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mercredi 31 mars 2010

Georges Corm : « Les voix dissidentes[…] ne sont pas aux commandes du monde » N°665 3e année

Homme politique (ministre des Finances en 1999-2000) et humaniste libanais, Georges Corm a publié en octobre 2009 dans la revue Convergence, mensuel édité par le Secours Populaire Français, un article intitulé : « Il fut un temps où l’Europe inspirait les modalités de lutte contre la pauvreté » dont le texte est ci-dessous.
Utile rappel historique qui se termine par une espérance « L'humanité a connu beaucoup de périodes d'obscurantisme. C’en est une, mais elle se terminera bien un jour ». Une phrase en droite ligne de son appel à
une refondation du monde.


« La complexité de la formation des catégories sociales modernes : des pauvres aux prolétaires

La catégorisation de la pauvreté a recouvert différentes facettes au cours de l'histoire et a beaucoup évolué. Rappelons que « les pauvres » dans le christianisme constituent une catégorie de nature théologique à qui le Christ promet le « Royaume des cieux ». Dans l’antiquité greco-romaine, règne une division des hommes selon leur appartenance à la cité (citoyens) ou leur origine paysanne ou ethniquement étrangère, sans parler des très nombreux esclaves pris en captivité durant les guerres. En Europe, l'Eglise va pour longtemps prendre en charge la protection des veuves et orphelins et des hommes sans statut ou hors des catégories reconnues qui sont les nobles, les chevaliers, les paysans serfs, les artisans des villes. La catégorie des pauvres n'est donc pas encore bien dessinée. Elle se développera avec les débuts de la Révolution industrielle qui part de l'Angleterre qui éprouve dès le XVIIe siècle la nécessité de faire des lois sur les pauvres pour faire face à l’exode rural accéléré, au développement du vagabondage et de la grande misère urbaine.
Deux tendances idéologiques vont se développer par la suite chez les économistes européens. L’une qui est répressive et qui voit la pauvreté comme un fléau et le résultat de la paresse innée de certains hommes ; l’autre qui lui est opposée, d’inspiration humaniste et optimiste sur la possibilité de faire régresser la pauvreté. Ce sont déjà les clivages droite/gauche classiques : protéger la société contre le fléau de la pauvreté ou protéger les pauvres de l'injustice de leur situation. Finalement, c'est la conception « droitiste » qui domine longtemps et donne lieu à des lois répressives (contre le vagabondage, etc.). Les révolutions françaises successives vont pourtant changer la donne en ouvrant la voie aux luttes pour la conquête des droits sociaux. Elles remettent en cause peu à peu le système du suffrage censitaire qui voulait que seuls les contribuables ayant des biens (et masculins) bénéficiaient du droit de vote. Les pauvres et les femmes étaient donc jusque là exclus de la société.
C’est au cours de la seconde moitié du XIXe siècle que se développe dans toute l’Europe le prolétariat industriel qui va commencer à prendre conscience de lui-même et de sa condition et va chercher à s'en émanciper. L'époque est ainsi propice aux révoltes (les Canuts de Lyon, etc.) et le prolétariat devient vite pour les classes dirigeantes une menace à l'ordre social. Les conséquences sociales dramatiques de l'industrialisation rapide vont donner jour à deux grandes écoles: le marxisme et le christianisme social. Influencés par ce dernier, certains patrons ont du reste fait de réels efforts. Ensuite, le premier pays à instituer de réelles mesures de protection sociale est l'Allemagne bismarkienne (retraite obligatoire, assurance santé et accident pour les travailleurs), notamment pour empêcher la formation d’une classe ouvrière militante, susceptible de rejoindre les mouvements socialistes. Ce modèle prussien d’assurances sociales se généralise peu à peu en Europe.

Les conquêtes sociales du XXe siècle et leur dynamique oubliée

Le développement des protections sociales telles que nous les connaissons ne prennent corps qu'avec les deux guerres mondiales, en particulier la Seconde, partiellement en réponse au modèle soviétique, sorti auréolée de la victoire sur le nazisme. Les Etats d’Europe occidentale pour contenir la progression du communisme, sont poussés à la redistribution sociale par le biais de la fiscalité. On a oublié aujourd’hui que durant ces trente années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, en dépit d’une fiscalité directe qui frappe les revenus individuels atteignant des records (jusqu'à 90 % pour les revenus les plus élevés en Angleterre !), les niveaux de développement et de prospérité généralisée ont été très importants. Notamment grâce aux efforts des Etats pour la généralisation d’un enseignement de qualité et d'une médecine gratuite qui font considérablement reculer la pauvreté et la précarité. On oublie ce bilan remarquable de l'éradication de la grande pauvreté qui a caractérisé le XXe siècle.
Cela a pu voir le jour en Europe et nulle part ailleurs parce que c'est un continent en bouillonnement perpétuel du fait de la généralisation de l’industrialisation et des aspirations à l’égalité des droits et avantages. La conception de l’Etat providence va d’ailleurs se généraliser hors d’Europe, après la décolonisation, bien que les nouveaux Etats indépendants n’aient pas les richesses et les moyens matériels de la mettre en pratique.
Mais, comme au Moyen Orient, par exemple, c'est la famille qui est restée longtemps très protectrice, alors qu’en Europe l'Eglise avait pris en charge la pauvreté et a donc peu à peu délité la famille de ce rôle. Dans l'Islam, il y a une obligation coranique de donner une partie des revenus de sa fortune aux plus démunis. Partout au Moyen Orient, on trouve des Wakf, des trusts familiaux confiés aux couvents ou aux oulémas en vue de mettre en commun des biens à destination des pauvres. Des équivalents des oeuvres caritatives ou des fondations.
Au Japon, l'empereur Meiji, en 1878, mettra fin au système tribalo-féodal, ouvrira le pays sur l'Occident et lancera l'industrialisation du pays. Un nouveau modèle socio-économique naît où les anciens féodaux transformés en capitaines d’industrie prennent en charge tous les besoins de leur salariés recrutés dans leurs entreprises jusqu’à leur mort.
En Egypte, Muhammad Ali a lui aussi voulu moderniser le pays en 1820, en engageant d'importantes réformes sociales et en créant des institutions éducatives modernes, mais la guerre qui suivit contre le Sultan ottoman a mis fin à son expérience et les Etats européens ont mis ce pays sous tutelle jusqu’en 1956.
Finalement, le modèle européen a inspiré un peu partout dans le monde les modalités de lutte contre la pauvreté.

« Le début de la globalisation selon des logiques perverses »

Mais tous ces modèles de protection sociale ont fini par être battus en brèche par les courants néo-conservateurs et néo-libéraux anglo-saxons qui puisent leur inspiration dans les courants de pensée européens hostiles à la philosophie des Lumières et la Révolution française, sous prétexte que « l'utopie d'un humanisme universel » où les statuts sociaux disparaissent serait très dangereuse et menant à l’anarchie sociale et à l’arrêt du progrès. Peu à peu ces idées vont refaire surface sur fond de lutte contre le communisme. Il en résulte un véritable déchaînement contre « l'utopie » des Lumières. Avec les écrits à succès de l’historien français François Furet, tout l’acquis de la Révolution française est remis en cause. Descartes et de Spinoza sont accusés « rationalisme desséchant » et, de façon irresponsable, ils sont accusés aussi avec Rousseau, Diderot et d’autres de porter en eux les sources du totalitarisme.
Sur le plan de la théorie économique, Milton Friedman et ses disciples fondent l’Ecole monétariste de Chigaco, ce qui prépare le terrain aux politiques néo-libérales de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan en vertu des quelles la seule logique du marché (à l’exclusion de toute intervention de l’Etat) doit tout régenter. Dérégulation, déprotection des industries, l’explosion de la part du capital boursier au détriment des salaires, vont constituer un modèle imposé au monde entier sous le titre ronflant de « globalisation », mot magique et totémique, censée assurer la prospérité mondiale.
Le problème de cette idéologie de la globalisation est, de plus, qu'elle a engendré des rétractations identitaires un peu partout qui sont insupportables, mais aussi très pratiques en ce qu'elles ne parlent pas du problème des inégalités sociales majeures que le néo-libéralisme globalisateur produit sans cesse.
Malheureusement, la situation n’est pas près de changer, car depuis les années soixante-dix, deux générations et demi ont été formées idéologiquement au néo-libéralisme, au néo-conservatisme. Et on a des élites transnationales, indienne, canadienne, saoudienne, etc. qui gèrent les richesses du monde de la façon la plus anarchique et égoïste et à courte vue qui soit. Voici, la réalité. On leur doit la crise, et pourtant, personne n'est sanctionné pour cette extraordinaire défaillance de tous les systèmes de contrôle financiers, bancaires et boursiers, en dehors de l’escroc Madoff qui a détourné 50 milliards de dollars sur un total de pertes réalisées par les systèmes bancaires occidentaux d’environ 2,4 trillions de dollars. On croît rêver !

