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dimanche 20 décembre 2015

Les jeux sont faits ? 2 N°4059 9e année



Le PS et les Républicains faisant face au Front National ne laissent apparemment aucune place pour l’apparition d’une troisième force. Les démarches de Jean-Pierre Chevènement, ex-président du Mouvement des Citoyens, qui tenta, en 2015, de nouer des contacts avec le dirigeant de « Debout la France » puis une union des « souverainistes allant de Jean-Luc Mélenchon à Nicolas Dupont-Aignan échouèrent. Il y a plus de points en commun entre l’ancien ministre de François Mitterrand et le souverainiste Dupont-Aignan gaulliste de gauche à l’instar des Jacques Chaban-Delmas, Jean Charbonnel, Philippe Dechartre, Jacques Dauer qu’avec le leader de parti de gauche tout à fait acquis au principe de la mondialisation. Les trois sont desservis par la faiblesse de chacun de leur parti (ou ex), d’une visibilité médiatique trompeuse et d’une popularité limitée. Dans les démarches de Jean-Pierre Chevènement, on relève, une fois encore, sa manie de la combinaison socialiste qui ne fonctionne pas et lui avait, déjà couté en 2002, un effondrement dans les intentions de vote alors même qu’il avait atteint 15%.
Pourtant, ces essais, pour l’heure, infructueux ne dessineraient-ils pas, cependant, une faille entre le marteau et l’enclume ?
L’intérêt n’est donc pas de savoir si les hommes sont crédibles ou pas mais de mettre en avant et donc de rendre publique l’idée selon laquelle, il existerait pour les citoyens français désireux d’accorder leurs suffrages à un parti de gouvernement et non plus seulement d’être au premier tour des protestataires, une voie, étroite mais possible.  
La question est de savoir comment pourrait émerger une troisième force ? Très souvent l’impact de la situation intérieure jouera un rôle important (situation économique, taux de chômage, questions sécuritaires…etc.) mais le chemin vers 2017, via le référendum britannique, l’arrivée du traité transatlantique, la question turque, les problématiques migratoires, sera, inévitablement occupé par les remontées identitaires. La conjonction entre une situation intérieure, des évolutions extérieures et des fédérations de partis pro-européens (pro : américain, otanien, néoconservateur, libéral) au sein de l’Union, serait-elle le signal d’une montée en puissance soudaine d’une troisième force ? Si d’ici là, le Front national ne réussissait pas à opérer un aggiornamento, s’ouvrirait un champ politique pour une troisième force décisive et, pour l’ores, très difficile à diaboliser puisque ne surgissant pas de l’extrémité de l’échiquier !
L’ennui ne saisit-il pas les Français qui devinent bien qu’en cas d’insuccès assuré de François Hollande, Alain Juppé, par un coup de baguette magique, serait adoubé et loué parmi les biens pensants à gauche, à droite, au centre ? Si l’entrée sur la scène de cette force surprise avait une raison, ce serait celle-là. Mais quid des hommes et femmes ? Faudrait-il des tristes circonstances qui feraient suite aux douloureux événements eux-mêmes issus d’un fâcheux hasard et d’une malheureuse conjoncture pour qu’enfin s’ouvrent de nouvelles écluses démocratiques ?




Jean Vinatier
Seriatim2015

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