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lundi 16 décembre 2019

Jean-Paul Delevoye : la retraite pour Macron ? N°4767 13e année


A la treizième omission et avant la quatorzième, Jean-Paul Delevoye a rendu son tablier de haut-commissaire aux retraites, il est le 16e à quitter le gouvernement depuis le début de la présidence d’Emmanuel Macron en mai 2017 : un record et plus encore si l’on ajoute la liste de tous les députés LAREM inculpés et/ou devant la justice. Le nouveau monde promis pour gommer le quinquennat de François Hollande se corrompt plus vite que l’ancien causant des dommages considérables, alimentant des ressentiments durables. Il ne faut donc pas s’étonner des attaques dont les élus macroniens sont la cible.
Les syndicats saluant en Delevoye « un homme de dialogue » sont habiles et cyniques. Le bruit court qu’entre Edouard Philippe et le patron de la CFDT, il y aurait un projet d’accord pour vendredi. L’opposition applaudit alors même que Les Républicains se gardent bien de participer aux manifestations, une fois encore, ils sont pris la main dans le sac.
La macronie perd en Jean-Paul Delevoye un militant de la première heure laissant un exécutif les bras ballants. Quelle que soit la dispute sur le nombre des manifestants demain, le seul retrait du « point pivot » ne suffira pas à calmer la sourde et profonde colère populaire : les Français ont compris que la retraite par capitalisation est perdante pour tout le monde sauf pour les très hauts revenus.
Quid pour Emmanuel Macron détesté ainsi que son épouse ? C’est tout de même une première dans toute l’histoire de la République ! La difficulté pour l’exécutif n’est plus seulement dans le retrait ou l’amendement total du projet que  dans la gestion d’un couple présidentiel sans doute applaudi dans un cercle opulent à Paris et conservant parmi les bourgeoisies des villes métropolitaines, un soutien  dépendant des circonstances. C’est embêtant qu’un couple coalise contre lui autant d’objets, En 1903 Alexandre Obrénovitch de Serbie et son épouse, la reine Draga,  perdirent tout!
L’obstination des Gilets jaunes paie aujourd’hui : ils contraignent des syndicats à contester une contre-réforme des retraites car leurs bases le sont. Plus le temps passe, plus la sédimentation se fait, plus le courroux croit. Il arrivera un moment où même les plus serviles des forces répressives n’opéreront plus.
La contre-réforme des retraites est, à bien des égards, un arbre qui cache une forêt d’épines….



Jean Vinatier
Seriatim 2019

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