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dimanche 24 septembre 2023

« La structuration des sociétés modernes par Serge Paugam » N°5700 17e année

 « L’État-providence est aujourd’hui en recul, à tel point qu’il paraît difficile de maintenir l’idée que nos sociétés se différencient par leur système de protection sociale. Une autre typologie, fondée sur la nature des liens sociaux, semble plus adaptée.

Depuis la parution en 1990 de l’ouvrage de Gøsta Esping-Andersen The Three Worlds of Welfare Capitalism, les chercheurs en sciences sociales investis dans les comparaisons internationales sont nombreux à reprendre la typologie qui y est proposée en y apportant parfois quelques correctifs en fonction des objectifs qu’ils visent et des pays qu’ils prennent en considération. Son intérêt est de permettre la comparaison de la structuration des sociétés modernes à partir de leurs modes spécifiques de régulation sociale.

Cette typologie porte sur les systèmes de protection sociale. Le principe de « démarchandisation » (decommodification) est au cœur de la notion de welfare state. Esping-Andersen, à la suite de nombreux travaux sur la relation entre classes sociales et citoyenneté, retient que les sociétés occidentales, notamment après la Seconde Guerre mondiale, ont toutes cherché à offrir aux individus une plus grande sécurité face aux aléas de la vie et au risque de pauvreté. Il s’agissait de faire des individus autre chose qu’une marchandise échangeable et de définir pour chacun d’entre eux des droits économiques et sociaux, que d’aucuns ont pu définir comme l’équivalent d’une « propriété sociale ». 

Mais ce processus de « démarchandisation » n’a pas été conduit de la même manière dans tous les pays du monde occidental, ce qui a conduit à distinguer plusieurs régimes de welfare. Des critiques lui ont toutefois été adressées et des doutes sont régulièrement émis sur la pertinence de cette typologie à rendre compte, à elle seule, des différences structurelles entre les sociétés modernes.

Je propose dans ce texte de revenir sur cette typologie et sur les principales critiques dont elle a fait l’objet depuis les années 1990. Il s’agira ensuite de partir d’une conception plus large des solidarités humaines en ne se limitant pas au système de protection sociale. C’est dans ce sens que je propose d’élaborer une typologie des régimes d’attachement social au sens de la pluralité et de l’entrecroisement de plusieurs types de liens sociaux.

Il s’agit donc d’adopter une autre perspective théorique pour comparer les sociétés modernes. Je tenterai ensuite de vérifier ce qui distingue empiriquement ces deux typologies.

 Le système de protection sociale au cœur de la typologie d’Esping-Andersen »

 

La suite ci-dessous :

https://laviedesidees.fr/La-structuration-des-societes-modernes

Jean Vinatier

Seriatim 2023

 

vendredi 22 septembre 2023

Où va la France de Macron par David Muhlmann N°5699 17e année

L’auteur : David Muhlmann est docteur en sociologie, consultant en stratégie d’entreprise et enseigne à Sciences Po. 

« Ce livre est le premier bilan du quinquennat d’Emmanuel Macron, l’inscrivant dans l’analyse historique de l’installation du néolibéralisme en France pour en dévoiler la trajectoire spécifique. Véritable travail de synthèse, il articule les caractéristiques actuelles du capitalisme français et de sa financiarisation, les métamorphoses des luttes sociales depuis l’après-guerre, et les transformations récentes du pouvoir présidentiel depuis l’élection de Nicolas Sarkozy. Il montre l’émergence structurale d’un nouveau pouvoir capitaliste et de sa régulation. Loin des conclusions hâtives sur le « déclin » français et des interprétations journalistiques à propos du style présidentiel, Où va la France de Macron ? explique les soubassements et les ressorts des évolutions essentielles du pays depuis quinze ans, en particulier la correspondance entre la santé vivace des pans essentiels de l’économie française dans la mondialisation et l’offensive politique ciblée à l’encontre des classes populaires et des services sociaux. Le pouvoir institutionnel se déplace, l’État s’autonomisant du contrôle citoyen et de la représentation parlementaire, au profit de la montée en puissance des appareils répressifs et du secteur exécutif. La concentration du pouvoir, la fusion grandissante des intérêts privés et publics, la collusion entre les cadres dirigeants des entreprises et la haute administration offrent une définition précise de la voie française du néolibéralisme, celle d’un mixte entre le libéralisme économique forcené et un nouveau moment autoritaire de l’État. Le constat ouvre sur le problème du risque démocratique en tant que nouvelle morphologie de l’exercice du pouvoir dans nos démocraties avancées. Il permet une prise de recul stratégique telle qu’elle n’a pas été faite en France depuis Les Luttes de classes en France et Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte de Marx, condition essentielle pour reconstruire une perspective de transformation en profondeur des rapports sociaux. Un ouvrage indispensable pour la gauche à l’heure du décrochage entre les luttes sociales et les appareils politiques et syndicaux traditionnels. »

 Source : 

https://www.puf.com/content/O%C3%B9_va_la_France_de_Macron

Jean Vinatier 

Seriatim 2023