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vendredi 29 janvier 2010

2010-2012 : le marécage –N°623-3e année

Le Président de la République, partie civile, ne pouvant agir, il revenait donc au procureur Marin de faire appel du jugement qui a relaxé l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin et il l’a fait depuis une radio: n’est-ce pas honteux ? Notons, que Me Herzog compte bien être présent au procès, autrement dit, Nicolas Sarkozy lui-même !
Ce choix politique lance la campagne présidentielle de 2012 et donne, par voie de conséquence, une place de choix à l’ennemi personnel de Nicolas Sarkozy. La vendetta personnelle du Président de la République se fait en dehors de toute tactique, elle est mue par l’unique souci de « tuer » un homme qui l’a concurrencé à la candidature pour la présidence de la République. Les magistrats de la cour d’appel étant des magistrats du siège, leur liberté est totale, l’Elysée prend le risque d’une confirmation du jugement en 2011 qui donnerait plus de voilure à un homme qui ne dispose pourtant d’aucun mandat et ne compte que quelques élus avec lui. Est-il donc si dangereux que cela pour qu’on lui consacre autant de forces ? Souvenons-nous que Michel Rocard a été autrement manœuvré par François Mitterrand. C’est là la différence entre un florentin et un camelot….
Par ailleurs, le parti socialiste est confronté, après la question des retraites, à la petite phrase de Georges Frêche, le potentat du Languedoc-Roussillon. Il est assez maladroit de le montrer antisémite alors qu’il soutient sans baragouiner la politique israélienne, ce qui lui vaut d’ailleurs le plein soutien des Français juifs de sa région. La rue de Solferino, non contente, de cette tentative de déstabilisation d’un homme au fort caractère mais qui a l’avantage de lui garantir une région importante, lui lance dans les pattes une liste concurrente à la tête de laquelle est la mairesse de Montpellier…une « frêchiste » !
Martine Aubry agit comme ont été les chiraquiens en voulant pousser hors de la Mairie de Paris Jean Tibéri qui avait, pourtant mérité son bâton de maréchal. C’est Bertrand Delanoë qui rafla la mise pour le malheur de la capitale. La droite pourra-t-elle profiter de cette dissension de la gauche ? Le degré de clientélisme est si élevé que le Languedoc-Roussillon s’accommodera, sans doute pour la dernière fois, de ce président atypique ! Si cet exemple socialiste offre un aperçu des surprises qui interviendront au fur et à mesure que l’échéance présidentielle se précisera, il peut être vu aussi comme une manœuvre habile : si Frêche est battu, le PS aura eu raison de son choix et dans le cas contraire l’état-major socialiste aura fait ce qu’il pensait juste.
Les autres partis, MODEM, Parti de gauche, parti communiste, NPA, les Verts, le FN…etc ne tireront que de biens maigres pitances non seulement des élections régionales mais aussi de celle de 2012.
Le maintien du bipartisme est un enjeu majeur tant pour l’UMP que pour le PS d’où leur soulagement à l’échec du MODEM conduit par François Bayrou en 2007 qui depuis ne cesse de se défaire, élu après élu : le dernier en date étant le sénateur des Yvelines Nicolas About qui rejoint Valérie Pécresse.
Les deux partis du bipartisme ne sont que des machines à faire des présidentiables avec le minimum d’idéologie. PS et UMP sont deux familles qui arbitrent leurs parentèles sans se soucier du moins du monde du climat social et s’entendraient presque à programmer l’alternance pour la fonction présidentielle. Pour l’heure, le bail de 10 ans court en faveur de Nicolas Sarkozy…sauf événement extraordinaire.
Les Français n’entendent plus descendre dans la rue même s’ils n’en pouvaient plus et quand bien même ils l’oseraient les syndicats et la presse s’emploieraient à les décourager.
Nous assistons à la fin d’une République dont la démocratie ne sera plus qu’un décor de théâtre ou un moment de télé-réalité pour entrer dans une autre période dite post-démocratique car les idéologies ne sont plus. Nous commençons l’ère de l’unique pensée sur fond d’une identité nationale malmenée, déconstruite.



Jean Vinatier

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jeudi 28 janvier 2010

Villepin à Sarkozy : Bon anniversaire et sans rancune ! N°622- 3e année

On imagine Dominique de Villepin apportant un gâteau d’anniversaire en forme de croc de boucher à Nicolas Sarkozy et lui jetant un « Bon anniversaire et sans rancune »
La relaxe de l’ancien Premier ministre, ennemi public N°1, est un coup de semonce qui teinte désagréablement aux tympans présidentiels.
Je ne sais si Sarkozy est Louis XVI et Villepin le cardinal de Rohan, mais les juges eux ne sont pas fâchés de se rappeler qu’ils peuvent enfoncer une épine dans le régime comme leurs ancêtres du Parlement de Paris deux siècles plus tôt.
L’UMP comptera beaucoup de prétendants outre le Chef de l’Etat, Jean-François Copé, Nicolas Dupont-Aignan, une autre figure de poids tout à fait à l’aise dans des opérations de déstabilisation et autres feintes.
Triste anniversaire pour Nicolas Sarkozy qui paie cet entêtement malhabile à vouloir régler des comptes qui n’auraient jamais du gagner la place publique. Aujourd’hui, il perd un peu plus de crédibilité et de hauteur. Hier, il se faisait bouder par un parterre de financiers et d’industriels à Davos, avant-hier, il s’était échiné sur le plateau Pôle emploi de TF1 à répéter qu’il était une chance formidable pour la France. L’époque des infirmières bulgares libérées est lointaine, aujourd’hui, on compte les déceptions commerciales : déconvenue dans les Emirats Arabes Unis pour les centrales nucléaires, incertitudes pour les Rafale au Brésil, doutes sur la vente du Mistral à la Russie. A l’intérieur devant un accroissement des inégalités sociales, le Président continue à soutenir via le bouclier fiscal les « notables » contre les « malcontents », et ne ralentit absolument pas le rythme des réformes même s’il se prend une volée de bois vert : hier par le Conseil constitutionnel (taxe carbone), demain, peut-être par le Conseil d’Etat ( la non légalité de la suppression de la publicité sur France télévision) La réforme des collectivités territoriales se heurte à un mur d’incompréhension et d’hostilité faute d’une présentation politique. A force de vouloir aller très vite et dans tous les domaines, Nicolas Sarkozy réussit à énerver non seulement les élus de sa majorité mais aussi à effrayer une partie de la haute administration (les préfets)
En fait à mi-mandat, le Président cale sans le dire se piégeant même dans ses propres filets !
De ce climat singulier, Dominique de Villepin qui a derrière lui naturellement toute la chiraquie, peut-il tirer des avantages immédiats et à terme ? En fait, il lui faut à la fois rester dans le parti présidentiel et décrédibiliser Nicolas Sarkozy tout en approuvant tel ou tel point de réforme. Sans doute, Dominique de Villepin se mettra-t-il à suggérer petit à petit un bréviaire de bonne gouvernance sociale tout en veillant à ne pas apparaître comme un diviseur. De son côté Nicolas Sarkozy aura beau jeu de jouer des concurrences que Jean-François Copé ne tardera pas à revendiquer tant il est convaincu d’être le plus génial et le plus intelligent. Mais le Président ne peut pas non plus aller trop loin parce qu’il serait aussi un diviseur et les débauchages de personnalités de gauche ne lui amènent aucune troupe supplémentaire !
La relecture des mémoires du cardinal de Retz s’impose, nous nous rapprochons des frondes dans un climat délétère sur fond d’identité nationale, de burqa, d’aigreurs sociales. Les régionales de mars prochain montreront à quel point la vie politique française se bloque et s’enfonce. Si la droite risque bien de ressembler au parti socialiste avec des leaders de la même génération, elle garde, cependant, une longueur d’avance sur la gauche parce qu’elle peut très bien contraindre le Chef de l’Etat à ne pas se représenter en 2012 et avancer un autre candidat plus fédérateur. Quid des dommages collatéraux ? Les glaives sont sous les toges.....
Mais nous ne sommes encore que dans les conjectures…..


