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mercredi 30 novembre 2011

Fin de mois N°1072 5e année

Novembre a été très chaud et pas seulement sur le plan météorologique. Ce jour se sont les places boursières qui ont explosé de joie à l’annonce de l’entente entre plusieurs banques centrales (USA, d’Europe, d’Asie) pour réalimenter les marchés en liquidité. Une seconde fois, les vannes s’ouvrent en grand pour les banques, la première fois, c’était en 2008/2009. Entre ces dates, on pourrait compter les trimestres sans une intervention  d’une banque centrale pour soutenir les établissements financiers lesquels ne cessent jamais de recommencer à spéculer. La dernière publicité, celle de BNP-Paribas, s’intitule, « Parlons-vrai ». Dans les séquences publicitaires on assure le brave déposant que son argent jamais ne servira à des opérations spéculatives : on croit rêver !
Néanmoins, cette intervention simultanée prouverait donc au moins une chose : dans une mondialisation véritable, nul ne devrait tomber. En toute logique, tout ce qui se perdrait à l’Ouest se retrouverait à l’Est et vice-versa. C’est là l’histoire de la mondialisation heureuse. A la vérité, tous les pays et surtout ceux dits « les ateliers du monde » s’alarment de la faible croissance de l’Ouest et de leurs tâches colossales pour bâtir un marché intérieur solide. Le libéralisme-libertarien aura au moins réussi la gageure de placer tout le monde sur un immense radeau à la dérive. Certains disent que le capitalisme est à l’agonie (Paul Jorion) d’autres qu’il se remettra. En fait, nous sommes devant l’énigme et nul ne sait quoi proposer comme nouvelle économie ou nouvelle cité.
En tout cas, nous avons sous les yeux une puissance qui se targue de ne pas ralentir sa progression : les Etats-Unis. La présidence de Barack Obama restera comme l’une des plus offensives : Afrique, Orient, Asie du sud-est, Australie (nouvelle base à Darwin) Europe avec le déploiement des stations anti-missile. Washington est un rouleau compresseur certes endetté, avec des déficits abyssaux, des Etats en faillite, une pauvreté qui explose mais, il n’empêche rien ne semble l’affaiblir ! Vis-à-vis de la Chine, de la Russie, la Maison Blanche ne pratique guère la diplomatie : chercherait-elle à provoquer une faute ? Les flottes russe et américaine sont face à face au large de la Syrie et il se pourrait que d’ici peu la bannière de l’Oncle Sam n’aille aussi exciter la flotte pékinoise  vers les îles Paracels et Spratleys…
Et l’Europe et sa monnaie unique ? L’Euro survivra-t-il ou pas ? Jacques Attali comme nombre d’économistes anglo-saxons pensent que l’euro aurait une chance de vie très courte : Noël, Chandeleur, Pâques, Pentecôte…Cette monnaie souffre d’une tare de naissance : elle ne s’appuie sur aucune fondation politique. Cela étant dit, une monnaie ne disparaît pas de l’écran radar du soir au matin et il n’est pas écrit que les 17 membres de la zone euro se laissent abattre sans rien dire. L’euro illusionne l’Europe d’exister comme puissance politique alors même que nos dirigeants refusent tout réel fédéralisme. L’Europe pâtit depuis sa naissance, au lendemain de la Seconde guerre mondiale de s’être dédiée à la seule déesse économie laissant de côté l’organisation politique. Sans doute aussi, ne sommes-nous incapable de raisonner autrement qu’en pensant Europe égale Etat !  Peut-être fallait-il s’inspirer du Commonwealth ?
Les Indignés (en Europe), les Occupy de l’autre côté de l’Atlantique plient leurs tentes quand ils ne sont pas chassés et arrêtés tels ceux de Los Angeles et de Philadelphie. Fin de partie pour les jacqueries ? Oui mais de la première partie.. Ce que nous endurons aujourd’hui et que nous endurerons demain nous forge à la patience et à la réflexion et peu importe le nombre, l’essentiel est de savoir que nous sommes chacun d’entre nous, une avant-garde !
 Jean Vinatier
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Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Angola, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Bangladesh, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Ethiopie, Ghana, Gabon, Gambie, Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kazakhstan, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Philippines, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Syrie, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Vatican, Venezuela, Vietnam, Yémen

dimanche 27 novembre 2011

«La crise de l’euro, un révélateur géopolitique » par Patrick Allard N°1071 5e année

Un article de synthèse  par Patrick Allard, conseiller au CAP (Centre d’Analyse et de Prévision) au ministère des Affaires Etrangères, autour de la crise de la monnaie unique dont voici la conclusion (sans surprise) proposée :
« La solution réaliste aux maux de la zone euro passe par le renforcement de la supervision des politiques budgétaires. Jusqu’ici les Etats ont privilégié la méthode intergouvernementale plutôt que la méthode communautaire. La première a montré ses limites : opportunisme, déficit de légitimité, affrontement direct des intérêts nationaux. Tôt ou tard, les Etats devront en revenir à la seconde, qui confie à la Commission l’initiative et soumet à sanction juridictionnelle les manquements des Etats à leurs engagements. La méthode communautaire a produit de remarquables résultats en matière d’harmonisation des règles et d’intégration des marchés. Elle devrait s’appliquer en matière budgétaire et porter le respect de leurs engagements par les Etats, sous sanction juridictionnelle. »
 Pour aller au début :
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vendredi 25 novembre 2011

Pierre Hillard: « La progression du nouvel ordre mondial » N°1070 5e année

« Interview de Pierre Hillard, professeur à l’Ecole Supérieure de Commerce International Paris/Lyon chez Eurasian Finance : un point sur le nouvel ordre mondial à l'occasion de la publication en anglais de “La Marche Irrésistible du Nouvel Ordre Mondial” aux Éditions Romaines. »
Site d’Eurasian :

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Esther Benbessa : du Bosphore au Luxembourg N°1069 5e année

