Conférence de 2003 : Deux ans après le 11 septembre et au moment de la seconde guerre d’Irak
Jean Vinatier
Seriatim 2025
"Si vous ne lisez pas les journaux, vous n'êtes pas informés; si vous lisez les journaux, vous êtes mal informés" Mark Twain
Conférence de 2003 : Deux ans après le 11 septembre et au moment de la seconde guerre d’Irak
Jean Vinatier
Seriatim 2025
« Dans ce 5e épisode de la série Le Monde selon Todd, l’historien et anthropologue Emmanuel Todd revient sur les tensions entre Israël, l’Iran et les États-Unis qui virent à la guerre.
Grâce à son approche fondée sur la longue durée, il dévoile les ressorts profonds de la guerre en cours : effondrement du modèle américain, impasse stratégique israélienne, malentendus sur l’Iran chiite et la société iranienne, délitement du discours occidental, et risques de prolifération nucléaire.
Israël est le proxy au Proche-Orient d'une Amérique Impériale en voie de délitement.
L'Iran, alors que nous publions, attaque la base américaine au Qatar : Al Udeid est la plus grande base militaire américaine dans la région et abrite le quartier général de l'US Air Force. L'engrenage d'une nouvelle "guerre éternelle" s'installe.
Derrière le chaos actuel, Todd explore les structures anthropologiques, les récits fondateurs et les logiques de guerre. Une émission grave et essentielle, en pleine actualité, dédiée à la mémoire de son ami Philippe Cohen.
Vous êtes invité à consulter le nouveau blog officiel d’Emmanuel Todd :
https://emmanueltodd.substack.com »
Jean Vinatier
Seriatim2025
« Conférence du 6 juin 2025 Intervenant : Hugo Meijer, chargé de recherche CNRS au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris
Notre espèce, Homo sapiens, présente un paradoxe remarquable : nous sommes la seule espèce capable à la fois de conflits létaux et de coopération pacifique étendue entre groupes. Alors que certaines espèces se livrent à des conflits intergroupes (comme, par exemple, les chimpanzés, les loups et les fourmis), d’autres font preuve d’une coopération intergroupe limitée (comme les bonobos et les dauphins), mais aucune autre espèce ne combine ces deux comportements à une telle échelle et avec une telle complexité. En intégrant des données issues d’un large éventail de disciplines (biologie, primatologie, anthropologie, archéologie, génétique, neurosciences, criminologie, psychologie sociale, linguistique, démographie et climatologie), l’ouvrage présenté par Hugo Meijer – Janus-faced: The Origins of War and Peace in the Human Species – analyse les facteurs biologiques, culturels et environnementaux qui permettent de saisir quand et pourquoi cette dualité, qui nous distingue au sein du règne animal, a émergé au cours de la lignée humaine.
Chaire Paléoanthropologie Professeur : Jean-Jacques Hublin »
Jean Vinatier
Seriatim2025
Conférence du 21 février 2018 par Mireille Touzery, professeure d'histoire moderne et directrice du département histoire de l'Université Paris-Est Créteil. Dans le cadre de l’exposition « Carto, cartographier l'Oise » qui s'est déroulée aux Archives départementales de l'Oise.
Jean Vinatier
Seriatim2024
“Dans ce livre passionnant, publié par les Éditions du CNRS, Fabien Lostec ouvre un champ totalement ignoré par l’historiographie de l'Occupation, de la Libération puis du rétablissement de la République.
"Contrairement à une légende tenace, toutes les femmes collaboratrices n’ont pas été graciées par les tribunaux de l’épuration à la sortie de la Seconde Guerre mondiale. Elles sont 650 à être frappées par la peine capitale, dont 45 sont finalement exécutées. Jamais, depuis la Révolution française, autant de femmes n’avaient été condamnées et mises à mort en si peu de temps. Qui sont ces condamnées à mort, de quelle façon ont-elles collaboré, comment vivent-elles leur épuration et par qui sont-elles jugées ? Fabien Lostec brosse le portrait individuel et collectif de ces femmes. Il nous montre qu’au-delà de l’image de la collaboratrice sentimentale, elles se sont résolument engagées au service de l’ennemi, ont commis des actions violentes et des tortures, ont provoqué des déportations et des assassinats.
