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dimanche 18 juin 2023

« ASSANGE, la mauvaise conscience de l’Occident »N°5696 17e année

Il devrait y avoir des représentants de tous les partis français pour la libération de Julian Assange…mais voilà, ils n’y sont pas….et moins encore le pouvoir politique français totalement absent, si soumis à Washington : nous sommes ou pas le pays des droits de l’Homme et la photo de Julian Assange ne devrait-elle pas orner la façade de l’Hôtel de ville de Paris? Je pense plus que légitime de publier cette soirée un 18 juin.

« Depuis plus de quatre ans, le journaliste australien Julian Assange est enfermé dans la prison de haute sécurité de Belmarsh au Royaume-Uni. Les États-Unis, où il encourt 175 années de prison, réclament son extradition pour « espionnage ». Aucun gouvernement européen n’a esquissé le moindre geste pour s’opposer à la persécution du fondateur de WikiLeaks. Au-delà des questions relatives aux droits de l’Homme que cette affaire soulève, elle est également symptomatique de l’état de servitude du Vieux continent à l’égard de Washington. À travers les poursuites contre Julian Assange, c’est la démarche de WikiLeaks et le journalisme même qui sont menacés : la mise à disposition d’informations d’intérêt public sur les questions de politique étrangère et de « sécurité nationale ». Le 31 mai 2023 à Paris, Le Vent Se Lève et le Comité de soutien Assange accueillaient pour en parler Stella Assange, épouse et ancienne avocate de Julian Assange, Rony Brauman, médecin humanitaire et ex-président de Médecins sans frontières, Arnaud Le Gall, député LFI-Nupes spécialiste des questions internationales et Cédric Villani, mathématicien et ancien député. Serge Halimi, universitaire et ancien rédacteur en chef du Monde Diplomatique, présent à la conférence, nous a demandé de ne pas apparaître sur la captation. » 

Jean Vinatier Seriatim 2023

samedi 30 octobre 2021

Maurice Garçon : 17 mars 1939 N°5741 15e année


Les éditions Belles Lettres ont l’excellente idée de publier des ouvrages sur deux avocats, célèbres, renommés, Isorni et Garçon en retraçant, notamment, leurs plus belles plaidoiries

https://www.lesbelleslettres.com/livre/4590-isorni

https://www.lesbelleslettres.com/livre/3946-maurice-garcon-proces-historiques

https://www.lesbelleslettres.com/livre/325-contre-la-censure

https://www.lesbelleslettres.com/livre/1031-journal-1939-1945

 

« Maurice Garçon (1889-1967) fut l’un des plus grands avocats de son temps.

De 1912 à sa mort, il a consigné presque chaque soir les événements, petits et grands, dont il était le témoin ou l’acteur.
Ce premier volume de son journal inédit couvre, parfois heure par heure, la guerre, la défaite, l’Occupation et la Libération. À cinquante ans, l’avocat est alors au sommet de son art. Dans ces chroniques, il révèle aussi des qualités d’observation et un talent d’écriture enviables. Il y a du Albert Londres chez Maurice Garçon. Curieux de tout, il sillonne Paris et la province, furète, recoupe, rédige, avec le mérite constant, et rare, de s’interdire toute réécriture : c’est un premier jet qu’on lit sur le vif. Son journal déborde. Portraits, anecdotes, détails méconnus foisonnent. En voici un extrait »

 

