Info

Nouvelle adresse Seriatim
@seriatimfr
jeanvin22@gmail.com



Affichage des articles dont le libellé est ecrivain. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est ecrivain. Afficher tous les articles

mercredi 24 juin 2015

« Jean Vautrin. « Je prône la révolution mais je ne suis pas très optimiste » N°3154 9e année



« [….]
Marion d’Allard : Vous parlez de «  génial pressentiment de la grandeur révolutionnaire  » en ce qui concerne la Commune. Quen est-il aujourd’hui de ce pressentiment ?

Jean Vautrin. On vit une période d’autocratie où le président de la République a tous les pouvoirs. Mais ce qu’il y a de plus grave, et ce en quoi la période actuelle est terrible, c’est qu’on a annihilé, anesthésié le peuple complètement. La télé, le crédit, le consumérisme, tout ça a fabriqué des veaux. Les gens sont ligotés. Le crédit, c’est diabolique pour le peuple. C’est une société qui a cloisonné les individualités jusqu’à un monstrueux chacun-pour-soi. Je me sens profondément révolutionnaire, je prône la révolution mais je ne suis pas très optimiste. Il y a une poignée de fous qui y croient, mais même si j’en ai très envie, les signes ne sont pas vraiment rassurants. Même les syndicats s’entre-bouffent ! Ils ont été divisés... Pour qu’il y ait révolution, il faut vraiment qu’il y ait un flux, un flot, comme une certitude. En France, il y a toute une classe de la société qu’on a embourgeoisée et qui finalement, maintenant, a quelque chose à défendre, une sorte de patrimoine si l’on veut. Et puis, je regrette que les jeunes ne soient pas plus politisés. C’est diabolique ce système. On les force à dire que le but suprême, c’est de gagner de l’argent. On a fabriqué des gens pressés, qui monteraient sur n’importe qui pour arriver les premiers, qui ont la dent dure, qui sont méchants avec le monde entier. Voilà, on a fabriqué des teignes, des ordures il faut bien le dire. Et tout ça mène à la spéculation, la surenchère, la brutalité. Il faut consommer. On crée des victimes du consumérisme, aucun doute là-dessus. Et ça commence dès l’enfance. On est nombreux et nourris de besoins. Quand on voit les besoins qu’on crée notamment chez les enfants, c’est meurtrier. La société libérale et le capitalisme jouent à fond là-dessus ! Quant à la politique qu’on nous donne à voir en ce moment, franchement, il y a de quoi pleurer. La France conserve un vieux fond de pétainisme. C’est la délation, le fiel, jamais le partage. Je suis triste. Je suis à la fin de ma vie et je me dis putain ! On n’a pas avancé d’un pouce et au contraire, on est en train de rétrograder. On a même perdu le bon sens, cette simplification qui était une spécificité française. Ce bon sens qui fait que l’on ne croit plus aux contes et aux légendes. Les gens maintenant sont pieds et poings liés, comme tenus en laisse. Ils sont dépendants, ne sont plus eux. Il ne peut pas y avoir de révolution dans ces conditions-là. Et avec l’avancée des technologies, la priorité est donnée au virtuel. Mais c’est concret une révolution ! C’est fait avec du pain, du sang, du foutre et des idées ! Les idées ? On les a bouffées à force de rendre les gens passifs. On les a mécanisées. La télévision, par exemple, qui est absolument géniale en ce qu’elle est un miroir permanent sur le monde, est utilisée comme un carcan, un lasso qu’on fout autour du peuple. Il faut qu’on continue à se parler. Il y a tout le bla-bla mais je ne parle pas de ça, ce qui compte, c’est ce que les gens se disent entre eux, et je trouve qu’ils se parlent de moins en moins véritablement. C’est très mauvais finalement, ce silence. Donc, je ne crois pas que les conditions de la révolution soient proches en France, sauf grande colère, ras-le-bol. Finalement, c’est ce qui s’est passé en Tunisie.