La morale et le droit s’entremêlent lors de leurs procès, puisqu’elles sont accusées d’être de mauvaises épouses et/ou mères et, plus largement, de mauvaises femmes. L’auteur examine le temps du jugement jusqu’à la mort pour celles dont le recours en grâce est rejeté et n’oublie pas le temps de l’incarcération ni celui de la sortie de prison pour celles qui bénéficient d’une commutation de peine. Une étude fine qui vient renouveler par le genre l’histoire de l’épuration et de la violence politique." source CNRS. »
Jean Vinatier
Seriatim2024
Si l’histoire est faite par les historiens et l’actualité par les hommes, l’un des paradoxes de la science historique – et corrélativement l’un de ses obstacles – est précisément que l’histoire est faite par un homme à la fois observateur du présent et interprète du passé. L’historien est donc à la croisée d’une double tension intellectuelle : analyser le passé avec son regard du présent, observer le présent avec son interprétation du passé.
Interpréter le passé, c’est donner un sens à la chronologie, c’est la condenser dans des moments de ruptures explicatives. Cette opération de condensation a le bénéfice de démêler l’écheveau de la complexité événementielle à travers la simplicité d’un prisme interprétatif. Interpréter les événements c’est au fond peser, évaluer, trier, conserver les faits déterminants, rejeter les quantités négligeables. C’est finalement construire la chronologie et rendre tangible les ruptures. L’événement-rupture quant à lui, est un basculement, une discontinuité dans la continuité temporelle, un bouleversement notable avec un avant et un après.
Il est d’autant plus aisé pour l’interprète-historien d’identifier la rupture passée que l’après rupture est donnée dans une perspective historique déjà visible. En revanche, l’observateur du présent, historien ou non, peut identifier un événement présent comme une rupture alors que l’histoire prouvera qu’il n’en est rien. Inversement, ce même observateur peut vivre la rupture sans la voir puisque l’après rupture est encore invisible.
Les guerres et les révolutions sont-elles des indices de rupture ?
« L’histoire universelle n’est pas le lieu de la félicité. Les périodes de bonheur y sont ses pages blanches. » Cette formule, extraite des Leçons sur la philosophie de l’histoire du philosophe allemand Hegel, peut servir de guide méthodologique pour identifier l’événement-rupture. Si nous retenons de l’histoire sa dimension tragique faite essentiellement de guerres et de révolutions, c’est sans doute parce que ce genre d’événement peut prétendre constituer des moments décisifs de compréhension. Ils sont des marqueurs qui méritent toute notre attention.
Tentons d’illustrer ces quelques réflexions par l’exemple, ou plutôt commençons par le contre-exemple. Les biens mal nommés « printemps arabes » de 2011 ont pu laisser penser à l’observateur contemporain que nous avions à faire aux signes objectifs d’une rupture révolutionnaire avec à la clef l’avènement de la liberté démocratique dans le monde arabe. Rares sont les contemporains irrévérencieux qui contre les opinions reçues ont analysé qu’il n’en était rien. Au risque de subir les affres de l’ostracisme intellectuel, rares sont les rabat-joie qui ont osé dire que ces expressions de « printemps arabes », de « liberté », de « droits de l’homme » et de « démocratie » n’étaient que préjugés, la projection de catégories occidentales en l’occurrence peu consistantes qui ne correspondaient pas à la réalité sociologique et politique régionale. Ces catégories ont été évidemment largement relayées par les médias occidentaux du tout-venant et le nez pointé sur l’information du jour, l’Occident a célébré le Moyen-Orient touché par la grâce révolutionnaire et démocratique.
Pourtant, il n’y a pas eu d’authentique révolution démocratique ni en Tunisie – quand bien même ce cas est plus discutable que les autres – ni en Égypte, ni en Libye, ni en Syrie, ni au Yémen, ni à Bahreïn. Nous avons voulu voir ce que nous croyons, principe peu défendable du point de vue scientifique, alors que nous aurions dû inverser la syntaxe dans une approche empirique et croire en ce que nous voyons. Comprenons par le verbe « voir » : enquêter, analyser, distinguer. Nous conseillons à ce propos l’excellent ouvrage d’Alain Chouet, Au cœur des services spéciaux. La menace islamiste : fausses pistes et vrais dangers. L’auteur, ancien directeur de la DGSE, chargé de mission notamment à Damas ou Beyrouth, arabophone, pétri de culture arabo-musulmane et de ses alentours (Turquie, Iran, Afghanistan et Pakistan) mérite une attention particulière sur le sujet.
