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dimanche 20 mai 2018

« L’Italie et l’euro: bella ciao ? par Henry Temple » N°4496 12e année


« Une première version du « contrat » entre la Ligue et le M5S évoque une possible sortie de l’euro.
L’Italie se fera toute seule ». Il y a exactement 170 ans l’Italie se soulevait contre l’oppression, en même temps que bien d’autres peuples d’Europe. La devise des garibaldiens, porteurs de l’indépendance et de l’unité italiennes au XIXe siècle, semble aussi animer les promoteurs du futur gouvernement transalpin en ce printemps 2018.

Les marchés n’aiment que leur liberté

On attend la révélation du nom du nouveau président du Conseil italien, candidat consensuel de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles. En réalité tout semble prêt mais il semble aussi que le président Matarella, qui a pour mission de valider le futur gouvernement, soit un peu dépassé par l’enjeu et inquiet de la suite… Car le contrat de gouvernement initialement conclu, lundi 14 mai, par les 2 grands partis (au nom de plus de 70 % des Italiens), dévoilé par une indiscrétion – mais dont les promoteurs, sans en contester l’authenticité, disent que c’est une version dépassée – contient des propositions révolutionnaires. D’abord la sortie de l’euro ou, parmi les mesures « techniques de nature économique et juridique qui permettent aux États membres de sortir de l’Union monétaire, et donc de retrouver leur souveraineté monétaire », la création d’une monnaie propre à l’Italie tout en maintenant l’euro. Ces dispositions seraient retirées du programme définitif de gouvernement ; pour l’instant. Et encore la renégociation des traités européens, annulation de 250 milliards d’euros de la dette italienne par la BCE… Enfin, le document dévoilé prévoit de défendre, auprès de l’Union européenne, le principe de la création d’un « revenu de citoyenneté » de base, cofinancé avec Bruxelles.»
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Jean Vinatier
Seriatim 2018

« Pour une histoire populaire du Venezuela : interview avec Thierry Deronne »N °4495 12e année


« Les élections présidentielles du Venezuela auront lieu le 20 mai. Un rendez-vous décisif pour l’avenir de l’Amérique Latine et des relations Sud-Sud. Bénéficiant d’un véritable soutien populaire, le candidat Nicolas Maduro est en train de mobiliser des dizaines de milliers de Vénézuéliens dans ses meetings de campagne. C’en est trop pour Mike Pence. Le vice-président US a qualifié ces élections de “mascarade” et demande leur report. Il menace même le Venezuela de nouvelles sanctions. Pourquoi les institutions européennes lui emboîtent-elles le pas? Pourquoi le traitement médiatique de la Révolution bolivarienne est-il calqué sur la vision des Etats-Unis qui considèrent l’Amérique latine comme leur jardin personnel? Et surtout, quelle est la réalité dans ce pays qui a multiplié les expériences créatives en faveur de l’émancipation humaine au cours des 18 dernières années? Le cinéaste belgo-vénézuélien Thierry Deronne, qui vient de concocter son nouveau film “Histoire du Venezuela”, a bien voulu répondre à nos questions.

Alex Anfruns : Vous êtes venu présenter votre dernier film “Histoire du Venezuela” dans votre pays d’origine, la Belgique. Avec un montage où se côtoient d’une part des images d’archive cinématographiques montrant l’envers du décor du boom du pétrole, et d’autre part des voix des figures anticolonialistes visionnaires, le spectateur est face à une expérience audiovisuelle captivante. Comment est née l’idée du film, où a-t-il été déjà projeté et quel a été l’accueil ? 