Marion d’Allard :Donc les pauvres d’aujourd’hui ne seront pas les communards d’hier...

Jean Vautrin. Non. D’abord parce que la France est un pays riche, qu’on le veuille ou non. Les communards étaient démerdards, ils avaient de la vertu, il ne faut pas l’oublier. Tout ça suppose beaucoup de modestie. Aujourd’hui, chacun essaye de s’en sortir «  le mieux possible  », mais il n’y a pas de mouvement collectif. Et puis, la Commune est une période d’action. Il ne faut pas se faire d’illusions, la révolution n’a qu’un temps. On a vécu deux cent cinquante ans sur celle de 1789, ce qui est un exploit, il faut bien le dire. Mais pour qu’une révolution fonctionne, et qu’on puisse s’y recommander le plus longtemps possible – même si c’est avec hypocrisie –, il faut penser l’après quand on est dans l’action. Je crois que l’homme est perpétuellement insatisfait et que la seule vraie solution pour nos démocraties, c’est de ne pas perdre de vue que, de temps en temps, il faut mettre un coup de pied. C’est la tâche du citoyen. Une vigilance permanente pour ne pas s’endormir... Alors, bien sûr, il y a des gens formidables sur le plan des solidarités, dans les associations, dans le voisinage, les petits services que l’on se rend... Mais il n’y a pas ce mouvement collectif qu’il y a eu précisément pendant la Commune, où les gens, brusquement, fraternisent. C’est fabuleux. Même sous les bombes des versaillais, même assiégés, menacés de toutes parts, la vie continue dans Paris. Les théâtres sont ouverts, les bistrots fonctionnent, on danse, on chante, on chahute, on caricature, on critique... La vie ne s’arrête pas, au contraire, elle est fraternelle, elle est dans la rue. C’est un forum perpétuel, les gens, pour la première fois, se côtoient.
[…]
La suite ci-dessous :


