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dimanche 8 septembre 2019

Paris : Villani et Messiha N°4637 13e année


La candidature de Cédric Villani et celle probable de Jean Messiha pour le Rassemblement National vont pimenter le jeu politique.
L’insubordination de Cédric Villani est pour l’heure circonscrite au camp des libéraux mondialistes de gauche issus du parti socialiste (Hidalgo, Gantz), du parti communiste (Brossat), des Verts (Jadot), de l’UDI et de Républicains, dans cet espace s’ajoutent, désormais, les deux candidats macroniens. LaRem, réunie à Bordeaux, a opté pour la non-sanction des candidats dissidents. Ce qui apparaîtrait comme une faiblesse est regardée aussi comme une tactique, une répétition de la campagne présidentielle de 2017.
Le parti de gauche à Paris, membre de la France insoumise, est un cas un peu à part, sa représente, Danielle Simonnet, par son engagement terrain pourrait damer le pion aux socialistes dans trois arrondissements les XVIII, XIX et XXe arrondissements.
S’il est bien trop tôt pour pronostiquer à Paris bien que l’on relève  pléthore de candidats « gauche-mondialisée », la dispersion de la droite parisienne offre, elle, une fenêtre de tir inespérée au Rassemblement national lequel devrait désigner Jean Messiha, égyptien de naissance auquel s’attacherait Serge Féderbush.
Les municipales parisiennes s’annoncent actives et « rebondissantes ». Pour l’heure, Bernard Arnault soutient via son groupe de presse Anne Hidalgo : il en fait ce qu’il veut. Une campagne à Paris coute cher, le scrutin étant d’arrondissement. Si l’on a peu de doute sur le milliardaire derrière l’actuelle maire de Paris, bien évidemment qui soutien à Benjamin Griveaux, par contre qui  soutiendra financièrement Cédric Villani….. ?


Jean Vinatier
Seriatim 2019

« Raser gratis ou saigner à blanc, la fausse alternative par Ambroise de Rancourt « N°4636 13e année


« L’Occident vit aujourd’hui une ère d’une complexité et d’une richesse absolument immenses, qui met nos responsables publics face à des dilemmes existentiels. Peu nombreux sont ceux qui semblent dotés des armes intellectuelles et politiques leur permettant de les comprendre et, partant, de les traiter. En 2017, Emmanuel Macron, parlant d’Éric Zemmour, de Michel Onfray et d’Emmanuel Todd, employait cette formule pittoresque : « Ils font du bruit sur de vieux instruments ». C’est précisément le sentiment qui domine, en particulier chez les jeunes générations, face à une classe politique française qui s’est trompée sur à peu près tous les sujets depuis plus de trente ans, et dont l’actuel président de la République est le parfait continuateur.

« Ils font du bruit sur de vieux instruments »

Ils se sont trompés, d’abord, sur la mondialisation. Ils n’ont pas su prévoir qu’en sacrifiant l’industrie française, ils creusaient le lit d’un déficit commercial devenu structurel depuis 2004. Ils n’ont pas su prévoir, non plus, que le formidable transfert de capacités productives des pays du Nord vers les pays du Sud ferait le lit de la paupérisation généralisée des classes moyennes – et non, comme ils le pensaient, du triomphe d’une économie de services toujours plus créatrice de valeur, les basses œuvres étant laissées, sourire aux lèvres, aux pays du Tiers-Monde.
Ils se sont également trompés sur l’Union européenne, qui devait être, dans l’imaginaire politique national, une extension de la puissance française sur la scène mondiale. Mais à l’inverse, l’instauration du marché unique, puis de l’euro, et l’élargissement continu et irraisonné de l’Union européenne, culminant en 2004 et 2007 avec l’entrée de douze pays d’Europe centrale et orientale, ont achevé de transformer l’UE en une plateforme libre-échangiste où les politiques de déflation salariale devaient, de fait, s’imposer à tous. Une plateforme dont la paralysie décisionnelle serait l’alibi permanent des injonctions aux réformes structurelles qu’elle adresse à ses membres, perpétuellement classés selon leur degré de soumission à des dogmes tombés en désuétude aux yeux du reste de la planète.
 Ils n’ont pas voulu voir, non plus, que le retrait désordonné de l’Etat de la sphère économique, mené tambour battant depuis 1986 et gravé dans le marbre par les traités européens, allait entraîner une incapacité du politique à peser efficacement et fortement sur les choix stratégiques face auxquels nous place le XXIe siècle – scientifiques, technologiques, environnementaux. Pendant que fleurissaient les Etats stratèges, de Washington à Pékin, nos élites se préoccupaient d’organiser la molle impuissance des pouvoirs publics à mener à bien les immenses – et, il faut bien le dire, passionnants – chantiers collectifs des prochaines décennies. Ce qui relève, dans cette entreprise de destruction, de l’idéologie autosatisfaite, de la malhonnêteté ou du cynisme, reste à déterminer.
Ils ont également échoué à anticiper l’affaissement des liens collectifs qui découlerait de ce désengagement de l’Etat et du politique, encore attisé par la montée en puissance de l’individu souverain, émancipé, auto-normé, maillon toujours plus libertaire d’une économie toujours plus atomisée. Un individu qui semble percevoir aujourd’hui la formidable solitude dans lequel l’ont laissé l’incapacité du politique à bâtir un destin national, mais aussi la fragmentation communautaire de la société française, de territoires perdus des zones urbaines en zones rurales laissées en déshérence. C’est en ce sens que les Gilets jaunes ont constitué un moment politique doté d’une symbolique sans précédent : celle d’une supplique adressée à « ceux d’en haut » pour qu’ils répondent au sentiment d’abandon qu’éprouvent « ceux d’en bas ».
La suite ci-dessous :