« 17 mars [1939] – Pages 21-22.
Je suis avocat depuis un peu plus de vingt-huit ans, j’aime passionnément ma profession et j’ai cru longtemps en elle. Il y a cinq ou six ans, publiant un ouvrage sur la justice (1), j’ai écrit en conclusion que le pays pouvait être fier de la sienne. Je ne l’écrirais plus aujourd’hui. À la vérité, il faut longtemps pour comprendre et approfondir. Tant qu’on est jeune, on plaide des procès sans importance et l’on ne voit pas d’intrigues. Il faut longtemps pour que viennent à l’avocat les affaires graves où des intérêts capitaux sont en jeu. Quand ces dossiers-là sont venus, il ne reste plus que du mépris pour ceux qui jugent.
Les politiciens sont abjects. Leurs intérêts électoraux ou d’argent leur font faire des ignominies. Pour les magistrats, c’est autre chose. La décoration ou l’avancement en font des valets. Ils sont lâches, trembleurs et pusillanimes. Ils ont peur de leur ombre dès que se manifeste une intervention un peu puissante. Toutes les palinodies leur sont bonnes lorsqu’il s’agit de flatter le pouvoir. Leur prétendue indépendance dont ils parlent est une plaisanterie. Plus ils gravissent les échelons des honneurs, plus ils sont serviles.
On en trouve de relativement honnêtes et à peu près indépendants dans les petites villes lorsqu’ils ont vieilli sur place et ne nourrissent pas d’ambition. Mais pour faire la grande carrière, il faut avoir accumulé tant de platitudes qu’on peut dire que leur bassesse est proportionnelle à leur élévation. Voilà pourquoi Paris est pire que tout. Pour arriver là, il faut avoir tant de fois courbé l’échine et servi des maîtres divers que toute moralité est absente.
Ils sont méchants d’ailleurs et passablement jaloux. Ils n’aiment pas les avocats et se passent la langue sur les lèvres lorsque l’un d’eux défaille. Longtemps j’ai cru à leur sympathie et je me suis efforcé de leur éviter des erreurs. Cet état d’esprit m’est passé. Je les ai vus trop indifférents aux malheurs injustifiés de quelques-uns que je connais pour avoir pitié d’eux si leur destinée devient mauvaise. Tant pis pour eux, ils ont de trop vilains caractères. […]
Ils sont d’ailleurs ingrats. Si le gouvernement change, ils se mettront au service de celui qui tient présentement le pouvoir et jetteront impitoyablement en prison ceux dont quinze jours avant ils léchaient encore les bottes et auxquels ils doivent ce qu’ils sont.
C’est une considération mélancolieuse que celle à laquelle j’aboutis. Vivre quotidiennement avec des gens qu’on méprise, passer ses jours dans une maison sale
et respirer un air plein de miasmes, voilà pourtant ma destinée.
Quelquefois, il m’est revenu qu’on me trouve au Palais un peu distant. N’y a-t-il pas de quoi être réservé ? Quand on vit parmi des voleurs, on boutonne ses poches, quand on fréquente obligatoirement la canaille, le moins qu’on puisse faire est de se méfier et se taire. »

Source :

https://lesbelleslettresblog.com/2015/05/11/maurice-garcon-journal-1939-1945-folle-traversee-des-annees-noires-de-la-france/?utm_source=sendinblue&utm_campaign=Nos%20livres%20%20la%20barre&utm_medium=email

 

Jean Vinatier

Seriatim 2021

mercredi 4 août 2021

Conseil Constitutionnel : la veille du 5 août N°5680 15e année

 A la veille de la publicité de la décision du Conseil Constitutionnel sur l’extension du passe sanitaire1, cet organe crée par le Général de Gaulle en 1959 pour contrer le Parlement a, depuis, pris de nouvelles dimensions. On peut même écrire qu’au fur et à mesure que l’exécutif se défaisant, les Sages de la rue de Montpensier prirent des aises bien rappelées dans l’article de Ballot-Beaupré paru dans Valeurs actuelles2.

Au-delà des neuf sages nommés pour un tiers, par l’Élysée, par le Sénat et par l’Assemblée nationale, étaient présents de droit les anciens Présidents de la République. Derrière eux, se tiennent toujours des hauts fonctionnaires issus du Conseil d’État….

Aujourd’hui, le Conseil constitutionnel n’a plus les anciens Chefs de l’État : décès, désintérêt, procédure judiciaire. C’est un détail qui a toute sa valeur car un ancien Président de la République, détaché de la magistrature suprême et des contingences politiciennes pouvait peser de son poids pour éviter que ledit Conseil ne dérive. Le plus actif a été Valéry Giscard d’Estaing : ni de Gaulle, ni Pompidou, ni Mitterrand, décédés en cours de mandat ou juste après n’y furent. Jacques Chirac cessa d’y être ne supportant pas…Valéry Giscard d’Estaing ! Quant à Nicolas Sarkozy et François Hollande, entre démêles judiciaires et indifférence, ils sont absents : si Emmanuel Macron n’était plus à l’Élysée en 2022, y siègerait-il ?

