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jeudi 24 mars 2022

Biden McKinsey en Europe N°5837 16e année

 Ce matin l’Opinion titrait, « l’Occident uni mais seul » face à l’invasion russe de l’Ukraine…Il y a quelque chose d’étonnant dans le déplacement de Joe Biden en Europe où il est accueilli tel le « maitre de l’univers » mais un maitre qui n’est plus pris au téléphone dans la péninsule arabique qui ne suscite aucune crainte chez les chinois, qui n’a qu’une écoute polie à New Delhi sans oublier les remontrance du président mexicain, Obrador quand l’Afrique préfère suivre les colères nucléaires de loin, sur un Aventin…

Un panel de sanctions multiples et variées ponctuera ce court passage de l’empire américain qui se satisfait tout de même d’avoir casser le possible rapprochement germano-russe via Nord Stream II, d’ôter du marché russe les Européens, de resserrer les rangs otaniens (grâce aussi à Poutine) et de faussement consentir à une force autonome européenne à la condition de tout acheter …made in US réduisant drastiquement l’espérance bruxelloise !

La tournée du Président Zélensky plonge l’aire Atlantique dans une atmosphère de guerre mondiale sans se préoccuper de savoir si les autres continents ressentent une remontée similaire de l’histoire tragique. Et puis, si le Président Zélensky est louangé pour des qualités « churchilliennes » dans cette guerre encore lui faudrait-il être irréprochable ! A l’inverse du Général de Gaulle qui n’avait pas de fortune dans les paradis fiscaux et qui écrivait ses discours, le Président Zélensky est une figure phare des Pandora papers qui ne fait que lire ce que lui écrit, McKinsey…

Quand survient une crise, parfois explose ce qui est sous-jacent, surprenant les acteurs qui voient et affrontent une partie adverse qu’ils n’imaginaient pas dans leurs différents scenarii. Ainsi, la bonne tenue ukrainienne face à la Russie, les engagements citoyens pour combattre l’envahisseur, l’Europe, elle-même, agissant de suite au risque de faire péter le système financier, des réactions qui renforcent les interrogations sur la faute de l’état-major russe, le FSB n’ayant pas manqué de prévenir Moscou que la partie russophone de l’Ukraine était d’abord ukrainienne….Demeure donc une part de mystère de l’homme individu que l’on croit courbé, qui se redresse et part au combat !

De même que la prétention à effondrer la Russie alors que l’Asie n’est point close, est tout à fait aberrante. D’ailleurs qui s’est interrogé sur le fait de savoir si la Chine était prévenue de l’action russe ? Si c’est oui, nous saurons le conflit long, moins si c’est non,..Eh bien non, l’Occident considérant que les États-Unis ne dépendant pas de la Russie, elle n’avait qu’à dire pour que les autres continents s’inclinassent. Jusqu’alors, l’Occident entrainait le monde dans ses querelles, cette fois-ci, il se pourrait bien que « le reste du monde » nous enfermât dans notre dispute. Car in fine qui est dépendant de qui ?

A l’erreur de sous-estimation de la Russie, se pose en face celle occidentale de se croire toujours le navire amiral soulignant par la même une possible erreur américaine dans sa façon de bloquer la Chine.

Plus le conflit durera, plus les répercussions seront nombreuses et elles nous surprendront.

 

Jean Vinatier

Seriatim 2022

 

dimanche 9 janvier 2022

Quand les Indiens du Mexique savaient le latin : le long chemin de l’histoire globale par Serge Gruzinski N°5785 16e année

 Une remarquable intervention à méditer. J'ai connu un fils ou petit fils de François Chevalier, lui aussi dans les humanités...J'ai apprécié la pique envers l'EHESS qui n'a pas tué loin de là l'EPHE, toujours maison-mère

Conférence de Serge Gruzinski (prom. 1973), directeur de recherche émérite au CNRS. 

En revenant sur ses années d’études et de recherche, Serge Gruzinski montrera en quoi la préparation reçue entre les murs de l’École et à ses abords lui a progressivement conduit à choisir d’autres espaces, le Mexique, l’Amérique latine, et à se dégager d’une histoire trop eurocentrée pour découvrir, au-delà des mers, le legs en terre indienne de l’Europe médiévale et latine. Il en profitera pour rappeler la mémoire d’un confrère qui l’a précédé dans ce voyage, François Chevalier. 

Jean Vinatier 

Seriatim 2022

 

lundi 15 mars 2021

Biden fait du Quad en Asie N°5623 15e année

 Le quad est un véhicule tout terrain très populaire, c’est aussi depuis 2007 une alliance d’abord Asie-Pacifique puis depuis 2021 « Indo-Pacifique » formatée par les Etats-Unis autour desquels se placeraient l’Australie, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud. Son intention, contrebalancer l’ambition chinoise. C’est pourquoi le nouveau secrétaire d’Etat, Anthony Blinken ira cette semaine, à l’écoute desdits soutiens.

Quelques semaines plus tôt, sous l’égide de la Chine, une considérable alliance économique et financière Asie-Pacifique s’est conclue dont avec l’Australie, le Japon, la Corée du Sud mais sans l’Inde.

Le décor planté, disons les choses sans le moindre détour : la Chine veut être la première puissance quand les Etats-Unis n’entendent pas passer à la seconde place. Depuis Barack Obama, les Etats-Unis essaient de tourner à leur avantage « le plus grand défi géopolitique du XXIe siècle », soit en partant d’une Amérique affrontant en solo (Trump) la Chine soit en y agrégeant des puissances régionales (Biden).

