A grand peine ai-je pu
traverser la place de la Concorde et son environnement immédiat , Anne Hidalgo validant à la file des chantiers
ENEDIS et autres, entre les barrières non enlevées du Tour de France. Piéton, je
mesure la dinguerie qu’est de marcher dans Paris, personne ne respectant rien
et pas un policier municipal à l’horizon quant à celle nationale, elle détourne
la tête. Il sera beau le péplum des JO du duo, Macron/Hidalgo qui dégoutera les
parisiens pour cent ans de cette compétition plus financière que sportive et ,
surtout, abimera Paris mais les deux s’en moquent tant ils vont dans l’ivresse,
le premier le nez, dans la poudre, la seconde s’adorant, les deux sont des
despotes déjantés petits bourgeois sans le délire d’un bas empire qui jetterait
quelques feux magnifiques avant de succomber aux virils coups de glaives des goths.
De ce désordre médiocre, si
car les chantiers sous Napoléon III s’ils ont cassé la tête des parisiens et
alimentés l’impopularité de l’Empire, au moins la IIIe République hérita-t-elle
d’une capitale moderne avec pour la première fois de la verdure et des
fontaines à foison, s’étonnera-t-on de vivre un second mandat sans queue ni
tête ni majorité ? Face à nous des
centaines d’élus qui sont autant de canards sans têtes qui courent, virevoltent,
se bouffent le bec avec d’autant plus de vigueur mesurée que nul ne voulant d’une
dissolution chacun des canards étêtés prend soin de la tête de l’autre…
Dans ce cadre arriva le
prince héritier d’Arabie Saoudite qu’Élisabeth Borne appelle Monsieur mais dont
il faut bien serrer la main puisque grâce à notre suivisme dans les directives américaines et les admonestations quotidiennes
d’un Zélensky tout grimé pour Vogue dans un décors reconstitué de « Berlin
année zéro », nous en sommes à quémander ici et là du pétrole et du gaz à votre bon cœur…Adieu
le corps équarri de Khashoggi, place à l’aubaine pour un tel prince de se voir
courtisé et flatté. Mais gare à lui, car les européens tous bas qu’ils sont,
ont des résurgences d’autorité (avec un GPS américain) et peuvent aussi se
pourlécher de voir agonir un Kadafi quand bien même détruiraient-ils un pays
tout entier ce qu’est la Libye ! A peine le descendant de ibn Saoud
était-il reparti que notre Macron s’envolait pour une tournée africaine en quasi
parallèle avec celle du ministre Lavrov qui réussissait un beau coup en Égypte où
perfidement nous faisait bénéficier d’une commande de blé par le maréchal
Al-Sissi qui n’est pas un blé tendre ! Notre pauvre Macron est en Afrique
un piètre évangéliste ou missionnaire car, hors la morale et la repentance, les États visités restent sur leur faim. La Russie si elle n’exerce pas une
influence sur ce continent comparée à d’autres, elle sait par des coups d’échec
affaiblir comme il faut, ici, la France bien paumée dans l’espace sahélien. Du
pré-carré africain, nous devînmes des gardiens de chasse puis des agents de
sécurité pour d’autres puis maintenant des passagers presque clandestins. Le
trait est forcé mais il faut bien montrer ce qu’est de n’être plus souverain de
n’avoir plus par conséquent de politique, de vision, de constance et des moyens
économiques pour asseoir notre géopolitique.
Eh oui l’Union européenne est
entrée dans une grande crise avec celle politique et financière italienne, les révoltes
paysannes, hollandaises, albanaises soigneusement cachées aux français par nos
médias avec de l’autre côté de la Manche, un choix assez important pour
succéder à Boris Johnson qui briguerait l’Otan. Ou Liz Truss qui confond la
Baltique avec la mer Noire entre au 10 Downing Street la russophobie aux
basques le tout enrubanné d’inculture et de de bêtise ou bien c’est l’audace et
le risque de laisser arriver Rishi Sunak qui a compris, sur le tard la
nécessité pour plaire en campagne d’être sinophobe, russophobe. Je crois qu’après
le Brexit qui est à la fois réussi en cela qu’il s’est fait mais raté en cela que
Londres ne sut pas avoir une voie médiane entre Washington et Moscou y ajoutant
l’ignominie de l’expulsion de Julian Assange, traité comme un irlandais, le Royaume-Uni
d’une Reine âgée qui a vu le pays passer de l’empire à la descente de lit, la
situation politique britannique arrive dans une impasse.
