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mercredi 15 juillet 2015

Grèce : Le Potomac entre en scène N°3185 9e année



C’est peu dire que dans l’empire du Potomac, on n’a que très peu goûté le désordre européen qui a amené à l’accord au matin du 13juillet, accord auquel, personne ne croit sauf François Hollande !
Christine Lagarde, qui fut un faucon parmi les faucons contre le gouvernement Tsipras, a évolué depuis le début de juillet et son institution prônerait  un allégement de la dette et pourquoi son effacement ! Derrière Christine Lagarde se trouve le gouvernement américain : candidate à un second mandat, son écoute des recommandations de la Maison Blanche n’en sera que plus grande. Au-delà de cette institution fermement tenue par qui l’on sait, Barack Obama s’inquiète de trois points : l’Ukraine, le Grexit, la ratification du traité transatlantique par tous les gouvernements européens.
Que la Vouli approuve ou non l’accord du 13 juillet, l’on sait qu’en l’état il faudra tout remettre sur le tapis dès le mois de septembre en ayant l’assurance de la constante fixation allemande sur le cas grec. L’empire du Potomac a besoin de l’ordre européen ou à tout le moins de son exacte obéissance pour assurer la réalisation de sa politique étrangère et bien mettre en forme l’affrontement contre la Russie et la Chine. FMI ou pas, le dollar risque bel et bien d’affluer de telle manière que Berlin se taira sauf à opérer un revirement politique en direction de Moscou mais le doute est très permis.
Une fois encore, l’Union européenne et la zone euro auront apporté la preuve de leur incapacité séparée ou commune à gérer de façon positive un dossier. On se souvient de la question du Kosovo qui se termina par l’implantation de la plus vaste base militaire US en Europe (Bonsdsteel), l’ambassadeur américain choisissant lui-même qui sera le chef d’État de cet État fantoche. Rebelote avec l’Ukraine où l’Union européenne n’a pas assumé l’objectif d’attacher ce pays à la sphère occidentale. Aujourd’hui Washington y déploie forces armées, armements, paie les salaires de ses collabos, ainsi à Odessa avec l’ex-président géorgien Saakaschwili. L’Ukraine est en faillite, en pleine décomposition à l’est et depuis peu à l’ouest. Tous les ingrédients sont réunis pour que nous ayons une seconde « Yougoslavie implosée » : un chaos dont les États-Unis s’accommodent bien : regardons l’Irak, l’Afghanistan, la Libye. Pour Washington le contrat gazier entre Athènes et Moscou a été une ligne rouge qu’il convient, désormais, de biffer : en aucun cas une base russe ne devrait s’installer en Grèce, pays membre de l’OTAN.  Donc pas question d’un GREXIT. Parallèlement, la Maison Blanche essaie de balayer toute influence russe dans les Balkans : ainsi, via les partisans de la Grande-Albanie le gouvernement macédonien a été à deux doigts d’être renversé. Son tort, permettre le passage du gazoduc russe. Le territoire européen doit être verrouillé pour les plus stricts intérêts de Washington.
L’Europe se résume à n’être qu’une base ou rampe de lancement géostratégique d’une tierce puissance.

Jean Vinatier
SERIATIM 2015


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