Info

Nouvelle adresse Seriatim
@seriatimfr
jeanvin22@gmail.com



Affichage des articles dont le libellé est Pays-Bas. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Pays-Bas. Afficher tous les articles

mardi 28 mars 2023

Une « dissimulation profonde » : l’insondable duc de Marlborough par Clément Oury N°5661 17e année

 

Le Duc de Marlborough, John Churchill, le plus redoutable ennemi de Louis XIV, Paris, Perrin, 2022

Voir le film La favorite (2018): https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=241255.html

« Conférence de Clément Oury avec Nathalie Genet-Rouffiac

Admiré ou détesté, John Churchill, duc de Marlborough (1650-1722), est l’une des personnalités les plus controversées de l’histoire britannique. Issu de la petite noblesse désargentée, il parvient aux plus hautes fonctions grâce à ses talents militaires et diplomatiques, mais aussi à son art consommé de l’intrigue. Louvoyant entre les partis et les allégeances dynastiques, complotant contre les différents souverains qui se succèdent sur le trône d’Angleterre, il joue un rôle majeur dans le succès de la Glorieuse Révolution (1688), puis fait subir à Louis XIV les pires défaites de son règne durant la guerre de Succession d'Espagne (1701-1714), avant d’être privé de ses charges pour malversation. Ses objectifs, ses convictions, et même certains de ses agissements sont encore sujets à débat. Les sources, pourtant, ne manquent pas, Marlborough ayant été au centre de l’attention de tous les observateurs européens. Mais même dans sa correspondance, l’homme ne se laisse pas aisément dévoiler. Écrire sa biographie, c’est donc tenter de faire parler des archives aussi abondantes que contradictoires, partiales et souvent lacunaires. Comment peuvent-elles nous aider à comprendre les succès et à éclairer les zones d’ombre d’un homme qui a toujours cultivé, selon ses contemporains, une « dissimulation profonde » ? » 

Jean Vinatier Seriatim 2023

jeudi 7 juillet 2022

Révolte agricole néerlandaise : climat électrique N°5881 16e année

La révolte nationale des agriculteurs néerlandais qui bloqua le royaume, soutenue par les pêcheurs, les camionneurs, la population, est effacée de nos médias….1qui préfèrent de loin se pencher sur le discours de politique générale d’Elisabeth Borne, cette dernière usant à foison du mot de souveraineté et dans un instant de pose, elle rappela que son combat sera celui contre les agressions sexuelles faites aux femmes… Mais comme elle le dit : « elle passe son temps à répondre à des questions connes ». Une vraie Macron : arrogance et mépris….

Les paysans néerlandais protestent contre la politique bruxelloise qui abaisserait drastiquement le niveau d’azote, une azote produite naturellement par le cheptel : la directive européenne vise à réduire ledit cheptel au nom de la transition écologique. Dans un moment où les pénuries alimentaires prennent formes du fait, notamment, des sanctions contre la Russie et des conséquences non mesurées par les européens, la seule pensée européenne serait donc de programmer la famine des européens ! On est dans un monde fou et irresponsable. Notez bien que le rétablissement des mines de charbon, ne suscitent aucune ire de la part des écologistes tant allemands que français : contre la Russie tout est bon, même si l’on succombe à des vagues polluantes...

Dans ce climat électrique qui pourrait tout à fait s’étendre, le gouvernement français s’apprête à renationaliser EDF : une société autrefois si rentable, que le gouvernement français s’est attaché à démembrer pour convenir aux consignes européennes et désormais se préparerait à faire payer aux Français, plutôt qu’aux actionnaires l’impéritie présente ! Le Français est traité comme le cheptel néerlandais, en vache à lait pressée. C’est un scandale considérable2 !:

(TTSO) : « La nationalisation d’EDF aura constitué la seule annonce vraiment concrète du discours de politique générale. Concrète mais pas surprenante. A 45Mds€, la dette d’EDF est à présent colossale… et se creuse par l’obligation que fait peser l’Etat sur EDF de vendre son électricité à perte (le bouclier tarifaire). A cela, il faut ajouter 50Mds€ pour l’entretien du parc nucléaire actuel et 50 autres Mds pour construire les 6 EPR2 annoncés par E. Macron. La nationalisation était la seule issue.