Jean Vinatier
SERIATIM 2015

mardi 17 juin 2014

L’incertain français N°1838 8e année

Les grèves s’invitent donc à la veille des vacances estivales : si elles agacent, elles portent en elles la certitude de ne pas durer au-delà du départ des juilletistes. Les grèves des cheminots et des intermittents du spectacle ne devraient en toute logique ne retenir personne et susciter, comme nous le rappelle chaque jour les médias, que le courroux des « braves gens » mais se serait sous-estimer gravement la détermination de la base et de la part que les Français concèdent, en grognant, en variant, aux grévistes, d’agir en leur nom pour que leur quotidien salarié n’aille pas en se dégradant : Si ce trait a été plus marquant historiquement quand l’Etat avait un secteur public imposant avec en sus les entreprises nationalisées que pour les intermittents du spectacle qui jouirent jusqu’à ce jour d’un statut singulier depuis le ministère Lang qui étendit considérablement ses faveurs en incorporant les artistes parmi celles et ceux qui composent un spectacle, il en reste quelque chose d’assez diffus entre l’incertain et la mémoire : Malaparte a écrit de bonnes lignes dans son « Journal d’un étranger » :
« 12 novembre
Les Parisiens acceptent la grève d’une manière bien différente de celle avec laquelle ils acceptaient les grèves dans le temps, autrefois. Tout, autrefois, était prétexte à rire pour les Parisiens. La gaieté naturelle de ce petit peuple aux humeurs enfantines, au rire spontané, aux amusements faciles, ne se laissait pas faire par les troubles sociaux ou les luttes ouvrières. Entre les Parisiens et les grévistes (j’entends par Parisiens la masse de la population surtout celle des classes inférieures), régnait une sorte de solidarité complaisante, basée pour ainsi dire sur la politesse des grévistes et la souriante amitié des Parisiens. On avait l’impression que, tout en restant indifférents aux problèmes soulevés par les luttes sociales, les Parisiens comprenaient les raisons des ouvriers et les soutenaient de leur amicale attitude. Puis, à ce qu’on me dit, au temps du Front populaire, les choses se gâtèrent, les grèves prirent un caractère de haine sociale, les Parisiens commencèrent à rouspéter, le sourire disparut des lèvres des foules. Je n’étais pas en France, en ces années-là, j’étais dans l’île de Lipari (
emprisonné par les fascistes) , je n’avais de la France que les nouvelles que me donnaient mes amis de Paris. Mais ce que je vois aujourd’hui est bien triste. Les visages sont tristes, les lèvres muettes, cette foule sale, mal habillée, mal nourrie, subit la grève avec un détachement farouche, presque avec une sorte de désespoir muet, morne ; il y a quelque chose des foules turques, dans la foule de Paris.
La passivité des foules orientales, de Smyrne, de Constantinople, cette acceptation passive de tout ce qui arrive, et que j’aimerais définir, non pas le fatalisme religieux des Musulmans, mais celui des peuples qui ne vivent plus dans l’histoire. Il est clair que ce fatalisme historique dépasse désormais, après 1918, dans les foules turques, le fatalisme musulman. Paris est une ville turque, la France est la Turquie de l’Occident. Les foules turques ne sont pas bruyantes, remuantes, elles coulent un peu affairées, en silence, avec ce seul murmure au timbre aïgu qui est celui même des foules parisiennes pendant ces jours de grèves.
Je rentre chez moi, j’ouvre Les lettres persanes, les fables de Gaspare Gozzi. L’Orient, tel que l’imaginaient Montesquieu, Gaspare Gozzi ou Voltaire était un Orient très parisien. Constantinople était une sorte de Paris où les élégants et les précieuses étaient remplacés par les eunuques et les odalisques. Les harems ressemblaient à une sorte de salon littéraire, où l’on discutait de politique, de scandales mondains, de potins, de littérature, où l’on buvait du café, où l’on mangeait des rahat-loukoums. C’est qu’au XVIIIe siècle, l’Orient bien qu’en pleine décadence, croyait encore vivre dans l’histoire, avait gardé le sens de l’histoire. L’Orient était vivant. Allez de nos jours en Orient. C’est toujours Paris, mais hors de l’histoire, avec des foules résignées à ne plus jouer aucun rôle historique. Je veux dire que Paris, comme une grande partie de l’Europe, subit en ce moment la crise qu’a subie l’Orient en son temps : celle du passage du monde vivant et agissant de l’histoire, au monde morne, passif, résigné du fatalisme historique. L’Europe, c’est évident, est en train de devenir un grand pays levantin, avec le soleil et le ciel d’azur en moins.
Le caractère politique de ces grèves échappe-t-il aux Parisiens ? Non. Savent-ils que ces grévistes sont, peut-être, inconsciemment, les instruments de l’ennemi, de l’étranger ? Non. Mais le peuple français accepte déjà la défaite prochaine, l’invasion prochaine, l’esclavage prochain. Il n’a pas, comme certains le croient, renoncé à l’Europe. Il s’est, au contraire, résigné à n’être qu’une des nombreuses peuplades de l’Europe orientale. Il accepte de subir l’histoire de l’Europe, non plus de la déterminer. Ce qui manque au peuple français pour continuer à jouer son rôle de grand peuple, ce ne sont pas seulement les moyens matériels, c’est surtout la force morale. Le peuple français est malade de ce que j’appellerai le dégoût de l’histoire. Il n’y a plus de solidarité entre Paris et les grévistes, mais une sorte de complicité résignée. Non pas la fraternité dans les malheurs et les souffrances, mais la résignation aux violences et à la misère des autres. Je veux dire ici ce que je pense, je le dirai sans ménagements. Paris est déjà une ville occupée par une armée ennemie, une armée étrangère. C’est comme si les Allemands au lieu d’occuper Paris avec leurs troupes avaient mobilisé l’armée des ouvriers, des chômeurs parisiens. Il y a quelque part, dans Paris, une Kommandantur qui dirige cette occupation. Mais ce n’est pas une Kommandantur allemande. Je me promène au milieu de cette foule qui me bouscule en silence, sans même me regarder. J’ai l’impression d’être un Français, perdu dans une foule d’étrangers. »1

