« Entre épreuves personnelles, contraintes d’atelier et conquête artistique, Artemisia Gentileschi est une figure singulière de peintre femme au XVIIᵉ siècle. À partir de son parcours, Pierre Curie éclaire les spécificités des trajectoires féminines parmi les artistes de l’Europe baroque. »
« Dans quelles conditions peut-on exercer la peinture à titre professionnel lorsqu’on est une femme au XVIIe siècle ? En revenant sur les conditions de sa formation et de sa consécration comme artiste, de son vivant même, Pierre Curie, conservateur du musée Jacquemart-André, revient sur les raisons justifiant une nouvelle exposition Artemisia, treize ans après la dernière à Paris (musée Maillol, 2012). Au-delà de son destin tourmenté et du viol dont elle a été victime, Artemisia Gentileschi compte en effet parmi les principales artistes ayant contribué à la diffusion du caravagisme. Sa longue carrière explique aussi une production importante et d’une grande variété, représentative des types de commandes en vogue en Europe méridionale de la première moitié du XVIIe siècle, avec « un style très changeant en fonction des milieux dans lesquels elle a travaillé, en fonction des besoins et des demandes de sa clientèle, des courants de la mode ».
Art contemporain : manipulation et géopolitique | Entrevue avec Aude de Kerros
« Dans cet entretien avec Aude de Kerros, nous explorons les liens complexes entre l'art contemporain et la géopolitique. Son livre "Art Contemporain, manipulation et géopolitique : Chronique d'une domination économique et culturelle" examine diverses époques et le changement progressif de paradigme survenu entre 1910 et 2020. Outre la négation du Beau, de nombreux enjeux économiques se cachent derrière ce business attractif. Paris a cédé sa place de capitale culturelle à New York, où figurent désormais des "artistes" tels que Jeff Koons et Miriam Cahn, entre autres. L'art contemporain, par essence révolutionnaire, cherche à effacer le passé pour imposer ses nouvelles valeurs.
Entretien avec Nathalie Obadia : "Géopolitique de l'art contemporain. Une remise en cause de l’hégémonie américaine »
« Lacan Web Télévision s’entretient avec Nathalie Obadia à la suite à la parution en février 2023 de la deuxième édition de son ouvrage "Géopolitique de l'art contemporain".
Nathalie Obadia est galeriste, spécialisée dans l’art contemporain, à Paris et Bruxelles. Elle assure également un enseignement à Sciences Po Paris sur l’analyse du marché international de l’art contemporain.
Entretien mené par France Jaigu, psychanalyste membre de l’ECF et de l’AMP. »
« Pour les Occidentaux, la production artistique du monde indien suscite, bien souvent, soit fascination soit incompréhension, ou encore un mélange des deux. Dans leur regard sur l’Autre, si souvent empreint de préjugés ou d’idées préconçues, ils ne retrouvent en effet ni l’exotisme simplement décoratif attribué à l’Extrême-Orient ni le «primitivisme», source d’inspiration pour la modernité, associé aux arts d’Afrique et d’Océanie. À l’exception peut-être de la période moghole qui, parce qu’elle relève en grande partie de l’Islam, semble un peu plus familière, l’art indien, de par son extraordinaire diversité, sa richesse iconographique et son exubérance (ou ce qui est perçu comme tel), déroute bien souvent un spectateur qui pense, à tort ou à raison, ne pas disposer des codes nécessaires pour l’apprécier. Pourtant, pour peu qu’on veuille bien s’en donner la peine, découvrir et comprendre les arts du monde indien et indianisé ne s’avère pas si difficile. De ce point de vue, il n’a pas semblé nécessaire de proposer un nouveau manuel présentant une histoire de l’art indien et de son développement dans le temps et de l’espace. «Le Génie de l’art indien» s’attache plutôt à donner, suivant une approche volontairement synthétique, un certain nombre de clés de lecture afin de faciliter l’appréhension globale de cette production. »
« Joris-Karl Huysmans, du naturalisme au mysticisme : Analyse spectrale de l'Occident (1968 / France Culture).
Diffusion sur France Culture le 16 mars 1968. Portrait de Joris-Karl Huysmans par Jean-Louis Forain, en 1878. Une émission préparée par René Louis. Assistante à la réalisation : Annie Cœurdevey. Avec le concours de Pierre Cogny (maître-assistant à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Caen), Jacques Lethève (conservateur au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale), René Rancœur (conservateur au département des Imprimés), Marcel Thomas (conservateur en chef du département des Manuscrits) et Pierre Waldner (chargé d'enseignement à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Poitiers). Et avec les voix de René Dumesnil et de l'abbé Jean Steinmann. Textes de Joris-Karl Huysmans lus par Édith Scob, Michel Bouquet et Jean Topart.
