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lundi 1 mai 2023

L’antivaccinisme au XIXe siècle et au-delà par Yves-Marie Bercé N°5675 17e année

 Avril 2023 : Conférence d’Yves-Marie Bercé, de l’Académie des inscriptions et belles-lettres

 « La diffusion d’un procédé préventif de la variole vers 1800 fut rapide et mondiale, car elle répondait à des situations cruelles et urgentes. En fait, le « vaccin » de Jenner était fondé sur des expériences récentes et brèves et ne s’accompagnait pas d’explications théoriques certaines. L’inefficacité accidentelle de quelques campagnes de vaccinations collectives provoquait des retours varioliques meurtriers qui scandalisaient les opinions locales. De surcroit, le choix hasardeux des enfants transmettant le vaccin entrainait la propagation d’autres infections. Les médecins qui se trouvaient responsables ou témoins de telles erreurs devenaient souvent des adversaires résolus de la vaccination. Contrairement à ce que les autorités dénonçaient, l’antivaccinisme résultait donc bien moins d’oppositions doctrinales (parfois bien réelles) que des accidents d’une pratique socio-médicale encore aveugle et mal maitrisée. » 

Jean Vinatier 

Seriatim 2023

dimanche 1 août 2021

Passe sanitaire : vers le 5 août N°5676 15e année

Les manifestations d’hier ont confirmé la montée en puissance, au milieu des congés estivaux, de la colère contre l’instauration du passe sanitaire. Remarquons d’entrée, que les défilés ne donnèrent lieu à aucun pillage ou destruction de devantures et que les cortèges rassemblèrent des Français d’univers aussi opposés que le chrétien traditionaliste et le militant NPA : certains manifestants en firent la remarque, en notèrent l’étrangeté tout en s’en accommodant très bien. Ce constat pour souligner que le spectre contestataire envers l’instauration d’un passe sanitaire commence à cheminer du haut en bas et de droite à gauche de la société française, un courant électrique encore très hétérogène et pas encore intellectualisé mais qui se montre, ne se cache plus.

Le passe sanitaire s’inscrit dans la logique et la suite des lois sécuritaires votées, notamment, depuis le quinquennat d’Emmanuel Macron avec pour principal effet, la fin de l’anonymat : pour aller prendre un café, un verre, manger, vous devrez afficher votre identité. Les cafetiers, bistrotiers, restaurateurs, pour ne retenir que ce secteur, sauront tout de leur clientèle, trouvant là, pour certains d’entre eux, une source nouvelle de profit. Autrefois, les hôteliers demandaient le passeport, obligeaient le client à remplir un cahier avec les noms et adresse, nous assistons à son retour élargi à d’autres secteurs. Il n’y a pas si longtemps, l’État obligeait les gens du voyage à avoir un passeport intérieur supprimé seulement en 2016 et qui réapparait aujourd’hui sous un autre nom.

La caractéristique générale du passeport sanitaire est la fin de l’anonymat,  de l’accès aux soins contrevenant à des siècles d’hospitalité comme l’est le sauvetage en mer (demain il faudra brandir un passe sanitaire pour être secouru ?), du secret médical ne choquant absolument pas le corps médical étonnamment muet sur un objet fondamental qui établissait la même confiance qu’entre un confessé et son confesseur : désormais, une société comme Otentik disposera d’une montagne de données qui rapporteront des centaines de millions d’euros et plus. Ce transfert et ce lien malsain entre l’État et des sociétés privées abolit la liberté fondamentale pour un homme qu’est l’anonymat. D’ici deux ans, la BCE mettra en service l’euro numérique, qui aura pour but de tarir l’argent liquide, autre moyen d’être anodin et anonyme dans ses parcours et désirs quotidiens.

A cette fin de l’anonymat qui ne révolte pas les jeunes, des moutons sur trottinette, se greffe le risque de perdre son emploi si via la vaccination, on n’obtient pas le passe sanitaire. Sur ce point, le gouvernement indispose le monde de l’entreprise qui y voit une source d’embarras, de disputes et de perte de temps. Sans doute, le Conseil constitutionnel invalidera la loi votée par le Parlement, désamorçant un point très important de coalition des colères dont celles des libéraux, jusqu’à présent un soutien sans faille à Emmanuel Macron.

