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mercredi 8 février 2023

Asma Mhalla -Etats & Big Tech: les liaisons dangereuses N°5629 17e année

 

3 nov. 2022 

« S01.E08 - L'invitée de Trench Tech : Asma Mhalla, experte en tech policy qui enseigne les enjeux politiques et géopolitiques de l'économie numérique à SciencesPo Paris et Polytechnique.

 🌍 La tech s'invite dans l'échiquier géopolitique 🔥 Les Big Tech jouent de leur puissance pour influer sur la marche des nations 💥 La technopolitique est en marche et produit des effets d’ampleur mondiale à l’image du Splinternet 

🤷‍♂️ Alors quelle place pour les Big Tech ? Comment exercent-elles leur pouvoir ? 👉 ️ Etats & Big Tech : les liaisons dangereuses 💬 

Au fil de nos échanges avec Asma Mhalla, nous explorons ces questions : États vs. Big Tech : Qui a vraiment le pouvoir ? La tech au cœur de l'échiquier géopolitique Quelle souveraineté numérique pour l’Europe ? » Jean Vinatier 

Seriatim 2023

mardi 15 juin 2021

IA = facteur de puissance internationale par Emmanuel R.Goffi N°5734 15e année

Emmanuel R.Goffi est Directeur de l’Observatoire éthique & intelligence artificielle de l’Institut Sapiens et professeur en éthique des relations internationales à l’ILERI.

Diplomatie Magazine :

 

« Une lutte mondiale pour l’intelligence artificielle (IA) s’est engagée dans l’arène internationale. Acteurs privés comme publics en ont bien compris les enjeux et convoitent cette manne. L’IA est ainsi devenue une fin justifiant tous les moyens légitimés par une éthique spécieuse.

La puissance, notion complexe à définir, englobante, polymorphe et souvent subjective, est diverse et repose sur de nombreux facteurs, non seulement diplomatico-militaires, mais aussi économiques, culturels, scientifiques… L’IA a, elle aussi, fait son apparition comme sujet des relations internationales (1) et comme enjeu de puissance dans cette arène où acteurs publics et privés tentent de se tailler la part du lion. Touchant toutes les dimensions de l’activité humaine et ouvrant des potentialités économiques indéniables dans de nombreux secteurs, l’IA est devenue un véritable enjeu stratégique. Ainsi, « la compétition mondiale de l’intelligence artificielle » (2) s’est-elle rapidement lancée, avec pour certains concurrents l’objectif de « devenir le maître du monde », pour reprendre la désormais célèbre formule du président russe, Vladimir Poutine (3).

Des convoitises à la hauteur des gains potentiels

Il suffit de quelques chiffres pour comprendre et prendre la mesure des enjeux économiques de l’IA. Le nombre d’organisations en déployant a augmenté de 270 % dans les quatre dernières années (4) ; en 2022, les dépenses globales en IA devraient atteindre 79,2 milliards de dollars (Md$) (5) ; l’IA pourrait compter pour 15 700 Md$ dans l’économie mondiale en 2030 (6) ; le marché est évalué à 190,61 Md$ pour 2025 (7) et à 202,57 Md$ l’année suivante (8) ; en 2021, 80 % des technologies émergentes reposeront sur l’IA (9).

Ce ne sont là que quelques exemples qui peuvent être déclinés dans de nombreux secteurs où l’IA est désormais fondamentale. Ainsi, de nombreux pays se sont fixé pour objectif, qui de devenir leader dans le domaine, qui de développer un marché de niche, qui de se spécialiser dans un secteur spécifique, mais tous de profiter autant que faire se peut de cette manne.
Une compétition entre géants

Faisant la course en tête, les États-Unis et la Chine se détachent clairement du peloton. Si les États-Unis dominent toujours, pour le moment, la Chine a annoncé clairement son intention d’« atteindre un niveau de leader mondial » en théories, technologies et applications de l’IA, et de « devenir le principal centre d’innovation en intelligence artificielle dans le monde » à l’horizon 2030 (10). Au regard des prévisions consignées dans ce document concernant le poids de l’industrie mondiale directement liée à l’IA, évalué à plus de 57 Md$ en 2025 et à 7 000 Md$ en 2030, il est évident que Pékin voit dans ce marché des potentialités suffisamment importantes pour justifier une stratégie agressive et un soutien assumé aux acteurs privés. Avec une dotation de 22 Md$ en 2017, et une projection de budget de 59 Md$ en 2025, la Chine pourrait, selon PwC, voir son PIB faire un bond de 26 % d’ici à 2030 et devenir le premier bénéficiaire du marché de l’IA (11).