 
Note :
1-http://www.seriatim.fr/2010/05/malaparte-ceux-qui-vous-disent-n693-3e.html

 
Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2014

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Angola, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Bangladesh, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto-Rico), Equateur, Ethiopie, Ghana, Gabon, Gambie, Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kazakhstan, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Panama, Pérou, Philippines, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Syrie, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Vatican, Venezuela, Vietnam, Yémen

 

 

dimanche 8 juin 2014

Julien Suaudeau : « Dawa » N°1830 8e année

« Diplômé de Sciences Po, Julien Suaudeau vit depuis sept ans à Philadelphie où il restaure des appartements pendant que sa femme enseigne l’économie à l’université. Il aime les Etats-Unis et s’y trouve bien. Mais il reste attaché à son pays d’origine dont il suit attentivement l’actualité. A travers la boxe – qu’il pratique toujours -, il a fréquenté la banlieue et ses habitants. Dans « Dawa », il nous en dresse un portrait sans concession. On y croise Momo, qui cherche à s’en sortir avec toute sa hargne de boxeur. Soul, son ami pour la vie, bon étudiant mais brisé par les deux connards qui lui servent de frère. Et Sybille, la fille des beaux quartiers qui pimente sa vie en draguant les garçons de l’autre côté du périph. Trois destins qui s’entremêlent sur fond d’émeutes de banlieue et de menace d’attentat. Si « Dawa » n’est pas forcément un roman noir, c’est assurément un roman sombre. « La vie sans le hasard, sans une petite probabilité que les choses s’améliorent, ça ne s’appelle pas la vie ». Le livre refermé, on se dit que dans cette France « blême, étriquée, aveugle », à bout de souffle, d’inspiration et de moyens –« on pilote le déclin avec un gouvernail grand comme une pièce de cinq francs » -, ce n’est pas demain que les choses vont s’améliorer. « Dawa », le « grand chaos », est peut-être à venir. « Dawa », le roman, est sûrement à lire. »

 
Ci-dessous l’entretien de l’auteur avec Natacha Polony :
http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/04/04/31003-20140404ARTFIG00364-radicalisation-des-jeunes-de-banlieue-djihad-en-syrie-le-debat-natacha-polonyjulien-suaudeau.php

 
Pages vues :
http://www.pagesvues.net/nouveautes/dawa-julien-suaudeau/

 
Sur le sens de « dawa » :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dawa

 
Site de la maison d’édition :
http://www.laffont.fr/site/dawa_&100&9782221140727.html


Critiques de l’ouvrage :
http://lebouquineur.hautetfort.com/archive/2014/03/09/julien-suaudeau-dawa-5318050.html





 
Jean Vinatier
SERIATIM 2014


Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Angola, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Bangladesh, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto-Rico), Equateur, Ethiopie, Ghana, Gabon, Gambie, Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kazakhstan, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Panama, Pérou, Philippines, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Syrie, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–Et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Vatican, Venezuela, Vietnam, Yémen

 

mercredi 4 décembre 2013

« Camus brûlant » et la controverse algérienne : réponse à Benjamin Stora par Abdellali Merdaci et Ahmed Bensaada N°1543 6e année

Les propos des deux auteurs algériens dépassent la seule « guerre intellectuelle » en posant l’histoire nationale de leur pays.