En lien le discours de Pascal Boniface à Esther Benbessa lors de sa remise de la Légion d’Honneur : un parcours superbe qui fait plaisir à lire !
http://pascalbonifaceaffairesstrategiques.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/11/18/hommage-a-esther-benbassa.html


Site de l’historienne-sénatrice :

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jeudi 24 novembre 2011

Damas et les sables orientaux N°1068 5e année

Après BHL et son aventure tripolitaine, Alain Juppé aurait-il, à son tour, un rêve damascène ? Etrange chemin de la  politique étrangère  française à l’image d’un quinquennat bien chaotique quoique désormais placé entre les plis américains.
Ne pouvant pas répéter le scénario libyen  faute d’obtenir un fléchissement de la Chine et de la Russie, les Français et les Anglais sachant une résolution du Conseil de sécurité onusien impossible, optent pour le détricotage du régime syrien. Paris vient de reconnaître les opposants au régime de Bachar Al-Assad et annonce son intention d’établir des couloirs ou corridors humanitaires en Syrie. Intervenir sans intervenir tout en se fixant pour objectif d’évider un régime naguère chouchouté par le Président Sarkozy tel est le choix français.
On le sait des conseillers militaires français sont à pied d’œuvre sous le double regard de la Turquie et de la Russie qui a déployé ses vaisseaux le long d’une partie du littoral. Si le gouvernement d’Ankara a pris ses distances avec Bachar Al-Assad, il montre une prudence tant il craint que ne se rallume à la faveur d’une intervention trop évidente la question kurde qui concerne en plus de la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran. Si les autorités turques ne peuvent à priori refuser d’avancer leurs pions afin d’être avec l’Arabie saoudite la seconde force sunnite orientale face à l’Iran sans manifester comme il fait Ryad, une hostilité permanente envers les chiites, elles savent bien l’étroitesse de la voie. Le royaume saoudien qui vient de marquer des points au Yémen et réprimer aujourd’hui encore des révoltes chiites au nord du pays n’entend pas du tout laisser à la Turquie réussir en Syrie et emporter dans la foulée le Liban. Quant à Israël, le gouvernement de Tel-Aviv jusqu’à présent satisfait du régime des Al-Assad (tout comme il l’était de Kadhafi)  qui justifiait le maintien du plateau du Golan, un véritable régime démocratique syrien le rendrait plus que fragile.
Les Etats-Unis alliés avec la Turquie, l’Arabie saoudite et Israël sont dans une position a priori favorable pour avancer leurs pions et constituer un arc sunnite depuis la mer Noire jusqu’en Afrique. Mais est-on si assuré que la chute du régime syrien ne provoquerait pas des conflits confessionnels ? La diplomatie américaine semble avoir tiré un trait sur les différentes églises chrétiennes orientales : que pèsent-elles face à la politique américaine qui entend articuler une politique pro-sunnite à la fois pour tenir en lisère l’Union européenne et faire comprendre aux puissances asiatiques réticentes dont la Chine et la Russie quelle arme elle aurait entre ses mains pour les amener à la conciliation économique et monétaire !
Dès lors quel est l’intérêt de la France d’agir pour le compte de calculs américains et alors que partout on voit surgir en Tunisie, en Libye, en Egypte des mouvements musulmans fondamentalistes, ressortir des limbes les Frères musulmans ?
La France peut-elle laisser une population sous les feux d’un régime syrien impitoyable tout comme l’était celui de Libye ? La France a-t-elle les moyens, les capacités  et le temps de placer sous sa gouverne des forces « laïques » ? En un mot la France peut-elle être la puissance alternative dans le déroulement des événements présents ? Etonnons-nous que la politique française ne mette pas en avant l’Union pour la Méditerranée qui apparaîtrait en rapport de force : mais elle n’est-elle pas une coquille vide ? Le chemin de Damas est loin d’être une voie romaine.
 Jean Vinatier
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mardi 22 novembre 2011

Danielle Mitterrand : Première dame N°1067 5e année

L’épouse de François Mitterrand vient de s’éteindre à l’âge de 87ans. Elle fut, sans doute, la première Première dame à s’investir autant dans les domaines politiques et sociaux tant en France qu’à l’étranger. Certes, avant elle, Mme Pompidou s’exposa par ses curiosités artistiques et malgré elle lors de l’affaire Markovic mais jamais jusqu’à l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand, une épouse du Président de la République n’avait consenti jamais à ne pas se dévêtir de ses convictions surtout lorsqu’elle soutenait les tiers-mondistes avec une prédilection pour ceux de l’Amérique centrale à la rencontre du sous-commandant Marcos et de Cuba. Nonobstant cela, ses prises de position contrebalancèrent fort bien les ambiguïtés historiques et politiques de son mari : ce dernier s’en plaignit-il jamais intérieurement?  
N’oublions pas non plus que Danielle et François se connurent pendant la guerre contre l’Occupant : ils furent le dernier couple présidentiel qui lia les Français à la Seconde guerre mondiale.
Danielle Mitterrand par ses engagements ne prolongeait-elle pas des combats de résistance à l’ordre établi ?
Dernière point, on ne se représente plus ce qu’était un Chef d’Etat en 1981, élu pour sept ans dans une pompe monarchique. Dès lors que la Première dame s’enhardisse comme elle sut le faire depuis le palais de l’Elysée était d’une grande audace. Elle réussit donc à devenir par des chemins singuliers un personnage historique : ce fut là son intelligence et sa fidélité aux causes nées pendant l’Occupation et, elle est restée jusqu’à ce jour une Première dame inédite.
Jean Vinatier
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lundi 21 novembre 2011

« Le monde arabe et le 11 septembre 2001 : dix ans après » par Georges Corm N°1067 5e année

Ci-dessous en lien l’entretien accordé par Georges Corm à la revue allemande Der Freitag, le 8 septembre 2011 :

 Jean Vinatier
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« La Turquie a des visées sur la Syrie : Une nouvelle guerre se prépare » par Jeremy SALT N°1066 5e année

Jeremy Salt enseigne l’histoire du Moyen Orient moderne dans le département de science politique de Bilkent  University, Ankara. Auparavant il a enseigné à Bogazici (Bosporus) University à Istanboul à l’Université de Melbourne. Il a publié divers ouvrages dont The Unmaking of the Middle East : A History of Western Disorder in Arab Lands (University of California Press, 2008).

