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jeudi 5 décembre 2019

« Nouveau projet global contre la Russie » et « impasse de l’OTAN » ? par Karine Bechet-Golovko » » N°4747 13e année


Vladimir Lepekhine : un nouveau projet global contre la Russie ? par Karine Bechet-Golovko

« Dans la lignée de notre publication d'hier, je voudrais attirer votre attention sur l'interview de Vladimir Lepekhine, directeur de l'Institut EvroAzEs concernant la situation politico-économique de la Russie, le caractère totalement volontaire des réformes aussi improductives qu'impopulaires menées par le bloc néolibéral du Gouvernement russe et la préparation d'un projet global devant largement chambouler l'équilibre politique, portant à nouveau le risque d'une disparition des institutions étatiques. Ces perturbations sont inévitables, car les décisions centrales de la politique intérieure, selon Lepekhine non pas en fonction des intérêts nationaux, mais d'intérêts extérieurs. Les grandes lignes en français pour les non russophones.

Le directeur de l'Institut d'étude des problèmes du développement de l'Union eurasienne (EvroAzEs) a donné une interview, passablement détonante, à la chaîne en ligne DenTV, qui a en substance été reprise sur le site wec.ru, disponible ici en russe. 

L'intégralité de l'interview est disponible ici : (en russe)»

La suite ci-dessous :


Impasse de l'OTAN et impossibilité d'un réel dialogue avec la Russie par Karine Bechet-Golovko »

« Macron propose un "dialogue stratégique" avec la Russie, alors que celle-ci est mise au même rang que le terrorisme dans la déclaration finale de Stoltenberg. De quelle stratégie s'agit-il dans ce cas ? En fait, l'OTAN continue à faire ce qu'il a toujours fait : défendre une idéologie. Avant c'était le libéralisme contre le socialisme, donc contre l'URSS, aujourd'hui c'est l'atlantisme, donc contre la Russie, qui, en ce sens, oui, présente (heureusement) une menace.

La dualité du discours au sujet de la Russie continue. D'une part Macron joue le rôle de l'ouverture au dialogue avec la Russie, un dialogue qu'il qualifie de responsable et de stratégique, ce qui finalement ne signifie rien. Macron incarne ici l'Auberge espagnole politique, où vous trouverez ce que vous apporterez. D'autre part, Stoltenberg, dans la déclaration finale, range la Russie, avec son "comportement agressif", au même rang que le terrorisme comme un des dangers principaux pour la sécurité euro-atlantique. Terrorisme contre lequel§ pourtant, il devrait être possible de coopérer avec la Russie. 

Russie qui, dixit Macron, n'est plus un ennemi, mais reste une menace. L'ennemi est le terrorisme islamiste. »

La suite ci-dessous :


Jean Vinatier
Seriatim 2019

mercredi 4 décembre 2019

Conséquences africaines « de la mort d’Aboubakr Al-Baghdadi » Laurence AÏDA AMMOURpar N°4746 13e année


« La mort d’Aboubakr Al-Baghdadi, une fausse bonne nouvelle pour l’Afrique Laurence AÏDA AMMOUR
L’attaque menée le 1er novembre contre la base des Forces armées maliennes (FAMA) d’Indelimane a coûté la vie à 54 soldats. Elle a été revendiquée par l’organisation Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), une branche de l’État Islamique (EI), dirigée par Adnane Abou Walid al-Sahraoui[1]. Cette tuerie a été perpétrée une semaine après l’annonce de la mort du leader de l’EI, Aboubakr al-Baghdadi, comme pour signifier que l’organisation reste puissante et opérationnelle.
Ce que nous dit cette attaque meurtrière, c’est que si l’EI a été décapitée, l’organisation n’est pas morte. L’attaque contre les FAMA démontre que l’EI poursuit et intensifie ses activités en Afrique.
L’expérience a déjà montré à quel point les organisations djihadistes font preuve d’une incroyable résilience et qu’elles sont capables de se relever d’un tel évènement. Cette victoire militaire ponctuelle n’est pas une victoire idéologique.
N’oublions pas ce qui s’est passé à partir de 2011.
Cette année-là, les soulèvements populaires nord-africains ont littéralement pris de cours Al-Qaïda central puisqu’ils démontraient que le changement pouvait se faire en son absence.
L’année suivante, l’organisation subit de lourdes pertes en Asie avec l’élimination de Ben Laden en mai à Abottabad, de Abou Hafz Al-Shahri en septembre au Waziristan, de Badar Masour chef d’Al-Qaïda au Pakistan en février, de Tariq Al-Dahab au Yémen le même mois et de Abou Yahia Al-Libi, numéro deux d’AL-Qaïda, en juin au Waziristan. 
Al-Qaïda a alors eu besoin d’une visibilité nouvelle pour survivre et pour conserver sa pertinence.
A l’époque, de nombreux analystes prévoyaient l’affaiblissement des groupes extrémistes violents en Afrique du Nord et au Sahel. C’était sans compter sur l’opportunité qu’a représenté la multiplication des foyers d’instabilité qui a suivi ces soulèvements et la propagation de cette instabilité à des territoires qui ne furent pas directement concernés par ces soulèvements.
L’organisation a eu tôt fait de profiter de ce contexte pour devenir partie intégrante des bouleversements en cours. Un tournant décisif pour al-Qaïda qui a su exploiter la désertion massive de ses militants en Asie pour les acheminer vers l’Afrique.
A commencer par la Libye. »

