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samedi 7 octobre 2023

Territoires palestiniens par Anne-Lucie Chaigne-Oudin N°5708 7e année

La fondatrice et directrice de l’excellent  site Les clés du Moyen-Orient propose un dossier historique autour des territoires palestiniens


De la fin du mandat britannique à la première guerre israélo-arabe
Les territoires palestiniens jusqu’à la guerre de 1973
Les Palestiniens pendant la guerre du Liban (1975-1982)
Le repositionnement d’Arafat à la suite de l’opération Paix en Galilée
La première intifada et la création de l’Etat palestinien
Le processus de paix à la suite de la guerre du Golfe
Le refus des accords d’Oslo
La mise en place de l’Autorité palestinienne
La poursuite des négociations de paix à la suite de Wye Plantation
La seconde intifada
Dégradation des relations israélo-palestiniennes et mise en place de la « feuille de route »
Israël et le Hamas
La victoire électorale du Hamas et les relations inter-palestiniennes
Difficultés entre le Fatah et le Hamas et entre Israël et le Hamas
L’opération israélienne « plomb durci » contre le Hamas
Reprise des relations inter-palestiniennes ?

De la fin du mandat britannique à la première guerre israélo-arabe

Le plan de l’ONU du 29 novembre 1947 partage la Palestine mandataire en deux Etats constitués de territoires discontinus, l’un juif et l’autre arabe. L’Etat arabe est composé de la Galilée occidentale avec un accès à la mer à Acre, de la Cisjordanie (sauf Jérusalem) et de la Bande de Gaza. Des violences éclatent entre Juifs et Arabes dès l’annonce du plan, les Arabes refusant le partage de leur terre. En 1948, des troupes arabes commandées par le neveu du mufti de Jérusalem, Abdel Kader al-Husseini, et des troupes de volontaires dépendant de la Ligne des Etats arabes combattent les forces sionistes, qui s’imposent sur le terrain, entrainant le départ des populations civiles arabes vers le Liban et vers l’Egypte, en particulier à la suite du massacre des populations du village de Deir Yassin le 9 avril 1948. Dans le même temps, les Britanniques quittent progressivement la Palestine, pour mettre fin à leur mandat le 15 mai 1948. La veille, Ben Gourion a proclamé la création de l’Etat d’Israël. La première guerre israélo-arabe est immédiatement déclenchée le 15 mai, jour de la fin du mandat britannique et les combats se terminent en janvier 1949. A l’issue de la guerre, les territoires composant la partie arabe passent sous domination étrangère : la bande de Gaza est administrée par l’Egypte et la Cisjordanie est annexée par la Jordanie, la Galilée occidentale et une partie du Néguev sont intégrés à l’Etat juif.

Sur le plan politique, un gouvernement palestinien est organisé à Gaza, avec l’autorisation de l’Egypte. Le 23 septembre 1948, le mufti de Jérusalem, Hajj Amin al-Husseini, organise un gouvernement, dont Ahmad Hilmi Pacha devient président du Conseil. Le 30 septembre, la chambre palestinienne réunie à Gaza élit Hajj Amin al-Husseini président. Ce nouveau gouvernement n’est légitime et reconnu qu’à Gaza et ses pouvoirs sont limités. Il est cependant reconnu par les Etats de la Ligue arabe (qui a, dès le 12 juin 1946, une représentation palestinienne), excepté par la Jordanie. Le 24 avril 1950, le parlement jordanien vote l’annexion de la Cisjordanie. Cette décision suscite le mécontentement des nationalistes palestiniens, car elle met fin à l’entité politique de la Palestine.

A l’issue de la guerre israélo-arabe, une question cruciale se pose : celle des réfugiés. Le départ des Arabes se fait en deux étapes. La première commence dès la fin 1947, c’est-à-dire dès l’annonce du plan de partage de l’ONU. Les populations arabes habitant sur la partie israélienne du plan de partage fuient devant les combats. Cette population est estimée à environ 300 000. Pendant le premier conflit israélo-arabe, les Arabes habitant la partie palestinienne de la Galilée occidentale fuient également devant l’armée israélienne, ainsi que ceux habitant la partie du Néguev jouxtant l’Egypte. Ces derniers se réfugient dans la Bande de Gaza. Au total, les Arabes réfugiés pendant ce premier conflit sont estimés à 700 000 et se réfugient au Liban, en Syrie, en Cisjordanie, en Jordanie et dans la bande de Gaza.

