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mercredi 20 janvier 2021

Trumpisme : An 1 ? N°5081 15e année

 Ce jour, Joe Biden deviendra le 46e POTUS tandis que Donald Trump s’installera en Floride.

Une capitale transformée en camp retranché où des soldats, certifiés compatibles par le FBI, seront le public. Quatorze jours après l’invasion du Capitole où une fraction fut à deux doigts de s’emparer des enveloppes des grands électeurs, les Etats-Unis restent sur le qui-vive, l’illustration d’une prestation de serment entourée d’armes n’est pas précisément le signe d’une situation douce et sereine.

Joe Biden à Washington, Donald Trump à Mar-à-Lago, deux camps, deux antipodes. Les plus embêtés sont les républicains. Si certains d’entre eux dès la mi-décembre ont quitté le navire de celui qui a réuni prés de 75 millions de voix, le parti républicain est devant un choix risqué face à la destitution de Donald Trump. Ou bien ils y souscrivent au risque de perdre une part plus que considérable de soutiens et de considération, ou bien ils s’y opposent et seront l’objet de la vindicte permanente GAFA-médiatique. Selon leur choix également, sera en jeu l’avenir de Donald Trump : ou bien ils l’érigent en martyr en l’abandonnant ou bien ils ne lui interdisent pas dans les faits de revenir à la primaire en 2024.

Que va faire Donald Trump ? D’abord accuser le coup. L’homme est riche encore, dispose de la cagnotte de la campagne soit 300 millions de dollars et il est têtu. Les affaires judiciaires qui pourront s’abattre sur lui feront qu’il restera de facto un homme public et que par conséquent il tiendra tribune ce qui lui permettrait de peser sur les républicains qui n’ont plus d’yeux désormais que pour les mid-term.

Cet embarras de l’adversaire sera, sans doute, une respiration pour Joe Biden et son équipe « obamaniste ». On y parle même pour qualifier ce mandat de restauration. C’est intéressant car cela veut dire que la vraie légitimité est de retour, que ce qui a conduit à son effacement était le fait d’une illégitimité. Mais en politique les restaurations ne fonctionnent pas pour une raison simple : elles rétablissent un passé. Elles sont un arrêt sur image qui masque le bouillonnement des nouvelles forces.

Cela étant dit, peut-on parler de restauration dans le cas présent ? C’est plus un retour aux manettes d’un parti politique qui a l’écoute et le soutien d’une fraction de l’autre qui a considéré 2016 comme un moment malséant. En l’espèce les idées des Bush (républicain), des Clinton, d’Obama sur fond de néo-conservatisme progressiste offensif tant à l’intérieur qu’à l’extérieur (mondialisme), forment aujourd’hui un ensemble qui a encore sa logique et, surtout, sa puissance, financière, logistique (réseaux sociaux, médias…etc). Novembre 2016 a été un choc, un étonnement et aussitôt une haine autant contre un homme Donald Trump que contre ceux qui l’approuvèrent et son expulsion de même que ses supporters est le sommet de violence et de haine et aussi d’une radicalité adressée à tout le monde y compris à l’Etat fédéral.

Même si le mandat de Donald Trump est aujourd’hui inaudible, en raison de sa diabolisation quotidienne, il trace un sillon agrarien appelé à grandir ou à tout le moins à se bâtir. En face, on estime que Trump est un virus contre lequel on vaccinerait le plus grand nombre, c’est cette pandémie qu’il faut vaincre. Mais demeure cette « fraude », un autre virus contre lequel on cherche le vaccin. Il est trop tôt, car on est dans la chaleur des confrontations, pour savoir si oui ou non fraude générale il y eut. Il reste le soupçon qui pèsera nécessairement et assurera la solidité trumpiste. Demeurera aussi, ce candidat Joe Biden qui ne fit aucune campagne politique, aucun rassemblement populaire qui eut très peu de followers : un ballon gonflé ?

Face à la mandature progressiste de Joe Biden, Donald Trump apparait comme un conservateur mais dans les deux cas, ils ont des électeurs issus des minorités. Joe Biden ne peut pas se réclamer d’une adhésion des minorités, elles sont dans les deux camps. De même le progressisme si cher aux démocrates n’est pas leur monopole, il est partagé. En fait, la division profonde se situe entre les villes côtières et celles de l’intérieur. Deux façons de voir l’horizon, deux façons d’agir, deux engagements électoraux de presque égale force. La sécession électorale est là et elle grandira sur fond d’un nouvel agrarienisme. Sont mis en relief les limites du modèle fédéral : il n’est pas exclu que certains démocrates zélotes de l’autonomie des métropoles veuillent y toucher ouvrant un boulevard au camp d’en face.

Paradoxalement, le combat annoncé contre la Chine, en réalité, contre l’Asie, continuera à renforcer les antagonismes internes américains les uns pour protéger l’identité, les autres pour justifier une universalité messianique et les européens qui s’affolent de Joe Biden s’apercevront, un peu tard, que le conservatisme trumpien laissait une voie pour une étape vers une souveraineté…….

