Civilisations et migrations (1) : Introduction
Civilisations et migrations 2: Formes et périodes de colonisation
Civilisations et migrations 3: Justice et citoyenneté en situation coloniale
Jean Vinatier
Seriatim 2023
"Si vous ne lisez pas les journaux, vous n'êtes pas informés; si vous lisez les journaux, vous êtes mal informés" Mark Twain
Civilisations et migrations (1) : Introduction
Civilisations et migrations 2: Formes et périodes de colonisation
Civilisations et migrations 3: Justice et citoyenneté en situation coloniale
Jean Vinatier
Seriatim 2023
« Carole André-Dessornes, docteure en sociologie politique (EHESS) et spécialiste des rapports de forces au Moyen-Orient-Méditerranée, elle est chercheuse associée à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), chargée d’enseignement à l’Institut catholique de Paris. Elle a publié entre autres Les femmes-martyres dans le monde arabe: Liban, Palestine & Irak. Quelle place accorder à ce phénomène? (L’Harmattan, 2013) et 1915-2015. Un siècle de tragédies et de traumatismes au Moyen-Orient (Coll. La Bibliothèque de l’iReMMO, L’Harmattan, 2015).
Modération: Agnès Levallois, vice-présidente de l’iReMMO. »
Jean Vinatier
Seriatim 2023
Bio de Stéphane François : https://laviedesidees.fr/_Francois-Stephane_
« Longtemps ignorée ou déconsidérée, l’écologie n’a fait que récemment son entrée dans le programme de l’extrême droite. Mais sous couvert de localisme, ce dernier ne renonce en rien aux logiques productivistes. »
« Le 13 avril 2023, le magazine Valeurs actuelles a organisé une soirée durant laquelle le journaliste, militant écologiste et animaliste Hugo Clément a accepté de débattre avec le président du Rassemblement national, Jordan Bardella. Cela a valu au premier de compromission avec l’extrême droite. Cette polémique offre l’occasion de revenir sur les rapports qu’entretient le Rassemblement national, nommé Front national (FN) jusqu’en 2018
, avec l’écologie. Nous verrons que cette dernière n’y est entrée que récemment, et surtout que partiellement.
Une écologie longtemps ignorée, voire rejetée
L’écologie apparaît au sein des programmes du FN au début des années 1990, dans une optique identitaire, sous l’impulsion de Bruno Mégret, issu du Club de l’Horloge, un club politique national-libéral, qui a cherché à faire le lien entre la droite et l’extrême droite. Pour ce dernier, il s’agit de donner une direction nouvelle au FN, après la disparition de l’ennemi « historique » : le communisme. Il faut investir le champ de l’identité. Il crée alors une revue, Identité. Considérant que la chute des régimes communistes entérine un basculement géopolitique, affirme que « l’affrontement politique principal n’est plus celui du socialisme marxiste contre le capitalisme libéral », mais « celui des tenants du cosmopolitisme contre les défenseurs des valeurs identitaires »
. Parallèlement, il souhaite également montrer que le FN est soucieux de préserver l’environnement. La convergence des deux thématiques apparaît lors du congrès de Nice des 31 mars et 1er avril 1990 où l’écologie est rehaussée dans un sens identitaire, car, pour les responsables frontistes, Mégret en tête, être écologiste, c’est vouloir préserver le milieu nécessaire à la survie et à l’épanouissement des espèces vivantes endémiques. Dans cette optique, les « véritables » écologistes sont ceux qui prennent en compte l’immigration comme un facteur déterminant de déséquilibre culturel et/ou ethnique.
Cette tentative n’a pas pris, car le rejet de l’écologie est ancien et surtout profond. Ainsi, l’ancien membre du comité scientifique du Front national
, l’identitaire Jean Haudry, a pu qualifier les écologistes d’« écolo-kagébistes » et de « peste verte ». Aujourd’hui encore, il rejette l’écologie et se situe parmi les climato-sceptiques. Membre du groupuscule « Terre et peuple » (il en a été le vice-président), créé initialement comme une association interne au Front national, il suit la scission mégrétiste
, sans pour autant adhérer à une forme d’écologie identitaire. À la suite du départ des mégrétistes, la thématique est mise de côté. En outre, il existe un fort rejet de l’écologie chez certains militants d’extrême droite, qui ne voient que des « pastèques » dans les activistes écologistes (vert à l’extérieur, rouge à l’intérieur), adeptes à la fois du « mondialisme » et d’une « écologie punitive ». Le FN part donc de loin sur ces questions.
