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vendredi 9 décembre 2016

« Les nouveaux chiens de garde » N°4274 10e année




Jean Vinatier
Seriatim 2016

Louis XVIII ou la patience par Emmanuel de Waresquiel N°4273 10e année



Emmanuel de Waresquiel s’est fait connaître par ses travaux et publications sur la Restauration , période historique méconnue qui, pourtant, mit en pratique toute la mécanique parlementaire moderne française. Dans cette vidéo il évoque avec finesse et richesse la longue patience de Louis XVIII dont on peine à reconnaître l’immensité de la tâche qu’il dut enclencher pour relever une France occupée (1814 & 1815) et exangue  au sortir de vingt-deux années de guerre.

Climat intérieur N°4272 10e année



Il s’est, sans doute, passé quelque chose d’assez nouveau dans la pratique la Ve République qui vit, en quelque sorte, la « déposition du Président de la République » par son Premier ministre, ce dernier, ensuite, quittant la place pour se lancer dans cette campagne des primaires de la rue de Solferino. Ce geste étant, sans doute, la conséquence naturelle du « Tu quoque mi fili»
La disposition du théâtre politique n’est plus : François Hollande, Nicolas Sarkozy, deux chefs de l’Etat happés par la boule du jeu de quilles (ce qui n’est pas rien), la mise à l’écart d’Alain Juppé, ancien Premier ministre chiraquien et ministre sarkoziste. Certains ont tout de suite évoqués une forme de « Brexit ». L’émergence de François Fillon voulue par un électorat bien-pensant et âgé jugeant que leurs écus auraient encore de l’espérance avec un homme leur promettant la sévérité pour les sans-dents et l’opulence pour les gens d’au-dessus n’est pas en soi un acte révolutionnaire mais un placement strictement convenu. Pourtant, la cinglante défaite de Matteo Renzi qui appliquait une politique « thatchérienne » dont François Fillon se veut le chantre devrait les faire réfléchir.
De l’autre côté de la scène, la gauche s’apprête à vivre sa primaire où deux mois durant ils offriront débats et disputes au terme duquel d’ailleurs Manuel Valls pourrait être le grand battu si l’on tient compte de l’ambiance générale qui tend à escamoter de son socle ceux qui prétendent avoir, de droit, la première place.
Le terme du quinquennat de François Hollande s’achève dans la déconfiture et la mise au pas des citoyens et des magistrats : la création d’un méga fichier signé par Bernard Cazeneuve devenu Premier ministre, et la Cour de cassation placée sous l’autorité directe du gouvernement. Les premiers magistrats s’en alarment à juste titre sans y pouvoir grand-chose. Ces deux faits qui ne soulèvent aucune protestation de la Ligue des Droits de l’Homme et autres ONG font de la France un Etat le plus policier d’Europe et ce ne sont pas les médias maintenus en vie par subventions interposées qui brandiront le moindre étendard.
Il règne donc en France une toute petite cour d’une ancienne puissance souveraine  qui croit dénicher une formule thatchérienne dont les anglais ne veulent plus et les américains moins encore ainsi que la moitié de l’Europe continentale alors même que l’autre côté du Channel et de l’Atlantique, Londres et Washington mettent un terme à une mondialisation qu’ils ne pouvaient tenir d’un bout à l’autre pour se recentrer sur eux-mêmes et retrouver toute leur puissance respective. Ainsi quand les anglo-américains vont de l’avant, la France fait un pas en arrière en criant en avant : cet attelage rompra.
Dans le tragique de la politique française qui ne sait plus penser pour ce qu’elle est, il y a cette idée qu’en complaisant aux idéaux berlinois, le pays aurait un peu de dessert. Mais l’Allemagne d’Angela Merkel qui sue l’ennui, ne voit que midi à sa porte et répugnera toujours à être à la tête d’une Europe puissance politique. La chancelière est une caissière. Le déséquilibre patent entre Berlin et Paris ne se résoudra pas par l’adoption d’un modèle économique qui met les gens à et dans la rue. A la vérité, la France ne voulant plus de la politique, estime que la seule l’adhésion à une doxa ultra-libérale serait le sésame. Or, la France n’a été puissante économiquement que dans le moment où sa pensée politique était au firmament.



Jean Vinatier
Seriatim 2016



lundi 5 décembre 2016

Autriche, Italie, France : l’Union européenne dans la tempête N°4269 10e année



Si l’accession à la Présidence autrichienne d’Alexander Van Der Bellen (53,6% du candidat indépendant pro-Vert et libéral et anti-russe) est une éclaircie dans le ciel européen,  les 46,4% de son adversaire Norbert Hofer (HPö) sont le score jamais obtenu par l’extrême droite à une élection présidentielle en Europe. On est loin du Chirac-Le Pen (82-18) !Et si Norbert Hofer a été battu c’est parce qu’Alexander Van Der Bellen a eu l’habileté de faire campagne, notamment, sur la question identitaire. C’est peu dire que le succès viennois garde toute sa fragilité : c’est un répit.
Dernier point qui concerne les médias français : tant que les deux candidats étaient au coude à coude, nos quotidiens (Le Figaro, Le Monde…etc.) précisaient que le Président autrichien n’avait qu’un pouvoir restreint ; ce soir, ils nous annoncent tout le contraire : une désinformation de plus.
En Italie le rejet massif de la réforme institutionnelle proposée par le président du conseil Matteo Renzi enclenchera sa démission  et des élections législatives anticipées où le parti « Cinq étoiles » anti-européen de Grillo pourrait l’emporter.
Répit à Vienne, sueurs froides à Rome…
Arrière-point, le président de la région wallonne menace à nouveau d’opposer au veto au CETA, jugeant que le Premier ministre belge déformait ses propositions…
Et pour couronner le tout, une situation politique française de plus en plus fragile. On annonce le départ de Manuel Valls de Matignon d’ici mardi : ce choix opéré ne semble pas judicieux pour emporter la primaire. Son successeur à Matignon ne pourra qu’expédier les affaires courantes d’ici mai 2017. La France aura, alors, un exécutif affaibli à l’intérieur et inaudible à l’extérieur…..

Jean Vinatier
Seriatim 2016