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mardi 1 juin 2021

La guerre des 6 jours : La victoire de la stratégie N°5713 15e année

Un petit ajout à cet excellent documentaire. C'est pendant cette guerre courte que le navire américain USS Liberty fut attaqué par les israéliens coûtant la vie à de nombreux marins. Cette guerre et cet événement firent que les États-Unis s'engagèrent définitivement auprès d’Israël, jusqu'alors la Maison Blanche se montrait prudente.

JV

« Avril 1967 : le général Nasser, à la tête de l'Égypte, exige le retrait des forces de l'ONU du Sinaï et de la Bande de Gaza. Le 27 mai : il bloque le détroit de Tiran, en Mer Rouge, interdisant aux navires israéliens l'accès à Elath. Le 5 juin - 7h75 : la Knesset décide de passer à l'offensive. Moshe Dayan, ministre de la Défense, donne l'ordre au général Ytzak Rabin d'attaquer. 5 juin au soir : la moitié de l'aviation égyptienne, syrienne, jordanienne est détruite. Du 6 au 10 Juin les chars de l'armée israélienne bousculent leurs adversaires sur tous les fronts. 10 Juin Fin des combats. En moins d'une semaine, l'état hébreu triple sa superficie en occupant la Bande de gaza, le Sinaï, le Golan, la Cisjordanie, la vieille ville de Jérusalem, symbole majeur. » 

 

Jean Vinatier 

Seriatim 2021

 

dimanche 10 mars 2019

« Visages du politique au Proche Orient par Nadine Picaudou » N°4631 13e année


« Ancienne élève de l’Ecole Normale Supérieure, Nadine Picaudou est agrégée d’histoire et spécialiste du Proche-Orient contemporain. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages consacrés à la région (La Déchirure libanaise (1989) ; Les Palestiniens, un siècle d’histoire (2003) ; La Décennie qui ébranla le Moyen-Orient : 1914-1923, (2017)). Elle a enseigné à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco) ainsi qu’à l’Université Paris I - Panthéon Sorbonne. En 2018, l’historienne publie Visages du politique au Proche-Orient (Folio), où elle éclaire les dynamiques qui ont alimenté et qui animent aujourd’hui les logiques politiques du Proche-Orient. »

1-« Entretien avec Nadine Picaudou - A propos de « Visages du politique au Proche-Orient » (1/2)

« Pourquoi le Liban, généralement considéré comme « l’exception » du Proche-Orient, est-il au contraire un miroir des dynamiques politiques de cette région ?
Le thème de l’exception libanaise fait en effet partie de la mythologie nationale du pays comme des représentations communes qui lui sont attachées, que l’on songe au pluralisme communautaire de sa population, aux particularités d’un système politique dans lequel la représentation communautaire confessionnelle est inscrite dans le système politique, de son ouverture traditionnelle sur l’Europe, de la faiblesse de son Etat, et au fait qu’il a longtemps fait figure de havre de paix, de liberté et de prospérité dans une région en proie aux guerres et dictatures.
Mais c’est aussi le pays qui le premier a plongé dans une longue guerre civile (1975-1990) qui a révélé l’inachèvement et la précarité de la formation nationale libanaise, une guerre civile qui au demeurant peut être lue comme faisant partie intégrante du processus de construction de la nation et de l’Etat. Les leçons de l’expérience libanaise font apparaître aujourd’hui ce pays comme le miroir politique grossissant de la région, qu’il s’agisse de la violence qui a présidé à la naissance même de l’Etat, de l’absence de consensus national sur l’origine, de la dépendance du processus de formation de l’Etat à l’égard de l’intervention étrangère, de la porosité du pays à l’égard des conflits régionaux - et singulièrement ici à la question palestinienne -, de la force du syndrome communautaire ou de l’omniprésence de la relation politique de clientèle. »
La suite ci-dessous :

2-« Entretien avec Nadine Picaudou - A propos de « Visages du politique au Proche-Orient » (2/2)

