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mercredi 27 octobre 2010

La cour et les "gueulards" N°777 4e année

Eric Wœrth parle de triomphe gouvernemental après l’adoption par les deux assemblées de la réforme des retraites. Hervé Morin répondant ce matin à la radio à une question d’un journaliste sur l’hostilité des Français à la guerre en Afghanistan, a eu ce début de réponse avant de se reprendre : « Comment expliquer à des cons… » Christine Lagarde confronté à la hausse continue du chômage plaide la satisfaction ! Jamais depuis le gouvernement Polignac nous n’avons eu de gouvernement aussi plein de morgue, de satisfaction et de mépris à l’égard des Français. Nous avons en même temps un gouvernement buté comme un âne et sans avenir puisqu’il devrait disparaître presque corps et biens lors de ce fameux remaniement que le Président Sarkozy a annoncé, au détour d’une phrase en juillet dernier.
La contestation française a pris de court les partis politiques et les syndicats. Or cette colère, aujourd’hui encore sans débordement notable hormis quelques vitrines brisées, est la plus difficile à mesurer pour des structures polito-syndicales habituées à la verticalité. Les réseaux sociaux ont joué pleinement leur rôle : chacun peut constituer son groupe, lancer des messages aux uns, aux autres sans passer par la case « réunion avec le chef local ». Cette colère française échappe donc largement à tout contrôle : nul ne sait si elle va rebondir ou se calmer à moins qu’elle ne s’éternise pendant des semaines.
Un climat social pénible, une crise politique profonde. Le dernier édito de l’UGICT-NES (CGT des cadres et techniciens) souligne très bien à la fois le degré de mécontentement et le parfait bon sens des manifestants refusant ce « monde [qui] « marche sur la tête »
« Le rapport de forces est large avec des cortèges de manifestants très colorés et très diversifiés. Ainsi il y a des jeunes et des retraités, des femmes et des hommes issus de nombreuses professions. Tout ce beau monde a beau être caricaturé par le gouvernement qui ne voit là que des « gueulards » qui ne comprennent rien au monde moderne, ils restent mobilisés.
Comment est-ce possible ? Peut être parce que la plus grande force de ce mouvement social c’est qu’il redonne de la dignité à des millions de salariés du public comme du privé. Des hommes et des femmes responsables qui voient les puissants dilapider le fruit de leur travail.
Organisation du travail stérile, restructuration abjecte, finalité des objectifs tronqués, chartes aussi contraignantes qu’inutiles, réforme injuste…
Tous ces « gueulards » sont tous unanimes sur le fait que nous avons une société qui marche sur la tête. Oui, ce mouvement porte le besoin de plus de justice sociale, le besoin de retrouver
l’équilibre entre vie personnelle et professionnelle et ce tout au long de sa vie. Le besoin de sécuriser les emplois et les déroulements de carrière. Que le besoin d’avoir fait des études ne serve pas qu’à soi mais aussi pour les autres dans une finalité et un sens du travail retrouvé. Donc oui, ce mouvement porte bien en lui des questions sociétales !
C’est pour ça que les vacances ne vont pas être une coupure, car les salariés mais aussi les Français, dans leur grande majorité veulent que des choses changent. S’ils ne savent pas encore très bien ce qu’ils veulent, ils savent en revanche très bien ce qu’ils ne veulent plus.
Faire parler nos collègues sans relâche, pour que toutes ces revendications latentes, derrière le dossier des retraites explosent et qu’au « 20 heures » on nous lâche avec le tour de France des pompes à essences !
Les ingénieurs et cadres sont dans cette colère qui monte, avec les jeunes, les femmes, les précaires… »

Sur fond de l’affaire Bettencourt qui explose de tous les côtés : procureur et juge dessaisi de ce dossier, les ordinateurs des journalistes du Monde, du Point, de Mediapart dérobés, une Liliane Bettencourt qui rêve, maintenant à 88 ans, de terrasser sa fille au profit de son petit-fils…et ainsi de suite ! Sur fond également du curieux montage de la société SEVRIENA qui impliquerait à des degrés divers Guillaume, Olivier et François Sarkozy, le dégoût prend de l’épaisseur. Ce climat est on ne peut plus négatif et incertain. C’est un énervement qui gagne toutes les couches de la nation française : s’il peine à s’exprimer en force, en masse, les élites auraient bien tort de le compter pour pitoyable.
Laissons le dernier mot à un journaliste russe de RiaNovosti (La Russie qui vient de suspendre les négociations pour l’achat des « Mistral »), Andreï Fediachine qui conclut de cette façon :
« Sarkozy est comparé de plus en plus souvent à Louis XVI en 1789. A cette époque lointaine, ce dernier n’avait pas réellement conscience de la situation et des raisons du soulèvement des masses. Nous connaissons la triste fin de l’histoire. Evidemment, le 6ème président de la Ve république ne risque pas de se faire guillotiner. Mais il pourrait subir un siège de longue durée. Et ses chances de réélection en 2012 sont nulles. Sauf si, événement improbable et saugrenu, les Français étaient expulsés du pays du vin, du fromage et du parfum et étaient évincés par les Tsiganes de Roumanie et de Bulgarie actuellement expulsés. »
Jean Vinatier
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Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Gambie,Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