Jean Vinatier

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mercredi 27 janvier 2010

« Le Pays était vertueux… »N°621-3e année

Lawrence Stone dans son ouvrage, Les causes de la Révolution anglaise, 1529-1642, traduit en français en 1974, a décrit les lignes conflictuelles de Angleterre d’alors. Franchissons le Channel et allons dans la France, au début du XXIe siècle ; sans doute relèverait-on également des oppositions sourdes annonciatrices de quelques orages….

« Le Pays était vertueux, la Cour perverse ; le Pays était économe, la Cour prodigue, le Pays était honnête,, la Cour corrompue ; le Pays était chaste et hétérosexuel, la Cour débauchée et homosexuelle, le Pays était sobre, la Cour buvait ; le Pays était patriote, la Cour xénophile ; le Pays était sain, la Cour malade ; le Pays avait son franc-parler, la Cour flagornait ; le Pays défendait les vieux usages et les vieilles libertés ; la Cour cherchait à promouvoir des innovations administratives et de nouvelles pratiques tyranniques ; le Pays était fermement protestant et même puritain, la Cour profondément infectée de tendances papistes. »

Jean Vinatier

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mardi 26 janvier 2010

Stresemann : « On ne veut plus admettre une supériorité du travail intellectuel par rapport au travail manuel » (22 août 1923) –N°620- 3e année

Gustave Stresemann (1878-1929) chancelier allemand de la République de Weimar pendant cent jours en 1923 et ministre des Affaires Etrangères de cette année jusqu’à ce que la maladie l’emporte en octobre 1929, a marqué de son empreinte une période cruciale non seulement pour la vie politique de son pays mais aussi celle de l’Europe, mal remise de la Première guerre mondiale ainsi que du traité de Versailles.
Gustave Stresemann est, en quelque sorte, le moment heureux de l’Entre-deux-guerres. Après avoir jugulé l’hyper-inflation et créé le Rentenmark, il sortit l’Allemagne de la guerre civile et de son isolement (adoption du plan Dawes (1924), accord de Locarno en octobre 1925, siège à la SDN en 1926) tout en défendant bec et ongles ses intérêts nationaux. Le rapprochement difficile avec la France (occupation de la Ruhr) se fera grâce à l’amitié nouée avec Aristide Briand. Les deux hommes d’Etat ne formèrent-ils pas le premier « couple franco-allemand » de l’histoire et ne reçurent-ils pas le Prix Nobel de la Paix en 1926 ? Le pacte Briand-Kellog (1928) sera l’apothéose de cette politique où Paris acceptera de recevoir pour la première fois depuis la guerre un Allemand, Gustave Stresemann !
Comme Walther Rathenau (1867-1922) assassiné par l’extrême droite allemande, Gustave Stresemann n’aura de cesse de travailler au redressement de son pays. Protestant libéral, fondateur en 1918 du Parti populaire allemand (Deutsche Volkspartei) qui regroupait tant les industriels que les professions libérales et intellectuelles, il ne cessa d’appeler les pays européens à aider au redressement économique allemand pointant du doigt le danger que représentait Adolf Hitler !
Rathenau et Stresemann furent sans doute les hommes les plus haïs tant par les communistes que par l’extrême droite. Pourquoi ? Rathenau dont le père avait fondé AEG et Stresemann, fils de cafetier, restaient nostalgiques des Hohenzollern ce que ni les communistes et certains socialistes, ni les futurs nazis et une partie de la droite ne pouvaient leur pardonner.
Les hommes politiques de l’Entre-deux-guerres ne jouissent pas d’une grande considération : Aristide Briand fut longtemps méprisé ! On oublie de souligner que l’effondrement de Wall Street en1929, entraînant par ricochet l’ensemble des économies européennes, a balayé tout le travail constructif mené par les hommes d’alors. Il y a avant 1929 et l’après 1929.

Le texte ci-dessous est une allocution prononcée devant la Société de secours aux intellectuels dans le besoin. Il garde toute son actualité.

« Nous avons souvent l’impression d’une Allemagne devenue, après la guerre et la révolution [spartakiste, 1919, putsch de Kapp 1920], encore plus matérialiste qu’elle ne l’était, après sa victoire en 1871, à la suite de trop rapides progrès techniques et économiques. Il est très exact que nous assistons à la ruine de la classe intellectuelle allemande. Parlant devant le Reichstag, j’ai dit, à l’adresse de la France, qu’un peuple qui peut rebâtir les usines et les maisons détruites, a peut-être moins perdu qu’un peuple qui se voit privé des dépositaires de sa culture. La perte de cette classe cultivée, dont la reconstitution sera beaucoup plus longue que celle d’édifices démolis, nous met dans une situation intolérable.
Je reconnais sans hésiter que l’Etat doit venir d’abord en aide aux intellectuels dans le besoin, car s’ils sont tombés dans l’indigence c’est à cause de leur passion du bien public. Ce sont eux qui souscrivaient patriotiquement aux emprunts de guerre, ce sont eux qui avaient le culte des vertus allemandes, qui ne spéculaient pas, mais achetaient modestement avec leurs économies des valeurs aujourd’hui réduites à rien. L’Etat n’a pas été en mesure d’arrêter cette chute du mark, conséquence d’une guerre perdue et des violences que nous subissons aujourd’hui encore, mais il a le devoir de venir en aide à ces malheureux au moyen de dispositions législatives convenables.
Ce n’est cependant pas le seul problème qui se pose. Il faut aussi que nous fassions disparaître une conception néfaste, maintenant répandue chez nous. On ne veut plus admettre une supériorité du travail intellectuel par rapport au travail manuel, comme s’il fallait niveler la société, en empêchant de monter ceux qui, dans la nation, voudront s’élever et peuvent fournir des chefs.
Troisième point. J’aperçois dans notre évolution un phénomène extrêmement inquiétant. D’une part une concentration de plus en plus marquée de gros capitaux aux mains de quelques hommes, d’autre part un nombre croissant de travailleurs qui ne s’appartiennent pas à eux-mêmes. J’avoue que je ne me sentirais pas à mon aise si entre ces quelques gros capitalistes et ses masses ouvrières il n’y avait plus une classe moyenne, comprenant d’ailleurs non seulement des intellectuels, mais des hommes à la tête de petites entreprises.
Sans croire précisément qu’il n’y ait de vertu que dans les chaumières, j’estime que du fond du peuple peuvent surgir des forces précieuses et qu’un mouvement ascendant doit se produire, comme c’était le cas chez nous précédemment, tel enfant partant d’une condition modeste et s’élevant à une situation supérieure à celle de son père. Il nous faut retrouver ce respect que nous avions auparavant, que les riches mêmes éprouvaient pour les hommes qui s’étaient élevés jusqu’à la culture. D’ailleurs une forte classe moyenne d’intellectuels allemands serait un facteur important pour notre politique extérieure, à un moment où nous nous trouvons privés d’un autre, qui était notre puissance politique appuyée sur notre armée.
Qui aperçoit aujourd’hui encore une classe moyenne d’intellectuels en Allemagne ? Les étrangers qui viennent chez nous voient nos grandes villes fiévreuses et nos nouveaux riches et se demandent : Comment l’Allemagne va-t-elle se régénérer ? Nous ne devrions pas tant parler de fer, de charbon, de coton et choses semblables, mais nous rappeler les années qui suivirent Tilsitt (1808) et cette création de l’Université de Berlin, à propos de laquelle un roi de Prusse prononçait cette parole admirable : « Il faut que l’Etat remplace par des forces spirituelles ses forces matérielles perdues. » Je ne veux dire aucun mal du Berlin d’aujourd’hui. Il se peut cependant que l’étranger ait aujourd’hui moins de considération pour nous parce qu’il a le sentiment que, nous livrant sans retenue à des plaisirs grossiers, nous ne sommes même pas capables de supporter avec dignité notre infortune.
Puissiez-vous, pendant cette période – qui sera longue – du profond abaissement de l’Allemagne réveiller les forces morales de la nation !

