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vendredi 8 décembre 2017

Ci-gît Johnny Hallyday à Saint-Barth résident américain, exilé fiscal dans un paradis fiscal… N°4449 11e année



Que l’on ne croit pas avec ce titre provocateur me moquer de Johnny Hallyday effectivement  idole pendant soixante années (avec une longue traversée du désert terminée en 1995 grâce à Jacques Chirac) marquant ainsi plusieurs générations.
Un hommage populaire et non pas national (subtil) lui sera rendu ce samedi : depuis l’Arc de Triomphe jusqu’à la place de la Concorde les Français le salueront une dernière fois avant que son cercueil n’entre dans l’église de la Madeleine où il reposera sur un catafalque. Le Chef de l’Etat dira son mot devant un parterre de ministres, élus, vedettes quand les fans seront à l’extérieur, yeux rivés sur les écrans.
Nos gouvernants, édiles, élus et juges ne cessent pas de nous enquiquiner avec la laïcité, les crèches, les croix au-dessus d’une entrée de cimetière, les statues religieuses et voilà qu’il suffit d’une disparition pour que tous ces fatigants discours et arguties fondent comme neige au soleil : Hidalgo en église, Macron prêchant à La Madeleine façon Hollande…C’est dément  et d’autant plus que deux ou trois jours plus tôt nos dirigeants euro-français détonnaient encore contre les paradis fiscaux….Ajoutons à cela une démesure médiatique qui abîme les sentiments et les émotions simples de millions de nos compatriotes pour que cette cerise sur le gâteau nous agace.
Johnny Hallyday le gamin des Batignolles, celui qui fit chavirer la bonne société dans son pantalon en cuir sur la scène de l’Olympia en première partie du spectacle de Raymond Devos, la longue idole des jeunes s’en va entouré de cent millions de disques.
Cette semaine aura eu deux disparitions l’une littéraire, l’autre musicale, chacune a été dans une période similaire de notre histoire de France, les deux cabotinèrent, jouirent à satiété et flamboyèrent à leur façon: n’étions-nous pas en France, tous deux s’appelaient Jean.



Jean Vinatier
Seriatim 2017

jeudi 7 décembre 2017

Jérusalem : capitale d’une seule nation israélienne N°4448 11e année



L’annonce par Donald Trump de transférer l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem est aussitôt considérée comme la reconnaissance ipso facto de la capitale israélienne aux dépens de Tel-Aviv. L’Arabie saoudite, qui prône le wahhabisme, et la Russie ont soutenu le choix de la Maison Blanche à l’inverse de la Chine. Quant à la France, elle a fait connaître son désaccord s’appuyant sur les nombreuses résolutions onusiennes.
Donald Trump fait voler en éclat des années d’une grande hypocrisie : il suffit de regarder les cartes pour regarder le découpage lent et régulier de la part d’Israël contre les Palestiniens, manœuvres que les Etats arabes n’empêchèrent plus véritablement depuis 1973. Jérusalem-Est ne cesse pas d’être morcelée via des programmes immobiliers qui expulsent les habitants arabes : qu’a fait la communauté internationale ? Rien. Des décennies de rien et de pantomimes permettent maintenant dans un contexte de bouleversements des rapports de force asiatiques dont ceux orientaux, au Président américain de briser la fiction d’une narration à laquelle personne n’entendait risquer le moindre sou.
L’Arabie Saoudite, Israël, les Etats-Unis, l’Iran, la Turquie et la Russie seront les forces qui redessinent l’Orient via les gazoducs, oléoducs sous couvert de rivalités réelles entre sunnites et chiites tandis que la Chine via les routes de la soie (maritime et terrestre) se prépare à y peser. Les conflits sont donc inévitablement en gestation. En « donnant » Jérusalem à Israël, il l’insère dans une coalition et l’empêche, croit-il, de faire cavalier seul. Pour Israël, c’est le couronnement d’un travail constant qui lui ouvrirait la voie à un grand Israël dont les limites se trouveraient selon des groupes d’extrême droite à Médine et La Mecque. Le gouvernement de Tel Aviv a compté jusqu’à peu de temps sur un éclatement de la péninsule arabique, désormais, sans oublier ses desseins, il fera bonne figure à Ryad : pour combien de temps ?
Pour les Palestiniens, c’est une défaite terrible, une de plus diront les fatalistes, la dernière répondront d’autres : y aura-t-il une intifada ? Pour l’heure, les voici réduits au bon vouloir, les voici des vagabonds sur leur sol.


Jean Vinatier
Seriatim 2017

mercredi 6 décembre 2017

Hidalgo toujours en voiture, jamais sur un vélo N°4447 11e année


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Jean Vinatier
Seriatim 2017

« L’islam djihadiste pakistanais : racines historiques, courants idéologiques et groupes terroristes par Julie Descarpentrie » N°4446 11e année



« C’est en 1747 qu’Ahmad Shah Durrani, un Pachtoune natif de Hérat, créa le premier royaume afghan souverain considéré comme l’Etat fondateur de l’Afghanistan moderne. Roi très aimé de ses sujets, il parvint à stabiliser les frontières et fonda le première entité politique pachtoune, mettant ainsi fin à plusieurs siècles de domination étrangère. Successivement désigné sous les noms d’« Aryana » de « Khorasan », puis d’ « Afghanistan » suite à la fondation de l’empire Durrani, ce pays d’Asie centrale a de tous temps été craint par ses voisins. Les Perses désignaient le pays de « Yaghestan », ce qui signifie « terre des rebelles » ou « royaume de l’insolence », désignant notamment l’insubordination de la population pachtoune.
Peuple fier dont les services peuvent être loués mais pas achetés, les Pachtounes sont réputés pour leur bravoure – réputation qui leur vient de l’application du code d’honneur appelé pachtounwali et qui, à l’image de la charia et de la nanawati1, fait figure de règles coutumières dont la légitimité est placée bien au-dessus des lois gouvernementales. Parce qu’ils habitent principalement dans les zones tribales du pays à la frontière de la Ligne Durand2, Kaboul dispose de peu de moyens pour contrôler ces populations qui, par conséquent, ne bénéficient d’aucune infrastructure et ne peuvent compter que sur les conseils tribaux, les tribunaux chariatiques et les notables (malik) corrompus pour les administrer ou rendre la justice. C’est dans ce contexte que les Pachtounes ont toujours témoigné une certaine méfiance à l’égard du pouvoir central. Aussi n’est-il pas étonnant de constater qu’au gré des luttes insurrectionnelles et anticoloniales, nombre d’entre eux ont fini par rejoindre les rangs des insurgés. Ralliement qui se fit néanmoins au prix de leur instrumentalisation successive par les services de renseignement pakistanais (ISI), les Arabes d’Al-Qaïda, les taliban et plus récemment, par Daech.
La suite ci-dessous :

Jean Vinatier
Seriatim 2017