mardi 26 octobre 2010

Vimont /Boissieu : duo français à Bruxelles N°776 4e année

La nomination de l’ambassadeur de France aux Etats-Unis, Pierre Vimont, au poste de secrétaire général exécutif du SAE ou Service européen pour l’action extérieure (sa supérieure étant Lady Ashton) enthousiasme des médias soulignant à l’envie les qualités de ce diplomate dont les postes principaux furent, outre au ministère, à Bruxelles, Londres et Washington. Si l’homme penche du côté du courant dominant à savoir pro-anglo-saxon, il n’en garde pas moins un caractère et des idées bien françaises.
Diplomate impeccable selon les codes du Quai d’Orsay : haut fonctionnaire probe, urbain, attentionné, cultivé. Convenons que cet ambassadeur, surgissant entre un Bernard Kouchner et un Nicolas Sarkozy tous deux arrivistes et sans considération aucune pour l’histoire, fait figure de sage. Soulignons que le Quai d’Orsay souffre depuis Douste-Blazy et l’actuel Chef de l’Etat de n’être considéré en rien.
L’arrivée de Pierre Vimont ne laisse pas indifférent un autre français, véritable clef de voûte des institutions européennes, l’actuel secrétaire général du Conseil européen des ministres, Pierre de Boissieu Déan de Luigné, neveu (sauf erreur de ma part) de feu le général Alain de Boissieu, gendre du Général de Gaulle. Surnommé, d’après ce qu’en rapporte Quatremer, « Il divo » ou « Dark vador » il veille à laisser la préséance aux états souverains plutôt qu’aux adeptes de la supranationalité. Ils ont, au moins, un point commun, ils sont de la même génération : Boissieu est né en 1945, Vimont en 1949.
L’Union européenne a l’art d’année en année de grandir telle une tour de Babel. Le SAE étant le nouvel étage supplémentaire : une structure assez effrayante qui a la singularité de prétendre à incarner la diplomatie d’une Union européenne alors qu’il n’y a ni nation, ni état européen. Ce service devrait coiffer 133 ambassadeurs et quelques 4 à 5 000 fonctionnaires sous la houlette d’une Anglaise (Ashton) d’un Français, d’un Irlandais francophone (David O’Sullivan), d’une Allemande, d’un Polonais, équipe qui devrait en toute logique, alimenter des rancœurs parmi les autres membres de l’Union sur l’air du « Pourquoi pas nous ! »
Inutile de préciser que pour le quidam du continent, ce service diplomatique ne le rapprochera pas de l’idée européenne : il y verra plus de dépenses pour des gens qu’il estimera, privilégiés et inutiles.
Dans ce capharnaüm, les deux Français, Boissieu et Vimont savent l’intérêt à ne pas se quereller mais, au contraire de s’épauler pour rendre cohérent des structures vouées à s’entrechoquer. On imagine sans peine la tâche herculéenne qui les attend. Les Français, en tout cas, peuvent se satisfaire de voir deux excellents hommes à des fonctions stratégiques et qu’ils pallient dans leurs fonctions respectives depuis un moment à la petitesse de bien de nos politiques et de certains hauts fonctionnaires.

Jean Vinatier
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lundi 25 octobre 2010

Patrick Dieudonné : Pour une nouvelle politique économique : destination universelle des biens et « monarchie directe » N°775 4e année


Contact: Patrick Dieudonné (Nancy) : patrick.dieudonne4@wanadoo.fr

A l’heure où les profonds bouleversements économiques et sociaux actuels modifient en profondeur la nature des relations sociales entre les acteurs à tous les niveaux de la pyramide sociale, il apparaît urgent de refonder en répartition et en démocratie participative, les éléments d’un pacte social aujourd’hui en miette.

Eduqué, et de mieux en mieux éclairé, l’acteur économique aspire à entrer dans le champ du politique, pour y imprimer de façon irréversible sa marque.
A l’aube de cette nouvelle Répartition, du travail économique et politique, des Revenus et des Richesses, ce sont les fondements même de la pensée économique actuelle, de l’économie politique et de la philosophie politique qui l’accompagnent, qu’il faudrait renouveler.Le rapport de chacun au temps en serait complètement bouleversé.
Il s’agit de mettre un terme à l’asservissement de l’individu à l’économisme actuel en lui permettant de le libérer des contraintes économiques. L’homme rentrerait alors dans le champ du politique, où, acteur, il participerait grâce aux réseaux sociaux actuels, à l’élaboration des Lois. Il signifierait alors la fin de la République parlementaire.

Dans la sphère économique, non dissociée de la société avec laquelle elle interagit, je propose le modèle suivant : LA DESTINATION UNIVERSELLE DES BIENS.
De quoi s’agit-il ? Du symétrique, dans la sphère économique, de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Cette nouvelle vision de l’économie reprend et élargit le postulat : « A chacun selon ses besoins » en fonctions de ses moyens…..
L’approche macro- économique fondée sur des équations économétriques existe. L’idée nouvelle ici est d’introduire un coefficient de réajustement du prix du bien i pour l’individu j en fonction du niveau général des prix et du revenu de l’individu j…..Un prix personnalisé en quelque sorte, et non le même prix pour tous !
Ainsi le consommateur, en parvenant à satisfaire quantitativement de façon optimale ses besoins, effectuera un saut qualitatif dans la sphère du bien être immatériel : art, idées, politique, connaissances : savoir et technique…..
Je formule ici comme Pareto, sociologue et économiste italien (1848-1923), une esquisse d’optimalité sociale sous contrainte de l’optimum individuel. Ainsi, l’optimum de Pareto, précise que « le bien-être d’aucun individu ne peut être augmenté sans que ne soit réduit celui d’un autre individu ».
Une allocation universelle de l’ensemble des biens à tous, en quelque sorte. La rareté disparaît, et avec elle l’intérêt égoïste, qui fonde la science économique libérale.
Autrement dit c’est l’abondance matérielle accessible à tous et à tout instant qui crée la condition nécessaire à l’exercice de la citoyenneté. Il y a là assurément émergence d’un saut qualitatif de l’économie vers le politique.
 En effet, on y verrait une véritable révolution citoyenne : participative, la démocratie serait directe, à base de referendum permanent.
Elle serait locale, régionale, nationale, et concernerait, également, les questions internationales.Ce ne serait plus le « coup d’Etat permanent » de la Ve République.
Le cercle se substituerait ici dans la symbolique à la pyramide, avec en son centre l’élu, quelque soit son titre : président, roi,…..dont les « vertus » en politique seraient reconnues de tous.
Il représenterait essentiellement la Nation à l’étranger. Il ne s’immiscerait en aucune manière dans les débats citoyens, laissant la décision se faire par l’agrégation simple des voix.
Ce modèle politique pourrait être qualifié de « MONARCHIE » DIRECTE, où un seul gouverne avec tous.

