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mardi 30 juin 2009

Edito : L’Etat aux abois ? – N°493- 2e année

Certaines voix s’élèvent au sein de l’UMP pour que le futur emprunt d’Etat soit obligatoirement souscrit par des ménages aisés assujettis à l’ISF. En 1983, le Premier ministre de François Mitterrand avait procédé de cette façon et l’Etat avait tout remboursé en 1986.
Peut-on trouver choquant que les couches sociales les plus protégées par la politique fiscale de Nicolas Sarkozy montrent l’exemple ? A priori non ! Mais le public n’accueille pas du tout favorablement cet emprunt de 100 milliards.

Le ministre du budget, Eric Woerth, a prévenu qu’une commission s’installerait pour surveiller le bon usage de cet argent : était-ce habile ? Loin d’aplanir les craintes, ne vient-il pas de les augmenter ?
Le Président de la République lui-même en claironnant qu’il n’augmentera pas les impôts, alimente les soupçons, les interrogations sur la véritable finalité de cet emprunt. Ces 100 milliards serviront-ils complètement aux investissements dans les secteurs stratégiques ou bien prendront-ils, par moult chemins détournés, celui du bouche trou occasionnel en fonction du tempo de la politique de communication gouvernementale ?
L’Etat ne parvient pas à faire l’impasse sur le délabrement des finances publiques. L’appel aux citoyens les plus nantis loin de faire applaudir le badaud, nourrit l’idée que le pouvoir tire la langue !
La preuve : les autorités bancaires chinoises ont refusé par deux fois de souscrire à des émissions obligataires provenant de l’Agence Française du Trésor (AFT) dont la mission est d’emprunter pour le compte de la France les sommes nécessaires pour couvrir le besoin en financement des comptes publics (déficit estimé de 3 % du PIB (sept 2008), 6 % (avril 2009) à 7,5 % (Eric Woerth, 22 juin 2009) à échéance de fin 2009, probablement à hauteur de 10 %)
Pour la seule année 2009, l’AFT prévoyait d’émettre 135 milliards de dollars mais compte tenu des faibles rentrées fiscales à ce jour, la somme pourrait atteindre 180 Mds d’euros, un record absolu ! Compte tenu des demandes chaque fois plus contraignantes des prêteurs, principalement asiatiques et du Golfe Arabique, la charge de la dette estimée initialement à 44 Mds d’euros pourrait monter jusqu’à 55 Mds d’euros. Pour résumer, l’Etat emprunterait pour payer des prêteurs, toujours plus sévères.
Dés lors, la décision de Sarkozy de lancer un emprunt d’Etat ne serait-elle qu’une immense supercherie pour servir exclusivement à payer le service de la dette ?
Ainsi, comme nous le fait remarquer un influent homme d’affaires français en Chine et dans le Golfe, les comptes publics de la France ne sont plus en situation « chronique » de faillite mais ils sont en faillite « clinique !»
Début janvier 2010, si l’emprunt d’Etat n’est pas souscrit et les prêteurs étrangers absents, la France pourrait se retrouver dans l’incapacité de régler ses charges courantes, par exemple, le traitement de ses fonctionnaires, les retraites….etc.


Jean Vinatier

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lundi 29 juin 2009

Iran : fin de partie ? –N°492- 2e année

Les Iraniens descendent dans les rues de la capitale mais en moins grand nombre. Le candidat opposé à Ahmadinejad, Mousavi ne semble plus décidé à tenter la der des ders.
La République Islamique est entre les mains des clans les plus conservateurs. Nous avons bel et bien assisté à une révolution à l’intérieur du régime. C’est l’aile la plus attachée aux rigueurs islamiques qui fait le ménage.
Le Guide Suprême, Khamenei est un homme malade et sans successeur désigné qui s’est engagé publiquement du côté du Président réélu. Il n’offre aucune résistance au groupe ethno-religieux, Hojjatiyeh, conduit par l’ayatollah Yazdi et qui compte pour disciple le président Ahmadinejad.
Le patron des Gardiens de la Révolution, le major général Mohammad-Ali Jafari et les Basiji, milice paramilitaire, soutiennent Ahmadinejad très épaulé par son ministre de l’Intérieur, Sadegh Mahsouli.
L’aile réformatrice représentée par le président du Conseil du discernement, l’ayatollah Hashemi Rafsandjani, ancien Chef de l’Etat (1989-1997) ne parvient pas à engendrer une contestation depuis la ville sainte de Qom. Est-ce à dire qu’il est hors jeu ? Pour l’instant, il est isolé.
Cette révolution de sérail n’a pas empêché de créer une rupture puissante entre le régime et la population. Les mollahs les plus extrêmes s’appuient sur les couches les plus faibles de la population. Ils font face dans les grandes villes aux Iraniens les plus aisés et les plus riches qui réprouvent le tour de vis et la répression. Cependant, notons, que le bazar n’a pas bougé. Il est resté neutre. Pour combien de temps ?
Une page de la République Islamique est tournée. Depuis la disparition de Khomeyni en 1989, le régime a oscillé entre la souplesse avec les présidences Rafsandjani et Khatami (1989-2005) et la raideur depuis l’arrivée au pouvoir d’Ahmadinejad en 2005. L’aile dure du régime a mobilisé avec succès la population rurale en diabolisant les étrangers qui veulent empêcher le développement de l’Iran.
Mir-Hossein Mousavi était-il le bon candidat pour contrer Ahmadinejad ? C’est un homme du sérail ! Premier ministre pendant huit ans (1981-1989), il a été un dur soupçonné d’avoir approuvé le massacre dit des Prisons (plus de 30 000 tués) en 1988 et d’avoir couvert les attentats sanglants perpétrés au Liban contre les Américains et les Français.
L’étranger a soutenu bruyamment l’opposant malheureux à Ahmadinejad : en tête, l’Union européenne et la France qui n’ont pas ménagé leurs déclarations publiques.
Le Président Obama, plus discret, à laisser se défouler ses « alliés » N’a-t-il pas sur son bureau, le délicat retrait des Marine's d’Irak d’une part et d’autre part sa guerre en AfPak ? Enfin, il ne faudrait pas que la réélection du Président afghan Amin Karzaï suscite des critiques sur la régularité du scrutin ! D’un côté, peut-on diaboliser l’Iran et de l’autre côté, faire semblant de croire l’Aghanistan, pays démocratique ?
La Russie et la Chine appuient le Président reconduit Ahmadinejad. Elles donnent un nouveau message d’avertissement à l’Occident. Moscou et Pékin concurrencent rudement Washington dans ce pays incontournable pour les hydrocarbures et les routes énergétiques. L’Iran ferme ou ouvre la voie presque au milieu de l’Asie.
Les Iraniens voulaient-ils en soutenant Mousavi précipiter la fin de la République Islamique ou bien rester dans ce régime ? L’Iran fourmille d’associations, de clubs qui n’ont pas été fédérés et qui ne pèsent donc pas sur la vie politique. A-t-on vu surgir des rangs des manifestants d’autres leaders ? Non.
La société iranienne est ancienne, raffinée, sophistiquée. Elle ne fonctionne pas en mode binaire. Les Iraniens ont lâché le Shah parce qu’il était entre les mains de Londres et de Washington : leur nationalisme est réel. Ce sont eux qui trouveront la manière de passer à un autre régime.