Certes, les voix dissidentes sont très nombreuses, mais ne sont pas aux commandes du monde. De plus, beaucoup de jeunes ne s'identifient pas au système économique ni au système politique actuels. Des mouvements d'ampleur prennent corps en Italie, en en France et dans d’autres pays européens. Partout, on se rend compte qu'il y a quelque chose d'absurde à ne vivre que pour consommer. Il y a donc une brèche dans le système pervers de la globalisation. Sera-t-elle refermée ? Faudra-t-il attendre la prochaine crise pour voir les choses vraiment changer? Le politiquement et économiquement correct continue de marginaliser la pensée critique dans les médiats et les grandes institutions académiques. Nous sommes encore dans une période sans idéal. L'humanité a connu beaucoup de périodes d'obscurantisme. C'en est une, mais elle se terminera bien un jour.

Georges Corm »¹


Jean Vinatier

Source
:

1-
http://www.georgescorm.com/personal/download.php?file=entretiengeorgescorm.pdf

Site de la revue Convergence:

http://www.secourspopulaire.fr/convergence.0.html

In Seriatim :

http://www.seriatimonline.com/2007/12/georges-corm-et-une-refondation-du.html


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John Mauldin « On ne peut pas se sortir d’une crise de la dette en empruntant » N°664 3e année

Ci-dessous un extrait d’article du financier texan et chevalier de Malte, John Mauldin d’après une traduction du média belge Contreinfo :

« Le système mondial a survécu à toutes sortes de crises au cours des dernières décennies et il a toujours rebondi. Pourquoi est-ce si différent aujourd’hui ?

Parce que nous arrivons à la fin d’un supercycle de 60 ans d’endettement. Nous avons emprunté (et pas seulement aux Etats-Unis) comme s’il n’y avait pas de lendemain. Et parce que nous étions convaincus que toute cette dette était sûre, nous l’avons multipliée, empruntant d’abord 3 fois, puis 5, puis 10, puis jusqu’à 30 fois le montant dont nous disposions réellement. Et nous avons convaincu les autorités de régulation que c’était une bonne chose. Plus longtemps les choses sont restées en l’état, plus nous étions convaincus que cela se prolongerait ainsi. Le graphique ci-dessous montre le tas de sable que nous avons empilé. Ce n’est pas joli.
Ratio d’endettement par rapport au PIB, tous secteurs confondus(voir le tableau cliquer sur le lien Contreinfo)

Je sais qu’on dit que la situation n’est pas « différente » cette fois, pourtant, en un sens, elle est réellement différente de toutes les autres crises que nous avons traversées depuis la Grande Dépression. Ce que montre l’ouvrage This Time Is Different : Eight Centuries of Financial Folly publié par les professeurs Reinhart et Rogoff [1] , c’est que chaque crise de l’endettement se termine toujours de la même manière, avec une dette devant être remboursée, ou annulée, ou par un défaut de paiement. Cette partie de l’histoire n’est jamais différente. D’une façon ou d’une autre, il faut réduire la dette. Et c’est un processus douloureux. Cela signifie que l’économie croît beaucoup plus lentement, voire pas du tout, pendant ce processus.

Bien que le gouvernement essaie de combler la perte d’activité lorsque les consommateurs tentent (ou sont obligés) de réduire leur dette, les gouvernements eux-mêmes ont des limites, comme le découvrent les Grecs.
Si nous n’étions pas dans la phase terminale du supercycle de dette, nous aurions déjà une solide reprise économique. Mais ce n’est pas le cas. Et malheureusement, nous avons un long chemin à parcourir avec ce processus de désendettement. Cela prendra des années.

On ne peut pas se sortir d’une crise de la dette en empruntant, que l’on soit un ménage ou une nation. Et, comme trop de familles le découvrent aujourd’hui, lorsque l’on perd son emploi, on peut aussi perdre sa maison. Des gens qui étaient autrefois parfaitement solvables se retrouvent ruinés et abandonnent leurs maisons. Tous ces prêts subprimes qui ont mal tourné ont mis sur le marché de nombreux logements, ce qui a provoqué une chute des prix, entrainant l’effondrement de tout le secteur du bâtiment, mettant en péril toutes sortes d’activités connexes, avec encore plus de gens perdant leur emploi et abandonnant leurs maisons, et ainsi de suite.

Tout est lié. Nous avons bâti un tas de sable très instable qui s’est écroulé et nous devons maintenant nous en sortir. Le problème, c’était l’excès d’endettement. Il faudra des années pour que les banques digèrent les dépréciations des emprunts immobiliers des ménages, du secteur commercial et autres, et que nous redescendions à un niveau plus raisonnable d’endettement dans ce pays et dans le reste du monde.

C’est ici que je dois annoncer les mauvaises nouvelles. Il semble que nous ne tirions pas correctement les leçons de cette crise. Tout d’abord, nous n’avons pas corrigé les problèmes qui ont rendu cette crise si grave. Par exemple, nous n’avons pas régulé les swaps sur les défaillances de crédit (CDS). Et les banques européennes sont encore fortement endettées.

Pourquoi le problème Grec est-il important ? Parce qu’une grande partie de la dette grecque se trouve dans les livres de compte des banques européennes. Des centaines de milliards de dollars. Voilà tout juste quelques années, cela me semblait une bonne chose. Les agences de notation attribuaient à cette dette la note AAA, et les banques pouvaient utiliser l’effet de levier d’un ratio d’endettement massif ( approchant 40 dans certaines banques européennes) pour acheter ces titres et réaliser des bénéfices dans l’opération. (Ne me demandez pas pourquoi les gens font toujours confiance aux agences de notation. Certaines choses ne peuvent tout simplement pas être expliquées.)

Mais désormais la dette grecque est jugée risquée. Aujourd’hui, il semble qu’une forme de plan de sauvetage soit mise en œuvre pour la Grèce. Mais ce n’est qu’un pansement sur une blessure très sérieuse. La crise ne va pas disparaître. Elle reviendra, à moins que les Grecs n’acceptent de provoquer de plein gré une Grande Dépression en réduisant leurs dépenses et augmenter les impôts à un niveau que personne aux États-Unis ne pourrait même envisager. Ce que l’on exige d’eux est vraiment mauvais pour eux, mais ils se sont mis eux-mêmes dans cette situation.

Mais les banques européennes ? Lorsque cette dette connaitra des problèmes, et cela sera le cas, elles vont réagir les unes envers les autres comme elles l’avaient fait en 2008. La confiance va s’évanouir. Les contribuables endosseront-ils le fardeau ? Peut-être, Peut-être pas. Ce sera une crise énorme. Il y a d’autres pays en Europe, comme l’Espagne et le Portugal, qui sont dans une situation presque aussi mauvaise que la Grèce. La Grande-Bretagne se situe pas très loin derrière.

L’économie européenne a la même taille que celle des États-Unis. On s’en aperçoit quand l’Europe entre en récession. De nombreuses sociétés américaines parmi les plus grandes gagnent beaucoup d’argent en Europe. Une crise ferait aussi baisser l’euro, ce qui réduit les profits des entreprises et rend plus difficile pour nous de vendre nos produits en Europe, avec en plus une concurrence accrue avec les entreprises européennes pour le commerce mondial. Cela signifie que nous achèterons moins en Chine, ce qui signifie qu’elle achètera moins de nos bons du Trésor, et ainsi de suite, au fil des connexions internationales. Tout cela rendra beaucoup plus difficile le démarrage de nouvelles entreprises, qui sont la source de la croissance réelle de l’emploi.

Et puis, en janvier de 2011, nous allons avoir la plus forte augmentation d’impôt de l’histoire américaine. Une étude montre que les augmentations d’impôt ont un effet négatif triple sur le PIB et la croissance de l’économie. Comme je le démontrerai dans prochaine publication, je pense qu’il est probable que le niveau des augmentations de l’impôt fédéral, combiné avec l’augmentation des impôts locaux (ou les réductions de dépenses), sera suffisant pour nous jeter à nouveau dans la récession, même en l’absence de problèmes venant d’Europe.

Et cette prochaine fois, nous ne serons pas en mesure de lutter contre la récession en accroissant la dette et en baissant les taux d’intérêt, comme nous l’avons fait la dernière fois. Les taux sont au plus bas, et cette semaine, le marché obligataire a montré qu’il n’appréciait pas le trajet de l’endettement massif où les Etats-Unis se sont engagés. Ce marché s’inquiète de la possibilité que la « Grèce se soit nous ».