Les États-Unis, quant à eux, perdent du terrain. En dépit de l’ordre exécutif du 11 février 2019 sur le « maintien du leadership américain en matière d’intelligence artificielle », ils souffrent d’un manque criant de stratégie globale et d’une faiblesse relative en matière d’investissements : dès 2017, ceux-ci ne représentaient déjà plus que 38 % des 15,2 milliards investis dans le monde, contre 48 % pour Pékin (12). Cependant, les États-Unis conservent de nombreux avantages tant structurels qu’en termes de qualité des travaux de recherche. D’autre part, ils bénéficient d’une activité de recherche et développement (R&D) privée supérieure à celle de la Chine. Avec 12 des 20 premières sociétés de logiciels et services informatiques sur leur sol, la R&D leur permet de maintenir leur domination. Cela n’empêche pas l’administration américaine de s’inquiéter, à juste titre, des avancées chinoises, dans lesquelles elle perçoit un risque pour leur sécurité nationale, voire pour l’équilibre du monde.
De sérieux concurrents

À la suite de ces deux géants, 52 pays se sont engagés dans la course (13), dont 24 ont publié des stratégies nationales établissant des plans de financements, de recherches ou de partenariats afin de gagner des parts de marché (14).”

La suite ci-dessous :

https://www.areion24.news/2021/05/10/lintelligence-artificielle-comme-facteur-de-puissance-internationale/

https://www.areion24.news/2021/05/10/lintelligence-artificielle-comme-facteur-de-puissance-internationale/2/

https://www.areion24.news/2021/05/10/lintelligence-artificielle-comme-facteur-de-puissance-internationale/3/

Jean Vinatier

Seriatim 2021

 

 

Qwant l’ambition fait défaut à l’Europe !N°5733 15e année

 Le média en ligne TTSO a fait un court article qui en dit long sur l’inanité de l’Union européenne à se penser en acteur géopolitique, géostratégique et même géotechnologique . Hier lors, de la réunion à l’OTAN, l’Allemagne a bien précisé la façon dont elle regardait « la menace chinoise » :

« Si vous considérez les menaces cyber et les menaces hybrides, si vous considérez la coopération entre la Russie et la Chine, vous ne pouvez pas vous contenter d’ignorer la Chine, mais il ne faut pas la surévaluer non plus »1

Il est donc regrettable que l’Union européenne ne comprenne pas qu’en n’ayant pas ses propres technologies elle aura toujours le désavantage.

 

« 

L’illustration par Qwant


On a donc appris ce week-end que Qwant, le moteur de recherche français qui devait concurrencer Google va être financé par le géant chinois Huawei. On aurait voulu écrire une parabole de la quête d’indépendance européenne, on n’aurait pas fait mieux. On vous raconte.

Au départ (en 2011) : une ambition gigantesque et légitime. Créer une alternative à Google, européenne et respectueuse de la vie privée des utilisateurs. Formidable.

Formidable, mais dramatiquement sous-financée. En 10 ans d’existence, Qwant aura levé environ 65M€ (auprès de la Caisse des Dépôts et du groupe media allemand Axel Springer principalement). 6M d’euros par an pour créer un nouveau Google. Seriously ?

Résultat, Qwant est incapable de s’imposer sur le marché. On passe alors à la bonne vieille recette de l’assistance respiratoire étatique : en janvier 2020, Qwant devient le moteur de recherche par défaut de l’administration française. Le baiser de la mort.

Epilogue : ayant perdu 13M€ (pour 7,5M€ de CA) en 2020, Qwant va recevoir 8M€ de la filiale capital risque de Huawei sous forme de dette, convertible en actions.


On résume : ambition d’indépendance face aux US – sous financement et étatisme – vente à la Chine. Une parabole.”2

 

Sources:

https://www.lopinion.fr/edition/international/otan-chine-demande-a-l-alliance-d-arreter-d-exagerer-theorie-menace-247141?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=matinale&actId=ebwp0YMB8s3YRjsOmRSMoKFWgZQt9biALyr5FYI13Op4x_yGXLpALxR8nw116tr5&actCampaignType=MAIL&actSource=6442

2-https://timetosignoff.fr/

 

 

 

Jean Vinatier

Seriatim 2021