Le trumpisme prendra-t-il le chemin d’un nouveau parti agrarien ? Les événements extérieurs en décideront mais d’ores et déjà les socles sont présents. Reste à savoir si Donald Trump voudra repartir au combat (lui en donnera-t-on la possibilité ?) ou bien favorisera-t-il un successeur ou bien encore jettera-t-il le manche après la cognée ?

In fine, rappelons et soulignons l’importance des plaques systémiques entre les hésitations radicales et les tentations radicales qui habitent désormais les Etats-Unis.

 

 

Jean Vinatier

Seriatim 2021

jeudi 14 janvier 2021

Hidalgo, Macron ou les bicéphales ? N°5080 15e année

Dans un article, un journaliste soulignait l’appétence des candidats de gauche pour le centre gauche, un désert politique. En l’espèce, il s’agissait d’Anne Hidalgo et d’Arnaud Montebourg. Être au centre gauche, c’est être de gauche et du centre donc en mesure de capter son côté droit, voilà pourquoi cet espace n’est pas aussi désertique qu’il y parait.

Emmanuel Macron dessina un spectre politique allant de l’aile libérale socialiste jusqu’aux Républicains d’AGIR en s’axant au centre. Il le fit parce que Dominique Strauss-Kahn avait eu une serviette de bain trop lâche…..

Le nom d’Anne Hidalgo circule pour la présidentielle de 2022. Pour l’heure, elle minaude, sourit, bouge, fait de vagues réponses, s’extasie sur son  Paris  vert (place de la Concorde, Champs-Elysées, Trocadéro). A la vérité, elle attend un événement, celui du retrait d’Emmanuel Macron. Pourquoi ?

Anne Hidalgo sait qu’elle ne peut l’emporter avec les seules voix de la gauche et qu’elle ne doit pas apparaitre comme seulement une candidate de cette partie de l’échiquier. Elle n’a d’autre choix que d’occuper l’espace politique crée en 2017. Si le Président décide de solliciter un second mandat, elle laissera la place….qui sait à Montebourg, sans doute plus intéressé par une place de premier au PS que par un très hypothétique succès présidentiel.

Anne Hidalgo et Emmanuel Macron, progressistes bicéphales, aux différences ténues, sur un socle électoral similaire idéologiquement, sociologiquement riche en correspondances. Ainsi, les Verts urbains sont-ils plus proches des bicéphales, les socialistes pour un trois-quarts libéral ne voient pas d’opposition infranchissable et LAREM irait, sans trop grogner, en rangs serrés sous la bannière de la maire de Paris.

Pour l’heure, il ne s’agit que d’hypothèses.

Cinq hypothèses se présentent :

1-Emmanuel Macron devant son impopularité (mauvaise sortie pandémique, révoltes sociales) record jette les gants, laissant Anne Hidalgo entrer sur la scène.

2-Emmanuel Macron face à une France émeutière joue à fond la sécurité et la répression

3-Emmanuel Macron sait qu’en faisant passer la contre-réforme des retraites, il se condamne et passe le relais à Anne Hidalgo.

4-Emmanuel Macron même affaiblit tente le tout pour le tout.

5-Emmanuel Macron réussit pas mal la sortie pandémique, gère bien la crise sociale.

 

Ou pour se représenter ou bien passer le relai à Anne Hidalgo, Emmanuel Macron doit nécessairement réussir la fin de la période pandémique et en contenir les conséquences économiques, sociales. Pour le cas où il échouerait, la situation intérieure ferait que surgiraient des candidats plus radicaux ou se présentant comme tels (Mélenchon, Le Pen)  ce qui exclurait la maire de Paris trop ethnocentrée. Les Républicains, dans ce cas-là, pourraient avancer une personnalité « autoritato-consensuelle » ainsi le général de Villiers.

Cependant, il ne faut pas écarter le sujet européen et euro-monétaire. En janvier 2022, la France assurera la présidence de l’Union européenne pour six mois. L’Europe sera au centre de la campagne présidentielle et il n’est pas à exclure que Christine Lagarde y joue un rôle conséquent quitte même à devenir un recours à moins que l’Union, elle-même, ne vacille sur ses bases.

Comme on le voit, les mois à venir offriront des surprises et des instabilités nouvelles : la liste est longue ! La fin du mandat de Donald Trump est l’exemple même des radicalités installées mais jusqu’à présent que l’on faisait mine de ne pas examiner véritablement. Comment débutera le mandat de Joe Biden ? Nul ne le sait. Mais à voir les soldats dormir à même le sol dans l’enceinte du Capitole, les Etats-Unis offrent un spectacle plus de désolation que de solidité.

