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vendredi 13 décembre 2019

Londres largue les amarres, Alger bout N°4765 13e année


Le triomphe de Bojo aux élections législatives confirme le referendum britannique de 2016 après trois années de négociations piégées entre pro-bruxellois des deux côtés de la Manche.  Le traité de libre-échange avec les Etats-Unis, déjà prêt depuis le ministère de Teresa May est de retour sur la table du Premier ministre.  
Le commissaire européen Thierry Breton appelle à renouer les liens commerciaux avec le Royaume-Uni souhaitant à  Michel Barnier le soin de négocier: ainsi l’homme qui fit tant pour briser le Brexit assurerait-il le futur de l’Union européenne avec l’ancien Etat-membre ? Cela ne semblerait pas d’une grande habileté politique et montrerait que Bruxelles s’entêterait à contredire le suffrage britannique. Certains songent déjà à jouer la carte des indépendantistes écossais, autre grand vainqueur de cette élection, pour peser sur Londres. Observons : quand bien même l’Ecosse accéderait à l’indépendance, elle entrerait dans le Commonwealth avec le Reine pour Chef de l’Etat et d’autre part l’Espagne s’y opposerait (Catalogne).
L’entrée du Royaume-Uni dans le marché commun en 1973 finissait de poser les pierres anglo-américaines sur le sol européen et donnait corps à une histoire Atlantique reposant sur la création d’une aire mercantile et d’une mainmise militaire via l’OTAN (rappelons que tout Etat qui désire entrait dans l’Union européenne doit d’abord adhérer à l’OTAN…..).
Les défiances conjuguées des peuples et de certains Etats envers l’Union européenne s’en trouveront renforcés sans que, pour l’instant, les gens n’osent imaginer autre chose que Bruxelles telle quelle. Pour beaucoup d’européens le seul horizon mental (psychologique) et sociétal est bel et bien la ligne anglo-américaine. Le départ britannique devrait initier un nouveau regard continental de nous tous dégagé de cette ligne. Ce sera un lourd et lent travail pour proposer un cadre nouveau ne niant ni les histoires de chaque nation ni la nécessité de s’unir pour affronter les colossaux défis d’aujourd’hui, de demain. En fait nous tous critiques de Bruxelles devront entamer la longue marche Politique, celle de l’Idée Politique. Aujourd’hui l’Union européenne, non seulement nous conduit vers le mur, elle permettra aussi à Londres et Washington de nous brider davantage qu’auparavant.

A Alger, le premier tour de l’élection présidentielle, marqué par de multiples tensions et incidents laisse entrevoir un second tour plus tendu encore. Quatre des cinq candidats choisis par le pouvoir prétendraient à concourir sans s’attarder à la faiblesse de la participation : 41%, la plus basse de toute l’histoire de ce pays.  Les manifestations ne cesseront pas surtout en Kabylie. Comment celles et ceux qui dénient à ce pouvoir le droit d’imposer des candidats procéderont-ils ?  Il manque toujours un candidat fédérateur et la capacité à s’auto-instituer en assemblée constituante. Quoiqu’il advienne, le cours des événements algériens sera suivi.
Pour la France, les deux événements tant à Londres qu’à Alger sont importants: elle est, désormais, en première ligne. Plus le temps passe, plus ce seront les faits extérieurs qui influenceront la température de notre pays car il manque aux Français ce je ne sais quoi qui jadis leur permettait de donner le ton…..



PS : Algérie : j’appris après la publication de ce Seriatim qu'Abdelmajid Tebboune, un ancien premier ministre de Bouteflika, emportait au premier tour l’élection avec 58,15% des voix avec une participation entre 39,7 et 41,1%. Le Hika ne compte pas cesser le combat: que fera-t-il? Cette élection est, sans doute, caricaturale. Encore une fois, un mouvement « tous pourris » ne constitue pas un programme politique, ni une alternative : où sont les candidats ?


Jean Vinatier
Seriatim 2019

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