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mercredi 30 juin 2010

Pepe Escobar : « Washington est préoccupé par les nouveaux blocs contre-hégémoniques » N°721 3e année

Ci-dessous l’interview accordée par le journaliste Pepe Escobar, le célèbre chroniqueur d’Asia Times, à Salvador Lopez Arnal pour Voltairenet.org :

"Salvador López Arnal : Dans un article récent [
1], vous parliez de la dominatrix. Permettez-moi de vous féliciter pour votre trouvaille terminologique. Pourquoi pensez-vous que ce terme convient si bien à la Secrétaire d’État états-unienne ? Dans l’ère Obama les méthodes de la politique extérieure des États-Unis ne se sont-elles pas améliorées ? Hillary est une dominatrix au sens où, au lieu d’admettre l’échec de sa diplomatie, elle est capable de soumettre à ses fins l’ensemble du Conseil de sécurité de l’ONU. Elle a peut-être appris cela de Bill … Ou peut-être seraient-ils tous des masochistes.
Pepe Escobar : Non, ce n’est pas le cas. La raison principale est que la Chine et la Russie se sont laissées “dominer”. Elles sont arrivées à la conclusion qu’il serait mieux de permettre à la bruyante Hillary de dominer la scène pendant quelques jours et œuvrer en silence afin d’atteindre leur objectif : des sanctions du plus léger des parfums sur Téhéran.
En ce qui concerne l’Iran, les États-Unis sont aveugles, ils voient tout en rouge. On peut dire la même chose en ce qui concerne Israël, ils voient tout en blanc céleste.
Salvador López Arnal : Le noyau central de votre récent article est l’accord entre les diplomaties du Brésil, de la Turquie et de l’Iran sur l’affaire du développement nucléaire de ce dernier. En quoi cet accord a-t-il consisté ?

Pepe Escobar : Pour l’essentiel c’est le même accord que celui proposé par les États-Unis en octobre 2009. La différence vient de ce que selon la proposition de 2009 l’enrichissement d’uranium s’effectuerait en France et en Russie alors que dans ce nouvel accord il aura lieu en Turquie.
La principale différence réside dans la méthode. La Turquie et le Brésil ont agi avec diplomatie, sans confrontation, en respectant les arguments iraniens. Un autre détail fondamental : tout ce qu’ils ont accompli avait déjà été discuté à Washington. Mais lorsqu’ils ont présenté un résultat concret, lorsqu’ils sont parvenus à un accord avec l’Iran, permettez-moi une métaphore guerrière, Washington leur a tiré une balle dans les côtes.

Salvador López Arnal : N’est-ce pas une nouveauté en diplomatie internationale si le Brésil et la Turquie, deux pays qui ne s’opposent pas aux États-Unis, jouent leurs propres cartes dans cette affaire ? Pourquoi ont-ils misé sur cette stratégie autonome ? Qu’est-ce qu’ils gagnent avec cela ? L’Iran n’est-il pas éloigné, très éloigné du Brésil ?
Pepe Escobar : Chaque pays a ses propres motivations pour accroître son rôle géopolitique. La Turquie veut se projeter comme un acteur de premier plan, qui compte vraiment au Proche-Orient. Elle poursuit une politique disons, post-ottomane, élaborée par le ministre des Affaires étrangères, le professeur Ahmet Davutoğlu.
Le Brésil, grâce à une politique très intelligente de la part de Lula et de son ministre Celso Amorim, veut également se positionner comme un médiateur crédible au Proche-Orient. Le Brésil fait partie des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), groupe qui à mon avis constitue le véritable contrepouvoir actuel face à l’hégémonie unilatérale des États-Unis. La Turquie, dont l’adhésion a été formellement discutée à Brasilia il y a environ deux semaines, en ferait partie et le groupe serait alors nommé BRICT. Voilà la nouvelle réalité en géopolitique globale. Et à Washington, les élites de toujours en sont sans doute livides.
Salvador López Arnal : Comme vous le remarquiez, il semble que l’accord n’ait pas suscité d’enthousiasme auprès du secrétariat d’État états-unien ni des gouvernements européens. Pourquoi donc ? Désirent-ils faire échouer la voie diplomatique afin de poursuivre avec leurs sanctions et nous conduire à un scénario de guerre ? Si tel est le cas, qu’y gagneraient-ils ? N’y aurait-il pas beaucoup trop de fronts ouverts en même temps ?

Pepe Escobar : Du point de vue de la politique interne des États-Unis, Washington n’est intéressé que par le changement de régime. Il y a au moins trois tendances en lice. Les "réalistes" et la gauche du Parti démocrate, qui sont pour le dialogue, une partie du Pentagone et les services de renseignement, qui veulent au minimum des sanctions, et les républicains, néo-cons, le lobby pro-Israël et la section Full Spectrum Dominance [Spectre de Domination Totale] du Pentagone voulant à tout prix un changement de régime, y compris par la voie militaire si cela s’avérait nécessaire.
Les gouvernements européens suivent Bush ou Obama comme des toutous. Ils ne sont d’aucune aide. Des voix raisonnables s’élèvent dans certaines capitales européennes et à Bruxelles. Elles savent que l’Europe a besoin du pétrole et du gaz iranien afin de ne pas être prise en otage par Gazprom. Mais elles sont minoritaires.

Salvador López Arnal : Outre ses déclarations, croyez-vous que le Gouvernement iranien aspire à posséder de l’armement nucléaire ? Afin de se faire respecter ? Afin de faire plier Israël ? Pour l’attaquer ? Le Pakistan nucléaire, l’Inde nucléaire, Israël nucléaire, l’Iran nucléaire. Toute cette région ne constituerait-elle pas une véritable poudrière ?

Pepe Escobar : Je me suis rendu à plusieurs reprises en Iran et je suis convaincu que le régime iranien peut irriter mais ce n’est pas un système politique suicidaire. Le Guide suprême a prononcé une fatwa à plusieurs occasions en affirmant que l’arme nucléaire est "non islamique". Bien entendu, les Gardiens de la Révolution supervisent le programme nucléaire iranien mais ils sont parfaitement conscients du sérieux des inspections et du contrôle de l’AIEA, l’Agence internationale de l’énergie atomique. S’ils décidaient de fabriquer une bombe atomique rudimentaire, ils seraient immédiatement démasqués et dénoncés.
En fait, l’Iran n’a nul besoin d’une bombe atomique comme moyen de dissuasion. Un arsenal militaire high-tech, de plus en plus de haute technologie, lui suffit. La seule solution juste consisterait en une dénucléarisation totale du Proche-Orient, ce que bien sûr Israël, avec au moins deux cents ogives nucléaires, n’acceptera pas et ne respecterait jamais.

Salvador López Arnal : Quel rôle joue la Russie dans cette situation ? Vous rappeliez que la centrale nucléaire de Bushehr a été construite par la Russie et que l’on est en train d’effectuer les dernières vérifications avant son inauguration qui aura probablement lieu cet été.

Pepe Escobar : Après que l’on ait repoussé maintes fois l’inauguration de Bushehr, elle devrait avoir lieu en août. Pour la Russie, l’Iran constitue un client privilégié en matière de nucléaire et d’armement. Dans l’intérêt des Russes, l’Iran doit continuer sur la même voie, la situation ne doit pas changer. Ils ne veulent pas d’un Iran qui serait une puissance militaire nucléaire. Il s’agit d’une relation qui est constituée de beaucoup de liens, mais elle est essentiellement de type commercial.

Salvador López Arnal : Dans votre article vous citez l’ancien général [chinois], stratège et philosophe Sun Tzu qui a dit : "Permets à ton ennemi de commettre ses propres erreurs et ne les corrige pas". Vous affirmez que la Chine et la Russie, des maîtres stratèges, appliquent cette maxime en ce qui concerne les États-Unis. Quelles erreurs les États-Unis commettent-ils ? Leurs stratèges sont-ils si maladroits ? Peut-être n’ont-ils pas lu Sun Tzu ?

Pepe Escobar : Tout Etats-unien ayant fait ses études dans les universités d’élite a lu Sun Tzu. En revanche, savoir l’appliquer, c’est une autre affaire.
La Chine et la Russie, dans le cadre d’une stratégie commune aux BRIC, se sont mis d’accord pour faire en sorte que les États-Unis aient l’illusion d’être ceux qui déterminent les sanctions, tout en travaillant pour les alléger au maximum et, en dernière instance, approuver une série de sanctions très light. La Russie et la Chine veulent qu’il y ait de la stabilité en Iran, pour le bénéfice de leurs importantes relations commerciales. Dans le cas de la Chine, il ne faudrait pas oublier que l’Iran est un grand fournisseur de gaz, ce qui représente un sujet de sécurité nationale maximum.

Salvador López Arnal : Vous dites en résumant que nous sommes dans une situation où il y a, sur la table de négociations de l’Agence internationale de l’énergie atomique, un véritable accord d’échange approuvé par l’Iran tandis qu’aux Nations Unies un arsenal de sanctions contre l’Iran est mis en place. Vous posez la question suivante : à qui la véritable "communauté internationale" fera-t-elle confiance ? Je vous demande à mon tour : à qui fera-t-elle confiance ?