En 2010, Jean-Marie Le Pen considérait encore l’écologie comme un passe-temps de « bobo », mais il est vrai qu’il se plaçait depuis le début des années 1980 dans une tradition de libéralisme économique, voire d’ultralibéralisme, se considérant comme le « Reagan français »
. Ce libéralisme économique est encore un marqueur important du RN de Marine Le Pen, qui insiste plus sur la productivité que sur la préservation de l’environnement. Aux journées d’été du FN en 2011, celle-ci, devenue la nouvelle présidente frontiste, avait appuyé sur plusieurs thèmes classiques de l’extrême droite, jouant sur la peur d’une arrivée massive d’une population extra-européenne, inassimilable du fait du nombre et des différences culturelles. En parallèle, elle parlait alors d’un « prétendu réchauffement climatique », minimisant la question écologique. Ce faisant, elle flirtait avec le « climato-scepticisme », doutant du rôle de l’activité humaine dans le réchauffement climatique et relativisant l’importance des travaux du GIEC, malgré la présence, durant un temps, de Laurent Ozon.”
La suite ci-dessous :
https://laviedesidees.fr/Localisme-ou-nationalisme
Jean Vinatier
Seriatim 2023
Depuis qu’Anne Hidalgo a trouvé à intérêt très tardif à la primaire populaire animée, principalement, par Samuel Grzybowski, soutient d’Emmanuel Macron en 2016 et adepte du vivre-ensemble via les valeurs chrétiennes œcuméniques, la gauche râle et s’agace de ce coup d’épingle.
Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon, ont été désignés après une « investiture populaire » militante à l’inverse d’Anne Hidalgo et Fabien Roussel choisis lors d’un vote interne par leur parti respectif (PS, PC).
Aucun des candidats n’a un score honorable comparé à 2017 : la degringolada y est générale…c’est alors que surgit Christiane Taubira, sans appareil politique, portée seulement par une aura et un talent oratoire…un peu comme Éric Zemmour à droite.
Il est intéressant que pourrait arriver sur la scène politique deux personnes hors appareil politique mais s’appuyant sur le « populaire ». Remarquons que toute part, ce ne sont que les appellations : la Maison commune, l’Union populaire, les Horizons, les Ensemble, la Reconquête et peut-être avec Christiane Taubira la Conquête…
Il y a comme des geysers hors les partis et par les partis politiques : cela sent les fragilités et les troubles que la victoire d’Emmanuel Macron en 2017 aurait encouragé.
Christiane Taubira a promis une lettre avant Noël, le temps de s’assurer des soutiens, de mieux voir sa popularité au sein de la gauche…et aussi de la gauche bobo macroniste, aile décisive. A-t-elle une ouverture ? Un sondage affirme que 46% des électeurs de la gauche l’estiment populaire. Bon nombre d’écologistes aimeraient que Yannick Jadot s’effaçât, comme en 2017, devant Christiane Taubira. A l’inverse de Jean-Luc Mélenchon qui gère difficilement son côté Janus (patriote et mondialiste créolisé) qui s’estime seul légitime à porter les valeurs de la gauche, excluant de fait tous les autres, Christiane Taubira pourrait-elle avec l’appui du PS, du PC et du courant Sandrine Rousseau à la fois réduire Yannick Jadot et en imposer à Jean-Luc Mélenchon ?
Il y a beaucoup de si d’autant plus que l’intention d’Anne Hidalgo de concourir à la primaire populaire ne signifierait pas un renoncement. Même en cas d’échec, la maire de Paris a bien l’intention d’aller le plus loin possible rendant difficile un deal avec Christiane Taubira, son obsession étant de ne pas perdre la face et de rester maire de Paris. En politique les électeurs n’apprécient pas les duos, il leur faut une tête, pas des bicéphales.