Le 5 août sera donc intéressant selon que le Conseil constitutionnel modifiera à la marge la loi ou bien l’invalidera. De là dépendront les vigueurs des prochaines semaines. Mais même si le Conseil se contentait de corrections périphériques, se poserait toujours la question, de l’anonymat et de la liberté de choix. Quand la IIIe République rendit obligatoire la vaccination des enfants, elle n’y adjoignit aucune sanction, de même tout récemment quand on décida un nouveau paquet de onze vaccins, le gouvernement ne l’assortit d’aucune punition ou menace. Il y a donc une nouveauté dangereuse à stigmatiser le citoyen qui choisit ne pas se faire vacciner : le pouvoir allant très loin, en dispensant les adolescents d’avoir l’autorisation parentale. A la stigmatisation s’ajoute la division des familles au sens large et l’affaiblissement de la fonction parentale au profit de lois coercitives et punitives. Le gouvernement accentue sa pression en alimentant les publicités sur la contagiosité du variant delta sans dire sur sa létalité : les hospitalisés, ont moins de soixante ans, ne sont pas vaccinés…etc. Désormais, dans les rues, les gens s’effraient eux-mêmes. Il n’y a pas si longtemps, on se rentrait dedans, désormais, on se plaque contre le mur pour laisser passer, le masqué fixant furieusement le non masqué. Climat délétère et délation…en devenir.

Pour conclure, la violence de l’extension du passe sanitaire cache la crainte gouvernementale de rétablir des confinements généraux, d’assister à des hôpitaux submergés faute de lits que l’on continue à réduire, alors pour convenir autant à des impératifs d’une doxa économique que de poursuivre la domestication des masses via des policiers, des gendarmes non vaccinés (musée Rolin à Autun) et des consortiums privés, la peur est leur politique du pire qui n’avoue pas son nom. Mais bien plus loin, il y a une autre abdication plus tragique que celle des corps intermédiaires et des élus, celle du  spirituel, des églises chrétiennes, des rabbins, des imams. Un silence qui n’interpelle personne. Le variant à bon dos pour autoriser une telle démission du spirituel, du religieux, selon moi, aussi gravissime que les attentats à l’anonymat et aux libertés humaines. Même l’église ou le lieu de culte n’est plus hospitalier !

 

Jean Vinatier

Seriatim 2021

 

 

vendredi 23 juillet 2021

Passe sanitaire : grâce aux députés abstentionnistes N°5767 15e année

 132 députés ont voté pour l’extension du Passe sanitaire, 106 contre quand 339 s’abstinrent ! Le nombre suffit à expliquer le succès du gouvernement : on imagine sans peine les pressions les uns sur les autres, les combinaisons, les hochets promis…et  ainsi de suite.

Décidément la République quand elle bascule soit en juillet 1940 soit aujourd’hui, il y a toujours autour des 80 élus qui osent le Non.

Le sujet du débat était gravissime car l’extension du Passe sanitaire est la suite (je le répète) de toutes les dispositions liberticides prises par Emmanuel Macron, sa majorité et son électorat minoritaire.

En deux jours, la stigmatisation est officialisée, les Français divisés : la délation générale est en route le tout sous la férule des forces de l’ordre, elles dispensées de toute vaccination et dont aucun syndicat policier ne s’interroge sur les libertés : pathétique…et cela ne choque personne !

Bien au-delà, de ces lignes, je note que :

face de la violence faite aux personnels soignants (infirmières et aides-soignants), le silence des mandarins est atterrant,

face aux violations des libertés, la passivité des juristes est atterrante,

face à la violation du code du travail, le silence syndical est atterrant.

A cela, s’ajoute la partialité du Conseil d’Etat qui confie à un rapporteur militant macronien, Matthieu Schlesinger, maire d’Olivet le soin de sentencier : au vu du sujet, il était du devoir de la haute assemblée administrative de désigner un conseiller d’Etat neutre, sans mandat politique. Il ne l’a pas fait, ces magistrats se renient eux-mêmes.

Le but principal d’Emmanuel Macron était le Passe sanitaire, le vaccin, chacun devant rester libre sur ce point, ne jouant le rôle que d’un variant contraignant pour soumettre des Français visiblement plus fascinés par un centre commercial que par les libertés.

La société policière et donc l’État policier se met en place. Le Passe sanitaire n’étant qu’un hors d’œuvre.

Le Portugal et l’Italie rejoignent la France dans la « policiarisation » de la démocratie. C’est triste. Et n’attendez pas que demain, tout redevienne comme avant : les variants ont un long avenir de peur sur des populations vieillissantes. Mais le plus grave est semble-t-il l’indifférence des jeunes. Je remarque dans Paris leur grand nombre à porter le masque.

Je terminerai cette courte réaction par un clin d’œil historique : le 12 juillet 1789, les Parisiens apprenant le départ de Necker firent chuter la Bastille inaugurant une ère nouvelle citoyenne, le 12 juillet 2021, Emmanuel Macron clôt les libertés, fait de la France une Bastille et rend chaque Français policier de l’autre…..

Un long combat débute……en soulignant qu’une catégorie de gens ne connaitra jamais de Passe sanitaire : les 1% pour cent. Imaginez-vous, par exemple, un Bernard Arnault contraint de présenter son passe sanitaire pour aller à son bureau, au restaurant ou dans son magasin ?

 

Jean Vinatier

Seriatim 2021