Ainsi donc, économie et société iraient de pair, la sphère économique n’étant pas autonome de la société dans laquelle elle s’inscrit. Bien au contraire, « Monarchie directe » et destination universelle des biens seraient inséparables, et conduiraient à l’harmonie et au bien être commun, dans le respect des décisions prises collectivement.
 Patrick Dieudoné



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samedi 23 octobre 2010

Cynthia Fleury : Le déshonneur des élites N°774 4e année

Ci-dessous une video de la philosophe Cynthia Fleury et présidente de l’ONG Europanova avec en lien son entretien accordé au journal Le Monde :
http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/10/23/cynthia-fleury-la-democratie-ce-n-est-pas-la-reciprocite-des-mepris_1430041_823448.html#ens_id=1305816

Cynthia Fleury - Le " Déshonneur des élites "
envoyé par fpprod. - L'info internationale vidéo.
Jean Vinatier

SERIATIM 2010

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vendredi 22 octobre 2010

« Inès. On vit dans un monde matériel, il n'y a que les apparences qui comptent. Le monde il est comme ça, on ne va pas le changer. » N°773 4e année

A lire, cet entretien à bâtons rompus réalisé par Rue89 (les étudiants diraient peu s'en faut la même chose que les lycéens)
"Ahmed. Et nos parents qui ont pas de diplômes qui sont venus en France, on veut leur rendre ce qu'ils nous ont donné quand ils seront vieux et à la retraite. C'est pour ça que le métier c'est important.
[…]
Mam. Je veux faire de l'oseille. Franchement, pour parler sérieusement, l'école, c'est un moteur. L'année dernière, j'ai compris que c'est le seul moyen pour réussir. Réussir, je me pose toujours la question, c'est être paisible dans sa tête, surtout financièrement, avec ses enfants, sa femme. Mettre ses proches à l'abri du besoin."


Jean Vinatier
SERIATIM 2010
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jeudi 21 octobre 2010

« Sevriena : l’entreprise de démolition des retraites » N°772 4e année

En plein débat sur la réforme des retraites, un long article de Thierry Brun (Politis.fr)sur la naissance de Sevriena, société d’assurance par capitalisation pilotée par un certain Guillaume Sarkozy dirigeant de Malakoff-Mederic :



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mercredi 20 octobre 2010

Mehlang Chang : le syndrome du larbin N°771 4e année

Si cette vidéo est un montage son contenu est, lui, tellement vrai :



Le déclin de la France analysé par le prof. Mehlang Chang
envoyé par MehlangChang. - L'actualité du moment en vidéo.

Lire les deux petits articles:
http://delorca.over-blog.com/article-mehlang-chang-57614731.html
http://www.mediapart.fr/club/blog/jean-yves-bouchicot/071010/le-complexe-du-larbin


Jean Vinatier
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mardi 19 octobre 2010

Hervé Juvin: « Nous sommes devenus pauvres en mondes » N°770 4e année

Dans la série « Comment va le monde », Hervé Juvin dresse avec talent et finesse les raisons pour lesquelles étant devenus « pauvres en mondes », nous « allons devoir redécouvrir le monde »

Son dernier ouvrage, Le renversement du monde paru chez Gallimard vient de sortir.


Le renversement du monde
envoyé par realpolitiktv. - L'info internationale vidéo.

Jean Vinatier

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Dominique Méda: "Les citoyens doivent se réapproprier leur destin" N°769 4e année

Les jeunes ne descendent pas dans la rue pour défendre la seule retraite à 60 ans, ils battent le pavée tout simplement parce que le lendemain est pour eux comme pour leurs aînés, tout à fait incertain et inquiétant.
Les Français voient bien que les partis politiques et les syndicats dominants sont complètement obsolètes, vermoulus uniquement inquiets du maintien de leurs statuts dans une société de plus en plus injuste, violente qui dépossède jour après jour les citoyens de leur identité. Le PS et les centrales syndicales ne contestent pas la réforme des retraites sur le fond, ils voudraient que les apparences restent sauves comme à l’accoutumée. Mais voilà Nicolas Sarkozy n’est pas un homme à aimer les usages : il est là pour briser, casser, réduire en miettes tout le modèle français établi par le Conseil national de la Résistance et même pour prouver que les utopies sur le futur du travail (voir la déclaration de l’OIT) nées au lendemain de la Seconde guerre mondiale sont, désormais, lettres mortes. Pour lui, il n’y a plus de place pour une société qui se distinguerait des autres, tout doit être uniforme, soumis à un même modèle économico-social rédigé depuis Chicago et les salles de marchés. Les prédecesseurs de Nicolas Sarkozy ont cédé, pas lui et il le dit ! Soyons justes, un social-libéral comme Strauss-Kahn serait tout aussi déterminé. Il n’y a pas d’un côté une « méchante UMP » et de l'autre côté un « gentil PS ». Il n’y a que des néo-libéraux.
Les Français dans la rue ne sont pas tous, peu s’en faut, des femmes et des hommes incultes, ignares recroquevillés sur des acquis sociaux. Il coule dans leurs veines le sang d’une histoire singulière ôtée, transfusion après transfusion. Les Français dans la rue défendent leur identité. La question des retraites est à bien des égards très secondaire, il s’agit avant tout d’une défense identitaire. Instinctivement, ils protestent et crient leur révolte contre un monde froid, inhumain qui veut extirper tout homme de tout lien social et familial. Une fois déconnectée, l’homme individualisé ne sera pas laissé libre, on lui suggérera de gré ou de force des tas de dépendances qui seront autant de chaînes plus ou moins grosses. Le système ne veut pas d’hommes libres, il veut des êtres dépendants sans pensées, sans cultures, sans réflexions.
Bien des médias, français et étrangers moquent ces Français râleurs et paresseux. Mais pourquoi donc ces mêmes personnages qui admonestent ne rêvent-ils que d’une chose : venir en France passer des vacances, s’y faire soigner, y vivre ?
La France est unique parce qu’elle s’est toujours insurgée contre les tutelles temporelles et spirituelles venues de l’extérieur. Si la France s’inclinait définitivement, tous les hommes sur cette terre en pâtiraient : il n’y aurait plus de nation contestataire porteuse de messages universels.
Les Français réfutent autant le modèle de vie américain (p.e : la cohabitation de communautés) que le modèle chinois, ils veulent le leur. Le drame tient dans ce que la colère confuse et agitée de nos concitoyens n’est aucunement relayée par les intellectuels : les seuls qui s’expriment sont du côté des « puissants »
Dominique Méda, auteure d’ouvrages bien intéressants sur le travail, disait voilà quelques temps que « les citoyens doivent se réapproprier leur destin ». N ‘est-ce pas le moment ?


