Conférence d’Abdelmajid Baakrime, professeur d’Histoire de la philosophie et des sciences à l’ENS de Meknès.
« La conférence porte sur les rapports qui ont prévalu au Moyen Âge, en matière de savoir philosophique et scientifique, entre l’Orient musulman et l’Occident chrétien. Mais, vu l’étendue du sujet, on se limitera à la problématique qui a secoué les deux civilisations, à savoir, la nécessité de concilier la Foi et la philosophie, et plus précisément, la philosophie aristotélicienne. Dans ce contexte, on retiendra le nom d’Avicenne (Ibn Sina) et sa philosophie première, ainsi que sa théorie de l’âme, tout en intégrant le nom du savant Alhazen (Ibn Al haytham), et sa théorie de la vision, pour avoir servi de base aux théories de la connaissance qui ont fleuri au XIVe siècle, en particulier, chez les nominalistes anglais. Ces données, conjuguée avec des éléments de la philosophie dite néo-platonicienne, fraîchement traduits de l’arabe en latin, fourniront la feuille de route de la solution de notre problématique. »
Les migrants venus d’Asie, d’Afrique
qui se massent à la frontière polono-lituanienne auront pour conséquence la
construction du mur par la Pologne (mais aussi par la Lituanie1).
Pour l’heure, c’est une bataille de chiffonniers entre Bruxelles et Varsovie. L’Union
est prête à aider la Pologne à l’ériger (mais oui !) en échange d’une
législation nouvelle sur l’accueil aux réfugiés et de laisser Frontex, dont le
siège est à Varsovie, opérer. La Pologne dit non !
De son côté, le Royaume-Uni qui
vient de quitter l’Union européenne a envoyé officiellement une dizaine de
soldats (en réalité plus : MI6 et consorts) pour guider l’armée polonaise
laquelle ne vit pas un soldat de l’Union !!! L’action britannique est un
souhait de Washington qui ne veut pas agir au grand jour car Joe Biden fait
face à sa frontière sud aux afflux migratoires et n’entend pas les laisser
passer !
Ainsi arrive tranquilo (comme
disent les hispanophones) la question des flux humains manœuvrés ou non. Depuis
Recep Erdogan qui a compris tout ce qu’il aurait à gagner avec une Union
européenne à la fois impuissante, opulente et vieillissante en menaçant de
lever les écluses, l’idée à fait son chemin. Ainsi le Maroc le fit pendant
trois jours alarmant l’Espagne et la France. Aujourd’hui, c’est le tour de la
Biélorussie dont Bruxelles a décidé de ne pas reconnaitre son Président Loukachenko,
d’entrer sur la scène du chantage bien évidemment sous le regard attentif de la
Russie de Vladimir Poutine pas fâché de voir les Européens contraints de
soutenir une Pologne qu’ils vouent aux gémonies parce que peu progressiste mais
qu’ils doivent aider tout en ayant des comptes d’apothicaires. Jamais on ne vit
un plus grand désordre et de plus grands dangers.
Depuis février 2014, date où un
coup d’État renversa le Président ukrainien, les tensions et les doubles
discours ne cessent pas entre les européens et les russes, l’Allemagne jouant
son propre jeu très attachée à être autant fidèle à Washington qu’à ne pas déplaire
à Moscou, obtenant même la réalisation de North Stream II et guignant sa part
ukrainienne. Le départ d’Angela Merkel, l’inconnu du nouveau gouvernement
allemand sont un passage de faiblesse sans doute bien vu comme opportun pour
faire débouler des migrants ou réfugiés à la frontière lituano-polonaise avec
cerise sur le gâteau l’ONU très favorable aux accueils.
S’ouvrent donc plusieurs fronts :
l’un extérieur à la Pologne et à l’Union où la Biélorussie est une boule sur un
billard à trois bandes, l’autre intérieur, entre la Pologne et l’Union :
si Bruxelles contraignait Varsovie à ouvrir les vannes, la Pologne n’aurait
rien de plus pressée que de les expédier en …Allemagne !
A moins de deux mois du début de
la présidence européenne française, Emmanuel Macron s’est entretenu avec Vladimir
Poutine et s’entendirent pour prôner une « désescalade ». Cet échange
reconnait à la Russie sa place maitresse et donc la partie d’échecs sera
rude pour nous. Car en sus de ces migrants s’ajoutent les actions otaniennes en
Mer Noire contre lesquelles Moscou répondit avec fermeté et constance.
Il faut aussi avoir à l’esprit
que ces migrants arrivés autant d’Asie (Afghanistan, Irak, Syrie, Yémen) que d’Afrique
entrent totalement dans le jeu d’équilibre et de rivalité. Quand l’Union européenne
demande à l’Irak de contrôler les avions en partance depuis Bagdad, son
gouvernement sous influence de l’Iran qui pèse via le Hezbollah au Liban en
pleine décomposition ne nous aidera en rien sauf à payer toujours et encore.
Historiquement, ces formes de chantage qui se mettent désormais en place me
rappellent, un peu, ceux qu’Attila établissaient entre 445 et 453 avec la Constantinople
de Théodose II puis de Marcien….Il faut dire les choses l’Europe et l’Allemagne
en tête paient un tribut pour supporter le poids migratoire. A bien des égards,
nous sommes dans des caractéristiques byzantines…..