En dépit des apparences, le plus construit et le plus constant à gauche est Jean-Luc Mélenchon. Yannick Jadot regardant du côté de Berlin, ne veut plus être le marche pied des socialistes et perdre tous les députés comme en 2017. Yannick Jadot a raison de refuser tout abandon car il se sait sur des thématiques porteuses et amplifiantes (climat, santé…etc) qu’il doit absolument consolider, crédibiliser. Après tout en Allemagne, le SPD et les Grünen ne se confondent pas tout en gouvernant ensemble !
En réalité ce qui électrise la gauche depuis la pique Hidalgo sur la « poupée » primaire populaire c’est aussi ce qui excite à droite, à savoir l’identité. A travers ces interrogations sur l’identité, s’affichent les interprétations multiples. C’est là une conséquence brutale du macronisme qui pensait que par la fusion des courants libéraux globalistes de gauche, du centre, de droite, reléguer l’identité à l’anecdotique. Or, en 2016 la victoire de Donald Trump et le Brexit, puis le Covid en 2020 et entre les deux les questions climatiques aux effets migratoires ont remis totalement sur le boisseau l’identité. Évidemment l’identité dessinée à gauche n’est pas du doute celle esquissée à droite mais d’une certaine façon tous disent la phrase de Huntington : Qui sommes-nous ?
Christiane Taubira qui vient du parti radical de gauche a toujours été fidèle à ses causes historiques (esclavage) et sociétales (homophobie) et jouit par conséquent d’une publicité réelle qui dépasse, selon moi, la seule gauche. Elle y ajoute le refus de la vaccination obligatoire en Guyane, c’est là si j’ose l’écrire, son piment de Cayenne qui augmenterait sa popularité.
Mais voilà à quatre mois des élections présidentielles, n’est-il pas trop tard ? L’union de la gauche échouée en 1983 n’est pas oubliée sauf par les militants de moins de quarante ans pour lesquels la référence politique va de Sarkozy à Macron, l’envie de fédération sur fond de relégation du marxisme historique et d’engouement écologiste sociétal compatible (selon les degrés) avec le marché l’emporterait.
De ce point de vue, la gauche est dans un bouillonnement plus grand qu’à droite : la reconquête pour Zemmour, la conquête pour Pécresse et Le Pen. La droite se fixant davantage sur des principes il est plus facile de s’y ranger quand à gauche le goût pour les causes et les minorités génèrent eux des courants variés.
Sans connaître les pensées de Christiane Taubira, il apparait que s’offre à elle une ouverture potentielle sans réaliser l’union avec Mélenchon comme à droite Éric Zemmour ne le pourrait avec Marine Le Pen. Tant du côté Zemmour que du côté Taubira, il faudrait de rudes secousses évènementielles pour casser les lignes de front.
Pour l’heure, Emmanuel Macron et Valérie Pécresse se placent en duettistes, le premier ce soir sur TF1 (émission enregistrée dimanche), la seconde le même jour en dévoilant son programme : l’intérêt pour Macron étant, ce mercredi, de se positionner au centre-gauche afin de recréer artificiellement une opposition droite/gauche…En somme, des clefs de voute solides à moins d’un sol mouvant ébranlant les arches latérales (Taubira, Zemmour…et surtout les abstentionnistes)
Jean Vinatier
Seriatim 2021
L’installation du nouveau chancelier, déjà membre de la coalition Merkel, ne changera pas la constante allemande depuis l’année zéro (1945) : se rebâtir, se placer, s’implanter, perdurer.
Jean-Dominique Merchet titre son article de ce matin, Emmanuel Macron doit appuyer les ambitions allemandes…au moment où la France s’apprête à présider l’Union entre janvier et juin 2022. Emmanuel Macron souhaite une Union européenne pleinement en France pendant cette période autant pour des calculs électoraux que par la conviction que celle-ci est par-dessus notre pays.
Au fur et à mesure que le projet européen prenait forme, déployait ses ailes, les deux pays prirent deux chemins différents pour être dans cette Europe de demain tout en tenant des discours en apparence pro-européens avec ce résultat : l’Allemagne s’est reconstruite grâce à elle quand la France se déconstruisait du fait de l’émergence de l’Union (avant la CEE).
