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vendredi 31 janvier 2020

« La révolution culturelle nazie par Johann Chapoutot » N°4807 14e année

Conférence 2018
 « Pour les nazis, la « culture » était à l'origine la simple transcription de la nature : on révérait les arbres et les cours d'eau, on s'accouplait, se nourrissait et se battait comme tous les autres animaux, on défendait sa horde et elle seule. La dénaturation est intervenue quand les Sémites se sont installés en Grèce, quand l'évangélisation a introduit le judéo-christianisme, puis quand la Révolution française a parachevé ces constructions idéologiques absurdes (égalité, compassion, abstraction du droit...). 
Pour sauver la race nordique-germanique, il fallait opérer une « révolution culturelle », retrouver le mode d'être des Anciens et faire à nouveau coïncider culture et nature. C'est en refondant ainsi le droit et la morale que l'homme germanique a cru pouvoir agir conformément à ce que commandait sa survie. Grâce à la réécriture du droit et de la morale, il devenait légal et moral de frapper et de tuer. 
En approfondissant des points particuliers, comme la lecture du stoïcisme et de Platon sous le IIIe Reich, l'usage de Kant et de son impératif catégorique ou la réception en Allemagne du droit romain, Johann Chapoutot montrera comment s'est opérée la réécriture de l'histoire de l'Occident et par quels canaux de telles idées sont parvenues aux acteurs des crimes nazis. 
Cette conférence accompagne les expositions « Un dictateur en images. Photographies de Heinrich Hoffmann » et « Regards sur les ghettos. Photographies de propagande allemande et des photographes juifs des ghettos d'Europe orientale (octobre 1939 – août 1944)» qui se tiendront au Pavillon Populaire du 27 juin au 16 septembre 2018. Commissariat : Alain Sayag et Sophie Nagiscarde.
Johann Chapoutot est professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris III Sorbonne-Nouvelle et membre de l'Institut universitaire de France. Spécialiste d'histoire politique et culturelle, il explore depuis sa thèse de doctorat la question de l'usage de l'histoire, de la philosophie et du droit par l'idéologie nazie. » “Le management, du nazisme à la mondialisation, ou l’art de produire le consentement et l’illusion d’autonomie chez des sujets aliénés.
S’il ne dresse pas un réquisitoire contre le management et s’il ne dit pas non plus qu’il s’agit d’une invention du IIIe Reich, Johann Chapoutot, notre invité, souligne une continuité entre les techniques d’organisation du régime nazi et celles que l’on retrouve aujourd’hui au sein de l’entreprise.
Pour en parler, Raphaël Bourgois reçoit Johann Chapoutot, professeur d'histoire contemporaine à la Sorbonne (spécialiste d'histoire de l'Allemagne, auteur "Libres d'obéir : le management, du nazisme à la RFA" Éd. Gallimard). La Grande table Idées de Raphaël Bourgois – émission du 8 janvier 2020 » Jean Vinatier
Seriatim 2020

« La France au bord de l’implosion sociale ? par Emmanuel Todd » N°4806 14e année

« Depuis plus d'un an, la France connaît un regain spectaculaire de conflits sociaux, incarné notamment par les Gilets jaunes et plus récemment par les mouvements contre la réforme des retraites. Sommes-nous entrés dans un nouveau chapitre conflictuel de notre histoire sociale ? C’est la théorie qu’avance l’historien et démographe Emmanuel Todd dans son nouvel ouvrage "Les luttes de classes en France au XXIe siècle". L'Invité des Matins de Guillaume Erner - émission du 22 janvier 2020 » 
Jean Vinatier 
Seriatim 2020

dimanche 26 janvier 2020

Le Conseil d’Etat anéantit la contre-réforme des retraites ? N°4805 14e année


Le gouvernement assuré de la CFDT, l’UNSA et la CFTC, faisait claironner partout que la grève était terminée, les journalistes écrivaient à la hâte toutes les louanges manœuvrières qui du Premier ministre, qui de tel syndicaliste. L’exécutif affectait de ne pas voir la manifestation de vendredi et avançait alors d’un pas ferme vers l’assemblée assuré de la discipline du parti présidentiel majoritaire pour valider son projet de loi quand patatras, le Conseil d’Etat, loin de battre la chamade, déboulait dans le champ que l’exécutif croyait clos en affirmant ne pas pouvoir garantir la « sécurité juridique du projet » et déplorait « les projections financières lacunaires ». Autant dire que les piliers juridique et financier de la contre-réforme des retraites sont abattus….

Bref, le Conseil d’Etat a anéanti la contre-réforme des retraites !

Que reste-t-il au pouvoir, quand même pas à espérer selon le député de LAREM, Dominique Da Silva, « un virus  coronavirus chez les plus de 70 ans » ?


Jean Vinatier
Seriatim 2020



« Emmanuel Macron : Illégalité, illégitimité et imposture par Régis de Castelnau » N°4804 14e année


« La France et le problème Macron.