Pepe Escobar : La véritable "communauté internationale", les BRIC, les pays du G-20, les 118 nations en voie de développement du Mouvement des non-alignés, en somme, l’ensemble du monde en développement, est du côté du Brésil, de la Turquie et de leur diplomatie de non confrontation. Seuls les États-Unis et ses pathétiques toutous idéologiques européens réclament des sanctions.

Salvador López Arnal : Vous affirmez également que l’architecture de la sécurité globale, "assurée par une bande d’affreux gardiens occidentaux autoproclamés", est dans le coma. L’Occident atlantiste coule façon Titanic. N’exagérez-vous pas ? Ne prenez-vous pas vos désirs pour des réalités ? N’existe-t-il pas un réel danger qu’avec ce naufrage on entraîne presque tout avec soi avant de toucher le fond ?

Pepe Escobar : J’ai déjà été confronté à beaucoup d’horreurs partout dans le monde pour pouvoir croire à présent, au moins, en la possibilité d’un nouvel ordre, dessiné surtout par le G-20 et, à l’intérieur de celui-ci, par les pays du BRICT. Je l’écris avec un T à la fin.
L’avenir économique est en Asie et l’avenir politique est en Asie ainsi que dans les grandes nations en développement. Évidemment, les élites atlantistes ne vont abdiquer leur pouvoir qu’après avoir vu leurs cadavres gisant au sol. Le Pentagone poursuivra avec sa doctrine de guerre perpétuelle. Mais il n’aura pas de quoi la payer, et ce sera plus tôt que tard. Je ne nie pas que, dans un avenir proche, il existe la possibilité que les États-Unis, sous l’administration d’un républicain fou, d’extrême droite, s’engagent dans une période de guerre hallucinée, effrénée. Si tel était le cas, cela provoquera sans aucun doute leur chute, la chute du nouvel Empire romain.

Salvador López Arnal : Et quel est le puissant lobby états-unien qui est en faveur de la guerre perpétuelle à laquelle vous faites référence ? Qui sont ceux qui soutiennent et financent ce lobby ?

Pepe Escobar : La guerre perpétuelle relève de la logique du Full Spectral Dominance, la doctrine officielle du Pentagone qui comprend : l’encerclement de la Chine et de la Russie, la conviction que ces deux pays ne doivent pas devenir des concurrents narquois des États-Unis et en outre, le déploiement de tous les efforts afin de contrôler l’Eurasie ou du moins, la surveiller. Il s’agit de la doctrine du Dr. Folamour [2], mais également du positionnement des dirigeants militaires états-uniens et de la majorité de l’establishment. Le complexe militaro-industriel ne dépend pas de l’économie civile pour subsister. Il emploie un grand nombre de politiciens et compte avec l’étroite collaboration de toutes les grandes corporations.

Salvador López Arnal : Dans votre article, vous parlez de sa sommité le Dr. Zbigniew-conquérons l’Eurasie-Brzezinski. Encore une trouvaille, permettez-moi de vous féliciter de nouveau. Vous dites que l’ancien conseiller de la sécurité nationale a souligné le fait que "pour la première fois dans toute l’histoire de l’humanité les gens sont politiquement éveillés — c’est une réalité totalement nouvelle — il n’en a pas été ainsi auparavant". Êtes-vous véritablement de cet avis ? Quelle partie endormie de l’humanité est-elle à présent éveillée ?

Pepe Escobar : Pour les élites états-uniennes la donnée essentielle est que l’Asie, l’Amérique latine et l’Afrique sont en train d’intervenir politiquement dans le monde d’une manière qui aurait été impensable à l’époque coloniale, et pour ces élites, la décolonisation est un cauchemar sans fin. Comment faire pour dominer ceux qui savent à présent comment agir pour ne pas se laisser dominer à nouveau ? Voici leur question fondamentale.

Salvador López Arnal : Vous dites que Washington, unilatéral jusqu’au bout, n’hésite guère à faire un bras d’honneur même à ses amis les plus proches. Pourquoi ? Peut-être incarnent-ils l’axe du mal ? Peut-on produire de l’hégémonie avec des procédés si peu affables ? Jusqu’à quand ?

Pepe Escobar : On ne peut sous-estimer la crise états-unienne. Elle est totale : économique, morale, culturelle et politique. Mais également militaire puisqu’ils ont été battus en Irak et ils sont sur le point de subir un échec d’une ignominie totale en Afghanistan. Le nouveau siècle américain a déjà rendu l’âme en 2001. À présent on peut interpréter le 11 septembre comme le signe apocalyptique de la fin.

Salvador López Arnal : À propos, qu’en est-il de l’un des acteurs principaux de la politique états-unienne au Proche-Orient ? Israël est-elle donc endormie ? Quels sont les plans des caïds qui menacent Gaza ?

Pepe Escobar : Israël est devenue ce que j’appelle une Sparte paranoïaque hors-la-loi, ethno raciste, qui porte la profonde souillure de l’apartheid. Israël sera de plus en plus isolé du monde réel, il ne sera protégé que par les États-Unis, dont il est un État-client. Et le retour du refoulé sera son cauchemar, comme s’il s’agissait d’un film d’horreur hollywoodien : l’Histoire les fera payer pour toute les horreurs qu’ils ont commises et commettent encore contre les Palestiniens.

Salvador López Arnal : Quelle est votre opinion au sujet de l’action israélienne du dimanche 30 mai dernier ? Quel sens peut avoir leur attaque contre quelques pacifistes solidaires avec les citoyens de Gaza ?

Pepe Escobar : Cela participe de la même éternelle logique : nous avons toujours raison, ceux qui s’opposent à notre politique sont des terroristes ou des antisémites. À présent Israël est au stade où il défend l’indéfendable : le blocus de Gaza.
Mais à présent il est évident que tout le monde en est conscient et il ne pourra plus tromper par ses mensonges. La Palestine sera l’éternel Vietnam d’Israël. Mais je doute qu’un jour, comme dans le cas des États-Unis, ils soient capables de retenir la leçon."


Traduit par Marina Almeida, révisé par Gérard Delbreil

[1] « Iran, Sun Tzu and the dominatrix », par Pepe Escobar, Asia Times Online, 22 mai 2010. Version française traduite par Petrus Lombard : « L’Iran, Sun Tzu et la dominatrice », Alternet.Info, 23 mai 2010.
[
2] Dr. Strangelove or : How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb, film britannique de Stanley Kubrick (1928-1999), réalisé en 1964, diffusé en français sous le titre Docteur Folamour ou : comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe. Cette oeuvre de fiction est une critique acerbe de la doctrine de dissuasion états-unienne. Le personnage principal, le docteur Folamour, est inspiré par des personnalités bien réelles, à la fois Edward Teller et Werner von Braun. "



Jean Vinatier
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http://www.voltairenet.org/article166028.html

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mardi 29 juin 2010

Nuit du 4 août en France, dans le monde : en vue ? N°720 3e année

Selon le quotidien Libération la nomination d’Alexandre Bompard au poste de Président de Francetelevision serait acquise. Dés à présent, voilà avertis celles et ceux qui imaginent le pouvoir élyséen hésitant après la série de dossiers sur les ministres du gouvernement Fillon: il est peut être affaibli mais il n’en poursuit pas moins sa route.
Nicolas Sarkozy, à la veille, de prendre possession du nouvel avion présidentiel (176 millions d’euros) entend installer la rigueur chez les ministres en se gardant bien de commencer par lui : impudence, inconscience, provocation ?
Jean-François Kahn a écrit un article tout à fait brillant
(
« Affaire Woerth : Le début de l’effondrement d’un système. » ) A la veille de la Révolution, l’entourage (Polignac, Lamballe) de la Reine Marie-Antoinette multipliait les demandes de pension, voulait la création de nouvelles charges : alors, aurions-nous d’ici peu une « nouvelle nuit du 4 août » ? Non, d’abord parce qu’il faudrait commencer par « prendre » la Bastille…Et que prendrait-on aujourd’hui ? Nicolas Sarkozy a été élu, les élections se déroulent sans trucage, toute l’apparence républicaine est maintenue : que demande le peuple !
D’ailleurs quel adversaire le Président a-t-il sous son nez ? Dans l’absolu beaucoup de monde, dans la réalité, personne.
Les Français sont prisonniers de la « société de consommation ». Ils sont à des années lumières de toute réflexion sociétale ou d’une utopie. Les Français voient-ils, exemple, comment les Bleus ont évolué depuis 1998 ? Nous sommes passés d’une équipe nationale à des joueurs mettant en avant le fric, l’ethnie et le religieux. Les vexations subies par Yoann Gourcuff sont symptomatiques et lourdes de menaces.
Les femmes et les hommes politiques y compris les plus contestataires veillent à ne pas franchir la ligne rouge. En dépit de toutes les critiques, toutes et tous trouvent que le type de régime en place ne saurait être renversé. On assiste, par médias interposés à des disputes entre clans d’une même Cour, la cour républicaine et leurs fournisseurs de programmes ludiques.
S’il est exact que nous baignons dans une sorte de marécage nauséabond, sachons qu’il n’en sortira, pour l’instant rien, hormis des révoltes et, des actions isolées plus ou moins sacrificielles.
Nous sommes dans la tragédie du délabrement, de l’affaissement ! On a beau prévenir nos concitoyens en combattant les acteurs de la déconstruction nationale : fin de l’intérêt général, du collectif, des liens sociaux, de l’urbanité…etc place à l’émotion permanente, aux plaidoyers en faveur des individus et des communautés (religieuse, sexuelle, ethnique) Bien évidemment, toutes les fonctions régaliennes se dissolvent (la police cesse d’être une force de protection sociale) ou se transforment pour se calquer aux nouveaux féodaux. Rien n ‘y fait, tout le monde devient une autruche et met la tête dans le sable.
Et la Nuit du 4 août planétaire… ?Elle est dans la troisième dimension. Les propos lors de la dernière réunion du G20 à Toronto sont éclairants à plus d’un titre : on saupoudre ici et là et advienne que pourra. Nul regroupement de puissance n’étant en mesure de succéder aux Etats-Unis, en plein déglingage, alors, les membres du G20 optent pour ne rien changer : c’est l’aveu redouté ! Moins les hommes au pouvoir ont de prise sur le contrôle des choses et la technologie et plus nous voyons l’intelligence se rétrécir, se réduire comme peau de chagrin.
Où est la conscience mondiale ? Nulle part. Quelle est la mobilisation internationale pour sauver le golfe du Mexique de la destruction ?Encore un effort et peut-être quelques-uns réussiront à « faire » la guerre à l’Iran comme au bon vieux temps : Pour quel résultat ? Un désastre mais quelle importance. L’Afghanistan ? Rassurez-vous, certains esprits bellicistes planchent sur une « solution totale» : Voilà pour la monstruosité !
Nous sommes dans une période transitoire, d’un côté le monde ancien (en fait mort) et de l’autre le nouveau qui surgira dans des décennies. Pour l’heure les maîtres de l’ancien temps nous régissent, nous gouvernent comptant sur les seules forces de répression et d’interdiction pour maintenir coûte que coûte ce qu’ils appellent l’ordre c’est-à-dire
« L’administration de la peur» (Paul Virilio).