« Pour la première fois sans doute dans l’histoire de la république turque, un gouvernement turc a adopté une politique de confrontation ouverte avec un autre pays qui ne l’avait en rien provoqué. Les citoyens de ce pays, la Syrie, sont sidérés. La Turquie a passé des années a réparer ses relations avec ses voisins en se prévalant d’une force douce mais profonde avec un objectif de "zéro problème". A tous les niveaux cette politique a été un succès. Il y a quelques mois, cependant, sous l’impact du soi disant "printemps arabe", cette politique a été virtuellement abandonnée en l’espace d’une nuit. Elle a fait place à des menaces, une agressivité belliqueuse et le soutien d’un groupe armé qui cherche à renverser un gouvernement avec qui la Turquie avait des relations amicales jusqu’à il y a encore très peu de temps.

Le premier ministre turc et son ministre des affaires étrangères ont appelé le gouvernement syrien à "cesser la violence", mais ils n’ont pas parlé de la violence dont le gouvernement syrien n’est pas responsable. Des gangs armés — dont certains sont apparemment salafistes et d’autres qui créent le chaos pour de l’argent— attaquent des soldats, des policiers et des civils depuis le début des manifestations. Le gouvernement peut retirer tous ses tanks de la rue, cela n’arrêtera pas la violence de ces gangs (auxquels s’ajoutent maintenant les "transfuges de l’armée") et cela peut même être considéré au contraire comme un signe de faiblesse et encourager la violence. Sur les 3500 Syriens qui auraient été tués au cours de sept derniers mois, un grand nombre, dont de nombreux civils et plus de 1100 soldats, ont été tués par ces gangs. La violence a complètement sapé le mouvement réformiste pacifique et, ajouté à la récente attaque contre la Libye, cela a fait prendre conscience aux Syriens de ce qui leur arriverait si les Etats-Unis et leurs alliés mettaient un pied dans la porte. Bashar al Assad est indéniablement populaire après d’une grande partie du peuple et depuis les décisions hostiles prises par la Ligue Arabe sous l’influence du Qatar, les Syriens resserrent encore plus les rangs derrière leur président. Ils sont confrontés au spectre d’une intervention armée dans leur pays et d’une dévastation qui éclipserait ce que la Libye vient de subir au nom de la "responsabilité de protéger".

Les Syriens sont très conscients de la brutalité du Mukhabarat (services de renseignement) et de la corruption qui règne dans les hautes sphères du gouvernement. On peut dire sans craindre de se tromper que la plupart d’entre eux souhaitent des réformes. La question est comment les obtenir et à quel prix. Il y a beaucoup de monde qui manifeste mais rien ne prouve que la majorité des gens (et cela inclut la plus grande partie de l’opposition intérieure) désire autre chose que des réformes politiques. Ils sont fortement opposés à une intervention étrangère et ils n’apprécient pas l’ingérence agressive de la Turquie dans leurs affaires intérieures. Autrefois la Syrie a donné asile à Abdullah Ocalan. La Turquie a menacé d’attaquer le pays s’il ne se débarrassait pas de lui. Cela fait des décennies que la Turquie doit supporter des attaques du PKK contre ses soldats en provenance de l’autre côté de la frontière, et pourtant son gouvernement soutient maintenant un homme, Riad al Assad, dont "l’armée syrienne libre" fait exactement la même chose. de plus, en s’attaquant à la Syrie, la Turquie s’est mis en porte à faux avec l’allié de la Syrie, l’Iran, dont il a besoin pour l’aider contre le PKK. Cela serait certainement mal avisé de faire confiance aux Etats-Unis qui jouent avec la question kurde depuis des lustres.

La violence dirigée contre les soldats et les civils n’est pas "nouvelle", au contraire, cela fait des mois qu’elle dure. Les stocks d’armes trouvés dans une mosquée de Dar’a, où les manifestations ont commencé quand des enfants ont été arrêtés pour avoir dessiné des graffitis anti-gouvernementaux sur un mur, laissent penser que des groupes syriens étaient prêts et attendaient. De grandes quantités d’armes — fusils à pompe, mitraillettes israéliennes et lance-roquettes— sont amenées en contrebande en Syrie ainsi que de l’argent en différentes devises et des systèmes de communication sophistiqués. Il est prouvé que des hommes ont mis des uniformes de l’armée pour que l’armée soit accusée de tuer les manifestants. Des hommes arrêtés ont avoué avoir tiré sur les manifestants pour la même raison. Il y a bien sûr deux versions des faits qui s’opposent ici —la version d’Al Jazeera pour qui la violence était le fait d’un seul camp jusqu’à ce que des "transfuges" de l’armée se mettent à répondre aux tirs et la version du gouvernement syrien qui affirme que les gangs armés engendraient le chaos dans le pays bien avant que les "transfuges" ne se joignent à eux. Comme pour toutes les versions, aucune n’est sans doute tout à fait vraie ou fausse, mais il y a beaucoup de preuves, même si elles sont passées sous silence, qui semblent corroborer ce qu’affirme le gouvernement syrien. Une grande partie des accusations formulées contre le gouvernement syrien viennent de groupes exilés comme l’Observatoire syrien des droits humains. Et Al Jazeera les reprend souvent sans les vérifier. Ghassan bin Jiddu, le responsable du bureau de Beyrouth, a trouvé le parti pris de la chaîne dans sa couverture de la Libye et de la Syrie si scandaleux qu’il a démissionné.