Gustave Stresemann »¹

Jean Vinatier

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Source :
1-Les papiers de Stresemann, Paris, Plon, 1932-1933, 3 vol, Vol 1, pp.60-62

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jeudi 21 janvier 2010

L’imbroglio de Proglio –N°619- 3e année

L’imbroglio de Proglio, une pièce de Nicolas Sarkozy, interprétée par sa troupe, UMP & Maroquins. Son théâtre ? Le plus vaste, la France !
En fin d’après-midi, Henri Proglio renonçait aux 450 000 euros d’indemnités qu’en qualité de Président du Conseil d’Administration de Véolia il devait recevoir. Cette somme considérable s’ajoutait au salaire de 1,6 million d’euros au titre de président d’EDF.
Quelques mois plus tôt, Mme Lagarde, s’époumonait à dire combien il serait injuste qu’Henri Proglio ait deux salaires. Contredite, il y a quelques jours, elle a dû justifier devant l’Assemblée ce qu’elle blâmait hier et recevoir la mine empourprée les huées des députés. Il sera amusant d’écouter, demain, tous les laudateurs d’Henri Proglio 2 salaires applaudir qu’il n’en ait plus qu’un….
On s’ébahit devant la maladresse gouvernementale. Pourquoi ne pas avoir présenté par le menu à l’opinion publique que l’arrivée du PDG de Véolia à la tête d’EDF enclenchait, d’une part, la fusion des deux entités à l’instar de ce qui s’est réalisé pour GDF/Suez et, que d’autre part, un salaire conséquent s’imposait(cf édito de Christophe Barbier,
L’Express) ? Mystère. Ce pouvoir qui s’en remet à tout pour la communication s’est montré le plus opaque possible.
Les disputes entre Henri Proglio (EDF) et Anne Lauvergeon (AREVA) ont sans doute une part de responsabilité dans le fiasco du contrat des centrales nucléaires pour les Emiratis assombrissent le tableau sans omettre les tribulations de l’A400M d’EADS. Ce n’est pas l’acceptation par le président de Renault de revenir (jusqu’aux régionales ?) sur la délocalisation de la Clio 4 qui dissipera l’impression d’un désordre fâcheux pour ce qu’il sous-entend comme manque complet de réflexion stratégique.
En clair, l’Elysée a procédé à l’inverse du bon sens comme il semble le faire depuis un certain temps. Le Chef de l’Etat serait-il un personnage en roue libre, sans direction claire, réservant ses douceurs et ses bienfaits à la seule bande du Fouquet’s composée de financiers, d’industriels et d’affairistes ?
Nicolas Sarkozy se prend tout seul les pieds dans le tapis. Il n’est pas certain que les Français goûtent très longtemps que l’Elysée soit entre la comedia dell’arte et Labiche. L’imbroglio de Proglio ne fait donc pas rire.


Jean Vinatier

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mercredi 20 janvier 2010

Massachusetts : pour qui sonne le glas ? -N°618- 3e année

Triste anniversaire pour le Président Barack Obama ! Désormais sans majorité au Sénat, perdra-t-il également, les élections de novembre 2010 ? Face au républicain Scott Brown, la défaite de Martha Coakley la candidate démocrate, dans le Massachusetts qui fut le fief du sénateur Ted Kennedy, sonne comme un avertissement très important pour l’actuel Président et, en réalité, si l’on regarde bien l’évolution de l’humeur intérieure, pour l’ensemble de la classe politique américaine.
Les nuages s’amoncellent au-dessus du ciel washingtonien : pour se défausser de sa défaite, le parti démocrate montre du doigt la Maison Blanche ; le parti républicain joue a fond le populisme et le Tea Party continue à prendre de l’ampleur. C’est plus ce mouvement qui a fait mordre la poussière à la démocrate Martha Coakley que son adversaire Scott Brown.
A une crise politique qui se profile, nous voyons une situation économico-sociale dramatique à bien des égards. La colère populaire ne se dément pas et elle prendra, certainement, dans les mois à venir des aspects qui nous surprendront. Les récentes interventions de Barack Obama contre les banquiers sont certes les bienvenues mais l’opinion publique réclame, maintenant, plus que des sanctions ou des taxes, elle voudra, certainement, que quelques figures de Wall Street rendent gorge et ne survivent plus qu’à coup de coupons d’alimentation. La politique extérieure n’intéressant que peu l’Américain, sans doute éprouve-t-il de la fierté à voir les Marine’s intervenir en masse en Haïti pour sécuriser les habitants de ce pauvre pays et ne voit naturellement pas l’opération de communication.
La première année de cette présidence fut agitée, tumultueuse, ingrate.
Le Nouvel Obs titrait impudemment dans son dernier numéro : « Obama, comment il change notre monde » ! (en page 16 : c’était « Comment il change le monde »), titre racoleur et en retard de deux décennies. Barack Obama doit surtout changer les Etats-Unis afin que son pays reste celui d’un peuple de référence dans le monde en totale mutation.
Quand on voit toutes les oppositions surgies lors de la réforme du système de santé qui risque de sombrer corps et bien faute de l’appui du Sénat et si elle survit, malgré tout, elle sera tellement amendée qu’il faudra en entreprendre une seconde tout de suite après : un combat de Titans !
De janvier à novembre 2020, date à laquelle se dérouleront les élections mid-term, le Président Obama ne pourra plus fauter et sans doute, sera-t-il contraint de proposer des mesures inédites : renouveler son équipe, passer à l’offensive faute de quoi, sa présidence ne sera plus qu’une ombre.
Barack Obama doit ressouder le parti démocrate lequel est à deux doigts de se diviser, contrer les républicains mais surtout, observer combien le Tea party pourrait dans les mois à venir être une carte étonnante sur l’échiquier américain. Ce mouvement, certes, encouragé par des républicains, dont Sarah Palin –désormais chroniqueuse sur Fox News –, se justifie contre la dénonciation de la « corruption » à Washington et de Wall Street. Sans avoir de candidats, par les discours de ses orateurs, il fait pencher la balance d’un côté ou de l’autre lors d’une campagne électorale. Tea Party peut-il se transformer en parti ? Est-il le signe avant-coureur de violentes colères allant jusqu’à des insurrections locales ? En fait, tout dépendra de cette fameuse reprise économique dont les médias et les experts bassinent les oreilles des citoyens pour justifier les cours boursiers haussiers.
Pour qui sonne le glas ? Certes Barack Obama n’est pas encore perdu, sa légitimité n’étant pas contestée, mais il devra frapper de grands coups dans les semaines à venir, quitte à ébranler le système lui-même.
Avant lui Abraham Lincoln, Franklin Roosevelt et John Kennedy ont pris le taureau par les cornes, l’un des trois est quand même mort dans son lit….

