Info

Nouvelle adresse Seriatim
@seriatimfr
jeanvin22@gmail.com



Affichage des articles dont le libellé est Pacifique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Pacifique. Afficher tous les articles

jeudi 23 février 2023

Autour du livre de Jean-Pierre Cabestan "Demain la Chine : guerre ou paix ?" N°5639 17e année

 

Juin 2022

 « Alors que la guerre en Ukraine fait rage, la question d'un engagement éventuel de la Chine dans un conflit armé devient de plus en plus pressante. La mer de Chine du Sud, les Senkaku (Diaoyu) et surtout Taiwan sont les théâtres potentiels de guerre les plus souvent évoqués. Xi Jinping s'apprête-t-il pour autant à envahir Taïwan ? S'il est trop tôt pour savoir quelles leçons le gouvernement chinois va tirer de l'invasion russe de l'Ukraine, il semble pour l'heure continuer de privilégier tant dans le détroit de Taïwan qu'ailleurs une stratégie dite des "zones grises", qui sans outrepasser le seuil de la guerre accroît la pression psychologique sur ses adversaires, y compris les États-Unis.

 Intervenants : - Jean-Pierre Cabestan (CNRS, IFRAE) - Chloé Froissart (PU Inalco, IFRAE) - Jean-François Di Meglio, président d'Asia Centre 

Table ronde organisée par l'Institut français de recherche sur l'Asie de l'Est et Asia Centre. » 

https://livre.fnac.com/a15933397/Jean-Pierre-Cabestan-Demain-la-Chine-guerre-ou-paix

Jean Vinatier

 Seriatim 2023

lundi 6 février 2023

Ukraine: Pékin ballon et conflictualité mondiale N°5624 17e année

 

La semaine dernière la Chine a envoyé deux messages en direction des États-Unis. D’abord par la voix du ministère des Affaires Étrangères rendant responsable de la guerre en Ukraine la présidence Biden, d’autre part par l’envoi du fameux ballon, forcément destiné à être détruit qui indique que nul ciel aérien n’est sécurisé en totalité. Dans toute action chinoise, il a y  une correspondance taïwanaise.

Si nous ne sommes pas dans une « troisième guerre mondiale » comme le dit Emmanuel Todd, aucune déclaration de guerre n’étant intervenue, cependant, nous nous enfonçons dans la conflictualité mondiale. Il en va de la guerre en Ukraine comme de l’état des « marchés » où jusqu’à présent tout le monde est d’accord pour que rien ne se fracasse, aucune puissance ne voulant pas assumer les dommages collatéraux et peut-être ne sachant pas mesurer précisément les ondes de choc.

A la vérité chacune recule la ligne rouge, chacune fait preuve d’une résilience mais jusqu’à quand ? L’Union européenne vient de décider un dixième paquet de sanctions, les neufs précédents ayant eu peu de succès, un peu comme si l’on versait dans un tonneau des Danaïdes de l’Ukraine, elle-même, secouée par deux vagues anti-corruption qui chacune se rapproche de son dirigeant et de son entourage. Les Ukrainiens attendent les chars à la façon du film Le désert des Tartares car l’on sait bien que l’acheminement des engins blindés, Léopard, Leclerc, Abraham, suppose des formations, des logistiques et des approvisionnements spécifiques. Nous sommes donc dans une phase de communication avec en toile de fond, « l’offensive du printemps » où aurait lieu une grande bataille de chars, Berlin rêvant, qui sait, de venger Koursk ? Le congrès américain vient à peine de débuter sa législature, le Pentagone affiche son scepticisme sur la fuite en avant armée. Les événements intérieurs américains seront à surveiller de près.

Dans un monde globalisé et interdépendant, se développent des alternatives qui souhaiteraient être à la fois protectionnistes et « mondialisantes ». Ainsi avec, les BRICS qui forment une ligne intercontinental (Asie, Afrique, Amérique du Sud) avec à la clés une monnaie et un espace mercantile parallèlement au dollar, de son côté l’Organisation de Shanghai voudrait être structure harmonieuse asiatique où la Chine jouerait un rôle stabilisant. On remarquera que l’Asie ne songe pas encore à définir une alliance militaire commune, seuls les États-Unis veulent étendre leur Otan.

Hier, je regardais le sommet de l’APEC, tenu récemment en Thaïlande. L’Asie n’est vraiment pas l’aire Atlantique et quand arrivent un canadien, un australien ou un américain, on se dit « cherchez l’intrus ? » n’empêchant pas un Emmanuel Macron de dire à l’Asie indopacifique qu’il n’y aura qu’un ordre mondial, pas deux !  

