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jeudi 27 décembre 2018

Les Gilets jaunes : gilets de survie de Macron/Philippot ? N°4615 12e année


Les élections européennes de mai prochain auront donc bien des surprises. Pour la première fois les élections pour le parlement européen susciteront un intérêt général dans les 27 pays membres de l’Union. En France, le mouvement quasi insurrectionnel des Gilets jaunes est passé de la seule colère fiscale à la demande politique via le RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne). Florian Philippot a déposé la marque « Gilets jaunes » à l’INPI et songe à établir une liste hybride, mi- gilets jaunes, mi- patriotes pour les élections prochaines. Une aubaine pour un homme parti du Rassemblement National (à l’époque encore FN) et qui, hormis d jouer le chauffeur de salle sur les plateaux télé, ne voyait aucune éclaircie pour son ambition. Les Gilets jaunes lui entrouvrent une porte. Quand bien même son score ne serait pas élevé, il grignoterait des voix au RN, à Debout la France et à la France insoumise. Des petits prélèvements qui pourraient servir Emmanuel Macron, au plus bas dans les sondages, pour lequel la perspective d’être devancé par Marine Le Pen hante ses nuits. Cependant, l’entrée en lice de Philippot se heurterait à la concurrence d’une autre liste Gilets jaunes conduite par le chanteur Francis Lalanne : irait-on, alors, vers un choc frontal qui les autodétruirait ?
On est dans les hypothèses et les conjonctures car les semaines à venir seront lourdes d’incertitudes tant en France qu’en Europe qu’à l’International sur des plans, politiques, économiques, financiers, géopolitiques, migratoires et environnementaux…etc.
Il est normal que les états-majors politiques élaborent des scenarii qui demeurent pour ce qu’ils sont et qui dépendent de tout événement.
Pour en revenir aux les Gilets jaunes, il serait tout de même très difficile de les enfermer dans une structure politique classique s’ils sont autant insurgés qu’ils l’affirment : peuvent-ils adhérer à un parti qui ferait le jeu d’un pouvoir qu’ils dénoncent ? Il faudrait également que les Gilets jaunes se répandent dans un grand nombre de pays membres de l’Union européenne pour justifier une liste auprès des électeurs français. En l’état, et à l’exception de la Belgique, les Gilets jaunes ne connaissent pas de mouvements aussi similaires et puissants. Enfin, si les Gilets jaunes sont logiques avec leurs débuts : ni Dieu, ni maître, pourquoi se ranger sous une bannière qui les marquerait politiquement ?

Emmanuel Macron et Florian Philippot, deux hommes politiques largués se retrouveraient ironiquement  à se partager une planche pour surfer sur l’écume d’une vague Gilets jaunes qui pourraient tout autant les précipiter sur les récifs que de les amener vers des rivages plus ou moins hospitaliers…
A voir….


Jean Vinatier
Seriatim 2018

dimanche 23 décembre 2018

Un Chili et une Suède très Prusse wilhelmienne N°4614 12e année

L’armée chilienne doit sa modernité à des officiers prussiens dès 1885 Jean Vinatier Seriatim 2018

« Universalité, mondialité, cosmopolitisme (Chine, Japon, Inde) par Anne Cheng » N°4613 12e année


Ci-dessous deux très intéressantes conférences d’une heure chacune :





Jean Vinatier
Seriatim 2018

« Rudolf el Kareh : « La politique de nuisance pour compenser le mirage hégémonique s’évanouit » N°4612 12e année


« Dans un entretien à la Libre Belgique, réalisé par Vincent Braum, le sociologue et politologue, spécialiste du Moyen-Orient, régulièrement consulté par les institutions européennes Rudolf el Kareh, estime que l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khasoggi, le 2 octobre à Istanbul, a initié une réaction en chaîne d’ajustements politiques sans précédent au Moyen-Orient, mais aussi aux États-Unis. Elle a surtout mis en lumière le « lien structurel » qui s’est établi entre les États-Unis de Donald Trump et l’Arabie saoudite du prince héritier Mohamed ben Salmane.» Mais elle a montré aussi que «la politique portée par Trump et le clan ben Salman bat actuellement de l’aile » et que le rêve américain d’un monde unipolaire « est un mirage. »
La suite ci-dessous :