« Benjamin Stora – qui devait organiser à Aix-en-Provence « L’Exposition Albert Camus » à l’occasion du centenaire de la naissance de l’écrivain pied-noir d’Algérie – vient de publier Camus brûlant (1), cosigné par son assistant Jean-Baptiste Pérétié, un ouvrage sur les conditions dans lesquelles il a été « débarqué » de cette manifestation d’hommage par la municipalité de droite de la cité méditerranéenne. Il s’agit, à l’évidence, d’une affaire franco-française, un de ces nombreux épisodes de ce que l’historien Michel Winock appelait « la guerre intellectuelle » (2), aux rôles et aux acteurs presque convenus, qui sait entremêler les attentes de la culture et les outrances de la politique. Cependant, Stora s’appesantit, au-delà des péripéties encore obscures de son éviction, sur le « moment Camus » en France et en Algérie. Observe-t-il, relativement à la séquence algérienne, l’indispensable distance de l’historien ? Il est vrai que son texte, qui est publié dans une collection intitulée « Parti pris », vaut engagement, relativement à Camus et aux querelles de mémoires qui entourent sa postérité. Cet engagement a été le nôtre dans un débat public en Algérie, au printemps 2010, sur la présence de l’auteur de L’Étranger dans la scène littéraire algérienne. Stora cite nos propos dans une construction argumentaire absurdement manichéenne, qui a vite enrégimenté partisans et adversaires de Camus dans une empoignade passionnelle. Sur le fond du débat, sur les perspectives socio-historiques qu’il délimitait, l’historien français, il peut s’agir d’une contrainte éditoriale, a été assez court, pour ne pas faire entendre, ici, les non-dits d’une controverse algérienne autour de Camus et de sa survie algérienne. »

 La  suite ci-dessous :
http://www.afrique-asie.fr/component/content/article/75-a-la-une/6792-camus-brulant-et-la-controverse-algerienne-reponse-a-benjamin-stora.html

Jean Vinatier
SERIATIM 2013

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Angola, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Bangladesh, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Equateur, Ethiopie, Ghana, Gabon, Gambie, Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kazakhstan, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Philippines, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Syrie, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Vatican, Venezuela, Vietnam, Yémen

 

lundi 30 septembre 2013

Marie-Hélène Lafon : « Traversée » N°1457 6e année

L’auteure, Marie-Hélène Lafon, professeur de lettres classiques (français, latin, grec) nous entraîne dans une « Traversée » délicate aux promenades successives où l’on fane au gré de son élégante écriture…

« Je dis on, nous les enfants, les trois : j’écris aussi on et nous pour les lignes paysannes qui nous ont précédés, côté père et côté mère, et continuent jusqu’à ma génération, née au début des années soixante. Quelque chose du je commence là, entre nous et on, dans ce nous, dans ce on, et à cet infime endroit du monde, dans la fente où, dès l’enfance, je sais que je ne vivrai pas comme l’ont fait ceux qui, avant moi, furent paysans pour les siècles des siècles.  La géologie et la géographie des choses ne se séparent pas de leur histoire : je sais que je partirai parce que les adultes autour de moi le disent avec des mots et des phrases qui scandent la fin d’un monde. Les filles surtout sont vouées à partir et le font par l’école, les études, le travail qui se trouve dans les villes ; je ferai comme toutes, je serai les autres ; avant ça, entre dix ans et dix-huit ans, je prends la mesure, ou les mesures comme on dirait les mensurations, pied à pied pas à pas, depuis le creux de la fente jusqu’au bord du ciel, de ce monde premier que je quitterai t qui ne me quittera pas. Le corps immuable du pays s’inscrit dans ma mémoire et dans mon corps qui grandit et devient, entre dix ans et dix-huit ans ; c’est un corps à corps ; ça se fait évidemment à mon insu, ça me traverse et je ne choisis pas ; la poussée des choses est sourde et puissante, organique et considérable ; elle commande et c’est tout. » (p.15)

Source :

Lafon (Marie-Hélène) Traversée, Grane, Creaphis Editions/Fondation Facim, 2013  8€

Critiques autour de Marie-Hélène Lafon :




Site maison d’édition :
http://www.editions-creaphis.com/contenu/contact

Jean Vinatier
SERIATIM 2013

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Angola, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Bangladesh, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Equateur, Ethiopie, Ghana, Gabon, Gambie, Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kazakhstan, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Philippines, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Syrie, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Vatican, Venezuela, Vietnam, Yémen