Ce rappel historique a son importance : le Conseil constitutionnel, à la grande différence de son équivalent à Karlsruhe n’est pas constitué de magistrats mais de politiques et de personnes dotées de compétences juridiques : c’est assez ambigu d’autant plus que la coulisse est tenue par des hauts fonctionnaires du Conseil d’État qui siège au même endroit que le Conseil, à savoir au Palais-Royal !

Ainsi avons-nous de hautes institutions :

-le Conseil d’État qui remonte à plusieurs siècles et qui servit, à partir de Louis XIV à fournir bon nombre de secrétaires d’État et d’intendants quand lesdits conseillers, par des unions matrimoniales avec des filles de parlementaires pesaient déjà d’un poids considérable dans la monarchie d’alors. Napoléon Ier, recréa le Conseil d’État, tout comme la Cour des comptes qui remontait à Philippe IV le Bel, lui donnant un capacité juridictionnelle complétée en 1987 par la cour d’appel administrative. Fait unique en Europe, le conseil d’État est censé juger l’État ce qui suppose une impartialité et une neutralité exemplaire ce que nous ne vîmes point lors du dernier rapport sur l’extension du passe sanitaire placé entre les mains certes d’un conseiller d’État mais qui est ouvertement militant macronien et maire d’Olivet !

-le Conseil constitutionnel d’organe de contrôle des élans parlementaires est passé progressivement depuis une trentaine d’années à une interprétation personnelle de son point de vue de la hiérarchisation des normes constitutionnelles. Certains diront regretter que le Conseil ne puisse pas s’auto-saisir. C’est une question délicate. Dans l’absolu, qu’un organe supervise la constitutionnalité des lois est regardé comme une sauvegarde des droits fondamentaux des citoyens, empêchant l’État d’aller vers un despotisme. Le danger est d’installer un gouvernement des juges. C’est donc à un équilibre qu’il faut parvenir. Dans la France de la Ve République, tout repose sur le Président de la République. On a souvent reproché à Charles de Gaulle son idée monarchique - dans laquelle son plus critique, François Mitterrand entra totalement - qu’il puisait dans sa lecture historique de la France.

A travers l’institution d’un Conseil Constitutionnel, se renoue un lien avec les volontés capétiennes de fonder une monarchie administrative au fur et à mesure que les Rois étendaient leur autorité : dés le XIIIe siècle, le mouvement s’enclencha de même que les parlements  composés de magistrats titulaires de leur office étaient indépendants de jure du pouvoir royal. C’était une garantie d’empêcher un despotisme royal et de perpétuer que le roi « en ses conseils » trouvait ses limites, par les coutumes et les privilèges (qu’il faut voir comme des protections contre un pouvoir excessif). Après les frondes (1648-1653) la monarchie parfaite ou absolue se figera dans un face à face qui craquera tout au long du XVIIIe siècle pour culminer sous Louis XV (discours de la flagellation, réforme Maupeou) et plus encore sous Louis XVI qui généralisera trop tardivement les assemblées provinciales (1788) de nature à devenir progressivement des parlements au sens moderne du terme. Par ses assemblées, il s’agissait d’ôter aux Parlements d’ancien régime toute autorité fiscale pour les remettre entre les mains d’élus locaux réunis en trois ordres inaugurant aussi un mouvement décentralisateur.

De cet échec à la fois administratif et politique à créer un espace électif comme ce ne fut pas le cas au Royaume-Uni3, Napoléon Ier conclura à une centralisation : un organe législatif réduit à la plus simple expression, Conseil d’État bien borné…etc. Les Troisième et Quatrième république (1875-1940, 1946-1958) remirent au Parlement le soin de l’élection du Président de la République et de son éventuelle démission (Mac Mahon) déchéance (Paul Deschanel) et d’une façon générale instaurait la primature du Parlement sur l’exécutif (le sénat disparaissant sous la IVe République). La Ve République en installant un Conseil constitutionnel a voulu assurer la prééminence du Chef de l’État, lui-même après son mandat entrant au Conseil. Le Conseil devenant une clef de voute institutionnelle caractéristique de la méfiance ancestrale du pouvoir royal envers les parlements autant chambre de justice que d’enregistrement de la loi, les rédacteurs de la Ve République ne pensèrent pas et, pour cause, aux conséquences de la construction européenne, deux ans après le traité de Rome et aux répliques sismiques sur le régalien détricoté par la montée en puissance des institutions européennes. En Allemagne, c’est la cour de Karlsruhe qui est en dernier ressort la garante de la liberté allemande quand en France, il est moins clair que le Conseil constitutionnel le soit. Les sages du Palais-Royal semblent suppléer aux affaissements de l’exécutif et  du législatif par une extension de son champ interprétatif comme s’ils étaient passés à l’échelle européenne : à l’inverse de Karlsruhe, le Palais-Royal parait davantage soucieux d’un équilibre entre Bruxelles et les institutions de la Ve que d’une défense de notre liberté nationale, de « concilier », selon son jargon, deux normes constitutionnelle l’une française, la seconde européenne qui sans exister (pas de constitution européenne mais des traités) a développé ses institutions.

