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dimanche 27 septembre 2015

Poutine protecteur de l’Islam ? N°1416 9e année



Vladimir Poutine a inauguré la nouvelle mosquée de Moscou, l’une des plus grandes d’Europe dans une indifférence médiatique. Le Président russe, ayant déjà rassemblée, autour de lui l’ensemble des responsables religieux musulmans, flatte, désormais, les puissances de la péninsule arabique, Arabie Saoudite et Qatar en tête. La considération accordée à la religion musulmane (comme elle l’était sous les Tsars)  lui permet d’intervenir en Syrie sans apparaître comme un profanateur ou un impie et même , en combattant Daesh, de devenir qui sait un nouveau protecteur de l’islam tolérant.
Depuis des mois, la Russie ne cesse d’alerter l’Europe, les Etats-Unis du danger des différentes de djihadisme  et, ce n’est, depuis que le flot des migrants en direction de l’Union européenne, que certains dirigeants dont Angela Merkel commencent à écarquiller les yeux. Les Etats-Unis, quasiment entrés en période électorale, faisant face au scandale de l’argent fourni « aux Syriens libres » et, plus inquiétant, aux initiatives de généraux américains du Centcom, se prêtent à l’initiative de la Russie. La France, seule s’y oppose à la lecture des derniers propos de Laurent Fabius !
La carte de l’islam, jusqu’alors entre les mains principales des Anglo-américains qui jouèrent le Qatar et l’Arabie Saoudite, notamment en Syrie avant de se raviser (un peu) se déplace vers la Russie qui l’utilise à ses propres fins géopolitiques et intérieures.  La Chine qui voit d’un mauvais œil l’entrée sur scène en Syrie des  Ouïghours (musulmans) pourrait très bien se placer sur la même ligne que la Russie avant que l’Inde ne les rejoigne.
L’inauguration en grande pompe par le Président Poutine obéit à un raisonnement, une vision que nous ne possédons plus d’où le dépassement général envers les « migrants ». Sur ce point-là, aussi, aurons-nous besoin de la Russie ? Une Russie qui n’oublie évidemment pas la question ukrainienne et qui escompte bien trouver avec des pays, de l’Est européen (Tchéquie, Hongrie) de nouvelles relations, des Balkans (Grèce, Serbie, Macédoine) une assise confirmée.
Via la Syrie et les « migrants » : l’islam est, réellement, une question mondiale : une victoire pour cette religion. Il n’est pas certain qu’un Pape tout jésuite qu’il est, suffise à équilibrer le rapport de force : Mais, en cette heure c’est vraiment tout ce que possède « l’Ouest »



Jean Vinatier
Seriatim 2015

mercredi 15 juillet 2015

Grèce : Le Potomac entre en scène N°3185 9e année



C’est peu dire que dans l’empire du Potomac, on n’a que très peu goûté le désordre européen qui a amené à l’accord au matin du 13juillet, accord auquel, personne ne croit sauf François Hollande !
Christine Lagarde, qui fut un faucon parmi les faucons contre le gouvernement Tsipras, a évolué depuis le début de juillet et son institution prônerait  un allégement de la dette et pourquoi son effacement ! Derrière Christine Lagarde se trouve le gouvernement américain : candidate à un second mandat, son écoute des recommandations de la Maison Blanche n’en sera que plus grande. Au-delà de cette institution fermement tenue par qui l’on sait, Barack Obama s’inquiète de trois points : l’Ukraine, le Grexit, la ratification du traité transatlantique par tous les gouvernements européens.
Que la Vouli approuve ou non l’accord du 13 juillet, l’on sait qu’en l’état il faudra tout remettre sur le tapis dès le mois de septembre en ayant l’assurance de la constante fixation allemande sur le cas grec. L’empire du Potomac a besoin de l’ordre européen ou à tout le moins de son exacte obéissance pour assurer la réalisation de sa politique étrangère et bien mettre en forme l’affrontement contre la Russie et la Chine. FMI ou pas, le dollar risque bel et bien d’affluer de telle manière que Berlin se taira sauf à opérer un revirement politique en direction de Moscou mais le doute est très permis.
Une fois encore, l’Union européenne et la zone euro auront apporté la preuve de leur incapacité séparée ou commune à gérer de façon positive un dossier. On se souvient de la question du Kosovo qui se termina par l’implantation de la plus vaste base militaire US en Europe (Bonsdsteel), l’ambassadeur américain choisissant lui-même qui sera le chef d’État de cet État fantoche. Rebelote avec l’Ukraine où l’Union européenne n’a pas assumé l’objectif d’attacher ce pays à la sphère occidentale. Aujourd’hui Washington y déploie forces armées, armements, paie les salaires de ses collabos, ainsi à Odessa avec l’ex-président géorgien Saakaschwili. L’Ukraine est en faillite, en pleine décomposition à l’est et depuis peu à l’ouest. Tous les ingrédients sont réunis pour que nous ayons une seconde « Yougoslavie implosée » : un chaos dont les États-Unis s’accommodent bien : regardons l’Irak, l’Afghanistan, la Libye. Pour Washington le contrat gazier entre Athènes et Moscou a été une ligne rouge qu’il convient, désormais, de biffer : en aucun cas une base russe ne devrait s’installer en Grèce, pays membre de l’OTAN.  Donc pas question d’un GREXIT. Parallèlement, la Maison Blanche essaie de balayer toute influence russe dans les Balkans : ainsi, via les partisans de la Grande-Albanie le gouvernement macédonien a été à deux doigts d’être renversé. Son tort, permettre le passage du gazoduc russe. Le territoire européen doit être verrouillé pour les plus stricts intérêts de Washington.
L’Europe se résume à n’être qu’une base ou rampe de lancement géostratégique d’une tierce puissance.