Le Quad (Japon, Corée du Sud, Inde, Australie) est-il bien solide pour contrer la Chine ? Les pays d’Asie quand on les interroge sur la question pékinoise ne voient pas du tout de la même façon la notion de suprématie. Si l’Asie du sud-est, le Vietnam, surtout (ex-empire d’Annam), se remémore négativement la suzeraineté historique chinoise, il n’en reste pas moins qu’au-delà de la Chine, c’est une prise de conscience asiatique de la puissance qui retient les dirigeants politiques de ce continent.

A première vue, la diplomatie américaine dans sa manière de faire est assez ancienne et ne parait pas prendre en compte l’évolution profonde asiatique. Le fait même que trois pays sur quatre du Quad adhérent à l’alliance géo-économique initiée par la Chine limite de facto la capacité américaine à fonder une contre-alliance qui aurait une lecture évidente. Or, est-ce le cas ? Japon et Corée du Sud ne s’apprécient guère quand l’Inde est une force considérable mais assez molle, c’est toute proportion gardée un Mexique les mathématiques en plus ! L’Australie, enfin, membre du Commonwealth mais entre les mains militaires américaines, cherche désespérément une voie existentielle géopolitique à l’instar du Canada et abhorre la Chine mais ne parvient pas à réguler leurs migrations estudiantines et s’attire de la part de Xi Jiping des observations sur la légitimité de leur présence !

On observera, enfin, que Taiwan ne compte pas parmi le Quad, signe que les Etats-Unis comprennent qu’il faut avancer à pas de sioux en mer de Chine.

En réalité, les Etats-Unis arrivent à ce moment où leur toute-puissance le devient beaucoup moins. Il se pourrait même, d’ici quelques temps, que cet amassement d’armement et de dollars les plombent plus qu’ils ne les portent en avant…

Les Etats-Unis, « géostratégiquement » sont face à toute une Asie dans ses parties, asiatique et orientale, par exemple : empêtrés en Afghanistan où ils s’entêtent à garder une position politique, en Irak sous perfusion persane et en Syrie, enfin, où ils bombardent faute de mieux à gauche à droite sous le regard goguenard des russes et des turcs.

C’est l’Asie dans toute sa dimension continentale qui constitue le défi géopolitique du XXIe siècle et les Etats-Unis, quoique la première puissance militaire mondiale, quoique la première puissance financière mondiale, seront à l’épreuve de déconvenues redoutables.

Quelque part les Etats-Unis vont en Asie (l’Est) comme les Occidentaux le firent fascinés, alors, par cet orient où ils échouèrent souvent.

Ce quad, alliance tout-terrain fera, sans doute plus de poussière que de routes nouvelles car aujourd’hui c’est l’Asie qui les trace et non plus l’aire Atlantique (Etats-Unis/Europe).

Jean Vinatier

Seriatim 2021

lundi 20 juillet 2015

«L’ordre politique mexicain, la violence, et le rôle des Etats-Unis. Entretien avec John Ackerman » N°3188 9e année



La visite du Président mexicain est passée inaperçue sauf à La Villette où la musique de ce pays donnait une certaine ambiance. François Hollande a beaucoup regardé l’épouse de Peña Nieto.
Le Mexique me tient assez à cœur par mon amitié avec Pedro Reyner, né en Hongrie avant de migrer dans ce pays où il épousa une fille du Président Cardenas et devint pendant près de vingt ans secrétaire d’État. Homme singulier et haut en couleur, ami de Matta et d’autres artistes, il fut, jusqu’à son décès brutal, en 1995, correspondant des journaux mexicains à Paris. Ce point excepté, l’entretien avec le professeur Ackerman est très instructif pour embrasser l’histoire du Mexique contemporain.

« A l'occasion de la visite d'Etat du président mexicain Enrique Peña Nieto en France, nous partageons avec vous un entretien que jrécent avec John Ackerman, professeur de droit et de science politique à l’Université National Autonome du Mexique (UNAM) et auteur de très nombreux articles dans le quotidien La Jornada et l’hebdomadaire Proceso. Ce très bon connaisseur du système politique mexicain et des relations Mexique / Etats-Unis met fortement en question la légitimité démocratique du président en exercice et du régime qu’il représente. Cet entretien est publié au moment où le Mexique est invité d'honneur pour le défilé du 14 juillet ; un bon moment pour prendre conscience de la situation sociale interne désastreuse qui prévaut dans le pays et du rôle joué par le régime en place, et par les Etats-Unis, dans la reproduction de cette situation.
[….]
La suite ci-dessous :


 Jean Vinatier
 Seriatim2015

dimanche 30 novembre 2014

« La terreur pour gouverner le Mexique par André Maltais » N°2066 8e année


André Maltais est un homme politique québécois.

 
« Moins d’un mois avant l’assassinat de six jeunes et la disparition de 43 étudiants de l’École Normale rurale Ayotzinapa aux mains de la police municipale d’Iguala, un rapport d’Amnistie internationale révélait une augmentation de 600% des cas de torture administrée par les agents de l’État au Mexique, au cours des dix dernières années.
Intitulé Hors contrôle : torture et autres mauvais traitements au Mexique, ce rapport montrait également que l’impunité y est presque totale et que les deux institutions chargées de protéger les victimes, soient le Procureur général de la République et la Commission nationale des droits humains, n’agissent pratiquement jamais en leur faveur.
Or, l’épouvantable massacre, survenu dans la nuit du 26 au 27 septembre, fait ressortir ce qui permet toutes les barbaries et toutes les impunités: une profonde collusion entre le crime organisé et toutes les institutions mexicaines.
[….]
La suite ci-dessous :
http://lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=5637

 
Jean Vinatier
SERIATIM 2014
 

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