L’Allemagne a gardé le maximum de son outil industriel sur son sol et à portée de main grâce aux liens ancestraux (pas souvent pacifiques) avec les pays de l’Europe centrale quand la France délocalisait au fin fond de la Chine. De ce point de vue, Berlin a été un gestionnaire averti, constant, silencieux, patient quand Paris se lançait dans des plaidoyers de Schuman à Macron en passant par Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand, Delors, Chirac, Sarkozy..etc qui tous avaient pour point commun la candeur. A l’exception du Général de Gaulle (germanophone) qui pressentait bien la course contre la montre et mesurait parfaitement le danger de l’atavisme pour les États-Unis et le Royaume-Uni si chéri dans les salons parisiens, il a du convenir, en réalité, avec l’échec du traité de l’Élysée (1963) que les décennies suivantes ombrageraient la France au profit notamment de l’Allemagne. Du traité de l’Elysée, on ne garde que le refus du Bundestag de s’éloigner du parapluie américain alors que l’objectif révolutionnaire était éducatif : faire en sorte que tous les Allemands apprissent le Français, que tous les Français apprissent l’Allemand. Ce bilinguisme de deux pays économiquement égaux aurait formé une masse considérable de presque 150 millions de locuteurs franco-allemands barrant là l’hégémonie américaine et son redoutable soft power. Par ce biais, aurait, qui sait, surgit une autre Union par les conséquences « bilinguistiques » forcément importantes sur tout le continent.
Ces lignes pour écrire que nous fûmes à la fois à la croisée des chemins et qu’ensuite, nous vécûmes dans des illusions portées, actuellement, au plus haut degré par Emmanuel Macron qui se rêve Président d’une Fédération européenne, aucune puissance ne dominant les autres. Du côté allemand, ce rêve est utile car il sert ainsi les idées hanséatiques : pourquoi pas un coq gaulois sur un pavois allemand ?
Le nouveau chancelier, Olaf Scholz, d’un gouvernement constant face à un Président français en fin de mandat dans une France fractionnée en marche cahin-caha, aura toujours cette supériorité sur nous. Nous ne sommes plus souverains : l’arme atomique et notre armée sans la souveraineté deviennent des impuissances ce que les Allemands comprennent très bien en prenant des parts significatives dans des entreprises françaises stratégiques liées à notre Défense nationale. Il serait pénible que les prochains défiles de notre armée se fissent au Puy du fou…..
Ces lignes ne sont pas là pour reprocher aux Allemands d’œuvrer à la pérennité de leur terre mais pour que l’on prenne conscience en France qu’avec un tel décalage nous ne ferons rien de bon avec Berlin. La grande faute d’Emmanuel Macron est de croire que pour être européen, il ne faut plus être français, une attitude que la gauche (sauf Mélenchon partagé) reprend en chœur via toutes les idées déconstructivistes (wokisme, indigénisme, mouvements no borders…etc) et qui explique, au passage, son effondrement électoral.
La déterminisme allemand fait que le déséquilibre entre sa démographie défaillante et la puissance de ses avoirs et de ses industries, le conduit à n’être demain que dans le cadre européen, une région géopolitique. La France n’a, ni cette constance, ni cette clarté de vue, ni cet aveu, elle pérore et se disperse dans les émotions. Même sur le plan migratoire, les Allemands ont compris que sans les « réfugiés », ils perdraient de leur vigueur quand les Français voient les mêmes « réfugiés » comme un colonialisme inversé. Ce que les Allemands appellent le grand investissement, nous le dénommons grand remplacement. Les Allemands sont avant tout des marchands peu doués historiquement pour coloniser (voir Guillaume II et Hitler) à l’inverse, par exemple, des Français, des Anglais, des Espagnols, ces derniers ont gardé les uns le Commonwealth, les autres l’hispanité quand les premiers ne savent quoi faire de la francophonie collée à la francafrique (fric)
Si l’Europe n’est pas germanisée, elle s’y dirige via l’Allemagne au fédéralisme bien inscrit dans son histoire dont on trouve les trace via les princes-électeurs et les princes médiatisés. Ainsi dire que la France, Présidente six mois de l’Union européenne ,devrait appuyer les ambitions allemandes apparait dangereux sauf à considérer cette nécessité comme l’aveu du non-choix parce que pour la première fois la centralité européenne serait le territoire allemand.