L’ouvrage questionne[1] en effet cette expression de « printemps arabes » dans sa spontanéité, sa profondeur et son authenticité. Au fond, dit-il, la question n’est donc pas tant de savoir pourquoi ces pays arabes connaissent de tels mouvements de contestations en 2011, mais plutôt : pourquoi les Occidentaux s’y intéressent-il tant, alors que depuis la fin des années 60 les contestations violentes dans cette région sont observées avec une splendide indifférence ? D’une manière générale, l’Occident a manifesté, il est vrai, un enthousiasme doublé d’une volonté « bienveillante » et toute paternaliste d’accompagner le « dégagisme » des autocraties arabes. En préambule de l’analyse de Chouet, relevons sa formule qui propose une analogie intéressante : « Quelle aurait été la légitimité des révolutionnaires de 1789 si c’était une coalition anglo-russo-prussienne qui avait coupé la tête du roi de France ? »[2].”
La suite ci-dessous :
https://cf2r.org/tribune/la-guerre-en-ukraine-est-elle-une-rupture-historique/
Jean Vinatier
Seriatim2024
« Les auteurs dressent un tableau documenté de la situation en mer Rouge puis dans l’océan Indien. Ils étudient ensuite les possibles liens de causalité entre les attaques Houthis en mer Rouge et le renouveau des attaques pirates dans l’océan Indien. Ce qui illustre, sur fond de guerre à Gaza, dans l’interdépendance terre / mer, le chaos des échelles et l’interconnexion des crises du temps présent. Deux cartes inédites illustrent cet article.
LES IMPLICATIONS maritimes de l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 ne se sont manifestées qu’après plusieurs semaines de conflit. Afin d’analyser l’état de la menace selon les zones considérées, un bref point de situation semble nécessaire, la guerre qui oppose le Hamas et Tsahal étant la cause de l’extension du conflit actuel en mer Rouge. Effectivement, d’après leur discours officiel, les Houthis continueront leurs actions à l’encontre des navires qui transitent dans la zone tant que les opérations israéliennes se poursuivent à Gaza. Si l’objectif est de porter atteinte aux intérêts israéliens, Israël et sa façade maritime en Méditerranée orientale sont pourtant restés relativement épargnés sur le plan maritime [1].
Toutefois, avec l’entrée des Houthis dans la guerre, le conflit a changé d’échelle géographique, basculant d’une dimension régionale à une logique mondiale, en menaçant directement les navires transitant en mer Rouge, entre le détroit de Bab el-Mandeb [2] et le canal de Suez, deux seuils stratégiques indispensables à la libre circulation d’une économie mondialisée et maritimisée, et par lesquels transitent 30 % du volume de conteneurs (15 % du commerce mondial). Parmi ces premières victimes collatérales figurent le canal de Suez, qui a annoncé une chute de près de 50 % de ses recettes et 37 % du nombre de passages. La plupart des armateurs, au premier rang desquels figurent MSC, Maersk ou la CMA-CGM, préfèrent contourner la mer Rouge par le cap de Bonne Espérance, soit un détour de 6 000 km impliquant une hausse conséquente des tarifs de fret.
La géopolitique ayant horreur du vide, l’appel d’air opérationnel et médiatique créé par le conflit en mer Rouge a délaissé l’océan Indien, où les pirates sévissent de nouveau depuis fin novembre 2023.
En dressant un tableau général de la situation en mer Rouge (première partie) et dans l’océan Indien (seconde partie), l’objectif de cet article sera, notamment, d’étudier les potentiels liens de causalité entre les attaques Houthis en mer Rouge et les attaques pirates dans l’océan Indien.
Une fois les espaces géographiques délimités, il convient d’identifier le type d’acteurs et de menaces auxquelles les navires civils et bâtiments militaires déployés sur zone sont exposés. Ainsi, il est important de distinguer les attaques Houthis [3], groupe insurgé paramilitaire pro iranien motivé par des objectifs politiques, stratégiques, symboliques et médiatiques visant les intérêts israéliens et leurs alliés, des attaques pirates - dont le mode opératoire diffère grandement - motivés par l’appât du gain, et recherchant le ratio gain/risque le plus favorable possible. Les groupes terroristes jouent dans cette équation un rôle différent. Le groupe qaïdiste Al-Shebbab assure un rôle de soutien indirect aux groupes pirates en Somalie. Alors que le chef des rebelles Houthis, Abdul-Malik al-Houthi avait annoncé mi-mars 2024 son intention d’étendre ses attaques vers l’océan Indien, donc dans une zone proche des zones de piraterie, ces distinctions sont d’autant plus importantes. »
La suite ci-dessous :
Jean Vinatier
Seriatim2024