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mercredi 23 décembre 2015

C’est Noël, Hollande dindonne Taubira ! N°4063 9e année



On ne saura, sans doute pas, si François Hollande a voulu être assassin avec Mme Taubira mais en la laissant dire que le principe de déchéance de nationalité était retiré, qui ne pensera pas qu’un tour de passe-passe s’opérerait. Chose faite le lendemain dans la matinée : Manuel Valls, plus du tout Ibère nerveux (prozac ?) siffla la fin de partie….Mme Taubira ne pipa pas, démissionna moins encore  et quoique sonnée, étonna son auditoire par ses références autour de la « première parole » et la «  dernière parole » présidentielle : Taubira a vu Jésus : c’est Noël. Et la dinde, c’est elle….
La campagne présidentielle à venir se tiendra donc à droite ou bien plus exactement dans l’idée de rassembler les possédants et les bien-pensants des deux rives politiques dans une sorte d’alliance pro-européenne et otanienne, Mme Le Pen se chargeant d’être l’opposante, la reine noire.
La volonté présidentielle d’inscrire l’état d’urgence nouvelle formule dans la Constitution sera un moment supplémentaire pour François Hollande de baliser un centre droit. Vraiment, on peut dire que les attentats servent à merveille un homme politique et un régime épuisés, sans âmes, ni sentiments. Et comme on nous annonce d’autres possibles événements tragiques, c’est peu dire le triomphe romain qui s’avancerait au-devant de l’homme de Tulle….
Alors que l’on ne voit guère militaires et policiers, l’état d’urgence octroie au pouvoir administratif des extensions d’action qui, limitées sont compréhensibles, mais au-delà font passer la France à un statut de démocratie discrétionnaire et arbitraire. Le premier magistrat de France, le président de la Cour de cassation s’en est ému dans la plus complète indifférence. Il est vrai qu’il faudra bien tenir ces Français quand, par exemple, le traité transatlantique s’abattra sur eux d’où, alors, un dispositif répressif renforcé.
Pourtant, les arrestations annoncées, ces jours derniers, quand on les examine un peu ne servent qu’à tenir en haleine l’opinion publique et ne soulignent pas du tout une maitrise plus complète des « cellules dormantes ». Le temps passant, les carnages du 13 novembre ne masquent plus les carences, les fautes des politiques et des services. D’où ce maintien très politique et politicien  de la déchéance de nationalité pour les binationaux nés en France quitte à choquer la gauche (aile du PS, parti de gauche, front de gauche…etc) mais pas les Verts trop heureux de guigner ici et là une poussière de pouvoir, d’enlever à la droite son cheval de bataille et ne leur laisser qu’hurler en cœur Taubira démission : fin de l’acte  par KO……

Jean Vinatier
Seriatim2015

mardi 22 décembre 2015

« Pablo Iglesias à la conquête du pouvoir. Partie 1 : l’Europe par Bruno Adrie » N°4062 9e année



« Dans Le Monde diplomatique de juillet 2015, Pablo Iglesias signait un article faisant le point sur la situation de la gauche en Europe et sur les forces et faiblesses du mouvement Podemos en Espagne. Revenant brièvement sur les négociations qui opposaient la Grèce et l’Allemagne depuis le mois de janvier, Pablo Iglesias jugeait que la fermeté allemande vis-à-vis de la Grèce devait s’interpréter comme un avertissement adressé à tous ceux qui oseraient se dresser contre la dictature de l’euro et en particulier à Podemos : « Nos adversaires craignent en effet que toute victoire enregistrée par Syriza [ne] dope nos propres résultats. » écrivait-il.
Il pensait alors que Tsipras avait réussi à « générer des contradictions au sein du bloc hégémonique de l’Eurogroupe (…) par de timides critiques de la manière dont l’Allemagne gérait la crise européenne ». Jugement étonnant. Pourquoi par de timides critiques ? a-t-on envie de demander. Parce qu’elles sont plus efficaces pour refaçonner les choix européens ? Pablo Iglesias croit sans doute que Phidias taillait le marbre avec un pinceau.
Après avoir fait l’apologie de la politique de Tsipras, Pablo Iglesias décrivait sa propre stratégie. S’appuyant sur le fait que l’Espagne est plus forte que la Grèce car représentant plus de 10% du PIB total de l’Union européenne (contre moins de 2% pour la Grèce), il affichait la certitude de « disposer d’une marge de manœuvre plus importante » dans les négociations avec les créanciers de l’Espagne. Il était convaincu qu’il pourrait ainsi obtenir une réforme des traités budgétaires, ce qui permettrait, par la suite, un accroissement des dépenses publiques, le développement de politiques sociales, puis l’arrêt de la baisse des salaires afin de relancer la consommation.
[….]
La suite ci-dessous :


Jean Vinatier
Seriatim2015

« Erdogan et la politique au bord du gouffre » N°4061 9e année




« Quelle mouche a donc piqué le président turc Recep Tayyip Erdogan pour donner l’ordre d’abattre un avion de guerre russe, un SU-24, à l’intérieur du territoire syrien ?