Les marchés obligataires veulent avant tout de la confiance. Si la Grèce fait défaut sur sa dette, l’Espagne ou le Japon sont-ils loin derrière ? En quoi les États-Unis seraient-ils si différents, si nous ne contrôlons pas notre endettement ? Comme Reinhart and Rogoff le montrent, lorsque la confiance disparaît, la fin est très proche. Et cela arrive toujours plus vite que quiconque ne s’y attendait.
John Mauldin
[
1] Reinhart et Rogoff ont publié en 2008 une étude résumant leur thèse : The Aftermath of Financial Crises »

Jean Vinatier

Source :
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3014

Site de l’auteur :
http://www.johnmauldin.com/


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mardi 30 mars 2010

Edito : Deux fans à la Maison Blanche -N°663 3e année

Quel boucan et quel battage médiatique du côté français pour mettre en scène le dîner offert à la Maison Blanche par les Obama aux Sarkozy dans la salle à manger privée!
Nicolas Sarkozy ne cessait pas de pester contre l’indifférence du nouveau César qui ne le distinguait pas suffisamment ! Il en a fait des mimiques, des mouvements pour attirer l’attention de Barack Obama : ne vient-il pas de refaire le site de l’Elysée en s’inspirant abondamment de celui de la Maison Blanche ! Bref ou de guerre lasse et/ou après un lobbying intensif, le Président des Etats-Unis dînera donc avec Nicolas Sarkozy, celui-ci prendra-t-il des photos, enverra-t-il des sms, twittera-t-il entre deux plats et pendant que Carla traduira les questions et les propos de son époux ?Mystère. J’aimerais être une petite souris pour entendre les commentaires des Obama……
Les médias insistent lourdement sur la réconciliation entre les deux hommes : mais s’étaient-ils heurtés ? Les relations ne sont ni meilleures, ni moins bonnes qu’à la fin du mandat de Georges Bush : d’ailleurs, ce dernier appréciait-il à sa juste valeur le Président français ? Pas certain du tout.
Ce besoin de scénariser le repas à je-ne-sais-quoi d’outrancier, de malvenu : on doit gloser dans les chancelleries ! L’Elysée espère faire pâmer les Français en leur laissant imaginer le Président Sarkozy en interlocuteur exclusif du Président américain ! Mais ne pense-t-on pas que le Chef d’Etat français est de facto en relation directe avec tous les puissants ?
Les deux hommes ont un point en commun leur impopularité ou discrédit. Quand Barack Obama sue sang et eau pour une réforme, Nicolas Sarkozy en propose cent en deux ans et demi, quitte à les réécrire ensuite. Ils différent, cependant, le premier a une haute conscience de sa fonction et de sa mission, le second laisse entendre que son quinquennat ne serait qu’un marchepied pour d’autres ambitions.
Que conclure ? Pas grand-chose justement ! Ce dîner qui ne s’inscrivait pas dans le cadre d’une visite d’Etat ou officielle ou privée aurait dû passer pour quelque chose d’évident, de naturel, de simple au lieu de quoi la com’ de l’Elysée en a fait un fromage…..

Jean Vinatier

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vendredi 26 mars 2010

La France « juste une révolte » ? N°662 3e année

La France termine la semaine de l’après régionale dans l’inquiétude la plus profonde et regarde avec effarement le moment du clash entre elle et le Président de la République. Selon un sondage, 70% des Français estiment que Nicolas Sarkozy n’a pas retenu la leçon des régionales.
C’est un pouvoir nerveux (calamiteuse intervention de Nicolas Sarkozy mercredi) et méprisant qui accepte, cependant, sans discussion le diktat de la chancelière allemande, Angéla Merkel au sujet de la Grèce et des autres pays européens. Le sourire d’Angéla et le petit poing de Nicolas (voir la photo en première page du Monde) ne dissimule pas la distance qui les sépare et la joie non dissimulée de la chancelière de conduire, la première, l’Allemagne sans devoir entendre l’avis de l’Elysée.
A l’intérieur, c’est de la droite que sont intervenus deux faits : le premier de Patrick Sébastien, animateur du
« Plus grand cabaret du monde » (France 2), qui lance un mouvement citoyen
le D.A.R.D (Droit au Respect et à la Dignité) dont l’écho sera considérable auprès des Français tant il est populaire ; le second l’intervention de Dominique de Villepin qui prévoit la naissance le 19 juin, de République Solidaire. UMP citadelle assiégée ? Pour l’heure, l’Elysée estime que les procès de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin autorisent une respiration pour préparer les contre-offensives adéquates, à condition, néanmoins, que les tensions sociales ne dérapent pas. Actuellement, le Chef de l’Etat croit avoir suffisamment briffé les syndicats au sujet de la réforme des retraites et estime, non sans raison, que le PS ne protestera pas trop, éloignant ainsi une contestation politique embarrassante.
Ces accords et sentiments élyséens omettent, cependant, le profond discrédit de la plupart des structures politiques et syndicales alors que les Français savent assez bien que se prépare un plan d’austérité dont pâtiront ceux qui ne bénéficient pas du bouclier fiscal.
Le pouvoir considère comme quantité négligeable l’échec de sa politique sécuritaire ainsi que celle en direction des Français des banlieues alors que nombre d’entre eux se sont abstenus jusqu’à 80 %.
Si la majorité au pouvoir se montre autiste, elle doit s’assurer de l’obéissance des forces de police et de gendarmerie : la radiation du chef d’escadron, Jean-Hugues Matelly, signée par Nicolas Sarkozy devrait, selon lui, les édifier. Un pouvoir affaibli se rassure toujours par une réaction disproportionnée dont la conséquence est généralement de le faire apparaître non pas juste mais tyrannique, despotique. Pas sûr que les critiques renouvelées depuis quelques temps des rangs des gendarmes et des policiers s’atténuent.
Le moment le plus dangereux intervient quand un pouvoir issu des urnes croit qu’un mandat de cinq ans l’émancipe de tout respect envers le peuple souverain et qu’il jouit d’une « protection divine ». Sans doute Nicolas Sarkozy croit que les Français lui appartiennent et qu’ils sont corvéables.
Patrick Sébastien ingénument ou pas dit que son mouvement devrait simplement permettre aux Français
de faire « juste une révolte ». Dans son principe, une révolte ne remet en cause ni le pouvoir établi, ni l’organisation sociale mais entend seulement sanctionner des dérapages, des injustices, des violences. Certainement sommes-nous proches de quelques révoltes qui pourraient aller au-delà en raison des tensions sociales et des incertitudes quant à l’avenir de la France comme nation indépendante.
Fort justement, l’historien américain, Arno J. Meyer dans
Les furies -1789-1917-, Violence, Vengeance, Terreur, écrit : « …la dissolution de la souveraineté est la condition essentielle pour qu’une révolte se transforme en révolution. Cet effondrement s’accompagne de la désorganisation de l’ordre juridique et social, comme de la vie culturelle et intellectuelle. Pendant ce temps, la désagrégation politique irréductible est alimentée par des difficultés économiques et financières qui, à leur tour, sont aggravées par la confusion ambiante. Mais, surtout, la désintégration de l’Etat central entraîne la création de plusieurs centres de pouvoir fragiles et rivaux, laissant le champ libre au désordre et aux revendications locales et régionales, ainsi qu’à l’expression d’aspirations personnelles et communautaires. »¹

Se pourrait-il que la France se pense à terme « dissoute » ? Les Français ont très mal supporté la négation du référendum et la servilité de bien des élus, la soumission à l’ordre otanien, le soutien du gouvernement aux guerres « contre le mal », l’introduction de la question autour de l’identité nationale et ainsi de suite.
Par trois fois, la France a refusé l’ordre du « monde » : 987 (élection d’Hugues Capet), 1789 et le 18 juin 1940. Il serait utile de ne pas l’oublier, une étincelle suffit à embraser, de même qu’un coup de D.A.R.D…..