La dérive du Conseil Constitutionnel est caractéristique de l’écoulement de nos institutions sous couvert d’une Union européenne que certains voudraient réellement supranationale quand la majorité entendrait demeurer entre Bruxelles et les capitales des Etats-membres.

Ne pourrait être réformé le Conseil Constitutionnel que par l’émergence d’une VIe République. Le Conseil Constitutionnel étant le couronnement d’un tout, l’ôter ou en retirer la substance viendrait à abattre la Ve République. L’enhardissement des Sages du Palais- Royal reflète nos déséquilibres confusionnels, politiques, juridiques, sociétaux, prodromes d’une crise plus générale.

 

Notes :

1-Trois recours :

le premier de la part du gouvernement,

le second par 120 sénateur et 74 députés LFI, PCF, PS, Nouveaux Démocrates et Liberté et Territoires,

le troisième par d’avocats « DejaVu.legal » au nom de « 50 000 citoyens »

2-https://www.valeursactuelles.com/societe/pass-sanitaire-du-conseil-constitutionnel-ne-rien-en-attendre/

3-non sans drame (guerre civile de 1642, changement dynastique de1688)- qui, au moment de 1789 limitait encore strictement la représentation nationale (bourgs pourris de Walpole), il faudra attendre le chartisme et les lois libérales de Peel au XIXe siècle pour que les Communes devinssent au cours des décennies suivantes le reflet général des britanniques.

 

 

Jean Vinatier

Seriatim 2021

 

dimanche 25 juillet 2021

Liberté seringuée N°5768 15e année

 Hier j’avais le choix entre deux manifestations dans Paris, la première itinérante, la seconde statique au Trocadéro : les deux avaient en commun la dénonciation du passe sanitaire. J’optais pour la seconde, après quoi, j’allais par les rues vers les Champs-Élysées où je vis arriver depuis l’Étoile un grand groupe de manifestants poursuivis par les CRS, d’autres groupes déboulèrent depuis la droite venant certainement de la porte de Champerret. Surprise totale qui déboula au milieu des touristes et des malandrins très nombreux sur cette avenue désertée par les parisiens. Il n’y a pas eu d’affrontement hormis les cris de « liberté, liberté »et du gaz lacrymogène mais j’observais bien que les bandes présentes pour détrousser les touristes hésitaient à entrer dans la danse pour opérer des pillages : elles ne firent rien et retournèrent à leurs vols à la tire…..

Mieux que la semaine précédente, les Français descendirent dans les rues des villes jusqu’au plus petites pour dire « Non » à un passe sanitaire dangereux que les deux assemblées viennent d’approuver à une vitesse record, le sénat surtout ! Une fois de plus, l’on vit les Républicains à la manœuvre cynique : à l’Assemblée ils s’abstinrent, au Sénat, ils exigèrent le rétablissement de l’état d’urgence avec à leur tête un Bruno Retailleau, déchaîné et dangereux bien plus que son collègue Philippe Bas.

Une hystérie sécuritaire pour traiter une pandémie peu létale s’empare des assemblées qui rivalisent d’imagination inquiétante comme le rapporte Marianne citant le rapport fait par trois sénateurs en juin: « bracelet électronique, boitier autour du cou, portique d’entrée sonore, désactivation du passe navigo, caméras thermiques dans les restaurants »…A quand la crécelle ? et pourquoi pas toutes les places de mairie où seraient exposés publiquement les non-vaccinés ? A quand l’estrapade, le chevalet ou les brodequins ( la question supprimée par Louis XVI en 1780). Belle attraction touristique avec en sus une visite de maladrerie pour les non-vaccinés ! car en l’espèce c’est le non-vacciné qui deviendrait le malade !