Thierry Deronne : Après 24 ans de vie au Venezuela, le regard pivote et plusieurs questions commencent à m’intéresser : pourquoi tout en ne ménageant jamais ses critiques vis-à-vis des fonctionnaires publics, le peuple vénézuélien ne tombe pas dans les provocations violentes ou dans le mécontentement recherché par la guerre économique, et continue à réaffirmer son soutien électoral au chavisme ? Ensuite pourquoi la droite est-elle si imperméable au dialogue, d’où vient sa rage, sa violence ? Enfin, pourquoi les européens croient-ils si facilement que le Venezuela est une dictature, pourquoi la désinformation marche-t-elle aussi bien ? A ces trois questions c’est l’Histoire qui répond le mieux.
La critique populaire ? Elle parle d’une longue histoire de résistance à l’humiliation, à la négation de la condition humaine. C’est au Venezuela qu’eurent lieu les premières rebellions d’esclaves du continent. « Ce peuple, dixit le président Guzman Blanco, est un cuir sec – frappez-le d’un côté, il se soulève de l’autre ».
La rage des opposants ? La droite vénézuélienne vit encore dans le racisme colonial, celui de ces mantuanos qui ne sortaient pas de chez eux par peur que le soleil brunisse leur peau et organisaient – déjà ! – des violences à Caracas contre l’édit du roi d’Espagne permettant aux esclaves d’acheter leur affranchissement. Ce seizième siècle refait surface dans les violences de 2017 avec les lynchages d’afrodescendants brûlés vifs par les « combattants de la liberté » chers aux médias occidentaux.
Enfin, pourquoi l’efficacité de la désinformation parmi les européens ? Parce qu’en se soumettant à la gouvernance médiatique, l’Europe s’est coupée du monde et sa peur de la nuit réveille son colonialisme, la pousse à renforcer cette muraille médiatique. L’image caricaturale des vieux machos blancs – entrepreneurs privés, putschistes ou leaders de la violence d’extrême droite qui réprimeraient les leaders sociaux comme en Colombie ou au Brésil s’ils parvenaient au pouvoir – adoubés par l’Union Européenne et ses présidents comme « opposition démocratique du Venezuela », exprime bien ce rendez-vous manqué de l’Europe avec une Amérique Latine qui était pourtant prête à parler d’avenir sur un pied d’égalité.
Deux autres sources majeures pour construire le film « Histoire du Venezuela » sont, d’abord, le chercheur vénézuélien Fernando Coronil qui explique le rapport des pays du sud à leur sol, à leur nature, à leur territoire, comme un rapport qui surdétermine leurs politiques et leurs stratégies – ce troisième concept a jusqu’ici été peu assumé par le marxisme qui a privilégié les deux premiers, ceux de la relation capital-travail. L’Europe des i-phones est de plus en plus habitée par des peuples hors-sol, voués au présent pur de la consommation. L’autre source, c’est Walter Benjamin pour qui à chaque mouvement révolutionnaire la classe opprimée bondit comme un tigre dans la forêt de l’Histoire et en ramène des éléments des révolutions antérieures. Cette rupture par le peuple vénézuélien du mythe du progrès social-démocrate qui imposa des ajustements et tira sur des affamés en 1989, poussa de jeunes militaires comme Hugo Chavez à se replonger dans Bolivar et à sortir du dogme de « la fin de l’Histoire ».
Avec des étudiants de la Sorbonne occupée, avec des cinéphiles du festival Rencontres de Bordeaux, ou les Amis du Diplo d’Annecy, le film a permis de parler du Venezuela sans devoir épuiser le temps disponible à réfuter les mensonges des médias. »
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Jean Vinatier
Seriatim 2018

« Mirza Fatali Akhundov : de l’universalisme des Lumières au nationalisme persan par Alban Claude » N°4494 12e année


« Figure intellectuelle du XIXe siècle dans l’Empire russe et dans le monde persan, Mirza Fatali Akhundov (1812-1872) est un personnage singulier à étudier. Apprécié des milieux intellectuels comme du gouvernement impérial qu’il a servi avec ardeur toute sa vie, il a été présenté durant toute la période soviétique comme le premier penseur matérialiste du monde musulman, et donc à ce titre comme le pionnier du communisme en terre d’Islam. L’historiographie iranienne en fait aussi le premier artisan du discours nationaliste persan. Il apparaît pourtant en Azerbaïdjan comme le père fondateur de la littérature azérie, et donc à cet égard comme un héros national de premier plan.
Comment un même individu aurait-il pu être à la fois tsariste, communiste et nationaliste, qui plus est garant de deux identités nationales différentes ?
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Jean Vinatier
Seriatim 2018

