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vendredi 28 février 2025

René Viénet, la sinologie à contre-pied, de l’invention de S. Leys à la découverte de P. Giquel N°5712 19e année

« Dans le cadre du cycle de conférences « Orientalismes », la conférence inaugurale mettant à l’honneur l’historien, cinéaste et éditeur français, René Viénet, s’est tenue à la Maison de la recherche de l'Inalco. 

*René Viénet*, figure incontournable des échanges intellectuels et culturels entre la Chine et la France, a mené une carrière aux multiples facettes. 

Dès les années 60, il se positionne à contre-courant de la vogue maoïste en France, que ce soit par la publication en 1971 des "Habits neufs du Président Mao" de Simon Leys ou par la production de films qui, à l’instar de « La dialectique peut-elle casser des briques ? » (1973), utilisent la technique situationniste du « détournement » consistant à subvertir la bande sonore, afin de d’en faire des satires. Il œuvrera également à la préservation de films chinois rares, ou l’introduction du cinéma hongkongais sur la scène européenne. 

Outre ses contributions académiques, René Viénet a joué un rôle crucial dans le développement des échanges culturels et industriels avec Taïwan, anticipant la transformation de l’île en une démocratie prospère. 

Son engagement pour les relations sino-françaises se prolonge à travers la publication et la préservation d’archives liées à la modernisation chinoise, comme celles de Prosper Giquel, qui a contribué à la réforme technologique et éducative de la Chine au XIXe siècle. René Viénet continue d’œuvrer dans ce domaine, en donnant régulièrement des conférences en Chine et à Taïwan. 

Conférence enregistrée le 14 novembre 2024. » 

Jean Vinatier 

Seriatim2024

 

vendredi 10 mai 2024

Tournants et tourments au Moyen-Orient vus de Gaza, Riyad, Bagdad et Téhéran N°5781 18e année

« Présentation du numéro 127 de la revue Confluences Méditerranée "Tournants au Moyen-Orient" (L'Harmattan, 2024) - https://tinyurl.com/zb5j6kk3

Rencontre avec:

Adel Bakawan, directeur du Centre français de recherche sur l’Irak (CFRI), chercheur associé à l’Institut français des relations internationales (Ifri) et au Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris (Carep). Il est l’auteur de l’article «La recomposition du Moyen-Orient: quel avenir pour l’ordre milicien?» - https://tinyurl.com/27e4ka5b

Barah Mikaïl (en ligne), professeur associé à l’Université Saint Louis – Campus de Madrid, directeur de Stractegia Consulting. Il est l’auteur de l’article «Géopolitiques méditerranéennes: tourments, tournants et aboutissants d’une région en constante ébullition» - https://tinyurl.com/y4zdfukp

Kevan Gafaïti, doctorant et chercheur associé au Centre Thucydide de l’Université Paris Panthéon-Assas. Il est l’auteur de l’article «Le rapprochement diplomatique entre l’Arabie saoudite et l’Iran: accalmie calculée ou fin de la "Fitna" du golfe Persique?» - https://tinyurl.com/4n2aptne

Hicham Mourad (en ligne), docteur en relations internationales de l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il enseigne à l’université du Caire et dirige le master de relations internationales à l’université française d’Égypte (UFE). Il a publié "Arabie saoudite et Émirats arabes unis: les ambitions de la puissance" (Bibliothèque de l’iReMMO, L’Harmattan, 2020). Il est l’auteur de l’article «La métamorphose de l’alliance entre les États-Unis et l’Arabie saoudite» - https://tinyurl.com/3yce767a Modération:

Nadia Enesco, étudiante en Master de relations internationales et sécurité à Sciences Po Paris et responsable pédagogique de l’iReMMO. »

Jean Vinatier 

Seriatim2024

jeudi 28 mars 2024

Le djihadisme, de Moscou au Sahel : se préparer à la crise qui vient par Asiem El Difraoui N°5761 18e année

« Si le Sahel s’embrase, l’Europe sera la première touchée.

L’attentat de Moscou a remis Daesh au centre du jeu. Alors que la guerre s’est étendue de l’Ukraine à Gaza, c’est en Afrique que la disruption non-westphalienne est peut-être la plus imminente. Pour l’instant, nous ne sommes pas prêts à faire face au choc. »

« La guerre d’Israël contre le Hamas, l’invasion russe en Ukraine, les tensions entre la Chine et les États-Unis ont chassé des gros titres un autre foyer de conflit : le Sahel. C’est là, pourtant, que la prochaine catastrophe géopolitique semble imminente. Pour les géographes allemands, le Sahel regroupe généralement les anciennes colonies françaises du Mali, du Niger, du Burkina Faso, certaines parties du Cameroun, du Sénégal et du Tchad. La terreur djihadiste ne cesse de s’y propager, en particulier dans trois États où des juntes militaires sont au pouvoir depuis deux ans. Au Niger, plus de 200 personnes ont été tuées par des attaques terroristes djihadistes depuis la prise de pouvoir des militaires fin juillet ; 4.000 personnes sont mortes au Burkina Faso depuis le putsch de septembre 2021 et 5.000 au Mali depuis mai 2021.