Jean Vinatier

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mardi 19 janvier 2010

Vol au vent de monnaie -N°617- 3e année

La lecture de l’article de Marc Fiorentino – « L’année des soldes sur les monnaies » paru dans La Tribune du 18 janvier, aborde sur un ton léger et faussement badin, un sujet de poids celui du discount sur les devises à partir de 2010.
Les banques joueront-elles avec les monnaies comme elles l’ont fait avec les subprimes ? Le seul dieu que la finance vénère est le veau d’or, le carême est prohibé, pas le mardi gras. Les milliards qui vont se déverser dans les poches des traders à travers le monde, choquent certes plus d’un esprit et même parmi des gouvernants mais, les Etats se taisent n’espérant qu’une chose que la reprise revienne. Sur fond de crise et de doute, les hommes épargnent, rognent sur les dépenses de toute sorte regardant non sans effroi les déficits budgétaires devenir autant de tonneaux des Danaïdes. Ils entendent également un refrain qui les refroidit davantage, celui de la rigueur, de la réduction des coûts, de la compression salariale avec cerise sur le gâteau un allongement de la durée du travail.
Mais qui entonne cette mauvaise sérénade ? Nos gouvernants qui répercutent, en réalité les fortes exigences des banquiers et autres financiers tous très pressés de rejouer, de spéculer avec des combinaisons mathématiques plus subtiles que celles d’hier. Les bourses sont déconnectées de la réalité économique, elles ne forment plus qu’un vaste casino toujours en quête d’une martingale novatrice. Les banquiers rechignant à faciliter les prêts aux particuliers, aux artisans et aux PME/PMI se font certes tirer (doucement) l’oreille par les gouvernements, ils cherchent frénétiquement l’eldorado ou la croissance merveilleuse.
«
Dés lors, écrit Marc Fiorentino, aucun pays ne peut compter sur sa consommation intérieure pour se relancer, malgré les centaines de milliards coulés par les gouvernements dans les plans inefficaces. Or, on a appris au premier cours d’économie que la croissance ne peut avoir que trois moteurs. La consommation. Pour l’instant, c’est foutu. L’investissement. Bof. Quelle entreprise a vraiment envie d’investir dans un climat aussi incertain ? Et…les exportations ! Euréka ! Il faut donc relancer les exportations pour relancer l’économie. Et comment relancer les exportations ? En suivant l’exemple de la Chine bien sûr. » Et l’auteur de dire par le menu que le parti communiste chinois réussit à damer le pion à tous les concurrents en gardant sa monnaie sous-évaluée !
Il est bien tentant pour le monde de la finance de prôner des dévaluations monétaires afin de susciter un bond en avant économique et multiplier ses bénéfices. Or, si tout le monde dévalue, quel sera le résultat ? Nul. Il faut donc – et c’est Fiorentino qui le souligne – qu’un pays accepte de devenir le dindon de la farce, en ayant une monnaie forte. Tous nos regards se dirigent naturellement vers cette Union européenne dotée d’une banque centrale totalement verrouillée autour de laquelle s’agitent les 15 économies européennes ! Mais, autre question, une dévaluation a-t-elle un sens et est-elle possible dans une économie mondialisée ? Ne sommes-nous pas face à une nouveauté ?
En admettant que la spéculation se fasse sur l’euro ce qui plomberait de facto toutes nos industries et commerces, ferait monter le chômage en flèche et attiserait les conflits sociaux, résoudrait-on pour autant le problème ? Eh bien non !
Nous sommes dans un moment où tout serpent est contraint de se mordre la queue. Nous sommes dans une période sans solution viable. Chaque puissance est de cristal. Chaque banque est une termitière. Chaque bourse est une fourmilière.
Que se passera-t-il si la reprise n’intervient pas ? Si les gens continuent à épargner de plus belle ? Tous les pays producteurs auront des stocks de plus en plus faramineux et ne vendant plus, ils licencieront à leur tour. Demain, chômage planétaire ?
Le dumping sur les devises fait frémir parce qu’il engagerait la crédibilité des Etats et secouerait les nations jusque dans leurs fondements. Est-ce la dernière charge des financiers pour briser tout îlot de résistance sur les cinq continents ? Et après ? La jungle ?
Le malheur a voulu que les Etats aient jugé bon de sauver les banques, en croyant qu'ils allaient sauver l'économie et par conséquent ressusciter la croissance, les exportations. La monnaie est tout ce qui reste aux Etats, encore faut-il qu’elle serve à quelque chose, qu’elle ait une valeur. Plusieurs Etats européens se rapprochent de la ligne « banqueroute » et derrière eux des collectivités locales (villes, départements, régions). Les Etats peuvent-ils encore se ressaisir, se dépêtrer des dettes ? Reprendre la main ? Quand on voit de quelle manière Pékin et Washington s’enlacent autour du dollar/yuan, la raison n’est pas pour demain. L’existence d’une véritable banque mondiale ainsi qu’une monnaie planétaire sont plus que jamais à l’ordre du jour.


Jean Vinatier

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dimanche 17 janvier 2010

Haïti : « réaffirmer le leadership américain »- N°615- 3e année

La nation de Toussaint-Louverture fait face comme elle le peut aux conséquences du tremblement de terre, sa capitale détruite, le peuple épouvanté. Les Haïtiens s’énervent de la lenteur de l’arrivée de l’aide internationale.
Barack Obama, pour une fois prompt, a missionné les anciens présidents, Georges Bush et Bill Clinton avant de placer, de concert avec le Président René Préval, l’aéroport de Port-au-Prince sous le contrôle de son armée. Il s’agit, dit-il, de
« réaffirmer le leadership américain ». Le message a le mérite de la clarté.
Il était temps, les Chinois ne s’y affaireraient-ils pas? Cette décision américaine énergique laisse cruellement apparaître l’inertie de la France, de l’Union européenne, de l’ONU certes durement frappée mais qui compte une force militaire de 10.000 hommes. Les difficultés rencontrées par plusieurs avions français pour atterrir –refus américain- ajoutent aux tensions en train de germer dans un pays en plein chaos.
Si les Etats-Unis se souviennent d’avoir occupé Haïti au début du XXe siècle, ils savent également regarder une carte : que voit-on en face de Port-au-Prince ? Guantanamo. L’aéroport restera longtemps sous leur direction et sans doute y verra-t-on s’ériger une zone interdite à nul autre. L’envoi de 10 000 soldats US n’est-il pas le signe d’une action à même de complaire au public américain et à Barack Obama de revêtir une cuirasse?
L’absence de geste puissant depuis Paris est confondante. Le Président Sarkozy a indiqué que devant se rendre d’ici quelques semaines à la Guadeloupe et en Martinique, il ferait donc « un détour » par Haïti, pays francophone !! Visiblement il ne manifeste aucun empressement : oublierait-il que grâce à Haïti et d’autres pays francophones, le français est devenu la seconde langue à l’ONU ? N’aurait-il pas été bon que son épouse fasse le déplacement ou bien de confier à Jacques Chirac qui préside sa fondation, une mission humanitaire pour être sur le même pied que le Chef d’Etat américain ?
Le silence de l’Union européenne ne surprend pas mais tout de même quelle apathie ! Ni le duo Von Rompuy/Ashton, ni le Premier ministre espagnol –qui assume la présidence tournante – n’ont initié quoi que ce soit. Sur bien des plans, on voit que la puissance européenne n’est qu’un vain mot, et que se calfeutrer dans l’OTAN, n'est qu'une lâche tranquillité !
Tout de même, la douleur d'une population plongée dans le désarroi ne méritait-elle pas à l’autre bout de l’Atlantique une action concertée avec des moyens civils et militaires en conséquence ? La France aurait racheté la honte d’un Bonaparte laissant mourir au fort de Joux dans l’humiliation et le froid Toussaint-Louverture! Mais d’Haïti au Rwanda, Paris peine à mesurer des fautes tout en sachant encore organiser des renversements comme à Madagascar. La francophonie est donc bien nue. Elle n’a de toute façon jamais beaucoup compté dans la politique française.