Jean Vinatier
Seriatim 2018


« Corne de l’Afrique et l’espace arabique par Brendon Novel » N°4611 12e année


Corne de l’Afrique et Péninsule arabique : des relations déséquilibrées

« Depuis quelques mois, la Corne de l’Afrique est en proie à une reconfiguration géopolitique d’ampleur. Afin de bien saisir les tenants et aboutissants des dynamiques observées depuis l’arrivée au pouvoir en Éthiopie du Premier ministre Abiy Ahmed en avril 2018, il convient de s’en distancier et d’apporter une perspective historique. C’est l’objectif de cette série de trois articles qui visent à analyser l’évolution depuis 1973 des interactions entre la Corne et la Péninsule arabique, tantôt proches, tantôt très éloignées. Le but de ce premier article est d’étudier pourquoi la mer Rouge s’est progressivement constituée en un fossé clivant et parfois infranchissable. »
La suite ci-dessous :

Intégration de la Corne de l’Afrique à l’espace sécuritaire du Golfe : rôle catalytique de la guerre au Yémen (2/3)
« Afin de mettre en perspective l’actualité de ces derniers mois, il convient de souligner en quoi l’intervention au Yémen menée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis a catalysé un certain nombre de dynamiques politiques, militaires et économiques avec les pays de la rive voisine. Les effets engendrés par cette ruée golfienne sur la Corne seront également évalués. »
La suite ci-dessous :



Jean Vinatier
Seriatim 2018

En attendant l’acte VII et la nuit du 31 N°4610 12e année


Les gilets jaunes apprennent et s’aguerrissent quand bien même les médias répètent à l’envie que leur nombre décroit alors qu’il reste le même comparé à l’acte précédent !
Ils savent désormais poser un leurre : « nous irons à Versailles » quand la véritable destination est Paris. Et dans Paris, loin de vouloir être tous au même endroit, ils furent ici et là jusqu’à terminer, pour le tomber de rideau, sur les Champs Elysées après avoir frôlé un palais de l’Elysée inhabité, le successeur de François Hollande réveillonnant au Tchad auprès de soldats français en compagnie de Michel Drucker !!
Cette adaptation au terrain, apparaitre/disparaitre/réapparaitre/partir ne saurait me surprendre puisque j’en indiquais, précédemment, l’évidence. Et cette stratégie/tactique prévaudra. A ce jeu-là les forces de l’ordre peineront-elles ? Elles sont des chevaliers à Azincourt face à des archers souples et mobiles !
Cette évolution du comportement des gilets jaunes très naturelle au fil des semaines entretient une colère qui ne faiblit pas et franchit des degrés. Ainsi, à Angoulême, patrie de Ravaillac, des gilets jaunes tinrent le procès fictif d’Emmanuel Macron en effigie, le condamnèrent à la décapitation théâtralisée avec du sang de bœuf. On avait déjà vu son effigie brulée, apparaitre des guillotines (Redon par exemple) mais là, le geste est terrible. Le journal Le Monde nous apprend qu’Emmanuel Macron terré dans son palais craindrait « son » peuple et qu’il ne sortirait que maquillé, tête, cou et mains. C’est une première dans l’histoire de la République que de savoir qu’un Chef de l’Etat ainsi grimé, devienne lui-même une effigie au teint de cire…..
Ce qui s’est passé ce samedi augure mal pour le pouvoir le samedi prochain et surtout lors de la nuit de la saint Sylvestre où traditionnellement la police laisse les banlieues brûler les voitures. Dans cette ambiance festive, l’occasion serait favorable à des irruptions gilets jaunes mettant le ministère de l’Intérieur dans une situation plus fragile qu’aujourd’hui. Cela fait six samedi que les gilets jaunes investissent Paris et les villes de province, c’est long ! Le pouvoir ne comprend pas que plus il cherchera à finasser, à essayer l’entourloupe, non seulement il ne devisera pas les colères des gilets jaunes, il risquerait même d’en agréger d’autres. La fameuse concertation nationale, par ses limites, par les menaces et l’envie manifeste de l’Elysée de borner cette « assemblée » où figureraient des « tirés au sort », voit sa  raison abolie. L’exécutif oublie que les gilets jaunes ne sont plus tellement dans la révolte fiscale davantage dans l’exigence politique : les Français réinvestissent l’espace politique un peu comme le Tiers Etat se décida Assemblée nationale le 17 juin 1789.
Chaque jour qui passe, les Français regardent une présidence naviguant au jugé, disputant le moindre sou aux gilets jaunes quand elle abdique en cinq heures devant les syndicats de police qui obtiennent des milliards. Ce régime fait penser à ce moment de l’empire romain où le successeur de César donnait bourse sur bourse aux prétoriens et légions ne les empêchant pas d’ailleurs de décider tragiquement de l’empereur….


Jean Vinatier
Seriatim 2018