L’Etat (déjà à 85% du capital) devra débourser 5 à 6Mds€ pour monter à 100%. On peut s’inquiéter de ces montants… mais pas sûr que ça nous fasse préférer le modèle énergétique allemand. »

La transition écologique qui laisse, tout de même, la Chine et l’Inde libres de commencer à réduire leurs émissions polluantes seulement à partir de 2030, n’effraie pas du tout les gouvernements européens, lunettes américaines sur le nez, béats devant « la nouvelle société » toute en cancel : culture, sociétale, économique……

La nourriture et les ressources énergétiques pourraient venir à être irrégulières  « que le quoi qu’il en coûte » des aides qui continuent sous d’autres vocables ne remplacerait pas. Ironiquement, L’Opinion à dit qu’Elisabeth Borne venait de franchir une haie…justement une haie si symbolique des révoltes paysannes anglaises (les enclosures act) réprimées par des pendaisons multiples pour le plus grand profit des grands propriétaires terriens au détriment des communaux…On en revient toujours à l’Histoire dans sa tragédie. Nous voyons grandir les spectres de mouvements populaires face à des forces de l’ordre d’autant plus odieuses face à leurs semblables (voir les policiers néerlandais braquant les routiers hollandais) que leurs maitres foncent tête baissée vers une nouvelle « société »  de traçage, de puçage…

Histoire toujours car n’oublions pas que les Pays-Bas, outre qu’ils se battirent quatre-vingts ans pour leur indépendance, forgèrent le plus ancien hymne national, firent bloc contre les nazis, ont été, notamment, à travers la grande Flandre à l’origine de révoltes brutales et davantage encore annoncèrent en 1787/88 contre leur Stathouder et la Prusse et la passivité de Versailles, la révolution française….

Jean Vinatier

Seriatim 2022

Sources :

 

1-Philippe Herlin sur Sud Radio : Révolte des agriculteurs hollandais - "Ça va s'étendre à toute l'Europe" Philippe Herlin

https://youtu.be/IHbT9bpiUVY

 

2-https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-choix-franceinfo/resultats-en-baisse-dette-colossale-investissements-lourds-lesmauvais-comptes-d-edf-font-planer-le-spectre-d-une-renationalisation-de-l-electricien_5173423.html

 

Jean Vinatier

Seriatim 2022

vendredi 10 avril 2020

Union européenne/euro : ambiance Pirate des Caraïbes N°4876 14e année


Après des semaines de disputes et d’un échec, finalement, hier soir, l’Eurogroupe s’est entendu pour établir un plan de relance évalué à 500 milliards d’euros (hier la FED injectait dans l’économie américaine 2300 milliards de dollars) soit trois piliers d’un immense convoi de prêts, d’aides dont il faudra assurer le remboursement.
Quant au plan de relance ou quatrième pilier (français), il reviendrait aux chefs d’Etat et de gouvernement de s’entendre pour savoir s’il s’agirait de dettes mutualisées ou pas : les députés néerlandais ont déjà répondu négativement !

