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lundi 14 juillet 2025

«Ukraine, Russie, Europe : l’Occident en mode panique » par Jacques Baud N°5729 19e année

 "Au cœur de cette interview : 

• Guerre en Ukraine : erreurs, impasses et réalités du terrain 

• La menace russe est-elle exagérée ? 

• La France doit-elle craindre un affrontement direct ? 

• Analyse géopolitique et sortie de crise"

Jean Vinatier 

Seriatim 2025

dimanche 6 juillet 2025

Ukraine-Russie ce que les médias ne vous disent pas par Eric Hoesli N°5725 19e année

 Un entretien très remarquable par l’ancien patron du journal suisse Le Temps

 « Eric Hoesli est un journaliste suisse. Il a notamment été rédacteur en chef de l’Hebdo en 1996 avant de devenir le fondateur du quotidien Le Temps en 1997, puis son premier rédacteur en chef et directeur, poste qu’il a occupé jusqu’en 2005. De 2005 à 2014, il a été Directeur éditorial du groupe Edipresse puis de Tamedia et responsable des journaux romands. Il a aussi siégé au Conseil d’administration de l’agence télégraphique suisse (ats). Depuis son enfance, Eric Hoesli est captivé par le monde russe. En 2006 il a publié un livre consacré à l’histoire de la conquête russe du Caucase. Un second ouvrage, relatant l’avancée russe à travers la Sibérie et le Grand Nord est paru en mars 2018 (« L’Épopée sibérienne », Syrtes/Paulsen, Paris, 2018). »

  Jean Vinatier 

Seriatim2025

vendredi 8 novembre 2024

Ukraine : les roueries de Trump N°5709 18e année

 Crise allemande officialisée, la minute « after » de Macron sur les herbivores et les carnivores, propos comique de Hollande sur le « couple franco-allemand », le premier ministre hongrois faisant face à la fronde de certains européens à Budapest…bref une Europe claironnante en débandade avant même d’enfourcher un canasson quand Donald Trump a laissé filer quelques idées pour clore le conflit en Ukraine.

L’irénisme du 47e POTUS s’arrête là où commence les intérêts américains, des intérêts autant géo-économiques que géopolitiques. Les USA et leurs fonds d’investissement ont prêté de l’argent à l’Ukraine en s’assurant de solides garanties à la manière des européens quand ils avançaient des finances à l’empire ottoman (je te prête 100 et je garde, en garantie, les recettes des douanes…etc), ont fourni des armes en échange de contrats et le tout à l’avenant. Pas plus demain qu’hier, il n’est question d’un éloignement américain du champ ukrainien. La maxime de Trump serait de maintenir un antagonisme ou méfiance russe vis-à-vis des européens et vice-versa, de trouver avec Poutine des accommodements pour se l’attacher comptant sur la méfiance moscovite vis-à-vis de Pékin. Le 47e POTUS change les mots pas le texte fondateur.

Quand Donald Trump propose l’adhésion immédiate de l’Ukraine à l’Union européenne: il s’agira d’appâter Bruxelles satisfaite de son extension tout en la mettant face à la Russie, l’Ukraine serait de facto séparée en deux à l’instar de la Corée ayant sur son sol « un corridor de sécurité » ou zone tampon à la charge militaire et financière des européens. La promesse de non-adhésion à l’OTAN pendant 20 ans est une habileté de langage tellement les contrats de fournitures d’armement impliqueront des foules de conseillers militaires s’ajoutant à des accords périphériques. Ce serait une façon pour Trump de peser sur la Russie, d’envelopper les européens. Les deux soucis de Trump sont donc de maintenir les européens en lisière, de ramener un tant soit peu la Russie vers lui mais sans faciliter un rapprochement de celle-ci avec l’Union européenne. Quant à l’Ukraine, elle serait réduite à peu de chose mais ne subirait plus la guerre.

Si les européens avaient une once d’intelligence et surtout cessaient de porter des lunettes américaines sur le nez, ils travailleraient à une Ukraine neutre comme le firent leurs ancêtres au Congrès de Vienne en établissant celle de la Suisse (1815). Pour l’heure les européens se focalisent sur la défaite russe regardant les ukrainiens comme ils voyaient les grecs face aux ottomans dans les années 1820. L’Union européenne joue contre elle-même et sans avoir aucune garantie d’être associée aux négociations par les américains lesquels préféreront être les seuls maitres du stylo entre Moscou et Kiev.

A suivre

Jean Vinatier

Seriatim2024

lundi 27 mai 2024

La guerre en Ukraine est-elle une rupture historique ? par Yann Marquand N°5790 18e année

 

« Identifier la rupture historique dans le présent, un exercice périlleux

Si l’histoire est faite par les historiens et l’actualité par les hommes, l’un des paradoxes de la science historique – et corrélativement l’un de ses obstacles – est précisément que l’histoire est faite par un homme à la fois observateur du présent et interprète du passé. L’historien est donc à la croisée d’une double tension intellectuelle : analyser le passé avec son regard du présent, observer le présent avec son interprétation du passé.