Jean Vinatier
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lundi 18 octobre 2010

La fin des conquérants N°768 4e année

Me promenant avec des amis hier, dimanche, du côté de la Tour Eiffel, nous remarquions sur les jeeps militaires l’inscription suivante : Vigipirate et en dessous Armée de Terre. Qui sait, d’ici deux ans, Armée de Terre ne sera plus, il ne restera plus que Vigipirate S.A, elle-même filiale d’une mega structure et ainsi de suite….Ce qui aura lieu pour l’armée, le sera également pour l’ensemble de la société française. Est-il donc si surprenant que Nicolas Sarkozy veuille à tout prix son musée de l’histoire de France. Un musée abrite tout ce qui n’est plus. A-t-on jamais vu un musée de l’avenir ?Si cela était, quel lieu lugubre !
On me répondra qu’il s’agira d’une Maison, autant dire une sorte d’office de tourisme. Dans les deux cas et peu importe la dénomination retenue, nous serons toujours sur une ligne de fin, de point de non-retour.
Nous sommes bien loin des conquérants évoqués par José Marie de Heredia :

« Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal.

Ils allaient conquérir le fabuleux métal
Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,
Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
Aux bords mystérieux du monde Occidental.

Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
L’azur phosphorescent de la mer des Tropiques
Enchantait leur sommeil d’un mirage doré ;

Ou penchés à l’avant des blanches caravelles,
Ils regardaient monter en un ciel ignoré
Du fond de l’Océan des étoiles nouvelles. »

Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2010

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Gambie,Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

samedi 16 octobre 2010

Vincent Benard - Foreclosuregate (IV) : synthèse - Pour y voir plus clair dans un gigantesque scandale financier N°767 4e année

Vincent Benard, directeur de l’Institut Hayek à Bruxelles et analyste à l’Institut Turgot, fait le point dans le lien ci-dessous sur le scandale - et de l’immense colère des citoyens de ce pays - des saisies immobilières aux Etats-Unis :


http://www.objectifeco.com/economie/economie-politique/article/vincent-benard-foreclosuregate-iv-synthese-pour-y-voir-plus-clair-dans-un-gigantesque-scandale

et l’article de Robert Krugman sur ce sujet le 14 octobre 2010 :

http://www.nytimes.com/2010/10/15/opinion/15krugman.html?_r=1&ref=paulkrugman

Jean Vinatier
SERIATIM 2010

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vendredi 15 octobre 2010

Paul Krugman : La colère des riches N°766 4e année

Cet article, apparemment étonnant et qu’on aurait tort de sous-estimer, publié dans le New York Times le 20 septembre dernier et traduit par le site belge, Contreinfo.info :

"L’Amérique est balayée par une vague de colère. Certes, cette colère chauffée à blanc reste un phénomène minoritaire et ne concerne pas la majorité de nos concitoyens. Mais la minorité en colère est vraiment en colère, et ceux qui en font partie considèrent qu’on leur enlève ce à quoi ils ont droit. Et crient vengeance.

Non, je ne parle pas des « Tea Parties ». Je parle des riches.

Cette période est terrible pour beaucoup de gens dans ce pays. La pauvreté, en particulier l’extrême pauvreté, a fait un bond durant la récession ; des millions de personnes ont perdu leur logement. Les jeunes ne parviennent pas à trouver un emploi ; les cinquantenaires qui ont été licenciés craignent de ne plus jamais retravailler.

Malgré cela, ces manifestations de colère - cette forme de rage qui amène à comparer le président Obama à Hitler, ou à l’accuser de trahison - on ne la trouve pas chez les Américains qui endurent ces souffrances. Mais on la rencontre chez ceux qui sont les plus privilégiés, qui n’ont pas à s’inquiéter de perdre leurs emplois, leurs maisons ou leur assurance maladie, mais qui sont outrés, indignés, à l’idée de devoir payer des impôts légèrement plus élevés.

Cette rage des riches monte depuis que M. Obama est entré en fonction. Elle est tout d’abord restée confinée à Wall Street. Lorsque le New York Times a publié un article intitulé « La plainte des 1% », cela concernait les financiers dont les entreprises avaient été renflouées avec l’argent des contribuables, et qui étaient rendus furieux par la proposition que le prix à payer pour cette opération de sauvetage doive inclure une limitation temporaire des bonus. Lorsque le milliardaire Stephen Schwarzman a comparé une proposition d’Obama à l’invasion de la Pologne par les nazis, la mesure en question prévoyait de supprimer une niche fiscale qui bénéficie en particulier aux gestionnaires de fonds comme lui.

Aujourd’hui, alors qu’il s’agit de décider du sort des baisses d’impôt mises en place par Bush - les taux d’imposition des plus riches reviendront-ils aux niveaux de l’ère Clinton ? -, la colère des riches s’est amplifiée. Et à certains égards, elle a changé de nature.

D’une part, cette folie furieuse a gagné le débat public. C’est une chose lorsqu’un milliardaire s’épanche durant un diner. C’en est un autre lorsque le magazine Forbes met en une un article affirmant que le président des États-Unis tente délibérément de mettre à bas l’Amérique au nom d’un programme « anticolonialiste » venu du Kenya, et que « les États-Unis sont dirigés selon les rêves d’un membre de la tribu Luo durant les années 1950 ». Lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts des riches, il semble que les règles normales du dialogue civilisé (et rationnel) ne soient plus applicables.

Dans le même temps, parmi les privilégiés, l’apitoiement sur soi est devenu acceptable, voire même à la mode.

Les défenseurs des réductions d’impôt prétendaient habituellement être principalement préoccupés par la volonté d’aider les ménages américains moyens. Même les allégements fiscaux pour les riches étaient justifiés en termes de retombées économiques, en affirmant que grâce aux réductions des impôts au sommet, l’économie serait plus forte, au bénéfice de tous.

Mais aujourd’hui, ceux qui réclament des baisses d’impôts ne tentent même pas de défendre cette thèse du « ruissellement vers le bas » de la prospérité. Les républicains soutiennent que l’augmentation des impôts pour les plus riches nuirait aux petites entreprises, mais ils ne donnent pas le sentiment d’y croire vraiment. Par contre, on entend couramment nier de façon véhémente que ceux qui gagnent 400 ou 500.000 dollars par an soient riches. On nous dit : regardez les dépenses des ménages dans cette tranche de revenu - les impôts fonciers qu’ils doivent payer sur leurs maisons luxueuses, le prix payé pour envoyer leurs enfants dans des écoles privées d’élite, et ainsi de suite. Tout ce qui fait qu’ils parviennent à peine à joindre les deux bouts.