Jean Vinatier
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http://www.jeanfrancoiskahn.com/Affaire-Woerth-Le-debut-de-l-effondrement-d-un-systeme_a175.html


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jeudi 24 juin 2010

Afghanistan : des talibans au lithium N°719 3e année

Le 44e soldat français est tombé dimanche en Afghanistan, une nouvelle passée sous silence, les Bleus millionnaires assurant le spectacle médiatique.
Hier, le Président Barack Obama a remplacé le général Stanley MacChrystal par son supérieur hiérarchique le général David Petraeus. Le premier, habitué aux opérations commandos, aux mots simples et aux actions furtives, n’en pouvait décidément plus depuis son entrée en fonction en juin 2009, de démêler les arcanes de l’oscillante politique de la Maison Blanche. Aussi cet officier général s’est-il lâché dans Rolling Stones, se moquant tour à tour de l’ambassadeur américain en Afghanistan, Karl Eikenberry, de James Jones, conseiller à la sécurité nationale, de Richard Holdbrooke, en charge de l’AfPak puis du vice-président, Joe Biden. Spectacle garanti : affolement dans les salons washingtoniens, embarras du Président Barack Obama et du secrétaire d’Etat à la Guerre, Robert Gates qui ne tarissait pas d’éloge envers Stanley McChrystal ! Hillary Clinton a plaidé la cause du militaire maladroit, histoire de faire savoir aux démocrates insupportés par le Président qu’elle pouvait être une alternative et ce à quelques mois des élections de novembre 2010.
Sur le perron de la Maison Blanche, personne ne bombait le torse, ainsi le général David Petraeus apparu vieilli et, sans doute dépérira-t-il plus vite encore en raison de sa nouvelle mission : refaire le coup du « Surge » irakien ! Si pour l’heure la Mésopotamie est dans un désordre considérable elle apparaît comme un havre de paix à côté de l’Afghanistan ou AfPak.
En Afghanistan, la dernière opération militaire, Moshtarak, devait démontrer la capacité de l’armée afghane, assistée par toutes les forces du « monde libre » à sécuriser la région de Kandahar et casser le trafic de drogue dans le district de Marjah. Ni victoire, ni défaite mais des tas de civils tués, hommes, femmes, enfants…
L’Afghanistan était seulement un bourbier jusqu’à ce que l’armée américaine découvre des gisements miniers estimés à 1000 milliards de dollars - le pays pourrait, dit-on, devenir « l’Arabie Saoudite du lithium ».
Exit les talibans qui sont de formidables caméléons, voici le lithium, convoité par la Chine. L’Union européenne s’alarmait récemment (il est bien temps !), de la captation par la Chine des minéraux, métaux rares (Antimoine, béryllium, cobalt, fluorine, gallium, germanium, graphite, indium, magnésium, niobium, platine, terres rares, tantale et tungstène) dont beaucoup entrent dans la composition des téléphones portables, panneaux solaires etc….
La découverte du gisement de lithium est une aubaine parce qu’elle va permettre de redonner un sens au présent conflit. Un bémol cependant, à ce début d’enthousiasme : d’abord l’armée américaine devrait amorcer son retrait en juillet (et non plus en mai, première date retenue) 2011 pour satisfaire une opinion publique hostile à cette campagne militaire, ensuite, les Otaniens s’épuisent et ne veulent plus envoyer un soldat supplémentaire, enfin, nombre de marchés conclus via le Président Karzaï et son entourage échoient aux puissances asiatiques dont le Japon…pourtant allié fidèle de Washington !
Le conflit en AfPak se métamorphose sous nos yeux en une confrontation mercantile entre « les puissances otano-américaines occidentales » et les pays d’Asie. C’est peu dire que le projet d’amener le gaz turkmène vers l’ouest ou TAP (trans afghan pipline) est quelque peu compromis au profit du trans Iran/Pakistan via l’aide de la Chine (port de Gwadar) et de l’Inde.
On comprend le manque d’enthousiasme du général Petreaus dont le champ d’action va de la Mésopotamie aux frontières sino-indiennes avec des connections jusqu’au Kirghizistan La fin de la guerre du Vietnam passera pour un heureux épilogue comparé à celui qui se concocte aujourd’hui. Certes, Hollywood, enchaînera les différentes productions (voir déjà le cas de films comme « Démineurs ») pour atténuer la défaite, c’est oublier, qu’en 1975, le cinéma asiatique balbutiait alors qu’en 2010, il est sur les rampes de lancement.
Il ne faudrait pas qu’aux défaites, militaires, morales s’ajoute celle du business, nous aurions, alors, une tragédie compléte.: notre fin....


Jean Vinatier
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Sarkozy: déstabilisé? N°718 3e année

Nommée au printemps dernier par Nicolas Sarkozy, la Présidente de la Halde, Jeannette Bougrab (professeur de droit et membre du Conseil d’Etat) dément fortement les informations parues dans le Canard Enchaîné selon lesquelles elle aurait fait doubler son salaire mensuel (14 000€), demandée une directrice de cabinet (6000 €/mois) ainsi qu’un chauffeur (45 000 €/an)
On ne n’ose plus se donner la peine d’établir la liste complète des ministres ayant des comptes à rendre : chaque semaine apporte sa nouvelle négative ! Le gouvernement a fait reculer l’âge maximal pour que le maire d’Issy-Les-Moulineaux, André Santini, puisse présider la structure en charge du Grand Paris.
Entre abus d’avantages, de soupçons de conflits d’intérêt et d’aménagements sur mesure, on s’ébaubit du calme public ! En effet, l’opinion publique ne bouge pas - la journée du 24 juin ne devant pas mobiliser énormément -, le pouvoir n’en croit pas ses yeux de n’avoir pas devant lui des émeutiers ce qui ne signifie que la grogne ne monte pas….
Le nouveau rapport de la Cour des Comptes démentant tous les discours gouvernementaux, la Présidence de la République affecte maladroitement de garder son calme mais la nervosité atteint maintenant le bureau central du Palais. Sous prétexte d’une solidarité avec les Français et de montrer que l’Etat opère des économies, l’Elysée a annulé pour le 14 juillet le concert de Johnny Hallyday au Champ de Mars et la garden party.
La défaite des Bleus dix jours après le début du Mundial dans les conditions que l’on sait enlève à ce gouvernement toute carte pour entonner l’air du « Black Blanc Beur » ou de la fraternité médiatique. Il n’est pas assuré qu’une fête nationale réduite à sa plus simple expression ( un défilé militaire et un feu d’artifice) reçoive l’approbation de toute la population. Il est assez singulier qu’un pouvoir qui passe le plus clair de son temps à multiplier les festivités pour donner le tournis aux Français, veuille du soir au matin se montrer économe le seul jour où précisément desserrer les cordons de la bourse semblent aller de soi !
Question : En sus du dossier Karachi, toutes les affaires qui sortent d’une manière aussi régulière ne peuvent provenir que d’un groupe ou de plusieurs singulièrement puissants, disposant de relais en conséquence. Mais qui donc en France a de telles cartes, de tels réseaux ? En dehors de la chiraquie, qui d’autre ?
Sans rien affirmer, il faut bien regarder à qui profite l’affaiblissement du président de la République et de son entourage. N’oublions pas que la création de République solidaire a pour but principal d’empêcher l’UMP de dire « oui » à la candidature de Nicolas Sarkozy pour 2012. Ce n’est pas pour rien que le Président de la République cherche à rallier un François Bayrou et exprime son désir de se « recentrer sur le gaullisme ».
Au PS, à l’UMP, chez les Verts, la saison des ouragans commence bien tôt alors que nous entrons dans la période la plus incertaine sur le plan économique et social.
Si Nicolas Sarkozy n’est pas encore déstabilisé mais tout juste secoué par les scuds de « l’Adversaire » sa fragilité est réelle.