Jean Vinatier

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Site :

http://www.le-dard.com/

Source :

1-Meyer (Arno J.) Les furies, 1789-1917, Violence, Vengeance, Terreur, Paris, Fayard, 2002, p.42

In Seriatim :

http://www.seriatimonline.com/2010/02/france-grande-tension-nerveuse-n639-3e.html


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« No sarkozy day » le 27 mars N°661 3e année

Après les Grecs (décembre 2008) puis les centaines de milliers d’Italiens descendus dans la rue pour le « No Berlusconi day » d’octobre 2009, c’est au tour des Français de manifester dans les villes et de battre le rappel sur le Net.
Nous commençons toutes et tous une longue marche : les citoyens doivent reprendre la main sur un pouvoir à bien des égards autiste, sur une classe politique totalement en déliquescence, obsolète, dépassée.
Seriatim relaie l’appel.
Texte ci-dessous et adresse du site pour signer l'appel:
http://www.no-sarkozy-day.fr/signature-de-lappel/#

« L'Appel du 24 Janvier


Inconséquence politique, échec économique, casse sociale, rupture du pacte républicain, atteinte à l’égalité des chances, politique de la peur, stratégie de la division, lois liberticides, pratiques autocratiques du pouvoir, favoritisme, népotisme, manipulations médiatiques, ingérences judiciaires, collusion avec le monde des affaires et les forces de l’argent…
Nous avons tous nos raisons pour nous opposer à Sarkozy et à son clan, pour résister au sarkozysme. Mais ce président sans envergure, effrayé par le peuple, prend grand soin de le tenir à l’écart, muselant au besoin sa parole derrière des cordons de CRS.
Alors, ENSEMBLE, nous élèverons la voix plus haut, nous nous ferons entendre plus fort, unis dans la défense des valeurs de notre République :
Liberté – Egalité – Fraternité – Laïcité – Démocratie
Nous, simples citoyens, vigilants et inquiets, en conscience et indépendamment de tout parti ou syndicat, appelons toutes celles et tous ceux qui ressentent l’envie, le besoin de dire NON ! à Nicolas Sarkozy, à se rassembler pour un No Sarkozy Day.
Le 27 mars 2010 : une journée pour lui dire NON !
Des rassemblements seront organisées partout en France, à partir de 14 Heures devant les préfectures et les sous-préfectures, à Paris place de la République, et dans le monde entier devant les ambassades de France.
A l’issue de cette journée de mobilisation, se tiendront partout des réunions ouvertes, où nous pourrons ensemble, démocratiquement, décider de la suite à donner à ce mouvement de contestation populaire du sarkozysme, contestation que nous espérons aussi large que possible. »

Jean Vinatier

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Site:
http://www.no-sarkozy-day.fr/signature-de-lappel/

In Seriatim :

http://www.seriatimonline.com/2009/10/rome-paris-athenes-les-peuples.html
http://www.seriatimonline.com/2008/12/edito-du-parthnon-la-bastille.html
http://www.seriatimonline.com/2010/03/grece-joie-boursiere-peuple-immole-n648.html
http://www.seriatimonline.com/2009/12/2009-le-secouement-du-monde-n604-3e.html
http://www.seriatimonline.com/2009/12/2009-france-identite-nationale-contre.html
http://www.seriatimonline.com/2009/06/1989-de-la-baltique-la-mer-de-chine-le.html


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mercredi 24 mars 2010

Jérémie Zimmermann: « Haro sur Internet » N°660 3e année

Ci-dessous, la première partie de l’intervention du co-fondateur de La quadrature du Net qui mène le combat contre les lois HADOPI, LOPPSI et maintenant contre le projet ACTA.
ACRIMED présente ainsi le propos de Jérémie Zimmermann :
« Les lois destinées à contrôler les échanges sur Internet tendent à se multiplier ces dernières années, soutenues par des industries culturelles qui y voient une menace pour leur monopole en matière de production et de diffusion de contenus et par une partie de la classe politique qui s’inquiète de voir Internet devenir un nouveau contre-pouvoir, susceptible de la mettre en difficulté.
Mais Hadopi, la Loppsi ou le projet de traité Acta s’inscrivent dans une histoire déjà ancienne : celle de la « guerre contre le partage », impulsée au cours du 20è siècle par l’industrie cinématographique américaine et son plus fameux représentant, Walt Disney, et qui a depuis essaimé dans le monde entier.
C’est sur cette histoire et sur les enjeux de cette « guerre » que revient ici Jérémie Zimmermann.
Voir la Vidéo :
http://www.acrimed.org/article3333.html


Toutes ces lois déclenchent une guerre qui attentent en fait à nos libertés fondamentales: les citoyens ne peuvent et ne doivent pas la perdre. Les pouvoirs politiques et les acteurs marchands s’allient, s’unissent afin de brider Internet, les premiers pour nous surveiller mieux que n’importe lequel gardien de prison, les seconds pour pérenniser leurs profits et leurs rentes.
Et dire que l’on reproche à la Chine d’attenter à la liberté !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!


Jean Vinatier

Copyright©SERIATIM 2010

Sites :

http://www.laquadrature.net/fr

http://www.acrimed.org/rubrique439.html


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mardi 23 mars 2010

Obama : des ides de mars à la Toussaint…. N°659 3e année

Le Congrès a adopté par 219 voix contre 212 dans la nuit de dimanche le projet de réforme de santé pour lequel le Président Obama se bat depuis le début de son mandat. Aujourd’hui, il devrait en officialiser la promulgation.
Cette bataille menée sans concession par les républicains et nombre de démocrates contre le projet présidentiel de permettre l’accès aux soins de quelques 32 millions d’Américains laisse les participants épuisés dont le premier d’entre eux : Brack Obama quasiment exsangue faute de n’avoir pu rallier aucun républicain et qui a évité in extemis, l’éclatement de son propre parti, les Démocrates.
Que reste-t-il de la grande réforme ? Plus grand chose ! Il est, malheureusement, presque sûr que les Américains les plus défavorisés ne verront pas trop de différences avec la situation qui prévalait.
Le Président Obama ne pourra se reposer sur ses lauriers : le 2 novembre 2010 tout le pays votera pour les élections à mi-mandat (mid-term) pour les gouverneurs, les attorneys généraux et le Congrès (tous les sièges des Représentants et ceux de 36 sénateurs)
Le premier coup de canon a été tiré par douze attorneys généraux républicains (procureurs généraux élus pour 4 ans) d’Alabama, de Floride, du Michigan, du Nebraska, du Dakota Nord, du Dakota Sud, de Pennsylvanie, de Caroline du Sud, du Texas, d’Utah, de Virginie, de l’Etat de Washington qui ont décidé de contester collectivement devant la Cour suprême la validité de la loi signée par le Président au motif qu’elle violerait, selon eux, le droit des Etats fédérés.
Dés cette semaine, Barack Obama débutera une série de déplacements et de discours dans le pays. Prendra-t-il plus justement conscience du climat délétère régnant et, notamment, de l’inconnu que constitue le mouvement Tea Party ?Les esprits sont chauffés à blanc sur fond de crise sociale, économique, financière, sans précédent depuis les années 30, de tensions à la frontière mexicaine, de guerre dans l’Indu Kusch sans omettre la question chinoise et les turbulences d’alliés, la Turquie et Israël.
Pas de doute, Barack Obama marche sur une voie étroite, parsemée de toutes les embûches possibles en quête d’un destin qu’il voudrait exceptionnel, capable de renouveler le messianisme américain. Le peut-il ?
Philippe Grasset ne le pense pas dans son dernier article :

« Il veut être un nouveau Lincoln parce qu’il considère que Lincoln a fait l’unité de l’Amérique, et qu’il juge que son destin historique, pour sauver le pays du désastre, est de refaire, à son tour, l’unité d’une Amérique aussi divisée qu’elle l’était à la veille de la Guerre de Sécession, ou Civil War pour les oreilles vertueuses, que voulut Lincoln. Justement, il oublie que Lincoln voulut cette guerre et qu’il fallut cette guerre pour arriver à une unité imposée par le fer et par le feu, et dont il y aurait beaucoup à dire à cause de cela. Et, là-dessus, se trompant de stratégie, Obama se trompe aussi d’époque: pour être un second Lincoln, il faudrait la guerre, – et non pas une seconde guerre civile mais une guerre contre le système dont la crise de fonctionnement et de fondement constitue la cause directe et implacable de la désunion de l’Amérique. Bien sûr, de guerre BHO n’en veut à aucun prix, sinon dans les terres extérieures (Afghanistan).
Drôle d’ambition, ambition de l’illusion et de la croyance. Ainsi, dans cette ligne d’une “loi historique” qui appelle une révolution alors qu’il l’a fait voter comme un moyen d’éviter la révolution, Obama s’affirme du côté du système qui repousse obstinément cette sorte de législation qui a un ferment révolutionnaire et affirme que les vertus du système justifient qu’on ne l’attaque pas. En échange de cette illusion et de cette croyance, il pourrait bien avoir cette “seconde guerre civile” qui saura prendre les formes postmodernes qui la rendront originale par rapport au modèle initial. Si le vote du 21 mars s’impose effectivement comme historique, ce devrait être pour des raisons bien différentes de celles qu’on propose aujourd’hui. »

Barack Obama pêche certainement par idéalisme et un goût trop prononcé pour les compromis mais il a un comportement que nul ne pourra lui contester ou dénier : son courage.