« Qu’est-ce que le système tribal au Proche-Orient et quel rôle a-t-il joué dans la formation de l’Etat ?
« La notion de tribu est l’une des notions les plus complexes du vocabulaire de l’anthropologie mais elle est le plus souvent considérée comme un antonyme de l’Etat. Au XX ème siècle, les pouvoirs mandataires ont contribué à la fois à conférer à la tribu une base territoriale et administrative pour mieux la contrôler et à la politiser en encourageant ses spécificités et ses valeurs contre la menace des nationalismes modernes. La Jordanie offre un bon exemple de l’articulation entre tribu et Etat au Proche-Orient. Au cours des années 1920, la construction d’un embryon d’Etat hachémite sous la houlette de la Grande-Bretagne se confond d’abord avec une politique de « pacification des tribus bédouines nomades ou semi-nomades ». La Légion arabe, noyau de la future armée jordanienne, recrute initialement parmi les sédentaires citadins et ruraux traditionnellement méprisés par les bédouins. Mais au cours des années 1930, son recrutement devient peu à peu intégralement bédouin. C’est aussi le moment où la catégorie de « bédouins » entre dans le vocabulaire administratif et politique : nomination des grands chefs tribaux par le pouvoir monarchique, législation coutumière reconnue aux bédouins en matière civile, quotas de bédouins au Parlement, circonscriptions électorales « bédouines » dans l’est et le sud du pays. L’Etat politise ainsi durablement le fait bédouin.
Aujourd’hui, si la dynastie hachémite continue de cultiver le mythe officiel de l’Etat bédouin, brandi en particulier contre la composante palestinienne majoritaire de sa population, les élites tribales ne font pas partie des premiers cercles du pouvoir mais le régime continue de reproduire au niveau local les logiques tribales afin de contrôler la société par le biais d’un réseau de clients. C’est dire qu’un clientélisme à forte coloration tribale entre ici dans les modes de construction de l’Etat et de la nation.
L’Irak offre un cas de figure quelque peu différent. Depuis les années 1930, l’armée recrute dans les zones pauvres et tribalisées du centre-ouest souvent appelées par ailleurs « le triangle sunnite ». Or, entre les années 1950 et 1970, les coups d’Etat militaires installent à Bagdad des pouvoirs autoritaires appuyés sur l’armée et les partis nationalistes. Le régime baasiste de Saddam Hussein dispose d’alliances privilégiées avec les tribus et les clans du centre-ouest : les Rawi, les Chawi, les Joubour, les Douleimi, les Douri… La deuxième guerre du Golfe affaiblit durablement les appareils de pouvoir (armée et parti notamment), à l’heure où ils doivent affronter le double soulèvement kurde au nord et chiite au sud. Progressivement replié sur la parenté personnelle du Président, le pouvoir irakien entreprend alors d’institutionnaliser ses liens avec les tribus, allant jusqu’à sous-traiter aux cheikhs tribaux le maintien de l’ordre public, la levée de l’impôt et les pouvoirs de première justice. Autant de signes de faillite de l’Etat mais aussi de délitement de la communauté politique nationale. »
La suite ci-dessous :

Jean Vinatier
Seriatim 2019

dimanche 5 mars 2017

« La grande solitude de la dynastie hachémite par René Naba » N°4338 11e année



« La Jordanie devrait accueillir, fin Mars 2017, le prochain sommet arabe en substitution au Yémen ravagé par une guerre intestine, alors que le Royaume, longtemps le chouchou des pays occidentaux, paraît comme happé par l’œil du cyclone, à la croisée des chemins, pris en tenaille entre l’Irak et la Syrie, deux pays en pleine décomposition.
Amman avait abrité en 1980 et 1987 deux sommets arabes exclusivement consacrés au soutien arabe à l’Irak dans sa guerre contre l’Iran.
Objet d’une mesure de réclusion de la part des syndicats des pétromonarchies arabes, ce nouveau sommet devrait, dans l’esprit du trône hachémite, rompre sa grande solitude diplomatique à une époque de recomposition régionale, cent ans après les accords Sykes-Picot et de la promesse Balfour portant création d’un « Foyer National Juif » en Palestine.
Deux faits symptomatiques de cette tendance :
·         L’inclusion du Maroc, et non de la Jordanie, au syndicat des pétromonarchies à l’occasion du sommet du Golfe, en Avril 2016. Une mesure significative en ce que la dynastie chérifienne, l’unique monarchie du Maghreb de surcroît non pétrolière, est géographiquement située à l’extrémité du Monde arabe alors que la dynastie hachémite, l’unique monarchie arabe non pétrolière du Moyen-orient, est géographiquement plus proche du Golfe.
·         La superposition de près d’un million de réfugiés syriens à quelque trois millions de réfugiés palestiniens en réduisant à sa portion congrue la population jordanienne de souche, -les bédouins de Trans jordanie-, pourrait inciter des décideurs régionaux et internationaux à cibler la Jordanie comme « patrie du substitution » aux Palestiniens en guise de solde de tout compte d’un conflit qui a gangrené tout le long du XX me siècle et les premières décennies du XXIe siècle.

