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vendredi 20 juillet 2012

Syrie : El-Assad partir mais « d’une façon civilisée » N°1224 5e année

Selon l’AFP, l’ambassadeur russe à Paris  affirmerait que Bachar El-Assad accepterait de quitter son pays mais « d’une façon civilisée », une précision intéressante dans un monde qui l’évacue de plus en plus !
Deux jours après l’opération  qui a décapité une partie du régime baasiste, et au lendemain du Non de la Russie et de la Chine à une résolution onusienne, cette information s’ajoute aux combinaisons en cours. Washington s’apprête, dit-on, à passer à l’action tandis que le Président Poutine rencontre ce même jour Angela Merkel et François Hollande chacun dans leur capitale respective.
Il y a tellement de choses réunies dans la crise syrienne devenue un mélange d’une double guerre, civile,  religieuse, et de révolte  d’une part, de calculs d’influence, d’autre part, entre les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la Turquie, Israël et les deux Etats wahhabites (Arabie Saoudite, Qatar)   qui tout en se jalousant misent sur une expansion du sunnisme dans sa version la plus dure. A tout cela, il faut souligner l’enjeu considérable des découvertes de gaz et de pétrole au large des côtes allant de la Syrie à Gaza, où tous les Etats concernés   contesteront le tracé territorial maritime du voisin. La Syrie est bien une poudrière à partir de laquelle les Etats-Unis appuyés par les Européens dont la France devenue la plus belliciste en quelques jours, espèrent accentuer leur avance générale contre l’Iran puis accélérer la mise au pas de la Russie, de la Chine et également de l’Inde en renforçant leur présence militaire en Asie centrale, Kirghizistan, Ouzbékistan, Tadjikistan. Les Etats-Unis sont sur le sentier de la guerre et n’en déplaise à ceux qui nous disent cette puissance exsangue, elle ambitionne toujours le gouvernement mondial, sa prépotence n’étant pas rassasiée.
Reste, cependant, si le Président syrien partait, la question de la protection des Alaouites et des chrétiens ce dont jusqu’à présent personne ne se soucie tant tout le monde se gargarise de démocratie à forte odeur énergétique.
A suivre……

Jean Vinatier
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mercredi 7 avril 2010

Kirghizistan : un faux pas américain ?N°668 3e année

Situation confuse au Kirghizistan : plusieurs ministres molestés, scènes d’émeutes dans plusieurs villes du pays dont la capitale, Bichkek, le Chef de l’Etat aurait fui la capitale pour gagner le sud du pays, Och tandis que l’opposition débarquerait d’un avion…en provenance de Moscou !
Le Kirghizistan, ex-république soviétique d’Asie centrale, est au cœur, comme d’autres, de toutes les tensions qui s’attisent dans cette région. Evidemment toutes les puissances régionales dont la Chine, la Russie, l’Ouzbékistan, le Kazakhstan regardent avec des yeux de Chimène cette nation. Les Etats-Unis ont obtenu non sans mal la prolongation d’une présence militaire à Manas et la France peut y entreposer quelques avions :
le Kirghizistan est un point stratégique pour intervenir dans l’AfPak.
En mars, le général Petraeus a plaidé avec succès auprès du Président Kourmanbek Bakiev la construction par le Pentagone, d’un centre d’entraînement de lutte contre le terrorisme : est-ce cette faveur qui coûterait sa place au Président Kirghize arrivé au pouvoir en 2005 lors de la Révolution des Tulipes ? Souvenons-nous que nous étions en pleine période de la présidence Bush avec son florilège de « révolutions » aux couleurs multiples depuis l’Ukraine jusqu’à l’Asie. Autre hypothèse, les événements kirghizes auraient-ils leur source dans les projets gouvernementaux de moralisation de la vie économique ?
Retenons, ce soir, que les principaux opposants arrivent de Moscou : le Kremlin serait-il le maître d’œuvre de cette révolte ? Si tel est le cas, la Chine n’aurait-elle pas également apporté également son soutien à la Russie ? Après tout, les deux Etats ont intérêt à limiter autant qu’elles le peuvent les prétentions américaines.
Néanmoins, l’entrée sur scène de l’ancienne ministre des Affaires Etrangères kirghiz, Roza Otounbaïva, fondatrice du parti La patrie (Ata-Jourt) pourrait nous conduire à suggérer un coup de force plutôt pro-américain.
Roza Otounbaïva n’affirmait-elle pas haut et fort, en 2005 que Washington les soutenait ? Ne dit-on pas que cette femme serait un agent de la CIA (long séjour en Georgie) ?
Révolte populaire et/ou confrontations entre puissances diverses, le Kirghizistan de 5,5 millions d’habitants musulmans sunnites, laisse la porte ouverte à toutes les suppositions, nous ne sommes pas au bout des rebondissements….A suivre !