Les territoires palestiniens jusqu’à la guerre de 1973 »

La suite ci-dessous :

https://www.lesclesdumoyenorient.com/Territoires-palestiniens.html

 

Jean Vinatier

Seriatim 2023

 

 

mardi 28 juin 2022

Bertrand Badie. Les « alliances de bloc » sont mortes et l’Occident ne le comprend pas N°5876 16e année

 « Le professeur et chercheur Bertrand Badie livre pour Orient XXI une réflexion stimulante sur l’évolution des alliances au temps de la mondialisation. Sur les accords dits d’Abraham, les jeux complexes de la Turquie, de la Russie ou des États du Golfe en Syrie ou en Libye, il éclaire ces nouvelles « connivences fluctuantes ». Entretien avec Sophie Pommier. »

« J’appartiens à une génération pour laquelle l’alliance veut dire des choses très précises que l’on tient imprudemment pour nécessaires et éternelles. Celles et ceux qui ont été socialisés du temps de la bipolarité et de la guerre froide ont en tête un modèle d’alliance simple qui structurait durablement, de part et d’autre du Rideau de fer, deux coalitions de puissance comparable. L’alliance signifiait alors un engagement à la fois pérenne et organisé. Cette évidence en réalité n’en est pas une si on se réfère à l’histoire longue. Si on regarde en arrière, les choses apparaissent déjà beaucoup plus compliquées. Jusqu’en 1945, les alliances n’avaient rien de durable. Au gré des rapports de forces, au gré des équilibres de puissance, on s’alliait à l’un pour combattre l’autre, jusqu’à ce que, dans l’épisode suivant, la géométrie vienne à se modifier, voire à s’inverser. La parfaite illustration de cette logique nous est fournie par le Pacte germano-soviétique de 1939. Mais on pourrait remonter plus loin dans le temps et constater que des alliances même étranges pouvaient se nouer dès lors que le déséquilibre de puissances était trop fort, l’un des exemples les plus fameux étant l’« alliance impie » entre François Ier et Soliman le Magnifique lorsqu’en face l’Empire1 était trop fort et avait besoin d’être contrebalancé.

La bipolarité, une parenthèse dans l’histoire des relations internationales

En 1945, les choses ont changé : on est entré dans l’exception avec la bipolarité. Le glissement progressif vers une forme d’alliance pérenne s’est concrétisé avec la création de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en 1949, qui a suscité ensuite la constitution d’une autre alliance destinée à l’équilibrer, avec l’apparition du Pacte de Varsovie en 1955. Quand celui-ci a été dissous, l’OTAN a eu à délibérer sur sa pérennisation : nous étions au printemps 1991. Le président américain George H. Bush avait alors préconisé le maintien de l’organisation, s’attirant cette remarque de François Mitterrand : « Vous êtes en train de nous servir une nouvelle Sainte-Alliance ». Dans son esprit, cela voulait dire que l’on sortait d’une logique mécanique d’équilibre entre les blocs pour sacraliser une alliance et la rendre durable. De pragmatique et utilitaire qu’elle était dans un contexte de Guerre froide, l’alliance n’avait plus dès lors pour justifier son existence que cette onction que lui donnent des valeurs jugées supérieures et que partageraient durablement les pays membres, exactement comme en 1815, face à l’effondrement de l’empire français, s’était constituée exceptionnellement la Sainte-Alliance, à l’instigation du tsar de Russie.

Dans le contexte moderne, cette sacralisation ne va pas de soi. D’abord parce que la référence à des valeurs communément partagées devient de plus en plus difficile, et on le voit bien à travers les différends qui opposent la Pologne ou la Hongrie aux pays de l’Europe occidentale ; et ensuite parce que ce consensus sur les valeurs relève davantage de la façade, de la rhétorique et de l’autojustification que de la réalité des choses. Il résiste en tout cas à toute analyse sociologique qui dénie toute unanimité, dans chaque pays, sur les valeurs prétendument partagées. D’où ce besoin mécanique et au demeurant dangereux pour l’OTAN d’avoir face à elle un ennemi qu’elle réinvente pour se justifier. Lorsque la Russie de Boris Eltsine ne pouvait pas tenir cette fonction, on a essayé de cibler la Chine. Laquelle s’est refusée à jouer ce jeu. Nous étions alors au tournant des deux siècles : la Chine était surtout intéressée à entrer à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qu’elle a rejoint en décembre 2001, à se banaliser comme puissance au sein de la mondialisation. On a dû alors trouver un ennemi étrange, puisqu’il n’était plus un pays, mais une « méthode », à savoir le terrorisme. Tout ceci a abouti à la situation actuelle marquée par un autre virage : l’OTAN se reconstitue face à la menace russe à la faveur de la crise ukrainienne, suivant un semblant de Guerre froide qui précisément n’en est pas une !