Ce qui arrive en Syrie porte la marque d’un plan concerté orchestré par les Etats-Unis et leurs alliés du golfe. Les réformes ne sont pas l’objectif parce qu’elles risqueraient de maintenir la parti Ba’ath au pouvoir. L’objectif est de renverser le gouvernement pour supprimer un obstacle de longue date aux politiques étasuniennes et israéliennes. Par ailleurs les Saoudiens aimeraient voir le pouvoir des Alawites —Shiites hétérodoxes— brisé à tout jamais.

Si l’on en juge par son passé, les Etats-Unis ne devraient pas manquer une occasion pareille. Ils se sont ingérés dans la politique syrienne depuis que la CIA a contribué à porter au pouvoir Husni al Zaim lors du premier des trois coups d’état de 1949. Le Département d’Etat a mis la Syrie sur la liste des états qui "sponsorisent le terrorisme" en 1979. Dans les années 1980, les Etats-Unis et Israël ont cherché des crosses à la Syrie au Liban mais Hafiz al Assad s’est montré plus malin qu’eux. En 2005 les Etats-Unis et les Libanais qui travaillaient pour eux ont accusé la Syrie d’avoir assassiné Rafiq Hariri. Ils se sont servi de l’assassinat pour forcer la Syrie à sortir ses troupes du Liban mais leurs accusations se sont révélées sans fondement quand l’année suivante les quatre généraux arrêtés ont été relâchés par manque de preuve. La lutte contre la Syrie englobait aussi le Hizbollah. En 2000 le Hizbollah avait réussi a forcer Israël à mettre fin à sa longue occupation du sud du Liban. Israël attendait sa revanche et en 2006 — avec le soutien des Etats-Unis— il a lancé une attaque dévastatrice contre le Liban dans l’intention de détruire le Hizbollah. Il a subi un revers très humiliant. Même avec la couverture de l’armée de l’air ses soldats n’ont pas réussi à garder le contrôle des villages situés à quelques kilomètres de la ligne d’armistice. La chute du gouvernement de Saad Hariri en janvier a souligné la puissance du Hizbollah et sa capacité à déjouer les manoeuvres de ses ennemis. Peu après, le soulèvement au Barhein semble avoir convaincu les Saoudiens qu’il faillait faire quelque chose contre le Shiisme renaissant. L’objectif final demeure évidemment l’Iran.

Dans cette lutte contre le régime syrien, les Etats-Unis ont utilisé toutes les armes dont ils disposaient. En 2003, le Congrès étasunien a passé le Syria Accountability and Lebanese Sovereignty Act—SALSA- (l’acte de la responsabilité de la Syrie et de la souveraineté du Liban) en 2003, qui interdisait aux compagnies américaines de faire du commerce avec la Syrie et en Syrie. Le lobby israélien portait largement la responsabilité du vote de cet acte au Congrès. Par l’intermédiaire du State Department’s Middle East Partnership Initiative -MEPI- (Initiative de partenariat du Département d’Etat avec le Moyen Orient) les Etats-Unis avaient financé les exilés et les mouvements syriens et avaient aussi fait entrer de l’argent en Syrie grâce à des organisations à eux. On ne peut pas s’attendre à trouver des empreintes et encore moins un "fusil fumant" mais selon des sources dignes de confiance, l’ancien ambassadeur saoudien aux Etats-Unis, le prince Bandar bin Sultan, et l’ancien ambassadeur étasunien au Liban actuellement secrétaire-adjoint d’Etat aux affaires du Proche-Orient, Jeffrey Feltman, avaient commencé à travailler sur un projet de déstabilisation de la Syrie déjà en 2008. Le complot avait plusieurs niveaux, impliquait beaucoup de monde et disposait d’un budget de 2 milliards de dollars.

Pris par surprise par la vague de révolutions populaires qui a submergé la région, les Etats-Unis et leurs alliés ont vite repris pied et ont fait de leur mieux pour tourner le "printemps arabe" à leur avantage. Il a fallu abandonner Ben Ali et Moubarak, mais dès que le soulèvement a commencé à Benghazi, ils sont intervenus rapidement. Sur la base des mensonges dont on avait abreuvé le Conseil des droits humains de l’ONU, le Conseil de sécurité a voté "une zone d’exclusion aérienne" qui est vite devenue le prétexte d’un assaut aérien généralisé contre la Libye pour renverser Kadhafi. Le Qatar a joué son rôle, au même titre que les Etats-Unis, l’Angleterre et la France, en fournissant des centaines de soldats et le soutien de la propagande de sa chaîne satellite. Il n’y a pas eu de révolution populaire en Libye. Seule un infime minorité de Libyens souhaitaient une intervention étrangère. Kadhafi bénéficiait d’un large soutien populaire, n’en déplaise au reste du monde, mais, sept mois plus tard, les Etats-Unis et leurs alliés avaient ce qu’ils voulaient. Le centre de Syrte est en ruines, et des dizaines de milliers de Libyens ont été tués sous prétexte de les protéger. Le pays le plus développé d’Afrique a été réduit à néant non pas par son propre peuple mais par l’intervention de puissances étrangères. Elles ont maintenant les mains libres pour s’occuper de la Syrie.

En plus de leur soutien financier et autre aux exilés syriens, et en plus du soutien et de la couverture qu’ils assurent à l’opposition à l’intérieur de la Syrie, les Etats-Unis se sont employés ouvertement à aggraver la situation en Syrie par tous les moyens possibles. Leur ambassadeur est allé à Hama avant les prières du vendredi en prévenant à l’avance qu’il serait là. Quand le gouvernement syrien a proposé d’amnistier ceux qui rendaient les armes, s’ils n’avaient pas commis de grave délit, les Etats-Unis ont conseillé aux Syriens de ne pas rendre leurs armes.