Le
porte-parole de la Commissaire aux affaires intérieures Ylva Johansson, a
qualifié de "bonne idée" l'érection de cette barrière tout en
soulignant que "la Commission ne finançait aucune clôture, ni aucun
mur".
"Les
fonds de l'UE seront alloués là où ils apportent une valeur ajoutée pour la
gestion des frontières extérieures de l'UE", a-t-il précisé. "Des
procédures sont en cours, en étroite collaboration entre la Commission et les
autorités lituaniennes, afin de déterminer exactement les montants nécessaires
et leur affectation précise"
« Depuis 2016, le Policy Center for the New South et le Centre HEC de Géopolitique organisent chaque année deux éditions des « Dialogues Stratégiques ». Cette plateforme d’analyse et d’échange réunit des experts, des chercheurs provenant de différents think-tanks et du monde académique, des praticiens, ainsi que des décideurs politiques pour débattre des grandes questions géopolitiques et sécuritaires à l’échelle internationale, ainsi que des pro-blématiques d’importance commune à la fois pour l’Europe et l’Afrique.
Le cycle de séminaires a pour vocation d’offrir un environnement orienté vers les politiques publiques « policy-oriented », où les panélistes se réunissent dans un cadre interactif et constructif pour confronter et enrichir leurs analyses respectives. Cette collaboration est issue du partenariat tissé entre les deux centres de réflexion, en vue de favoriser le dialogue scientifique et multidisciplinaire et de contribuer à la production d’analyses pertinentes sur des problématiques majeures.
Dans la perspective de partager les fruits des échanges menés lors des séminaires avec les participants et les parties prenantes intéressées, les discussions et échanges font l’objet de « Policy Papers » qui sont regroupés au sein d’une publication conjointe. »
Format
Les Dialogues Stratégiques sont des séminaires s’étalant sur une journée entière lors desquels décideurs et experts échangent avec une audience de chercheurs établis et de praticiens autour d’une question portant sur un enjeu global et une problématique d’intérêt régional.
Cette dixième édition des Dialogues Stratégiques se tiendra le 04 Mai 2021 et s’insère dans la continuité de la collaboration fructueuse entre les deux centres. Les discussions porteront sur : 1) Les Rivalités de Puissance en Afrique et 2) L’Afrique face au Terrorisme.
Session 1 : Les Rivalités de Puissance en Afrique
« Les rivalités de puissance constituent l'un des éléments les plus importants de la politique mondiale. Si les études sur les guerres, les crises et les différends sont courantes sur la scène internationale, l’appréhension des événements violents a pris du temps à refléter qu’il s’agit en effet d’un résultat de relations conflictuelles prolongées. Plutôt que de se concentrer uniquement sur les querelles interétatiques, il serait judicieux d’examiner leurs antécédents et considérer les rivalités comme des processus continus.
La rivalité des grandes puissances, combinée aux clivages régionaux déjà existants, pourrait avoir une incidence négative sur la stabilité du continent. De plus, avec la situation politique et économique actuelle amplifiée par les effets du COVID-19, les rivalités entre grandes puissances peuvent ralentir à court terme, mais à plus long terme, la compétition entre les États-Unis, la Chine et la Russie pourrait s'intensifier étant donné la rhétorique conflictuelle de ces puissances et les tendances nationalistes amplifiées par la pandémie. »
Session 2: L’Afrique face au terrorisme
« La menace persistante du terrorisme dans l'ouest du Sahel a soulevé de graves problèmes de sécurité dans le continent africain. Les actions attribuées à Boko Haram ont également dépassé les frontières du Nigéria vers les pays voisins, notamment le Cameroun, le Niger et le Tchad, et ont influencé la trajectoire du djihadisme dans le Sahel. Cette dynamique a ainsi contribué à donner un nouveau souffle à certains groupes et a suscité des tensions et fractures au sein d’autres.
Les réponses à la menace terroriste demeurent confrontées à de nombreux défis. Ces derniers se résument dans la difficulté des pays concernés à l’appréhender dans sa complexité et à disposer des instruments appropriés susceptibles d’y faire face. Le terrorisme n’est pas seulement une question régionale, mais représente un danger évident et immédiat pour la paix et la sécurité dans le monde.
La 10ème édition des Dialogues Stratégiques cherche ainsi à explorer les rivalités de puissance et les défis liés à la lutte contre le terrorisme, en se focalisant sur le continent Africain. Les échanges viseront également les efforts déployés pour faire face aux défis sécuritaires, telle que la sécurité économique internationale et la lutte contre le terrorisme, à travers notamment, une mise en perspectives des actions menées des différentes parties prenantes. »
" Les Géopolitiques de Nantes 2020 Samedi 26 septembre 2020 11h45 – 13h
Quel avenir pour le Maghreb ? Avec Akram Belkaïd, Didier Billion, José Garçon et Luis Martinez / Présentée par Bastien Alex
Le lieu unique et l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), avec le soutien de Nantes Métropole, organisent Les Géopolitiques de Nantes : rendez-vous annuel proposant une quinzaine de tables rondes en présence d’une soixantaine de conférenciers, pour dé-crypter les défis stratégiques auxquels le monde est confronté. Faire comprendre, donner des perspectives, multiplier les échanges entre les spécialistes et le public, tels sont les objectifs de ce festival. "