Jean Vinatier

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jeudi 14 janvier 2010

Burqa, vote des étrangers, identité nationale : rendre les partis à voile et à vapeur -N°614- 3e année

Quelle comédie ! Le pouvoir élyséen essaie de garder les voix du FN tout en faisant campagne sur les thèmes qui lui sont chers quitte à le faire frémir ici et là dans les intentions de vote pour les régionales de mars prochain. L’identité nationale, la burqa, le vote des étrangers aux municipales sont autant de thèmes qui permettent d’allumer des incendies dont Nicolas Sarkozy souhaite demeurer à la fois le pyromane et le pompier.
Si la droite dans son ensemble s’agace de cette façon de procéder, la gauche tente de rendre crédible sa position sur le droit de vote des étrangers. François Mitterrand par deux fois et toujours lors des campagnes présidentielles, avait émis cette idée pour mieux la jeter dans un placard ensuite. Martine Aubry convaincra-t-elle ? Une chose est sûre, elle y a intérêt pour des motifs électoraux dans le Nord.
Le débat entre Marine Le Pen et Eric Besson ce soir sur France 2 sera sans doute un succès d’audimat pour des résultats piètres. Si le FN comptait prendre de l’ampleur, Nicolas Sarkozy, d’une part en laissant dire qu’il serait, sous condition, favorable à une loi anti-burqa, puis François Fillon, d’autre part, en exprimant son hostilité au vote des étrangers, lui coupent l’herbe sous le pied d’une habile manière. Le débat est par conséquent éventé : la fille de Jean-Marie Le Pen aura beau multiplier les effets de manche, elle s’époumonera.
Cette double annonce du pouvoir exécutif déstabilise également le parti socialiste déjà entre le marteau et l’enclume avec en plus de fortes dissensions dans ses rangs : Manuel Walls et Julien Dray- qui croit que « le rappel à la loi » l’a blanchi de toute faute - faisant des déclarations continuelles qui brouillent la dynamique de la rue de Solférino.
L’Elysée ne varie donc pas d’un iota dans sa stratégie de division de l’ensemble des partis politiques, affaiblissant, par contrecoup la cohésion nationale et la fraternité incluse pourtant, lors des vœux présidentiels.
Cette stratégie sarkozienne est, cependant fragile : la situation sociale se dégradant. Il ne suffit pas de claironner, comme ce matin à Matignon, que la prévision de croissance pour 2010 serait à multiplier par deux pour précipiter la multiplication des pains et des abondances diverses. Le pouvoir croit cloisonner tous les débats qu’il lance en négligeant tous les effets collatéraux. Et s’ils se produisaient, il escompterait calmer les impatiences, les craintes par toute une série de lois sécuritaires, déjà fort nombreuses ! Sans le dire le pouvoir met en place une politique du pire croyant que la seule fée « Communication » dégonflerait toute colère populaire.
Son impopularité ? Nicolas Sarkozy s’en moque comme d’une guigne content de désarçonner les partis politiques, les faisant aller à voile et à vapeur. Et les régionales ? Si la droite conquiert des régions, il fera entonner les trompettes de la renommée, dans le cas contraire il se lavera les mains de la forte montée de la fiscalité locale.


Jean Vinatier

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mardi 12 janvier 2010

Les petits hommes -N°613- 3e année

Se souvient-on des premières images du film « Les grandes familles » de Denys de La Patellière (1958) où dans l’église Saint-Louis des Invalides on honorait le disparu, Jean de La Monnerie, académicien poète membre de la famille Schoudler : pas un corps constitué ne manquait ? Malgré ce déploiement, rien n’était galvaudé..
On reste songeur devant la considérable cérémonie autour du catafalque de Philippe Seguin dans cette même église : un décorum impressionnant, un discours présidentiel retransmis à l’extérieur et entendu grâce au vent, jusque sur le pont Alexandre III, et dont les mots surprenaient par la tonalité dramatique : ne faisait-on pas un remake de Malraux appelant Jean Moulin ? ainsi que par les « tu » répétés…
En janvier et décembre 1996 lors des décès de François Mitterrand et d’Alain Poher, lequel avait été par deux fois chef d’Etat par interim en 1969 et en 1974, se remémore-t-on de quelque chose d’aussi énorme ?Non, tout avait été plus juste. Sans vouloir porter atteinte à la mémoire de Philippe Seguin, disons quand même que cette messe le dépassait et sans doute ne n’aurait-il pas approuvée ! Que voyait-on dans cette église : Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, trois Présidents qui tous ont trahi à un moment, des anciens ministres dont Charles Pasqua passé de la Résistance aux combines interlopes, des ministres actuels qui ont changé de camp en pleine bataille politique tel Bourmont à Waterloo. Cette assemblée qui devrait susciter l’admiration ou à tout le moins le respect laisse une impression, peut-être pas de dégoût, mais fâcheuse. En tout cas elle contredisait magistralement non seulement tout le discours présidentiel mais aussi l’ensemble des pleureurs du jour lesquels n’en finissaient plus d’étendre les qualités et le parcours du défunt.
On mesure pleinement le désastre que constitue une communication poussée à l’extrême, destructrice de toute hiérarchie, de tout équilibre faisant de ce qui est digne quelque chose d’informe. A force de vouloir s’emparer de tout événement, triste, joyeux, petit, exceptionnel, banal et de vouloir le transformer démesurément, on obtient de la bouillie de chat. C’est là une des tristesses majeures de notre temps abâtardi, décousu en tout malgré les trésors d’énergie et de coût passés à illusionner les Français. Nous n’avons plus que des petits hommes.
Lorsqu’une « élite » perd la mesure, le peuple perd le sens.

Jean Vinatier
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lundi 11 janvier 2010

Antilles en fermentation –N°612- 3e année

Le rejet massif des Français des départements de Martinique, de Guadeloupe et de Guyane, ce dimanche à la proposition d’extension de leur autonomie est un camouflet cinglant, d’abord pour le Président de la République qui avait engagé à voter oui, ensuite pour les élus antillais, pour la plupart indépendantistes. L’UMP, elle, soupire d’aise ainsi que certainement, le syndicaliste Elie Domota fondateur du LKP, « Ensemble contre la Profitasion ». Les Antilles se trouvent donc dans une situation assez inédite. Aux inquiétudes, sociale et économique –les grèves reviennent en force – s’ajoutent donc une contraction politique qui pourrait bien faire le jeu de tous les extrêmes.
Pourquoi les Français des Antilles ont-ils si massivement dit « non » ? D’abord parce que le projet politique qu’on leur proposait n’était pas écrit mais simplement esquissé par quelques idées. Si le « Oui » l’avait emporté, une loi organique aurait décrit par le menu ladite extension de l’autonomie. La courte durée de la campagne a suggéré dans l’esprit de bon nombre de nos concitoyens qu’il y avait anguille sous roche. Les Antillais diront-ils également non à la fusion en une seule assemblée des conseils généraux et régionaux lors de la seconde consultation le 24 janvier prochain ?
Ce Non intervient à quelques semaines des élections régionales et peu de temps après que le Président de la République ait lancé quelques pistes autour de la réforme administrative dont on n’a retenu, pour l’instant, que la suppression de la taxe professionnelle ! Ce vote pourrait le conduire à réduire plus encore la voilure de sa réforme. Pourquoi tant changer puisque les Français sont frileux ?
Cependant, la lecture du vote Antilles/Guyane, ne doit pas faire illusion et appelle à prendre la mesure du degré de fermentation qui grandit dans ces départements. C’est bel et bien sur le plan social que les orages se font les plus menaçants. Les békés font un lobbying intensif à Paris pour veiller au grain tandis qu’Elie Domota joue le chaud et le froid comme il vient de le montrer en annonçant puis en démentant une grève générale. Reste les élus indépendantistes qui n’ont, semble-t-il, pas eu une ligne très claire lors des grèves de 2009.
La France devrait bien regarder, aussi, que les Caraïbes cherchent à se positionner dans cette partie de l’Atlantique, soit se rapprocher des Etats sud-américains, soit considérer les Etats-Unis comme une puissance tutélaire. Si cette autonomie avait été mieux expliquée, la France aurait réussi à proposer un modèle souple dont, sans doute les Antilles auraient tiré profit parmi les autres Etats caribéens et vis-à-vis de l’Amérique, centrale et latine.