Derrière l’écran du "printemps arabe" les Etats-Unis semblent s’être embarqués dans un grand nettoyage de printemps. L’Irak a été mise hors de combat en 2003 et maintenant s’en est fait de la Libye, mais il reste trois obstacles sur la route —le Hizbollah, la Syrie et l’Iran— dont il faut se débarrasser. Pour régler la question, en plus de la guerre économique, de la subversion et d’une éventuelle attaque militaire, il y a la stratégie du "dialogue" avec les Musulmans sunnites hostiles à la fois à l’Iran et à l’Islam shiite. Au sommet de la liste se trouvent les Frères Musulmans qui sont sur le point de prendre le pouvoir en Egypte. L’idéologie du Parti pour la Justice et le développement en Turquie est une version libérale des positions politiques des Frères Musulmans sous la forme qu’elles prendront nécessairement en Egypte. Le lien qui relie les deux est l’Arabie Saoudite qui investit énormément en Turquie et qui sera le principal pilier financier des Frères si (et plus exactement quand) ils arrivent au gouvernement en Egypte. Selon l’Agence France Presse, une source sûre, l’été dernier, le premier ministre turc aurait dit à Bashar al Assad que s’il laissait entrer les Frères Musulmans au gouvernement il l’aiderait à contrôler l’opposition. Comme les Frères Musulmans sont interdits en Syrie, cela revient, à peu de choses près, à dire au premier ministre turc qui s’il intégrait le PKK dans son gouvernement, on l’aiderait à contrôler les Kurdes. Evidemment Bashar aurait répondu non. La manière dont le premier ministre turc attaque maintenant le président syrien —en disant qu’il se nourrit du sang de son propre peuple et des choses de ce genre— laisse penser qu’il a vécu ce refus comme une offense personnelle.

Certaines voix parmi les plus extrémistes du monde musulman appellent maintenant au renversement du gouvernement séculaire "hérétique" de Damas. Une d’entre elles est celle du véhément Yusuf Qaradawi qui vit au Qatar. Al Jazeera, qui appartient au gouvernement du Qatar joue son rôle en répandant de la propagande dans le monde comme il l’a fait pendant l’attaque contre la Libye (un critique arabe l’a qualifié de "voix de l’OTAN").

Maintenant la Ligue Arabe, un organisme inutile entre tous, lance des ultimatums auxquels le gouvernement syrien est dans l’incapacité de se plier. Il ne peut pas mettre fin à la violence parce qu’elle n’est pas entièrement de son fait mais le script a été écrit et il faut le lire. La Ligue Arabe met simplement un visage arabe sur des plans occidentaux. L’ingérence de cette organisation arabe qui n’a jamais rien fait pour la Palestine ni aucune autre cause arabe a mis le peuple syrien en colère. Petit à petit la crise est délibérément aggravée dans l’intention d’acculer la Syrie et de préparer la scène pour une intervention armée. Si les Etats-Unis ne parviennent pas à obtenir du Conseil de Sécurité de l’ONU les résolutions qu’ils veulent, à cause du veto russe et chinois, la Turquie sera amenée à jouer le rôle central dans ce processus.

Comme tous les petits pays, la Libye n’avait pas les moyens de se défendre contre les attaques aériennes conjuguées de l’Angleterre, la France et les Etats-Unis. Mais la Syrie n’est pas la Libye. Elle a une bien plus grande armée et elle ripostera à une attaque militaire. Elle a dû se battre pour sa survie contre les Français, les Américains et les Israéliens, et il ne faut donc pas se faire d’illusions sur la manière dont elle réagira à toute tentative de traverser ses frontières et d’instaurer une "zone tampon". Aucun pays n’a le droit d’empiéter sur le territoire d’une autre pays et une telle entreprise provoquerait probablement une guerre. On ne sait pas où ni quand, ni comment une telle guerre se déroulerait ni qui y participerait en fin de compte. L’Iran a un traitée défense avec la Syrie et donc il faut s’attendre à ce qu’elle s’y implique. Le Hizbollah a déjà menacé de riposter en attaquant Israël. Un conflit entre la Turquie et la Syrie ouvrirait la porte à une intervention de l’OTAN. Pour empêcher l’encerclement du Moyen Orient et l’invasion de l’Asie Centrale et du Caucase par l’armée étasunienne, la Russie et la Chine pourraient décider de tirer un trait dans le sable. Il faut prendre au sérieux l’avertissement de Bashar comme quoi ce serait une grave erreur attaquer la Syrie. Les Etats-Unis et leurs alliés ont semé la destruction dans deux pays arabes dans les huit dernières années et maintenant ils en ont un troisième en ligne de mire. Il ne s’agit pas seulement ici du Moyen Orient ou de la région mais de l’équilibre du pouvoir dans le monde. On doit se demander si les dirigeants de la Turquie se rendent vraiment compte de ce qui est en jeu.

Dans une courte liste des acteurs qui croient pouvoir tirer profit d’une guerre figurent les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite et ses alliés du Golfe, Israël (bien que les avis y divergent), les frères Musulmans et des groupes Salafistes du Moyen Orient dont le but est d’instaurer des états islamiques. A Washington le même groupe de gens discrédités —les néo-conservateurs— qui ont fait campagne en faveur de la guerre en Irak et qui veulent maintenant faire la guerre à l’Iran sont enchantés de ce qui se passe à la frontière turco-syrienne. Ils ne voient sans doute pas beaucoup plus loin que le bout de leurs nez, mais leurs projets de guerre contre la Syrie et l’Iran remontent à loin. La destruction du gouvernement syrien et des alliances stratégiques entre l’Iran, la Syrie et le Hizbollah serait une victoire stratégique d’une valeur incomparable pour les Etats-Unis et leurs alliés arabes. La plupart de ces gouvernements n’accordent pas à leurs ressortissants les libertés qu’ils revendiquent pour le peuple syrien. En Arabie Saoudite les femmes n’ont pas le droit de conduire. Au Qatar elles le peuvent mais le Qatar n’a pas de constitution, pas de parlement, pas de syndicats et a un système de travail "sponsorisé" (le qafil, qui est le nom qu’on donnait au joug de bois que l’on mettait aux cous des Africains pour les emmener en esclavage) qui permet aux employeurs d’empêcher les travailleurs d’entrer et de sortir du pays.