La République française à un gros problème avec celui qui lui sert de président. Celui-ci est désormais perçu massivement par le peuple comme complètement illégitime à en occuper ce poste à diriger le pays.
Cette situation explique le rejet dont il est l’objet et ce au-delà de la politique mise en œuvre, la corruption qui l’entoure, sa nullité politique, ses traits de caractère insupportables et son arrogance personnelle. Toutes ses interventions quelles qu’elles soient, sont immédiatement disqualifiées avec une rage surprenante. Et il apparaît maintenant d’évidence qu’il ne pourra pas gouverner sans le recours à une répression féroce à l’aide de sa justice, sa police et les lois liberticides que son Assemblée nationale croupion adopte en cadence. Interpellé sur les dérives de son régime Emmanuel Macron a voulu imprudemment nous donner une petite leçon en lançant à la volée « essayez la dictature et vous verrez! », en définissant en parallèle dictature et démocratie. Le problème est que sa description de la dictature colle à son système. Et celle de la démocratie entretient avec le macronisme des rapports étonnamment lointains. Quand par exemple il dit : « Une dictature, c’est un régime ou une personne ou un clan décident des lois », on a envie de lui répondre « mais Monsieur Macron c’est exactement ce qui se passe avec votre Assemblée nationale croupion complètement caporalisée et qui n’a aucun état d’âme à piétiner nos libertés publiques à votre demande. Et quand les sénateurs essaient d’utiliser leurs maigres prérogatives de contrôle, vous et vos hommes de main les insultez et les menacez. »
Avant d’examiner comment et pourquoi la légitimité de l’actuel président de la république est complètement anéantie, il convient de s’expliquer sur ce que devrait être cette légitimité républicaine qui lui fait désormais complètement défaut.
Évidemment, on en revient une fois encore à Max Weber qui en a défini la dimension politique. Pour lui, le concept de légitimité se rapporte à la notion de reconnaissance sociale. C’est socialement et non juridiquement que se définit la légitimité. Même si dans une démocratie, le pouvoir (Macht) réside dans la domination (Herrschaft) rationnelle et légale, la légitimité vient d’abord du respect de la loi, condition première nécessaire mais pas suffisante. Or, dans les faits le régime Macron est formidablement éloigné cette exigence. Inconstitutionnalité et illégalité à tous les étages, et les psalmodies régulières de ses soutiens, passant leur temps à invoquer une soi-disant légalité formelle de son arrivée au pouvoir n’y changeront rien. D’abord parce que c’est faux, puisque que cette élection a été manipulée et truffée d’illégalités. Et que les Français clairement ou confusément le savent ce qui explique depuis un an leur rejet massif du locataire de l’Élysée. Mais ensuite ce rejet provient aussi de ce qu’après l’élection la légitimité démocratique doit se valider jour après jour par un exercice du pouvoir régulé dans un dispositif institutionnel fonctionnant normalement. Or, ce n’est clairement pas le cas du système Macron. Et empêche la reconnaissance sociale de ce pouvoir minoritaire comme l’ont encore démontré les élections européennes où le parti du président présenté par sa propagande comme vainqueur (!) a royalement culminé à 11 % des inscrits…

Comment Emmanuel Macron est-il arrivé au pouvoir ? »
La suite ci-dessous :

Jean Vinatier
Seriatim 2020

samedi 25 janvier 2020

Des Bouffes du Nord à Jérusalem ou les tribulations d’un cabotin N°4803 14e année