Jean Vinatier
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mercredi 23 juin 2010

Côme Carpentier de Gourdon : « Le rêveil de l’Inde et les nouvelles alliances en Asie », N°717 3e année

Seriatim vous propose d’écouter l’intervention Côme Carpentier l’un des directeurs de la revue indienne World Affairs (Fondation Kapur Surya ) lors du colloque organisé, le 12 avril 2010 par Forum Carolus dont le directeur est Henri de Grossouvre, un des fils de François de Grossouvre


N°1
http://www.youtube.com/watch?v=xgyWSPN3DTM&feature=related

N°2
http://www.youtube.com/watch?v=8FHvyNZ0jqA&feature=related

N°3
http://www.youtube.com/watch?v=uogg2GbQxWg&feature=related


Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2010

Sources :


A-Biographie d’Henri de Grossouvre
http://www.paris-berlin-moscou.org/auteur_hg.htm

Il est également le Président de l’Associaiton Paris-Berlin-Moscou :
http://www.paris-berlin-moscou.org/page_1.html

Réponse cinglante d’Henri de Grossouvre à Raphaëlle Bacqué, auteure d’un ouvrage sur la mort de son père :
http://strasbourg-compagnie.hautetfort.com/archive/2010/05/22/80fb476af886fbd731418e5a5999f114.html

B-Forum Carolus :

http://www.forum-carolus.org/

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/naissance-du-forum-carolus-tempete-4290

C-Fondation Kapur Surya

http://www.wpfdc.org/en/persons/140-jagdish-kapur-

D-Site de Carpentier de Gourdon (en anglais)

http://www.comecarpentier.com/



Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Gambie,Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

dimanche 20 juin 2010

France : Belleville « Bleus » L’Oréal N°716 3e année

A Belleville, les manifestants chinois s’en sont pris furieusement aux policiers qui ont refusé de poursuivre un voleur de sac à main ; en Afrique du Sud, les Bleus se disputent, s’engueulent, cherchent des traitres et refusent de s’entraîner faisant la plus grande joie des journalistes et des équipes adverses. Domenech a bien eu tort d’amener leurs épouses au lieu de Zahia et ses « sœurs » ……..
La publication par Mediapart - après les infos publiées par le Canard Enchaîné- des extraits des enregistrements de conversations entre la propriétaire de L’Oréal et ses hommes de confiance autour de plusieurs sujets dont celui de l’évasion fiscale impliquant, notamment, l’actuel ministre du Travail, auparavant ministre du Budget, Eric Wœrth via son épouse, salariée d’une holding de la milliardaire française. L’affaire Bettencourt/Bannier est sans doute la plus singulière. Les dons faits par Mme Bettencourt au courtisan, photographe, écrivain, François-Marie Bannier pour énormes qu’ils soient ne constituent pas une dilapidation de sa fortune. C’est la rivalité permanente et déraisonnable (sans préoccupation du regard de l’opinion publique) entre la mère et la fille, bien analysée par le sieur Bannier et pour son plus grand profit, qui engendre une succession de rebondissements, autant de dommages collatéraux jusque parmi les ministres qui devraient en temps normal, s’il y avait des citoyens, provoquer la chute du gouvernement et, pourquoi pas, engendrer des révoltes contre un Chef de l’Etat tout sourire au monde de la finance, de la jet-set.
Entre deux orages, Dominique de Villepin a lancé, samedi son mouvement politique, République solidaire, un nom qui rappelle assez curieusement le thème de la campagne présidentielle de Jacques Chirac en 1995, celle de la fracture sociale : l’ancien Premier ministre causera-t-il autre chose qu’une piqûre de moustique à Nicolas Sarkozy ?
Ce soir tout le monde devrait démissionner : les Bleus comme les ministres, Wœrth et Hortefeux (événement de Belleville) pourtant rien ne bougera, et le 24 juin, vous n’aurez que de vagues cortèges à 8 jours de départs en vacances ! Cette immobilité française se compare à celle des Grecs, des Espagnols, des Britanniques et même des Américains. Les peuples en prennent plein la gueule et, au contraire de toute logique, ils font les autruches : à croire qu’ils préfèrent le tourisme furtif et polluant plutôt que d’être les acteurs de leur propre nation !


Jean Vinatier
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vendredi 18 juin 2010

18 juin 2010 N°715 3e année

Si les Italiens ont le sens de la fête, les Anglais ont celui de la cérémonie ! Le gouvernement de la Reine a suffisamment préparé la commémoration de l’Appel du 18 juin 1940 pour éviter que le Président Sarkozy ne la réduise à quelque chose de pâteux et d’indigeste. Cependant, le nouveau Premier ministre britannique, David Cameron n’a pas résisté à faire un joli croche-patte en félicitant le Président français d’avoir complètement réintégré l’OTAN. Rappelez-vous, quelques années plus tôt, le cheval du commandant de la Garde royale dont la troupe défilait sur les Champs-Elysées lors du 14 juillet, ne répondait-il pas au doux nom de Waterloo ! Délicatesse d'outre-Manche !
Au-delà de tous les commentaires, de toutes les publications, documentaires, fictions et de toutes les cérémonies qui se déroulent depuis quelques jours en France, il importe non seulement de retenir la valeur unique de l’Appel du 18 juin, celui de l’Engagement par la résistance et le combat mais aussi tout l’héritage social, politique et philosophique du Conseil National de la Résistance voulu par le Général de Gaulle: Héritage, aujourd’hui, détruit pièce par pièce certes, par Nicolas Sarkozy mais d’une manière générale par un grand nombre de femmes et d’hommes pressés d’en terminer avec l’homme libre pour établir à sa place, l’individu, conforter le « moi » plutôt que le « je ». Bref, adieu à l’homme qui pense, voici l’ére du Babel individu, ludique, bisounours et infantile.
En définitive, l’Appel du 18 juin est-il célébré comme un fait historique ? Ne prend-t-on pas soin de nous indiquer qu’il n’existe aucun document du discours du 18 juin : pas de photo ni d’enregistrement ? Dans le documentaire diffusé par France 2, les questions posées aux Français libres à Londres n’insistaient-elles pas plus sur le plaisir de s’envoyer en l’air avec les Anglaises que sur la libération de la France ?
L’appel du 18 juin perd de sa consistance historique et politique pour n’être plus qu’un fait commémoratif parmi l’ensemble de toutes les célébrations que préparent doctement chaque année des fonctionnaires du ministère de la Culture ?
Ce 18 juin 2010 a pu avoir une petite place entre deux matches du Mundial ; mais, le 21 juin place à la fête de la Musique puis au début du Tour de France, du défilé du 14-juillet, de moins en moins militaire et de plus en plus matinée divertissante et, enfin, le départ en vacances !
On est très loin de la mise en scène de l’Appel du 18 juin que souhaitait le gouvernement mais heureusement le Royaume-Uni a veillé au grain; d’ailleurs que pouvait bien dire de capital un Chef de l’Etat qui n’ose plus apparaître en public, décore de la Légion d’Honneur des fournisseurs de son épouse et dont le gouvernement comprend une foule de ministres sur lesquels planent les plus forts soupçons de népotisme, de confusion des genres : pas un ne démissionne tandis qu’à Londres le ministre du budget a renoncé à son portefeuille.

Jean Vinatier
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jeudi 17 juin 2010

« Nous, habitants de la Goutte d’Or » N°714 3e année

L’hebdomadaire Marianne reproduit l’affiche que des habitants proches de la rue Myrrha comptent coller sur un maximum d’emplacements.
La proclamation renvoie dos-à-dos l’Etat et la Mairie de Paris incapables de faire respecter (par calcul ? Par inertie ? Par démission ?) l’ordre public et d’assumer leurs missions, régaliennes et municipales. Le texte s’adresse également aux partis politiques de gauche comme de droite.
La démarche de ces parisiens est importante et significative, elle pourrait faire tâche d’huile…