Jean Vinatier

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lundi 22 mars 2010

Sarkozy n’est pas Alphonse XIII ! ? N°658 3e année

Les élections régionales ont été le moment pour les Français d’exprimer leur mécontentement envers Nicolas Sarkozy ! On est sûr d’une chose, il ne fera pas comme le roi d’Espagne Alphonse XIII qui abdiqua au lendemain de la victoire des républicains aux municipales le 14 avril 1931. Cependant, la défaite de l’UMP est d’abord la sienne: elle ne saurait avoir pour seule conséquence le départ et/ou l’arrivée de tel ou tel ministre. Pourtant, nous aurons un remodelage ministériel sur fond de rééquilibrage au sein de l’UMP. Nicolas Sarkozy voulant contrecarrer l’annonce par Dominique de Villepin d’un mouvement politique, a proposé à François Baroin le portefeuille du Budget qui en fera, si par faiblesse il l’accepte, l’homme le plus impopulaire dans les semaines à venir au fur et à mesure que le plan d’austérité se mettra en place.
Que ferait un vrai Président de la Ve République devant un désaveu national et en gardant par-devers lui un programme réformateur ? Très simplement, il dissoudrait l’Assemblée Nationale et, en cas de défaite de la majorité présidentielle, il démissionnerait. Mais Nicolas Sarkozy est aux antipodes de cette hauteur et du respect envers les citoyens, c’est un malin qui veut toujours s’en tirer par une pirouette.
La presse étrangère voit mieux que les journaux français, non seulement, le décrochage en cours entre le peuple souverain et le Président élu mais aussi l’éloignement à l’égard des deux principales formations, UMP et PS.
Effectivement à bien des égards, cette élection régionale est un soleil de janvier pour l’UMP et le PS, deux grands partis minés autant de l’intérieur que menacés de l’extérieur.
A l’intérieur, si l’UMP fait face à des tensions très fortes, le PS est confronté à la montée en puissance des présidents de région avec deux leaders, l’un vieillissant, Georges Frêche, l’autre en « mission », Ségolène Royal. La rue de Solférino doit, en outre compter sur les rivalités entre les têtes pensantes du parti.
A l’extérieur, si l’UMP n’a plus le MODEM sur son flanc gauche, elle doit conjurer la remontée en puissance du Front National. De son côté, le PS est entouré sur sa gauche par Front de gauche (Parti de gauche, parti communiste) et sur sa droite par Daniel Cohn-Bendit, le fondateur d’Europe-Ecologie, qui entend créer une « coopérative politique », appelant tous les mécontents de gauche, du centre et même plus.
La fragilité de l’UMP et du PS est patente, s’inquiète-on pour autant, du niveau des absentions ? Eh bien ! Pas du tout, les abstentionnistes sont comme les votes blancs, des citoyens invisibles. Etrange démocratie ! Y Sommes-nous encore?
Jean-Luc Mélanchon notait qu’il était anormal que le pouvoir n’entende ni les salariés qui manifestent, ni les citoyens qui votent. A un moment, il y aura un grand craquement.
Par son comportement et la violence de sa politique, le Président de la République a considérablement accéléré la prise de conscience par les Français qu’au-delà de réformes structurelles entreprises c’est la France elle-même qui serait atteinte d’ici peu de temps. En 2007 Nicolas Sarkozy se portait garant de l’exception française en battant le rappel des « grands hommes » et des citations historiques. En mars 2010, le magicien illusionne nettement moins.
Dans un bon article intitulé
« France, les derniers utopistes » Sylvain Buisson, correspondant à Paris, du quotidien suisse, Le Temps, écrit que l’idéal des Lumières n’a pas encore quitté les Français :
« Chez les voisins d’Europe du Nord, qui se considèrent comme plus pragmatiques et performants, cette prétention française à dompter le chaos est source d’infinis sarcasmes. Dans le domaine économique, on y voit une preuve de naïveté, d’archaïsme, d’ignorance face à la globalisation.
Mais il y a une autre manière de voir ce trait de caractère: comme une soif inassouvie d’utopie, une recherche d’alternative à un système dont on sait qu’il ne peut être le dernier mot de l’histoire humaine. Un refus orgueilleux, aussi, des évidences du monde.
C’est quelque chose que j’apprécierais plutôt chez les Français, commente
Dominique Bourg, figure française de la pensée écologique, qui enseigne à l’Université de Lausanne. D’une certaine façon, je préfère cette constante de râleur international à la façon dont beaucoup de peuples se sont couchés devant un système où 2% de la population mondiale possède 50% des richesses, et où 50% se partagent 1%.»
Le divorce entre un Chef d’Etat se chargeant de transformer la France à coup de réformes marathons pour complaire à ceux qui l’ont fait roi (financiers néo-libéraux) et les Français en proie à « une déprime post-messianique », est explosif. Rappelons-nous le propos du médiateur de la République,
Jean-Paul Delavoye (un élu UMP), « la France est dans une grande tension nerveuse »
Donnons, le dernier mot au journaliste du Temps bien au fait de ce que nous sommes :
« La France étant ce qu’elle est – insatisfaite, dissidente à l’ordre établi, en pensée sinon en actes – il y a fort à parier que d’autres, quelque part, continuent de chercher. L’idéal des Lumières, «le progrès par la liberté de la raison», garde son actualité, écrivait
le philosophe Marcel Gauchet en 2008 dans sa revue Le Débat. Avec la crise financière, et le discrédit au moins partiel du libéralisme, la vieille utopie française d’une humanité prenant en main son destin, pour inventer une société meilleure, peut retrouver sa raison d’être. A condition de lui donner un contenu qui soit autre chose qu’un pâle reflet des illusions du passé. »


Jean Vinatier

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Sources
:

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/b420652e-3531-11df-925b-5f428e6a0f99/France_les_derniers_utopistes

http://www.seriatimonline.com/2010/02/france-grande-tension-nerveuse-n639-3e.html


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samedi 20 mars 2010

Du duo franco-allemand à la Germanie ? N°657 - 3e année

Entre les deux tours des élections régionales, le climat intérieur français s’est singulièrement alourdi après les déclarations du Président de la République et du Premier ministre concernant les aggravations des sanctions contre les agressions et les insultes (mot bien vague) envers des policiers.
Pendant ce temps, la crise grecque que l’on pensait sur une voie plus apaisée, est soudainement réapparue dans toute sa vigueur sur fond d’une mésentente entre Paris et Berlin, l’Elysée faisant dire à Christine Lagarde toute une série de critiques sur la façon dont la chancelière allemande gérait l’économie de son pays, la plus grande puissance industrielle de l’Europe.
De son côté Angela Merkel n’a pas hésité à placer en concurrence Dominique Strauss-Kahn et Nicolas Sarkozy en ne désavouant pas la menace du Premier ministre grec, Georges Papandréou, d’en appeler au FMI : Strauss-Kahn sauveur de la Grèce ? Fureur sarkozienne assurée…
Pendant que les deux capitales européennes s’envoient des amabilités, le gouvernement allemand bouscule la zone euro en proposant de créer un Fonds Monétaire Européen (FME), la plus forte proposition depuis que les dettes des PIIGS sont sur le devant de la scène.
La Grèce est-elle l’arbre qui cache la forêt ?Certainement car derrière, se profile la nouvelle politique allemande relative au "couple franco-allemand", à la zone euro, à sa conception de l’Europe, à son rang dans le monde que l’on pourrait ranger sous les aspects :

1-Géopolitique : par les connections russes, turques et chinoises tout en restant une fidèle alliée du Royaume-Uni et des Etats-Unis (OTAN), rappelons-nous, il y a quelques mois, le discours de la chancelière devant le Congrès.
2-Economique et financier : par le renforcement de l’influence allemande en Europe Centrale (hinterland) et la montée en puissance de ses banques et ses industries.
3-Monétaire : par la création du Fonds Monétaire Européen, elle arrimerait ipso facto l’euro à sa politique économique.
4-Politique : en accélérant le processus de régionalisation.