En tant que négociateur et facilitateur entre le gouvernement syrien et l’opposition internationale, la Turquie a un rôle à jouer mais provoquer la Syrie à la frontière, faire la leçon à Bashar al Assad comme s’il était un gouverneur de province réfractaire de l’époque ottomane et soutenir ceux qui tuent des citoyens syriens n’est pas la bonne méthode.

Jeremy Salt 

Traduction : Dominique Muselet »

Jean Vinatier
SERIATIM 2011

Sources :


Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Angola, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Bangladesh, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Ethiopie, Ghana, Gabon, Gambie, Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kazakhstan, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Philippines, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Syrie, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Vatican, Venezuela, Vietnam, Yémen

« Pour l’honneur de la Sorbonne » N°1065 5e année

Je relaie la pétition de la Sorbonne:

« Depuis le printemps 2011, cinq hommes sont en prison à Abu Dabi (Emirats Arabes Unis). Selon les informations transmises par l’organisation Human Rights Watch, ces hommes sont emprisonnés pour avoir critiqué le gouvernement de leur pays et demandé l’introduction ou l’extension de droits démocratiques. Toujours selon HRW, ils n’ont pas eu droit à un procès équitable, et s’apprêtent à entamer une grève de la faim.

Parmi ces personnes, se trouve Nasser Bin Ghaith, qui a donné un enseignement à Paris-Sorbonne-Université à Abu-Dabi, antenne locale de l’Université Paris-Sorbonne.

L’honneur de l’université exige qu’elle se prononce, de façon claire, pour le respect des droits de la défense, pour la liberté d’opinion et pour la libération immédiate de Nasser Bin Ghaith et de ses codétenus.

Dans quelque domaine et sur quelque territoire que ce soit, l’Université n’est pas seulement une prestataire de services d’enseignement ou de recherche, mais un sujet moral. A ce titre, il est de son devoir de ne pas rester muette devant une injustice qui se commet à ses portes.

Paris, le 17 novembre 2011

Les signatures peuvent être envoyées à l’adresse suivante : pourlhonneurdelasorbonne@gmail.com (tout attaché, sans apostrophe ni espaces)


Robert Abirached, professeur émérite à l’Université Paris-Ouest Nanterre (Paris X),

Jean-Marie Apostolidès, professeur à l’Université Stanford, USA,

Francis Assaf, enseignant chercheur, université de Géorgie (États-Unis),

Jacques Aumont, professeur émérite à l’Université Paris III Sorbonne nouvelle, directeur d’études au CNRS,

Carole Auroy, professeure à l’Université d’Angers,

Renaud Barbaras, professeur à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne,

Sophie Basch, professeure à l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV),

Gérard Bensussan, professeur à l’Université de Strasbourg,

Fethi Benslama, professeur à l’Université Paris-Diderot (Paris-VII), Doyen de l'UFR Sciences Humaines Cliniques,

Michel Bernard, professeur à l’Université Paris III Sorbonne nouvelle,

Egidius Berns, professeur émérite à l’Université de Tilburg (NL),

Helene Bilis, assistant professor, Wellesley College (USA),

Gérard Bras, professeur de première supérieure, Lycée A. Schweitzer, Le Raincy,

William Brooks, professeur à l’Université de Bath (GB),

Claire Carlin, professeur à l’Université de Victoria (Canada),

Marc Cerisuelo, Professeur à l’Université de Provence,

Danièle Chauvin, professeure émérite à l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV),

Michel Deguy, professeur émérite à l’Université Paris VIII,

Pénélope Deutscher, professeure à Northwestern University, Chicago (USA),

Véronique Dominguez, maître de conférences à l’Université de Nantes,

Thomas Dommange, professeur, ancien directeur de programme au Collège International de Philosophie (Montréal, Canada) ;

Stéphane Douailler, professeur à l’Université Paris VIII,

Anne Douaire-Banny, maître de conférences à l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV),

Marcel Drach, maître de conférences à l’Université Paris-Dauphine,

Anne Duprat, maître de conférences à l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV),

Marc Escola, professeur à l’Université Paris VIII,

Olivier Gallet, maître de conférences à l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV),

Bruno Gelas, professeur émérite à l’Université Lumière Lyon II, président honoraire de l’Université,

Véronique Gély, professeure à l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV),

Claire Goldstein, Associate Professor, Miami University (Oxford, Ohio USA),

Evelyne Grossman, professeure à l’Université Paris-Diderot (Paris VII),

Denis Guénoun, professeur à l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV),

Michel Guérin, professeur à l’Université de Provence, membre honoraire de l’Institut Universitaire de France,

Pierre-Damien Huyghe, professeur à l’Université Paris I Panthéon- Sorbonne,

Rada Ivekovic (Collège International de Philosophie),

Hélène Laplace-Claverie, professeure à l’Université d’Avignon,

Pierre Lauret, professeur de Première supérieure, Lycée Condorcet (Paris),

Françoise Lavocat, professeur à l’Université Paris III Sorbonne nouvelle,

Jean-François Louette, professeur à l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV),

Jean-Claude Marcadé, directeur de recherches émérite au CNRS,

Paola Marrati, professeure à l’Université Johns Hopkins (Baltimore, USA),

Michel Maslowski, professeur à l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV), directeur du département de polonais,

Jean-Michel Maulpoix, professeur à l’Université Paris-Ouest Nanterre (Paris X),

Jean Maurice, professeur émérite à l’Université de Rouen,

Marie-Madeleine Mervant-Roux, directeur de recherches au CNRS,

Eric Michaud, directeur d’études à l’EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales),

Claude Mouchard, professeur émérite à l’Université Paris VIII,

Catherine Naugrette, professeure à l’Université Paris III Sorbonne nouvelle,

Florence Naugrette, professeure à l’Université de Rouen,

Jean Nicolas, professeur émérite à l’Université Paris VII-Diderot,

Françoise Palleau-Papin, professeure à l’Université Paris-Nord (Paris 13),

Patrice Pavis, professeur honoraire à l’Université Paris III Sorbonne-nouvelle,

François Picard, professeur à l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV), directeur de l'équipe Patrimoines et Langages Musicaux,