Au cours des dix dernières années, des dizaines de milliers de personnes ont été tuées dans ces trois pays — et des centaines de milliers sont en fuite. La situation continue de s’aggraver. D’autant plus que ni l’ONU, ni les Européens et en premier lieu la France, ancienne puissance coloniale, n’ont encore une influence politique ou une présence militaire sur place. Si les Français avaient été salués comme des libérateurs en 2013 après avoir sauvé la légendaire ville de Tombouctou des griffes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et des milices alliées lors de l’opération Serval, ils sont aujourd’hui persona non grata.

C’est au Sahel que la prochaine catastrophe géopolitique semble imminente. »

La suite ci-dessous :

https://legrandcontinent.eu/fr/2024/03/27/le-djihadisme-de-moscou-au-sahel-se-preparer-a-la-crise-qui-vient/

 

Jean Vinatier

Seriatim2024

vendredi 15 mars 2024

Course à l’IA, vers le meilleur des mondes ? N°5756 18e année

 « État des lieux des avancées en matière d’intelligence artificielle en Europe, à l’aube d’une nouvelle ère aux bouleversements encore inconnus. 

Devancée par les États-Unis et la Chine, l’Europe tente aujourd’hui de rester dans la course effrénée à l’intelligence artificielle (IA), et compte un nombre toujours croissant de start-up spécialisées en la matière. Jonas Andrulis, fondateur d’Aleph Alpha, une société établie à Heidelberg en Allemagne, cherche à générer une IA capable de fluidifier le travail de l’administration publique. Le Français Thomas Wolf, cofondateur de la plate-forme Hugging Face, privilégie, lui, une forme en open source accessible à tous, afin de la nourrir des retours des usagers. Quant à Han Xiao, à l’origine de la start-up berlinoise Jina AI, il ambitionne de créer une intelligence artificielle générative (c’est-à-dire capable de créer des contenus de façon autonome), en mesure de dépasser ChatGPT. 

Zones grises 

Si les trois entrepreneurs peinent à obtenir le soutien d’investisseurs pour rivaliser avec les géants de la tech, ce documentaire montre combien leur travail en Europe les amène à aborder un certain nombre de zones grises, notamment la question de la responsabilité morale. Afin de définir la place de l’IA au sein de la société, de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer un débat. Nombre d’experts et d’acteurs politiques, comme Robert Habeck, vice-chancelier et ministre allemand de l’Économie, et Max Tegmark, auteur de La vie 3.0 – Être humain à l'ère de l'intelligence artificielle (éditions Dunot, 2018), contribuent à la réflexion en cours. Ils apportent ici leur regard à ce panorama fouillé des bouleversements que l’IA engendre déjà dans notre quotidien et des efforts européens pour réglementer et sécuriser son usage. » 

 

L’intelligence artificielle n’existe pas, par Luc Julia 

« Discours d'introduction de la conférence "IA & éducation", organisée par France Université Numérique, et qui s'est déroulée les 8 et 9 juin 2023 à Pantin. » 

Jean Vinatier 

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vendredi 8 mars 2024

L’Ukraine la fuite en avant par Jacques Baud N°5749 18e année

 « Pourquoi l’Ukraine est en train de perdre la guerre contre la Russie ? Comment les deux camps pensent et mènent leurs opérations ? Quelles ont été les erreurs de part et d’autre ? Comment l’Occident a contribué à la défaite ukrainienne ?... 

Pour répondre à ces questions et à bien d’autres, Jacques Baud s’appuie sur des informations officielles, des documents américains, occidentaux et russes. Il explique la manière dont la Russie comprend et conduit la guerre. Il montre combien l’incapacité des Occidentaux à comprendre cette réalité et leur détermination à affaiblir la Russie s’est retournée contre l’Ukraine. Après les best-sellers Poutine, le maître du jeu ?, Opération Z et Ukraine entre guerre et paix dont le travail d’analyse a été salué dans le monde entier et dont les ouvrages ont été traduits dans plusieurs pays, l’auteur revient sur la guerre en Ukraine. Il expose la manière dont la Russie l’a menée et comment l’image qu’en ont donné les Occidentaux a conduit l’Ukraine vers l’échec. » 