Interpréter le passé, c’est donner un sens à la chronologie, c’est la condenser dans des moments de ruptures explicatives. Cette opération de condensation a le bénéfice de démêler l’écheveau de la complexité événementielle à travers la simplicité d’un prisme interprétatif. Interpréter les événements c’est au fond peser, évaluer, trier, conserver les faits déterminants, rejeter les quantités négligeables. C’est finalement construire la chronologie et rendre tangible les ruptures. L’événement-rupture quant à lui, est un basculement, une discontinuité dans la continuité temporelle, un bouleversement notable avec un avant et un après.

Il est d’autant plus aisé pour l’interprète-historien d’identifier la rupture passée que l’après rupture est donnée dans une perspective historique déjà visible. En revanche, l’observateur du présent, historien ou non, peut identifier un événement présent comme une rupture alors que l’histoire prouvera qu’il n’en est rien. Inversement, ce même observateur peut vivre la rupture sans la voir puisque l’après rupture est encore invisible.

 

Les guerres et les révolutions sont-elles des indices de rupture ?

« L’histoire universelle n’est pas le lieu de la félicité. Les périodes de bonheur y sont ses pages blanches. » Cette formule, extraite des Leçons sur la philosophie de l’histoire du philosophe allemand Hegel, peut servir de guide méthodologique pour identifier l’événement-rupture. Si nous retenons de l’histoire sa dimension tragique faite essentiellement de guerres et de révolutions, c’est sans doute parce que ce genre d’événement peut prétendre constituer des moments décisifs de compréhension. Ils sont des marqueurs qui méritent toute notre attention.

Tentons d’illustrer ces quelques réflexions par l’exemple, ou plutôt commençons par le contre-exemple. Les biens mal nommés « printemps arabes » de 2011 ont pu laisser penser à l’observateur contemporain que nous avions à faire aux signes objectifs d’une rupture révolutionnaire avec à la clef l’avènement de la liberté démocratique dans le monde arabe. Rares sont les contemporains irrévérencieux qui contre les opinions reçues ont analysé qu’il n’en était rien. Au risque de subir les affres de l’ostracisme intellectuel, rares sont les rabat-joie qui ont osé dire que ces expressions de « printemps arabes », de « liberté », de « droits de l’homme » et de « démocratie » n’étaient que préjugés, la projection de catégories occidentales en l’occurrence peu consistantes qui ne correspondaient pas à la réalité sociologique et politique régionale. Ces catégories ont été évidemment largement relayées par les médias occidentaux du tout-venant et le nez pointé sur l’information du jour, l’Occident a célébré le Moyen-Orient touché par la grâce révolutionnaire et démocratique.

Pourtant, il n’y a pas eu d’authentique révolution démocratique ni en Tunisie – quand bien même ce cas est plus discutable que les autres – ni en Égypte, ni en Libye, ni en Syrie, ni au Yémen, ni à Bahreïn. Nous avons voulu voir ce que nous croyons, principe peu défendable du point de vue scientifique, alors que nous aurions dû inverser la syntaxe dans une approche empirique et croire en ce que nous voyons. Comprenons par le verbe « voir » : enquêter, analyser, distinguer. Nous conseillons à ce propos l’excellent ouvrage d’Alain Chouet, Au cœur des services spéciaux. La menace islamiste : fausses pistes et vrais dangers. L’auteur, ancien directeur de la DGSE, chargé de mission notamment à Damas ou Beyrouth, arabophone, pétri de culture arabo-musulmane et de ses alentours (Turquie, Iran, Afghanistan et Pakistan) mérite une attention particulière sur le sujet.

L’ouvrage questionne[1] en effet cette expression de « printemps arabes » dans sa spontanéité, sa profondeur et son authenticité. Au fond, dit-il, la question n’est donc pas tant de savoir pourquoi ces pays arabes connaissent de tels mouvements de contestations en 2011, mais plutôt : pourquoi les Occidentaux s’y intéressent-il tant, alors que depuis la fin des années 60 les contestations violentes dans cette région sont observées avec une splendide indifférence ? D’une manière générale, l’Occident a manifesté, il est vrai, un enthousiasme doublé d’une volonté « bienveillante » et toute paternaliste d’accompagner le « dégagisme » des autocraties arabes. En préambule de l’analyse de Chouet, relevons sa formule qui propose une analogie intéressante : « Quelle aurait été la légitimité des révolutionnaires de 1789 si c’était une coalition anglo-russo-prussienne qui avait coupé la tête du roi de France ? »[2].”

La suite ci-dessous :

https://cf2r.org/tribune/la-guerre-en-ukraine-est-elle-une-rupture-historique/

Jean Vinatier

Seriatim2024

mardi 14 mai 2024

Comment l’Europe du Sud a préparé sa propre submersion par Tawfik Bourgou N°5784 18e année

 

« La création d’un « Hot Spot » en Tunisie et la labellisation de pays « sûrs » mises en œuvre par les pays européens, ou ceux de l’Union européenne, ne sont qu’un indicateur des impacts négatifs et dévastateurs des politiques occidentales dans sa proche périphérie au cours des treize dernières années. En agissant à la remorque des États-Unis,les Européens ont créé les conditions de leur propre submersion. Car en effet, s’il n’y avait pas eu ingérences destructrices dans la proche périphérie de l’Europe, les « Hot spots » n’auraient jamais été nécessaires.