Jean-Claude Pinson, maître de conférences honoraire à l’Université de Nantes,

Matthieu Potte-Bonneville, président de l’Assemblée collégiale du Collège International de Philosophie,

Dominique Pradelle, professeur à l’Université Blaise Pascal (Clermont Ferrand II),

Marwan Rashed, professeur à l’Ecole Normale Supérieure (Paris),

François Regnault, ancien maître de conférences à l’Université Paris VIII,

Jean-Loup Rivière, professeur à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon, directeur du département des Arts,

Jean-François Sablayrolles, professeur à l’Université Paris-Nord (Paris 13),

Diogo Sardinha (Collège international de philosophie),

Jean-Pierre Sarrazac, professeur émérite à l’Université Paris III Sorbonne nouvelle,

Alain Schaffner, professeur à l’Université Paris III Sorbonne nouvelle,

Marta Segarra, professeure à l’Université de Barcelone (Espagne),

Bernard Stiegler, directeur de l’Institut de Recherche et d’Innovation, Centre Pompidou,

Jérôme Thélot, professeur à l’Université Jean-Moulin (Lyon III),

Anne Tomiche, professeure à l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV),

Bernard Vouilloux, professeur à l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV),

Jean-Claude Vuillemin, professeur à The Pennsylvania State University (USA),

Kerry-Jane Wallart, maître de conférences à l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV),

Emmanuel Wallon, professeur à l’Université Paris-Ouest-Nanterre (Paris X),

Pierre Zoberman, professeur à l’Université Paris-Nord (Paris 13) »


Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2011

 Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Angola, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Bangladesh, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Ethiopie, Ghana, Gabon, Gambie, Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kazakhstan, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Philippines, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Syrie, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Vatican, Venezuela, Vietnam, Yémen

jeudi 17 novembre 2011

Indignés à La Défense : leur appel N°1064 5e année

« Groupes de Travail
Nous, occupants de la Défense, adressons aux peuples de France et du Monde ce message d’alerte et d’espoir.
Nous sommes réunis ici, au cœur de la finance française, afin de débattre, de réfléchir et d'agir au sein d'un espace public qui appartient à tous les citoyens.
Nous refusons de n’être que de simples pions manipulés par la mécanique d’un système opaque, sur lequel nous n’avons aucune prise. Alors qu'une grande partie de notre classe gouvernante s’est mise au service du monde financier et des grands groupes industriels, nous estimons que le système de démocratie dit « représentatif » ne nous représente plus.
Ainsi, unis comme un seul peuple, nous reconnaissons ce fait indéniable : l'avenir de l'Humanité exige la coopération de ses membres.
Nous n'aspirons pas à jouer le rôle d'un parti politique. Ce qui nous distingue, c'est que nous ne voulons pas accaparer le pouvoir, mais le rendre accessible à tous. Notre action, via internet et les assemblées populaires, va dans le sens de la démocratie directe et réelle.
Or malgré une attitude strictement non-violente, nous avons été molestés ou spoliés de nos biens par la force publique. Cette même force publique instituée selon la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen « pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée.»
Nous sommes avant tout des citoyens conscients, et des êtres humains indignés par le monde qui nous entoure.
Voilà pourquoi, nous appelons tous les citoyens et citoyennes qui refusent les divisions que l'on nous impose à unir leurs talents et intelligence, à se rencontrer pour œuvrer ensemble à la création d'un nouveau projet, dont l'essence sera le respect des individus et de leur environnement.
Nous pouvons libérer et reprendre l'espace public sous toutes ses formes.
Rejoignez-nous !
yannis »
 Site des indignés :

Jean Vinatier
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Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Angola, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Bangladesh, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Ethiopie, Ghana, Gabon, Gambie, Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kazakhstan, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Philippines, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Syrie, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Vatican, Venezuela, Vietnam, Yémen

mercredi 16 novembre 2011

Sarko : sus aux hollandais ! N°1063 5e année

Voilà un Président qui se prépare hardiment à entrer en campagne éclair fin février : n’essaie-t-il pas toutes sortes de montures d’un bout à l’autre de l’hexagone, lançant ici et là des propositions capables, pense-t-il, de tenir en haleine son électorat, de flatter toutes les communautés, de réveiller les indécis ? Poussières et tumultes, pour une campagne à venir dont on se sait si elle se terminera par un second Soleil d’Austerlitz ou bien par les adieux de Fontainebleau !
En face, le camp hollandais vient de présenter l’état-major officiel (l’officieux est naturellement inconnu) le jour même où François Hollande et Cécile Duflot se querellent autour du Mox.
Reconnaissons que Nicolas Sarkozy  est en passe de n’être plus que l’unique candidat de la droite classique : après Borloo, Villepin devrait s’incliner en rase campagne sur fond d’affaire Takieddine (Karachi) et même recevoir quelques deniers sous forme d’une députation ou ambassade. François Bayrou et Marine Le Pen, sont les seuls qu’il ne pourra pas borner. Sans doute escompte-t-il se retrouver au second tour face à la présidente du Front national (François Hollande fait le même calcul) et gagner, alors, le ralliement de tous les centristes. Cependant, si ses troupes présentent bien, les arrière-pensées et les angoisses liées à la campagne législative de mai/juin 2012 ne tarderont pas à fragiliser le corps de bataille. Il y a également la crainte d’un abaissement de la note française par les agences de notation,d’un troisième plan de rigueur ou d’austérité en moins d’un an  et une monnaie unique de plus en plus cristalline. Une situation, économique et sociale dramatique démentie, apparemment,  par une récente étude: de plus en plus d’inégalités, des rallongements de la durée du travail pour les travailleurs les plus faibles, des différences salariales plus criantes mais, nous affirme-t-elle, des Français heureux au bureau et satisfaits de leur sort social ! En somme, nos compatriotes seraient soumis et capitulards. Avec de telles conclusions le Président Sarkozy peut arpenter les campagnes et les villes promettre tout, glorifier la protection sociale issue du CNR, dénoncer les fraudeurs sociaux (les salariés par les entrepreneurs), prévoir le travail obligatoire une semaine pour les RSA, donner satisfaction à l’industrie hôtelière du luxe, caresser en tous sens les plus riches et ainsi de suite.
Un bémol à cette excitation, de novembre à la fin février, date de son entrée en campagne, il s’écoulera quatre mois pendant lesquels il ne faudra pas faiblir, allonger le catalogue à la Prévert mélangeant programme, promesses, sourires et froncements de sourcils. De même dire du matin au soir que François Hollande n’est pas un chef d’Etat trouvera son épilogue rapidement d’autant plus que l’actuel Chef de l’Etat ne parvient toujours pas à l’être…au bout de quatre ans !
Les socialistes ont l’honneur des salves d’en face et sur leurs arrières : Copé et Mélenchon se relaient pour moquer le « capitaine de pédalo » tandis que Daniel Cohn-Bendit décochera, comme il en a l’habitude, les flèches empoisonnées autant pour blesser les Verts que le PS. Jusqu’à présent la rue de Solferino s’est montrée mesurée sur les crises, grecque et italienne, n’apportant pas un soutien massif au Pasok, parti frère, et ne s’offusquant pas  non plus de l’entrée au ministère  d’union nationale de Papadémos de l’extrême-droite !
L’UMP et le PS entrant sur le champ de bataille tous les deux sur un terrain profondément miné, n’auront-ils pour masquer leurs convergences idéologiques économiques qu’à se balancer les quolibets et les « affaires » ? Qu’ils n’en abusent pas : si les Français se mettaient à grogner d’un coup, une redoutable déconvenue se préparerait, tétanisant tant à la présidentielle qu’à la législative les partis-piliers de la Ve République.
 Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2011
Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Angola, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Bangladesh, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Ethiopie, Ghana, Gabon, Gambie, Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kazakhstan, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Philippines, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Syrie, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Vatican, Venezuela, Vietnam, Yémen