Jean Vinatier 

Seriatim2024

mardi 27 février 2024

L'empire terrestre, histoire du politique en Chine aux XXe et XXIe siècles par Yves Chevrier N°5745 18e année

« Yves Chevrier a dirigé pendant de nombreuses années le « Centre Chine » de l’EHESS, où il est Directeur d’études émérite et membre du Centre de Recherches Sociologiques et Politiques Raymond Aron (CESPRA). Outre ses séminaires à l’EHESS, il a enseigné à l’INALCO, à l’IEP de Paris ainsi qu’à l’université de Genève. Ses travaux de recherche portent sur l’histoire du politique et l’histoire intellectuelle de la Chine contemporaine. On lui doit de nombreux articles publiés dans les revues spécialisées, ainsi que divers ouvrages destinés à un public plus large, notamment une brève biographie de Mao Zedong et un « Que Sais-je ? » sur la « Chine moderne ». » 

Jean Vinatier 

Seriatim2024

 

vendredi 23 février 2024

Harald Kujat : la guerre en Ukraine et le changement géopolitique N°5741 18e année

22 février 2024

« Peu avant le début de la Conférence de sécurité de Munich (MSC), l'ancien Inspecteur général de la Bundeswehr et président du Comité militaire de l'OTAN, Harald Kujat, a donné une conférence très suivie sur le thème : "La guerre en Ukraine, la rivalité des grandes puissances et l'affirmation de soi de l'Europe". L'invitation avait été lancée par le think tank "Eurasien Gesellschaft", qui se consacre, selon sa propre présentation, à une "coexistence pacifique et à des relations coopératives entre les pays de l'Eurasie". Les NachDenkSeiten étaient présents et ont filmé la conférence. Kujat, dans son discours, en plus d'une analyse complète de la situation militaire actuelle dans la guerre en Ukraine, a abordé des approches possibles de solutions, a regardé au-delà du cadre occidental-transatlantique et a également analysé le changement actuel vers un ordre mondial multipolaire ainsi que l'incapacité actuelle des élites européennes à s'adapter à ce changement. » 

Jean Vinatier 

Seriatim2024

jeudi 18 janvier 2024

La Chine au IIIe siècle : un monde en convulsions par Danielle Elisseeff N°5729 18e année

 "Nous sommes au IIIe siècle. L’Empire chinois des Han, dont les souverains rayonnaient sur l’Extrême-Asie depuis quatre cents ans, s’effondre. Les évolutions climatiques, les invasions, les famines et l’incurie d’une administration qui se désagrège réduisent désormais à néant l’antique puissance chinoise. Le si vaste pays n’est plus « un » ; il se partage en « Trois Royaumes » que des généraux se sont taillé par le fer et par le feu ; désormais, chacun tente vainement de supplanter les autres pour devenir empereur. Leur histoire inspirera pendant des siècles les conteurs des rues, puis - un millénaire plus tard - les narrateurs dont les œuvres caracolantes inspirent toujours cinéastes, romanciers et manga-ka. Mais une nouvelle approche s’impose aujourd’hui : loin des aventures et péripéties imaginaires, les découvertes archéologiques commencent à livrer des traces matérielles de ces décennies dont le désordre fit percevoir, à rebours, la nécessité de recréer l’unité. Les historiens chinois actuels placent en effet en ces années de chaos l’invention d’une idée nouvelle : celle de Zhongguo 中国, le « Pays du Milieu » que gère en théorie une administration fortement centralisée - c'est-à-dire la Chine unitaire qui pèse si lourd dans notre monde actuel."

Jean Vinatier Seriatim

vendredi 26 mai 2023

Jacques Baud : Chine Russie, le nouvel axe du mal N°5691 17e année

 A l’occasion de la sortie du dernier ouvrage de Jacques Baud, Ukraine entre guerre et paix, aux éditions Max Milo, un passionnant entretien

 « La stratégie des États-Unis est-elle dans l’impasse ? Quelle est la conduite russe des opérations militaires ? Quand aura lieu la contre-offensive ukrainienne ? L’armement occidental fait-il vraiment la différence en Ukraine ? Qui sont les gagnants de cette guerre ? À quels bouleversements du monde sommes-nous en train d’assister depuis le 24 février 2022 ? Quelle est la réalité des pertes, côté ukrainien et côté russe ? L’industrie occidentale parvient-elle à rivaliser avec celle de la Russie en Ukraine ? Pourquoi ne cherche-t-on pas une solution négociée ? En quoi notre perception du conflit est-elle en train de desservir l’Ukraine ? Pour répondre à ces questions et à bien d’autres, Jacques Baud s’appuie sur les informations des services de renseignement occidentaux et les documents américains qui ont fuité en avril 2023. Après les best-sellers Poutine, le maître du jeu ? et Opération Z, dont le travail d’analyse a été salué dans le monde entier, l’auteur revient sur la guerre en Ukraine en analysant les faits et rien que les faits. Que l’on soit pour ou contre la position de l’Ukraine, on est condamné à revenir au terrain des opérations et à analyser ce qui s’y déroule. C’est à ce prix qu’un chemin vers la paix est possible, et non en nous fondant sur des illusions. » 