Ce tragique aboutissement s’explique par une suite de fautes stratégiques commises par les occidentaux en dépit du bon sens, qui ont produit un effet boomerang auquel ne croyait pas les auteurs des ingénieries dévastatrices. Cet aboutissent augure d’un épisode encore plus dangereux pour l’Europe du Sud.

Immigrations massives déjà à l’œuvre, terrorismes, arrivée au pouvoir dans les pays de la périphérie des islamistes proches des Frères musulmans notoirement anti- occidentaux… tous ces évènements sont, au moins partiellement, les contrecoups de mauvaises politiques occidentales, principalement américaines, dans la proche périphérie de l’Europe, spécialement sur son flanc sud et sur sa frontière orientale – au Moyen-Orient, du Liban au le croissant fertile, jusqu’à la frontière de l’Iran.

Tout au long d’une dorsale qui va du Golfe arabo-persique jusqu’à la Mauritanie, on assiste à une suite de déflagrations dues à des ingérences souvent volontaires, mal calculées, et mal maitrisées. Certaines répondaient à une stratégie d’homogénéisation d’espaces que les « grands » stratèges occidentaux ne connaissaient même pas, ou à peine à travers de simples lectures de vulgarisation. Ce fut le cas au lendemain des évènements de 2010-2011, lorsque, sous influence des Frères musulmans, les États-Unis entreprirent de créer une zonz contrôlée par la confrérie de l’Égypte à la Tunisie, supposé faire jonction symboliquement avec la Turquie de l’AKP.

A l’arrière de ce corridor qui n’a jamais pu se concrétiser, on observe un espace se caractérisant par des guerres, de destructions d’États, l’affaiblissement de sociétés et de remparts politiques annonçant une possible submersion de l’Europe du Sud à brève échéance.

Des fautes stratégiques certes, mais aussi certains agissements calculés ont produit ces effets dévastateurs et ont conduit à affaiblir durablement des alliés et à faire disparaitre d’anciens supplétifs et vassaux.

Pendant que les regards sont dirigés vers l’Ukraine et le Moyen-Orient, une montée des troubles subsahariens est en train d’avaler l’Afrique du Nord et le Maghreb, en particulier deux pays situés à quelques encablures de l’Europe : la Libye et la Tunisie. Les ingérences calculées, entre 2010 et 2024, sont l’action la plus immorale de l’histoire diplomatique et militaire de ces vingt-cinq dernières années. Elles sont à la source d’un dangereux processus qui va impacter l’Europe du Sud. »

La suite ci-dessous :

https://cf2r.org/tribune/comment-leurope-du-sud-a-prepare-sa-propre-submersion/

 

Jean Vinatier

Seriatim2024

vendredi 10 mai 2024

Tournants et tourments au Moyen-Orient vus de Gaza, Riyad, Bagdad et Téhéran N°5781 18e année

« Présentation du numéro 127 de la revue Confluences Méditerranée "Tournants au Moyen-Orient" (L'Harmattan, 2024) - https://tinyurl.com/zb5j6kk3

Rencontre avec:

Adel Bakawan, directeur du Centre français de recherche sur l’Irak (CFRI), chercheur associé à l’Institut français des relations internationales (Ifri) et au Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris (Carep). Il est l’auteur de l’article «La recomposition du Moyen-Orient: quel avenir pour l’ordre milicien?» - https://tinyurl.com/27e4ka5b

Barah Mikaïl (en ligne), professeur associé à l’Université Saint Louis – Campus de Madrid, directeur de Stractegia Consulting. Il est l’auteur de l’article «Géopolitiques méditerranéennes: tourments, tournants et aboutissants d’une région en constante ébullition» - https://tinyurl.com/y4zdfukp

Kevan Gafaïti, doctorant et chercheur associé au Centre Thucydide de l’Université Paris Panthéon-Assas. Il est l’auteur de l’article «Le rapprochement diplomatique entre l’Arabie saoudite et l’Iran: accalmie calculée ou fin de la "Fitna" du golfe Persique?» - https://tinyurl.com/4n2aptne

Hicham Mourad (en ligne), docteur en relations internationales de l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il enseigne à l’université du Caire et dirige le master de relations internationales à l’université française d’Égypte (UFE). Il a publié "Arabie saoudite et Émirats arabes unis: les ambitions de la puissance" (Bibliothèque de l’iReMMO, L’Harmattan, 2020). Il est l’auteur de l’article «La métamorphose de l’alliance entre les États-Unis et l’Arabie saoudite» - https://tinyurl.com/3yce767a Modération:

Nadia Enesco, étudiante en Master de relations internationales et sécurité à Sciences Po Paris et responsable pédagogique de l’iReMMO. »

Jean Vinatier 

Seriatim2024