Parmi ceux qui sont indéniablement les plus riches, on voit émerger un état d’esprit combatif pour la défense de leurs droits acquis : c’est leur argent, et ils ont le droit de le garder. « Les impôts sont le prix à payer pour une société civilisée », jugeait Oliver Wendell Holmes - mais c’était il y a fort longtemps [1]

Le spectacle donné par les Américains fortunés - les plus privilégiés sur cette planète -, se laissant complaisamment aller à l’apitoiement sur soi, pourrait paraître drôle, à ceci près : ils pourraient fort bien parvenir à leurs fins. Peu importe la facture de 700 milliards de dollars requise pour prolonger ces avantages fiscaux haut de gamme [2] : pratiquement tous les républicains et quelques démocrates se précipitent au secours de ces riches opprimés.

Voyez-vous, les riches sont différents de vous et moi : ils ont plus d’influence. C’est en partie dû à leurs contributions aux campagnes électorales, mais cela résulte aussi de la pression sociale qu’ils peuvent exercent sur les politiques. Ces derniers passent beaucoup de temps avec les riches. Et lorsque les riches sont menacés de payer un supplément d’impôt de 3 ou 4 pour cent sur leur revenu, les politiques compatissent, de façon bien plus aiguë, à l’évidence, que lorsqu’ils sont confrontés à la douleur des familles qui perdent leurs emplois, leurs maisons, et leurs espoirs.

Et lorsque ce débat sur les impôts sera clos, d’une façon ou d’une autre, on peut être assuré que ceux qui défendent aujourd’hui les revenus de l’élite reviendront à la charge et exigeront des réductions de dépense sur les retraites et les allocations chômage. L’Amérique doit faire des choix difficiles, diront- ils ; nous devons tous accepter de faire des sacrifices.

Mais lorsqu’ils disent « nous », cela signifie « vous ». Ce sacrifice ne concerne que les petits.

Sur le web :

Larry Bartel - Unequal Democracy : The Political Economy of the New Gilded Age

Unequal Democracy debunks many myths about politics in contemporary America, using the widening gap between the rich and the poor to shed disturbing light on the workings of American democracy. Larry Bartels shows that increasing inequality is not simply the result of economic forces, but the product of broad-reaching policy choices in a political system dominated by partisan ideologies and the interests of the wealthy.

Extrait :

the share of total income going to people at the level of Dahl’s “economic notables”-the top 0.1% of income- earners-has more than tripled, from 3.2% in the late 1950s to 10.9% in 2005. The share going to the top 1% of income- earners-a much broader but still very affluent group-more than doubled over the same period, from 10.2% to 21.8%

Lire :

Introduction et premier chapitre (Doc)

Via Google Books

Publication originale New York Times, traduction Contre Info

[1] Juge de Cour Suprême, . Wendell Holmes Jr a légué une partie de son patrimoine à l’Etat.

[2] La facture de 700 milliards correspond à une prorogation des allègements durant dix ans - ndlr"



Jean Vinatier
SERIATIM 2010

Sources :

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Gambie,Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

jeudi 14 octobre 2010

Bye bye Louis XIV et Napoléon : la déconstruction identitaire continue N°765 4e année

L’année dernière Jacques Sapir avait alerté les médias en protestant contre l’enseignement optionnel de l’histoire en Terminale S.
Cette année, c’est le professeur Pierre Lunel qui officialise par un article paru dans Libération, la grande crainte qui courait depuis un moment : une refonte des programmes d’histoire-géo avec, notamment, la mise à l’index de Louis XIV et de Napoléon Ier.
Une des lectrices de Seriatim m’a écrit : " Oui, le bruit courait depuis cet été. Il galope. Libé devrait se réjouir, mais il est de bon ton, dans une gauche qui a longtemps communié avec tous les pédagogues démolisseurs de culture bourgeoise, "appreneurs" de français dans les modes d'emploi, et amateurs de QCM, tellement plus égalitaires qu'un commentaire composé ou une dissertation, de se découvrir une violente passion pour la Princesse de Clèves depuis que l'autre ahuri (Sarkozy) a mis en cause l'usage, dans des concours de recrutement de postiers, dudit roman comme critère de sélection. Quel chœur de vierges effarouchées ! Gageons que si Philippe Meirieux avait tiré sur la Princesse ou sur Louis XIV, en sortant des bourdieuseries justificatives, on aurait jubilé devant un tel dépoussiérage.
A part ça je trouve stupide et criminel de virer Louis XIV et Napoléon. Mais l'incorrigible libérationniste ne remet pas en cause le "légitime" désir de mondialiser l'approche de l'histoire dans les petites classes. Métissage, quand tu nous tiens ! "
La mise à l’écart de Louis XIV et de Napoléon Ier n’est pas un hasard. Le Roi-Soleil et Napoléon Ier symbolisent la toute puissance de l’Etat, une France forte, copiée et enviée. En dédaignant les deux monarques, on ôte toute logique à l’histoire de France c’est-à-dire la lente construction de la nation à travers les âges et donc in fine à notre identité. Le fait est grave et devrait susciter une révolte des enseignants et des lycéens. Mais c’est au silence que nous nous heurtons.
Donner le pas aux histoires des autres civilisations et pays au dépend de notre propre histoire revient à nous défaire, à terme, en totalité. Ce quinquennat ne nous épargne rien et accélère notre chute. Quoi d’étonnant, Nicolas Sarkozy est si peu Français…..

Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2010

Source :
A lire :
Pierre Lunel : La Manufacture des ânes, éditions de l’Archipel, Paris, 2010

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Gambie,Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

mardi 12 octobre 2010

Aymeric Chauprade : « L’Afghanistan, cœur géopolitique du nouveau grand jeu eurasiatique » N°764 4e année

Aymeric Chauprade livre une synthèse bien remarquable de tous les événements en cours et à venir en Afghanistan et d’une façon plus large en Asie.
Ci-dessous son article publié le 19 septembre dans Realpolitiktv :

« Le nouveau grand jeu en Afghanistan n'est plus bipolaire. Il n'est plus la vieille opposition du XIXe siècle dont on a tiré la formule de «Grand Jeu », entre l'Angleterre présente aux Indes et la poussée russe vers les mers chaudes ; il n'est pas plus réductible à l'opposition du XXe siècle entre les intérêts américains et russes.

