dans un manoir transformé en Disnay Vinci (Léonardo de) et éclipse, son propre choix, Nathalie Loiseau sur les affiches de campagne.
Le successeur de François Hollande, Emmanuel Macron, s’engagerait donc dans la campagne électorale pour les européennes  quittant la fonction présidentielle, celle d’être au service de tous les Français pour n’épouser qu’un parti ? Est-ce logique ? De la part d’un homme qui ne se meut que porté par une communication incessante et touffue, follement capable de pérorer pendant des heures et des heures comme il le fit lors des « Grands débats » de comédie pour contrer l’impact des Gilets jaunes, son choix ne surprend pas mais il apparait comme un aveu d’échec.
Les déclarations du Premier ministre, Édouard Philippe, qui assure que le gouvernement ne changera pas de cap après le 26 mai indiqueraient que l’exécutif  entérinerait sa défaite. C’était pourtant la grande bataille d’Emmanuel Macron, celle qui ne pouvait pas être perdue ! En deux années de mandat, le Président aura épuisé les bonnes volontés, son comportement, ses propos assassins, sa morgue le plaçant dans une impopularité jamais atteinte par un Chef de l’État. Les opulents conjurés qui financèrent sa mise sur orbite pour contrer le double effet Brexit/Trump doivent bien constater que le vent n’est plus favorable au mondialisme et que la mondialisation ne se passera pas de sitôt des frontières. Pour eux dans la formidable reconfiguration géopolitique mondiale en cours, Emmanuel Macron n’est plus un atout mais un handicap.
 Le mauvais climat social illustré par le samedi des Gilets jaunes, piqûre hebdomadaire de rappel, même si leur nombre se réduit, handicape l’exécutif et pourrait favoriser un vote sanction pour des raisons parfois opposées : des pans entiers de l’électorat de François Fillon mais aussi les voix en provenance de la France insoumise, le laissent à penser.
Sur le plan européen Emmanuel Macron bute contre la montée en puissance populiste/souverainiste et la dégradation de ses relations avec la chancelière allemande. On ne compte plus les sujets qui fâchent : Brexit, parlement à Strasbourg, ventes d’armes à l’Arabie Saoudite,  porte-avion supposé commun, au moment même où la France se flatte de partager son siège au Conseil de Sécurité à l’ONU avec Berlin : quelle lisibilité politique présidentielle ? Aucune. Quelle marge de manœuvre vis-à-vis de l’Allemagne ? Plus grand-chose depuis que le Chef de l’Etat s’est fait gloire de devancer par les discours les désirs germaniques….
A quelques jours du vote pour les élections européennes (23 et 26 mai), Emmanuel Macron campe dans un réduit où sa seule arme serait de reproduire le choix du second tour de la présidentielle. On est aux antipodes des débuts du quinquennat  et de ses tracés ambitieux. A bien des égards, Jupiter est aujourd’hui Gribouille.


Jean Vinatier
Seriatim 2019

dimanche 12 mai 2019

« L’empire américain est-il sur le déclin ? par Jean-Luc Basle » N°4571 13e année


L’auteur est  « Ancien directeur de Citigroup New York, auteur de L’Euro survivra-t-il ?  (2016) et de The International Monetary System : Challenges and Perspectives(1982) »

« Historiens et politologues américains s’interrogent sur le futur de l’Empire américain. Est-il sur le déclin ? Le débat est si vif que Barack Obama se crut obligé d’intervenir. Voilà ce qu’il dit dans son discours sur l’état de l’Union de janvier 2012 : « Celui qui vous dit que l’Amérique est sur le déclin ou que son influence a décru, ne sait pas de quoi il parle ». Peut-être répondait-il à Francis Fukuyama. Ce professeur d’économie politique qui écrivait dans Le Mondedu 11 septembre 2011, soit dix ans après les attaques du 11 septembre, que ces attaques avaient « marqué le début de la fin de l’hégémonie des Etats-Unis ». Stephen Walt, professeur à Harvard, lui fit écho quand il écrit dans The National Interestde novembre 2011 que « l’avènement de nouveaux pouvoirs et la double débâcle en Irak et en Afghanistan annoncent un brutal déclin de la capacité de l’Amérique à façonner l’ordre mondial ». Bien entendu, ceci n’est pas du tout du goût du néoconservateur Robert Kagan qui le fait savoir dans un article paru dans The New Republicle 17 janvier 2012, intitulé « Pas prêt à disparaître : contre le mythe du déclin américain. » Nous pourrions multiplier les citations. Elles n’apporteraient rien au débat. La conclusion est sans appel : les Etats-Unis ont entamé leur déclin.
Des origines du déclin »
La suite ci-dessous :

Jean Vinatier
Seriatim 2019

Brexit Party + UKIP : 38% N° N°4570 13e année


A onze jours des élections européennes (les Anglais voteront le 23 mai, nous le 26 ), le sondage d’Opinium/Observer POLL, est un second coup de tonnerre, le premier datant des résultats des élections locales qui virent la défaite des conservateurs et des travaillistes. Ce sondage confirme donc l’existence d’une probable lame de fond, de la confirmation du réveil des Britanniques qui votèrent à 52% pour le BREXIT.  La tactique et la stratégie de Bruxelles auxquelles le gouvernement de Theresa May prêta le flanc de même qu’une partie de Westminster seraient à la veille d’être balayées : les arroseurs arrosés ?





Jean Vinatier
Seriatim 2019