Avec les aspects soulignés qui restent des hypothèses, le couple ou duo franco-allemand n’est-il plus qu’un poids du lendemain de la Seconde Guerre mondiale et de la Guerre froide ? Une Allemagne forte et sérieuse, une France handicapée par des finances déplorables, serait-ce tout ce qui reste de l’entente entre ces deux pays qui furent le moteur essentiel de la construction européenne ? Est-ce le moment de l’inventaire ?
L’entente franco-allemande est devant la réalité : tous les discours pompeux de la majorité des politiciens français sur ce point volent en éclats ; on garde bien de dire aux Français que de l’autre côté du Rhin, les partis allemands s’en moquent comme d’une guigne.
Paris pérore quand Berlin dresse ses plans.
L’Allemagne aurait-elle les moyens d’une nouvelle politique européenne en formant une union avec l’Autriche, le Benelux sauf la Belgique à cause des francophones ? La tentation est immense parmi les dirigeants allemands de renouer avec une conception de leur puissance qui ferait fi progressivement de la relation française.
Regardons, par exemple, la question géopolitique. L’Allemagne réfléchit en direction du Caucase (comme à la fin du XIXe) et de la Sibérie. Pour ce faire, d’étroites relations avec la Russie et la Turquie sont primordiales et ne surprennent pas au vu des antériorités historiques. Ainsi Berlin soutiendrait sans trop rechigner la politique du Kremlin de replacer sous son influence directe la Biélorussie et l’Ukraine. Le gouvernement allemand appuierait également l’action réformatrice du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan dont l’un des buts est de faire de la Turquie le centre d’un espace turcophone de 850 millions de locuteurs depuis la Mer Noire jusqu’à la frontière chinoise. La présence de 4 millions de turcs en Allemagne est évidemment un élément important.
Depuis la Chine jusqu’à la mer du Nord, cette politique allemande, ainsi mise en œuvre, l’amènerait à une position clef au sein de l’Eurasie en gestation, laissant alors le Sud de l’Europe (France, Espagne, Italie…etc) non seulement devant des situations financières calamiteuses mais aussi face aux multiples incertitudes politiques qui grandiront pour tous les Etats du Grand Maghreb (Maroc, territoire du Sahara occidental, Mauritanie Algérie, Tunisie, Libye) et du Machrek depuis l’Egypte jusqu’en Mésopotamie et la péninsule arabique.
Et l’Euro ? Nul n’imagine que l’Euro puisse passer à la trappe. Partout on nous dit que la chose est impensable. En fait l’intérêt de l’Allemagne ne serait pas de faire disparaître la monnaie unique mais de l’avoir sous son aile d’où son idée d’un fonds monétaire européen.
Nous sommes à l’aube de très grands bouleversements qui feront la part belle aux Etats-continents : Chine, Inde, Brésil, Russie, l’Australie mais aussi Turquie et naturellement l’ensemble Canada-Etats-Unis. L’Europe allemande pourrait-elle se prévaloir d’être également un Etat-continent à la tête d’une Germanie qui placerait l’Europe Centrale dans son sillage et à l’extrémité du continent eurasien?
Serait-ce viable ? Quels sont les atouts entre les mains de la France ? Quelles sont les pensées devant de tels enjeux ?
Tout ceci mérite d’heureuses et audacieuses réflexions.


Jean Vinatier

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jeudi 18 mars 2010

Simone Veil, Jean Ferrat : deux immortels N°656 3e année

Tout poète est immortel, Jean Ferrat est donc immortel. Si Simone Veil avait repris, le jour de sa réception à l’Académie française sa célèbre chanson « Le poète a toujours raison/Qui voit plus haut que l'horizon/Et le futur est son royaume/Face à notre génération/Je déclare avec Aragon/La femme est l'avenir de l'homme » quelle allure et quel lien avec le poète disparu et inhumé dans la simplicité à Antraigues-sur-Volane ! Mais, le quai Conti n’est pas le quai des brumes. Si l’Académie siège dans ce qui fut, autrefois, par la volonté du cardinal Mazarin, le Collège des Quatre-Nations destiné à accueillir soixante écoliers de quatre « nations » récemment réunies au royaume (Alsace, Pays-Bas, Roussillon, Pignerol) elle se garde bien d’enseigner, de transmettre quoi que ce soit. Elle est le temple d’un clergé le plus souvent immobile et paresseux.
Devant le « Tout-Paris » et trois Présidents de la République avec une garde républicaine en tenue d’apparat, la réception d’une personnalité adorée comme Simone Veil, éblouit d’un trait de lumière heureux le ciel politique français singulièrement attristant. Une étoile filante sous les yeux des Français anxieux de ne plus pouvoir « reéblouir » le monde.
Simone Veil et Jean Ferrat ne se séparent pas, ils s’unissent, leurs vies marquées par les ignominies, nazie et pétainiste et par leurs combats, tout au long des décennies suivantes. Si le poète n’est plus, sa chanson demeure : elle emporte le verbe d’une Dame qui exhorte à ne pas renoncer, à garder la foi et le bien commun intacts.

Jean Vinatier

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mercredi 17 mars 2010

Niall Ferguson : « L’Amérique, l’empire fragile » –N°655 3e année

L’historien anglais, Niall Ferguson a publié, le 28 février dernier, dans le Los Angeles Times un fort passionnant article autour du temps des empires. Cet écrit intervient à point nommé quand nous voyons resurgir les querelles sino-américaines ou plus exactement le face à face dangereux Yuan Dollar et l’évolution indicative des rapports de la Turquie et d’Israël avec les Etats-Unis (sujets sur lesquels Seriatim fera des articles)
Vous trouverez ci-dessous
la traduction de cet article par la rédaction de l’excellent site Contreinfo.


« Depuis des siècles, les historiens, politologues, anthropologues, tout comme l’opinion publique, ont pensé les processus politiques en termes de saisons et de cycles. De Polybe à Paul Kennedy, de la Rome antique à l’Empire britannique, nous discernons un rythme propre à l’histoire. Les grandes puissances, comme les grands hommes, naissent, s’élèvent, règnent, puis disparaissent peu à peu. Que le déclin des civilisations soit culturel, économique ou écologique, il s’agit d’un processus prolongé dans le temps.

De la même manière, les défis auxquels sont confrontés les États-Unis sont souvent décrits comme évoluant lentement. C’est la transformation de la démographie - augmentant le ratio des retraités par rapport aux actifs - et non pas une politique inadaptée qui condamne les finances publiques des États-Unis à s’enfoncer dans les déficits. C’est la croissance inexorable de l’économie chinoise, pas la stagnation américaine, qui rendra le produit intérieur brut de la Chine supérieur à celui des États-Unis en 2027.

Concernant le changement climatique, l’heure de vérité pourrait être distante d’un siècle. Ces menaces semblent très éloignées par rapport au calendrier du déploiement des soldats américains en Afghanistan, dans lequel l’unité de compte est le mois, non l’année, et encore moins la décennie.

Et si l’histoire ne se déroulait pas de façon cyclique et lente, mais de manière arythmique - tantôt presque stationnaire, mais était également capable d’accélérations brusques, à l’image d’une voiture de sport ? Que faire si la chute ne se déroule pas durant plusieurs siècles, mais surgit tout à coup, tel un cambrioleur nocturne ?

Les grandes puissances sont des systèmes complexes, formés d’un nombre très important de composants en interaction, organisés de manière asymétrique. Ce qui signifie que leur assemblage s’apparente plus à une termitière qu’à une pyramide égyptienne. Ces composants opèrent quelque part entre l’ordre et le désordre. De tels systèmes peuvent paraître fonctionner de manière relativement stable pendant un certain temps, semblant être en équilibre, alors qu’en fait ils s’adaptent constamment. Mais vient un moment où les systèmes complexes atteignent un état « critique ». Un évènement déclencheur mineur peut provoquer une « transition de phase » faisant passer d’un équilibre d’apparence inoffensive à une crise - un seul grain de sable peut provoquer l’effondrement d’un tas entier.

Peu de temps après que se soient produites de telles crises, les historiens arrivent sur les lieux. Ces chercheurs se spécialisent dans l’étude des évènements atypiques [1] - ceux dont la fréquence d’apparition est faible. Il s’agit de moments de grande portée historique qui sont par définition hors norme, et sont donc situés dans les « queues » des distributions de probabilité - comme les guerres, les révolutions, les krachs financiers et la chute des empires. Mais les historiens peinent fréquemment à saisir la complexité lorsqu’ils tentent de décoder ces événements. Ils ont été formés à analyser les calamités en termes de causes à long terme, souvent à l’œuvre depuis des décennies. C’est ce que Nassim Taleb dénonce à juste titre comme une « illusion narrative » dans son ouvrage « The Black Swan. »

En réalité, la plupart des phénomènes statistiquement atypiques étudiés par les historiens ne sont pas des moments de paroxysme survenant dans des séquences déterministes d’histoire longue ; au contraire, ce sont le résultat de perturbations, et parfois de ruptures des systèmes complexes.

Pour comprendre la complexité, il convient d’examiner comment les scientifiques utilisent ce concept. Pensez à l’organisation spontanée des termites, qui leur permet de construire des monticules et des nids, ou à la géométrie fractale des molécules d’eau lorsqu’elles forment des flocons de neige aux motifs compliqués. L’intelligence humaine elle-même est un système complexe, un produit de l’interaction de milliards de neurones dans le système nerveux central.

Tous ces systèmes complexes partagent certaines caractéristiques. Dans de tels système, de faibles stimuli peuvent produire d’énormes changements, souvent imprévus - ce que les scientifiques appellent « l’effet amplificateur. » Les relations de causalité sont souvent non linéaires, ce qui signifie que les méthodes traditionnelles de généralisation à partir de quelques observations sont de peu d’utilité. Ainsi, lorsque les choses tournent mal dans un système complexe, l’ampleur de la perturbation est quasiment impossible à anticiper.