« Nous, habitants de la Goutte d’Or - Château Rouge, quartier auquel nous sommes attachés, tenons à dénoncer fermement les manœuvres de certaines organisations ou groupes d’intérêts qui font de notre quartier un théâtre d’affrontements tactiques loin de nos réalités concrètes.
La dernière en date est cette initiative annoncée par un groupe d’extrême droite, d’organiser un apéro géant autour du menu « saucisson et pinard », un vendredi, rue Myrrha. Le rassemblement a pour cible la mosquée du milieu de la rue qui attire, précisément chaque vendredi à l’heure de la prière, de nombreux fidèles qui se déploient sur la chaussée. Outre son caractère spectaculaire et délibérément provocateur, la démarche entend exploiter voire capitaliser au profit de la droite raciste, le mécontentement, bien réel, de nombre de citoyens exaspérés par le laxisme des autorités devant cette ostensible occupation de l’espace public.
La réaction, juste par principe, à ce projet d’apéro géant est venue d’un ensemble d’associations et de partis politiques de gauche qui dénoncent l’extrême droite et son opération « saucisson et pinard » comme une croisade contre une « pseudo islamisation » du quartier. Mais les mêmes ne disent rien sur les problèmes réels qui rongent ce quartier.
Exception faite d’un programme municipal de réhabilitation du bâti destiné à masquer le scandale d’une misère trop visible, notre quartier est véritablement le laissé pour compte des politiques publiques. On attend toujours qu’il soit mis un terme au commerce informel qui prolifère dangereusement sur les trottoirs des rues Poulet, Dejean, des poissonniers, Doudeauville interdisant toute circulation piétonnière et freinant tout développement commercial normal. On attend toujours que soit respecté la réglementation en matière d’hygiène et de sécurité alimentaire. On attend toujours qu’on intervienne auprès des responsables des mosquées pour limiter l’empiètement de la pratique du culte sur l’espace public. On attend toujours qu’il soit mis un terme au règne des caïds et des délinquants en certains endroits du quartier, etc.
En fait, l’administration et les responsables politiques toutes couleurs confondues, n’ont jamais cessé de considérer notre quartier comme un réceptacle de toutes les nuisances au lieu de répondre aux attentes légitimes des habitants par des politiques d’aide sociale réelles et concrètes, de soutien linguistique et éducatif, de restauration du tissu culturel et commercial, d’éradication de la prostitution, de la délinquance et de la toxicomanie..
Cette provocation de l’extrême droite à l’endroit de notre quartier nous parait être l’occasion de mettre les pendules à l’heure et de s’interroger si le désintérêt manifeste pour des solutions adaptées aux difficultés du quartier n’est pas, jusqu’à la caricature, le signe de l’abandon des classes populaires par toutes les élites politiques ?
Des habitants du quartier Goutte d’Or Château Rouge18 juin 2010
cgoutteor@yahoo.fr »

Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2010

Source :
http://www.marianne2.fr/Apero-Goutte-d-or-un-groupe-d-habitants-s-enerve_a194139.html


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mercredi 16 juin 2010

Pierre Hillard : « L’Islam est le dernier rempart contre le Nouvel ordre Mondial » et « Destination Babel » N°713 3e année

Ci-dessous un extrait de l’intervention de Pierre Hillard, professeur à l’Ecole Supérieure du Commerce Extérieur, le 29 avril 2010 (8 minutes)

http://comprendrelemonde.fr/histoire-et-faits-marquants/927-pierre-hillard-lislam-est-le-dernier-rempart-contre-le-nouvel-ordre-mondial/

Un second extrait (13 minutes) : « destination Babel »
http://www.dailymotion.com/video/x44tc1_pierre-hillard-europe-et-nouvel-ord
(voir les autres extraits sous la video)


Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2010


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mardi 15 juin 2010

François Leclerc : « Tourner la page » N°712 3e année

Ma tendinite au bras gauche ne faiblissant pas, je ne peux toujours pas écrire !
Ci-dessous un article de
François Leclerc (blog Paul Jorion) fort instructif qui nous indique que nous continuons à être sur un volcan:

« Durant toute la journée de lundi, les démentis ont plu de toute part, ne faisant qu’accréditer la rumeur dont avait fait état le Frankfurter Rundschau, un journal qui ne passe pas particulièrement pour faire partie de la presse à sensation. L’Espagne serait au bout du rouleau, un plan d’activation du fonds de stabilité financière européen en préparation. Les mauvais esprits – il n’en manque pas – remarquant que ce scénario rappelait fâcheusement celui de la Grèce, avant qu’elle ne bénéficie d’un soutien longtemps dénié de toutes parts.
Une conférence téléphonique des ministres du G7 avait opportunément eu lieu dans la matinée, dont il était juré qu’elle n’avait pas été consacrée à l’affaire qui mobilisait toutes les attentions. Décidément !
Les rares banquiers et financiers espagnols qui acceptaient de s’exprimer faisaient entendre un tout autre son de cloche : ils reconnaissaient que les banques espagnoles étaient devant le marché international des capitaux comme devant porte close. Plus personne ne voulant se risquer à prêter à un secteur bancaire en pleine crise, sans désormais même faire trop le détail entre ses composantes, faute de visibilité. L’opacité du système financier se retourne contre lui dans les mauvais jours : il est dans l’incapacité de lui substituer la transparence, car elle rendrait encore plus vulnérable.
La BCE s’affirme plus que jamais le seul recours de la quasi totalité des banques espagnoles pour se maintenir à flot, tandis qu’est annoncée pour jeudi une émission obligataire de l’Etat, celui-ci risquant de devoir faire appel aux faveurs de la banque centrale, afin que la souscription se fasse dans des conditions acceptables, faute de mieux. Selon le quotidien El Pais, 16,5% de la totalité des prêts de la BCE sont désormais consentis à l’Espagne, un pourcentage en très rapide progression depuis le mois de mai dernier.
Le sommet européen des chefs d’Etat, convoqué jeudi prochain dans le cadre de la préparation du G20 des 26 et 27 juin, ne se saisira pas nécessairement officiellement du dossier, mais il devra impérativement le traiter. Car c’est non seulement l’Espagne qui est en cause, mais une nouvelle fois tout l’édifice européen. En raison cette fois-ci de l’éclatement de la dette privée espagnole, qui secoue son système bancaire et en impose la restructuration forcée à toutes enjambées, afin d’éviter qu’il ne sombre. Une perspective qui ne fait qu’ajouter aux tensions provoquées par la désastreuse dégradation de la note de la Grèce par Moody’s, qui anticipe par ce geste la nécessité d’une restructuration inévitable de la dette du pays.
Les rapports pleuvent tout autant, qui s’efforcent de chiffrer les expositions des banques européennes au risque. Que celui-ci résulte des obligations d’Etat dont ils regorgent et dont les prix baissent au fur et à mesure que leur rendement croit – en particulier des pays désormais dits à risque – ou des prêts de toute nature qu’elles y ont consenti au secteur privé. Tour à tour, la Royal Bank of Scotland (RBS) et, à tout seigneur tout honneur, la Banque des règlements internationaux (BRI), ont dévoilé des chiffres convergents qui montrent, en particulier, l’énormité des engagement des banques allemandes, britanniques et françaises. Un millier de milliards de dollars auraient été prêtés par ces dernières en Espagne, Grèce, Portugal et Irlande, non compte-tenu de tous les prêts effectués à ceux-ci par un système bancaire européen qui compte un millier d’établissements.
Les marchés, qui sont bien placés pour le savoir, n’ignorent pas par ailleurs que le système bancaire européen est loin d’avoir purgé ses bilans des actifs toxiques résultant du démarrage de la crise financière aux Etats-Unis.
Deux constatations sont tardivement faites à propos du système bancaire européen. Il se révèle extrêmement interconnecté, pris dans des rapports qui ne peuvent qu’évoquer une dangereuse consanguinité, et donc globalement très sensible aux crises nationales. Tous les indicateurs sonnent par ailleurs en même temps l’alarme, annonciateurs de la montée des périls. Chaque jour plus fréquentés, les facilités de dépôt de la BCE, sont tous les soirs un havre pour les liquidités bancaires, le pire des signaux possibles. Il est également à noter que les compagnies d’assurance, qui semblaient étonnement épargnées, en viennent à manifester à leur tour des accès de faiblesse. C’est le cas d’Axa, qui a annoncé vendre des actifs britanniques auparavant considérés comme stratégiques, afin de se renflouer.
La glissade engagée avec la Grèce se poursuit donc en Europe, dans la crainte qu’elle finisse par devenir incontrôlée. Mais la riposte engagée par les gouvernements continue de ne pas être à la hauteur des enjeux et à se tromper de cible.
Le gouvernement italien vient à ce propos de briser un tabou, que la crise espagnole rendait de toute façon de plus en plus impossible à respecter. Dans le cadre de la préparation du sommet européen de jeudi, Franco Frattini, ministre des affaires étrangères, vient de déclarer que « L’Italie est prête à refuser de donner son accord (au texte de la déclaration finale) s’il n’y a pas une référence à la dette globale, pas seulement à la dette publique, mais aussi à la dette privée ». « Ne parler que de la dette publique reviendrait à se priver de nombreux éléments qui devraient renforcer cette stratégie », a-t-il ajouté. Contrairement à l’Espagne, l’Italie a en effet une dette privée relativement contenue, alors que sa dette publique est parmi les plus élevées d’Europe, 115,8% du PIB.
A ce sujet, la grande question des stress tests des banques continue d’agiter le monde de la finance. Josef Ackerman, P-DG de la Deutsche Bank, vient de déclarer qu’il serait extrêmement dangereux de rendre public leurs résultats. Et pour cause ! Ce n’est en effet pas uniquement par respect au culte du silence qui prévaut hors du sérail dans le monde financier que celui-ci est réclamé. Rien qu’en Allemagne, le réseau des banques régionales (des Länder) continue d’être très atteint en raison de sa détention en grande quantité d’actifs toujours en attente d’être dévalorisés.
Quand, par ailleurs, la Société Générale française annonce que son plan stratégique, intitulé en toute modestie « Ambition », vise les 6 milliards d’euros de bénéfice net en 2012, doublant son objectif 2010, et que parallèlement les actifs gérés en extinction (c’est à dire invendables) n’auront un impact que de 0,7 à 1 milliard sur le résultat net en 2010, on est en droit de s’interroger sur la valeur de ces projections. Surtout quand il est précisé par la banque que la taille de ce portefeuille d’actifs toxiques sera réduite d’uniquement 60%, et ce d’ici seulement 2015.
Enfin, il ne peut être mis entre parenthèses dans l’évaluation de la situation des banques qu’elles seraient bien en peine de lever sur les marchés les capitaux que nécessiterait la reconstitution de leurs fonds propres, si les stress tests devait en révéler la nécessité. Frilosité des investisseurs oblige, qui constatent la dégringolade des valeurs financières intervenue en Bourse ces derniers temps.
Sur le devant de la scène, nous assistons pendant ce temps-là à de bien curieux spectacles. En premier lieu celui de l’aveugle qui à Berlin a soutenu la paralytique, la principale préoccupation de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel semblant être de camoufler à tout prix leurs désaccords et non de rechercher une issue convaincante à la crise européenne. Se concentrant sur les compromis qu’ils peuvent passer, tout en évacuant ce qui reste irréductible et qui est l’essentiel.
Mettant en avant à peu de frais un accord à propos de la taxation des banques et des transactions financières – dont ils savent pertinemment qu’il sera retoqué à Toronto lors du G20 – ils se réfugient derrière une gouvernance économique de l’Union européenne, qui a pourtant fait dans la dernière période la preuve flagrante de sa paralysie, sinon de son inanité. Une capitulation sans gloire de Nicolas Sarkozy, dont on se demande si la contrepartie obtenue ne serait pas une certaine mansuétude allemande à propos des mesures d’austérité floues qu’il a fait annoncer par son premier ministre. L’heure est aux effets d’annonce, une fois de plus.
En alternance, un autre spectacle nous est présenté par la commission de Bruxelles, qui annonce le lancement d’une consultation publique. L’idée est que, « en cas de développements négatifs qui constituent une menace sérieuse pour la stabilité financière ou pour la confiance du marché envers un pays membre ou l’UE », les autorités nationales pourraient de manière temporaire « interdire ou imposer des conditions » pour les ventes à découvert et les transactions sur les CDS. Afin de diminuer encore la portée de cette éventuelle mesure, il est proposé de donner un rôle de coordination à la future autorité européenne chargée de superviser les marchés financiers (ESMA), qui est censée être constituée l’année prochaine, afin qu’elle donne son avis à ces mesures qui seraient limitées à trois mois dans tous les cas. Encore un effort !
En retard d’une crise, Herman Van Rompuy, le président de l’Union européenne, a mis en cause les « excès d’indulgence » qui ont prévalu durant les onze premières années d’existence de l’euro, dans un entretien au Financial Times. « Cela a fait l’effet d’un somnifère. On ne s’est pas rendu compte des problèmes sous-jacents », a-t-il estimé, voulant évoquer par là les facilités que la monnaie unique avaient offertes aux Etats sur le marché obligataire, oubliant ou ne voulant pas voir le reste du panorama, du côté du privé, comme s’il portait des oeillères. Il regrette maintenant que les marchés « surréagissent », selon lui, exprimant non sans naïveté la position des hommes politiques qui se sentent dépassés ou trahis par ceux-ci et qui voudraient les punir, mais tout de même pas trop sévèrement. Se raccrochant à des valeurs sures, comme l’austérité, ne se rendant pas compte, tout à leur stratégie d’occupation du terrain, qu’ils appuient eux-mêmes ainsi sur la détente du mécanisme auquel ils ne savent pas ou ne veulent pas faire face.
Récitant sa leçon afin de justifier cette stratégie reposant sur le miracle annoncé de la réduction des déficits publics, Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, estime qu’il faut aller jusqu’à l’équilibre. Le déficit zéro, si on le prend au pied de la lettre. Car sinon, « on ne ramènera pas la confiance chez les entreprises et les particuliers ». Et, « si on ne ramène pas la confiance, on ne réussira pas a retrouver une croissance solide ». A ce niveau pénétrant d’analyse, les esprits se figent, les corps se tendent.
Un rapport de l’OCDE et la Cnuced (ONU), qui vient d’être publié, pourrait s’il en était tenu compte remettre les idées en place. Analysant les politiques anti-crise des gouvernements du G20, il estime que, « en date du 20 mai, le montant total des engagements publics – à travers des actions, des prêts et des garanties – dépassait les mille milliards de dollars », précise-t-elle. On est loin devant du montant des aides directes aux banques, dont le remboursement – quand il est intervenu – sert de prétexte à leur donner quitus.
Aujoud’hui pas encore entreprise, la digestion de ces mille milliards en est au stade des voeux pieux. Pour accompagner celle de la bulle privée, qui n’est qu’en cours et plus douloureuse que prévue. Les placards sont pleins d’actifs dont on ne sait pas quoi faire, car ils empoisonneraient l’air libre s’ils en étaient sortis. On les trouve dans les banques centrales, les banques et compagnies d’assurance ou encore chez Fannie Mae et Freddie Mac, aux Etats-Unis.
Un nouveau tour de passe-passe va-t-il être trouvé pour gagner du temps, tel un accommodement de plus avec le Seigneur ? Ou bien faudra-t-il, dans la douleur, se résoudre à un jour entrouvrir ces portes pour tenter de sauver le grand malade qu’est le capitalisme financier en le réformant profondément ? Ou bien encore, celui-ci, faute de s’y résoudre ne va-t-il pas continuer à imploser, nous gardant en otage ?
Il restera toujours une autre issue : tourner la page !
François Leclerc »




Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2010
Source :
http://www.pauljorion.com/blog/?p=12959


Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Gabon, Gambie,Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kenya, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Venezuela, Vietnam, Yémen

vendredi 11 juin 2010

François de La Chevalerie : Depuis Pékin, l’anniversaire du 18 juin 1940 » N°711 3e année

François de La Chevalerie, entrepreneur en Chine et dans la péninsule arabique est membre du conseil d’admnistration de la Fondation Charles de Gaulle : son pére ayant été le directeur de cabinet du Général de Gaulle puis ambassadeur au Mexique.
Le discours a été lu en présence d’Hervé Ladsous, ambassadeur de France en Chine et des autorités chinoises dans le cadre des commémorations de cet évémenent historique.

« Bientôt, nous serons à la croisée des chemins !Lorsque le dernier Compagnon de la Libération sera enterré au mont Valérien, lorsque plus aucun Français Libre ne sera en vie, que restera-t-il de l’épopée du 18 juin ?
En Chine, la perpétuation de la mémoire hante aussi les esprits.
Qu’adviendra-t-il du souvenir des hommes morts au combat, l’âme claire ? s’inquiétait Zhou EnLai au soir de sa vie.
La lumière des heures glorieuses s’en allant dans l’ombre, peut être ne faut-il retenir du 18 juin qu’un seul mot, l’engagement ?
Ils étaient nombreux à rejeter la fatalité de la misère mais combien furent-ils à lui faire front ? s’interroge Zhou Enlai.
Le 18 juin 1940, l’engagement fut le choix d’un nombre infime d’hommes et de femmes.
Mille, peut être moins, qui croyaient que la France pouvait renaître de ses cendres.
En Chine, ils étaient cent mille avec souvent pour seule arme le courage, le sens du sacrifice, poursuit Zhou Enlai.
Jeunes pour la plupart, moyenne d’âge 23 ans, les Français Libres apportaient un vent de liberté au milieu d’une France anéantie.
Emmenés par une inébranlable confiance dans l’avenir, ils s’en allaient au devant de l’ennemi, se moquant de la mort.
Refusant les solutions de circonstance, le diktat, ils voulaient tenir envers et contre tout, ne pas défaillir.
Nullement à la recherche de félicitations ou de couronnes, ils remplissaient seulement leur devoir avec humilité.
Comme s’accomplirent aussi, tout au long de l’histoire de leur pays respectif, chinois ou français, se dressant pour la liberté, la souveraineté, l’honneur.« De cet éternel recommencement », le Général de Gaulle avait le désir d’en débattre avec Mao et Zhou Enlai.
Quelques mois avant sa mort, désormais libéré de toutes fonctions officielles, il émet le souhait de fouler la terre de Chine.
“J’irai à la rencontre de valeureux combattants », confie-t-il.
L’idée à peine lancée, les chancelleries s’animent. Bientôt le voyage s’organise.
Déjà, le Général prépare ses discours. Relit Teilhard de Chardin et Henri Michaux.
S’abreuve de récits. Naturellement, il invite Malraux à sa table.
Dans la première mouture d’un discours, il célèbre une civilisation cinq fois millénaire laquelle a franchi vaillamment le torrent sablonneux de l’histoire.
“Comment ce grand peuple a-t-il surmonté le poids des siècles, les épreuves?” se demande-t-il.
« Porté par l’élan, porté par l’espoir », s’ose-t-il en réponse.
Je l’attendais de pied ferme, raconte Zhou Enlai. Je voulais lui raconter son 18 juin comme je savais qu’il me ferait reparcourir la longue marche.
La mort soudaine du Général, le 9 novembre 1970 fera malheureusement avorter ce projet.
Restent des pages de l’Histoire se nourrissant, toutes deux, à l’aune de l’engagement.
L’engagement de révolutionnaires.
L’engagement des Français Libres, le 18 juin
1940. »



Jean Vinatier
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jeudi 10 juin 2010

Aux Internautes lecteurs :Santé !

Je regrette d’être actuellement fort irrégulier dans mes chroniques mais une très douloureuse tendinite au bas gauche m’empêche d’écrire.
Je ne doute pas de mon prompt rétablissement !
Merci,

Jean Vinatier
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lundi 7 juin 2010

La Turquie reçoit l’Asie N°710 3e année

La Turquie reçoit les 7 et 8 juin les pays membres de la CICA (Conférence sur l’Interaction et la Confiance en Asie) qui regroupe depuis sa fondation par le Président Kazakh, Nursultan Nazarbayev, la plupart des pays d’Asie. Israël, pays adhérent, n’est pas venu à l’inverse de l’Autorité palestinienne. Vladimir Poutine s’est déplacé contrairement à ce qu’il avait décidé. Ni l’Union européenne, ni les Etats-Unis n’y sont.
Au lendemain des deux actes hors la loi commis par le gouvernement de Tel-Aviv, cette réunion de 18 pays d’Asie a une résonance singulièrement plus forte et qui confortera l’actuel ministre des Affaires Etrangères turc, Ahmet Davutoğlu, théoricien d’une doctrine néo-ottomane.
Le fiasco des instances internationales, l’hostilité des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la France contre l’adoption d’une résolution onusienne condamnant les événements du 31 mai, accentuent, par effet de levier, la montée en puissance des pays émergents. Quand on sait l’importance que la Chine et la Russie accordent à la Turquie pour des raisons autant énergétiques que géographiques, qui peut nier que nous contemplions un mouvement profond dans la redistribution des cartes. En tout cas, nous aurons ce cas assez singulier de voir la Turquie, membre vital de l’OTAN, jouer sur deux tableaux, d’un côté, la possibilité de faire jouer l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord¹, de l’autre se tourner résolument vers une diplomatie qui peut déséquilibrer cette Alliance. Quoi qu’on en dise, l’OTAN a pris un sacré coup dans l’aile et, sans doute, à la clef, des conséquences malheureuses supplémentaires pour les soldats de l’ISAF en Afghanistan.
Si Israël et, dit-on, le gouvernement américain voulaient faire trébucher la Turquie, voilà deux gouvernements placés, aujourd’hui, dans un embarras qui met en pleine lumière à la fois l’obsolescence de leurs visions géopolitiques et de leurs contradictions avec cette conséquence majeure de les décrédibiliser tant aux yeux du monde que de leur peuple respectif.
Les événements des 31 mai et 5 juin ont cassé quelque chose. C’est le terme d’une période……….

Jean Vinatier

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Note :

1-« Les parties conviennent qu’une attaque armée contre l’une ou plusieurs d’entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d’elles, dans l’exercice du droit de légitime défense, individuelle ou collective, reconnu par l’article 51 de la Charte des Nations Unies, assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et d’accord avec les autres parties, telle action qu’elle jugera nécessaire, y compris l’emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l’Atlantique Nord. »


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Edito : Rachel-Corrie N°709 3e année

Pour la seconde fois, la marine israélienne a arraisonné dans les eaux internationales, le dernier bateau de la « flottille de la liberté, le « Rachel-Corrie » du nom d’une militante américaine morte à Gaza.
En dépit de toutes les manifestations intervenues dans un certain nombre de pays, la position du gouvernement de Benyamin Netanyahou ne varie pas : ce soir, il rejette toute enquête internationale. Est-ce une surprise ? Non puisque tous les gouvernements s’inclinent chacun à leur manière.
Il y a quelques jours, la marine tunisienne se saisissait dans les eaux internationales d’un bateau de pêche italien. Silence radio !
Les Etats s’affranchissent eux-mêmes de toutes les lois et règlements internationaux selon leur convenance alors qu’ils mobilisent un grand nombre de hauts fonctionnaires pour les rédiger. Comment s’étonner que le simple individu ne puisse pas, à son tour, dire qu’il fait d’une loi, d’un règlement ce qu’il estime adéquat en fonction de ses propres intérêts ?
Le désordre du monde s’agrandit dangereusement et ce sont les gouvernements eux-mêmes qui l’encouragent. Voilà qui ne promet rien de positif pour l’avenir !


Jean Vinatier

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vendredi 4 juin 2010

De Paris capitale à Paris parc N°708 3e année

Le montant du vol des toiles de maîtres au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris évalué à 150 millions d’euros (1 milliard de francs !) n’a pas incité les médias à publier une série d’articles non seulement sur ce sujet mais d’une manière générale sur ce qui touche de prés la gestion de la ville de Paris depuis que Bertrand Delanoë est le premier des édiles. C’est une véritable omerta ! Le dernier projet présenté par le maire, l’aménagement des berges de la Seine, a été accueilli dans un respect quasi religieux ; le fait que Bertrand Delanoë passe outre à une décision de justice concernant le démarrage des travaux des Halles n’a pas davantage titillé les journalistes, de même que la soudaine multiplication des autorisations de la circulation des vélos dans les sens interdits ! Non, tout le monde est au garde-à-vous devant le maire de Paris et Christophe Girard, haut dirigeant chez LVMH et maire adjoint en charge de la Culture.
De 1977 à 2001, pendant les mandatures de Jacques Chirac (inutile d’en faire le panégyrique) et de Jean Tibéri, le renom de la ville de Paris n’a jamais été porté aussi haut avec en prime des caisses pleines. L’ancien Président de la République avait réussi à maintenir le maximum de vie économique tout en insufflant une dynamique artistique ambitieuse.
Depuis 2001, la donne est exactement inversée. Paris cesse d’être une ville capitale pour n’être plus qu’un lieu dédié aux tour-opérateurs, les Parisiens étant censés devenir d’aimables accueillants et d’adhérer à toutes les festivités lancées par l’actuelle équipe municipale qui ne lésine pas à la communication intense et dispendieuse : transhumance des rollers, Paris-Plage, Nuit Blanche….
Jamais le niveau des dépenses n’a été aussi élevé, jamais non plus les recettes n’ont été aussi hautes et jamais non plus le manque d’argent ne s’est fait aussi cruellement sentir. Entre projets pharaoniques et fiascos artistiques ( voir l’exemple du 104 : là-aussi silence médiatique !), les euros filent entre les doigts de la mairie. Les caisses sont-elles vides parce qu’il y aurait un ample programme de constructions de logements sociaux ? Pas du tout. On a beau chercher, les sommes disparaissent dans le tonneau des Danaïdes de la municipalité. Désormais les Parisiens sont appelés à mettre la main à la poche.
Paris n’est plus une ville où l’on s’amuse : ce n’est pas en créant un Show Case 2 (en chassant les péniches) sur l’eau (bonjour le bruit !) juste en face du Show Case 1 que Paris deviendra tout d’un coup « fun ».
En fait Paris n’a plus de sens, Paris est désarticulé. La ville n’encourage pas l’activité économique hors celle des services : elle s’ingénie à pousser dehors toutes les entreprises qui animent et emploient, par exemple dans les ports parisiens. Pense-t-on que New York ou Londres songerait à faire déguerpir leur industrie? Ces deux villes déploient, au contraire, énormément d’argent pour la garder et ces deux cités figurent parmi celles où l’on rêve d’aller tant pour y trouver le repos, qu’y travailler, s’y amuser, être aux avant-postes culturels. Notons que toutes les expositions et les créations artistiques originales débutent dans ces deux villes pour finir à Paris.
L’air y est-il bon ? Que nenni, la pollution s’amplifie malgré toutes les dispositions en faveur des vélos et des limitations imposées aux voitures. Notre ville, qui dispose d’une très petite surface, ne respire plus.
Si Jacques Chirac comprenait très bien Paris, Bertrand Delanoë se croit toujours à Bizerte. Devenu maire grâce aux imbécillités de la droite, il a davantage détruit que bâtit en moins de deux mandatures.
Certains diront que le tramway est une réussite qui transforme heureusement les portes de Paris : Delanoë ne fait que suivre le projet préparé par le duo Chirac/Tibéri !
Qu’on ne vienne pas non plus dire d’un ton soupçonneux que Jacques Chirac avait une grande proximité avec les groupes du BTP car son successeur actuel lui, donne l’impression d’être en fusion et à cela s’ajoute le problème que pose, par exemple, la partialité d’un Christophe Girard soulignée au début de cette chronique : voir la surélévation de la Samaritaine.
Le Président de la République, s’il a un goût plus élégant en architecture que Bertrand Delanoë qui n’en a visiblement aucun, ne semble pas presser de favoriser la victoire d’un candidat de sa majorité au risque de laisser s’affaisser un peu plus notre belle ville. Mais, peut-être qu’à l’Elysée, le Grand Paris équivaut-il à la fin d’un Paris vivant.
Paris n’est pas taillée pour accueillir des touristes par millions. Paris est une ville qui se mérite. Elle doit attirer l’élite et recevoir le maximum de jeunes (lycéens, étudiants) français et étrangers, d’artistes, de chercheurs, de matière grise et non des foules compactes.
Les lieux parisiens se détériorent: citons le cas de l’esplanade du Musée d’Art Moderne/Palais de Tokyo (exposition internationale de 1937) qui pourrait être si élégante, est sale, bruyante dont l’architecture est dénaturée par les tags et les skateboards.
Le projet d’aménagement des berges de la Seine décidé, sans aucune consultation, ni des Parisiens, ni des maires d’arrondissement, signe certainement, la fin d’une cité active, travailleuse, ingénieuse, curieuse, politiquement réactive au profit de la masse touristique qui ne distinguera ni le vrai du faux, ni la ville du parc d’attraction.


