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mardi 31 janvier 2023

Dans le nord de la Syrie, les rivalités régionales réveillent l’organisation de l’État islamique par Ledegancke et Ali N°5618 17e année

 

« India Ledeganck, anthropologue, est retournée dans le nord et l’est de la Syrie après un premier séjour de presque deux ans. Cette fois-ci, elle s’est rendue à Tal Rifaat, dans le nord-ouest, un enclave toujours contrôlée par les Forces démocratiques syriennes (FDS), mais contrôlée au nord par les milices syriennes pro-turques et l’armée turque qui contrôle la province d’Afrin, dont la plupart des habitants kurdes se sont réfugiés notamment à Tal Rifaat. Pour accéder à Tal Rifaat par l’est, il faut passer par les checkpoints tenus par le régime syrien, ce que très peu de journalistes prennent le risque de faire. Elle l’a fait. Voici son récit, assez inédit dans une région toujours en guerre. »

« La famille qui nous a accueillis à Shehba, canton de Tal Rifaat, est originaire d’Afrin, région envahie par l’État turc en 2018. Comme 300 000 autres exilés, ses membres se sont enfuis après l’occupation de leur ville. Ils habitent actuellement dans une maison qui leur a été fournie par l’Administration autonome du nord-est de la Syrie (Aanes), qui coordonne sept régions autonomes. Selon une ONG de défense des droits humains basée à Shehba, 100 000 réfugiés d’Afrin sont répartis dans 5 camps, dont plus de 3 700 familles à Tal Rifaat. L’aide médicale est fournie pour l’instant par le Croissant-Rouge arabe syrien et le Croissant-Rouge kurde, l’aide internationale n’étant parvenue que de manière très limitée selon les autorités locales.

La région de Tal Rifaat, située au nord d’Alep, ainsi que le quartier de Sheikh Maqsoud à Alep majoritairement habité par des Kurdes subissent un blocus particulièrement dur de la part du régime de Bachar Al-Assad depuis août 2022. Les habitants de Sheikh Maqsoud et Tal Rifaat n’ont plus la capacité de subvenir à leurs besoins de base : ou les prix sont trop élevés, ou les produits manquent. Le blocage des médicaments, du lait en poudre et du mazout aux checkpoints a des conséquences désastreuses sur la population. Les malades chroniques ne disposent plus de leur traitement et plusieurs enfants sont morts d’hypothermie ces dernières semaines, tandis que le dernier hôpital de Tal Rifaat, soutenu par la Croix-Rouge kurde, risque de fermer ses portes par manque de matériel. Le quotidien est dorénavant régi par le rationnement et la peur constante du lendemain, d’autant plus que la livre syrienne subit une inflation sans précédent.

Reprendre le contrôle de la région »

La suite ci-dessous :

https://orientxxi.info/magazine/nord-ouest-syrien-les-rivalites-regionales-reveillent-l-organisation-de-l-etat,6177

Jean Vinatier

Seriatim 2023

 

lundi 5 juillet 2021

Afghanistan : la tentation chinoise ? N°5755 15e année

 Le retrait américain d’Afghanistan est l’objet de beaucoup d’attention, le pays restant dans une parfaite instabilité : les luttes entre les Talibans et Daech (ISKP) et entre groupes ethniques rivaux ne faiblissant pas. Apparaîtrait un nouvel acteur, la Chine à laquelle on prêterait l’intention de succéder aux Russes puis aux Américains. Toute l’évolution afghane confirme de plus en plus son aspect d’un gigantesque nid de serpents ultra venimeux. L’Afghanistan n’est pas seulement une tombe pour les envahisseurs, c’est aussi un piège.

Il est paradoxal que l’Histoire ne pénètre pas les intelligences des puissances, ces dernières obsédées par la possession territoriale et la nécessité d’entourer telle ou telle autre rivale, croient toujours dans la mystique de la force, dans la qualité technologique lesquelles ne pèsent pas toujours aussi lourdement qu’on ne le croit, de se persuader, surtout, d’être plus habile que l’autre.

L’Afghanistan et la Chine n’ont pas de frontière au sens strict, seulement un point d’entrée ou de sortie, le corridor de Wakhan conséquence de la répartition d’influence anglo-russe au XIXe siècle (Tadjikistan/Inde-Pakistan).