Jean Vinatier 

Seriatim 2023

jeudi 25 mai 2023

Arménie : adieu le Haut-Karabagh ? N°5690 17e année

 Sur la question arméno-azérie qui l’emportera : les USA ou la Russie ? Ce jour une réunion est prévue à Moscou entre le Président Poutine et ses homologues, arménien et azéri. Quelques jours plus tôt, le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian se déplaçait à Washington et à Bruxelles pour envisager, déjà, la signature d’un trait de paix à Chisinau, la capitale moldave le 1er juin. L’Arménie serait prête à reconnaitre la souveraineté de l’Azerbaïdjan sur le Haut-Karabagh, enjeux conflictuels depuis des décennies,  en échange de la garantie de la protection des populations arméniennes. Ce serait un bouleversement caucasien et au-delà car le Caucase est un chaudron qui historiquement ne s’est jamais éteint quels que soient les empires qui le prétendirent et nous ramène à des siècles historiques si lointains et si présents.

Pauvre Arménie dont l’histoire glorieuse fut courte et dont les derniers rois, ceux de la maison française de Lusignan ne régnèrent plus que sur la Cilicie bien loin d’Erevan…Mais aujourd’hui, le conflit russo-ukrainien parce qu’il dure et sans doute parce qu’il le doit, s’étend, atteignant au Caucase, le balcon sur l’Asie centrale, direction la Chine. C’est un secret de polichinelle les USA rêvent d’une OTAN à Tbilissi et à Erevan avec en prime certainement l’incorporation à l’Union européenne : une Europe qui court derrière Washington sans réfléchir une seule seconde si ce suivisme est de son intérêt ou pas.

Rien n’est en encore fait car le président azéri, LLam Aliyev a de bonnes relations avec Poutine et Erdogan et nous ne sommes pas à l’abri d’un coup de théâtre. La Russie investie dans l’Ukraine peine visiblement à garder des forces suffisantes pour rassurer l’Arménie qui se sent encerclée par l’Azerbaïdjan : au-delà du Haut-Karabagh il y a la république autonome azérie du Nakhitchevan, autrefois majoritairement arménienne qui a subi de la part de Bakou les pires tourments : déplacement des populations et destruction totale de toutes les églises et monastères. Sur ces faits, on peut douter de la viabilité de la protection de la population arménienne dans le Haut Karabagh et que les Américains penseraient régler à coup de dollars s’ils l’emportaient.

En 2023, l’Arménie est encerclée ou cernée par Bakou soutenu par Ankara, deux capitales qui tiennent malgré tout à garder deux fers au feu : d’un côté les USA, de l’autre la Russie avec en arrière-plan, l’Iran. On peut se demander si son choix de se placer sous l’égide américain serait véritablement la bonne option. Karine Bechet-Kolovko, dans son article sur ce sujet cite l’ancien ministre des Affaires étrangères, Vardan Oskanyan :

"La communauté internationale et l'Azerbaïdjan doivent être conscients que la décision de Pachinian (sur la reconnaissance du Karabakh comme faisant partie de l'Azerbaïdjan) n'apportera pas la paix entre les deux peuples. Même si le Premier ministre signe le document, ce ne sera qu'une déviation temporaire du cours naturel de l'histoire"1

Les Américains sont dans leur logique de containment de la Russie avec une lecture peut-être trop lisse des antagonismes et des histoires caucasiens. Erevan qui jouissait, avec la Russie d’une liberté totale la perdra certainement avec Washington qui aura en plus l’idée d’attiser le patriotisme arménien pour contenir la Turquie et l’Azerbaïdjan : jouer avec de la dynamite…sans oublier qu’au Caucase l’Iran exerce une influence et que la Russie même écartée en gardera une aussi ?

Quant à l’Union européenne…son suivisme tient lieu de maxime sans s’apercevoir que la Géorgie quoique via sa présidente ne cesse de parler d’appartenance européenne (où est-elle historiquement ?) ne suit pas pour des motifs de politique intérieure les sanctions antirusses rendant plus compliquée son otanisation : sur le chemin d’Erevan, Tbilissi n’est pas une étape si sûre.

Source :

1-https://russiepolitics.blogspot.com/2023/05/haut-karabakh-les-etats-unis-reprennent.html

 

Jean Vinatier

Seriatim 2023