Jean Vinatier

Sources:
http://www.liberation.fr/monde/0101520484-les-etats-unis-exportateurs-de-democratie

http://www.seriatimonline.com/search/label/Kirghizstan

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mardi 23 juin 2009

Kirghizstan : duo franco-américain à Manas –N°487- 2e année

Un accord signé, hier, entre les Etats-Unis et le gouvernement kirghize prolongera la présence d’une force de ravitaillement américaine à destination de l’Afghanistan et du Pakistan. Quelques mois plus tôt le Président Kourmanbek Bakiev avait décidé la fermeture de cette base suite aux décès de deux jeunes gens mais le choix présidentiel tenait surtout compte des pressions de la Russie. Le pays voisin, l’Ouzbékistan, travaillerait également à élargir sa coopération avec la Maison Blanche. Aujourd’hui, est-ce le retour à la case départ ?
Les forces américaines et otaniennes craignent par dessus-tout de manquer de routes logistiques pour intervenir avec régularité sur le champ de bataille afghan et pakistanais. La base de Manas, située prés de la capitale Bichkek est une parmi d’autres. Citons celles d’Incirlik (Turquie), d’Ali-Salyah (Qatar), de Karachi (Pakistan), de Douchambé (Tadjikistan) et plus loin les approvisionnements depuis la Lettonie et la Géorgie.
Moscou garde le silence sur cet accord qui constituerait un revers pour conforter son influence sur d’anciens pays autrefois sous la domination russe puis soviétique. Néanmoins, il faut avoir à l’œil les intenses négociations en cours entre la Russie et les Etats-Unis. A la mi-juillet, le Président Obama visitera son collègue Medvedev : des accords primordiaux seront en jeu dont ceux portant sur les anti-missiles, une éventuelle renégociation de SALT II (limitation des armements stratégiques) et un projet de sécurité européenne. De son côté, le vice-président Joe Biden effectuera un déplacement en Ukraine et en Géorgie entre le 20 et le 24 juillet. Les Etats-Unis promettraient aux Russes de ne plus encourager l’entrée de Kiev et Tbilissi dans l’OTAN et plus largement de freiner toute extension de cette organisation militaire en Asie.
D’un côté il importe énormément au Kremlin de sécuriser sa frontière du sud pour peser sur l’Union européenne (gazoduc) et de l’autre côté la Maison Blanche qui fait de la victoire en « AfPak » une urgence absolue, il est nécessaire de disposer de toutes les facilités logistiques tout en gardant un œil sur la frontière chinoise !
Quel est le rôle de la France ? L’envoyé de Nicolas Sarkozy, Pierre Lellouche s’est beaucoup activé pour obtenir du Président Kirghize le maintien de cette base qui abrite, également, quelques avions militaires français. La politique élyséenne se place clairement dans une direction offensive (base d’Abu Dhabi) tant face à l’Iran qu’en AfPak. Elle escompte quelques fruits en cas d’une victoire sur les Talibans c’est-à-dire d’avantage de poids au sein de l’OTAN.
Les acteurs régionaux qui entourent l’AfPak mesurent tout le parti qu’ils peuvent retirer en jouant ces acteurs les uns contre les autres et en provoquant une montée des enchères. Si l’appui du Président Afghan Amin Karzaï légitime la proposition américaine, elle conforte par la même occasion la bonne gestion de ses intérêts privés.
Les Russes sont-ils forcément les perdants et les Américains (avec sur le côté les Français) les gagnants ? Après tout pour Moscou, si le Président Kirghize a pu revenir une fois sur sa décision, pourquoi ne le pourrait-il pas une seconde fois ? Actuellement, le Kremlin donne une priorité à sa prééminence autour de la Mer Noire qu’elle considère comme sienne et autour de laquelle se joue sa carte de grande puissance. En obtenant des Américains une neutralisation de l’Ukraine et la Géorgie ne gagne-t-elle pas au change tandis que les forces américano-otaniennes s’enfoncent dans le bourbier de l’AfPak ? On imagine la fureur des dirigeants ukrainien et géorgien et plus encore de pays comme la Pologne et les Pays Baltes…devant ce passage en force ! Actuellement, c’est le silence complet….
Les Etats-Unis font bonne figure mais le temps presse : la guerre contre les Talibans coûte une fortune et les pertes militaires augmentent. Ils paient chèrement la base de Manas.
Dernier détail, la Chine ne dit rien mais elle observe les yeux plissés cette intense activité…


Jean Vinatier

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