La présidentielle française est pour l’heure un peu dans le brouillard. Naturellement, Emmanuel Macron fera tout pour se représenter, il est même prêt à biffer le « consentement » pour accélérer la vaccination, de même qu’il se fera l’avocat des aides nouvelles auprès de la BCE, des marchés. L’endettement ? Mais de toute façon, le lendemain n’est pas à la liberté mais au fichage, au puçage, au tracage, au conditionnement, aux attestations ou passeports sociaux, aux peines plus nombreuses imprescriptibles….sans omettre  la boite de pandore qu’est l’Intelligence Artificielle.

Quelle que soit l’hypothèse retenue, que les bicéphales réussissent ou pas, sans doute nous préparons-nous à des événements surprenants et violents. L’année française 2021 déjà élective avec les régionales, les départementales et le référendum a son poids politique sur lequel s’agrégeront les maux sociétaux :où en seront alors les bicéphales ?

 

 

In seriatim :

29 septembre 2020 :

http://www.seriatim.fr/2020/09/hidalgo-dati-paris-presidentielle-n4964.html

 

 

Jean Vinatier

Seriatim 2021

mercredi 13 janvier 2021

Comprendre la défiance envers le vaccin pour sortir de l’épidémie de Covid par Frustration N°5079 15e année

 " Nous aurions pu, en cette fin d’année 2020, parler des profits mirobolants de la plupart des groupes capitalistes du monde, de la bonne santé des milliardaires qui contraste avec le nombre de licenciements en France et ailleurs, ainsi que de l’explosion de la pauvreté dans notre pays. Mais ce ne sont pas ces sujets-là qui mobilisent l’énerge des journalistes, politiques et citoyens. Ce qui semble faire rage dans les familles, au travail et à la télévision, c’est le débat autour du vaccin. D’un côté, les autorités politiques, médiatiques et intellectuelles du pays fustigent avec rage les réticences des citoyens face au vaccin qui peut nous sortir de la paralysie économique et sociale due au Covid, et sauver des vies. De l’autre, une grosse moitié de la population – selon divers sondages – qui est très hostile à la vaccination. Une fois de plus, la France est coupée en deux par des mécanismes politiques et médiatiques élitistes et arrogants qui nourrissent la colère et une défiance bien légitime. Comment espérer obtenir un consentement au vaccin en nous traitant de cette manière ? 

Une défiance qui n’est pas « anti-vaccin » par principe

La vaccination, définie par Louis Pasteur comme tout processus d’atténuation puis d’administration d’un agent pathogène afin de le rendre immunisant, est un immense progrès médical qui a permis à l’humanité de mettre fin à des épidémies meurtrières, comme la Tuberculose ou la Variole. Cette dernière a tué des centaines de millions de personnes à travers le monde et c’est une campagne de vaccination mondiale qui a permis, entre les années 50 et 80, son éradication totale.

Des courants anti-vaccins se sont pourtant structurés dès l’invention du processus, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et en France. Leurs fondements théoriques sont d’abord philosophico-religieux, avec l’idée que le vaccin est « contre-nature », ce qu’il est effectivement puisque l’humanité s’est dotée d’un moyen de repousser des agressions létales de virus issus de son environnement (et souvent de la modification qu’elle fait de son environnement, comme l’élevage intensif ou la déforestation). Ils sont aussi individualistes : l’acte de vaccination est un acte surtout altruiste, puisqu’il s’agit de stopper la diffusion d’un virus dans une vaste population, sans être forcément soi-même exposé ou “à risque”. Les courants anti-vaccins revendiquent un droit inaliénable au libre-choix et à la possibilité de refuser, si on le souhaite, la médecine moderne.

On aurait donc tort de penser que la défiance envers un vaccin est apparue avec l’épidémie de Covid. Cependant, les discours anti-vaccins qui circulent actuellement dans la population ne sont pas directement liés à ces courants militants. L’étude de la fondation Jean Jaurès (think tank proche du PS et de LREM) montre que la première cause de défiance est la crainte d’un manque d’efficacité du vaccin suivi de près par la crainte d’effets indésirables. Par ailleurs, les femmes seraient plus défiantes envers le vaccin que les hommes. L’étude nous apprend aussi que les personnes les plus hostiles aux vaccins sont celles qui votent pour des candidats hostiles aux institutions existantes – mais pour des raisons bien différentes – Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.

Autrement dit, la méfiance envers le vaccin contre le Covid-19 est majoritairement liée au vaccin lui-même et à celles et ceux qui vont l’administrer – les institutions gouvernementales et sanitaires. Dire que les Français sont « anti-vaccin » c’est amalgamer des courants structurés et militants avec une opinion politique qui n’a rien de purement délirant ou irrationnel.

Des précédents qui nourrissent légitimement des inquiétudes"

La suite ci-dessous :

https://www.frustrationmagazine.fr/comprendre-la-defiance-envers-le-vaccin/

 

Jean Vinatier

Seriatim 2021