Quel serait l’intérêt d’une entrée chinoise dans le bourbier afghan ? Se rapprocher plus de l’Iran ? Mais Téhéran dénonce les traitements infligés par les Talibans aux chiites (assassinat du personnel consulaire iranien de Mazari Sharif en 1998). La Chine disposant d’une alliance solide avec le Pakistan, elle contourne très facilement l’Afghanistan et y opère donc vers l’Iran, l’Irak, la Syrie, l’Europe. D’ailleurs la Chine doit tenir compte de la position pakistanaise vis-à-vis de l’Afghanistan via la problématique pachtoune, peuple divisé depuis l’instauration de la ligne Durand (1893) conséquence de la seconde guerre anglo-afghane. Ces mêmes pachtounes eux-mêmes ne présentant pas d’unité : entre ceux qui s’activent pour un territoire indépendant et ceux qui sont des talibans au sein desquels ils forment une force majoritaire, vous avez un cocktail explosif où il est prudent de ne pas mettre un seul bout de pouce. Se pose aussi pour le gouvernement chinois le jeu d’un autre acteur, l’Inde qui regarde l’Afghanistan comme un hypothétique moyen de contrer le Pakistan. Un gouvernement indien de plus en plus sollicité par les États-Unis pour jouer un rôle dans l’axe indopacifique, de réduire son partenariat stratégique avec la Russie et contrarier les appétits chinois. New Delhi ne donne à aucun solliciteur une réponse claire affectant de ne mirer que le Cachemire et le Pakistan.

Il faudrait surtout poser la question du pourquoi du retrait de l’armée des États-Unis. Un retrait très relatif car resteraient sur le territoire une myriade de conseillers et ONG. Rappelons à cet égard que les Américains n’ont plié totalement bagage (sauf erreur) qu’en France (1967) et au Vietnam (1974). Il vaudrait mieux parler d’un réaménagement des forces militaires. N’oublions pas que la Maison Blanche tient à cette idée d’endiguement de la Chine, elle doit donc agir pour l’affaiblir ou la tenter d’entrer sur un champ de bataille voulu.

A travers la question afghane se pose l’équilibre des puissances en Asie centrale où sous couvert d’une approche multilatérale la Chine et les États-Unis tiennent à être les seuls à tenir le manche.

 

Jean Vinatier

Seriatim 2021

 

 

 

 

 

jeudi 29 avril 2021

Mali : un avenir incertain par Abderrahmane MEKKAOUI N°5674 15e année

 A croire l’auteur, tous les éléments s’agrègent pour que le Mali devienne un Afghanistan du futur ». Je pencherai plutôt pour un devenir somalien. En Afghanistan, les talibans sont forts partout et unifiés contrairement au grand Sahara: querelles intertribales et ententes subites via Etat islamique, Daech ,Acqmi…, pouvoir central faible, acteurs régionaux (Algérie) et mondiaux (USA)…Pour la France, quels seront nos capacités militaires : il semble difficile de tenir à bout de bras à la fois le Mali et le Tchad…..Les guerres contre le terrorisme sont des guérillas contre lesquelles il est difficile de vaincre. Pourquoi nous embarquons-nous dans ces combats ? Nos soldats acquièrent une expérience terrain remarquable, c’est aujourd’hui, le seul point positif à relever…

JV

 

« Le déchirement du Mali et son incapacité d’asseoir une unité nationale sont dus à des facteurs endogènes et exogènes. Ils prennent leur source dans le découpage territorial colonial qui reste l’origine première de tous les maux actuels L’État n’est pas uni malgré qu’il ait le monopole de la violence. Le pays connait une situation très complexe où les groupes armés et djihadistes contrôlent 80% environ du territoire. Les attaques qui se sont multipliées dernièrement, selon les rapports espagnols et de la MINUSMA, ont engendré l’apparition de nouveaux groupes d’autodéfense provoquant de nombreux conflits d’intérêts et d’exactions accompagnés, de manière prévisible, de vengeances interethniques. Cette instabilité a principalement profité, depuis 2012, aux organisations terroristes AQMI et l’État islamique. Ainsi, la population a du mal à vivre en paix en raison la multiplicité des ingérences régionales et internationales.

En effet, depuis les indépendances, la population autochtone du Nord fait face à une politique de colonisation de peuplement et de rupture des anciens équilibres démographiques au profit de l’ethnie minoritaire des Bambaras – ou Bamanane – au pouvoir à Bamako. Les Maliens du Nord et du Centre veulent être souverains et rejettent toute ingérence porteuse d’injustice et d’exactions assimilée à une occupation qui leur rappelle la période coloniale. Cette ingérence ne se limite pas aux troupes occidentales, mais est aussi le fait de l’Algérie[1]. et de la Libye sans oublier la salafisation graduelle instrumentalisée par des ONG du Moyen-Orient dans le cadre de la Ligue mondiale islamique, aux mains des Saoudiens. Dans ce contexte, Alger avait soutenu le régime de Modibo Kaita qui avait déjà commis des massacres de Touaregs et d’Arabes maures nomades. Ces massacres se font selon l’axe Alger-Bamako par peur commune d’une remise en question de leur hégémonie sur ces vastes territoires, contrairement à la position du Maroc qui est intervenu en obtenant la libération de Mohamed-Ali Al Ansari, chef des Kel Ansar – Touaregs majoritaires de Tombouctou – et qui l’accueille à Rabat en tant qu’exilé politique.

 

Les manœuvres de l’Algérie au Nord-Mali “

La suite ci-dessous :

https://cf2r.org/tribune/mali-un-avenir-incertain/