Ces deux faits font planer le risque d’un isolement stratégique du Royaume hachémite.
Une tendance amplifiée par le fait que le prochain roi de Jordanie, sauf accident de parcours, sera de souche palestinienne, en ce que le propre fils du Roi Abdallah II a pour mère, la Reine Rania, d’origine palestinienne. Et que son éventuelle accession au trône pourrait favoriser cette transmutation dans l’ordre symbolique.
Outre la rivalité légendaire entre Wahhabites et Hachémites, deux créatures du colonialisme britannique du XXe siècle, matérialisée par la lutte entre le Chérif Hussein Ben Ali de La Mecque et Abdel Aziz Ibn Séoud, l’Arabie saoudite tient rigueur de l’abstention de la Jordanie à la curée pétro monarchique déclenchée en mars 2015 contre le Yémen, le plus pauvre pays arabe.
La suite ci-dessous :

Jean Vinatier
Seriatim 2017


mardi 22 décembre 2015

« Erdogan et la politique au bord du gouffre » N°4061 9e année




« Quelle mouche a donc piqué le président turc Recep Tayyip Erdogan pour donner l’ordre d’abattre un avion de guerre russe, un SU-24, à l’intérieur du territoire syrien ?

S’agit-il d’une initiative mûrement réfléchie pour protéger ses amis, des groupes armés syriens, notamment turkmènes, qui battaient en retraite depuis l’entrée en action de l’aviation russe ? Chercherait-il à impliquer l’Otan, dont la Turquie est un membre central, dans le bourbier syrien ? Si c’est bien ce qu’il cherchait, force est de constater que le résultat escompté est loin d’avoir été atteint. Du moins jusqu’à maintenant. Ce « coup de poignard dans le dos », pour reprendre la propre expression du président russe Vladimir Poutine lors de sa rencontre, le jour même, avec le roi jordanien Abdallah II à Sochi, aura fait plus de mal à la Turquie qu’à la politique russe en Syrie. Les fiefs des protégés turkmènes et autres groupes salafistes sont en train de tomber, les uns après les autres, entre les mains de l’armée syrienne et ses alliés. L’Otan, elle, est dans l’embarras et n’a manifestement ni la volonté et encore moins les ressources pour se laisser entraîner dans une guerre planétaire qu’elle n’a pas programmée, afin de sauver la face d’un Erdogan devenu incontrôlable.
On le sait, depuis le déclenchement de la crise syrienne en mars 2011, la Turquie islamiste, soutenue par le Qatar, a cherché à convaincre le président syrien de faire participer les Frères musulmans au pouvoir. Les détails de cette stratégie viennent d’être révélés, documents inédits à l’appui, dans un tout récent livre écrit par notre confrère Sami Kleib paru en novembre chez l’éditeur libanais Al-Farabi. Devant le refus de Bachar al-Assad d’une telle injonction, la Turquie ouvre ses frontières à tous les djihadistes de la planète pour déstabiliser le régime séculier du Baas, allié à la fois à la République islamique iranienne et à la Russie.
On y compte aujourd’hui quelque 30 000 combattants étrangers venus des quatre coins du monde répartis entre le mal nommé État islamique, le Front al-Nosra, la filiale officielle d’Al-Qaïda en Syrie, et une myriade de groupes à l’idéologie salafo-wahhabite.
[… .] »
La suite ci-dessous :