« Maroc. L’inconcevable abdication de Mohamed VI par Ignacio Cembrero » N°4493 12e année


« Pendant les quatre premiers mois de l’année, le roi du Maroc a passé moins de vingt jours dans son pays. Ses absences fréquentes et prolongées paralysent partiellement le royaume et créent une situation intenable sur le long terme, car le chef de l’État marocain détient presque tous les pouvoirs. Va-t-il finir par renoncer au trône ? Difficile, car le prince héritier n’a que 15 ans.

Boughaleb El-Attar, 69 ans, a été nommé ambassadeur du roi du Maroc à Cuba le 25 juin 2017, en même temps que onze autres représentants du royaume, certains dans des capitales importantes pour Rabat comme Madrid, Nouakchott et Pékin. En effet, la Chine est membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU où se discute régulièrement le conflit du Sahara occidental. Cuba n’a pas le même poids, mais la réouverture de l’ambassade marocaine à La Havane, fermée pendant plus de trois décades, avait été annoncée à cor et à cri en avril 2017 par les médias publics du royaume, juste après que Mohamed VI y avait passé des vacances en famille. Ce rétablissement des relations diplomatiques rompues par Rabat en 1980 a d’ailleurs été présenté par la presse comme un succès du monarque qu’il fallait vite parachever en y envoyant un ambassadeur.
El-Attar aura cependant dû, comme tous ses collègues, attendre plus de dix mois avant de prendre ses fonctions. Le roi Mohamed VI n’a reçu à Rabat les futurs ambassadeurs que le 20 avril 2018 pour leur confier, comme le veut le protocole marocain, leurs lettres de créance qu’ils remettront au chef de l’État du pays où ils seront accrédités. Ce retard s’explique dans une large mesure par le fait qu’absent du Maroc la plupart du temps, le monarque n’a pas pu les recevoir avant. C’est l’une des multiples conséquences de l’absentéisme d’un chef d’État qui détient constitutionnellement l’essentiel du pouvoir exécutif entre ses mains. Le Maroc se paralyse dans bien des domaines, à commencer par la politique étrangère. »
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Jean Vinatier
Seriatim 2018

«Iran : « s’il n’y a pas de nouvel accord »…par Hélène Nouaille » N°4492 12e année


«Immédiatement après la déclaration de Donald Trump le 8 mai – « J’annonce aujourd’hui que les Etats-Unis se retireront de l’accord nucléaire avec l’Iran » (1) – le Secrétaire au Trésor Steven Mnuchin prenait la parole au cours d’une conférence de presse. Et ce qu’il a laissé entendre n’a échappé ni au Wall Street Journal (WSJ), ni aux observateurs de Zero Hedge : oui, les sanctions imposées à l’Iran seront reprises et elles impactent les entreprises qui font commerce avec le pays remis à l’index, tout nouveau contrat étant interdit. « Cette administration est résolue à traiter la totalité des activités déstabilisatrices de l’Iran » précisait Mnuchin (2). Ce qui concerne « les exportations d’avions et de pièces de rechange, les transactions en dollars, le commerce de l’or et d’autres métaux, la dette souveraine et le secteur automobile. D’ici au 4 novembre prochain, les sanctions concerneront aussi les achats de pétrole, les transactions avec les ports et l’industrie maritime de l’Iran, et tout lien avec son secteur des assurances ou avec sa banque centrale ».
Mais, relevait le WSJ (3), banques et entreprises disposant de temps (de 90 à 180 jours) pour régulariser leur situation, et Mnuchin ajoutant que « ce délai donne suffisamment de temps pour que, s’il n’y a pas de nouvel accord, les sanctions soient appliquées », l’objectif de Donald Trump pourrait bien être justement « de conclure un nouvel accord » avec l’Iran. Un accord signé Trump – et non pas Obama, en grosses lettres de préférence. »
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Jean Vinatier
Seriatim 2018