Joris-Karl Huysmans, nom de plume de Charles Marie Georges Huysmans, est un écrivain et critique d'art français, né le 5 février 1848 à Paris et mort dans la même ville le 12 mai 1907. Huysmans naît le 5 février 1848 au 11 (actuel n° 9), rue Suger dans le 6e arrondissement de Paris, d'un père néerlandais du nom de Godfried Huysmans, lithographe de profession, et d'une mère française, Malvina Badin, maîtresse d'école. Il passe toute son enfance dans cette maison. Il fit toute sa carrière au ministère de l'Intérieur, où il entra en 1866. En 1880, il collabore au journal "Le Gaulois", hostile à l'expulsion des jésuites décrétée par le gouvernement. Sous la pression de ses supérieurs hiérarchiques, il cesse sa collaboration. En tant que romancier et critique d’art, il prit une part active à la vie littéraire et artistique française dans le dernier quart du XIXe siècle et jusqu’à sa mort, en 1907. Défenseur du naturalisme à ses débuts, il rompit avec cette école pour explorer les possibilités nouvelles offertes par le symbolisme, et devint le principal représentant de l’esthétique fin de siècle. Dans la dernière partie de sa vie, il se convertit au catholicisme, renoua avec la tradition de la littérature mystique et fut un ami proche de l'abbé Mugnier. Atteint d’un cancer de la mâchoire, J.-K. Huysmans mourut à son domicile parisien du 31, rue Saint-Placide le 12 mai 1907, et fut inhumé à Paris au cimetière du Montparnasse.
En 1876, Huysmans publie son premier roman, d'inspiration ouvertement naturaliste, "Marthe, histoire d'une fille", qui a pour thème la vie et les déboires d’une jeune parisienne contrainte par une société cupide et sans scrupules à aller jusqu'à se prostituer pour survivre. Craignant la censure qui sévit alors en France, Huysmans fit d’abord éditer ce roman à Bruxelles. La même année, il se lie d'amitié avec Émile Zola, dont il prend ouvertement la défense dans un vibrant article consacré à son dernier roman, "L'Assommoir". Cet article restera dans l'histoire de la littérature comme un des tout premiers manifestes en faveur du naturalisme. Son deuxième roman, "Les Sœurs Vatard", qui suit également la veine naturaliste, paraît en 1879, accompagné d'une dédicace à Zola, qu’il reconnaît comme son maître en littérature. Dès lors, Huysmans appartient au petit groupe des jeunes écrivains reçus par Zola dans sa villa de Médan. Il y fréquente Guy de Maupassant, Léon Hennique, Henry Céard et Paul Alexis avec lesquels il collabore, en 1880, à la publication, sous l’égide de Zola, du recueil collectif de nouvelles naturalistes intitulé "Les Soirées de Médan", dans lequel il insère "Sac au dos", un récit ironique et antipatriotique de son expérience de civil mobilisé durant la Guerre de 1870.
"En Ménage", roman publié l’année suivante, et surtout "À vau-l'eau", une longue nouvelle parue en 1882, peignent les existences ternes et sans saveur d’anti-héros usés par « cette vie moderne atroce », et dont les idées noires sont imbibées des préceptes pessimistes de Schopenhauer. Huysmans développe dans ses romans une « philosophie existentielle de la vie ». Huysmans gardera de cette période une puissance d'évocation exceptionnelle dans ses descriptions architecturales, comme le Cycle de Durtal en témoigne dans les nombreuses pages consacrées aux édifices religieux. »
« Jacques-Édouard Berger (24mai1945 - 10novembre1993) est un historiensuisse qui fut conservateur au Musée
cantonal des Beaux-Arts de Lausanne, chargé de cours à l'École
polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL, département des
Sciences humaines) et à l'École cantonale d'arts de Lausanne, collaborateur
scientifique de la Radio suisse romande (RSR), écrivain,
conférencier (direction de l'Association Pour l'art, cycles de
cours-conférences et voyages culturels), membre ordinaire de l'ICOM
(International Council of Museums - Conseil international des musées), membre
du Comité exécutif de la Campagne internationale pour la création du Musée de
la Nubie à Assouan et du Musée national de la civilisation égyptienne au Caire,
nommé par la Conférence générale de l'UNESCO
(Participation aux travaux du Comité dès la session de février à Assouan), critique
d'art pour de nombreux journaux (articles et critiques dans La Tribune
de Lausanne, Perspectives, L'Alliance culturelle, Museum,
L'Hebdo,
etc.). » (Source wikipedia)