Jean Vinatier
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vendredi 8 janvier 2010

L’intellect, une puissance dans l’homme –N°611- 3e année

Aujourd’hui l’intellect semble tabou, repoussé jusque dans un coin de nos esprits occidentaux. Et lorsqu’il est tiré de l’angle de punition, il comparaît au milieu d’une assemblée pour répondre du délit d’élitisme. Or l’intellect ou savoir comprendre, discerner est notre centre vital !
La lecture de l’ouvrage de l’éminent orientaliste Jean-Claude Vadet, Les idées morales dans l’islam, procure la joie de découvrir de superbes extraits de textes. Ainsi, ceux du persan zoroastrien (donc d’inspiration mazdéenne) converti à l’islam Ibn al-Muqaffa (v720-757) qui adapta en langue arabe les
Fables du brahmane Biptaï, récits animaliers tirés d’une épopée indienne, le Pantcha -Tantra dont il fit, vers 750 le Kalîla wa Dimna, noms de deux chacals. Ibn al-Muqaffa y exalte la vertu et l’intellect dans toute philosophie du Roi juste. Pour ce faire, il propose des préceptes moraux qu'il appuie par des exemples. Les personnages des fables sont des animaux, mais ces animaux ont une vie tout humaine.
Jean de La Fontaine s’inspirera de ces fables.
Ci-dessous un extrait de
Kalîla wa Dimna :

« Celui qui cherche la vie future ne peut arriver à la plénitude et à la perfection de ses actions vertueuses que par l’intellect. L’intellect est le principe de toute espèce de bien et la clef du bonheur [dans cette vie comme dans l’autre]. Nul ne saurait donc se passer de l’intellect. Mais l’intellect est le fruit de l’expérience et de la formation morale (adab). Il est un talent caché au fond de la nature de l’homme où il est latent comme le feu est latent dans la pierre. On ne peut apercevoir sa lumière tant qu’on n’a pas fait jaillir l’étincelle de la pierre. C’est seulement lorsque l’étincelle a jailli qu’on peut savoir sa vraie nature. Il en va de même de l’intellect qui est caché au fond de la nature humaine et qui ne jaillit que lorsqu’une formation morale (adab) lui permet d’apparaître au grand jour. Celui qui reçoit l’intellect en partage et en don céleste, celui qu’une formation morale aide à faire apparaître l’intégralité de son génie…, celui-là parvient en ce bas monde au but marqué par son espoir et s’empare dans l’au-delà de la vie éternelle qui est la récompense de la vertu. »

Le second extrait qui complète le précédent écrit d’Ibn al-Muqaffa est une préface d’un traité de formation morale :

« Tout être créé est dans le besoin (bâja) de quelque chose qui sera son application [dans la doctrine mazdéenne, il y a opposition partielle entre menog, la « partie spirituelle du monde, et gêti, la « partie matérielle et visible de l’univers » ; menog peut s’adapter à gêti, mais avant la frashkart, la « consommation des temps », le gêti ne peut devenir menog, d’où un état d’incomplétude qui habite toute la création]. Mais le besoin tend vers un terme (ghâya) et, pour chaque terme, il est une voie d’accès [qui permet d’y parvenir]. Dieu a disposé des temps grâce auxquels les choses réalisent leur destin (waqqata lî-l-umûr aqdârahâ). C’est lui aussi qui aplanît les chemins qui mènent à chacun de ces termes. Or, pour les hommes, il est un terme [un but] et un besoin : c’est l’heureux état de leurs affaires dans ce monde et dans l’autre. La voie d’accès qui y mène est un intellect sain.
Le signe auquel on reconnaît cette santé de l’intellect, c’est la faculté qu’il a de faire le bon choix après l’observation de la réalité et mise en pratique de ces observations par la volonté (azm). Les intellects ont leur nature et leurs particularités grâce auxquelles ils peuvent acquérir la formation morale (adab). C’est donc cette formation qui permet aux divers intellects de croître et de se purifier. De même que la graine ensevelie dans la terre ne peut venir à bout de la sécheresse, montrer sa force et s’élever au-dessus du sol dans sa splendeur, son éclat, sa luxuriance et sa pleine croissance, de même qu’elle ne peut parvenir à cela sans le concours de l’eau qui s’en va stagner au lieu où elle a été placée, si bien qu’elle n’a plus à craindre désormais le double fléau de la sécheresse et de la mort que de l’eau, avec la permission de Dieu, fait naître dans cette graine la force et la vie ; de même la vertu innée de l’esprit dans le lieu où elle a été plantée et qui est le cœur demeure sans force et sans vie et ne vaut plus pour aucun emploi jusqu’au moment où la formation morale fait de cette vertu son instrument. En cette formation est sa croissance, sa vie et sa fécondation. Or, il n’est pas de formation sans logique et point de logique sans un enseignement préalable. En effet, il n’est pas une lettre dans le vocabulaire de cette formation, ni de nom dans ses moyens d’expression qu’on ne doive à un élément étranger qui le transmet et l’enseigne. Tout en effet vient d’un maître qui nous a précédés par la parole ou par l’écrit. C’est là un signe que les « principes des choses » n’ont pas été créés arbitrairement par les hommes. »


Jean Vinatier
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Source :