La fin de l’histoire si chère à Fukuyama a sa vérité pour l’aire Atlantique, l’Europe se glissant dans le lit nord-américain, son Union ne voulant pas de souveraineté  et s’installe dans un avenir tibétain quand l’Asie semble, au contraire, se met sur orbite, à sa manière et avec des codes et des histoires qui sont les leurs…. Quand j’entends dire qu’en Ukraine nous nous battons pour nos valeurs dans le cadre d’une obéissance absolue aux États-Unis prédestinés à être le monde, en réalité nous reprenons nos certitudes coloniales puisqu’alors, nous allions y répandre nos valeurs. Dans ce conflit en Ukraine, il y a comme un parfum d’ancien régime du côté Atlantique, une sorte de charge de cavalerie face « aux armements nouveaux ».

L’Ukraine prenant pratiquement le chemin de la Pologne du XVIIIe siècle, se voit dans un conflit local, avec un défi régional européen mais sous tempo américain qui chercherait la bonne partition pour avaler la Chine puis l’Inde. La Russie étant eurasiatique, elle combat localement pour ne pas perdre sa puissance régionale en ayant clairement conscience du vrai champ de bataille : qui l’emportera demain de l’Asie ou des USA, quel modèle économique s’imposera, celui d’Asie, celui de l’aire Atlantique…etc…etc.

Parfois on regrette que nous vivions dans un monde clos sans perspective, aujourd’hui, d’aller vers de nouvelles terres/planètes « galaxiales » qui dégonfleraient les conflictualités. Pour l’heure, la Chine et les États-Unis se mettent face à face…. Atlantique contre Pacifique, raz-de-marée contre tsunami ?

 

Jean Vinatier

Seriatim 2023

lundi 13 décembre 2021

Nouvelle-Calédonie : un non de souffre N°5768 15e année

 

96% de votes contre l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, une intervention martiale télévisuelle du Président de la République…Oui, mais, les indépendantistes ayant passé la consigne de ne pas participer à ce troisième référendum en raison du Coronavirus, ce score est tout à fait relatif.

Dans de précédents Seriatim, j’ai écrit l’importance du Pacifique au vu du choc des ambitions sino-américaines et noté, à travers l’affaire AUKUS, la manière retenue par les anglo-américains (Five Eyes) pour tenir de bout en bout la ligne militaire, excluant de facto la France.

A l’époque des accords de Matignon qui correspondait au lent éveil de la Chine post-maoïste, le Pacifique n’était pas regardé comme essentiel. Depuis, bien évidemment des rapports et documents ont vu le jour mais tant que le politique ne se décidait pas à retenir une voie géopolitique, tous ces écrits restaient dans les cartons.

L’axe indopacifique intégré dans la stratégie du containment a sa correspondance avec la longue frontière de l’Europe face à la Russie. La Nouvelle-Calédonie, déjà pièce maitresse logistique américaine pendant la seconde guerre mondiale contre le Japon, retrouve donc toute sa place et met la France dans une situation singulière.

Singulière parce que d’un coup, il nous faudrait avoir des buts à atteindre et les moyens pour y parvenir. Singulière parce que très longtemps les gouvernements successifs ont laissé les richesses de l’île passer des mains françaises à des mains étrangères. Singulière parce que les présidences élyséennes s’en remirent aux seuls referenda sans songer un seul instant que la Nouvelle-Calédonie devenu Etat-associé aurait servi de modèle pour l’ensemble des DOM-TOM nous évitant dans le cadre de l’Union européenne, d’être le dernier « empire colonial ».

Il est à parier que cette troisième consultation, à l’instar des doses vaccinales, aura sa quatrième sous peine d’affronter une guerre indépendantiste soutenue par la Chine ou par les Five Eyes si nous ne resterions pas dans l’obéissance.

Ce succès est un moment Pyrrhus à moins que la France ne dessine une politique que l’on regarde comme difficile tellement l’Élysée tient à effacer le moment « AUKUS » et envoie par conséquent un message passif à Washington quand la Chine ne peut nous observer que comme ennemie. Or, une fois encore, l’intérêt de la France et de l’Union européenne est-il de se placer dans l’axe Indopacifique des Five Eyes ? Jusqu’à ce jour, je n’ai lu aucune réponse sur ce point.

Ainsi, avec, le oui indépendantiste, les kanaks auraient été entre deux mâchoires (sino-américaines), la France perdant une part importante de son espace maritime dans le Pacifique (le second derrière celui des États-Unis), se repliant à Tahiti loin derrière les lignes rouges

Ainsi avec le non calédonien à l’indépendance, la France, restant géographiquement au premier rang de la concurrence sino-américaine, est contrainte : ou bien se ranger, ou bien à prendre de la hauteur à la condition d’avoir l’Union européenne en soutient ce dont on peut douter au vu des rudesses annoncées par le successeur d’Angela Merkel au sujet de North Stream 2 et de l’Ukraine…

Ce non est plein de souffre….

 

 

 

Jean Vinatier

Seriatim 2021