Jean Vinatier
Seriatim2015

lundi 1 juin 2015

FIFA vers les jeux funèbres N°3134 9e année



La semaine dernière, ce n’était que grand bruit de l’arrestation de quelques dirigeants de la FIFA à la demande du FBI. La nouvelle procureure générale américaine indiquait bien que cette opération n’était qu’un début le tout à quelques jours de l’élection du dirigeant de la FIFA. Le jour même de la désignation du nouveau président, une alerte à la bombe entraînait l’évacuation de la salle sans changer l’issue du scrutin à savoir la reconduction presque triomphale du Suisse Sepp Blatter. Les représentants d’Asie, d’Afrique et de l’Amérique latine votèrent en masse pour ce dernier, laissant aux euro-américains le soin de soutenir un hachémite cousin de l’actuel souverain de Jordanie lequel s’inclina très tôt !
On aurait pu croire le dossier clôt, Washington reconnaissant son fiasco dans sa tentative de faire modifier non pas l’échéancier mais les lieux des coupes du monde, Russie et Qatar. C’était sans compter sur Londres qui propose, ce jour, de mettre en place une FIFA euro-américaine avec en sus le Japon qui ne cesse pas de dire son alliance avec l’espoir de la prépotence retrouvée.
Les manifestations sportives n’échapperont donc pas aux calculs géopolitiques, géostratégiques, financiers. L’exemple de ce qui est intervenu à la FIFA le prouve avec abondance. C’est un pas supplémentaire de franchi avec la mise au centre des cirques. Pas un secteur, pas une niche n’échapperont aux ambitions de telle ou telle puissance. Les Etats-Unis et l’Union européenne faisant état, une fois de plus, d’un alignement où seule une capitale ou deux avec Londres inspire l’attitude des 28 autres. Et pourquoi ? Contrer la Russie, intimider la Chine, impressionner l’Inde, tétaniser l’Afrique et même ravaler le Qatar, pourtant pourvoyeur bien vu de l’Occident, d’extrémistes islamistes, au rang de petite géographie. En face, tout a été bien saisi et deviné : aussi cet accord de vote en faveur de Sepp Blatter, corrompu ou pas, est la réponse, tout d’abord, du berger à la bergère.
Le football étant le sport le plus populaire à l’échelle de la planète, il est, désormais capital, de s’emparer de l’enthousiasme et de la colère des foules pour les conditionner et les amener ici et là par d’intenses campagnes de marketing stratégique. Les joueurs et les foules ne sont plus que des pions, les premiers couverts d’or, les secondes acculées aux dépenses les plus malséantes et aux furies les accompagnants.
Le sport cesse donc, il ne manque plus que Daesh pour tenir le rôle du terroriste alors même que les publics ne seront plus que des barbares…..et laissons le dernier mot à Tertullien, extrait de Contre les spectacles (De spectaculis)
«[….] Puisque nous en sommes sur les lieux, prévenons ici une demande. Quoi donc, me direz-vous, si je visitais le Cirque hors du temps des spectacles, courrais-je le risque |401 de m'y souiller? — Les lieux ne sont point interdits en eux-mêmes: un serviteur de Dieu peut aller sans péril non-seulement aux endroits où l'on s'assemble pour ces représentations, mais encore aux temples païens, pourvu qu'il ait une raison légitime, indépendante des fonctions ou des propriétés de ce lieu. D'ailleurs, les rues, les places publiques, les bains, les hôtelleries, nos maisons même, ne sont-elles pas peuplées d'idoles? Satan et ses anges ont rempli le monde. Mais, pour demeurer encore dans le monde, nous n'avons point perdu Dieu: on le perd en participant aux crimes du monde. Pontife, ou simple adorateur, je monte au Capitole, ou bien au temple du dieu Sérapis; c'est alors que je perds Dieu, de même que si je vais au Cirque ou au théâtre pour en contempler les spectacles. La souillure ne vient pas des lieux proprement dits; elle vient de ce qui se passe dans ces lieux, de ce qui souille les lieux mêmes, ainsi que je l'ai démontré: la corruption communique la corruption. Nous rappelons à quelles divinités sont consacrés ces lieux, afin de mieux établir que tout ce qui s'y fait appartient spécialement aux divinités qui y président. 
[….]»


Jean Vinatier
Copyright©SERIATIM 2015


lundi 24 juin 2013

« Entretien avec Georges Corm – Panorama du Moyen-Orient » par Sixtine de Thé N°1392 6e année

Il est toujours agréable de lire un sage !


 
Jean Vinatier
SERIATIM 2013

Internautes : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Angola, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Bahamas, Bangladesh, Biélorussie, Bénin, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chili, Chine (+Hongkong & Macao), Chypre, Colombie, Congo-Kinshasa, Corée du Sud, Costa-Rica, Côte d’Ivoire, Djibouti, EAU, Egypte, Etats-Unis (30 Etats & Puerto Rico), Equateur, Ethiopie, Ghana, Gabon, Gambie, Géorgie, Guatemala, Guinée, Guinée, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Islande, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kazakhstan, Kenya, Laos, Liban, Libye, Liechtenstein, Macédoine, Madagascar, Malaisie, Malawi, Mali, Maurice, Maroc, Mauritanie, Mexique, Moldavie, Monaco, Népal, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouzbékistan, Palestine, Pakistan, Pérou, Philippines, Qatar, République Centrafricaine, République Dominicaine, Russie, Rwanda, San Salvador, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Slovénie, Somalie, Suisse, Syrie, Taiwan, Thaïlande, Togo, Tunisie, Turquie, Union européenne (27 dont France + DOM-TOM, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre–et-Miquelon), Ukraine, Uruguay, Vatican, Venezuela, Vietnam, Yémen