Le nouveau grand jeu en Afghanistan est à l'image de la géopolitique mondiale : il est multipolaire. Trois grandes puissances mondiales s'entrechoquent en Afghanistan : Etats-Unis, Russie, Chine. Deux puissances régionales s'y livrent ensuite, par délégation, une guerre féroce : Pakistan et Inde. Dans ces rivalités de premier ordre, interfèrent des intérêts de second ordre, mais qui peuvent influer fortement sur le jeu afghan : les intérêts de l'Iran ainsi que ceux des républiques musulmanes indépendantes, ex-soviétiques (en particulier, pour des raisons à chaque fois spécifiques, l'Ouzbékistan, le Kirghizstan et le Turkménistan). Combiné à ces rivalités géopolitiques classiques de trois ordres (rivalités identitaires, stratégiques, énergétiques), le jeu du fondamentalisme sunnite est également à prendre en compte. L'islamisme est un acteur global, une créature ancienne, mais réveillée et excitée durant les années 1980 et 1990 par les apprentis-sorciers américains et pakistanais de la CIA et de l'ISI (Inter Services Intelligence), au point de finir par échapper à l'autorité de ses maîtres, sans pour autant avoir complètement rompu avec eux.

Pour quelles raisons le grand jeu en Afghanistan est-il triangulaire ? Tout d'abord parce que les Etats-Unis veulent refouler d'Asie centrale au moins autant la Chine que la Russie. Ensuite parce que la Russie veut non seulement limiter l'influence de Washington dans ses ex-républiques musulmanes soviétiques aujourd'hui indépendantes, mais également empêcher la Chine de combler le vide que les Américains laisseraient s'ils s'avisaient de quitter l'Afghanistan. Car pour la Russie, l'influence de Pékin en Asie centrale ce n'est pas la parenthèse artificielle d'une Amérique projetée trop loin de sa terre ; c'est la réalité implacable d'une histoire millénaire, celle des routes de la Soie. Enfin, le grand jeu en Afghanistan est triangulaire parce que la Chine ne sera la première puissance géopolitique mondiale que lorsqu'elle aura chassé la flotte américaine du Pacifique et que ses trains rapides atteindront les rivages de l'Atlantique, en France, après avoir parcouru des milliers de kilomètres à travers l'Asie centrale et les plaines d'Europe.

Les Etats-Unis tentent aujourd'hui d'éliminer une force, les Talibans, qu'ils ont contribué à amener au pouvoir à Kaboul en 1997, avant de les en déloger en 2001. Les Talibans sont l'aboutissement ultime d'une stratégie de radicalisation des mouvements islamistes entamée à la fin des années 1970 par l'ISI soutenu par la CIA, au profit d'un triple djihad : contre les chiites pakistanais menacés par l'influence de la Révolution islamique iranienne, contre les communistes pro-russes en Afghanistan, contre les Indiens dans le Cachemire. Après que des seigneurs de la guerre afghans soient devenus, comme résultat de cette stratégie, à la fois des seigneurs du djihad et de la drogue (lire l'encadré pour comprendre l'importance essentielle du « facteur drogue »), et que les Soviétiques aient reflué (1989), les Américains se sont aperçus que leur société pétrolière UNOCAL n'arriverait jamais à tendre un gazoduc, du Turkménistan au Pakistan, à travers un territoire afghan tribalisé, rançonné par des clans en lutte pour le contrôle du pouvoir politique et de l'héroïne. Leurs amis pakistanais de l'ISI, également agacés de ne pouvoir contrôler des chefs de guerre féodaux turbulents, ont alors suggéré les Talibans comme solution. Des fanatiques absolus, essentiellement issus de l'ethnie majoritaire d'Afghanistan, les Pachtouns (ethnie divisée par la ligne Durand de 1893 qui deviendra la frontière entre Afghanistan et Pakistan), décidés à imposer la chape de plomb d'un « islam pur des origines », au-dessus des clans, et qui présentaient l'avantage, aux yeux du gouvernement démocrate de William Clinton qui les soutint dès 1994, d'être une solution d'ordre et un interlocuteur unique avec lequel négocier le passage des hydrocarbures. Puis les Américains se sont fâchés avec les Talibans en 1998, un an après leur arrivée et c'est ainsi que s'est nouée l'alliance entre les Talibans et Oussama Ben Laden, semble-t-il également fâché depuis lors avec la CIA.

En 2001, en se projetant en Afghanistan, et pour cela également en Ouzbékistan et au Kirghizstan, quels avantages géopolitiques Washington pouvait-il attendre ? A ce moment le Groupe de Shanghai constitué par les Chinois et les Russes coopérait fortement dans la lutte contre le terrorisme islamiste mais également dans le domaine énergétique. L'irruption des Etats-Unis brisa cette dynamique eurasiatique et contribua à repousser la Chine pour quelques années. Aujourd'hui la Chine est revenue en force. Elle est, depuis 2009, à la fois le premier partenaire commercial de l'Asie centrale ex-soviétique et le premier fournisseur de l'Iran devant l'Allemagne qui l'avait été ces vingt dernières années. Or Moscou n'entend pas voir les Américains remplacés par les Chinois. Quelle est alors la stratégie des Russes ? Laisser les Américains contenir l'islamisme en Afghanistan mais devenir incontournables pour eux, stratégie identique à celle suivie sur le dossier nucléaire iranien. D'où le soutien officiel de la Russie aux opérations de l'OTAN en Afghanistan ; d'où également l'accord russo-américain de transit aérien de juillet 2009 qui à mi-avril 2010 avait permis d'acheminer 20 000 militaires occidentaux en Afghanistan (en théorie, l'accord autorise une moyenne de 12 vols américains par jour mais un an après la moyenne n'est que de 2).