Jean Vinatier
SERIATIM 2015


lundi 29 juin 2015

« Turkish Stream : la bataille ne fait que commencer par Céline Bayou » N°3166 9e année



« Analyste-rédactrice à la Documentation française (revue Questions internationales et site P@ges Europe), Co-rédactrice en chef du site Regard sur l’Est, chargée de cours à l’INALCO et membre du CREE (Centre de recherches Europes-Eurasie, INALCO). »

« Voici une remarquable lecture géopolitique des jeux et enjeux autour des gazoducs à destination de l’Union européenne. C. Bayou – qui suit le dossier depuis longtemps – précise et actualise notre compréhension de ce sujet déterminant. Un texte de référence, à la fois documenté, lucide et clairement rédigé. Illustré d’une carte.

DEPUIS QUELQUES ANNEES, le projet de Corridor Sud et ses concurrents russes focalisent l’attention d’acteurs qui envisagent de faire transiter du gaz par la région de la mer Noire et l’Europe du Sud-Est, puis de l’acheminer vers les marchés d’Europe de l’Ouest [1]. Quelle que soit la voie envisagée, via la Turquie ou via la mer Noire, celle-ci atteste la montée en puissance de cette zone en passe de devenir un nouveau pont gazier entre producteurs (russe, azerbaïdjanais, turkmène, iranien, irakien…) et consommateurs européens. Pour les pays d’Europe du Sud-Est, l’enjeu est d’importance, chacun ayant intérêt à voir passer le futur tube sur son territoire. La situation de la plupart de ces États en matière d’approvisionnement énergétique est en effet loin d’être confortable, ce qu’illustrent par exemple les protestations répétées des populations (Albanie, Bulgarie, etc.), mécontentes du montant de leur facture énergétique ; mais également la crise du gaz russo-ukrainienne de janvier 2009, lorsque la Russie a coupé pendant quelques jours les livraisons transitant par le territoire ukrainien, privant momentanément de gaz quelques pays, parmi lesquels la Serbie, la Croatie, la Macédoine, la Bulgarie et la Grèce. Mais le passage d’un tube sur un territoire, outre qu’il assure au pays concerné un approvisionnement a priori stable et régulier, comporte aussi une dimension géopolitique : il fournit au pays concerné des recettes de transit et lui confère un pouvoir de négociation certain à l’égard de ses voisins, surtout si des branches partant de ce gazoduc sont envisagées.
C’est ainsi que l’annonce, le 1er décembre 2014, par le Président russe Vladimir Poutine de l’abandon du projet South Stream au profit d’un possible Turkish Stream, a fait l’effet d’un véritable coup de théâtre, mais pas seulement pour l’Union européenne [2]. Les pays d’Europe du Sud-Est ont immédiatement compris la portée de ce changement. Leur réaction depuis met en lumière la posture de chacun et les rivalités à l’œuvre dans la région pour la récupération du gaz. De fait, après avoir été longtemps spectateurs de la relation gazière entre Union européenne (UE) et Russie, la plupart des États de la région tentent désormais de devenir de véritables acteurs des recompositions en cours. Avec l’abandon du South Stream, certains d’entre eux semblent avoir perdu une bataille, tandis que d’autres, marginalisés jusqu’alors, se trouvent brutalement projetés sur le terrain du transit. Tous tentent de tirer leur épingle de ce jeu.
[….]
La suite ci-dessous :

Vidéo d’Alexis-Gilles Troude : Actualité balkanique


 




Actualité balkanique, par Alexis Troude par realpolitiktv



Jean Vinatier
SERIATIM 2015