L’Union européenne dont l’Allemagne
était censée être la tête et les jambes commence sérieusement à battre de l’aile,
la germanique Ursula Von der Leyen sur laquelle pèse de sérieux dossiers de corruption
n’a ni l’appui véritable d’Olaf Scholz ni celle des états membres notamment sur
la question du gaz. Mais réjouissons-nous le charbon arrive depuis l’Ukraine, les
mines à charbon rouvrent à toute vitesse sans que les écologistes ne pipent
mot, le point fondamental pour eux n’étant pas la qualité de l’air mais qu’il n’y
ait plus d’aire russe rendant l’environnement, au passage, assez nucléaire.
Depuis Moscou capitale d’un pays qui devrait selon notre si brillant Bruno Le
Maire, être au moins à l’agonie sinon mendiait la portion congrue, les pions
avancent, Vladimir Poutine va et vient et prépare d’énormes manœuvres militaires
pour septembre avec certainement la participation chinoise puisque selon nos
médias, la Russie aurait mis toute sa puissance en Ukraine, il lui faut bien
faire démentir cette vantardise européenne….Pas loin, le rusé et matois Recep
Erdogan se frotte les mains tellement il sait que l’on a besoin de lui voilà un
homme qui peut dire oui et non à tout le monde à tour de rôle. Et cette brave
cache européenne cherche du regard son berger américain confronté à une
situation intérieure que l’on néglige toujours de regarder en face ici. Or les
USA entre inflation et récession ont à aborder des questions intérieures qui traversent
les 50 États rendant d’ailleurs la sécession impossible. Au-delà des migrations,
de la pauvreté, des courants wokistes, cancel, lgbtqia+, il y
a en toile de fond cette séparation entre les territoires intérieurs et ceux
littoraux, Pacifique, Atlantique, une séparation divisant démocrates et
républicains. Les mid-terms américains de novembre prochain seront certainement
une mèche jetée sur un baril.
Les États-Unis sont la première
puissance et l’on peut noter les failles comme, sans doute, certains Romains l’annotèrent
dès le début du IIIe siècle mais Rome ne sombra qu’à la fin du Ve siècle et
encore dans sa seule partie, celle orientale tenant jusqu’à ce que les Occidents
la dépouillent en 1204. Ce rappel pour dire qu’une puissance première parmi les
autres met du temps pour passer et encore même disparue, Rome, par exemple,
laissa le latin durant des siècles (le Hongrie jusqu’à la fin du XIXe siècle).
Il faut donc se garder de tout rêve « de chute » n’interdisant pas qu’à la
faveur d’événements successifs et de choix assumés, les accélérations entrent sur
la scène ravageant tout.
Je pense que l’ère des
valeurs atlantiques est révolue, celles à venir d’Asie, d’Afrique (dont une
partie est tournée historiquement vers l’Asie comme l’Égypte et le Maghreb via
les Ottomans) sont dans les limbes si nous considérons que leurs valeurs auront
vocation à l’universalité. Jusqu’à maintenant l’Europe puis les États-Unis y
prétendirent. C’est donc un moment nouveau où un monde s’affaisse avec des
sursauts violents et sanglants et des mélancolies
diverses au point de ne pouvoir reprendre la main qu’en créant de toute pièce
des « hommes neufs « (human real) quand un autre est supposé survenir ce qui n’est
pas certain au sens où nous le définissons, le tout sur fond de monde clos sans
inconnu, l’inconnu qui fit que l’homme sorti deux fois d’Afrique, aujourd’hui,
il sortirait plus de nulle part : cette fin d’inconnu serait-elle notre apocalypse ?
En attendant, demain j’enfourcherai mon vélo
pour un long périple, rendez-vous en septembre
Jean Vinatier
Seriatim 2022