mardi 15 novembre 2011

« Décolonisez l’Afrique » par Bernard Lugan N°1062e année

Un long entretien avec l’auteur de l’ouvrage (2x40 minutes) qui ne manquera pas de faire grincer des dents:
 Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2011
 Source:
Lugan ( Bernard): Décolonisez l’Afrique, Paris, Ellipses, 2011, 16 €
 Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Angola, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Bangladesh, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Ethiopie, Ghana, Gabon, Gambie, Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kazakhstan, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Philippines, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Syrie, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Vatican, Venezuela, Vietnam, Yémen

« Où va l’Amérique d’Obama ? » Alexandre Adler/Hervé de Carmoy N°1061 5e année

Un court ouvrage à deux mains : la première partie écrite par l’habile Alexandre Adler est une sorte de préface synthèse  de la seconde partie rédigée par un ancien banquier, Hervé de Carmoy. Le propos de ce dernier se divise en cinq chapitres : démographie, secteur financier, innovations technologiques, politique étrangère, dimension militaire. Chacun des chapitres se sous-divise en un exposé général suivi de  questions pertinentes et, enfin, de conclusions dans l’ensemble positives. L’ouvrage écrit trop tôt, la situation intérieure est peu abordée alors que l’Amérique profonde est secouée par les Teas parties et par les multiplications des « Occupy » de Wall Street à Mosier, gros bourg de l’Oregon (430 habitants). Mais les deux auteurs comme beaucoup de leurs semblables habitués à certains cercles métropolitains ne considèrent pas l’Américain du Nevada ou de l’Iowa qui sent trop la terre : seuls ceux de la Silicon valley et de Pennsylvania Avenue méritent de l’attention. En fait les deux auteurs ont une vision très impériale des Etats-Unis : l’essentiel est ce que grand pays continue à attirer les élites des autres continents dans les universités : ne plaident-ils pas pour que le melting-pot soit un « melting-top »(p.70) ? On doit venir à Rome et non l’inverse….
La géographie est également peu présente alors que l’examen d’une carte fournirait d’un seul regard tout le potentiel que les Etats-Unis possèdent avec leur longue façade pacifique. Mais, elle est sous-entendue quand Hervé de Carmoy évoque la politique étrangère de plus en plus offensive et la force militaire, aujourd’hui la première: plus de 500 bases à travers le monde sans compter celles secrètes et sans omettre les antennes de la CIA et du FBI.
Au terme de la lecture de ce livre, est-ce bien de l’Amérique du Président Obama qu’ils voulaient évoquer et pour lequel Hervé de Carmoy a une admiration réelle ? Ou bien ne saisissaient-ils à l’occasion de l’arrivée dans le Bureau ovale d’un Président noir d’exprimer leur union aux desseins de cette hyperpuissance ? Ainsi Alexandre Adler dans les lignes « … tant il demeure vrai que la République américaine porte toujours dans son code génétique le plus fondamental, les destinées  et les espoirs de la démocratie ainsi que de la liberté dans le monde, sans parler de l’indispensable conquête et colonisation  de l’espace le plus proche, la lune et les astéroïdes » (p.40)
Puis à la page 163, Hervé de Carmoy lui répond en écho : « Malgré tout et dans son ensemble, les Etats-Unis sont satisfaits de la position qui la leur dans le monde d’aujourd’hui. Ils ne  cherchent nullement à l’étendre. Ils sont en revanche attachés à ce que le monde continue comme il est, c’est-à-dire selon une équation qui les avantage tant leurs règles  de jeu prévalent encore. »
On comprend qu’à Cannes, Nicolas Sarkozy ait tenu à tout prix à échanger d’égal à égal avec le POTUS !
Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2011
Source:
Adler (Alexandre), Carmoy (Hervé de) : Où va l’Amérique d’Obama ? , Paris, PUF, 2011, 18 €
Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Angola, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Bangladesh, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Ethiopie, Ghana, Gabon, Gambie, Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kazakhstan, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Philippines, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Syrie, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Vatican, Venezuela, Vietnam, Yémen