Jean Vinatier
Seriatim 2019

samedi 7 septembre 2019

Royaume-Uni/Italie : éviter les élections N°4635 13e année


Paris-Cancale-Perros-Guirec-Batz-sur-Mer-Mussidan-Cerdon du Loiret-Paris : J’ai parcouru 1500 kilomètres à vélo une bonne partie de la France sur sa partie ouest, sud, centre durant le mois d’août. Sans éviter les poncifs, j’écrirai que je vis des paysages, des villages et des cités de caractère à foison. Au-delà d’un dilettantisme de fait, apparaissait bien des fois le désert rural comme tout le long des 60 kilomètres de la D220 entre Bessines-sur-Gartempe et Argenton-sur-Creuse : tout est à vendre ou presque. On traverse des villages plus vides ou silencieux les uns que les autres alors que l’on longe l’autoroute. D’un côté la France profonde délaissée et livrée à elle-même, de l’autre la voie rapide sans que les deux voies communiquent. Je vis des ronds-points occupés par les Gilets jaunes. Il n’y a pas que les campagnes désertées, des villes comme Pontivy, La Roche-sur-Yon, préfecture de la Vendée, sont dans un état de d’affaissement où sont des populations très très colorées. Les décors de bien des villes trompent celui qui passe s’attardant seulement sur, le château, l’église mais dès que vous parcourez les rues, que vous regardez les habitants alors surgit un mélange de lassitude, d’aigreur, de colère. Des villes, des villages dont le sort ne tient qu’à la présence d’entreprises, de régiments pour être dans la vie active et confiante, sont la preuve évidente des déséquilibres profonds. Le tourisme de masse fournit l’illusion d’une aisance alors qu’il achève la phase de désindustrialisation : ce sont des musées, zoos et autres parcs aux attractions trompeuses. C’est tout un peuple conduit, élection après élection vers la débilité et la quémande.
Pendant ce temps les peuples d’Italie et du Royaume-Uni assistaient et assistent encore à des poussées éruptives politiques instructives. En Italie Matteo Salvini a tenté de précipiter des élections anticipées jugeant sa popularité suffisamment forte pour espérer gouverner sans coalition. Un front composé du Président du Conseil et de M5S s’est formé pour contrer la manœuvre sous les regards plus qu’approbateurs de Bruxelles. Depuis quelques temps, le M5S, au fur et à mesure qu’il voyait monter la Ligua et après avoir fait voter ses 14 députés européens pour Ursula von der Leyen, sans lesquels elle n’aurait pas obtenu le vote suffisant, une crise gouvernementale menaçait d’éclater. Les politiques italiens ne s’embarrassant pas de mœurs, ils ont trouvé naturel de placer ensemble le M5S qui cesse d’être vu comme populiste, et le parti démocrate de Matteo Renzi lesquels s’échangeaient insultes et injures deux années plus tôt. L’essentiel étant d’avoir à nouveau un gouvernement pro-Bruxelles. Combien de temps cet équipage tiendra-t-il ? Nul ne le sait, ce second gouvernement Conte est à la merci du moindre scandale. On notera la trouille des opposants à Matteo Salvini de devoir retourner devant les électeurs. Dans l’urgence on colmate….
Au Royaume-Uni, le choix par Boris Johnson de prendre à bras le corps l’exécution du Brexit au 31 octobre l’a conduit à subir de sérieuses dans l’enceinte des Communes tout en proposant une nouvelle élection. La suspension du Parlement, approuvée par la Reine, a mis le feu aux poudres sans accepter de revenir devant les électeurs, sachant que le Brexit Party de Nigel Farrage allié ici et là aux conservateurs produirait une assemblée radicalement différente de l’actuelle. Là aussi on se vautre dans la démocratie quand bien même les députés censés représenter le peuple se refusent à approuver le référendum de 2016. Bruxelles active comme jamais toutes les prises sur les députés pour empêcher le Brexit. C’est bien cela dont il s’agit.
Pour l’heure, Bruxelles est parvenu à stopper des événements que l’on dit populistes faisant mine de ne pas voir la montée en puissance considérable de l’AFD en Brandebourg et en Saxe, désormais seconde force politique dans les deux lands. Quand Angela Merkel quittera la chancellerie, elle laissera les allemands appauvris, une économie qui a mis toute sa puissance vers l’exportation et les secteurs, automobile et bancaire, deux poumons prétendument sains.
En France, Emmanuel Macron a cabotiné de Brégançon à Biarritz, un mélange d’Offenbach et de Luis Mariano sans oublier l’apparition/disparition du ministre iranien des Affaires Etrangères lors du G7, l’instant Pinder du sommet dont il ne sortit rien. J’oubliais les passes verbales entre le Président français et son homologue brésilien au sujet de la forêt amazonienne qui brûle depuis des décennies dans l’indifférence générale, s’ajoutèrent les tweets de ministres brésiliens sur la virilité de Macron et « la mocheté » de son épouse. Sans commentaire.
Ces peuples maintenus dans des situations différentes hors du champ électoral, peut-être est-ce l’Espagne qui démentira le propos si le Premier ministre actuel n’obtient pas l’accord de Podemos le 23 septembre, un royaume aux plaies toujours pas cicatrisées depuis les trois guerres carlistes jusqu’à la guerre civile en passant par le franquisme et les violences sociales entre forces de gauche et anarchiste sans omettre les revendications, basque et catalane. L’Espagne, c’est du lourd passé !

Jean Vinatier
Seriatim 2019