Le jeu fluctuant des connivences pragmatiques »

La suite ci-dessous :

https://orientxxi.info/magazine/bertrand-badie-les-alliances-de-bloc-sont-mortes-et-l-occident-ne-le-comprend,5706

Jean Vinatier

Seriatim 2022

 

jeudi 14 avril 2022

La recomposition des alliances au XXIe siècle par Olivier Schmitt N°5848 16e année

 « L’auteur : Olivier Schmitt est Professeur de Relations Internationales au Center for War Studies (University of Southern Denmark), et actuellement chef du département des études et de la recherche à l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN). Ses travaux portent sur les questions de sécurité internationale, en particulier les relations transatlantiques, les formes des guerres contemporaines et les politiques de défense.

Il est notamment l’auteur de Pourquoi Poutine est notre Allié. Anatomie d’une Passion Française (Hikari, 2017) ; Allies that Count. Junior Partners in Coalition Warfare (Georgetown UP, 2018) ; La Guerre et la Paix, Approches et Enjeux de la Sécurité et de la Stratégie (Presses de Sciences Po, 2020, avec Charles-Philippe David) et French Defence Policy since the End of the Cold War (Routledge, 2020, avec Alice Pannier). »

Article :

« Qu’est-ce qu’une alliance ? Pourquoi les pays s’allient-ils, quittent-ils des alliances, ou en fondent-ils de nouvelles ? Dans le contexte actuel de retour de la guerre et de compétition stratégique tant militaire qu’économique, l’analyse des mécanismes d’alliances n’a sans doute jamais été aussi cruciale.

À l’automne 2021, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie annonçaient, en grande pompe, la création d’une nouvelle alliance tripartite, surnommée AUKUS. Le projet comprenait un volet industriel important, notamment l’achat par le gouvernement australien de sous-marins nucléaires d’attaque fournis par Washington ou Londres, rompant de facto l’engagement pris en 2016 d’acquérir auprès de la France des sous-marins conventionnels. Les réactions françaises furent vives, le Quai d’Orsay rappelant, pour la première fois de son histoire, les ambassadeurs français à Washington et en Australie. Pourtant, malgré l’ampleur de la déception, en particulier dans les milieux industriels de défense français, la coopération militaire avec les États-Unis ne semble pas affectée, la Marine Nationale signant par exemple en décembre 2021 avec l’US Navy un partenariat structurant, d’une durée de vingt ans, visant à améliorer leur interopérabilité, et les États-Unis renforçant leur engagement au profit des opérations militaires françaises au Sahel.

Les relations au sein de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), sont également complexes. Lors de sa présidence, Donald Trump avait notamment déclaré que l’OTAN était « obsolète », et semblait même prêt à annoncer le retrait américain de l’organisation lors du sommet des États-membres de 2018, avant (semble-t-il) de se raviser. Pourtant, en 2022, l’OTAN semble connaître un renouveau à la suite de l’invasion russe de l’Ukraine, qui confirmait sa vocation d’instrument de coordination des politiques de défense en Europe.

Ces deux exemples illustrent certains des grands enjeux des alliances au XXIe siècle. Dans le contexte d’un retour de la guerre et de la compétition stratégique, la coordination des politiques de défense (fonction initiale des alliances) connaît un nouveau souffle. Pourtant, cette fonction de coordination (voire d’intégration) est structurellement opposée à une interprétation maximaliste de la souveraineté des États. De plus, l’interdépendance des économies permise par la globalisation a créé des intérêts contradictoires : des États alliés dans le domaine de la défense peuvent ainsi être des concurrents féroces dans le domaine économique. Dans ce contexte, comment penser la reconfiguration des alliances au XXIe siècle et l’articulation entre défense, souveraineté et la multiplicité des intérêts des États ? Il convient donc d’identifier quelques grands principes de fonctionnements des alliances avant d’étudier la manière dont la reconfiguration du système international influencera leur développement au XXIe siècle.

Les principes des alliances en politique internationale

Trois caractéristiques fondamentales de l’exercice de la stratégie se retrouvent systématiquement, quels que soient le lieu ou l’époque. Il s’agit de l’utilisation instrumentale de la violence, de la capacité à la tromperie et à la ruse, et, ce qui nous intéresse plus particulièrement ici, de la formation de coalitions et d’alliances pour accroître sa puissance. »

La suite ci-dessous :

https://laviedesidees.fr/La-recomposition-des-alliances-au-XXIe-siecle.html

 

Jean Vinatier

Seriatim 2022