Les Français ne font pas le lien avec les autres lois liberticides et ne veulent pas regarder ce passe sanitaire comme le début d’une nouvelle extension à d’autres maladies infectieuses selon les vues gouvernementales après les choix proposés hors de tout contrôle parlementaire via des conseils scientifiques, de conseils de Défense. La mécanique en route avec la bénédiction des élus (députés, maires, conseillers…etc), dans le silence, des ONG d’habitude si intervenantes dès qu’il s’agit de minorités et de clandestins, des avocats, des écrivains, des comédiens, des historiens, des universitaires, auteurs tous muets, des syndicalistes y compris patronaux, de médias qui récitent comme des perroquets (avec quelques exceptions) et font la morale. Cette immense lâcheté ou corruption morale des « sachants » laisse un peuple éperdu contraint à la soumission que secoué par de sourdes colères.

L’on parle de nouveaux Gilets jaunes. Les Gilets jaunes plus ruraux qu’urbains surgirent dans les rues pour dénoncer une dureté sociale qui échoua à s’étendre à d’autres thématiques Dans le cas présent, la dénonciation du passe sanitaire s’empare aussi bien de ruraux que de citadins, de citoyens de tout l’échiquier des opinions politiques. C’est plus large et bien plus dangereux pour le pouvoir. Voilà pourquoi, il séquence autant les sondages d’opinion pour ou contre la vaccination : du personnel de santé, des enseignants…etc avec des réponses forcément approbatives en raison du nombre de vaccinés et parce que les gens ne prennent pas de recul, étant dans le zapping, l’immédiateté et le continu informationnel. Tout cela procède d’une stratégie longuement murie après les couacs de l’hiver et printemps 2020. N’oublions pas que depuis mars 2020, nous ne cessons pas d’aller de contrôle en contrôle sous des formes et appellations différentes, c’est peu dire que le conditionnement du Français est avancé. L’on sait qu’une troisième vaccination s’avance, que les variants succéderont à d’autres au point que l’assemblée refuse d’envisager le terme du passe sanitaire (amendement CL 185 proposé par la députée Ménard, rejeté ce 20 juillet).

Personne ne réagit quand le Premier ministre, Jean Castex, propose d’accorder de nouvelles libertés à celles et ceux qui s’inclineront : nul ne relève la dangerosité du propos. Qu’est-ce qu’une liberté seringuée.

Dans les décennies à venir, l’histoire observera comment avec quelle facilité un gouvernement a manipulé tout un peuple veillant bien évidemment à stigmatiser et exciter aux délations tout en s’attachant les forces de police, de gendarmerie par des privilèges.

Cependant, le nombre des manifestants dans tout le pays indique bien que des résistances, certes éparses, s’installent. Les résistants (vaccinés, non-vaccinés) sont minoritaires, c’est logique, elles ont l’intelligence qui manque à la masse qui ne réagit qu’à l’émotion et au conditionnement (le cirque antique était une façon de tenir la plèbe : du pain et des jeux !). C’est un long combat qui débute, il faut le temps que se constituent les réseaux, les contacts dans tous les corps et organes de commandement. C’est bien ce dont se doute le gouvernement actuel qui rappelle opportunément un risque d’attentat djihadiste : « belle » occasion de donner sans problème un tour de vis supplémentaire en matière de surveillance, de fichage.

Sur ce point, nul ne s’étonne que des tonnes de commentaires se fassent au sujet du logiciel Pegasus utilisé depuis longtemps par les États et les entreprises, alors même qu’Emmanuel Macron met en place la surveillance et l’espionnage de toute une nation ! Entendre dans les rues de Paris les cris de « liberté, liberté » vous frissonnaient rappelant ô combien les libertés si sanglantes à conquérir, se perdent si facilement et ne se récupèrent ou pas ou peu.

De la liberté, égalité, fraternité, il ne reste en définitive que ce qu’en fit de façon comique Jean Yanne en 1985 avec Liberté, égalité, choucroute, où Jean Poiret venant de Perse se rendait en 1789 à Paris au salon de la torture pour, in fine, y demeurer….

Jean Vinatier

Seriatim 2021