La suite ci-dessous :


Jean Vinatier
Seriatim 2019

« Frédéric Lordon : un «monde» va se trouver «mis en accusation le 5 décembre» N°4745 13e année

Source RT France : https://francais.rt.com/france/68518-frederic-lordon-monde-va-se-trouver-mis-accusation-5-decembre 

Jean Vinatier 
Seriatim 2019

« Bolivie : Que s’est-il passé lors du dépouillement des voix en 2019 ? Par le CEPR « N°4744 13e année


« Ce document présente les résultats de l’analyse statistique des rapports électoraux et des feuilles de pointage des élections du 20 octobre en Bolivie. Cette analyse ne trouve aucune preuve que des irrégularités ou des fraudes aient affecté le résultat officiel qui a permis au Président Evo Morales de remporter le premier tour. Le document présente une ventilation étape par étape de ce qui s’est passé avec le dépouillement du vote en Bolivie (à la fois le dépouillement rapide non officiel et le dépouillement officiel plus lent), dans le but de dissiper toute confusion sur le processus. Le rapport inclut les résultats de 500 simulations qui montrent que la victoire de Morales au premier tour n’était pas seulement possible, mais probable, d’après les résultats des 83,85 % de votes obtenus au dépouillement rapide.

Voir le document en anglais ici : The Role of the OAS Electoral Observation Mission »
Source :

Jean Vinatier
Seriatim 2019

mardi 3 décembre 2019

OTAN : Macron tête de turc… N°4743 13e année



Suite aux différents des deux côtés du Bosphore, annulation ce 3 décembre  de l’opéra de Mozart L’enlèvement au sérail……
Emmanuel Macron devait trouver une pirouette pour ne pas perdre la face lors du sommet otanien, ce fut « l’ennemi commun, c’est le terrorisme (islamique) ». Plus exactement les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne voulurent bien lui laisser, apparemment, cette fenêtre de tir afin qu’il  pâmât de joie son électorat et son égo.
Pourquoi Emmanuel Macron évoqua-t-il « la mort cérébrale de l’OTAN » ? C’est au sujet de la Syrie. L’Elysée, faute de mieux, pour revenir à la table de jeu avait choisi la carte kurde. Une carte loin d’être un atout : les Kurdes syriens étant divisés. L’offensive turque  contre lesdits kurdes anéantissant le pari élyséen, Emmanuel Macron sortit de ses gonds.
Résultat des courses : de l’attaque frontale pas inintéressante dans son objet, nous arrivons, ce soir, à rien. L’OTAN est réaffirmée, plus sûre d’elle-même que jamais, l’Allemagne rappelle son indéfectible attachement à cette alliance, quant à Donald Trump, au départ très critique sur cette organisation parce que les Européens rechignaient à assumer leur quote-part respective, il ne manqua pas d’appeler un chat un chat. Et Erdogan ? Comme à son habitude, il jongle entre l’OTAN en qualité de membre fondateur, la Russie, la Chine et l’Iran et « frappe » (sur commande ?) avec le plat du cimeterre le coquelet français.  
Au loin, la Russie de Vladimir Poutine s’amuse des noms d’oiseaux entre « gens de l’ouest », notant que le rapprochement avec la France ne repose pas (encore ?) sur une ligne politique durable et droite. Emmanuel Macron use de la carte moscovite pour faire croire qu’il peut avoir une diplomatie différente en Europe et agir comme l’homme fort d’Ankara en oscillant entre la Russie et les Etats-Unis. La France n’est pas la Turquie, elle n’est pas à un point de croisement de routes géostratégiques lesquelles entre l’Europe et l’Asie sont, aujourd’hui, incontournables. D’où l’essai tactique d’Emmanuel Macron d’orienter l’OTAN en direction du Sahel et du Sahara où nos soldats essaient de maintenir un cordon sécuritaire du Mali au Tchad.  Mais voilà, pour  l’OTAN, la route est eurasiatique.


Jean Vinatier
Seriatim 2019