Vadet (Jean-Claude), Les idées morales dans l’islam, Paris, PUF, 1995, pp.36-37

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jeudi 7 janvier 2010

Philippe Seguin : adieu à l’hermine d’Etat! -N°610- 3e année

La soudaine disparition de Philippe Seguin, Président de la Cour des comptes suscite déjà un flot ininterrompu d’hommages venus de tous les bords politiques. Les Français le parent de toutes les vertus plus qu’il n’en faut tandis que Nicolas Sarkozy et François Fillon optent pour le service minimum : « grande voix politique française » pour le premier, « grand serviteur de la France » pour le second. La messe est dite, leurs larmes seront de circonstances(sauf pour François Fillon) et leur soulagement réel de ne plus avoir à subir les sévères observations contenues dans les rapports de la rue Cambon qui contredisaient de plus en plus fortement les agitations, les désordres et les lubies qui tiennent lieu à l’Elysée de politique nationale et internationale. L’opinion publique croit que l’Elysée mettra un homme ou une femme lige mais le Président de la République ne pourra choisir un successeur à Philippe Seguin que parmi ses pairs, une obligation qui limite sérieusement la venue « d’un courtisan »
Philippe Seguin, s’il respectait François Mitterrand, fustigeait l’amateurisme de l’actuel Chef de l’Etat. Il livrait à ses plus proches collaborateurs des réflexions et des faits que ces derniers ne devaient jamais rapporter à l’extérieur : on imagine la férocité du ton ! Tout séparait Philippe Seguin, pupille de la nation, formé aux études classiques avant d’entrer à l’ENA, d'un Nicolas Sarkozy, ambitieux brutal, vaniteux, rancunier bien incapable de dire quel amour il porte à la France tant il peine à en distinguer les moments historiques et littéraires.
Gaulliste social (c’est presque un pléonasme) Philippe Seguin ne s’est pas départi de cette fibre qu’il estimait vitale pour prévenir les fractures sociales françaises. Hostile au bouclier fiscal comme à toutes les mesures qui renforcent une infime partie des contribuables, Français et étrangers, sans contrepartie, l’inventeur du séguinisme aurait aimé que les grands commis de l’Etat ne jettent plus la notion de service public aux orties au profit de l’Etat manager ou entrepreneurial qui s’écarte du service public et accélère l’individualisation au sein de la société française.
Certains jugeront le panégyrique trop flatteur mais il faut bien souligner que la génération Philippe Seguin/Alain Juppé/Michèle Alliot-Marie, grand commis/ministre/élu, débute son itinéraire au moment où la famille gaulliste se scindait en deux entre les chabanistes et les chiraquiens, le « chiraquisme » étant plus proche de Georges Pompidou que du Général de Gaulle ! C’est dire le peu d’espace dont elle disposait pour donner de l’étendue à ses idées à droite sauf à franchir le Rubicon et adhérer au giscardisme.
Philippe Seguin fidèle à Jacques Chirac à l’inverse d’Edouard Balladur, Charles Pasqua et Nicolas Sarkozy, escomptait en 1995 Matignon qui alla à Alain Juppé ; il connaîtra en 2001 les affres lamentables de la campagne pour la Mairie de Paris dont il supportera le fardeau par obéissance au Président Jacques Chirac. Au terme d’un parcours d’élu fécond en expériences et désillusions (député, maire, président de conseil régional, ministre, chef de parti) c’est peu dire qu’il apprécia, en 2004, sa nomination à la tête de la Cour des comptes. Ne trouvait-il pas dans le calme des bureaux silencieux et feutrés de la rue Cambon le plaisir d’un travail de lecture attentive, minutieuse des activités de l’Etat sur lesquelles il pouvait en toute tranquillité et sans qu’il puisse être taxé d’ambition électorale, inscrire les atouts et les dérives, et donner sur un ton impartial un avis, parfois, cinglant des inconséquences politiques nées au plus haut sommet de l’Etat ?
Il y avait quelque chose de touchant à voir cet homme, aux colères et aux abattements soudains, au visage rond d’aimable plantigrade qui ne manquait pas, en dépit d’une démarche lente et hésitante, d’en imposer, revêtu de sa tenue d’apparat, l’hermine flamboyante.
La disparition brutale de Philippe Seguin laisse Alain Juppé et Michèle Alliot-Marie bien séparés, l’un est en bordure, la seconde ministre. L’Elysée pense sans doute qu’il en a fini avec ces gaullistes sociaux mâtinés de chiraquisme, c’est omettre, un peu vite, que rien n’est plus incertain que la prévision du temps politique….


Jean Vinatier
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mercredi 6 janvier 2010

Islande : un référendum singulier –N°609- 3e année

Le 20 février prochain, le gouvernement islandais demandera à ses concitoyens s’il convient de rembourser ou non les investisseurs, anglais, néerlandais et les 320 000 islandais qui ont perdu leurs avoirs lors de la faillite bancaire de 2008, soit autour de 3,8 milliards d’euros.
Ce référendum est singulier. Que s’est-il passé ? Le gouvernement de coalition Verts/sociaux-démocrates a rédigé une loi (Icesave, du nom d’une des banques) enclenchant le remboursement des investisseurs perdants. Le Président islandais, Ólafur Ragnar Grímsson,
refusant de promulguer cette loi, le Premier ministre, Jóhanna Sigurðardóttir a dû recourir, selon la Constitution, au référendum.
En 2008, les Islandais étaient descendus en masse dans les rues de la capitale pour fustiger l’incurie des politiques qui avaient conduit le pays à la banqueroute. Moins de deux années plus tard, comment les Islandais s’apprêtent-ils à répondre à cette consultation ? Les premiers sondages donnent le « Non » gagnant à une très large majorité : comment pouvait-il en être autrement ?
Les banques islandaises étaient toutes privées ; au nom de quel principe les investisseurs anglo-néerlandais et islandais, gagnants pendant quelques années, peuvent-ils échapper aux conséquences de leur appétit pour le profit ?L’Etat américain sera-t-il sommé de rembourser toutes les personnes escroquées par Madoff ?
A Reykjavík, l’ambiance politique est lourde. Depuis l’étranger les messages envoyés sont menaçants. Bruxelles prévient que l’entrée de l’Islande dans l’Union européenne pourrait être retardée si le peuple n’apportait la réponse voulue, en l’occurrence un « oui » le 20 février -. Dés lors l’Islande, selon les dires des politiques et banquiers anglo-néerlandais ne serait plus un bon pays pour « faire des affaires » et se placerait hors du « système financier international » ! Les agences de notation Moody’s et Standard & Poor's pronostiquent même une période d'instabilité politique et de tensions internationales. La rupture des relations diplomatiques est-elle proche?
Notez bien que toutes ces flèches viennent de pays démocratiques ! Pauvres peuples consultés qui n’auraient plus d’autre ressource que de ne pas exprimer ce qu’ils pensent pour complaire aux « féodaux financiers »
Cette violence faite au peuple islandais rappelle celles subies, entre 2005 et 2009 par ceux de France, d’Irlande, des Provinces Unies et, peut-être, demain par les Suisses si leur référendum est biffé. Elle ne se ralentit pas, elle augmente en indécence et en impudence.
Pourquoi cette agressivité de la part de Bruxelles ? Sans doute suit-on avec inquiétude la fragilité budgétaire de certains Etats, grec, espagnol, portugais et anglais. Un « non » islandais au référendum permettrait à certains pays de l’Union de s’abriter d
errière la vox populi pour se délier de l’orthodoxie monétaire, voir de sortir de la zone euro.


Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2010

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mardi 5 janvier 2010

Grandes Ecoles et boursiers –N°608- 3e année

L’affaire des quotas suscite des réactions plus ou moins emportées depuis que la Conférence des Grandes Ecoles a émis un avis semi-négatif sur cette question.
Les Grandes Ecoles ne refusent pas d’accueillir des boursiers, cela va de soi mais elles entendent maintenir le principe du concours dans son intégralité. Peut-on leur donner tort ? Le principe même d’une égalité n’est-elle pas dans le concours pour lequel les candidats ont travaillé ? Les opposants disent que tous les candidats ne sont pas à égalité, celles et ceux d’un milieu défavorisé n’ayant pas pu acquérir les connaissances et la méthodologie ! Cette remarque est exacte.
Nous nous trouvons donc devant un problème : d’un côté le maintien d’un concours, de l’autre son accès au plus grand nombre. Devant cet obstacle le gouvernement a répondu, via Richard Descoings qui tient les mains des ministres Luc Chatel et Valérie Pécresse, par l’obligation d’un quota de boursiers évalué à 30% d’admis à l’entrée dans une Grande Ecole. Et de citer en exemple bien évidemment l’Ecole libre des Sciences Politiques qui, rappelons-le, n’est pas une grande école mais une école préparatoire diplômante.
Le gouvernement, à la veille des régionales et sur fond d’identité nationale, tient à rappeler l’importance qu’il accorde à cette question. Il peut ainsi, à moindre frais, faire œuvre de sensibilité sociale.
A la vérité, on ne voit nulle trace d’un grand plan tendant à établir de grands établissements préparatoires aux Ecoles « de l’élite » ! Pas davantage, on ne voit poindre dans la réforme des lycées un souci du renforcement de la culture générale ! Et moins encore encourager à la création de fondations capables de fournir des bourses plus conséquentes.
Face à un problème important, le gouvernement botte en touche, se lave les mains et dénoncerait presque les directeurs des établissements supérieurs comme des « aristocrates » Ainsi, le Président de la République qui n’a eu de cesse d’enrichir les riches et d’appauvrir tous les autres, voudrait-il comme par enchantement devenir la fée des champs!
La Conférence des Grandes Ecoles a souligné l’importance du concours dont le principe ne doit pas être modifié et a appelé, de fait, à une politique de l’éducation en amont très forte nécessitant des dépenses conséquentes complètement ignorées par l’Elysée lors du fameux « grand emprunt » !
Que voit-on se profiler derrière cette soudaine mansuétude élyséenne : d’une part, celle de la discrimination positive et d’autre part, la mise en orbite d’un système éducatif à l’américaine qui ignore les enseignements primaire et secondaire au profit du seul enseignement universitaire soit 700 établissements dont une vingtaine est véritablement de référence.



Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2010


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lundi 4 janvier 2010

Yémen : go, go, go…N°607- 3e année

Depuis l’échec de l’attentat sur le vol 253 de la Northwest Airlines, nous assistons à un véritable emballement politico-militaire. Londres et Washington ferment leurs représentations à Sanaa, la France se contentant de renforcer la sienne.
De son côté, le général Petraeus, qui assume le commandement des forces US d’Orient jusqu'à l'Indus s’est rendu dans la capitale yéménite pour apprécier la situation. Les médias répercutent, déjà, la mort de deux combattants supposés d’Al-Quaida !
Si l’on suit bien la ligne : les opinions publiques doivent comprendre que le terrorisme djihadiste sévit désormais au Yémen et qu’il agit en force. La preuve, ne vient-il pas de reconnaître sa responsabilité dans la formation du terroriste nigérian Omar Farouk Abdulmitallab ?
Patrick Cobburn dans son article du le 31 décembre paru dans
The Independant¹, craint très puissamment que le Président Obama (avec à l’arrière plan Gordon Brown et qui sait Nicolas Sarkozy : base militaire française à Abu-Dhabi ) ne s’engage dans une aventure militaire supplémentaire après celles de Mésopotamie (Irak) et d’Afghanistan.
Le Yémen est une plaque tectonique
(
Seriatim n°515, 1/09/2009) où tout peut survenir.
Le pays est dirigé par le maréchal Ali Abdullah Saleh depuis 1978. Son régime connaît depuis 2004 une révolte des Houthi, chiites zaydites, au nord-ouest, des menées sécessionnistes au sud ainsi qu’une fragilité politique grandie par une lutte entre ses fils pour lui succéder..
L’Iran chiite et l’Arabie Saoudite sunnite se livrent depuis un moment une lutte d’influence au Yémen. Téhéran soutient la cause des Houthi ainsi que celle des chiites installés en Arabie Saoudite dans une région riche en pétrole. De son côté Riyad espère depuis longtemps redevenir (1962) une puissance suzeraine de ce pays. Mais le royaume saoudien connaît une période incertaine alors que la santé du roi Abdallâh décline. Outre les querelles entre les différents prétendants au trône, l’Arabie Saoudite se méfie énormément de sa minorité chiite, considérée par elle comme des sujets de seconde zone quasiment exclus du marché du travail. C’est peu dire que l’opération militaire de novembre dernier contre les Houthi, conduite par quatre princes dont Mohammad bin Nayef qui a échappé à un attentat voici quelques mois, a été regardée avec attention tant à l’intérieur du royaume qu’à l’extérieur. Résultat, la frontière reste incertaine et poreuse.²
Nous avons donc deux puissances régionales qui se frottent mais sans franchir la zone rouge. Le Yémen, enfin, présente outre une géographie singulièrement escarpée, un enchevêtrement de tribus, une multitude d’écoles religieuses, de partis politiques qui ferait passer l’Afghanistan pour une vaste Beauce! Le maréchal-Président Saleh est, sans doute, le seul à avoir intérêt à en appeler à des armées « occidentales» pour conforter son pouvoir et sa fortune !
Si les Etats-Unis osaient une nouvelle expédition militaire, ils pénétreraient dans un labyrinthe pire encore que celui de la Somalie ou de l’Afghanistan avec le risque supplémentaire de précipiter toutes les puissances arabiques dans une spirale dangereuse: on verrait clairement la fumée yéménite du haut de la tour Burj-Dubaï !
Que recherchent les Etats-Unis ? Veulent-ils amener l’Iran à commettre l’irréparable ? Or, comme l’a dit un des patrons de Tsahal, Gabi Ashkenazi, et noté par le chercheur Olivier Guit
ta «L'Iran est très radical, d'une part, mais d'autre part vous ne pouvez pas dire que c'est un pays de l'irrationnel. »³ Cette remarque de bon sens ne souligne-t-elle pas que Téhéran ne voudrait absolument pas provoquer Washington ?
Le Président Obama a déclaré la guerre à Al-Quaida. En recevant le prix Nobel de la Paix, il avait pris soin de déclamer autour de la guerre juste ou droit des gens ( idée déjà amplement étudiée par tous les penseurs européens des XVI et XVIIe siècles) afin, semble-t-il de justifier le renforcement militaire en AfPak. La guerre juste sous-entend-t-elle la guerre partout ? Fin janvier 2010, se tiendra à Londres une réunion qui traitera notamment de la situation afghane : ne voit-on pas poindre à l’horizon une proclamation martiale des alliés otaniens dont la France qui approuverait la guerre contre le terrorisme, le tout accompagné d’envois de soldats supplémentaires ? Mais voilà qu’est-ce que le terrorisme ? Qu’est-ce qu’Al-Quaida ? Parce que Ben Laden est né au Yémen, tout ce pays deviendrait-il une base djihadiste? Cette organisation a reconnu son lien avec le jeune nigérian du vol 253, est-ce vraiment la preuve qu’elle est à l’origine de cet attentat manqué ?Les gens sont-ils si dupes ? N’assisterait-on pas à une préparation d’une construction semblable à celle qui a justifié l’invasion hors les lois internationales de l’Irak de Saddam Hussein ? Et puis que savons-nous exactement d’Al-Quaida ? Pas grand-chose hormis les récits que l’on sert aux JT !
Les Etats-Unis et leurs alliés otaniens mesurent-ils comme il convient l’étendue des dégâts collatéraux qu’ils provoqueraient ? Les bellicistes américains (sénateur Lieberman) pressent le gouvernement d’agir, d’entrer au Yémen au nom de la guerre préventive. La voudraient-ils pour condamner, ensuite, le Président Obama de ne pas la gagner ? Si l’on se remémore que Rome doit sa chute davantage à sa dégénérescence intérieure qu’aux barbares, nous avons tout à craindre.
Le Yémen, pays complexe à l’histoire ancienne, aux disputes immémoriales aime tout résoudre sans étrangers (non Asiatiques) sur son sol !


Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2010

In Seriatim ::
http://www.seriatimonline.com/2009/09/yemen-plaque-tectonique-n515-3e-annee.html

Sources :

1-
http://www.independent.co.uk/opinion/commentators/patrick-cockburn-threats-to-yemen-prove-america-hasnt-learned-the-lesson-of-history-1853847.html
www.Thecroissant.com

2-
http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/KK14Ak01.html

3-
http://www.thecroissant.com


Joseph Ghelhod : L’Arabie du Sud, Maisonneuve & Larose, Paris, 1984, 3 tomes

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vendredi 1 janvier 2010

Vœux-N°606- 3e année

A toutes et tous, une bonne et heureuse année 2010
Je vous remercie d’être venus lire Seriatim depuis 138 pays.

Prochaine publication le 4 janvier

Jean Vinatier
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