Louis XIV jeune aimait à se produire en public lors de carrousels somptueux qui ravissaient les parisiens et les étrangers venus spécialement : splendeur, grâce, éclat du jeune monarque et de sa cour, puissance française affirmée. Quelques siècles plus tard, la France ne fait plus le théâtre, ses comédiens et auteurs n’occupent plus la première place, ne restent donc que des acteurs qui nous ressemblent et les politiciens suivant en cela la lente mais sure décomposition française dans bien des domaines s’abaissent avec une facilité déconcertante. Aussi ne fut-il guère étonnant qu’en 2017, la conjuration des opulents put par ses moyens considérables fabriquer un acteur, lui écrire une pièce, lui présenter un théâtre français et croiser les doigts pour une comédie française de cinq ans. Patatras, Emmanuel Macron, un instant calme devant la pyramide du Louvre le soir de son sacre où pas un klaxon ne fendit l’air parisien, fit entendre qu’il était le seul auteur de son ascension. Si les commanditaires  lui rappelaient  régulièrement : « qui t’a fait roi ? », l’instant d’après il partait en vrille. En deux années et demi, le successeur de François Hollande, réussit l’exploit de faire descendre dans les rues chaque semaine les Français : à ce jour, on chercherait en vain quelle catégorie sociale ne rue pas dans les brancards. La magistrature et une majorité de la police sont les deux corps fidèles au Président, c’est à qui punira le plus durement, qui frappera et mutilera à chaque prétexte : un concours de servilité. A regarder les deux corps régaliens balancer aux orties l’impartialité et oublier qu’ils sont au service des citoyens, est ahurissant mais, hélas, sans grande surprise.
Dans ce climat délétère, le journaliste Eric Le Boucher craint que la « haine viscérale envers » le chef de l’Etat ne fit survenir un « Ravaillac ». Il est, évidemment, très grave que l’on puisse écrire dans une presse acquise au pouvoir qu’un « présendicide » n’est pas une vue de l’esprit, c’est peu dire l’état psychologique dans lequel l’exécutif et leurs courroies médiatiques sont…..
Le chef de l’Etat participe à la déconsidération générale en transformant l’Elysée soit en bar à p…s lors de la fête de la musique, soit en annexe de la porte de Villepinte pour le Salon du fabriqué français, soit encore en faisant de la salle des fêtes du palais un mélange de chocolaterie de province et de boutique Dior et pousse le bouchon plus loin en utilisant le château de Versailles en salle de vente pour accueillir « Choose France ». S’étonnera-t-on que les ministres, les députés de son obédience reçoivent des pierres, subissent les insultes, que leurs permanences fussent détruites ou attentées ? S’étonnera-t-on le voir quitter précipitamment les Bouffes du Nord envahis par des manifestants, un moment qui lui rappela ce jour de décembre 2018 où il crut fuir l’Elysée…..Dans notre Histoire il y a très peu de cas où un Roi connut de telles avanies répétées et encore après les révoltes, le Roi rentrait-t-il triomphant dans Paris (sauf Louis XVI). De Paris murmurant, Emmanuel Macron se trouva à Jérusalem pour commémorer la Shoah, et qu’y fit-il, il rejoua le « moment dispute de Jacques Chirac en imitant son anglais très français ». Cabotiner dans un moment pareil et pour un événement tragique…. !!.Une fois dans l’avion de retour, loin de se taire, il entreprit les journalistes, blotti sur un siège devant un plateau repas plein de frites pour évoquer « le monde, son théâtre selon lui ». Si Boris Johnson émerveilla son public par sa récitation de l’Iliade, Emmanuel Macron suggéra de mettre en parallèle la shoah et la colonisation française de l’Algérie, histoire de diviser, d’attiser davantage avec pour seul écho à son propos celui du nouveau chef d’Etat algérien, Abdelmadjid Tebboune, persuadé qu’il existe chez nous « un lobby qui a une haine » contre son pays……
A moitié de son mandat, la comédie française d’Emmanuel Macron, auteur/acteur/metteur en scène/réalisateur a tous les symptômes du harassement dans une France divisée et incertaine quant à son devenir, sans éclat à l’extérieur au vu des médiations présidentielles échouées. Et pourtant si des élections présidentielles se déroulaient aujourd’hui, l’actuel Président pourrait être reconduit sans que la colère ne descende le lendemain de son piédestal. C’est peu dire dans quelle nasse politico-psychologique nous sommes……Juste en face, le 31 janvier le Royaume-Uni larguera les amarres dans la fête….

Jean Vinatier
Seriatim 2020

mercredi 22 janvier 2020

« Une autre histoire américaine par Sébastien Jehan » N°4802 14e année


« À propos de : Gilles Havard, L’Amérique fantôme. Les aventuriers francophones du Nouveau Monde, Flammarion 2019, 654 p., 26 €.

Pendant quatre siècles, avant la conquête de l’Ouest, les trappeurs ont sillonné l’Amérique du Nord. Marginaux, vivant le plus souvent avec les Indiens, leur figure évoque un monde perdu, qui continue de hanter l’Amérique.

Cet ouvrage de Gilles Havard se situe dans la lignée de son précédent opus, la remarquable Histoire des coureurs de bois, parue en 2016
, qui explorait l’univers des circulations pelletières dans l’Amérique septentrionale d’avant la conquête de l’Ouest. Renouvelant largement une historiographie qui tendait à présenter les coureurs de bois comme des aventuriers entraînés par le seul goût de la liberté quand ce n’était pas la quête du profit, Gilles Havard y avait développé une passionnante analyse sociale et culturelle de ce milieu atypique, tout en interrogeant de manière originale la question du pouvoir en contexte impérial, à travers la capacité des autorités à diriger les conduites des franges les plus instables de la population européenne. Le caractère dense et très réussi de cette somme impressionnante ne laissait donc pas présager que son auteur reviendrait labourer un terrain qui semblait avoir déjà donné ses plus beaux fruits.

Traces de vie

Le nouveau livre de Gilles Havard se présente comme un recueil de dix « parcours individuels », ceux de personnages masculins, français ou francophones, et qui partagent la qualité d’aventuriers, au sens où ils ont fait le choix, souvent à leurs risques et périls, de passer une partie de leur existence en territoire amérindien. On retrouve là, ramassées sous la forme du récit biographique, des figures déjà présentes dans l’Histoire des coureurs de bois, comme Radisson, Nicolas Perrot, Truteau, Charbonneau, Provost ou Beauchamp. Si la plupart des voyageurs envisagés ici ont donc un lien avec le commerce des fourrures, ils peuvent toutefois aussi s’être illustrés pour d’autres raisons, comme la maîtrise des langues autochtones (les truchements Gambie ou Brûlé) ou leurs expéditions de « découverte » (à l’image des frères La Vérendrye, premiers Européens à atteindre les montagnes Rocheuses). »

La suite ci-dessous :


Jean Vinatier
Seriatim 2020