Source :
Jean-Dominique Merchet : UE: Emmanuel Macron doit appuyer les ambitions allemandes
Jean Vinatier
Seriatim 2021
Dans une période bien triste (masque et dose) l’entrée au Panthéon de Joséphine Baker (McDonald) est comme un arc-en-ciel dans le ciel français, pour reprendre sa propre expression quand avec son dernier époux Jo Bouillon, elle adopta une dizaine d’enfants venus de tous les continents…
C’est par cette revue nègre (1925-927) moqueuse du racisme américain, que Joséphine Baker1 alla vers la liberté humaine et artistique, un spectacle qu’aujourd’hui, il serait impossible à proposer : Alice Coffin s'y opposerait-elle ?
Née américaine dans un pays pratiquant la ségrégation raciale, elle devint libre en France dont elle prit la nationalité en 1936 et se joignit dès 1940 à la France libre, et soutiendra le Général de Gaulle en 1968. Femme fidèle, combattante pour la liberté : pensez qu’elle fera un grand discours aux États-Unis avec Martin Luther King, revêtu de son uniforme de l’armée française avec ses décorations : quelle allure !!!!!
Sa vie, relativement courte (1906-1975) mais intense pleine de rencontres amoureuses, de mariages nombreux, d’engagements politiques, d’une générosité qui la conduisit à vendre le château de Milandes malgré les aides conjuguées de Castro, d’Hassan II et de la princesse Grâce de Monaco qui lui permit de revivre à Roquebrune, aurait de quoi enthousiasmer les jeunes générations. Malheureusement, lesdites générations perdant toute conscience historique, ne regardant que de la seule manière émotionnelle les luttes en faveur des minorités, ne dessinant plus le monde que comme un cortège victimaire, se mettant la tête dans le sable, se soumettant sans rechigner au passe sanitaire, s’alignent pour la grande parade de la servitude volontaire. A leur décharge, les jeunes n’ont plus de soutiens intellectuels, de gens structurants, de corpus classiques, ils ont plutôt l’inverse face à des défis, par exemple, démographiques, climatiques et ceux technologiques qui avancent tout sourire (financier) le merveilleux du virtuel, du parallèle….
Ô ironie, c’est l’actuel pouvoir qui se chargera de l’entrée de Joséphine Baker au Panthéon laïc des gloires françaises. Quand Louis-Philippe Ier au règne sévère et saignant crut que pour effacer les répressions, le retour des Cendres le purifierait, il revigorait, en fait, la lave du volcan français. Ce quinquennat finissant cherche par le « en même temps » à conjuguer le bon grain et l’ivraie pour que la France ne voit plus qu’un épi doré et lumineux, se targuant même par une « Maison commune » de faire société quand il la défait consciencieusement par tous les artifices….
Dans la grisaille et la froidure de novembre, Joséphine Baker, est l’arc-en-ciel dans un pays calfeutré, apeuré, divisé, atomisé. Gageons que les joies, les amours et les combats de Joséphine Baker s’imprimeront en nous et qu’à travers son histoire, nous comprendrons que toute échine courbée n’est jamais une fatalité : il faut se dépasser !
Jean Vinatier
Seriatim 2021
Note :
1- Joséphine McDonald dite Baker née américaine dans le Missouri sera en France, « libérée » de sa peur d’être noire. La fameuse revue nègre (1925), aujourd’hui injouable, était, en réalité une satire du racisme américain du sud. Dans les années 20, la ségrégation maintenait les noirs américains dans des corridors et l’on rappellera également que le général Pershing s’opposa à la remise de décorations militaires par la France à des soldats noirs lesquels étaient sur des bateaux séparés de ceux des blancs (il en sera de même le 6 juin 44 !)
Joséphine Baker ne manqua pas de retrouver ses compatriotes qui fuirent l’armée après l’armistice pour vivre libre dans Paris. Souvenons-nous qu’au XVIIIe siècle, plusieurs édits royaux rappelèrent l’interdiction de séjourner en France avec des esclaves donnant lieu à bien des rebondissements et causa du souci à Thomas Jefferson lors de son ambassade auprès de Louis XVI…..