Jean Vinatier

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jeudi 3 juin 2010

Sarko-Kahn 2012 ou les paraguayos N°707 3e année

Alain Juppé bientôt successeur de Bernard Kouchner au ministère des Affaires Etrangères ? François Bayrou s’entendant avec Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin bientôt acquéreur de l’ancien hôtel particulier de Sarah Bernardt situé juste en face de l’immeuble où a vagi l’actuel Président de la République : « On purge bébé » ?
Le parti socialiste passe des tas de pactes celui de Marrakech et maintenant celui de Solferino pour adresser au public un message d’entente entre tous les éléphants : Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Martine Aubry et Ségolène Royal mais tous ordonnent des sondages pour savoir lequel serait en passe de dire qu’il est le premier. Les éléphanteaux, eux, barrissent pour donner l’ambiance sonore.
Jean-Luc Mélenchon se dépêche d’unir tout ce qui demeure de la « vraie gauche » tandis que Bernard Tapie, oh hasard !, entre en scène, au nom des radicaux de gauche.
A l’opposé, Marine Le Pen fourbit ses armes face à un Bruno Gollnish dont l’Elysée attend beaucoup tant il craint énormément la fille du fondateur du Front National.
N’oublions pas le parti des algues toxiques, les Verts, qui, entre les habiles menottes de Daniel Cohn Bendit, s’apprêtent à conforter la domination du PS et de l’UMP en chassant tous les partis et les leaders périphériques. Les Verts, c’est safari ?
La fête Sarko-Kahn de 2012 s’annonce donc sous les meilleurs auspices. C’est une méga-teuf, un apéro géant, autorisé celui-là et pour cause, tous les Français devenant des « Homo festivus » et même entonneront-ils l’air de :
« Pepito, mi corazon (pepiti, pepito),
pepito de mis amores(pepiti, pepito),
Karachi, Karachi… » (ajout de ma part)
Nous voyons se mettre en place, la campagne la plus honteuse et la plus attristante que la France ait jamais connue depuis plus d’un siècle. Jamais les politiques girouettes, les faux-semblants et les calculateurs néo-byzantins n’ont été autant sur le devant de la scène. Que ne feraient-ils pas pour préserver le bipartisme !
Certains loueront le Président de la République pour sa capacité à récupérer untel, unetelle. Il n’y a vraiment aucune gloire dans son action tant la décrépitude de ces hommes les rend si avides de hochets et de gyrophares. Face à un pays en proie aux doutes les plus profonds, le spectacle n’en est que plus repoussant.
Que Nicolas Sarkozy l’emporte ou pas et que Dominique Strauss-Kahn ne se présente pas comme Jacques Delors en 1995 ne change rien à la donne : les deux premiers sont identiques, ce sont des jumeaux presque des siamois.
2012 verra sans doute la fin d’une démocratie dans ce qu’elle a de véritable laissant la place à une démocratie de carton pâte sous la houlette de grands communicants, d’animateurs chargés d’ébaubir les Français.
Si les Français osaient et parce qu’ils sont le peuple souverain, ils n’iraient pas voter enlevant alors à tout ce système vermoulu, vérolé toute légitimité. Il faudrait pour cela une révolution des mentalités si haute ou bien un événement cataclysmique pour que le réveil des consciences s’opère.
On frémit à l’idée de ce que sera la célébration du 18 juin 1940 à Londres dans quinze jours…Si Nicolas Sarkozy avait de la retenue, il s’abstiendrait mais poussé par son désir de faire un pied de nez en se mettant dans les pas du Général de Gaulle, il veut s’applaudir. Entendre Nicolas Sarkozy faire l’apologie de l’homme qui fut la voix de l’espérance, de la liberté, de l’indépendance de la France choque.

Jean Vinatier

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mercredi 2 juin 2010

Israël, Japon, Turquie : 3 épines pour Obama –N°706 3e année

La démission du Premier ministre japonais, Yukio Hatoyama, est directement liée à son refus de tenir une promesse électorale : le déplacement de la base américaine d’Okinawa. Le départ des sociaux-démocrates du gouvernement japonais a scellé le sort d’un ministère incapable de prendre ses marques depuis 9 mois.
L’assaut lancé dans les eaux internationales par les commandos israéliens contre un navire turc va précipiter la rupture entre Tel-Aviv et Ankara.
Du Japon au bord de la Méditerranée, les trois alliés les plus fidèles des Etats-Unis entrent dans une période mouvementée dont les dommages collatéraux ne pourront être ignorés par le Président Obama.
Aux yeux de Washington, le Japon reste sa base principale et l’économie du Soleil Levant garder toute sa force devant une économie chinoise qui ne cesse de grandir. Mais la Maison Blanche ne prend pas suffisamment garde au ressentiment grandissant parmi les Japonais à l’égard des bases US qu’ils regardent plus comme des armées occupantes que comme des forces protectrices. Les manières employées par les collaborateurs du Président Obama pour le maintien de la base d’Okinawa n’ont jamais été celles de l’écoute : elles furent brutales ! L’ex-Premier ministre, Yukio Hatoyama, a tenté de trouver, sans succès, une correspondance avec le Président sud-coréen, Lee Myung-nak lors de l’affaire du Cheonen. Pour l’heure Séoul cherche à se substituer à Tokyo dans les bonnes grâces américaines dans l’hypothèse d’un effondrement à moyen terme de la Corée du Nord. Une Corée réunifiée aurait une puissance économique et une force militaire plus que considérable face à la Chine. Pour la Maison Blanche, Séoul et Tokyo sont deux capitales alliées qu’il est surtout important de ménager et dont il faut encourager l’union…Or, les Coréens n’oublient pas que le Japon a contraint à l'abdication leur empereur Sunjong en 1910 puis a imposé de changer le nom de leur pays: province Chosun !
A des milliers de kilomètres de là, mais toujours au bord de la mer, deux alliés américains, le turc et l’israélien vont faire chambre à part après une décennie d’entente et de collaboration. L’actuel gouvernement turc a des ambitions à la fois régionales (Caucase, Mésopotamie, Asie centrale) et internationales en tentant d’intégrer les pays dénommés par l’acronyme B.R.I.C. La Turquie, membre fondateur de l’OTAN, abrite les bases les plus importantes de cette organisation. Elle occupe une position clef pour les terminaux énergétiques et elle tient, en quelque sorte, l’Union européenne. L’hostilité grandissante du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, envers la politique menée par Benyamin Netanyahou est avant tout une posture en direction du monde arabe et des musulmans. Erdogan montre, également, qu’Israël est une puissance bien moins redoutable qu’il n’y paraît dont la force repose principalement sur le lobbying et la communication. Le gouvernement turc, envoie, aussi, un signal important de non-dépendance aux Etats-Unis.
L’Etat d’Israël, l’Allié par excellence des Etats-Unis seulement depuis 1967, traverse une crise qui ne le conduit pas forcément vers « l’abîme » mais qui pourrait dans un premier temps engendrer de très sérieuses disputes intérieures. Si l’opinion publique soutient Tsahal dans son acte de piraterie du 31 mai, elle se souvient également de sa défaite de 2006 contre le Hezbollah. L’armée est la pierre angulaire de tout cet Etat bien plus que les religieux et les colons, facteurs de zizanies. Le gouvernement de Benyamin Netanyahou correspond-t-il aux véritables intérêts de l’Etat d’Israël pour les 10 années à venir ? Non, c’est une équipe ministérielle rétrograde, corrompue, d’un autre âge, qui se croit encore à l’époque de Ben Gourion.
Au terme d’une soixantaine d’années d’existence, Tel-Aviv ne doit-il pas s’interroger sur sa véritable appartenance : l’Asie ou « l’Occident » c’est-à-dire le chemin qui va jusqu’à New York en passant par le sol européen ? Là aussi, quoique nation alliée aux Etats-Unis, si Israël entend préparer son futur une évolution géopolitique est inévitable. La crise actuelle, la quasi-rupture avec la Turquie, devrait précipiter les choses.
Le Président Barack Obama est devant trois nations qui lui sont attachées par des traités (publics, secrets) consentis, imposés dans le cas du Japon. Si parmi les 3 la Turquie fait ce qu’elle dit, le Japon et Israël largueront également selon leur rythme et les circonstances leurs amarres pour se joindre à tel ou tel groupement de puissances.
Les traités entérinent une situation donnée, ils ne peuvent être regardés comme des tables de la loi, ils ne peuvent enferrer puisque les nations évoluent, changent au gré de leurs intérêts, de leurs aspirations liées à leurs forces intellectuelles, sociales, économiques, politiques.
Jusqu’à ce jour, les Etats-Unis déploient des efforts considérables pour n’avoir qu’un seul « ennemi » (p.e : Chine) mais l’avenir tel qu’il s’esquisse, montre l’émergence d’une multitude d’associations entre les nations des cinq continents. L’exemple le plus frappant étant le Brésil qui fera l’objet d’un prochain
Seriatim.



Jean Vinatier


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