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mardi 22 décembre 2015

« Erdogan et la politique au bord du gouffre » N°4061 9e année




« Quelle mouche a donc piqué le président turc Recep Tayyip Erdogan pour donner l’ordre d’abattre un avion de guerre russe, un SU-24, à l’intérieur du territoire syrien ?

S’agit-il d’une initiative mûrement réfléchie pour protéger ses amis, des groupes armés syriens, notamment turkmènes, qui battaient en retraite depuis l’entrée en action de l’aviation russe ? Chercherait-il à impliquer l’Otan, dont la Turquie est un membre central, dans le bourbier syrien ? Si c’est bien ce qu’il cherchait, force est de constater que le résultat escompté est loin d’avoir été atteint. Du moins jusqu’à maintenant. Ce « coup de poignard dans le dos », pour reprendre la propre expression du président russe Vladimir Poutine lors de sa rencontre, le jour même, avec le roi jordanien Abdallah II à Sochi, aura fait plus de mal à la Turquie qu’à la politique russe en Syrie. Les fiefs des protégés turkmènes et autres groupes salafistes sont en train de tomber, les uns après les autres, entre les mains de l’armée syrienne et ses alliés. L’Otan, elle, est dans l’embarras et n’a manifestement ni la volonté et encore moins les ressources pour se laisser entraîner dans une guerre planétaire qu’elle n’a pas programmée, afin de sauver la face d’un Erdogan devenu incontrôlable.
On le sait, depuis le déclenchement de la crise syrienne en mars 2011, la Turquie islamiste, soutenue par le Qatar, a cherché à convaincre le président syrien de faire participer les Frères musulmans au pouvoir. Les détails de cette stratégie viennent d’être révélés, documents inédits à l’appui, dans un tout récent livre écrit par notre confrère Sami Kleib paru en novembre chez l’éditeur libanais Al-Farabi. Devant le refus de Bachar al-Assad d’une telle injonction, la Turquie ouvre ses frontières à tous les djihadistes de la planète pour déstabiliser le régime séculier du Baas, allié à la fois à la République islamique iranienne et à la Russie.
On y compte aujourd’hui quelque 30 000 combattants étrangers venus des quatre coins du monde répartis entre le mal nommé État islamique, le Front al-Nosra, la filiale officielle d’Al-Qaïda en Syrie, et une myriade de groupes à l’idéologie salafo-wahhabite.
[… .] »
La suite ci-dessous :



Jean Vinatier
Seriatim2015

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