Il n’existe par exemple rien de tel qu’un incendie de forêt typique ou moyen. Pour utiliser le jargon de la physique moderne, une forêt avant le départ d’un feu est dans un état de « criticité auto-organisée » : elle est en équilibre au bord de la catastrophe, mais la dimension de celle-ci reste une inconnue. Verra-t-on se déclencher un incendie limité ou énorme ? C’est presque impossible à prédire. Le point clé, pour de tels systèmes, c’est qu’un choc relativement mineur peut entraîner une perturbation disproportionnée.
Toute construction politique de grande envergure est un système complexe. La plupart des grands empires ont une autorité centrale instituée - soit un empereur héréditaire ou un président élu - mais, en pratique, le pouvoir souverain de tout individu est une fonction résultant du réseau de relations économiques, sociales et politiques auxquelles il ou elle préside. En tant que tel, les empires présentent de nombreuses caractéristiques d’autres systèmes adaptatifs complexes - y compris la tendance à passer de la stabilité à l’instabilité très soudainement.
L’exemple connu le plus récent de déclin précipité est fourni par l’effondrement de l’Union soviétique. Avec le recul, les historiens ont décelé au sein du système soviétique les traces de tous les types de dégénérescence jusqu’à l’époque de Brejnev et en amont. Peut-être, comme l’affirme l’historien et politologue Stephen Kotkin, est-ce le cours élevé du pétrole dans les années 1970 qui a permis d’éviter la chute. Pourtant, tel ne semblait pas être le cas à l’époque. L’arsenal nucléaire soviétique était supérieur à celui des Etats-Unis. Et les gouvernements dans ce qu’on appelait alors le Tiers Monde, du Vietnam au Nicaragua, avaient basculé en faveur des Soviétiques durant les 20 années précédentes.

Pourtant, moins de cinq ans après que Mikhail Gorbachev ait pris le pouvoir, l’empire soviétique en Europe centrale et de l’Est avait implosé, suivi par l’Union soviétique elle-même en 1991. Si jamais un empire s’est effondré en un instant, au lieu de décliner doucement, c’est bien celui qui fut fondé par Lénine.

Si les empires sont des systèmes complexes qui, tôt ou tard succombent à de soudains et catastrophiques dysfonctionnements, quelles sont aujourd’hui les implications pour les États-Unis ? Tout d’abord, discuter des étapes du déclin pourrait n’être qu’une perte de temps. C’est l’hypothèse d’une chute brutale et inattendue qui devrait d’abord préoccuper les dirigeants politiques et les citoyens. Deuxièmement, la plupart des chutes d’empires sont associés à des crises financières. Les sonnettes d’alarme devraient donc retentir très fortement lorsque les États-Unis prévoient un déficit de plus de 1 500 milliards de dollars en 2010 - soit environ 11% du PIB, déficit le plus important depuis la Seconde Guerre mondiale.

Ces chiffres sont mauvais, mais au royaume du politique, le rôle de la perception est tout aussi crucial. En cas de crise impériale, ce ne sont pas les fondements matériels du pouvoir qui sont vraiment importants, mais les prévisions sur le pouvoir futur. Les chiffres du budget ne peuvent en eux-mêmes amoindrir la force des Etats-Unis, mais ils peuvent concourir à affaiblir une confiance installée dans la capacité des États-Unis à surmonter n’importe quelle crise.

Un jour, l’annonce inattendue de mauvaises nouvelles - cela pourrait être un avis négatif émis par une agence de notation - fera la une des journaux durant une période de calme. Et soudainement ce ne seront plus seulement quelques passionnés de ces questions qui s’inquièteront de la viabilité de la politique budgétaire américaine, mais le grand public, sans parler des investisseurs à l’étranger. C’est ce changement qui est essentiel : un système adaptatif complexe est en grande difficulté lorsque ses composants perdent foi en sa viabilité.
Durant ces trois dernières années, le système complexe de l’économie mondiale à basculé de l’euphorie à la récession - tout cela parce que quelques américains ont commencé à ne plus rembourser leurs prêts hypothécaires à risque, provoquant ainsi d’énormes trous dans les modèles économiques de milliers d’établissements ayant fait jouer un fort effet de levier d’endettement. La prochaine phase de la crise actuelle pourrait débuter lorsque l’opinion publique commencera à réévaluer la crédibilité des mesures monétaire et fiscales radicales qui ont été décidées en réponse.

Ni les taux d’intérêt à zéro, ni les relances budgétaires ne peuvent parvenir à un redressement durable si les populations, aux Etats-Unis et à l’étranger, décident collectivement, du jour au lendemain, que ces mesures se solderont par des taux d’inflation beaucoup plus élevés ou par un défaut de paiement pur et simple. Les taux des emprunts publics peuvent s’envoler si les prévisions sur la solvabilité future des Etats se modifient, aggravant la crise des finances publiques déjà mal en point en augmentant le coût du service de la dette nouvellement émise. Demandez donc ce qu’il en est à la Grèce.

Demandez-le également à la Russie. Une défaite militaire dans les montagnes de l’Hindu Kush représente depuis longtemps un signe avant-coureur de la chute d’un Empire. Ce qui est advenu il y a 20 ans rappelle qu’en fait la naissance, l’essor, le règne, le déclin et la disparition des empires ne se déroulent pas selon des cycles récurrents et prévisibles. Ce sont les historiens qui présentent rétrospectivement ces processus de dissolution impériale comme agissant lentement. Au lieu de quoi, les empires se comportent comme tous les systèmes adaptatifs complexes. Ils fonctionnent en équilibre apparent pendant une certaine période, d’une durée imprévisible. Puis, assez brusquement, ils s’effondrent.

Washington, vous voilà averti.

Niall Ferguson est historien, enseignant à Harvard, spécialiste de l’économie et de la finance. Il a publié récemment « The Ascent of Money : A Financial History of the World. »



Jean Vinatier

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Sources :

Los Angeles Times :
http://www.latimes.com/news/opinion/la-oe-ferguson28-2010feb28,0,2697391.story?track=rss

Contre Info:
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2998


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mardi 16 mars 2010

Esther Benbassa : Être juif après Gaza N°654 3e année

A l’automne 2009 l’historienne Esther Benbassa, spécialiste d’histoire des Juifs et d’histoire comparée des minorités à l’EPHE, a publié un très court ouvrage intitulé, Être juif après Gaza. Peu de critiques se sont attardées sur les 74 pages de l’opuscule divisé en 5 chapitres panoramiques, charpentés de manière à ne laisser aucune place au superficiel : l’auteure va au cœur de chaque thème. Elle esquisse des possibles chemins en dépit de l’enchevêtrement des passions, des fanatismes engouffrés dans le Proche-Orient.
« Être Juif après Gaza » est un défi et une espérance.
Ci-dessous deux extraits du dernier chapitre :

« C’est parce je suis une Juive sans Dieu qu’Israël fait partie de la religion que je n’ai pas, mais c’est aussi parce que j’y ai grandi que je tiens à son existence et ne puis donc qu’être critique. On ne peut porter en soi ce pays, ni prolonger le compagnonnage que l’on a avec lui, si on le méprise..
[….]
Je ne veux pas être juive et rejeter Israël. Je ne veux pas non plus être juive et approuver cette guerre immorale que mène Israël. Ni sans Israël, ni avec Israël tel qu’il est aujourd’hui. Ni bien sûr, avec des institutions et des rabbins qui ont perdu tout sens éthique et continuent à clamer leur appui indéfectible à Israël lorsque celui-ci lance son offensive contre Gaza, prolongement d’une guerre coloniale, non d’une guerre de défense. Les Juifs, qui ont connu les tribulations d’une Europe nationaliste au XIXe siècle, celles de l’antisémitisme, des pogromes, puis du génocide, avaient droit à un Etat. Mais pas n’importe quel Etat. L’issue de la guerre des Six-Jours a mis définitivement fin à l’idée d’un Etat qui se battait pour exister. C’était une guerre de conquête, la deuxième guerre de conquête, en fait, qui n’avait elle, aucune justification. Et si les Juifs ont eu droit à un Etat, les Palestiniens n’y ont pas moins droit, quelles qu’aient pu être leurs erreurs de jeunesse. L’avènement de cet Etat-ci, et qui serait autre chose qu’un bantoustan ou un Etat-croupion, est le juste prix à payer pour que la complicité entre les Juifs et Israël, entre eux et le monde, ait quelque chance de perdurer. Sinon tôt ou tard, les Juifs prendront congé d’Israël, ainsi que les puissances internationales. Si beaucoup ne sont juifs que par l’identification à Israël, alors celui-ci se doit d’être éthique, pour qu’être juif ait encore un sens. Sinon, à quoi bon l’être ? L’être pour porter le poids de la honte de ce que fait Israël aux Palestiniens, de sa violence, de sa démesure. »¹




