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lundi 9 décembre 2019

La veille du 10 décembre ? N°4755 13e année


Lors des grèves et des manifestations, les yeux se braquent souvent sur la seule Ile-de-France. Tel fut le cas le 5 décembre. Et pourtant à Pau et Bayonne on compta entre 12 et 14 000 manifestants, un chiffre considérable pour chacune de ces deux villes moyennes. Il est d’autant plus indispensable de bien considérer la mobilisation régionale que Paris en particulier  vota à 90% pour Emmanuel Macron. On a le cas très singulier d’une capitale complétement séparée, électoralement et psychologiquement du pays, ne participant plus aux conflits sociaux sauf à les dénoncer. Paris n’est plus l’épicentre de la colère populaire, elle l’est pour les défilés progressistes. C’est peu dire que le « quand Paris tousse, la France éternue » n’a plus cours. Les villes régionales, les territoires ruraux, parce qu’ils sont les parties provinciales et campagnardes délaissées ont logiquement tout pour être les viviers des courroux, des obstinations et des frondes.
Que se trame-t-il dans les coulisses ?  Entre les syndicats et le gouvernement ? Entre les Français et leurs représentants ? L’exécutif offre le calme et met en place des réunions comme celle ministérielle à l’Elysée alors que les directeurs de cabinet avaient déjà tout bouclé : c’est de la communication…Cela rassurerait et qui sait diviserait. On sait que mardi, les médias ne feront qu’une chose compter les manifestants pour les comparer à ceux de la semaine dernière. Le vendredi 13 (cela ne s’invente pas), l’exécutif organisera un grand raout, si j’ose l’écrire,   pour faire le point. Un point dont tout le monde a saisi l’importance à savoir une baisse des retraites de 20 à 30%. Les annonces gouvernementales assurant aux policiers et aux cadres le maintien de leurs régimes spéciaux démoli le discours officiel  sur lesdits régimes présentés par le président d l’Assemblée nationale comme « privilégiés ». Pourquoi eux et pourquoi pas nous ? On devine bien la manœuvre, diviser pour avancer. Le gouvernement, tout entier à des scenarii pour déconsidérer les manifestants, oublie le degré de sédimentation et l’impopularité d’Emmanuel Macron servant de ralliement commun.
Emmanuel Macron peut-il reculer ? Non. Peut-il broder à l’infini ? Non. Comme faire pour que chacun garde sa face ?
N’oublions pas que les Gilets jaunes tiennent le pavé puis plus d’une année, une durée exceptionnelle, que leur constance a, certainement, donné des idées aux Hongkongais, aux Irakiens, aux Libanais, aux Algériens, aux Chiliens. 
La question des retraites catalyse toutes les impatiences et grossissent les inconnu(e)s de demain. D’ailleurs, ne faudrait-il pas parler de contre-réforme des retraites ou lieu de réforme puisque grand monde y perd ?
                                                                                  
Jean Vinatier
Seriatim 2019

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