Le vice-chancelier et ministre des finances allemand, Olaf Scholz affirme : « c’est un grand jour pour la solidarité européenne » quand Bruno Le Marie clame : « pas de bons compromis sans bonnes ambiguïtés ».
Solidarité et ambiguïtés, deux mots qui résument le terme tout à fait provisoire des querelles et des suivis de ces mesures dont le contribuable aura à payer le prix.
Ces discussions constantes se sont déroulées au terme de la « guerre des masques »: on vit des Etats européens se saisirent de stocks de masques destinés à d’autres Etats européens : spectacle lamentable très « Pirate des Caraïbes » qui soulignait, une fois encore, la faiblesse de la solidarité intercontinentale.
Davantage depuis le Brexit, l’Union européenne est entre les mains de l’Allemagne et des Provinces-Unies. La Haye et Berlin alternent good cop/bad cop. Cette fois-ci, les néerlandais eurent apparemment le mauvais rôle qui permettait à Berlin de parler « solidarité » pour contenter la demande française.
Cet accord à l’arraché aura des longues réunions pour la mise en place des piliers de lignes de crédits et du fonds de garantie,  tout en se faisant sous les yeux scrupuleux de La Haye et de Berlin. Aux Provinces-Unies, le parlement a voté son soutien au Premier ministre très opposé aux coronabonds quand Berlin, écoutant les remarques du patronat et plus particulièrement celui du secteur automobile dont les sous-traitants sont très nombreux en Italie du nord, lâche du lest au nom « de la solidarité européenne » en réalité pour soulager son pays très largement exportateur : charité bien ordonnée…
Paris, de son côté, s’agrippe à la mutualisation des dettes chère à l’Europe du sud (« le club Med pour Angela Merkel) et dont la France aimerait bien être le porte-drapeau : c’est son quatrième pilier  qui baigne dans le flou complet.
Très clairement, l’Allemagne et les Provinces-Unies sont les deux Etats qui ont le plus de capitaux, de richesses et occupent la tête-liste des pays sérieux pour les financiers mondiaux. Berlin a réussi à reconquérir son rang de grande puissance industrielle et financière via les étapes de la construction européenne et a su placer sous son égide l’euro. Géopolitiquement, l’Allemagne a sous son aile d’influence toute l’Europe, du Nord (pays baltes), centrale et le Benelux. La France n’a gardé que le seul verbe politique tout en délocalisant des pans entiers industriels : elle n’est plus en mesure de peser sur l’Allemagne. Qu’on ne s’y trompe pas, c’est Berlin qui donne le tempo « solidaire » et laisse à Paris les incantations.
D’une façon plus générale, cet afflux monétaire ne suffit pas. A tous ces milliards magiques qu’y-t-il en face, c’est-à-dire politiquement, philosophiquement, spirituellement, stratégiquement ? Rien, le vide total. Bien sûr, il est normal de se féliciter des nouveaux crédits (à rembourser) pour une reprise d’activité entrepreneuriale, néanmoins, faudrait-il voir au-delà à moins que l’Union européenne n’ait de finalité que la répartition des milliards.
Le coronavirus s’il perturbe les dogmes économiques en cours ne renverse pas la table européenne. On y voit une continuité avec les mêmes outils qu’hier et le bon fonctionnement du duo germano-batave qui verrouille l’irrigation financière tout en préservant ses intérêts nationaux (automobile allemande) tout en veillant, par exemple à éviter une nouvelle crise politique en Italie, gardant en réserve la carte Draghi.
Alors, la remarque du ministre Le Maire qui mettait en parallèle « compromis » et ambiguïtés » n’était- elle pas sans ambiguïté !


Jean Vinatier
Seriatim 2020

vendredi 21 février 2020

Saskia Sassen : « Expulsions » N°4827 14e année

Court entretien avec la sociologue américano-néerlandaise qui proposa la première la notion de « ville-mondiale » (global city).
 Son dernier ouvrage : Expulsions. Brutalité et complexité dans l'économie globale [« Expulsions: Brutality and Complexity in the Global Economy »], Paris, Éditions Gallimard, coll. « NRF Essais », 2016, 384 p. Jean Vinatier 
Seriatim 2020

lundi 18 mars 2019

« La Tefaf, toujours au sommet par Didier Rykner » N°4649 13e année


« Comme chaque année à la Tefaf (foire de Maastricht), dès l’ouverture ou presque, la foire bruit de rumeurs sur les plus belles œuvres qui y sont présentées. Cette année, on y trouvait de manière unanime le tableau de Wright of Derby présenté par Lowell Libson (ill. 1), une de ces scènes de nocturne extraordinaires dont le peintre a le secret. L’œuvre s’est vendue tout aussi rapidement. Selon nos informations, l’acheteur serait le Getty, ce que le vendeur et le musée se sont pour l’instant refusés à confirmer. Nous y reviendrons probablement dans une prochaine brève.
Parmi les autres objets qui tenaient la vedette, outre le diorama chez Philippe Perrin dont nous avons déjà longuement parlé (voir notre éditorial), prenait place la grande Crucifixion de Louis Cretey (ill. 2), chez Rob Smeets, sans doute le chef-d’œuvre de cet artiste qui n’avait pas été retrouvé pour la rétrospective de 2010 (voir l’article) et qui ne figurait à l’époque dans le catalogue que par une photographie en noir et blanc. Cette grande toile intéressait au moins deux musées français, mais hélas elle fut acquise presque tout de suite par un des collectionneurs particuliers étrangers les plus actifs, notamment dans le domaine de la peinture baroque. »
La suite ci-dessous :


Jean Vinatier
Seriatim 2019