Jean Vinatier

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Site de l’auteure :

http://www.estherbenbassa.net/

Source :

1-Esther Benbassa : Être juif après Gaza, CNRS Editions, Paris, 2009 (4€), pp.61, 69-70


Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

lundi 15 mars 2010

Inde/Russie : une relation à 100 milliards de dollars ? –N°653 3e année

Les relations russo-indiennes datent de l’indépendance de 1947 et bien qu’elles connurent des hauts et des bas dans les années 90, la visite du Premier ministre, Vladimir Poutine, les 11-12 mars à New Delhi soulignent une coopération plus intime.
La Russie et l’Inde ont signé toute une série d’accords stratégiques pour un montant astronomique: 2 ou 3 centrales nucléaires, 16 nouveaux réacteurs nucléaires, construction d’usines de production de combustible nucléaire, accord de co-prospection de gisements d’uranium à travers le monde ; sur le plan militaire, le groupe Soukhoï est bien placé pour le co-développement du chasseur de la 5e génération (T-50) et le Premier ministre Indien, Manmohan Singh ajouterait bien 29 chasseurs MIG-29 K aux 19 déjà acquis.
L’Inde dirait-elle adieu aux Etats-Unis ?L’enjeu n’est pas seulement là ! Pour l’heure, elle dit bonjour à l’Asie. N’est-ce pas le continent moteur du monde ?
Dans un article de 2001 le professeur Gilles Troude de l’université Paul Valéry (Montpellier III), brossait avec finesse les perspectives qui se dessinaient pour l’Asie :
« Plus largement, face au monde unipolaire dominé par la puissance écrasante des Etats-Unis, qui ne connaissent plus aucun rival non seulement sur le plan économique, mais aussi dans les domaines militaire et politique, ne s'oriente-t-on pas lentement vers un triangle stratégique Inde-Chine-Russie, seul capable de rivaliser avec la superpuissance qui se veut maîtresse du monde ?
C'est ce que redoutent des spécialistes américains en affaires internationales, qui ont perçu les signes d'une coopération accrue entre la Russie, la Chine et l'Inde, et d'un sentiment croissant dans ces trois pays, spécialement après la campagne de bombardements de l'OTAN en Yougoslavie au printemps 1999, que la puissance américaine devait d'une manière ou d'une autre être tenue en échec. Bien que ces trois pays soient encore très loin de fusionner en un Axe eurasien anti-OTAN, ces analystes se disent inquiets du fait de l'apparition d'une menace potentiellement très grave : une alliance qui regrouperait environ 2 milliards et demi d'êtres humains, une puissance militaire formidable et un stock impressionnant d'armes nucléaires - puisque l'Inde est maintenant officiellement une puissance nucléaire - le ciment de cette coalition étant de contrer la domination globale de l'Amérique.Ce serait un désastre pour les Etats-Unis. »¹

Désastre ou pas ? Toujours est-il que le gouvernement indien a été déçu par les faibles réponses au sujet du Pakistan, pays qui est partie intégrante de l’espace indien. Sans doute Washington, la tête dans le guidon à propos de sa guerre AfPak contre « la terreur », ne mesure pas exactement le sens des profondes transformations en cours sur le sol asiatique. Ainsi ne voit-on pas les Etats-Unis privilégier des liens avec l’Afghanistan et le Pakistan, deux Etats récents, le premier corrompu, le second une création anglaise plutôt que de travailler à garder l’Inde dans son orbite et de faciliter par exemple, les transferts technologiques pour le nucléaire, ce que répugne jusqu’à maintenant, à satisfaire le Président Obama.
De son côté,
la Russie qui ne cesse pas de penser à l’avenir de la Sibérie, s’attache à consolider, à développer, par des partenariats énergétiques des relations avec les voisins asiatiques les plus prometteurs dont la Turquie, la Chine, l’Inde, l’Iran. Moscou n’a-t-il pas réussi à décourager les compagnies occidentales qui voulaient investir dans l’exploitation des gisements très prometteurs situés dans l’extrême orient russe ?
New Delhi et Moscou proclament, pourtant, hauts et forts qu’ils ne remettent pas en cause l’hégémonie américaine. Pourquoi ? La naïveté n’ayant pas cours dans le raisonnement des Etats, la Russie et l’Inde estiment que pour contrebalancer la Chine, les Etats-Unis sont nécessaires. Aussi, estiment-elles importants de juguler le fondamentalisme musulman : attitude qui plaît sur les rives du Potomac. De même, Medvedev veut-il signer les accords stratégiques START-II avec Obama afin que son pays soit regardé comme pacifique et bienfaisant.
Si l’on pousse l’observation plus loin, les grandes puissances asiatiques ne cherchent-elles pas le « Oui » américain le temps pour elles de construire les partenariats les plus adéquats, de trouver entre elles la bonne configuration avec qui sait, à terme, la réunification de la Corée, le règlement du Cachemire….etc ? D’ailleurs, Washington a-t-il le choix ? Si la diplomatie américaine entend toujours déstabiliser l’Asie, ne favorisera-t-elle pas sans le vouloir les rapprochements inter-asiatiques?
Il ne s’agit plus de savoir si l’Inde et la Russie sont des alliers naturels ou bien s’ils le seraient moins², mais de mesurer de quelle manière ces deux nations s’envisagent l’une par rapport à l’autre et vis-à-vis de leur environnement immédiat.
Cette longue série d’accords et de projets de partenariats russo-indiens peu commentés en Europe se justifie amplement. Il est fâcheux que la plupart des gouvernements de l’Union européenne répugnent à toute clairvoyance géopolitique, s’en remettant –mais jusqu’à quand – aux stratèges otaniens et à ceux du Pentagone. Il est vrai qu’à Bruxelles, le rêve sublime serait que
l’Inde et la Russie adhèrent à l’OTAN………..³


Jean Vinatier

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Sources :

1-Gilles Troude : « Les relations récentes entre la Russie et l’Inde » (article de 2001)
http://www.strategicsinternational.com/f3russinde.htm

2-
http://www.rfi.fr/contenu/20100312-inde-russie-signent-importants-accords-armement-energie
Colette Thomas : « Des alliés moins naturels » (article de 2007) :
http://www.rfi.fr/actufr/articles/085/article_49167.asp

http://www.atimes.com/atimes/South_Asia/LC16Df01.html
http://www.atimes.com/atimes/South_Asia/LC12Df03.html

In Seriatim :

http://www.seriatimonline.com/2009/10/siberie-sino-russe-et-asiatiquen551-3e.html


3-
http://www.seriatimonline.com/2007/10/demain-linde-dans-lotan.html

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM & Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

dimanche 14 mars 2010

Edito : Soirée électorale- N°652- 3e année

Les Français en refusant de se déplacer en nombre pour renouveler les conseillers régionaux, sèment-ils réellement l’effroi parmi les femmes et hommes politiques présents sur les plateaux de télévision ? Pourquoi cette peur alors que ce scrutin n’a jamais passionné les foules ? Craindrait-on une répétition pour les élections présidentielles de 2012 ?
Pourtant, l’UMP et le PS comme d’habitude se départageront la majorité les sièges, Europe-Ecologie supplante le Modem dans le rôle de trouble-fête sans faire un bond en avant, Parti de gauche réalise un score honorable et le FN retrouve une audience. Il n’est pas du tout certain que le taux d’abstention retienne autant qu’on ne le dit les calculs de la classe politique et en particulier à l’UMP et au PS. Pour ces derniers, le seul fait que le bipartisme leur assure, une domination dans les assemblées, suffit à leur tranquillité quel que soit le degré de colère sourde des Français.
Le taux d’abstention indique, cependant, que l’implication du Président de la République, du Premier ministre et de 20 ministres, a abouti à un résultat calamiteux pour la majorité. L’Elysée transmet de mauvais messages en feignant que l’élection régionale ne puisse être nationale, de signifier aux Français toutes les réformes qui seront enclenchées jusqu’à l’automne 2011 et que quoi qu’il advienne la machine gouvernementale continuera sa course folle.
Malgré le brouhaha et les surenchères d’épithètes, rien ne change. La subite attention apportée aux abstentionnistes n’est qu’un prétexte pour jeter des pierres dans le jardin de l’opposant, alimenter des discordes. Les médias s’emballent comme d’habitude, tant leur intérêt est au maintient de ce système politique. Les citoyens qui n’ont pas voulu voter ou par choix politique ou par lassitude, voient bien qu’ils ont eu raison d’agir comme ils l’ont fait. Une idée commence à faire son chemin : c’est par la rue que passera la refonte du système politique et non par le seul bulletin de vote.


Jean Vinatier

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