Pour Moscou, obliger les Américains à passer par la Russie, revient à les chasser de sa périphérie musulmane. Le 7 octobre 2001 les Etats-Unis avaient signé un accord antiterroriste avec Tachkent (l'Ouzbékistan partage une longue frontière avec l'Afghanistan). Les bases aériennes et l'espace aérien du pays le plus peuplé de l'Asie centrale ex-soviétique leur étaient ouverts. Un an plus tard, le 5 décembre 2002, Washington prenait pied également au Kirghizstan grâce à la base de Manas. Mais en 2005, après la répression d'Andijan (une région turbulente à l'est du pays où les islamistes sont forts), et refusant l'ingérence démocratique américaine, les Ouzbeks décidaient de se tourner de nouveau vers la Russie (et la Chine) et contraignaient l'armée américaine à plier bagages. Aujourd'hui, la base de Manas au Kirghizstan et son corridor de 1500 km par voie terrestre jusqu'en Afghanistan constitue la seule base arrière solide pour les Américains. Environ 35 000 soldats transitent entre Manas et l'Afghanistan chaque mois. La base assure aussi le ravitaillement en vol des avions militaires et apporte beaucoup de sang (100 kg en moyenne chaque nuit par des vols entre Manas et Kandahar). Mais les Russes admettent difficilement cette implantation. Le 23 octobre 2003, le président Poutine inaugurait une base aérienne russe de soutien à Kant, à quelques kilomètres de la base américaine. Ces dernières années, les Kirghizes, conscient de l'immense valeur stratégique de cette base pour la réussite des opérations en Afghanistan, ont fait monter les enchères entre Moscou et Washington. En 2009, les Russes qui avaient sans doute reçu des assurances, ont versé 2 milliards USD sous forme de prêt sans intérêt au Kirghizstan ; non seulement le président Bakiev n'a pas fermé la base mais il a accepté la présence américaine pour une année supplémentaire en échange d'un triplement du loyer. Le Kirguiz a payé sa crapulerie par son renversement début avril 2010, sans doute avec l'appui discret des Russes. Quelques jours plus tard, les Américains étaient autorisés à rester un an de plus à Manas. Désormais cela dépend davantage de Moscou. C'est une donnée essentielle. Plus le temps passe, moins l'action américaine en Afghanistan ne peut se faire en contournant les Russes. C'est pour Moscou une assurance devant la montée des Chinois en Asie centrale ex-soviétique. On oublie que la Russie est le premier pays à avoir soutenu Washington, le lendemain du 11 septembre 2001, dans son action globale contre le terrorisme islamiste. Poutine ne cherchait pas seulement, comme on l'a dit, l'assurance de ne plus être gêné par les critiques occidentales sur la Tchétchénie. Il cherchait un partenariat équilibré avec Washington face à la montée de Pékin qui eut été possible si Washington n'avait pas étendu l'OTAN jusqu'aux portes de la Russie en 2002, installé dans la périphérie de Moscou des gouvernements proaméricains (Révolutions colorées de Géorgie en 2003, d'Ukraine en 2004) et convaincu d'anciens pays soviétisés (République tchèque et Pologne) d'accepter un bouclier anti-missiles sur leur sol. Aujourd'hui la donne est redevenue favorable aux Russes : si les Américains ont reculé sur le bouclier antimissile, c'est qu'ils ont besoin des Russes sur l'Afghanistan et l'Iran, et qu'ils ont aussi perdu l'Ukraine.

Ce que craignent Washington comme Moscou en Asie centrale, dans une perspective de plus longue durée, va au-delà du retour d'un islamisme fort : c'est la domination de la Chine. Investissant dans les hydrocarbures et l'uranium du Kazakhstan, dans le gaz du Turkménistan, construisant des routes pour exporter ses productions vers le Tadjikistan et le Kirghizstan, la Chine est devenue le premier partenaire commercial de l'Asie centrale ex-soviétique en 2009.

Washington est au moins autant en Afghanistan dans le cadre de sa vaste stratégie globale de contrôle de la dépendance énergétique chinoise et d'encerclement de l'Empire du Milieu (voir notre article dans le n°2 de la NRH, sept. Oct. 2002 « Comment l'Amérique veut vaincre la Chine » que les années passées ont confirmé) que dans sa lutte contre un islamisme devenu incontrôlable. La Chine a son Turkestan, le Xinjiang, avec sa minorité turcophone ouïghour que les Etats-Unis tentent d'agiter. Elle ne peut relier sans risque son Turkestan à l'ex-Turkestan russe qu'à la condition de jouir d'une influence politique et économique forte dans le second. Ainsi ni l'Afghanistan ni l'Asie centrale ex-soviétique ne risqueraient d'être des bases arrière du séparatisme ouighour. Ainsi son grand projet de « China's Pan-Asian railway », ces routes de la Soie du XXIe siècle, qui mettraient Londres à deux jours de train de Pékin deviendrait possible avant 2025[1].

En 2006, dans un pays sous tutelle américaine, la Chine n'a pas hésité à investir 3 milliards USD dans la mine de cuivre d'Aynak, une des plus grandes du monde. En 2010, les présidents chinois Hu Jintao et afghan Hamid Karzai ont signé d'importants accords économiques et commerciaux et l'Afghan a commencé à menacer les Américains de se tourner vers Pékin alors que ceux-ci critiquaient la manière dont l'élection présidentielle s'était déroulée. L'intérêt de la Chine pour l'Afghanistan ne peut qu'aller croissant depuis qu'Hamid Karzai a annoncé (le 30 janvier 2010) ce que les Américains savaient depuis longtemps : « les gisements d'hydrocarbures d'Afghanistan valent sans doute plus d'un millier de milliards de dollars », en plus des gisements de cuivre, de fer, d'or, de pierres précieuses, qui restent non exploités. Ainsi l'Afghanistan n'est plus seulement une route stratégique pour le désenclavement des richesses ; il est aussi un territoire riche en ressources stratégiques.

La Chine n'est pas la seule future superpuissance à regarder vers l'Afghanistan. Depuis la chute des Talibans en 2001, l'Inde a engagé 1,3 milliards USD dans la reconstruction de l'Afghanistan, soit 10 fois plus que la Chine ; cela fait de New Delhi le premier donateur de la région (signe politique fort : le nouveau Parlement afghan a été financé par l'Inde). Si les Etats-Unis se retiraient d'Afghanistan, l'Inde pourrait devenir l'allié du régime afghan face aux Talibans. C'est le cauchemar du Pakistan qui, sous pression américaine, doit réduire ses créatures fondamentalistes. L'ISI a façonné des groupes fanatiques pour massacrer l'Indien dans le Cachemire et il est probable que les attentats graves qui ont frappé les intérêts indiens à Kaboul (en 2007 et 2009 contre l'ambassade) soient encouragés par le service pakistanais, lequel s'emploie à pousser l'Inde hors de l'Afghanistan. Sans l'Afghanistan, le Pakistan a encore moins de profondeur stratégique, ce qui est déjà sa faiblesse face à l'Inde (le déficit en puissance conventionnelle du Pakistan expliquant sa doctrine nucléaire de première attaque). Islamabad a donc comme priorité stratégique absolue que d'empêcher la formation d'une alliance stratégique Kaboul-New-Delhi.