S’agit-il d’une initiative mûrement réfléchie pour protéger ses amis, des groupes armés syriens, notamment turkmènes, qui battaient en retraite depuis l’entrée en action de l’aviation russe ? Chercherait-il à impliquer l’Otan, dont la Turquie est un membre central, dans le bourbier syrien ? Si c’est bien ce qu’il cherchait, force est de constater que le résultat escompté est loin d’avoir été atteint. Du moins jusqu’à maintenant. Ce « coup de poignard dans le dos », pour reprendre la propre expression du président russe Vladimir Poutine lors de sa rencontre, le jour même, avec le roi jordanien Abdallah II à Sochi, aura fait plus de mal à la Turquie qu’à la politique russe en Syrie. Les fiefs des protégés turkmènes et autres groupes salafistes sont en train de tomber, les uns après les autres, entre les mains de l’armée syrienne et ses alliés. L’Otan, elle, est dans l’embarras et n’a manifestement ni la volonté et encore moins les ressources pour se laisser entraîner dans une guerre planétaire qu’elle n’a pas programmée, afin de sauver la face d’un Erdogan devenu incontrôlable.
On le sait, depuis le déclenchement de la crise syrienne en mars 2011, la Turquie islamiste, soutenue par le Qatar, a cherché à convaincre le président syrien de faire participer les Frères musulmans au pouvoir. Les détails de cette stratégie viennent d’être révélés, documents inédits à l’appui, dans un tout récent livre écrit par notre confrère Sami Kleib paru en novembre chez l’éditeur libanais Al-Farabi. Devant le refus de Bachar al-Assad d’une telle injonction, la Turquie ouvre ses frontières à tous les djihadistes de la planète pour déstabiliser le régime séculier du Baas, allié à la fois à la République islamique iranienne et à la Russie.
On y compte aujourd’hui quelque 30 000 combattants étrangers venus des quatre coins du monde répartis entre le mal nommé État islamique, le Front al-Nosra, la filiale officielle d’Al-Qaïda en Syrie, et une myriade de groupes à l’idéologie salafo-wahhabite.
[… .] »
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Jean Vinatier
Seriatim2015

lundi 21 décembre 2015

« Angela Merkel sait-elle où elle va ? par Hélène Nouaille » N°4060 9e année



« Certes, Angela Merkel, qui affrontait lundi 14 décembre le congrès de son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU) à Karlsruhe (land de Bade-Wurtemberg), a été acclamée pendant huit minutes après son discours sur les migrants – discours dans lequel elle a annoncé vouloir réduire « sensiblement » leur afflux en Allemagne (1) (près d’un million depuis le début de l’année) tout en s’opposant à l’instauration d’un plafond chiffré, et en n’avançant aucune solution, sauf à répéter que « les grands mouvements de réfugiés ne peuvent être résolus que par une coopération internationale ». Elle était donc en retrait sur sa déclaration à la chaine publique ARD du dimanche 13 décembre, quand elle déclarait vouloir réduire « drastiquement » l’immigration. L’ambiguïté de ses déclarations est telle que la presse s’y perd, indécise sur la position réelle de la chancelière – sauf à relever, comme le fait Romaric Godin dans la Tribune (2) « l’habileté politique » - nous dirions l’habileté tactique - de la dirigeante allemande.
Mais qu’en est-il une fois les flonflons de la fête dissipés ? 
Eh bien, écrit le Spiegel (3) après avoir reconnu qu’Angela Merkel avait conforté, par un « discours fort » son autorité sur son parti, (« la motion principale du leader de la CDU a été adoptée presque à l’unanimité sur la politique des réfugiés »), sa prestation à Karlsruhe, parce qu’elle a su trouver « les mots justes du moment », lui a simplement « ouvert un espace de respiration », un répit. Parce que pour Horst Seehofer, le leader de la CSU, Union chrétienne sociale en Bavière, « la limitation du nombre de réfugiés » est un sujet « central ». Ce qui veut dire qu’après s’être posée en « homme d’Etat » d’envergure mondiale, avoir évoqué les mânes de ses grands prédécesseurs en se posant comme leur égale, avoir rappelé à son auditoire les racines chrétiennes de son parti, il faudra revenir aux manœuvres du jour le jour, un exercice qui lui est familier, celui peut-être où elle excelle. Si la politique de la chancelière est en effet toute de zigzags, confiait au JDD un ancien conseiller politique d’Helmut Kohl, Angela Merkel « a beau naviguer à vue, sans boussole, elle sait admettre qu’elle se trompe » (4).
Admettre qu’elle se trompe ou changer d’avis sans préavis ? Parce qu’il nous revient des souvenirs de la crise financière de 2008 et de la réunion à Paris organisée par Nicolas Sarkozy en urgence le samedi 4 octobre avec Gordon Brown, Silvio Berlusconi et Angela Merkel au secours des établissements financiers en grande difficulté. La Chancelière avait campé sur une position intransigeante, affirmant, tranquille pour ses banques, que les solutions devaient être nationales : « Xavier Musca, alors directeur du Trésor, se souvient très bien du sommet du 4 octobre 2008 », écrit Odile Benyahia-Kouider (L’Allemagne paiera, Fayard, 2013) : « ‘Angela Merkel était persuadée que si Nicolas Sarkozy insistait pour mettre en place un fonds de soutien aux banques européennes, c’était parce qu’il lui cachait un problème en rapport avec les banques françaises, et que nous voulions lui pomper de l’argent’. Le lendemain, elle est devenue blême en apprenant que c’était au tour d’une banque allemande, Hypo Real Estate, de se retrouver au bord de la faillite ». Et vingt-quatre heures plus tard, alors qu’elle avait nié qu’il y eût un problème, un premier gros chèque venait éviter faillite et contagion : la chancelière est pragmatique, si elle manque de longueur de vue. Deux ans plus tard : « En février 2010, rebelote. La Grèce est au bord du défaut de paiement. Nicolas Sarkozy réclame des mesures d’urgence pour calmer les marchés. Mais la chancelière regimbe (…). ‘Angela, le problème, c’est pas la Grèce, c’est la zone euro’ prophétise Nicolas Sarkozy. Rien à faire ». On sait ce qu’il en a été. 
[….] »
La suite ci-dessous :



Jean Vinatier
Seriatim2015