Jean Vinatier

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vendredi 26 juin 2009

Michael Jackson et la froideur de Barack Obama– N°491- 2e année

«Un artiste spectaculaire, une icône de la musique. » C’est par cette simple phrase que le Président des Etats-Unis a fait savoir par l’intermédiaire de son porte-parole, sa réaction au décès de Michael Jackson.
Cette froideur tranche singulièrement avec le Congrès (Chambre des Représentants et Sénat) qui a interrompu la séance pour rendre hommage à l’icône planétaire. Pourquoi cette distance ? On n’imagine pas la Maison Blanche ne pas mesurer l’importance de cet artiste singulier, transgénérationnel qui a révolutionné la pop music et le spectacle en tout point !
Comment la présidence américaine pourrait-elle rester de marbre devant un homme qui a été le premier chanteur noir à vendre plus de disques qu’un blanc américain et qui a pulvérisé les records de vente ?
Michael Jackson n’a-t-il pas été sur les pas de Martin Luther King ? Par sa chanson
« We are the world » n’a-t-il pas conforté les Etats-Unis dans ses valeurs universelles sur les cinq continents ?
Les hommages rendus non seulement par toutes les vedettes de la chanson du monde entier mais aussi par des chefs d’Etat et de gouvernement ne sont pas tous des messages de convenance.
Serait-il si malhabile ou si inapproprié d’organiser des funérailles nationales, d’instituer un Jackson’s Day? Barack Obama croit-il que sans les engagements de Martin Luther King et de Michael Jackson, il serait devenu le premier Président noir américain ?
Gageons que toute cette froideur présidentielle qui rappelle celle de la Reine Elisabeth II lors de la mort de Lady Diana sera bientôt réparée.


Jean Vinatier

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Michael Jackson est mort –N°490- 2e année

Le Los Angeles Times et Sky News viennent de l’annoncer : Bambi est mort !
Michael Jackson préparait son retour avec un titre qui se révèle, aujourd’hui, prémonitoire,
La fin. Le plus fameux des chanteurs aurait été victime d’un malaise cardiaque alors qu’il se trouvait avec ses enfants dans son domicile californien. C’est une nouvelle incroyable. Rien ne laissait prévoir une disparition aussi brutale.
Michael Jackson venait de triompher d’un procès ignoble et mensonger et se préparait, certainement, à clouer le bec à Sony via une tournée qui s’annonçait fantastique.
La star la plus singulière et la plus étrange s’est donc éteinte à 50 ans, l’invincible a été emporté…..Paix à son âme et gloire à ce qu’il a fait et réalisé.

Jean Vinatier

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jeudi 25 juin 2009

Edito : la CGT refuse le droit d’asile – N°489- 2e année

Le service d’ordre de la CGT a expulsé à coups de matraques et de gaz lacrymogènes les travailleurs africains sans papiers qui occupaient des locaux attribués à ce syndicat dans un bâtiment de la bourse du travail. Image désastreuse ! Les explications de la CGT ne justifient pas qu’un syndicat décide de sa propre autorité et avec brutalité de faire sa police. Que dirait-on d’un propriétaire mettant à la porte un squatteur ou un locataire hors de toute décision judiciaire ? Nous serions choqués.
Premier constat, les autres organisations syndicales ne se bousculent pas pour dénoncer ce coup de force et pas davantage les partis politiques tant à gauche qu’à droite. Le DAL, semble-t-il, n’a pas non plus réagi ! Ce silence serait-il l’aveu général du grand désintérêt pour la cause de ces travailleurs qui bénéficient d’un contrat de travail et qui par conséquent paient les cotisations sociales ?
Deuxième constat, le gouvernement nouvellement formé fort de son succès électoral et se préparant à la nouvelle échéance, ne verra plus d’obstacle majeur à durcir les dispositions législatives envers des sans-papiers, travailleurs ou non.
Ce fait s’ajoutera aux critiques de plus en plus nombreuses venues des syndiqués et des travailleurs qui trouvent les organisations syndicales singulièrement timorées face à la politique économique et sociale gouvernementale.
Le manque de solidarité de la CGT serait-il condamné ? Si un sondage était fait, l’opinion publique désapprouverait-elle cette expulsion ? Pas sûr !

Jean Vinatier

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mercredi 24 juin 2009

Sarkozy : le ministère de la Saint-Jean – N°488- 2e année

La publicité autour du nouveau ministère formé dans la foulée de l’équipée versaillaise tiendrait-il dans la seule venue d’un patronyme sinon illustre à tout le moins politiquement historique, Mitterrand ? Sous les projecteurs, Frédéric Mitterrand arrive donc de la Villa Médicis qu’il dirigeait depuis si peu de mois telle une star qui ne doute absolument pas de sa future manière de jouir au Palais Royal où il « fera » la culture. Auréolé d’une réputation de beau conteur des dramatiques destinées des vedettes et des dynasties, qu’il ne sous-estime pas. Il a, aussi, la plume habile pour narrer sa propre existence, maritale et masculine où les amours ancillaires encouragent sa curiosité épicurienne. A 61 ans, avec un physique lourd digne d’un sénateur de la IIIe République, il n’indique pas a priori une jeunesse, un élan. Comme Malraux, il a une voix singulière qui pourrait fort bien émouvoir le peuple lors de certaines cérémonies, par exemple sur le plateau des Glières.
Frédéric Mitterrand n’est pas une prise de gauche et comme son oncle François qui n’était pas socialiste lorsqu’il conquit la SFIO en 1973. Cette remarque ne sauve pas les socialistes de la décrépitude puisque cette nomination rappelle que depuis longtemps ce parti qui siège rue de Solferino n’a de socialiste que la fleur à épines.
L’autre nouveauté est la nomination du sénateur Michel Mercier le trésorier du MoDem et ami, dit-on de François Bayrou. C’est une prise politique qui n’a pas suscité le moindre communiqué du MoDem, signe de son état moribond !
Le ministère formé montre que l’ouverture et la parité sont remises à plus tard. La fin du secrétariat d’Etat aux droits de l’Homme ne marque pas un tournant, il ne servait à rien ou presque. Nicolas Sarkozy regroupe ses fidèles Hortefeux, Lellouche, Estrosi et soupire d’aise d’avoir réussi à déplacer Alliot-Marie de la place Beauveau à la place Vendôme avec le titre de ministre d’Etat. L’Intérieur est totalement « sarkorisé »: c’est son centre névralgique auquel il ajoute les collectivités locales. L’importance accordée à l’environnement montre que les leçons de la réussite de Cohn-Bendit lors des européennes sont enregistrées : tout doit concourir à la reconquête des régions par la droite UMP/Nouveau Centre en 2010.
Le grand absent de ce ministère est, ô ironie, François Fillon contraint de défendre un gouvernement qui n’est pas le sien mais qui porte son nom.
Tout serait donc heureux pour ce ministère d’été si Philippe Seguin, président de la Cour des comptes, tout vêtu d’hermine ne venait interrompre une fête réussie en avertissant que les déficits nous conduisaient dans une «
zone dangereuse » et que l’emprunt même de 100 milliards ne suffirait pas à boucher le trou. Tel Bossuet en chaire, il tonne en insistant sur « la dégradation des finances publiques, l’appauvrissement de l’Etat, l’emballement de la dette, le peu de crédibilité de la signature de la France » dans l’indifférence générale. Comme à la Saint-Jean, Sarkozy saute par-dessus le feu ! Vive les cigales, haro sur les fourmis !


Jean Vinatier

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mardi 23 juin 2009

Kirghizstan : duo franco-américain à Manas –N°487- 2e année

Un accord signé, hier, entre les Etats-Unis et le gouvernement kirghize prolongera la présence d’une force de ravitaillement américaine à destination de l’Afghanistan et du Pakistan. Quelques mois plus tôt le Président Kourmanbek Bakiev avait décidé la fermeture de cette base suite aux décès de deux jeunes gens mais le choix présidentiel tenait surtout compte des pressions de la Russie. Le pays voisin, l’Ouzbékistan, travaillerait également à élargir sa coopération avec la Maison Blanche. Aujourd’hui, est-ce le retour à la case départ ?
Les forces américaines et otaniennes craignent par dessus-tout de manquer de routes logistiques pour intervenir avec régularité sur le champ de bataille afghan et pakistanais. La base de Manas, située prés de la capitale Bichkek est une parmi d’autres. Citons celles d’Incirlik (Turquie), d’Ali-Salyah (Qatar), de Karachi (Pakistan), de Douchambé (Tadjikistan) et plus loin les approvisionnements depuis la Lettonie et la Géorgie.
Moscou garde le silence sur cet accord qui constituerait un revers pour conforter son influence sur d’anciens pays autrefois sous la domination russe puis soviétique. Néanmoins, il faut avoir à l’œil les intenses négociations en cours entre la Russie et les Etats-Unis. A la mi-juillet, le Président Obama visitera son collègue Medvedev : des accords primordiaux seront en jeu dont ceux portant sur les anti-missiles, une éventuelle renégociation de SALT II (limitation des armements stratégiques) et un projet de sécurité européenne. De son côté, le vice-président Joe Biden effectuera un déplacement en Ukraine et en Géorgie entre le 20 et le 24 juillet. Les Etats-Unis promettraient aux Russes de ne plus encourager l’entrée de Kiev et Tbilissi dans l’OTAN et plus largement de freiner toute extension de cette organisation militaire en Asie.
D’un côté il importe énormément au Kremlin de sécuriser sa frontière du sud pour peser sur l’Union européenne (gazoduc) et de l’autre côté la Maison Blanche qui fait de la victoire en « AfPak » une urgence absolue, il est nécessaire de disposer de toutes les facilités logistiques tout en gardant un œil sur la frontière chinoise !
Quel est le rôle de la France ? L’envoyé de Nicolas Sarkozy, Pierre Lellouche s’est beaucoup activé pour obtenir du Président Kirghize le maintien de cette base qui abrite, également, quelques avions militaires français. La politique élyséenne se place clairement dans une direction offensive (base d’Abu Dhabi) tant face à l’Iran qu’en AfPak. Elle escompte quelques fruits en cas d’une victoire sur les Talibans c’est-à-dire d’avantage de poids au sein de l’OTAN.
Les acteurs régionaux qui entourent l’AfPak mesurent tout le parti qu’ils peuvent retirer en jouant ces acteurs les uns contre les autres et en provoquant une montée des enchères. Si l’appui du Président Afghan Amin Karzaï légitime la proposition américaine, elle conforte par la même occasion la bonne gestion de ses intérêts privés.
Les Russes sont-ils forcément les perdants et les Américains (avec sur le côté les Français) les gagnants ? Après tout pour Moscou, si le Président Kirghize a pu revenir une fois sur sa décision, pourquoi ne le pourrait-il pas une seconde fois ? Actuellement, le Kremlin donne une priorité à sa prééminence autour de la Mer Noire qu’elle considère comme sienne et autour de laquelle se joue sa carte de grande puissance. En obtenant des Américains une neutralisation de l’Ukraine et la Géorgie ne gagne-t-elle pas au change tandis que les forces américano-otaniennes s’enfoncent dans le bourbier de l’AfPak ? On imagine la fureur des dirigeants ukrainien et géorgien et plus encore de pays comme la Pologne et les Pays Baltes…devant ce passage en force ! Actuellement, c’est le silence complet….
Les Etats-Unis font bonne figure mais le temps presse : la guerre contre les Talibans coûte une fortune et les pertes militaires augmentent. Ils paient chèrement la base de Manas.
Dernier détail, la Chine ne dit rien mais elle observe les yeux plissés cette intense activité…


Jean Vinatier

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lundi 22 juin 2009

Versailles : litanies sarkoziennes –N°486-2e année

Versailles, loin du corps central en bas vers l’aile s’est tenu le Congrès devant lequel le Président Sarkozy est venu dire son propos. Etait-ce un discours du trône façon Reine du Royaume-Uni ? Non. C’était le discours d’un homme libéré de ses ennemis et qui semble être parvenu à ses fins ; il s’est lâché pendant presque une heure. En somme c’était l’intervention d’un Président aux mains libres. Le parti socialiste, venu en maugréant, restant les bras croisés lui apportait la confirmation de son absolu.
Etait-ce le discours d’un homme d’Etat ou bien d’un candidat à un second quinquennat ? Difficile de le savoir tant tout se trouve entremêlé, enlacé. Nicolas Sarkozy était plutôt dans son monde tel qu’il se l’imagine avec des tas d’objets et d’idées. Le propos présidentiel, parfait dans sa forme ou sa communication, n’empêche cependant pas d’observer qu’à trop embrasser, on n’embrasse rien. Tous les sujets français ont été abordés sans exception avec, à chaque fois, des prévisions et des solutions indispensables. C’est beaucoup pour les années jusqu’à 2012 ! Afin de rendre digeste pour le grand public et les JT cette litanie, l’Elysée a réservé l’attaque –justifiée- contre la burqa.
Il a redit qu’il ne céderait rien sur son programme et qu’il ferait tout pour relancer la machine France, l’emprunt devenant l’arme atomique cruciale. L’emprunt pour éviter une hausse d’imposition et des prélèvements sociaux et surtout ne pas fâcher la base de son électorat. L’emprunt est la formule idoine des ministres qui ne veulent pas remettre en cause le système et qui trouve dans ce procédé le moyen habile de porter sur les générations futures une dette supplémentaire. Emprunter est aisé, rembourser plus problématique. Mais politiquement, c’est vendeur et qui plus est lorsque le Parlement donne son aval ! Dans bien des cas, la dette appelle la dette, c’est la cavalerie des Etats !
En fait qu’est-ce qui était neuf dans ce discours annoncé à grand renfort de trompettes ? Objectivement pas grand-chose et même rien ou presque, hormis la nouveauté que constituait la venue du Chef de l’Etat. Venait-il se faire adouber par les Assemblées réunies en Congrès ou tenir une espèce de « Lit de justice» ou bien encore rappeler que tout restait entre ses mains. Le dessin de Plantu paru dans
Le Monde montrant un Sarkozy grossièrement grimé en Louis XIV, sa traîne toute dessinée non pas de fleurs de lys mais d’élus et soutenue, notamment par Fillon avec cette légende : « Vous serez toujours à la traîne » résume cruellement la signification de ce moment étrange qui se dégonflera comme une baudruche jusqu’à la prochaine opération de communication.


Jean Vinatier

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vendredi 19 juin 2009

Ekaterinbourg : (de) BRIC et de (br)OCS ? –N°485- 2e année

Alors que l’Union européenne se préoccupe de prendre les bonnes dispositions pour imposer une nouvelle régulation financière, la Russie a accueilli, dans la première partie de juin, tour à tour un sommet de l’OCS puis du BRIC. La couverture médiatique n’a pas été énorme et l’excuse de la crise iranienne ne suffit pas à justifier le peu d’intérêt pour ces deux rencontres qui sont celles d’un monde en émergence, le Nouveau-monde du XXIe siècle.
Si l’OCS représente l’Asie, le BRIC personnifie les relations Sud-Est et vice-versa. On a parlé, naturellement, monnaie. Les médias occidentaux se font faits un malin plaisir de relever que le dollar resterait une monnaie de référence sans prendre la peine de noter que les déclarations du ministre russe n’étaient pas une affirmation mais l’acceptation temporaire d’un fait. Les puissances, eurasiatique, asiatiques et sud-américaine se gardent bien de toute précipitation tant sur les plans monétaire et économique. Chacune d’entre elle s’essaie à la cohabitation et aux échanges de plus en plus intenses sans gommer les rivalités des unes et des autres. Les pays de l’OCS et du BRIC travaillent à établir une plate-forme intelligente dont l’esprit nous paraît singulier. Sans doute oublions-nous les anciens héritages de Richelieu, de Vergennes et de Talleyrand, son élève, nous ne savons plus concevoir des relations diplomatiques en terme d’équilibre. N’avons-nous pas trop épousé les principes forts et violents de la diplomatie de Washington depuis 1945 ?
Au mois de mai, l’Union européenne a reçu deux douches froides, la première à Khabarovsk ( en Extrême-orient russe à 30 kilomètres de la frontière avec la Chine) et la seconde à Prague lors du sommet euro-chinois. Dans les deux cas, la Russie et la Chine ont rappelé très fermement les conditions d’une relation harmonieuse avec l’Union : nos chancelleries saisissent-elles bien la portée de tels discours ?
Etrange, comme le fait remarquer Philippe Grasset dans son dernier article,
L’anti G-2, que ni l’Union européenne, ni la France, ni l’Allemagne ne songe à demander un fauteuil d’observateur : est-ce parce que les Etats-Unis ont essuyé un refus très net pour le BRIC ?
En réalité, les réunions de l’OCS et du BRIC ne sont pas prises au sérieux, pire elles sont dénaturées : ainsi a-t-on entendu dire que l’OCS était l’OTAN asiatique ! Serait-on si aveugle ou si inconscient ? Peut-être l’Union européenne ne s’aperçoit-elle pas qu’en refusant d’être indépendante sur le plan militaire, elle quitte la Politique et qu’elle s’ampute sans précaution : gare à la gangrène ! Juge-t-elle naturelle de gommer tout raisonnement, toute pensée et de n’accepter de lire que les rapports établis de l’autre côté de l’Atlantique ?
L’Union européenne estime qu’elle a le temps devant elle et que sa richesse en matière grise est suffisamment grande pour retarder toute attention. Le hic est que le Président Obama ne regarde pas le continent européen comme une priorité : il le voit sous son drapeau point barre ! Le Président des Etats-Unis sait bien l’urgence à restaurer la prospérité dans son pays afin de penser le « conflit » avec la Chine. Si l’Union c’est-à-dire Paris et Berlin n’étaient pas aussi préoccupés par leurs petits calculs, il y aurait une carte à jouer.
Les pays membres du BRIC et ceux de l’OCS présentent une diversité avec une parfaite conscience que la roue tourne en leur faveur. Et c’est nous qui sommes de briques et de broc !


Jean Vinatier

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jeudi 18 juin 2009

CIRPES : OTAN & Golfe – N°484-2e année

Ci-dessous deux excellents articles du CIRPES dirigé par Alain Joxe :

L’équipe du CIRPES : « France dans le Golfe, « mère des arts et des armes » ou premier satellite en titre » :

http://www.cirpes.net/article272.html

Michèle Bacot-Décriaud : « OTAN : un président pressé »

http://www.cirpes.net/article274.html


Jean Vinatier

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mardi 16 juin 2009

Omar Bongo : In memoriam ses débiteurs reconnaissants – N°483- 2e année

Est-ce l’enterrement de la Françafrique ? Pas du tout, une oligarchie française (diplomates, généraux, hommes d’affaires, élus politiques sans oublier les Frères des vénérables obédiences) continuera de visiter l’Afrique et d’entretenir son fameux filon sans se préoccuper des Africains ! Si l’on veut connaître le sentiment général des hommes de ce continent à notre sujet, il vous suffit d’aller, par exemple, sur le marché africain sur Lennox Avenue à New York pour vous entendre dire tout le mal que l’on nous souhaite !
Est-ce vraiment une image glorieuse de voir Sarkozy et Chirac (où est Giscard d’Estaing) s’incliner avec respect devant la dépouille d’Omar Bongo. Il est vrai que Omar ex-Jean-Bernard Bongo ne cessa jamais de se rappeler qu’il devait à la France son élévation en 1967 à la présidence du Gabon et qu’il fut formé par nos services secrets.
En quarante deux années de règne, il accumula, évidemment, une fortune considérable et assura le bon envoi franco de port (normal pour un ex-postier) de mallettes bourrées à craquer qui servirent à l’entretien de la quasi-totalité des partis politiques français sans omettre d’autres circuits où s’entremêlèrent le secret d’Etat et des appétits financiers privés. D’ailleurs comme pourvoyeur il montra, à juste titre, une grande susceptibilité, veillant à ce que Paris protège son honorabilité. Jean-Pierre Cot, sous François Mitterrand et Jean-Marie Bockel sous Sarkozy payèrent de leur portefeuille ministériel une envie de réviser notre politique africaine.
C’est réellement un exercice presque impossible de tresser des louanges à Omar Bongo, symbole parmi d’autres de tant de collusions dont l’affaire Total est le diamant…
Si, aujourd’hui, le Qatar semble se substituer au Gabon dans les bons gestes envers nos partis politiques et leurs leaders par de somptueux dîners et de belles réceptions, il n’est que plus affligeant de voir comment la France s’abaisse à devoir et néglige la vision, mettant de côté toute humanisme envers les Africains qui assistent au pillage de leur continent faute de disposer généralement de dirigeants élevés. Que la France n’est jamais voulue changer quoi que ce soit à cet état est navrant ! Malheureusement les investissements étrangers massifs (chinois, indiens, arabes) nous conduiront à ne pas varier d’un iota la Françafrique, géopolitique oblige !
Puisque le fantôme Foccart hante les allées du pouvoir et des sièges des honorables sociétés, laissons nos dirigeants être des débiteurs reconnaissants, et ayons une dette envers les Gabonais et tous les autres.

Jean Vinatier

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lundi 15 juin 2009

Iran : les citoyens contre les mollahs ? – N°482- 2e année

Plusieurs grandes villes d’Iran dont la capitale connaissent d’importantes manifestations contre les résultats proclamés lors de la dernière élection présidentielle. Officiellement, Mahamoud Ahmadinejad est reconduit pour un mandat de quatre ans. Son adversaire, Mir-Hossein Moussavi lance ses sympathisants.
La fraude électorale est manifeste. Les populations urbaines, les universités ont massivement apporté leur soutien à Moussavi tandis que les campagnes ont soutenu le petit-fils du forgeron, Ahmadinejad contre les élites enrichies dont Rafsandjani est le symbole.
La Révolution islamique est arrivée à un tournant ou, peut-être, à un point de non-retour si les manifestations de lundi et la grève de mardi maintiennent une solide pression.
Au sein même de la République islamique, deux camps se sont dessinés, le premier théocratique (Ahmadinejad), le second démocratique (Moussavi). Cependant, cette contestation interne ne peut suffire à expliquer la formidable envie d’une population jeune qui, à l’issu d’un scrutin douteux, décide de s’emparer de la rue. Mir-Hossein Moussavi est un pur produit de la Révolution islamique. Il a été Premier ministre entre 1981 et 1989 pendant toute la guerre Iran-Irak. Il est un homme du sérail. La popularité qu’il semble avoir pourrait se retourner contre lui si les jeunes générations nées après la chute du Shah entendent profiter du désordre pour balayer la Révolution Islamique et avec elle la « mollahcratie »
A l’extérieur, les médias disent déjà que cette élection est une défaite pour le Président Obama, elle va renforcer le clan des faucons non seulement aux Etats-Unis, en Israël mais aussi dans l’Union européenne avec une France en avant-garde, quelques jours après l’inauguration officielle d’une base militaire à Abu-Dhabi.
Avant de se livrer à toute surenchère, il convient de dire que l’Iran est une puissance régionale incontournable dont toute déstabilisation est problématique. Washington a besoin que ce pays l’aide à stabiliser la Mésopotamie et le soutienne dans l’AfPak. Les faucons ou les néo-cons ne peuvent envisager une intervention militaire dans un Iran en proie à la guerre civile : toute action extérieure provoquerait un nationalisme redoutable. Etrangement, pour que les néo-cons pensent à punir l’Iran d’avoir une bombe qu’il ne possède pas, il leur faut un Président en place.
La grande inconnue de ce lendemain de ce scrutin présidentiel est donc le peuple iranien présent dans la rue : Prendra-t-il son destin politique en main ? A ce jour, tous les calculs des chancelleries sont bouleversés.
Ainsi une querelle de sérail entre les théocrates et les démocrates pourrait précipiter l’écroulement d’un régime corrompu, abhorré par une population jeune. Nous ne sommes plus dans une simple « révolte des étudiants Porsche », c’est davantage. Quelle que soit l’issue de ces journées violentes, une page de l’histoire iranienne se tourne.
Terminons, enfin, par cette fine observation de Pepe Escobar
dans Asia Times¹, en 2000, écrit-il, les Américains n’ont pas bougé un doigt contre une élection truquée. Ils sont restés passifs.
En 2009, les Iraniens sont visiblement d’une autre trempe. Ils donnent à « l’Occident » une leçon citoyenne qui devrait nous porter à plus de modestie.


Jean Vinatier

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Source :

1-
http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/KF16Ak02.html


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vendredi 12 juin 2009

Edito : jacquerie du lait –N°481- 2e année

Les producteurs de lait passent à l’action en bloquant plus de la moitie des plates-formes d’approvisionnement des grandes surfaces puisque aucun accord n’a été trouvé pour leur garantir un revenu décent. Michel Barnier, leur ministre de tutelle, tête de liste UMP Île de France et grand avocat de la commission de Bruxelles et de non nombre de lobbies a fait mine d’écouter les doléances à quelques jours du scrutin du 7 juin, aujourd’hui, il est devant une jacquerie.
Pour la presse, qui vient au secours du pouvoir, le seul titre qui convient est : le consommateur pourra-t-il se nourrir ce week-end !!! Voilà par ce titre tout est dit. Quel meilleur motif pour un gouvernement répressif d’intervention que celui-ci !
Si les centrales d’achat des grandes surfaces traitent par le mépris le monde paysan, il est juste d’ajouter qu’elles ne sont pas les seules à agir de cette manière. Les gros producteurs au sein de la FNSEA et le Crédit agricole ont également une part non négligeable de responsabilité. Qui fixe les cours ?
Les producteurs de lait en appellent aux citoyens et non pas aux consommateurs. Les partis politiques sont d’un silence assourdissant : entendez-vous José Bové et Cohn-Bendit, Bayrou, Martine Aubry, Mélenchon, Besancenot…Soutenir les salariés de Continental c’est bien mais il est malhabile de se montrer sectaire dans la solidarité et la critique.


Jean Vinatier

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mercredi 10 juin 2009

Parlement européen : battements d’ailes ? - N°480 – 2e année

La couleur bleue des partis conservateurs s’est étendue dans toute l’Union européenne au détriment des partis sociaux-démocrates. L’actuel président de la Commission européenne, José-Manuel Barroso a postulé pour un nouveau mandat. Tout continue, rien ne change ?
Pas si sûr !
Les partis socialistes paient chèrement mais logiquement leurs longues années d’abandon régulier de tout ce qui faisait leur socle, le social, le maintien des services publics…par exemple. En France, n’est-ce pas le tandem Jospin/Strauss-Khan qui a le plus dérégulé ? N’est-ce pas le socialiste Pascal Lamy, directeur-général de l’OMC qui a le plus encouragé à la libéralisation presque sans garde-fou ?
Le début de la crise multiforme caractérisée, notamment, par une explosion du chômage, aurait dû pénaliser les partis de droite. Les électeurs ont fait une lecture différente : ne parvenant plus à distinguer le parti socialiste d’un parti libéral et constatant que le tandem de droite, Merkel/Sarkozy, se faisait l’avocat de mesures protectionnistes et de la mise en place de nouvelles régulations des fonds financiers et tenait un discours critique sur les banques centrales, les électeurs quand ils ne se sont pas abstenus ont accordé leurs votes ou aux écologistes ou à la droite.
A l’heure présente, les partis socialistes européens n’ont pas annoncé une réunion générale : à Paris, ils n’ont donné aucun signe de changement hors quelques effets de manche : à Martine Aubry le national, à Ségolène Royal l’international. Pas même une annonce anti-Barroso !!!! Plus directement le parti socialiste européen a-t-il encore un avenir ? Son heure est peut-être passée. Avec ses 161 élus n’est-il pas pris entre deux étaux, la Gauche unitaire (32 élus) et, les Verts (53 élus) plus les 80 députés d’Alliance des démocrates ?
Les partis de droite qui siégeront au Parlement européen ne se caractérisent pas par une unité de vue. Hormis le PPE avec 264 élus, les autres groupes, Union pour l’Europe des Nations (35), Groupe Indépendance/Démocratie (18) et 93 députés émanant d’une multitude de petits groupes n’autorisent pas à dire que la droite pure et dure s’imposera d’elle-même.
On s’aperçoit que les deux groupes dominants historiques loin de se renforcer pâtissent ou d’un recul (PSE) ou d’un tassement pour le PPE.
Le Parlement européen s’étire sur ses ailes et entrouvre une place non négligeable pour le centre qui constituera avec les Verts une force perturbatrice lors des discussions et des votes.
Dans ce cadre, la reconduction de José-Manuel Barroso pourrait s’avérer plus compliquée que prévue. L’actuel président de la commission européenne se targue d’avoir l’appui officiel de Paris et de Berlin. Pourtant, son bilan est loin de satisfaire tant le Président de la République que la Chancelière. N’est-ce pas sous son mandat que le traité de Lisbonne a eu de considérables ratés ? Son inertie depuis le début de la crise n’a-t-elle pas été dénoncé par Nicolas Sarkozy ? Barroso n’est-il pas l’homme des pro-atlantiques proches des néo-conservateurs américains et plus particulièrement ceux de la période Bush ? Pour l’heure les dirigeants Allemands et Français entretiennent le suspens. Après tout, les discours communs Merkel/Sarkozy ne contiennent-ils pas une critique explicite du mandat de Barroso ?
La Suède qui succède à la République Tchèque à la présidence de l’Union presse à l’élection immédiate de José-Manuel Barroso…avant même que la nouvelle chambre se réunisse. Les Chefs d’Etat et de gouvernement, s’ils obtempéraient, montreraient un singulier mépris pour le récent vote. La chancelière allemande a déjà dit qu’elle attendrait, le résultat du second référendum en Irlande en novembre pour dire son choix. Vraisemblablement, l’Elysée se tiendra sur la même ligne. Mais tous les regards se tournent vers le Royaume-Uni. Si Gordon Brown a évité la démission, il demeure en sursis. Une élection anticipée amènerait les conservateurs au 10 Downing Street avec à la clef une consultation populaire sur le traité de Lisbonne !
La campagne entamée par Daniel Cohn-Bendit et rejoint par François Bayrou dans une solidarité contre Barroso éclaire déjà des nouveaux rapports de force non seulement au sein de l’Assemblée mais aussi vis-à-vis des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union. Barroso sera-t-il le premier perdant ?


Jean Vinatier

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Lien : Nouveau parlement : 2009-2014


http://www.elections2009-results.eu/fr/index_fr.html



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lundi 8 juin 2009

Robert Desnos : « Ce cœur qui haïssait la guerre » - N°479 – 2e année

« Je suis le veilleur du Pont-au-Change » écrivait Robert Desnos (1900-1945) dans l’un de ses poèmes les plus fameux, un formidable cri d’appel aux peuples résistants.
Poète né au cœur des Halles, autodidacte, il exercera une multitude de métiers tout en écrivant.
« Son inventivité sans limites lui dicte des formules et des images qui témoignent de ses dons personnels de rêveur inspiré […} » notera Suzanne Julliard. Il sera l’un des personnages les plus brillants dans l’aventure Dada puis, parmi les surréalistes. L’homme incontournable de l’Entre deux Guerres deviendra, sous l’Occupation, le poète résistant. En février 1944, averti de la venue de la Gestapo, il refusera de quitter son appartement de la rue de l’Ancienne comédie pour protéger sa compagne Youki. Déporté à Buchenwald, à Flossembourg, Flöha puis Terezin en République Tchèque, le camp sera libéré le 3 mai 1945. Epuisé, malade du typhus, un étudiant tchèque, Joseph Stula qui pour avoir étudié le surréalisme remarque son nom dans la liste
tentera de le sauver…trop tard, il mourra le 8 juin 1945.
Paul Eluard lui rendra le bel hommage
:
« Jusqu'à la mort, Desnos a lutté. Tout au long de ses poèmes l'idée de liberté court comme un feu terrible, le mot de liberté claque comme un drapeau parmi les images les plus neuves, les plus violentes aussi. La poésie de Desnos, c'est la poésie du courage. Il a toutes les audaces possibles de pensée et d'expression. Il va vers l'amour, vers la vie, vers la mort sans jamais douter. Il parle, il chante très haut, sans embarras. Il est le fils prodigue d'un peuple soumis à la prudence, à l'économie, à la patience, mais qui a quand même toujours étonné le monde par ses colères brusques, sa volonté d'affranchissement et ses envolées imprévues. »
[
Ci-dessous un poème parmi d’autres écrit dans la clandestinité

« Ce cœur qui haïssait la guerre

Ce cœur qui haïssait la guerre
voilà qu'il bat pour le combat et la bataille !
Ce cœur qui ne battait qu'au rythme des marées, à celui des saisons,
à celui des heures du jour et de la nuit,
Voilà qu'il se gonfle et qu'il envoie dans les veines
un sang brûlant de salpêtre et de haine.
Et qu'il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent
Et qu'il n'est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans la ville et la campagne
Comme le son d'une cloche appelant à l'émeute et au combat.
Écoutez, je l'entends qui me revient renvoyé par les échos.

Mais non, c'est le bruit d'autres cœurs, de millions d'autres cœurs
battant comme le mien à travers la France.
Ils battent au même rythme pour la même besogne tous ces cœurs,
Leur bruit est celui de la mer à l'assaut des falaises
Et tout ce sang porte dans des millions de cervelles un même mot d'ordre :
Révolte contre Hitler et mort à ses partisans !
Pourtant ce cœur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons,
Mais un seul mot : Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères
Et des millions de Francais se préparent dans l'ombre
à la besogne que l'aube proche leur imposera.
Car ces cœurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté
au rythme même des saisons et des marées, du jour et de la nuit. »


Jean Vinatier

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Sources :


http://www.franceweb.fr/poesie/resist1.htm

Pierre Seghers, Le futur antérieur, Collection L'honneur des Poètes, Editions de Minuit, Paris,1947

Pierre Berger: Robert Desnos, Collection "Poètes d'aujourd'hui", Editions Seghers, 1966.


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Edito : Sarkozy vainqueur at « Home »….- N°478- 2e année

Le dimanche 7 juin Nicolas Sarkozy a gagné sur l’échiquier national en infligeant, notamment, au MoDem de François Bayrou une cinglante défaite et en assommant le parti socialiste de Martine Aubry. Le Président de la République rappelle ainsi aux Français que l’opposition n’existe toujours pas : je suis le leader unique!
Le beau score de la liste écologiste du tandem Daniel Cohn-Bendit/ Eva Joly a-t-il profité pleinement de l’effet provoqué par le film de Yann Arthus-Bertrand
« Home »,financé par le fils du milliardaire de droite François-Henri Pinault et la fondation du prince de Galles ? Pensez à sa couverture médiatique et à sa diffusion sur tous les supports le vendredi 5 juin alors que la campagne pour les européennes n’en finissait pas d’indifférer les électeurs. Des millions de Français ont été éblouis, charmés par toutes les belles images de la planète Terre sans ressemblance avec celles réalisées par l’Américain Al Gore. Faute d’opter pour telle ou telle liste « politique » pourquoi ne pas donner son vote à Cohn-Bendit ? Au nom de la Terre que mon vote est bon !
Yann Arthus-Bertrand se défendra, naturellement, d’avoir été l’acteur d’un film de propagande et jurera que sa programmation l’avant-veille du scrutin était fortuite : comment ne pas le croire… !Il répétera avec la foi du charbonnier que « Home » sert d’abord à « mettre l'écologie au coeur des consciences »
Il n’empêche, nous sommes dans la société écran où l’image a un impact mille fois plus puissant qu’un discours ! L’effet image est indéniable.
Nicolas Sarkozy se sentira pousser des ailes. Il redonnera un coup d’accélérateur à d’autres réformes et proposera des lois toujours plus répressives. Pourquoi ? Parce qu’il pense, non sans raison, qu’avant les régionales de 2010, le parti socialiste n’osera pas se saborder, pour renaître sous un autre nom, à une autre adresse. Le PS s’effilochera publiquement.
Nicolas Sarkozy réussit cette gageure de gagner une élection alors que le pays s’enfonce dans la crise et que les colères se multiplient contre sa personne et contre ce qu’il incarne. L’abstention (59,52%) ne peut être balayée d’un revers de la main, elle a un poids politique qui relativise la victoire de l’UMP. Après tout le parti présidentiel n’obtient que 27,73% des suffrages sur 40,8% des votants ! L’UMP ne dispose presque plus de réserve à l’inverse de l’ensemble des partis de gauche. Les extrêmes commencent à remonter. Si l’Elysée demandait à Yann Arthus-Bertrand de filmer Nicolas Sarkozy
« vu du ciel » ne verrait-on pas une fonte des glaces et la montée des eaux ! Plutôt Gore, non ?

Jean Vinatier

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vendredi 5 juin 2009

Barack Obama : Israël parmi les Orientaux – N°477- 2e année

Sous une tente avec des Bédouins du Hedjaz ou avec des caravaniers de Judée, de Samarie rencontrés dans la vallée de Sharon ou bien encore avec des marchands venus de Kaboul, Barack Hussein Obama aurait évoqué les mêmes thèmes que dans son discours¹ du Caire : son histoire, ses voyages, son pays.
Mais aujourd’hui, les médias répugnent à considérer le discours du Caire tant ils ont les yeux rivés sur la tension entre Israël et les Etats-Unis. On se croirait dans une cour byzantine parmi les disputes, les clans et les désordres ! Pourtant, le Président Obama entend bel et bien rester maître du navire « Etats-Unis » et il se tourne, résolument, vers des desseins qui ne manquent ni d’ambition, ni de grandeur. S’il n’entend pas mettre en rang d’oignons les états orientaux, il souligne avec force l’occasion qui s’offre à ces derniers d’aplanir leurs rivalités et par une pirouette, il installe Israël au centre de l’Orient alors que celui-ci, jusqu’à maintenant, s’est accroché au rivage en guettant les flottes aux bannières étoilées.
De 1967 à aujourd’hui, les différents gouvernements américains ont encouragé, soutenu tous les ministères israéliens et ils ont fermé les yeux sur le non-respect des frontières de 1967 au détriment des Palestiniens qui vivent dans la souffrance la plus grande.
La tâche d’Obama est de sortir Israël de son état d’exception pour qu’il soit un Etat dans l’Orient tout en veillant à ce qu’il reste un allié. On répète à l’envi que Benyamin Nethanyaou ne décolère pas de sa récente rencontre avec le Président mais son ministre des Affaires Etrangères, Avigdor Liebermann, ne vient-il pas de promettre à l’Iran de ne pas l’attaquer et Ehud Barak de minimiser tout désaccord avec la Maison Blanche ? On sent bien que l’actuel gouvernement israélien, une coalition de droite et d’extrême droite, tout en maugréant se pliera à la nouvelle donne impulsée depuis les Etats-Unis. Les hommes politiques israéliens sont d’abord des individus responsables, réalistes. Les opérations de sécurité civile dernièrement menées permettent d’occuper les esprits de la population tandis que les tractations vont bon train. Pour le Président Obama le danger viendra davantage des lobbies et des groupuscules extrémistes américains, juifs et chrétiens pro-sionistes que de telle ou telle colère de Tel-Aviv. Il faut, seulement, que le Président Obama et ses secrétaires d’Etat ne lâchent pas la barre et ne cèdent sur rien. Un seul mot, tenir !
Les partis américains, démocrate et républicain, qui comptent par part égale un bon nombre de sympathisants de l’Etat d’Israël sont, cependant, assez las, des prétentions, des menaces de ces lobbies, pour certains, liés au complexe militaro-industriel. L’agacement est visible. Barack Obama, s’il garde le cap, aura avec lui une majorité plus grande que ne le suppose les médias.
En plaçant sur un pied d’égalité l’Iran et Israël via le projet de dénucléarisation de l’Orient le gouvernement américain inaugure une diplomatie moderne qui n’est pas sans danger pour le Président car il se heurtera à des ennemis multiformes, convaincus de leur puissance égoïste. Pour l’heure Barack Obama s’emploie à tout dédramatiser afin d’assouplir le plus grand nombre. Il sait que le chemin sera ardu et perturbé par les agitateurs et les fomentateurs de toute sorte mais nul n’ignore le nombre élevé d’hommes clairvoyants et irréprochables en Orient comme aux Etats-Unis capables de renoncer qui à une politique, qui à une querelle au nom d’intérêts supérieurs. Il faut les faire entrer en scène tel l’ambassadeur George W. Freeman !²
Parce qu’il sait, comme l’écrivait Flaubert,
« l’indéfinissable splendeur de ceux qui sont destinés aux grandes entreprises », Barack Obama ne peut plus varier.
L’avenir d’Israël est parmi les nations orientales de Ryad à Téhéran, d’Ankara à Bagdad loin de l’Union européenne, loin des Etats-Unis.


Jean Vinatier

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In Seriatim :

2-
http://www.seriatimonline.com/2009/03/freeman-je-suis-moi-meme-personne.html

Sources :

1- Version française du discours de Barack Hussein Obama
http://www.america.gov/st/peacesec-french/2009/June/20090604162956eaifas0.5829126.html

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/750dce36-5147-11de-817f-67cd000a6d89/Un_nouveau_départ_entre_les_Etats-Unis_et_le_monde_musulman


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jeudi 4 juin 2009

Edito : Gordon Brown, le D(ead) -Day ? - N°476 – 2e année

Successeur de Tony Blair, en juin 2007, Gordon Brown, Ecossais au teint gris, bien charpenté, qui ne voit plus que d’un œil (celui de droite) depuis un coup violent reçu à la fin d’un match de rugby, parviendra-t-il à tenir jusqu’aux élections législatives de 2010 alors que les échéances locales et européennes s’annoncent calamiteuses pour lui et son parti ?
Si le prince Charles entre en guerre contre les écureuils gris, Gordon Brown, lui, est pris en chasse par la presse, les Conservateurs et même par des élus de son parti le Labour : tous veulent sa démission le 8 juin ! L’actuel Premier ministre assiste désemparé aux démissions presque annoncées publiquement de 4 membres du gouvernement dont ceux des Finances, de l’Intérieur et des Communautés. Le scandale des « notes de frais » révélé par la Daily Telegraph, est un véritable rouleau compresseur : n’a-t-il pas manqué de faire chavirer la Chambre des Communes dont le Speaker, Michael Simon, a promis de quitter sa fonction le 21 juin, de secouer, enfin, la Chambre des Lords où deux pairs ont été suspendus ?
A cette situation politique s’ajoutent les crises, économique, sociale et financière d’une ampleur que l’on ne souligne pas suffisamment en France. La City, elle-même, risque de n’être plus qu’une place boursière régionale si Shanghai la dépasse. Le Royaume-Uni serait même proche de la faillite comme l’Islande !
L’actualité rattrape Gordon Brown qui regarde comme une époque lointaine l’automne dernier où il se faisait fort de prendre les mesures les plus fortes contre les débâcles bancaire et boursière !
Les Etats-Unis ne se gênent guère pour dire que les « special relationships » ne sont plus d’actualité : allez la page est tournée, Barack Obama, qui a mis au grenier de la Maison Blanche le buste de Churchill, ne regarde plus que l’Asie, la Russie, l’Amérique Latine et, pour son grand-père, l’Afrique. Londres et le continent européen « old fashioned, has been » ?
Le 6 juin, Gordon Brown , anonyme parmi les officiels, répétera la devise des Windsor
« never complain never explain » face à la mer…..

Jean Vinatier

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mercredi 3 juin 2009

1989 : de la Baltique à la mer de Chine, le dernier vent des peuples ? – N°475- 2e année.

Vingt ans après les événements tragiques de la place Tienanmen et ceux, plus pacifiques, dans l’ensemble de l’Europe de l’Est, pays Baltes inclus, et de la Russie, qu’a pesé le vent de l’histoire qui traversa en une longue ligne horizontale tant de pays depuis l’Europe jusqu’au bout de l’Asie.
Que reste-t-il de ces images inouies des peuples délaissant toute peur face aux pouvoirs hébétés ? Qu’est-il advenu du slogan Liberté et Démocratie ?
Si l’on voulait résumer d’une phrase, on écrirait que le grand vainqueur de cette année1989 a été le capitalisme financier et son corollaire la jungle ou le marché dérégulé. Quel espace mercantile ne s’ouvrait-il pas, alors, pour tous les banquiers ? Eux aussi poussèrent, encouragèrent, précipitèrent dans bien des cas la fin de l’ère soviétique. Fort justement occupés à renouer avec les libertés les plus élémentaires, les peuples applaudirent à leur nouvelle souveraineté sans les chaînes moscovites. Ce qui était un lien renouvelé avec le passé fut qualifié par Francis Fukuyama de fin de l’histoire parce que la démocratie et le libéralisme ne trouveraient plus devant eux le moindre obstacle. Ainsi donc, une nouvelle ambition se glissait pleine de charme dans le lit encore chaud de l’idéologie abhorrée sans que des millions de gens y prêtassent attention.
Seule la Chine ternit cette année par l’envoi des chars sur la place Tienanmen, écrasant dans le sang les étudiants, les ouvriers, les paysans et le pouvoir lui-même ne s’épargnant pas de limoger au plus haut niveau de l’Etat celles et ceux qui compromettaient la suprématie du parti. Ö ironie, en 2009, c’est de Pékin que l’on attend la bienfaisance : le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner, n’a-t-il pas porté sa sébile devant de sévères comptables chinois espérant les convaincre de poursuivre leur politique d’achat des T-bonds !
Ce vent des peuples a surpris les pouvoirs comme en 1848, il a balayé des régimes après bien des tentatives terribles : Berlin-Est (1953), Budapest (1956), Prague (1968) Si la Russie a vu se réduire son empire et non sa nation, les Européens virent naître leur Union (1992) qui compte, maintenant 27 membres.
A l’autre bout, les Chinois occultent ce souvenir. Ils approuveraient leur gouvernement de mettre tellement l’accent sur le nationalisme et ils dédaigneraient apparemment toute reconquête des libertés.
A l’Ouest, si la démocratie n’est pas remise en cause, les libertés font l’objet de régulières attaques insidieuses au nom de la sécurité ou de la protection des individus. Mais ce rétrécissement régulier des libertés ne compromet-il pas à terme la démocratie liée aux valeurs citoyennes ? Ne prenons-nous pas le chemin de la Chine ? Au fond l’Union européenne a terminé, sans s’en rendre compte, une période historique mais sans consacrer l’indépendance. Ne voyons-nous pas, une Commission non élue, composée de seuls hauts fonctionnaires, attentive aux multiples lobbies ; les chefs d’Etat et de gouvernement qui acceptent de se placer militairement sous l’aile d’une puissance étrangère et qui font confiance aux démiurges des places financières et d’un banquier central malencontreusement indépendant. La souveraineté l’obligerait alors que le protectorat la rassure
!
D’ailleurs, la question autour de l’entrée ou non de la Turquie –membre historique de l’OTAN - dans l’Union, ne laisse de place à aucun discours novateur et passe en boucle ; la Turquie n’est pas en Europe, elle est musulmane alors que cette religion est la seconde du continent, demain, certainement, la première !!!
De ce vent des peuples qu’en ont fait les dirigeants ? Une éolienne bruyante, de l’air brassé pour peu de résultats. Que les peuples prennent garde, ils ont des gouvernants qui peuvent les asservir.
Le parti communiste chinois en a retiré une autorité plus dure, plus insoutenable mais les Chinois pensent sérieusement être dans les années à venir capables de secouer le monde.
Les conséquences ont été bien différentes en Europe et en Chine : la première a goûté à la « fin de l’histoire » à l’opposé de la seconde. Cependant, il y a ici et là sur tout le continent européen des soubresauts, des clapotis, des prises de conscience ; avec le temps et les événements, qui sait, le vent des peuples se relèverait-il....


Jean Vinatier

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mardi 2 juin 2009

Obama et l’énigme du Caire - N°474 - 2e année

Le déplacement du Président Obama au Caire, le 4 juin, est l’objet de tous les regards, de toutes les interrogations. Quel type de discours fera-t-il ?
Certains soulignent qu’il voudra parler au « monde musulman ? D’autres qu’il demandera à l’Orient d’accepter Israël ? Certains pensent, enfin, que le nucléaire sera la question fondamentale !
A la vérité, la tâche du Président américain n’est pas facile : si d’un côté, ses origines (grand-père kenyan musulman) peuvent donner du poids à son propos, il reste, néanmoins, délicat pour un chef d’Etat de venir sur le sol d’un Etat étranger et y délivrer un message urbi et orbi!
Barack Obama est trop habile pour tomber dans les pièges que seraient précisément de parler du « monde musulman » ou bien de la seule question israélienne…Sa première mission est de dire clairement que l’ère Bush est révolue : l’axe du Mal n’existe plus, pas davantage le projet d’une démocratie imposée dans sa version occidentale du Maroc au Pakistan.
La prouesse d’Obama sera justement de ne pas faire un discours religieux, de ne pas tenter l’appel au « monde musulman » qui n’existe pas tant les différences inter-religieuses et identitaires sont légions, mais de préciser en quelques paragraphes son idée de l’Orient.
La vive discussion avec le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, la promesse d’évacuer la Mésopotamie et les propos apaisants tenus au sujet de l’Iran entrent, parfaitement, dans un signal adressé à cette partie du monde. Par son caractère le Président Obama dispose, sans doute, de facilités qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait : il aime les antagonismes et il apprécie les conversations apparemment décousues. Deux traits bienvenus dans cette partie d’Asie appelée Orient par les hommes de l’Ouest, de l’Europe aux Etats-Unis.
Pourtant, à lire les nombreux articles publiés par des auteurs aussi bien états-uniens qu’« orientaux », on continue de présenter Obama selon un mode qui paraît bien désuet. On insiste sur sa façon
« d'aborder les Arabes et les musulmans comme un seul et même collectif » ou d’abonder dans les discours des Frères musulmans, du Hamas, du Hezbollah en feignant de croire à l’unicité musulmane.
Chez lui, le Président américain marche sur des œufs. Il doit canaliser la violente offensive des républicains sous la houlette de l’ancien vice-président Dick Cheney qui fustige toute variation dans le soutien à Israël et tout ce qui affaiblirait les contrats du « complexe militaro-industriel » (CMI) Il sait qu’il est sous la plus étroite surveillance de ces lobbies puissants, influents qui ont pour relais médiatique, en cas de besoin, le groupe de Murdoch. Ne doit-il pas dans un premier temps laisser dire qu’il entre dans les visions classiques à propos de l’Orient, du « monde musulman ? Evidemment oui.
Est-il pour autant prisonnier ? Non, puisque tout sera dans l’image et dans la communication de celle-ci au monde en insistant sur l’inanité du clash des civilisations et de la guerre des religions. L’important n’est-il pas qu’il affirme que l’Orient a la capacité d’être une aire de paix en réussissant à résoudre la question nucléaire qui place l’Iran et Israël au centre de cet Orient?
Le Caire, capitale de l’Egypte, pays d’Afrique, mais dont la mosquée rayonne à égalité avec celle de Téhéran, est, sans doute, la meilleure rampe de lancement pour de nouvelles approches entre Washington et la géographie orientale. Si le Président Obama réussit à convaincre que les échanges prédominent sur les rapports de force, alors il aura marqué un point d’apaisement.

Jean Vinatier

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Sources:


http://www.aidh.org/Biblio/Txt_Arabe/inst_org-decla90.htm
http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/KF02Ak04.html
http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/KF02Ak05.html
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