L'Inde et le Pakistan, qui se sont fait trois guerres depuis l'indépendance de 1947, mènent une nouvelle guerre par procuration en Afghanistan. La stratégie d'inflammation du rapport entre les deux voisins menée par les groupes pakistanais les plus radicaux (attentats de Bombay en 2008 et de nombreux autres depuis) a fonctionné. L'ISI ne peut plus contrôler les monstres qu'il a créés. Et d'ailleurs comment pourrait-il expliquer à ses monstres de continuer à massacrer les Indiens dans le Cachemire et en Afghanistan et à se calmer en même temps contre les « mécréants occidentaux» ? Les systèmes politiques reviennent toujours à leurs gènes. Or l'islam radical est au cœur du génome pakistanais.

Cet islam du Pachtounistan (terre des Pachtouns à cheval sur l'Afghanistan et le Pakistan, notamment les fameuses zones tribales) menace l'équilibre régional et peut-être même au-delà. Il est certain que si les Etats-Unis se désengageaient maintenant, un autre acteur majeur serait contraint de s'engager dans le but de prévenir le double risque de basculement de l'Afghanistan et du Pakistan (pays doté de l'arme nucléaire) dans les mains d'un régime sunnite fanatique. On voit mal les Russes revenir, ne reste que l'Inde. Mais que ferait alors le Pakistan si les troupes indiennes débarquaient en force sur le territoire afghan ?

L'Inde a besoin d'une Asie centrale stable pour satisfaire ses besoins énergétiques. Deux routes d'alimentation essentielles s'offrent à elle : le gazoduc IPI (Iran Pakistan Inde) qui lui amènera du gaz iranien provenant du gisement géant de South Pars dans le Golfe Persique (le Pakistan, après des années d'hésitation a fini par signer en mars 2010 le projet de pipe) ; et le fameux gazoduc TAPI (Turkménistan, Afghanistan, Pakistan, Inde) voulu par UNOCAL, un tuyau lui-même raccordé vers l'Ouest aux autres « routes américaines » (celles qui concurrencent le réseau russe), le corridor transcaspien et le BTC (Bakou Tbilissi Ceyhan).

Les Etats-Unis qui soutiennent depuis longtemps ce projet de pipe vers l'Inde et l'Asie du Sud-est, depuis le Turkménistan et à travers l'Afghanistan et le Pakistan, veulent absolument doubler l'Iran et empêcher le régime chiite de devenir incontournable pour l'Asie (Chine, Japon, Inde) ; ils n'ont pas pu empêcher le Pakistan de signer l'IPI avec l'Iran car ils ont besoin de la coopération d'Islamabad dans la lutte contre les Talibans. Ils sont par ailleurs empêchés de réaliser le TAPI à cause de la situation sécuritaire en Afghanistan.

L'Iran (en plus de la Chine) est bien l'une des cibles que les Américains veulent atteindre depuis l'Afghanistan. Les accusations américaines concernant une hypothétique collaboration entre Téhéran et les Talibans se sont multipliées en 2009 et 2010. Ainsi l'amiral américain Mullen a parlé (fin mars 2010) de fournitures d'armes et d'entraînement militaire par les Pasdarans. On sait que les Américains remuent aussi le séparatisme baloutche (le peuple baloutche est à cheval sur l'Est de l'Iran, le Sud de l'Afghanistan et l'Ouest du Pakistan) contre Téhéran. L'intérêt réel des Iraniens est-il de voir les Talibans triompher en Afghanistan ? Certainement pas. Mieux vaut un Afghanistan infecté dans lequel les Américains s'engluent sans jamais l'emporter (d'où la possibilité d'éventuels coups de pouce dosés aux Talibans) plutôt que l'installation d'un régime sunnite radical violemment anti-chiite à Kaboul. Les intérêts iraniens et pakistanais se rejoignent d'une certaine manière dans l'idée suivante « une bonne dose de Talibans mais pas trop, de sorte que les Américains restent là où ils sont aujourd'hui ». Cependant rien ne prouve que l'Iran aide les Talibans. Pour accuser Téhéran, les Américains s'appuient sur des déclarations de Talibans qui se sont vantés de cette aide. Mais nonobstant même le problème de l'incompatibilité idéologique entre Iraniens et Talibans, on peut imaginer que ces Talibans qui ont intérêt à ce que les Américains ouvrent un second front en Iran, s'amusent à mettre de l'huile sur le feu...

On le voit, nombreuses sont les puissances qui ont intérêt à ce que les Américains restent en Afghanistan sans jamais l'emporter vraiment : Russes, Chinois, Iraniens, Pakistanais, Indiens même. Dans ces conditions, il n'est plus certain que les Américains et les Européens qui les suivent mènent une guerre pour leurs intérêts propres. En réalité, aucune victoire durable n'est possible en Afghanistan sans une transformation profonde du Pakistan lui-même. Or en se démocratisant, le Pakistan a ouvert d'immenses perspectives aux fondamentalistes (contrairement aux régimes anti-islamistes forts d'Asie centrale ex-soviétique). En toute logique, une arme nucléaire qui existe déjà et qui est susceptible de tomber dans les mains de Talibans devrait inquiéter davantage Washington qu'une arme qui n'existe pas dans les mains d'Iraniens bien plus pragmatiques que les islamistes pachtouns et finalement potentiellement capables d'équilibrer... le danger nucléaire pakistanais.

Aymeric CHAUPRADE

Professeur de géopolitique et Directeur de la Revue Française de géopolitique et du site www.realpolitik.tv est l'auteur de l'ouvrage de référence « Géopolitique, constantes et changements dans l'histoire » éd. Ellipses.

[1] Ce projet de train à grande vitesse traversant l'Eurasie à travers Asie centrale doit relier 17 pays reliés suivant 3 routes différentes et au total 81 000 km 1/ la route du Sud allant de Kunming sur les contreforts du Tibet en Chine jusqu'à Singapour à travers l'Asie du Sud Est 2/ la route de l'Europe depuis Urumqi (capitale du Xinjiang) jusqu'à l'Allemagne, à travers l'Asie centrale 3/ la route de l'Europe du Sud enfin, depuis Heilongjiang au nord est de la Chine jusqu'à l'Europe du Sud Est à travers la Russie. »

Jean Vinatier
SERIATIM 2010

Source :

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Gambie,Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen